Réforme de la réforme

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Popeye
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Re: Réforme de la réforme

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Boris a écrit :
popeye a écrit :Je nie que les Cardinaux Ottaviani et Bacci, dans leur Bref examen critique adressé au Pape Paul VI en 1969, aient posé des assertions imaginaires : ils ont dénoncé le mal où il était : insuffisance théologico-symbolique marquée du nouveau rite. Je remarque que vous répondez en vous basant sur les normes officialisées en 2002, c'est-à-dire près de quarante ans après l'introduction du nouvel ordo.
ben ... oui ... mais nous sommes 40 ans après !
Donc nous devons prendre l'enseignement tel qu'il a été précisé durant ces 40 ans et non restés figer à la version d'il y a 40 ans ! Sans, quoi la doctrine catholique serait complètement hérétique à cause de position datant d'il y a .... des siècles et des siècles !
Le texte rédigé il y a quarante ans par les Cardinaux Ottaviani et Bacci demeure aujourd'hui d'actualité, à raison dont de facto le NOM est et continue d'être célébré !
Boris a écrit : Personnellement, je considère que certaines célébrations ne sont pas la Messe, même si l'Eucharistie y est valide. Quand il y a trop d'écart entre les normes, l'esprit de la Liturgie et la pratique de certaines paroisses, on ne peut que se référer à l'instruction "Doctrina et Exemplo" :
Doctrina et Exemplo, validé par Paul VI en 1965, n°4 a écrit :Comme acte public de l'Église, le culte liturgique est nécessairement hiérarchique et, par conséquent, soumis aux prescriptions de l'Autorité compétente. Il s'en suit que la désobéissance aux prescriptions de la loi, résultant de préférences personnelles, altère la nature de l'acte qui n'est plus liturgique ; ce n'est plus le culte de l'Église, mais la prière privée d'un individu ou d'une faction.
Oui, et alors.

Boris a écrit : Que ressentez-vous lors d'une messe célébrée telle celle du Baptême de NSJC Dimanche dernier en la Chapelle Sixtine ?
De l'espoir.

Boris a écrit :Nous avons la même en Latin/Grégorien tous les jours en semaine à Nogent le Roi.
(et si le degré de la célébration n'est pas une fête, il n'y a pas d'homélie).
C'est un privilège rare. Combien de fidèles français peuvent en bénéficier ?

Boris a écrit :
popeye a écrit : Et si je met en regard de ces Messes NOMistes qui me font si souvent l'effet de véritables profanations,
Je pense que le vrai combat n'est pas de fuir devant l'horreur et l'hérésie mais au contraire de chercher à convertir les hérétiques qui sont dans l'Eglise et dans nos églises.
Tout le problème est que je ne vais pas à la Messe pour combattre l'horreur, mais pour communier avec paix, recueillement et dévotion au Corps du Christ, ce qui suppose de pouvoir suivre avec ferveur le déroulement de la Messe, chose qui m'est interdite en l'état, à cause précisément des horreurs dont nous parlons. D'où mon allergie au NOM tel qu'il existe de facto dans la quasi totalité de nos paroisses.

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Boris
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Re: Réforme de la réforme

Message non lu par Boris »

Popeye,

entendons nous bien.
popeye a écrit :Tout le problème est que je ne vais pas à la Messe pour combattre l'horreur, mais pour communier avec paix,
Entièrement d'accord.
Mais ce n'est pas en allant à la messe que vous convertirez les hérétiques (sauf par la prière qui bien sur est la méthode la plus efficace).
C'est par la participation à certaines activités comme de demander des messes respectant les normes.

Justement à propos des normes :
popeye a écrit :
Doctrina et Exemplo, validé par Paul VI en 1965, n°4 a écrit :Comme acte public de l'Église, le culte liturgique est nécessairement hiérarchique et, par conséquent, soumis aux prescriptions de l'Autorité compétente. Il s'en suit que la désobéissance aux prescriptions de la loi, résultant de préférences personnelles, altère la nature de l'acte qui n'est plus liturgique ; ce n'est plus le culte de l'Église, mais la prière privée d'un individu ou d'une faction.
Oui, et alors.
Alors, justement ce qui est célébré dans les églises n'est pas le NOM : rien à voir avec la PGMR, encore moins celle de 2002 !
popeye a écrit :Le texte rédigé il y a quarante ans par les Cardinaux Ottaviani et Bacci demeure aujourd'hui d'actualité, à raison dont de facto le NOM est et continue d'être célébré !
Je suis bien d'accord comme je l'ai dit que la lettre peut continuer à être appliquée aux pratiques en vigueur dans les églises paroissiales mais l'honnêteté intellectuelle commande de reconnaître que cela n'a rien à voir avec le NOM.

Quels sont les points communs entre ce que vous critiquez et la Messe telle que le Pape la célèbre, en particulier dimanche dernier ?

De plus, Paul VI en signant Doctrina et Exemplo dit explicitement que ces pratiques à la limite de l'hérésie (mais de quel coté de la limite ??) ne sont ni la Liturgie et donc encore moins la prière de l'Eglise.

Donc, la lettre des cardinaux n'est pas ou plus applicable à la Liturgie de l'Eglise mais uniquement aux pastiches de mauvais goût que des laïco-clero-marxistes continuent à nous servir.

Le pire étant que ces "laïco-clero-marxistes" sont de moins en moins marxistes mais pas pour autant catholiques dans leur prière.

C'est aussi pour cela que je critique les communautés nouvelles qui font certes un travail remarquables sur bien des points, sauf sur la Liturgie pour laquelle elles n'expriment pas l'intérêt que l'on est en droit d'attendre :
Vatican II, Sacrosanctum Concilium, 1963 a écrit : 2.
En effet, la liturgie, par laquelle, surtout dans le divin sacrifice de l'Eucharistie, "s'exerce l'oeuvre de notre rédemption(1)", contribue au plus haut point à ce que les fidèles, par leur vie, expriment et manifestent aux autres le mystère du Christ et la nature authentique de la véritable Eglise. Car il appartient en propre à celle-ci d'être à la fois humaine et divine, visible et riche de réalités invisibles, fervente ans l'action et occupée à la contemplation, présente dans le monde et pourtant étrangère. Mais de telle sorte qu'en elle ce qui est humain est ordonné et soumis au divin ; ce qui est visible à l'invisible; ce qui relève de l'action, à la contemplation ; et ce qui est présent, à la cité future que nous recherchons(2). Aussi, puisque la liturgie édifie chaque jour ceux qui sont au-dedans pour en faire un temple saint dans le Seigneur, une habitation de Dieu dans l'Esprit(3), jusqu'à la taille qui convient à la plénitude du Christ(4), c'est d'une façon étonnante qu'elle fortifie leurs énergies pour leur faire proclamer le Christ, et ainsi elle montre l'Eglise à ceux qui sont dehors comme un signal levé devant les nations(5), sous lequel les enfants de Dieu dispersés se rassemblent dans l'unité(6) jusqu'à ce qu'il y ait une seule bergerie et un seul pasteur(7).

(1) Secrète du IX dimanche après la Pentecôte (2) cf. He 13,14. (3) Cf. Ep 2,21-22. (4) Cf. Ep 4,13. (5) Cf. Is 11,12. (6) Cf. Jn 11,52. (7) Cf. Jn 10,16

[...]
10.
Toutefois, la liturgie est le sommet auquel tend l'action de l'Eglise, et en même temps la source d'où découle toute sa vertu. Car les labeurs apostoliques visent à ce que tous, devenus enfants de Dieu par la foi et le baptême, se rassemblent, louent Dieu au milieu de l'Eglise, participent au sacrifice et mangent la Cène du Seigneur.

En revanche, la liturgie elle-même pousse les fidèles rassasiés des "mystères de la Pâque" à n'avoir plus "qu'un seul coeur dans la piété (26)" ; elle prie pour "qu'ils gardent dans leur vie ce qu'ils ont saisi par la foi"(27) ; et le renouvellement dans l'Eucharistie de l'alliance du Seigneur avec les hommes attire et enflamme les fidèles à la charité pressante du Christ. C'est donc de la liturgie, et principalement de l'Eucharistie, comme d'une source, que la grâce découle en nous et qu'on obtient avec le maximum d'efficacité cette sanctification des hommes dans le Christ, et cette glorification de Dieu, que recherchent, comme leur fin, toutes les autres oeuvres de l'Eglise.

(26) Postcommunion pour la Vigile et le dimanche de Pâques. (27) Oraison de la messe du mardi de Pâques.
UdP,
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Sursum Corda
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Re: Réforme de la réforme

Message non lu par Sursum Corda »

A propos de l'invocation à l'Esprit Saint : La consécration opérée par l’épiclèse est enseignée dans les catéchèses mystagogiques de saint Cyrille de Jérusalem, alors que la consécration due au Verba Christi est présente dans le de Sacramentis de saint Ambroise de Milan. Pour autant, ces textes ne sont pas contradictoires : pour Cyrille, l’anaphore et tout le canon constituent un ensemble indivisible. Tout se noue et se dénoue autour du rappel des paroles de l’institution. De même, lorsque saint Ambroise rappelle les paroles du Christ consécratoires, il a en vue le fait que le Christ les a prononcées une fois pour toutes, et que l’Eucharistie est le perpétuel renouvellement de l’unique sacrifice de la croix. Dans la puissance de l’Esprit, cet acte du Christ est rendu présent. La promesse du Christ se réalise par la supplication de l’Eglise adressée au Père, qui envoie son Esprit. Il convient de noter dans cette querelle que l’évocation de la descente de l’Esprit-Saint est tardive dans l’histoire de la liturgie eucharistique, même en Orient, tout comme le fait que la présence dans la prière eucharistique des paroles de l’institution n’était pas systématique. Ce qui assure la présence et la réalité du sacrement, ce sont les paroles que le Christ a prononcées une fois pour toutes. Ce qui l’étend à chaque eucharistie, c’est la prière de l’Eglise proclamant au Père sa foi dans la promesse du Fils. Cette actualisation est l’œuvre de l’Esprit.
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Sapin
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Re: Réforme de la réforme

Message non lu par Sapin »

Chers VR, Boris et Popeye et tous les autres.

Il serait téméraire, à mon avis, d’affirmer que les traducteurs ont voulu, sous les regards attentifs des théologiens, tordre le Canon Romain pour lui faire apparaître une épiclèse et ainsi laisser sous entendre que sous le regard bienveillant de Rome, on a inventé une épiclèse parce qu’il n’y en avait pas. Je crois que Rome est beaucoup plus sérieux que cela à mon avis. La traduction de Dom Lefebvre est une bonne traduction, j’en conviens, mais elle demeure et reste à strictement parlé, une traduction littérale et n’induit pas le sens théologique que la traduction classique, axée sur la pneumatologie et aidé par la théologie d’aujourd’hui, ayant donné le sens et la traduction de cette phrase, selon les traductions approuvées par Rome, il ne faut pas l’oublier! De plus, la traduction de Dom Lefebvre appartient aux traductions littérales que nous retrouvons volontiers dans les missels des fidèles avant concile pour la bonne compréhension des fidèles du déroulement de la messe.

Dans la NOM l’aspect d’offertoire n’existe plus mais remplacé par une «préparation du pain et du vin». Je parle ici en terme d’aspect car l’idée d’offertoire présente dans la VOM n’est pas uniquement une préparation mais il y a l’aspect de demande de bénédiction et de sanctification des offrandes qui fait donc corps avec la préface et le canon. L’aspect des Écritures Saintes, de la consécration et de la communion forment un tout dans la VOM et ne sont pas compartimentés et séparés comme le présente aujourd’hui la NOM. Ainsi : Veni Sanctificator ominipotens aeterne Deus et benedic hoc Sacrificium tuo sancto nimini praeparatum, que nous retrouvons à l’offertoire, et comme le souligne Popeye, nous le retrouvons dans la traduction du NOM en « Sanctifie pleinement cette offrande par la puissance de ta bénédiction» qui est bien le sens de cette phrase. Sanctificator et benedic renvoie, comme je l’ai mentionné plus haut en référence à la théologie des Pères Grecs à l’Esprit Saint (aspect pneumatologique du Saint Sacrifice de la Messe). Ainsi dans la NOM, ils ont certes voulu garder le Canon Romain, mais la traduction devait coïncider avec l’aspect nouveau de l’offertoire changé en «préparation du pain et du vin» et donc sous entendre et traduire «Quam oblationem…» par «Sanctifie cette offrande par la puissance de ta bénédiction» puisque cette invocation a disparu de la «préparation du pain et du vin» dans la NOM. Elle est tout simplement une traduction théologique et non littérale de ce passage avec les liens à créer avec ce qui est présent dans la VOM et qui a disparus dans la NOM. Il serait donc faut de prétendre que l’Esprit Saint est absent de la consécration et que l’épiclèse y est absente ou ajourter dans la NOM pour le Canon Romain.

Sources : Théologie de la liturgie eucharistique par R. Cabié, I.H. Dalmais, J. Évenou, P.M. Gy, P. Jounel, A. Nocent, D. Sicard. Desclées.

P.S. Popeye, vous ne me faites pas peur avec votre mitraillette!Image
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Boris
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Re: Réforme de la réforme

Message non lu par Boris »

Merci Sapin et "sursum Corda" pour ces explications.

Je pense que tous les protagonistes (Popeye, Arzur, Sapin, Sursum Corda, ... , moi-même) sommes d'accord sur ces explications :
- la notion de consécration vis à vis de l'épiclèse et du récit de l'institution
- la présence effective d'une épiclèse dans le Canon, même si celle-ci ne mentionne pas nommément l'Esprit

Par contre, il faut noter comme différence entre VOM et NOM cet aspect "épiclésien" de l'offertoire de la VOM.

En effet, la prière "Veni Sanctificator" est comme une épiclèse mais en dehors du Canon.
C'est une épiclèse pendant la présentation/préparation des offrandes, semant la confusion à savoir n'est-ce encore que des offrandes ou est-ce déjà les espèces Eucharistiques ou pire est-ce un statut bâtard entre les deux puisque l'Esprit a déjà été invoqué mais que les paroles consécratoires sont dans le Canon ?

C'est cette confusion que la restauration supprime : en ne laissant que l'épiclèse du Canon, il n'y plus de doute sur le moment de l'invocation de l'Esprit.

NOM :
22. Tenens manus expansas super oblata, dicit:
Quam oblatiónem tu, Deus, in ómnibus, quaesumus, benedíctam, adscríptam, ratam, rationábilem, acceptabilémque fácere dignéris: ut nobis Corpus et Sanguis fiat dilectíssimi Fílii tui, Dómini nostri Iesu Christi. Iungit manus.
VOM :
P: Quam oblationem tu, Deus, in omnibus, quaesumus benedictam †, adscriptam †, ratam †, rationabilem, acceptabilemque facere digneris: ut nobis Corpus †, et Sanguis † fiat dilectissimi Filii tui Domini nostri Jesu Christi.
On note que la NOM demande l'imposition des mains, signe clair de l'action de l'Esprit alors que la VOM fait 5 signations dans le même but.
UdP,
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Re: Réforme de la réforme

Message non lu par Sursum Corda »

Je partage tout a fait la position de ce cher Boris.
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Re: Réforme de la réforme

Message non lu par Popeye »

Sursum Corda a écrit :
A propos de l'invocation à l'Esprit Saint : La consécration opérée par l’épiclèse est enseignée dans les catéchèses mystagogiques de saint Cyrille de Jérusalem, alors que la consécration due au Verba Christi est présente dans le de Sacramentis de saint Ambroise de Milan. Pour autant, ces textes ne sont pas contradictoires : pour Cyrille, l’anaphore et tout le canon constituent un ensemble indivisible. Tout se noue et se dénoue autour du rappel des paroles de l’institution. De même, lorsque saint Ambroise rappelle les paroles du Christ consécratoires, il a en vue le fait que le Christ les a prononcées une fois pour toutes, et que l’Eucharistie est le perpétuel renouvellement de l’unique sacrifice de la croix. Dans la puissance de l’Esprit, cet acte du Christ est rendu présent. La promesse du Christ se réalise par la supplication de l’Eglise adressée au Père, qui envoie son Esprit. Il convient de noter dans cette querelle que l’évocation de la descente de l’Esprit-Saint est tardive dans l’histoire de la liturgie eucharistique, même en Orient, tout comme le fait que la présence dans la prière eucharistique des paroles de l’institution n’était pas systématique. Ce qui assure la présence et la réalité du sacrement, ce sont les paroles que le Christ a prononcées une fois pour toutes. Ce qui l’étend à chaque eucharistie, c’est la prière de l’Eglise proclamant au Père sa foi dans la promesse du Fils. Cette actualisation est l’œuvre de l’Esprit.
Bonsoir SC.

Qu'appelez-vous exactement la "prière eucharistique" ? :incertain:
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Re: Réforme de la réforme

Message non lu par VexillumRegis »

Sur la question de l'épiclèse, vous trouverez ICI quelques éléments intéressants.

Cordialement en Jésus +,

- VR -
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Boris
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Re: Réforme de la réforme

Message non lu par Boris »

popeye a écrit :Qu'appelez-vous exactement la "prière eucharistique" ?
C'est la prière qui se trouve entre le Sanctus et l'oraison dominicale.

La Prière Eucharistique (P.E.) n°I est le Canon Romain. Il sert de base à la la P.E. n°3.

La P.E. n°2 se base sur une anaphore du IIIe siècle, de St Hippolyte. Elle a une préface propre, qui est optionnelle.

La P.E. n°4 s'inspire des anaphores de St Basile mais selon le schéma du Canon Romain. Elle a une préface propre obligatoire.


Maintenant, voyons ce que dit Dom Le Gall sur l'épiclèse du Canon Romain dans "La Messe au fil de ses rites" :
- il englobe le "Hanc igitur" avec le "Quam oblationem" pour définir l'épiclèse
- la première épiclèse est de manière traditionnelle dans l'Eglise Romaine invoquée sur les dons, la seconde sur les fidèles. La formule de bénédiction du "Quam oblationem" se trouve répéter dès avant dans "Te igitur (...) et benedícas + haec dona, haec múnera, haec sancta sacrifícia illibáta," et dans "Hanc ígitur oblatiónem (...), quaesumus, Dómine, ut placátus accípias:"
- pour Dom Le Gall il ne fait aucun doute que c'est bien l'Esprit qui agit même s'il n'est pas nommé
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Re: Réforme de la réforme

Message non lu par VexillumRegis »

Bonsoir,

S'il y a une épiclèse dans le Canon romain, c'est au Supplices te rogamus qu'on doit la chercher, prière exactement parallèle, par sa position, à l'épiclèse des anaphores orientales. De nombreux docteurs médiévaux sont de cet avis (Paschase Radbert, Pierre Lombard, etc.), ainsi que des théologiens modernes. Le Père de la Taille, dans son ouvrage majeur Mysterium Fidei, écrit : "A n'en pas douter, nous nous trouvons là en face d'une épiclèse romaine, répondant, pour la place qu'elle occupe et pour le sens qu'elle a, quoique non par sa forme extérieure, aux épiclèses orientales." (p. 273). De grands liturgistes furent aussi de cet avis, parmi lesquels Dom Cabrol et Mgr Duchesne.

Voir à ce sujet la note 4 du Père Salaville en annexe de sa traduction de l'Explication de la divine liturgie de Nicolas Cabasilas (Sources chrétiennes) ou, du même auteur, l'article Epiclèse du DTC.

Cordialement en Jésus +,

- VR -
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Re: Réforme de la réforme

Message non lu par Sapin »

Bonsoir VR

Bon texte et bonne recherche de votre part pour la référence de renvoi, merci VR. Également de bonnes pistes de réflexions du liturgiste Joseph A. Jungmann, s. j. que vous citez dans votre document sur le développement de l'épiclèse dans le rite Romain et en particulier dans le canon romain sont intéressantes, c'est dire qu'à l'époque de saint Ambroise, loin d'eux les débats, il semble, pour manifester une forme d'épiclèse quelconque!

Autre fait à souligner, dans la forme extraordinnaire du rite Romain, c'est au Hanc Igitur que le prêtre impose les mains sur les offrandes déplacé à Quam oblationem pour la forme ordinnaire. Autrement dit, il faut lire ensemble Hanc igitur et Quam oblationem qui forme l'épiclèse du canon romain, la mention de l'Esprit-Saint sous-entendu.


In Xto

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Re: Réforme de la réforme

Message non lu par Boris »

Non pas.

Il y a 2 épiclèses dans le rite Romain : une avant la consécration et qui est une invocation sur les dons et une après la consécration qui est une invocation sur le peuple de Dieu.

Dans les rites orientaux, selon la théologie de l'Eglise Orthodoxe et de St Cyrille de Jérusalem, c'est l'épiclèse qui réalise la transubstantiation.

C'est pourquoi elle vient plus tard et comporte les mot explicite de consécration :
Anaphore de Saint Basile, in La Messe au fil de ses rites p. 148, a écrit :Plaise à ta bonté que vienne ton Esprit Saint sur nous et sur ces dons ici offerts, qu'il les bénisse, les sanctifie et consacre ce pain comme vénérable et propre corps de notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus Christ, et cette coupe comme vénérable et propre sang de notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus Christ (...)
On note que cette épiclèse concerne tout aussi bien les dons que le peuple de Dieu. Il n'y a pas d'autre épiclèse dans l'anaphore.

Ce qui n'est pas le cas du rite Romain.
Dom Le Gall in La Messe au fil de ses rites, p. 149 a écrit :En Syrie, en Egypte et à Rome, une première épiclèse se situe avant la consécration. Dans la deuxième de nos Prières Eucharistiques, inspirée [...] de la Tradition apostolique de saint Hippolyte de Rome (vers 215), le texte de l'épiclèse anté-consécratoire est ainsi libellé : "Sanctifie ces offrandes en répandant sur elles ton Esprit ; qu'elles deviennent pour nous le corps et le sang de Jésus le Christ, notre Seigneur.
Mais il faut aussi tenir compte de l'enseignement sur l'épiclèse de la PGMR :
PGMR 2002 a écrit :79. On peut distinguer comme suit les principaux éléments qui forment la prière eucharistique:
[...]
c.L´épiclèse: par des invocations particulières, l'Église implore la puissance de l'Esprit Saint, pour que les dons offerts par les hommes soient consacrés, c'est-à-dire deviennent le Corps et le Sang du Christ, et pour que la victime sans tache, qui sera reçue dans la communion, profite au salut de ceux qui vont y participer.
Autre commentaire de Dom Le Gall :
Dom Le Gall in La Messe au fil de ses rites, p. 148 a écrit :Faut-il choisir entre une épiclèse avant la consécration et une épiclèse après la consécration ? Il ne semble pas. Il vaut mieux choisir les deux, ce que les Prières Eucharistiques II, III et IV illustrent bien, à la suite de bien des anaphores anciennes : l'Esprit est appelé sur les dons, pour que leur consécration sanctifie l'assemblée"
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Re: Réforme de la réforme

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Sursum Corda a écrit :
A propos de l'invocation à l'Esprit Saint : La consécration opérée par l’épiclèse est enseignée dans les catéchèses mystagogiques de saint Cyrille de Jérusalem, alors que la consécration due au Verba Christi est présente dans le de Sacramentis de saint Ambroise de Milan. Pour autant, ces textes ne sont pas contradictoires : pour Cyrille, l’anaphore et tout le canon constituent un ensemble indivisible. Tout se noue et se dénoue autour du rappel des paroles de l’institution. De même, lorsque saint Ambroise rappelle les paroles du Christ consécratoires, il a en vue le fait que le Christ les a prononcées une fois pour toutes, et que l’Eucharistie est le perpétuel renouvellement de l’unique sacrifice de la croix. Dans la puissance de l’Esprit, cet acte du Christ est rendu présent. La promesse du Christ se réalise par la supplication de l’Eglise adressée au Père, qui envoie son Esprit. Il convient de noter dans cette querelle que l’évocation de la descente de l’Esprit-Saint est tardive dans l’histoire de la liturgie eucharistique, même en Orient, tout comme le fait que la présence dans la prière eucharistique des paroles de l’institution n’était pas systématique. Ce qui assure la présence et la réalité du sacrement, ce sont les paroles que le Christ a prononcées une fois pour toutes. Ce qui l’étend à chaque eucharistie, c’est la prière de l’Eglise proclamant au Père sa foi dans la promesse du Fils. Cette actualisation est l’œuvre de l’Esprit.
Bonjour SC.

Où se trouvaient alors les paroles de l'institution ? :oh:
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Re: Réforme de la réforme

Message non lu par Sursum Corda »

Justement, mon cher popeye, la présence des paroles de l'institution n'était pas systématique dans la liturgie des trois premiers siècles.
Dernière modification par Sursum Corda le mer. 16 janv. 2008, 23:41, modifié 1 fois.
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Re: Réforme de la réforme

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Sursum Corda a écrit :Tout se noue et se dénoue autour du rappel des paroles de l’institution. De même, lorsque saint Ambroise rappelle les paroles du Christ consécratoires, il a en vue le fait que le Christ les a prononcées une fois pour toutes, et que l’Eucharistie est le perpétuel renouvellement de l’unique sacrifice de la croix. Dans la puissance de l’Esprit, cet acte du Christ est rendu présent. La promesse du Christ se réalise par la supplication de l’Eglise adressée au Père, qui envoie son Esprit. Il convient de noter dans cette querelle que l’évocation de la descente de l’Esprit-Saint est tardive dans l’histoire de la liturgie eucharistique, même en Orient, tout comme le fait que la présence dans la prière eucharistique des paroles de l’institution n’était pas systématique. Ce qui assure la présence et la réalité du sacrement, ce sont les paroles que le Christ a prononcées une fois pour toutes. Ce qui l’étend à chaque eucharistie, c’est la prière de l’Eglise proclamant au Père sa foi dans la promesse du Fils. Cette actualisation est l’œuvre de l’Esprit.
Sursum Corda a écrit :Justement, mon cher popeye, la présence des paroles de l'institution n'étaient PAS SYSTÉMATIQUEs dans la liturgie des trois premiers siècles.
C'est bien ce que je craignais avoir lu. :(

Le problème de votre assertion, c'est qu'il est DE FOI CATHOLIQUE que les paroles de l'institution constituent la FORME du sacrement de l'Eucharistie. Sans ces paroles, les espèces ne sont pas transubstantiées, et le communiant ne fait que manger du pain. L'épiclèse n'y changera rien. Votre assertion revient donc à dire qu'en une matière aussi grave l'Église aurait erré pendant les trois premiers siècles, ignorant quoi constituait la forme du sacrement, d'où la non systématicité par vous affirmée ...

Voici donc pour nos amis l'authentique doctrine de l'Église :


Concile Oecuménique de Florence, décret pour les arméniens, 22 novembre 1439 (Dz 1321) a écrit : La FORME de ce sacrement, ce sont les paroles du Sauveur par lesquelles il a effectué ce sacrement. Car le prêtre effectue ce sacrement en parlant en la personne du Christ. En effet, par la vertu de ces paroles la substance du pain se change en corps du Christ et celle du vin en son sang, en sorte cependant que le Christ est contenu tout entier sous l'apparence du pain et tout entier sous l'apparence du vin.
Concile Oecuménique de Florence, décret pour les grecs et les arméniens, 22 novembre 1439 (Dz 1352) a écrit : Mais parce que dans le décret des Arméniens rapporté ci-dessus n'a pas été expliqué la formule qu'a TOUJOURS eu coutume d'employer, dans la consécration du Corps et du Sang du Seigneur la sacro-sainte Église romaine , affermie par la doctrine et l'autorité des apôtres Pierre et Paul, nous pensons qu'il faut l'introduire dans les présentes. Dans la consécration du Corps du Seigneur elle utilise cette formule : « CECI EST MON CORPS » ; dans celle du Sang : « Car CECI EST le calice de MON SANG, nouvelle et éternelle alliance, mystère de foi, qui pour vous et pour la multitude/beaucoup (multis) sera répandu en rémission des péchés. »
Catéchisme du Concile de Trente a écrit : MATIÈRE ET FORME DES SACREMENTS : En effet, tout sacrement se compose de deux choses, l'une qui est comme la matière et qu'on appelle élément ; l'autre qui est la forme et qui consiste dans les paroles.

FORME DE L'EUCHARISTIE : Les Évangélistes S.Matthieu, S.Luc et l'Apôtre S.Paul nous apprennent que cette forme consiste dans ces paroles : « CECI EST MON CORPS », car voici ce qui est écrit : « pendant qu'ils soupaient, Jésus prit du pain, le bénit, le rompit et le donna à ses disciples en disant : prenez et mangez ; CECI EST MON CORPS. » Cette forme, employée par Notre-Seigneur Jésus-Christ Lui-même pour la consécration de son Corps, a été CONSTAMMENT en usage dans l'Église catholique.
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Quant à la Consécration du vin qui est la seconde matière du sacrement, ... nous devons tenir pour certain qu'elle est ainsi formulée : « CECI EST le Calice de MON SANG, de la nouvelle et éternelle Alliance, Mystère de la Foi, qui sera versé pour vous et pour la multitude/plusieurs (multis), pour la rémission des péchés. »
Pie VII, Bref Adorabile Eucharistiae au Patriarche d'Antioche et aux Évêques grecs melkites [uniates], 8 mai 1822 a écrit :[Une grande cause de douleur et de crainte a été occasionnée par ceux qui répandent]cette opinion nouvelle, soutenue par les schismatiques, qui enseigne que la forme de ce sacrement ... vivifiant est accompli, ne consiste pas dans les seules paroles de Jésus Christ qu'utilisent les prêtres aussi bien latin que grecs lors de la consécration, mais que, pour que la consécration soit parfaite et consommée, il est nécessaire que soit ajoutée cette formule de prière qui chez nous précède les paroles mentionnées mais qui dans votre liturgie les suit ...
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