Merci de votre question, cher Daïdalon.
D’après S. Pierre, ce Christ est « le Fils du Dieu vivant », n’est-ce pas ?Mt 16, 16 Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! »

Merci de votre question, cher Daïdalon.
D’après S. Pierre, ce Christ est « le Fils du Dieu vivant », n’est-ce pas ?Mt 16, 16 Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! »

Non. Soit Dieu est trine, soit il ne l'est pas. Soit Jésus est la deuxième personne de la Trinité, soit pas, soit Muhammad est le meilleur des hommes que cette terre ait porté, soit il est un faux prophète, soit le Coran est la parole de Dieu, soit il s'agit d'une fausse révélation. Cela n'a rien de superficiel et aucun des grands penseurs soufis que les Occidentaux aiment tant citer ne rejette la sharî'a, tout comme aucun mystique catholique ne rejette le dogme et sa vérité.Alors oui,il subsiste bien des différences superficielles entre islam et christianisme, mais ce sont là les formes exotériques de la religion, autrement dit l’enseignement simplifié à destination du peuple , alors que la religion ésotérique, celle des scribes des moines et théologiens, des mystiques, est un champ bien plus vaste!
On a parlé de la tolérance des premiers siècles, de la tolérance des Apôtres. Mes Frères, on n'y pense pas; mais l'établissement de la religion chrétienne a été au contraire par excellence une œuvre d'intolérance religieuse. Au moment de la prédication des Apôtres, l'univers entier possédait à peu près cette tolérance dogmatique si vantée. Comme toutes les religions étaient aussi fausses et aussi déraisonnables les unes que les autres, elles ne se faisaient pas la guerre; comme tous les dieux se valaient entre eux, c'étaient autant de démons, ils n'étaient point exclusifs, ils se toléraient: Satan n'est pas divisé contre lui-même. Rome, en multipliant ses conquêtes, multipliait ses divinités; et l'étude de sa mythologie se compliquait dans la même proportion que celle de sa géographie. Le triomphateur qui montait au Capitole, faisait marcher devant lui les dieux conquis avec plus d'orgueil encore qu'il ne traînait à sa suite des rois vaincus. Le plus souvent, en vertu d'un sénatus-consulte, les idoles des Barbares se confondaient désormais avec le domaine de la patrie, et l'Olympe national s'agrandissait comme l'empire.
Le christianisme, au moment où il apparut (remarquez ceci, mes Frères, ce sont des aperçus historiques de quelque valeur par rapport à la question présente), le christianisme, à sa première apparition, ne fut pas repoussé tout d'un coup. Le paganisme se demanda si, au lieu de combattre cette religion nouvelle, il ne devait pas lui donner accès dans son sein. La Judée était devenue une province romaine ; Rome, accoutumée à recevoir et à concilier toutes les religions, accueillit d'abord sans trop d'effroi le culte sorti de la Judée. Un empereur plaça Jésus-Christ aussi bien qu'Abraham parmi les divinités de son oratoire, comme on vit plus tard un autre César proposer de lui rendre des hommages solennels. Mais la parole du prophète n'avait pas tardé à se vérifier: les multitudes d'idoles, qui voyaient d'ordinaire sans jalousie des dieux nouveaux et étrangers venir se placer à côté d'elles, à l'arrivée du Dieu des chrétiens tout à coup poussèrent un cri d'effroi, et, secouant leur tranquille poussière, s'ébranlèrent sur leurs autels menacés: Ecce Dominus ascendit, et commovebuntur simulacra a facie ejus. Rome fut attentive à ce spectacle. Et bientôt, quand on s'aperçut que ce Dieu nouveau était l'irréconciliable ennemi des autres dieux; quand on vit que les chrétiens dont on avait admis le culte ne voulaient pas admettre le culte de la nation; en un mot, quand on eut constaté l'esprit intolérant de la foi chrétienne, c'est alors que commença la persécution.
Écoutez comment les historiens du temps justifient les tortures des chrétiens: ils ne disent point de mal de leur religion, de leur Dieu, de leur Christ, de leurs pratiques; ce ne fut que plus tard qu'on inventa des calomnies. Ils leur reprochent seulement de ne pouvoir souffrir aucune autre religion que la leur. « Je ne doutais pas, dit Pline le Jeune, quoi qu'il en soit de leur dogme, qu'il ne fallût punir leur entêtement et leur obstination inflexible: Pervicaciam et inflexibilem obstinationem. Ce ne sont point des criminels, dit Tacite, mais ce sont des intolérants, des misanthropes, des ennemis du genre humain. Il y a chez eux une foi opiniâtre à leurs principes, et une foi exclusive qui condamne les croyances de tous les autres peuples: Apud ipsos fides obstinata, sed adversus omnes alios hostile odium. Les païens disaient assez généralement des chrétiens ce que Celse a dit des Juifs, que l'on confondit longtemps avec eux parce que la doctrine chrétienne avait pris naissance en Judée: « Que ces hommes adhèrent inviolablement à leurs lois, disait ce sophiste, je ne les en blâme pas; je ne blâme que ceux qui abandonnent la religion de leurs pères pour en embrasser une différente ! Mais si les Juifs ou les chrétiens veulent se donner les airs d'une sagesse plus sublime que celle du reste du monde, je dirai qu'on ne doit pas croire qu'ils soient plus agréables à Dieu que les autres. »
Ainsi, mes Frères, le principal grief contre les chrétiens, c'était la rigidité trop absolue de leur symbole, et, comme on disait, l'humeur insociable de leur théologie. Si ce n'eût été qu'un Dieu de plus, il n'y aurait pas eu de réclamations; mais c'était un Dieu incompatible qui chassait tous les autres: voilà pourquoi la .persécution. Ainsi l'établissement de l'Église fut une œuvre d'intolérance dogmatique. Toute l'histoire de l'Église n'est pareillement que l'histoire de cette intolérance. Qu'est-ce que les martyrs ? des intolérants en matière de foi, qui aiment mieux les supplices que de professer l'erreur. Qu'est-ce que les symboles ? des formules d'intolérance, qui règlent ce qu'il faut croire et qui imposent à la raison des mystères nécessaires. Qu'est-ce que la Papauté ? une institution d'intolérance doctrinale, qui par l'unité hiérarchique maintient l'unité de la foi. Pourquoi les conciles ? pour arrêter les écarts de la pensée, condamner les fausses interprétations du dogme, anathématiser les propositions contraires à la foi.
Nous sommes donc intolérants, exclusifs en matière de doctrine: nous en faisons profession; nous en sommes fiers. Si nous ne l'étions pas, c'est que nous n'aurions pas la vérité, puisque la vérité est une, et par conséquent intolérante. Fille du ciel, la religion chrétienne, en descendant sur la terre, a produit les titres de son origine; elle a offert à l'examen de la raison des faits incontestables, et qui prouvent irréfragablement sa divinité. Or, si elle vient de Dieu, si Jésus-Christ, son auteur, a pu dire :Je suis la vérité: Ego sum veritas; il faut bien, par une conséquence inévitable, que l'Église chrétienne conserve incorruptiblement cette vérité telle qu'elle l'a reçue du ciel même; il faut bien qu'elle repousse, qu'elle exclue tout ce qui est contraire à cette vérité, tout ce qui la détruirait. Reprocher à l'Église catholique son intolérance dogmatique, son affirmation absolue en matière de doctrine, c'est lui adresser un reproche fort honorable. C'est reprocher à la sentinelle d'être trop fidèle et trop vigilante; c'est reprocher à l'épouse d'être trop délicate et trop exclusive.

Bonsoir, cher Daïdalon.
Il n’y pas de divergences à l’intérieur du message de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, n’est-ce pas ?


Merci de votre réponse, cher Daku.
Haha ,mais vous savez Gaudens, je crois que notre estimé Suliko choisit ses références exprès! C'est-à-dire Suliko que je crois que vous souhaitez "tirer la langue" au nihilisme de notre époque : "ah, vous dites que rien n'est vrai, eh bien j'irai au contraire chercher mes réponses dans une vérité forte et sans compromis". Cette attitude m'est très proche et je la comprends parfaitement.Un mot pour Suliko :come toujours,vous prenez vos exemples dans des attitudes extrêmes un peu anciennes ,habituellement propres à faire fuir d’horreur tout lecteur du XXIè siècle .Les propos du cardinal Pie sont à lire dans le contexte des batailles intellectuelle et politique de cet ultramontain militant, combattant acharné contre l’esprit des « Lumières »,l’héritage de la Révolution,voire contre le gallicanisme encore vaguement teinté de jansénisme en ce milieu du XIXè soicle.Cela mériterait un fil à soi seul !

D’où vient cette « chaleur », cher Daïdalon
D’après S. Paul, « la foi naît de […] la parole du Christ ».Rm 10, 17 Or la foi naît de ce que l’on entend ; et ce que l’on entend, c’est la parole du Christ.
La Parole de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ fait brûler le cœur.Lc 24, 32 Ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? »
Celui qui est bien prompt à juger ici, c'est bien vous. A partir de l'extrait d'un sermon, vous jugez une personne et la profondeur de sa foi ! Lisez quelques autres sermons du Cardinal Pie (ils sont en libre accès) et vous verrez bien s'il ne s'intéressait pas au Christ, à la prière, etc... Mais il le faisait sans vider la foi de son contenu, comme vous le faites. Et non, on ne peut pas séparer le Christ de l'Eglise qu'il a fondée...Le cardinal cité plus haut, par exemple, ne s’intéresse au Christ que dans la mesure où Celui-ci peut être utile au catholicisme, à la papauté. C’est typique et révélateur de cette absence de chaleur dont je parlais, et que la teneur de son discours confirme amplement.
Mon interprétation n'a strictement aucune importance. A aucun moment, je ne vous ai donné mon avis personnel. Ce qui a du poids, c'est l'enseignement traditionnel de l'Eglise, à travers ses Pères, ses théologiens, ses encycliques, etc... Sur certaines questions, il existe une liberté d'interprétation, mais sur d'autres non, et on ne peut pas non plus faire dire n'importe quoi à la religion catholique.Votre interprétation du catholicisme vaut-elle mieux que celle de Gaudens ?
A vous de réfléchir et d'être un peu moins dans l'émotion. Dites-moi, au début et même au milieu du siècle dernier, lorsque nombre de nations ou de régions étaient encore officiellement catholiques, y avait-il des grands massacres d'hérétiques ou que sais-je ? Le Québec était-il à feu et à sang pour des raisons religieuses ? La Colombie ? Devait-on faire fi de la royauté sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ sous prétexte que dans l'histoire, certains schismes et hérésies ont endeuillé la Chrétienté ? La société est-elle devenue meilleure, à présent que la morale catholique n'est plus ni enseignée ni respectée ? Est-il bon que tant de femmes tuent l'enfant qu'elles portent en leur sein ? Que les institutions (famille, école, etc...) soient devenues si faibles ? Et surtout, les groupes que vous nommez (Albigeois, Musulmans de Terre sainte, etc...) étaient-ils partisans de la neutralité religieuse ? Voulaient-ils simplement vivre en paix ou avaient-ils également pour but de façonner le pouvoir politique d'après leurs dogmes ? Vous connaissez la réponse, j'en suis sûre.Réfléchissez-y sérieusement.
Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 10 invités