Re Invité,
Invité a écrit : ↑sam. 12 déc. 2020, 16:40
La notion de grâce me met mal à l'aise pour deux raisons :
- Elle impliquerait que la foi soit réservée à une minorité d'hommes appelés à la recevoir. Or, la volonté de Dieu est que tout homme soit sauvé.
- Le Christ ressuscité a missionné les Apôtres pour évangéliser Jérusalem et les nations. La conversion est donc la disposition personnelle à accueillir la parole prêchée par les Apôtres. Cela rejoint totalement la parabole du Semeur où la parole tombée dans un cœur disposé (la bonne terre) portera du fruit tandis que chez beaucoup, elle sera sans effet.
Il semblerait que la réponse au premier point vous la donniez dans le second.
Je crois donc pour ma part que la foi est un processus strictement personnel influencé par ses dispositions intellectuelles et émotionnelles. Si elle devait être une grâce, alors cela signifierait très clairement que je ne l'ai pas reçue.
Tout comme un cadeau on peut le recevoir, encore faut-il être dans les dispositions pour accepter ce cadeau. J'espère ne pas faire un impair, mais si vous êtes cet invité de la rubrique Apologétique, peut être y faites vous quelque part obstacle ? Ne serait-ce pas un cadeau que vous trouveriez contraignant, liberticide ou toute autre possibilité ? Je ne fais que spéculer bien entendu.
La capacité de persuasion de certain peut éloigner du centre. Mais je pense que sur le forum, quand un internaute expose son point de vue et ses interrogations, une réponse catholique s'impose. Plus que la censure.
Toute comme la capacité d'auto persuasion.
Je ne suis pas la modération mais envisagez vous que la défense de "vos" pensées puisse avoir un côté blessant pour autrui ? Possiblement non puisque vous êtes dans une démarche intellectuelle et qu'on ne peut blesser un concept, ce pourrait être bien différent le jour où vous vivrez la relation.
Si vous êtes toujours cet "invité" auquel je pense, et qui s'exprimait sur la divinité du Christ, je vais procéder à un exemple plus personnel. Si demain vous prétendez que ma mère ne l'est pas vraiment, cela peut me blesser mais pas autant que vous ne le penseriez; alors qu'en ce qui concerne Dieu cela touche à une telle intimité que je le vis comme une profonde injustice.
Tout comme je ne peux vous prouver par forum interposé du degré relationnel avec un parent je ne le peux pour Dieu; cela relève de la relation vécue et de la disposition intérieure, cela s'explique même à nos proches qui nous connaissent.
Comme je l'ai exprimé ci-dessus, je suis l'exact opposé de vous car ma conversion a été réalisée au moyen de l'Écriture par la rencontre avec le Christ dans le sermon sur la montagne. Il est vrai que je suis dans une foi intellectuelle avec une soif de connaissance et d'appropriation.
Une véritable rencontre ne peut relever que du sensible. L'intellect lui ne fait qu'être touché par la conceptualisation ou l'idée du Christ.
On ne se lance pas dans une relation (même humainement amoureuse) par l'intellect uniquement, il est nécessaire d'aller au delà : confiance, exposition, et peut être même déception.
Je demeure assez prudent sur la conversion spontanée de fidèles foudroyés par la foi. Car quelle est leur foi ? J'y vois davantage une croyance qu'une foi enracinée dans la connaissance. Car foi et connaissance vont de paire. Or, il est à mon sens impossible par une conversion foudroyante de connaître subitement les fondamentaux de la foi chrétienne. La Trinité, le salut, la justification, etc. ne sont accessibles que par un cheminement intellectuel.
Je peux comprendre cela mais, au risque de paraître linéaire, c'est que quelque part vous décidez que Dieu ne puisse agir qu'intellectuellement. Il arrive qu'il se révèle personnellement à certaines personnes et cela provoque une conversion immédiate. Une seconde avant : non croyant, la seconde d'après : l'inverse. Et croyez moi ou pas, je sais de quoi je parle.
Quant à leur foi personne ne peut en juger. Ni par leur apparence, ni par leur pratique ou autre. Mais comme cela change une vie, c'est là que leur témoignage peut devenir le plus sensible; surtout dans leur entourage qui les connaissait avant.
Je réponds non car l'attente du jugement à l'issue de notre vie terrestre fait que nous serons jugés sur nos actes et notre foi. L'homme peut librement décider de la conduite de son existence mais sa destinée éternelle est entre les mains de Dieu. Le salut ou la damnation. Par conséquent, notre liberté est toute relative ainsi que je l'ai exprimé en page précédente.
C'est de l'ordre de la progression logique, celle de la connaissance de Dieu à partir de sa Loi et je n'y ai pas fait exception : un Dieu comptable des fautes et qui donne court à Sa Justice. Mais le jour où on saisit qu'Il est Miséricorde et que Sa Justice est comprise dans sa Miséricorde alors la relation devient toute autre. Alors on se met à aimer Dieu non par crainte, non par devoir ... mais d'amour; un amour certes limité à nos capacités humaines mais annonciateur de ce que nous vivrons plus tard et qui nous terrasserait immédiatement si nous le vivions avec nos cœurs humains.
Je n'ai pas prétention à vous convaincre de quoi que ce soit et mon témoignage n'aura d'intérêt que celui que vous lui donnerez. Mais demain je vais répondre à l'appel de mon Dieu de communier avec Lui, et c'est mon cœur qui va répondre au besoin vital de cette relation ... pas mon intellect ou la crainte d'être foudroyé si je ne le faisais pas.