Concernant
les chants pendant et après la communion, voici ce que dit la PGMR, Présentation Générale du Missel Romain :
86. Pendant que le prêtre consomme le Sacrement, on commence le chant de communion pour exprimer par l´unité des voix l´union spirituelle entre les communiants, montrer la joie du cœur et mettre davantage en lumière le caractère « communautaire » de la procession qui conduit à la réception de l’Eucharistie. Le chant se prolonge pendant que les fidèles communient. Mais il s’arrêtera au moment opportun s’il y a une hymne après la communion.
On veillera à ce que les choristes aussi puissent communier commodément.
87. Pour le chant de communion, on peut prendre soit l´antienne du Graduale romanum, avec ou sans psaume, soit l´antienne avec son psaume du Graduale simplex, ou un autre chant approprié approuvé par la Conférence des évêques. Le chant est exécuté soit par la chorale seule, soit par la chorale ou le chantre avec le peuple.
S´il n´y a pas de chant, l´antienne proposée dans le Missel peut être dite soit par les fidèles, soit par quelques-uns d´entre eux, soit par un lecteur ou, à défaut, par le prêtre, après avoir lui-même communié et avant qu’il ne distribue la communion aux fidèles.
88. Lorsque la distribution de la communion est achevée, le prêtre et les fidèles, si cela est opportun, prient en silence pendant un certain temps. Si on le décide ainsi, toute l´assemblée pourra aussi exécuter une hymne, un psaume, ou un autre chant de louange.
Le chant pendant la communion est donc recommandé. Il est juste ... :
1/ qu'il commence dès le début de la communion,
2/ que le chantre et la chorale puissent "communier commodément",
3/ qu'il s'achève avec la fin du mouvement de communion,
4/ que le tout (chant, mouvement, communion) soit suivi par un temps de silence ... ou un chant adapté.
Le problème, c'est que, parfois, ça ne se passe comme ça (et c'est un tenant de la messe post-vaticane qui vous le déclare, ... pour le déplorer).
1 + 2 = 0
Souvent, dans la pratique, la chorale se dépêche (enfin, tout est relatif, vu l'âge moyen) d'aller communier en premier et attend d'être réunie au grand complet pour entonner le chant, ce qui fait que la moitié de l'assemblée a déjà communié quand on peut commencer à chanter.
3 = 0
Et puis quoi encore ? La tentation est si grande de continuer : il y a encore des couplets dans les livres ou sur les feuilles.
(Peut-être d'ailleurs est-ce une conséquence du point précédent...)
1 + 4 = 2
Du coup, ça fait deux chants ! Comme ça, on est bien sûr qu'il n'y aura pas de "silence inutile" entre les chants et les bruits de feuille !?
(... et je ne parle même pas des chants qui mériteraient d'être pris
mezzo voce (à mi-voix) et qu'on "gu..." à tue-tête ...)
3 + 4 = -1
Souvent, on choisit de ne prendre qu'un seul et même chant, soit (a) pendant le mouvement, soit (b) après la communion (pendant que le célébrant purifie les vases sacrés). Encore faudrait-il que le chant soit en accord avec le moment choisi. On dirait notamment que ça ne gêne personne d'entonner un cantique de procession alors que tout le monde est à sa place.
Je suis bien conscient qu'en écrivant cela, j'apporte de l'eau au moulin des détracteurs de la liturgie d'après Vatican II. Je leur demande de "ne pas tirer sur l'ambulance" : je me désole comme eux de voir certaines pratiques dans nos paroisses qui montrent à quel point certains fidèles ne comprennent visiblement rien à ce qui se passe, ni même à ce qu'ils font.
Pourtant :
- - les consignes de la PGMR sont claires, et assez faciles à mettre en œuvre,
- elle sont suivies dans un grand nombre de paroisses, et pour une large part de nos assemblées,
- malheureusement il arrivent trop souvent qu'on s'en affranchisse sans complexe.
Vous aurez compris à mon ton doux-amer combien (au risque de me répéter) je déplore ces manques. Aussi, pour conclure, je me permettrais de préconiser deux remèdes bien simples :
- A/ Commençons par introduire un peu plus de silence dans nos célébrations.
- B/ Promouvons la lecture de la PGMR, si joliment sous-titrée L'art de célébrer la messe : pas un animateur de chant, pas une personne appelée à une mission, si modeste soit-elle, pour le compte de la paroisse, ne devrait ignorer ce petit ouvrage (13,00 €).
signé : Jean-Mic, animateur liturgique (selon le rite ordinaire) en paroisse