L’amour de Dieu et la haine du péché
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Re: L’amour de Dieu et la haine du péché
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Dernière modification par Perlum Pimpum le lun. 13 juin 2022, 12:58, modifié 1 fois.
« L’âme bavarde est vide intérieurement. Il n’y a en elle ni vertus fondamentales ni intimité avec Dieu. Il n’est donc pas question d’une vie plus profonde, d’une douce paix, ni du silence où demeure Dieu. L’âme qui n’a jamais goûté la douceur du silence intérieur est un esprit inquiet et elle trouble le silence d’autrui. J’ai vu beaucoup d’âmes qui sont dans les gouffres de l’Enfer pour n’avoir pas gardé le silence. »
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ademimo
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Re: L’amour de Dieu et la haine du péché
Vous êtes étrange, Perlum Pimpum. Vous venez de nier votre propos de tout à l'heure. Si le mauvais riche était au Purgatoire, Abraham aurait pu accéder facilement à sa demande, conformément à l'enseignement de l'Église sur l'intercession en faveur des âmes du Purgatoire.Perlum Pimpum a écrit : ↑dim. 27 juin 2021, 11:35 Votre tort, Ademino, est de croire à une rupture de Tradition entre l’enseignement d’avant et d’après Vatican II, en conséquence de quoi, si j’ai bien compris, vous avez apostasié la foi, quoique les tradis apostasiant gardent souvent suffisamment en leurs âmes trace de la foi théologale qui les informait tant qu’ils conservent encore de beaux restes…. Dois-je vous rappeler que l’apostasie est cause de damnation ? Revenez donc à la mesure et cessez de faire l’andouille ! Apostasier n’est pas la solution, vous le savez. Faites vous du bien, soyez charitable à vous même : abandonnez votre chemin de perdition ; revenez au bercail, la sainte Église, où Jésus paît ses brebis.
En quoi, bien interprété, Vatican II ou le CEC ou l’Encyclique Spé Salvi seraient contraires à la Tradition ? Que dit Benoit XVI de prétendument contraire à la Tradition ? Que la parabole relative au schéol « ne parle pas du destin définitif après le jugement universel » ? Si les mots ont un sens, universel s’oppose à particulier : la parabole où il est question d’Abraham, de Lazare et du mauvais riche, tous trois au schéol (le séjour des morts) concerne des individus déjà jugés quant au jugement particulier. Vous admettez vous même qu’Abraham et Lazare sont dans le Limbe des Patriarches ; ils ont donc été jugés, jugement au terme duquel ils furent placés ailleurs que là où se trouve le mauvais riche de la parabole. Où donc est ce mauvais riche sinon au Purgatoire ou en Enfer ? Il faut bien qu’il soit un l’un de ces lieux - si tant est qu’on puisse parler de lieu pour des âmes séparées de le leur corps - puisqu’il souffre accablé par les flammes. Qu’il soit damné, à preuve l’impossibilité où se trouve Abraham de lui faire du bien, de soulager ses peines, cela implique-t-il qu’il faille nier la possibilité que des âmes aient été mises au Purgatoire avant que Jésus ne descende au Schéol ? Non. Et donc, en quoi serait disconforme à la Tradition de dire, en pensant à ces personnes, qu’au final elles ont bénéficié ou bénéficieront « des purifications et des guérisons » leur permettant l’accès au Ciel ? En rien ! Car enfin, faudrait-il nier le Purgatoire pour affirmer l’Enfer ?
Vous voyez bien que vous cédez ici au scandale pharisaïque. Vos arguments de décrédibilité au principe de votre apostasie sont des arguments bidons. Si vous avez besoin d’aide pour les ruiner, vous trouverez ici des catholiques prêts à vous y aider par désir de votre salut. C’est cela aimer son prochain de charité.
J'ajoute un second argument potentiel : il me semble bien que dans la tradition de l'Église, le Purgatoire est réservé aux âmes qui ont suivi la Passion du Christ. Pour le temps de l'Ancien Testament, il n'y a pas de Purgatoire (à vérifier).
Enfin, l'argument le plus important à mon avis : le Christ prêcherait-il pour nous mettre en garde contre le Purgatoire (qui équivaut au Salut) ou contre la Damnation ? Rien que cette considération suffit à pulvériser l'idée que le Mauvais riche (qui de toute façon est fictif, puisqu'il s'agit d'une parabole) soit au Purgatoire. Bien évidemment, le Christ nous met en garde contre la Perdition. C'est l'objet premier de toute sa prédication.
D'ailleurs, de mon point de vue personnel, le Lazare de la parabole pourrait bien avoir un rapport avec le vrai Lazare, celui de Béthanie. Souvent le Christ fréquentait les "riches", comme on le voit à maintes reprises, et Lazare en fait partie, bien évidemment. Il est d'ailleurs lié à Marie, que l'on assimile à Marie-Madeleine, considérée par la tradition comme une riche courtisane. Il est possible, à mon avis, que le pauvre Lazare et le mauvais riche soient le reflet symbolique du seul et même Lazare : le Lazare opulent et insouciant, qui allait à sa perte avant de connaître le Christ, et le Lazare converti, qui s'est dépouillé de l'homme de péché, pour devenir "pauvre" sous le regard de Dieu. Le récit de la résurrection de Lazare est une autre manière de mettre en lumière cette transformation.
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Quant à mon cas personnel (je vois que vous lisez le forum avec attention), je pense qu'il peut rester à l'écart de la discussion. Je n'ai pas vraiment l'impression d'avoir perdu la foi, figurez-vous. Si j'ai pris mes distances avec certaines certitudes, ce n'est pas tant à cause du changement radical du discours de l'Église au tournant de Vatican II. C'est surtout que j'ai pris conscience de l'absurdité de la Damnation que rien ne nécessite.
Re: L’amour de Dieu et la haine du péché
Non, ce n'est pas pareil, ne serait-ce que d'un point de vue pastoral. Si l'on vous explique que vous ne serez damné que si vous le décidez (parce que c'est finalement cela qui est parfois suggéré), vous aurez tendance à vous dire que vous n'avez donc pas trop de soucis à vous faire, puisque malgré vos péchés, vous aimez Dieu et n'avez pas l'envie d'être damné.Fée Violine a écrit : ↑sam. 26 juin 2021, 22:59Mais c'est pareil.ademimo a écrit : ↑sam. 26 juin 2021, 21:32
Ce qui fait débat, c'est d'attribuer cette damnation à une condamnation exprimée par Dieu en réponse à un refus du réprouvé de se convertir sa vie durant, ce qui a toujours été le discours de l'Église jusqu'à Vatican II, ou bien de l'attribuer à un choix délibéré et libre du damné - s'imposant à Dieu qui "respecte sa liberté" - de se damner, ce qui est à mon avis un nouveau discours que l'Église n'a jamais tenu avant Vatican II.
Le curé d'Ars disait que quand Dieu damne quelqu'un, il est comme une mère qui serait obligée de lâcher le couteau de la guillotine sur la tête de son enfant.
Par contre, si l'on vous dit que c'est le Christ qui vous jugera, vous vous imaginerez logiquement un jugement extérieur à votre propre ressenti et vous aurez tendance à être plus inquiet de votre salut.
C'est pourquoi elle seule, prédestinée avant les générations et annoncée par les prophètes, la Mère du Créateur de tout l'univers, non seulement n'a participé en rien à la tache originelle, mais elle est toujours demeurée pure comme le ciel et toute belle. (extrait du règlement pour le monastère de Biélokrinitsa (1841)
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Re: L’amour de Dieu et la haine du péché
Bonjour,
Je vais peut-être surévaluer l'expression "objet premier", mais il me semble que l'objet premier de la prédication du Christ est le désir de béatitude inscrit dans l'homme. C'est d'ailleurs l'objet de sa première prédication : le discours des béatitudes.
Ce désir de béatitude implique un instinct de justice et de vérité.
L'avertissement de la perdition est second par rapport à cet objet premier de la prédication, qui est tout de même une "bonne nouvelle".
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Cinci
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Re: L’amour de Dieu et la haine du péché
ademimo :
En fait, votre réaction illustre ce que je dis depuis le départ : il est bien difficile aux catholiques d'aujourd'hui d'admettre la damnation éternelle jusqu'à nier un texte plutôt simple à comprendre.
Pas du tout.
Je reconnais sans difficulté ce que l'Église catholique affirme au sujet de la damnation et des peines éternelles. Il est vrai que beaucoup de personnes ne croient pas à ce que l'Église aura toujours dit au sujet de l'enfer. C'est vrai. Mais ce n'est pas mon cas. Ainsi, les arguments sur la façon de comprendre la parabole en question ne seront-elles pas liés au fait de contester ou non le contenu doctrinal de l'enseignement officiel de l'Église. Je n'ai jamais vu non plus un Benoit XVI refuser d'admettre la damnation éventuelle de tel ou tels.
Encore une fois, le seul "problème" ici n'est que votre postulat selon lequel «... simple à comprendre» - Pardon ? - mais oui car il faudra bien que tel passage ne puisse se comprendre uniquement comme moi je dirais qu'il faille le comprendre. Moi ou saint Basile ...
Faux. Faux et archi-faux. Un million de fois prouvé depuis des siècles. La soi-disant simplicité de la Bible et obligation à ce que tous soient bien forcés en conscience d'admettre comme seule interprétation possible et blablabla. Faux. Pas vrai. Et la raison aussi pourquoi le protestantisme est dans l'erreur avec la Bible comme ultime raison. N'importe quel passage de Bible à lui seul ne sera jamais suffisant pour asseoir hors de tout doute la doctrine que l'on voudra. La seule chose sur laquelle on peut s'entendre reste les affirmations dogmatiques de l'Église. On ne parlera pas du sens précis à donner à telle parabole.
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Re: L’amour de Dieu et la haine du péché
Ce sont les deux faces d'une même monnaie. Il n'y a pas d'autre alternative que la Perdition et le Salut. C'est l'un ou l'autre. La promesse du Salut - la "Bonne Nouvelle" est adressée à ceux qui vont à leur perdition. Donc, l'objet de la prédication de Notre-Seigneur est bel et bien de nous sauver de la Perdition, c'est-à-dire de nous offrir le Salut. C'est la même chose.Invité a écrit : ↑dim. 27 juin 2021, 13:21Bonjour,
Je vais peut-être surévaluer l'expression "objet premier", mais il me semble que l'objet premier de la prédication du Christ est le désir de béatitude inscrit dans l'homme. C'est d'ailleurs l'objet de sa première prédication : le discours des béatitudes.
Ce désir de béatitude implique un instinct de justice et de vérité.
L'avertissement de la perdition est second par rapport à cet objet premier de la prédication, qui est tout de même une "bonne nouvelle".
Quels sont les premiers mots de la prédication du Christ ?
"Repentez-vous car le Royaume des Cieux est proche".
Une annonce qui résume bien les deux aspects antagonistes du discours.
Jusqu'à Vatican II, l'Eglise insistait bien sur les deux aspects.
Depuis Vatican II, elle évite de parler du premier aspect (la Perdition), et en détourne les yeux. Et c'est alors que l'on saute joyeusement avec un lancer de ballons avec des sourires et des fleurs en chantant : "Voici venu le temps des rires et des chants, sur l'île aux Enfants, c'est tous les jours le printemps, etc." Je résume à grands traits.
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Re: L’amour de Dieu et la haine du péché
ademimo :
Si le mauvais riche était au Purgatoire, Abraham aurait pu accéder facilement à sa demande, conformément à l'enseignement de l'Église sur l'intercession en faveur des âmes du Purgatoire.
Personne dit que le mauvais riche de la parabole se trouve au purgatoire. Il est dit qu'il souffre alors qu'il se trouve dans le séjour des morts (hadès, chéol).
Dans l'Ancien Israël, avant Jésus, les Hébreux avaient commencé de concevoir qu'une sorte d'expiation ou de punition pouvait atteindre certains or qu'ils se trouveraient au séjour des morts, non pas dans l'enfer éternel. C'est la même idée que l'on retrouverait dans le livre des Maccabées et lorsque des Juifs pieux, à raison de la croyance chez eux en la résurrection de la chair, offriront un sacrifice au Temple de Jérusalem, en guise d'expiation pour le péché grave dans lequel seront tombé nombre de soldats de la troupe de Judas Maccabée. Afin que Dieu pardonne à ceux-là leur infidélité.
Le livre des Maccabées ne nous donnerait pas à entendre que ces infidèles seraient dans le sein d'Abraham avec les justes. Mais il ne nous laisse pas entendre, davantage, que leur sort serait fixé dans l'éternité pour y être des damnés; autrement le sacrifice offert serait parfaitement vain. Or, comme chrétiens : nous, nous pourrions comprendre facilement que ces troupiers de Judas Maccabées pourraient souffrir dans le séjour des morts et tels que dans l'attente du Sauveur. Qui ? Le Christ ! De profundis. La récitation ou le chant des psaumes convient à la perfection à l'idée d'un Juif descendu au séjour des morts, dans la fosse dont il ne serait pas possible de s'extraire, dans un état d'angoisse. Avec quoi comme espérance ? La seule perspective que le Dieu d'Israël veuille bien se décider de passer à l'acte et pour sortir notre homme de son petit enfer.
Tout cela laisse indemne la croyance au purgatoire qui vaut pour les disciples de Jésus-Christ explicitement, tout aussi bien que la croyance à la damnation de plusieurs.
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Re: L’amour de Dieu et la haine du péché
Cinci... Je suis au courant que les solascripturistes aiment brandir des passages présentés comme "clairs et simples" pour les opposer à la doctrine de l'Eglise. Un exemple : "n'appelez personne votre père car vous n'avez qu'un seul Père qui est aux cieux", qu'ils opposent à la pratique catholique d'appeler un prêtre "mon père" (et ignorant au passage que saint Paul appelle ses disciples ses fils qu'il a engendrés dans la foi).Cinci a écrit : ↑dim. 27 juin 2021, 14:33ademimo :
En fait, votre réaction illustre ce que je dis depuis le départ : il est bien difficile aux catholiques d'aujourd'hui d'admettre la damnation éternelle jusqu'à nier un texte plutôt simple à comprendre.
Pas du tout.
Je reconnais sans difficulté ce que l'Église catholique affirme au sujet de la damnation et des peines éternelles. Il est vrai que beaucoup de personnes ne croient pas à ce que l'Église aura toujours dit au sujet de l'enfer. C'est vrai. Mais ce n'est pas mon cas. Ainsi, les arguments sur la façon de comprendre la parabole en question ne seront-elles pas liés au fait de contester ou non le contenu doctrinal de l'enseignement officiel de l'Église. Je n'ai jamais vu non plus un Benoit XVI refuser d'admettre la damnation éventuelle de tel ou tels.
Encore une fois, le seul "problème" ici n'est que votre postulat selon lequel «... simple à comprendre» - Pardon ? - mais oui car il faudra bien que tel passage ne puisse se comprendre uniquement comme moi je dirais qu'il faille le comprendre. Moi ou saint Basile ...
Faux. Faux et archi-faux. Un million de fois prouvé depuis des siècles. La soi-disant simplicité de la Bible et obligation à ce que tous soient bien forcés en conscience d'admettre comme seule interprétation possible et blablabla. Faux. Pas vrai. Et la raison aussi pourquoi le protestantisme est dans l'erreur avec la Bible comme ultime raison. N'importe quel passage de Bible à lui seul ne sera jamais suffisant pour asseoir hors de tout doute la doctrine que l'on voudra. La seule chose sur laquelle on peut s'entendre reste les affirmations dogmatiques de l'Église. On ne parlera pas du sens précis à donner à telle parabole.
Vous m'amalgamez aux solascripturistes et au libre-examen des protestants.
Mais cela relève de la caricature. Car encore une fois, l'Ecriture n'est pas toujours revêtue d'un voile mystérieux, et dit clairement - oui, clairement - ce qu'elle dit. Et pour comprendre ce qu'elle dit, on fait appel à la simple logique. Du moins, tant que l'on demeure dans le sens littéral. Et ici, nous ne parlons que du sens littéral. Nous ne sommes pas en train de parler d'allégorie ou de "sens moral".
Si tel n'est pas le cas, si réellement la Bible ne dit pas ce qu'elle dit, alors c'est bien simple : la Bible ne sert plus à rien. Si chacun a sa vérité (et pour le coup, le "libre-examen" est plutôt de votre côté, il me semble, dans cette discussion), si l'Ecriture ne dit jamais rien clairement, alors on peut raconter absolument tout ce qu'on veut à tout moment. Et donc, ce n'est plus la peine de citer l'Ecriture.
Dans mes trois derniers posts, je discute en détail de l'extrait en question, en passant chaque étape en revue. Je vous ai expliqué dans le détail, avec plusieurs arguments, pourquoi le passage en question ne pouvait que concerner la Damnation. En m'appuyant sur de nombreuses références catholiques.
Vous m'opposez un simple revers de main...
Bien. Alors laissons reposer, dans ce cas. Que puis-je dire d'autre ?
Je sais bien que ni Benoît XVI, ni vous-même, ne contestez la damnation éternelle. Le fait est que le sujet gêne. Voilà ce qui est au coeur de la discussion. La damnation éternelle existe, mais évitons d'en parler, et gommons les passages des Evangiles un peu trop problématiques. Essayons du moins de les atténuer. Voilà l'esprit que j'analyse dans le rapport à ce texte.
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Re: L’amour de Dieu et la haine du péché
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« L’âme bavarde est vide intérieurement. Il n’y a en elle ni vertus fondamentales ni intimité avec Dieu. Il n’est donc pas question d’une vie plus profonde, d’une douce paix, ni du silence où demeure Dieu. L’âme qui n’a jamais goûté la douceur du silence intérieur est un esprit inquiet et elle trouble le silence d’autrui. J’ai vu beaucoup d’âmes qui sont dans les gouffres de l’Enfer pour n’avoir pas gardé le silence. »
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« L’âme bavarde est vide intérieurement. Il n’y a en elle ni vertus fondamentales ni intimité avec Dieu. Il n’est donc pas question d’une vie plus profonde, d’une douce paix, ni du silence où demeure Dieu. L’âme qui n’a jamais goûté la douceur du silence intérieur est un esprit inquiet et elle trouble le silence d’autrui. J’ai vu beaucoup d’âmes qui sont dans les gouffres de l’Enfer pour n’avoir pas gardé le silence. »
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Re: L’amour de Dieu et la haine du péché
Deux choses :Cinci a écrit : ↑dim. 27 juin 2021, 15:40ademimo :
Si le mauvais riche était au Purgatoire, Abraham aurait pu accéder facilement à sa demande, conformément à l'enseignement de l'Église sur l'intercession en faveur des âmes du Purgatoire.
Personne dit que le mauvais riche de la parabole se trouve au purgatoire. Il est dit qu'il souffre alors qu'il se trouve dans le séjour des morts (hadès, chéol).
Dans l'Ancien Israël, avant Jésus, les Hébreux avaient commencé de concevoir qu'une sorte d'expiation ou de punition pouvait atteindre certains or qu'ils se trouveraient au séjour des morts, non pas dans l'enfer éternel. C'est la même idée que l'on retrouverait dans le livre des Maccabées et lorsque des Juifs pieux, à raison de la croyance chez eux en la résurrection de la chair, offriront un sacrifice au Temple de Jérusalem, en guise d'expiation pour le péché grave dans lequel seront tombé nombre de soldats de la troupe de Judas Maccabée. Afin que Dieu pardonne à ceux-là leur infidélité.
Le livre des Maccabées ne nous donnerait pas à entendre que ces infidèles seraient dans le sein d'Abraham avec les justes. Mais il ne nous laisse pas entendre, davantage, que leur sort serait fixé dans l'éternité pour y être des damnés; autrement le sacrifice offert serait parfaitement vain. Or, comme chrétiens : nous, nous pourrions comprendre facilement que ces troupiers de Judas Maccabées pourraient souffrir dans le séjour des morts et tels que dans l'attente du Sauveur. Qui ? Le Christ ! De profundis. La récitation ou le chant des psaumes convient à la perfection à l'idée d'un Juif descendu au séjour des morts, dans la fosse dont il ne serait pas possible de s'extraire, dans un état d'angoisse. Avec quoi comme espérance ? La seule perspective que le Dieu d'Israël veuille bien se décider de passer à l'acte et pour sortir notre homme de son petit enfer.
Tout cela laisse indemne la croyance au purgatoire qui vaut pour les disciples de Jésus-Christ explicitement, tout aussi bien que la croyance à la damnation de plusieurs.
- il est intéressant de voir l'évolution du "séjour des morts" de point de vue du Temple à la veille du christianisme, et qui amorce l'invention du Paradis, et de son corollaire infernal. Au moment de la prédication du Christ, on voit aussi que les Juifs se déchiraient sur la question de la résurrection. Comme on le voit, cette vision évolue au fil des temps. Donc elle peut encore évoluer dans les temps futurs.
- le cas du mauvais riche me paraît vraiment très éloigné du cas des Maccabées... Tout est dans le contexte. Pourquoi le Christ nous raconte cette histoire ? Cf mes posts ci-dessus.
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Re: L’amour de Dieu et la haine du péché
Je n'en crois pas un seul mot. Je ne suis même pas sûr de la survie de l'âme, pour tout vous dire. Mais il vaudrait mieux en parler en apologétique qu'ici.Perlum Pimpum a écrit : ↑dim. 27 juin 2021, 16:12Le mauvais riche est en Enfer. Je ne l’ai pas affirmé pour le nier sitôt après ! La précision apportée par la suite venait du texte de Benoit XVI : je vous ai simplement dit q’à partir du moment où Abraham et Lazare sont dans le Limbe des Patriarches tandis que le mauvais riche en Enfer, la traduction du mot « schéol » devrait être « les enfers », expression suffisamment large pour désigner et l’Enfer stricto sensu, et le Purgatoire, et le Limbe des Patriarches ; par opposition au Ciel. Et de ce point de vue, quoi empêcherait quelqu’un au Purgatoire au moment de la descente de Jésus « aux enfers » d’avoir été purifié et guéri ? Rien, raison pourquoi je vous disais que rien n’aurait dû vous chagriner dans le n.44 de l’encyclique Spe et Salvi.ademimo a écrit : ↑dim. 27 juin 2021, 12:05
Vous êtes étrange, Perlum Pimpum. Vous venez de nier votre propos de tout à l'heure. Si le mauvais riche était au Purgatoire, Abraham aurait pu accéder facilement à sa demande, conformément à l'enseignement de l'Église sur l'intercession en faveur des âmes du Purgatoire.
J’en doute, vu que les fins dernières sont immuables. Que la révélation des fins dernières ait été progressive ne change rien à l’affaire. Et de vous à moi, s’il vous faut vérifier ce point, c’est bien que vous n’en êtes pas sur. Serait-ce donc qu’alors même qu’on n’est pas sur de soi on puisse frapper l’enseignement d’un Pape d’une note théologique afflictive ? Non, bien sûr.J'ajoute un second argument potentiel : il me semble bien que dans la tradition de l'Église, le Purgatoire est réservé aux âmes qui ont suivi la Passion du Christ. Pour le temps de l'Ancien Testament, il n'y a pas de Purgatoire (à vérifier).
Le Christ nous met en garde contre l’Enfer où il place le mauvais riche.Enfin, l'argument le plus important à mon avis : le Christ prêcherait-il pour nous mettre en garde contre le Purgatoire (qui équivaut au Salut) ou contre la Damnation ? Rien que cette considération suffit à pulvériser l'idée que le Mauvais riche (qui de toute façon est fictif, puisqu'il s'agit d'une parabole) soit au Purgatoire. Bien évidemment, le Christ nous met en garde contre la Perdition. C'est l'objet premier de toute sa prédication.
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Je ne souhaitais pas être indiscret. Vous n’avez pas perdu la foi mais… J’avoue ne pas comprendre votre position quant à la damnation : vous y croyez ou vous n´y croyez pas ?Quant à mon cas personnel (je vois que vous lisez le forum avec attention), je pense qu'il peut rester à l'écart de la discussion. Je n'ai pas vraiment l'impression d'avoir perdu la foi, figurez-vous. Si j'ai pris mes distances avec certaines certitudes, ce n'est pas tant à cause du changement radical du discours de l'Église au tournant de Vatican II. C'est surtout que j'ai pris conscience de l'absurdité de la Damnation que rien ne nécessite.
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Re: L’amour de Dieu et la haine du péché
Et pourtant si, la rupture est réelle, et même brutale.Perlum Pimpum a écrit : ↑dim. 27 juin 2021, 16:40Il est vrai que mal comprise la pastorale actuelle peut donner lieu à l’attitude dénoncée par Suliko. Mais il ne faut pas hurler au loup là où il n’y a pas de loup. Il suffit de montrer que la pastorale actuelle s’appuie sur un fait vrai : c’est le damné qui est cause de sa damnation à se placer au plan de la causalité formelle : son endurcissement lui mérite l’Enfer. Pour qu’il y ait un loup il faudrait exciper de ce qui précède pour nie qu’au plan de la causalité efficiente c’est Dieu qui damne le damné.Suliko a écrit : ↑dim. 27 juin 2021, 12:31 Non, ce n'est pas pareil, ne serait-ce que d'un point de vue pastoral. Si l'on vous explique que vous ne serez damné que si vous le décidez (parce que c'est finalement cela qui est parfois suggéré), vous aurez tendance à vous dire que vous n'avez donc pas trop de soucis à vous faire, puisque malgré vos péchés, vous aimez Dieu et n'avez pas l'envie d'être damné.
Par contre, si l'on vous dit que c'est le Christ qui vous jugera, vous vous imaginerez logiquement un jugement extérieur à votre propre ressenti et vous aurez tendance à être plus inquiet de votre salut.
On peut reprocher au CEC de ne l’avoir pas explicitement dit, certainement pas de l’avoir nié, sauf à vouloir accréditer l’idée d’une rupture de Tradition : idée déplorable, puisque désespérant les fidèles, elle ne leur offre d’autre choix que le schisme ou l’apostasie. C’est pourquoi la lecture déviante de Didyme devait être combattue.
Hélas cette prétendue rupture de Tradition est le fond commun des schismatiques lefebvristes et sédémachintruquistes.Au risque de me répéter, les tradissidents ont une lecture moderniste du Concile et de l’après Concile. Il serait temps de comprendre que cette grille de lecture ne peut que désespérer et inciter au schisme ou à l’apostasie. Le risque de provoquer l’apostasie par ce type de discours n’est pas théorique. Je connais réellement quelqu’un qui, il y’a quelques années, a apostasié pour ce motif. Il serait temps de le comprendre et d’arrêter de risquer de scandaliser les fidèles ! Oui, il y a place pour une herméneutique de continuité. Bien interprétés ni Vatican II ni le CEC ne posent problème.
Ce changement de discours entraîne des conséquences terribles, car il instille une forme de déterminisme quasi freudien : l'homme de perdition n'aurait même pas conscience de son rejet de Dieu. Tout se passerait quasiment dans son inconscient. Donc, c'est peine perdue. Il ne sert à rien de se confesser (on peut quand même rappeler que l'Eglise a très franchement considéré la confession comme ringarde et dépassée pendant une bonne vingtaine d'années, entre les années 1960 et 1980, au point que sa pratique avait complètement disparue, sauf en de rares endroits. Et même aujourd'hui, si vous n'êtes pas dans un lieu intensément actif comme une paroisse parisienne ou un lieu de pèlerinage où se déversent des touristes spirituels par cars entiers), pour se confesser il faut vraiment le vouloir : en province, rien n'est prévu ni mis en place de façon régulière et visible. Pour de nombreux curés, la confession ne sert à rien et n'est bonne que pour les "bigots" traditionalistes.
Ensuite, quand vous vous confessez, il est fréquent qu'on vous parle de votre "part blessée" qui a besoin d'être "guérie", car au fond, le péché n'est pas le problème, mais c'est plutôt votre "blessure", qui remonte à votre petite enfance, qui vous a conduit à vous "fermer à l'Amour". Voilà en gros le discours New Age, très en vogue en ce moment. Il en découle que, quoique vous fassiez, votre "blessure" vous empêche d'être dans un rapport apaisé avec Dieu et le prochain. Pour vous libérer de votre "blessure", il faut entreprendre un long processus de "guérison intérieure" pour vous amener à vous "aimer vous-même", ce qui vous permettra ensuite d'aimer le prochain et Dieu dans une parfaite "harmonie".
Celui qui entend ce discours peut ressentir de l'enthousiasme dans les première années de son parcours. Mais à la longue, il se lasse, car le poids du péché retombe invariablement. La "guérison intérieure" fait figure de chimère inaccessible. Alors quoi, la damnation serait inévitablement au bout du tunnel ? Hé bien, soit, alors, soyons damné, puisqu'il n'est pas possible de faire autrement. Et pendant que l'on se fait cette réflexion, on entend raisonner la petite voix perverse : "c'est le damné qui l'a voulu, dans son for intérieur, et Dieu n'y est pour rien".
Ce discours est puissamment culpabilisant et désespérant, sous des dehors rieurs et sympathiques. D'ailleurs, tout ce qui tourne autour de la révolution de 1968 produit à peu près le même résultat. Je pense à des gens comme Cohn-Bendit qui ont diffusé cette philosophie, "il est interdit d'interdire", mettant à bas toutes les barrières, toutes les frontières, toutes les lois et les contraintes, l'autorité et la répression, pour l'avènement d'un monde parsemé de fleurs, sans effort, où tout est facile, où règne l'amour, etc. etc., pour quel résultat au final ? Un résultat de mort absolue, destruction, mise en danger général de la société toute entière.
Et Vatican II est un peu à cette image : l'âme est libérée de toutes les contraintes et pressions de l'Eglise d'autrefois, pour se retrouver finalement à nue et sans défense devant le Diable.
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Trinité
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Re: L’amour de Dieu et la haine du péché
Bonjour Ademino,ademimo a écrit : ↑dim. 27 juin 2021, 18:22
Et même aujourd'hui, si vous n'êtes pas dans un lieu intensément actif comme une paroisse parisienne ou un lieu de pèlerinage où se déversent des touristes spirituels par cars entiers), pour se confesser il faut vraiment le vouloir : en province, rien n'est prévu ni mis en place de façon régulière et visible. Pour de nombreux curés, la confession ne sert à rien et n'est bonne que pour les "bigots" traditionalistes.
Je ne sais pas dans quelle région vous vous trouvez, et je ne mets pas votre parole en doute, mais ce n'est pas du tout le discours que l'on entend chez nous ,ou les prêtres insistent constamment sur le sacrement du pardon...
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Thurar
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Re: L’amour de Dieu et la haine du péché
Alors vous n'êtes pas catholique. Vous avez le droit, cela ne me pose aucun problème. Mais dans ce cas, que venez-vous faire sur un forum catholique ? Moi, je ne joue pas à la pétanque. Eh bien je ne vais pas sur les forums de pétanque donner mon avis.ademimo a écrit : ↑dim. 27 juin 2021, 17:54Je n'en crois pas un seul mot. Je ne suis même pas sûr de la survie de l'âme, pour tout vous dire. Mais il vaudrait mieux en parler en apologétique qu'ici.Perlum Pimpum a écrit : ↑dim. 27 juin 2021, 16:12 Je ne souhaitais pas être indiscret. Vous n’avez pas perdu la foi mais… J’avoue ne pas comprendre votre position quant à la damnation : vous y croyez ou vous n´y croyez pas ?
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