Bon, eh bien comme je l’avais annoncé voici le compte rendu de mes premiers visionnages.
Il sera partiel et d’étape car si je n’en fais qu’un seul, il sera long et ce sera lourd…
J’ai commencé par les vidéos sur la kénose. Je n’entrerai pas dans le détail, il y a notamment des redondances entre elles et j’en aurais structuré autrement le message. Sur le fond, je n’ai rien à y redire, mis à part l’absence de 2 réalités qui superficiellement s’y opposeraient et qui auraient mérité d’être mentionnées pour que cette opposition soit levée.
- Je veux parler de tous ces passages bibliques où Dieu remet sa créature à sa place en invoquant son statut de créateur : c’est une démarche tout à fait à l’opposé de l’humilité, cette kénose que vous lui prêtez et sublimez comme qualité essentielle, et cela aurait mérité évocation et explication, prise en compte.
Dans le même ordre d’idée, vous opposez toute fierté de la créature à l’humilité qui lui serait nécessaire et requise, exigée : or il y a une certaine fierté qui est bonne, d’avoir reçu les dons que Dieu nous a donné et de les faire fructifier. Ne pas en avoir parlé ni fait le distinguo peut donner une idée fausse de la véritable humilité. Il n’y a qu’à voir comment St Paul se défend dans ses épîtres !
Si l’on met de côté le fait qu’en religion tout se tient, pour moi ce sujet n’avait pas tant d’importance au regard de celui de ce fil. Cette kénose Je l’attribuais à Dieu et non à l’âme car le mot relève d’un jargon théologique, mais en effet j’oubliais que l’âme aussi en fait partie de ce jargon et a droit à son emploi : dont acte. Dans l’usage que j’en faisais, je ne distinguais pas comme vous l’aviez compris s’il y en avait bien une ou non, je n’en envisageais que la question posée et pour qui envers qui. Bref, vous étiez allé plus loin dans les implications et conséquences que le sujet ne l’exigeait, et ici vous en parliez bien pour l ‘âme.
J’en viens maintenant aux vidéos classées sous la rubrique « parousie » :
La 1 : Elle m’a fait me souvenir du regret que j‘ai que la religion catholique ait tant de synonymes (mots ou expressions) pour qualifier des choses identiques. C’est sans doute une richesse, un hommage à la poésie, aux mystiques et aux livres sacrés de référence, mais cela complexifie inutilement des choses qu’il serait bon de simplifier, au contraire. D’autres impressions se concrétiseront plus tard avec d’autres visionnages. J’aspire à quelque chose de simple doctrinalement, sans bouder les élans lyriques des mystiques mais à condition qu’ils ne nous farcissent pas la tête de concepts sans utilité pratique immédiate et qui nous obligent à les concilier entre eux et les « placer/déplacer ».
La 2 : j’en retiens la chute, comme quoi nous croyons généralement que « la vie terrestre est le tout, et ce n’est pas vrai » car elle a allumé un warning dont déjà l’interrupteur fut titillé plusieurs fois. Ce n’est peut-être pas vrai pour tout ce que peut dire la théologie, mais pour nous, ce qui compte et pour notre salut, c’est bien par « l’ici et maintenant » que nous pouvons entrer en contact avec l’éternité, et donc la foi devrait nous permettre que ce soit « tout » et en cela nous diviniserions notre être.
C’est un aspect des choses à retenir comme d’un risque d’oubli par la doctrine qui nous est ici exposée. Elle nous porte sur des ailes mais pour vivre quoi et où, nous apporter quoi – de plus que déjà ? Ne nous emporte-t-elle pas trop dans le rêve, au détriment de l’union spirituelle dans l’instant présent avec Jésus, affaiblissant donc la foi – tout en répondant à des questions dont la récurrence peut aussi affaiblir la foi, mais ne faudrait-il pas plutôt se détourner de ces questions et revenir à l’amour présent ?
La 3 : Dans la suite de mon impression précédente, je me suis dit : « il y a un abîme entre le guide spirituel et le théologien » car si tout ce que j’entends est intéressant, en quoi cela va-t-il m’aider dans mon cheminement ? A rien… A moins que cela se soit passé à mon insu. Sauf à considérer qu’elle part d’un postulat opposé à celui qui fut longtemps le moteur de la foi : la peur de l’enfer.
Ce qui l’explique, mais donne trop d’importance à cette opposition même et bien qu’elle ne soit pas évoquée.
Or en fait de théologie, il ne s’agit pas de dogme, mais de mystique traitée d’une façon originale. Tous les mystiques qui ont écrit ont eu leurs théories, sans que cela n’impacte le dogme ou exceptionnellement. Or je devine derrière les propos, qui prennent une tournure différente, une ambition d’impacter le dogme. Pour l’instant rien de franchement hétérodoxe, mais des questions qu’il faudrait approfondir et ouvertes parfois par un simple mot… On devine et il nous est demandé d’apercevoir une vie bouillonnante derrière le voile, mais à quoi cela va-t-il nous servir de notre côté et qu’y a-t-il à en retenir – à part l’amour de Dieu qui y trouve une dimension envoutante ?
La 4 et la 5 : il ressort clairement de ces 2 vidéos que pour elles, c’est l’âme elle-même qui décide de son propre sort éternel, Dieu ne fixant qu’un cadre devant favoriser son salut. Si ce n’est pas complétement hétérodoxe en soi, la question se pose de savoir quelle place est donnée au jugement de Dieu qui est si clairement affirmé dans et par les évangiles, et si elles ne l’occultent pas de trop pour que ce soit « hors-jeu »,. Le warning ici s’est figé et demande un rééquilibrage des roues voire plus : un parallélisme (je sais, ce n’est pas une voiture…) !
La 6 : Ok. Mériterait plus de développements. Pourquoi le cacher : elle m’a plu, même si je ne saurais plus dire de quoi elle parle et n’en ai rien retenu, même s’il y avait une ou de équivoques à lever, elle fut à mes oreilles une bonne chose à faire entendre.
La 7 : elles ont beau opposer à la peur de l’enfer les dispositions d’amour et la miséricorde Divines, je constate que tout cela est très intellectuel et ne suscite en moi aucun élan d’espérance, comme cela pourtant le devrait, ni de charité. Constat identique à celui de la vidéo 3, sans porter de jugement sur le fond, et puisque le dogme pour l’instant n’est pas écorné vraiment, je reste sceptique sur cette mystique qui se veut enthousiaste (la parole a un petit côté hypnotique) mais qui est trop non pas abstraite, mais éloignée de la morale et du péché pour traiter un sujet qui les concerne directement.
La 8 : là je reprends ma position de résistance face à la vidéo 1 : est ici donné à Marie un nouveau titre, celui de « couronnée Reine du Cœur de Dieu » : c’est mignon, mais en est-il besoin ? N’y en a-t-il pas déjà assez ? Les attaques contre le protestantisme sont un peu trop à la volée et soit ne devraient pas être faites, soit devraient être plus approfondies. Pour un catho pur jus elles sont certes pertinentes et font presque plaisir, mais c’est un but insuffisant. En revanche, l'éloge de Marie est beau, bien fait, et provoquerait presque la ferveur.
J’entends bien tout ce qui est énoncé, ce n’est pas désagréable ni impossible d’y adhérer, mais cela pose des questions sous-jacentes vu à quel point est occulté le jugement, la rétribution du péché, etc. Et cela même pour les damnés ! Du coup, cela prend des airs de fiction, comme si tout se jouait par la décision libre d’un moment hors du réel et de la vie durant lequel nous serons déchargés des croix psychologiques et autres.
N’y a-t-il pas le risque de se sentir engagé dans un processus dogmatique parallèle qui n’a pas de nom et à devoir faire un choix qui remettra en question l’existant ?
Mais quelle envie j’ai de revenir à l’ici et maintenant, là où seulement je peux rencontrer Dieu : tant cela me parle de sa rencontre mais ailleurs et à d’autres moments !
Cette « mystique théorique » (car elle n’appelle pas l’adhésion du cœur, et paraît trop irréelle pour prétendre l’apaiser et répondre à ses aspirations) jusqu’ici ne peut pas être condamnée puisqu’elle ne contredit aucun dogme, qu’elle aborde un sujet en jachère ou situé dans un no man’s land. En revanche et jusqu’à présent, je ne vois pas en quoi elle pourrait devenir « doctrinale », en tout cas ce ne serait pas souhaitable, car ce qu’elle avance de plus de ce qui l’est déjà ne saurait être prouvé et obligerait à « penser » et « croire » des choses qui n’ont rien de nécessaire au salut. Cela reste une optique mystique qui, sous les réserves que j’ai faites, est à mes yeux recevable et qui avance avec un certain brio des références allégoriques tout à fait « jouables » mais qui ne sont pas univoques.
Un exemple de mes contrariétés : il est exposé que si Dieu se montrait dans son essence, nous prendrions tous la fuite et nous sentirions trop indignes, incapables de savoir comment nous comporter ou le prendre. Mais je pense qu’un « méchant » saurait très bien comment ou du moins essayerait : il chercherait à L’utiliser quitte à Le faire souffrir, vu Son humilité, et pour Le plier à ses désirs. Sans doute échouerait-il, mais que dans un second temps et qui révélerait de Dieu d‘autres visages que celui de ce « très-bas » ici trop accentué.
Je crois que cet « apport » vient trop tard, pour compenser la peur de l’enfer, et qu’il est à contrecourant aussi de ce dont le monde aujourd’hui aurait besoin qui est saturé d’une miséricorde dont on use et abuse et qui aurait besoin de davantage de vraie justice.
Prétendre que ces vidéos conviennent à des premiers pas et leur donner un air de catéchisme est un peu tendancieux. Je comprends qu’elles cherchent à « faire revenir » des êtres un peu spirituels dégoûtés par un dogme insipide ou trop triste, rigoriste, mais je doute qu’elles y parviennent.
Pour l’instant elles ne m’ont guère plus éclairé sur ce qui fait l’objet du sujet de ce fil, ne me semblent pas porter un message très différent de la normale mais qui serait incomplet. Etrangement elles me semblent moins « olé olé » que je m’y serais attendu, et pourtant elles me plongent dans un climat inhabituel où je ne sais encore quoi manquerait, bien que l’on me propose de humer un parfum qui pourrait être capiteux, mais pas franchement suave.
Telle est mon impression « à chaud », amicale et sans aucun « jugement » car il s’agit d’une impression. En tout cas il y a une grande cohérence de l’ensemble, même si parfois certaines vidéos semblent par leur place venir comme un cheveu sur la soupe et correspondre à des attentes particulières exprimées peut-être par d’autres - leur « progression » être erratique, leur ordre brouillon.
Il y a un charme qui agit, indéniablement, Trinité, Aldebaran, Libremax y ont été sensibles et je le comprends ; autant qu’il puisse provoquer de la réticence !
Le problème serait que tout y est fluide, paré, décoré d’un ruban. Alors que le sujet par lui-même a toujours été rempli de paradoxes, ici il n’y en a pas vraiment, ou des faciles. En tout cas moins que sur le fil où pourtant vous cherchez à les résoudre. Cela intrigue et inspire la prudence. C'est dommage, cette retenue...
J’aurais d’autres choses à écrire mais je les garde pour plus tard, après d’autres visionnages…