Arnaud Dumouch a écrit : ↑jeu. 03 févr. 2022, 17:58
Xavi a écrit : ↑jeu. 03 févr. 2022, 17:44
Vous imaginez ainsi un purgatoire dans l’incertitude du salut jusqu’au retour du Christ dans sa gloire. Un temps de vie terrestre suivi d’un temps de vie dans un purgatoire avant le Jugement dernier.
Cher Xavi,
L'Hadès est à l'image de la traversée du désert par le peuple Hébreu.
Il dure trois jours symbolique (donc très court). C'est ce que Jésus appelle "le signe de Jonas
"Le Fils de l'homme restera trois jour dans l'Hadès, comme Jonas dans le ventre du poisson"
Ce n'est que chez un certain types d'humains pas prêts que l'Hadès dure "
40 ans " dans le désert entre ce monde et l'autre. EXPLICATION :
Hadès 9- Le passage de la mort (limbes) peut-il se transformer en séjour ? (6 mn)
https://youtu.be/b7vu_5sCN_Q
Bonsoir Arnaud,
Votre réponse ne considère qu’un temps de la vie terrestre qui peut exister à son extrémité avant que la mort physique ne soit totale et que vous assimilez d’ailleurs aux NDE. Vous pouvez aussi vous référer à cet égard à des expériences similaires qui peuvent se produire durant la vie terrestre chez certaines personnes qui ont vécu la sensation d’être sortie de leur corps (out of body experience). On est à cet égard dans un phénomène de la vie cérébrale, dans le vivant terrestre, même si le phénomène peut se produire à l’extrême fin d’une vie terrestre avec une expérience spirituelle.
Votre opinion à cet égard ne me semble pas poser de problème théologique particulier, même si c’est très spéculatif car rien n’est vérifiable concrètement. En toute hypothèse, la décomposition du cerveau voire sa destruction met fin aux phénomènes cérébraux de ce type.
La difficulté avec l’enseignement de l’Église vient lorsque vous faites coïncider la fin de ce temps avec le retour en gloire du Christ et que vous envisagez une vie distincte prolongée («
40 ans », voire deux mille ans et plus ?) durant laquelle se déciderait le salut. Là, cela ne va pas.
Nous pouvons tous constater qu’il y a un délai entre chaque mort physique de tous ceux qui sont morts depuis des milliers d’années et le retour en gloire du Christ qui ne s’est pas encore produit. La vie spirituelle qui continue après la fin de la vie terrestre biologique n’est plus la vie terrestre et ne peut en rien être confondue avec les NDE qui sont encore des expériences de cette vie terrestre. Il n’y a pas de NDE pour ceux qui n’ont plus de cerveau.
Dans l'enseignement de l'Église, il n’y a aucun temps après la fin complète de la vie terrestre qui permette encore une conversion décisive pour le salut et je ne vois rien dans cet enseignement qui admette qu’on puisse «
devenir » sauvé dans l’Hadès, pendant un temps qui s’étendrait jusqu’au moment du retour du Christ.
Il es utile de rappeler ici ce qu'en dit le Catéchisme :
1. La mort est la fin de la vie terrestre et c’est une fin biologique «
comme chez tous les êtres vivants » (comme pour les plantes ou les animaux) et nous n’avons qu’un seul temps pour «
réaliser notre vie » :
« La mort est le terme de la vie terrestre. Nos vies sont mesurées par le temps, au cours duquel nous changeons, nous vieillissons et, comme chez tous les êtres vivants de la terre, la mort apparaît comme la fin normale de la vie. Cet aspect de la mort donne une urgence à nos vies : le souvenir de notre mortalité sert aussi à nous rappeler que nous n’avons qu’un temps limité pour réaliser notre vie » (CEC 1007)
2. C’est cette vie terrestre que Dieu offre à l’homme «
pour décider son destin ultime ». Il n’y a ni prolongation, ni séance de rattrapage :
« La mort est la fin du pèlerinage terrestre de l’homme, du temps de grâce et de miséricorde que Dieu lui offre pour réaliser sa vie terrestre selon le dessein divin et pour décider son destin ultime. Quand a pris fin " l’unique cours de notre vie terrestre " (LG 48), nous ne reviendrons plus à d’autres vies terrestres. " Les hommes ne meurent qu’une fois " (He 9, 27). Il n’y a pas de " réincarnation " après la mort. » (CEC 1013)
« La mort met fin à la vie de l’homme comme temps ouvert à l’accueil ou au rejet de la grâce divine manifestée dans le Christ (cf. 2 Tm 1, 9-10). Le Nouveau Testament parle du jugement principalement dans la perspective de la rencontre finale avec le Christ dans son second avènement, mais il affirme aussi à plusieurs reprises la rétribution immédiate après la mort de chacun en fonction de ses œuvres et de sa foi. » (CEC 1021)
« Chaque homme reçoit dans son âme immortelle sa rétribution éternelle dès sa mort en un jugement particulier qui réfère sa vie au Christ, soit à travers une purification (cf. Cc. Lyon : DS 857-858 ; Cc. Florence : DS 1304-1306 ; Cc. Trente : DS 1820), soit pour entrer immédiatement dans la béatitude du ciel (cf. Benoît XII : DS 1000-1001 ; Jean XXII : DS 990), soit pour se damner immédiatement pour toujours (cf. Benoît XII : DS 1002). » (CEC 1022)
« C’est face au Christ qui est la Vérité que sera définitivement mise à nu la vérité sur la relation de chaque homme à Dieu (cf. Jn 12, 49). Le jugement dernier révélera jusque dans ses ultimes conséquences ce que chacun aura fait de bien ou omis de faire durant sa vie terrestre » (CEC 1039)
3. L’assurance du salut est entière dès la mort terrestre, lorsque seule une purification demeure nécessaire. Il n’y a pas de choix au moment du retour en gloire du Christ.
« Ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, bien qu’assurés de leur salut éternel, souffrent après leur mort une purification, afin d’obtenir la sainteté nécessaires pour entrer dans la joie du ciel » (CEC 1030)
« Ignorants du jour et de l’heure, il faut que, suivant l’avertissement du Seigneur, nous restions constamment vigilants pour mériter, quand s’achèvera le cours unique de notre vie terrestre, d’être admis avec lui aux noces et comptés parmi les bénis de Dieu, au lieu d’être, comme de mauvais et paresseux serviteurs, écartés par l’ordre de Dieu vers le feu éternel, vers ces ténèbres du dehors où seront les pleurs et les grincements de dents (LG 48). » (CEC 1036)
Il est utile, en évoquant limite et mérites, de compléter ces rappels pour ne pas s’égarer dans des réflexions vaines car, par-dessus tout, comme Arnaud le développe souvent très bien, Dieu est amour. Sa miséricorde est infinie. Le Catéchisme l’exprime en ces mots :
« Dieu ne prédestine personne à aller en enfer : il faut pour cela une aversion volontaire de Dieu (un péché mortel) et y persister jusqu’à la fin. » (CEC 1037)
« Mourir en péché mortel sans s’en être repenti et sans accueillir l’amour miséricordieux de Dieu, signifie demeurer séparé de Lui pour toujours par notre propre choix libre. Et c’est cet état d’auto-exclusion définitive de la communion avec Dieu et avec les bienheureux qu’on désigne par le mot « enfer » » (CEC 1033)