Bonjour Libremax,
Libremax a écrit : ↑mer. 09 févr. 2022, 14:42
Vous ne m'avez vraiment pas indiqué en quoi le Magistère statuait que le corps matériel était nécessaire à l'expression d'une volonté libre, donc éventuellement changeante.
Le Magistère n’a jamais dit cela et moi non plus.
J’ai seulement voulu exprimer que l’être humain n’engage son salut que durant la vie terrestre qu’il vit corps, esprit et âme. Tout se détermine durant cette vie terrestre pour et par la personne entière (dans sa pleine réalité spirituelle et corporelle telle qu’elle a été voulue et créée), ce qui n’exclut en rien une volonté dans l’au-delà, mais cette volonté sera vécue tout autrement, avec ou sans Dieu.
Libremax a écrit : ↑mer. 09 févr. 2022, 14:42
Je crois que le cadre de la vie terrestre est donné par le CEC 1013 pour affirmer que 1) il n'y a pas de réincarnation et 2) c'est l'intervalle qui nous est donné pour construire notre relation à Dieu. Or, je crois fondamentalement à un Dieu juste et miséricordieux, et que le fondement de Sa justice et de Sa miséricorde, c'est l'appel à l'amour. C'est en vertu de cette conviction, que je crois fidèle au dogme, qu'il me semble qu'une possibilité de conversion à l'instant du jugement peut s'imaginer.
C’est notre foi.
Libremax a écrit : ↑mer. 09 févr. 2022, 14:42
Je ne peux que témoigner que, pour moi :
- la thèse d'Arnaud part d'un sens plus élargi de la mort, s'étendant à un passage durant lequel l'âme peut avoir à se départir de ses pesanteurs concupiscentes pour rencontrer le Christ pour accepter ou refuser son salut,
- cette définition s'appuie sur le témoignage de plusieurs saint et docteurs
- cette thèse garde identique le fait que ce passage est la fin du temps de vie terrestre (même si on considère ou non qu'elle en fait toujours partie : pour moi, peu importe)
- cette thèse conserve le fait que ce qui a été vécu sur terre conditionne tout ce qui se passe en terme de jugement.
- elle intègre une possibilité de se repentir jusqu'au moment de ce Jugement, possibilité qui n'est pas admise par tous.
Ainsi exprimé, nous sommes d’accord, mais vous savez bien qu’ainsi formulé, votre témoignage évite le vrai problème qui est l’élargissement de la mort pendant des milliers d’années au-delà du passage de la mort terrestre lors duquel, en effet, le salut peut encore être accepté ou refusé. Cet élargissement affirmé par Arnaud est contraire à l’enseignement de l’Église.
Pas un seul témoignage d'un saint ou d'un docteur de l’Église ne confirme une telle thèse. Aucun. Les prétendus appuis de Arnaud Dumouch ne sont jamais que des déductions ou interprétations qui attribuent ses propres pensées à des personnes de références. C'est assez évident lorsqu'il cite, notamment,l'encyclique
Spe Salvi du Pape BenoÎt XVI.
Dire que l’élargissement pendant des milliers d’années «
garde identique le fait que ce passage est la fin du temps terrestre » contredit l’évidence puisqu’il étend la vie terrestre à toute la période entre le jugement particulier et le retour du Christ.
Sur ce point, votre résumé évite de distinguer ces deux jugements.
Selon l’enseignement constant de l’Église, il n’y a aucune conversion entre le jugement particulier et le jugement dernier. Non pas parce que la miséricorde de Dieu s’arrêterait, mais parce que c’est un fait.
Que de contorsions pour écarter l’enseignement de l’Église !
Libremax a écrit : ↑mer. 09 févr. 2022, 14:42
Je ne les mélange pas. Je crois que le second dépend du premier, mais que, pour beaucoup sans doute, il exige cette purification qui a lieu dans l'au-delà, le Purgatoire. Donc : tout n'est pas joué pour toutes les âmes après la vie terrestre. Je sais que ça n'implique pas de facto la thèse d'Arnaud. Cela pose pourtant déjà que dans l'au-delà, des âmes doivent vivre, ressentir, quelque chose qui les change et qui est nécessaire au salut.
Ce qui implique, donc, que le salut ne sera pleinement donné qu'à la résurrection des corps, au Jugement Dernier.
Ici, nous voilà bien d’accord. Mais, avec de l’ambiguïté, car si «
tout n’est pas joué » après la vie terrestre par rapport à la purification encore nécessaire, tout est réalisé par rapport à la vie éternelle.
Libremax a écrit : ↑mer. 09 févr. 2022, 14:42
je tire de ce que vous écrivez la différence fondamentale avec la thèse d'Arnaud que serait une possibilité encore donnée de se repentir après la mort biologique, dans cet état qui est le séjour des morts, et un processus différent du Purgatoire, qui conserve pourtant la même finalité.
Encore une fois, je n'y vois pas de trahison ni de déviation du dogme dans la thèse d'Arnaud, en ceci que la vie terrestre reste l'aune avec laquelle le jugement de chacun et avec laquelle la réception de la pleine illumination de l'Evangile y sont faits. Pour moi, ce serait une reformulation, si elle était confirmée.
La finalité n’est pas du tout la même. Dans le purgatoire, les âmes bénéficient pleinement de l’amour de Dieu qui purifie et leur salut éternel est assuré. C’est l’enseignement de l’Église. Dans la thèse d’Arnaud, au contraire, le salut n’est pas assuré et les âmes vivent dans une incertitude quant à leur vie éternelle, soumise à un état de tergiversation qui peut durer (ou qui dure pour tous ?) jusqu’à la fin des temps.
Libremax a écrit : ↑mer. 09 févr. 2022, 14:42
Ceci donne toujours l'impression que, comme le dit Arnaud, les âmes jugées, pour vous, ne sont pas pleinement libres. Elles ne peuvent pas refuser le salut de leur propre chef. Elles ne peuvent qu'accepter le Jugement de Dieu.
Non, elles sont pleinement libres, mais leur liberté est celle qu’elles partageront avec Dieu. Refuser ou accepter la vie éternelle n’a pas de sens pour les âmes sauvées vivant de l’amour de Dieu.
Imaginez-vous une seule seconde que le Père, le Fils ou l’Esprit saint ne seraient pas pleinement libres ou que l’une des personnes divines vivrait dans un choix incertain entre accepter ou refuser leur communion d’amour ? Ce serait absurde.
L’amour pleinement vécu dans l’éternité (avec ou sans purgatoire) sera nécessairement au-delà des choix que notre cerveau terrestre peut concevoir.
Vous imaginez des âmes vivant dans la tergiversation pendant des milliers d’années, voire pendant l’éternité, là où l’Église vous dit simplement qu’après la mort physique qui met fin à la vie terrestre, une telle tergiversation n’existe plus.