La discrimination religieuse

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Christophe
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Re: L'évangélisation des musulmans

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popeye a écrit :Ce qu'il y a de très gênant avec certains argumentaires, c'est qu'ils consistent à dire que, finalement, l'Inquisition n'était pas aussi mauvaise que les ennemis de l'Église veulent bien le dire. Pas si mauvaise que ça ... Non ! Bonne dans son principe (et *** à la CTI, Mémoire et Réconciliation).
La CTI ne pouvait rêver meilleure publicité ! :smile: Je viens de commander l'ouvrage...
« N'ayez pas peur ! » (365 occurrences dans les Écritures)
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Doit-on tolérer les hérétiques?

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Saint Thomas d'Aquin, Somme Théologique, Secunda Secundae, Q.11 a écrit :ARTICLE 3: Doit-on tolérer les hérétiques?

Objections:

1. Il semble que oui. L'Apôtre écrit en effet (2 Tm 2, 25): " Il faut que le serviteur de Dieu soit plein de mansuétude et reprenne avec modération ceux qui résistent à la vérité, en pensant que peut-être Dieu leur donnera de revenir à la raison, en reconnaissant la vérité, une fois dégagés des pièges du diable. " Mais, si les hérétiques ne sont pas tolérés, s'ils sont livrés à la mort, on les empêche de se convertir. Donc on va contre le précepte de l'Apôtres

2. Ce qui est nécessaire dans l'Église, doit être toléré. Mais les hérésies sont nécessaires dans l'Église d'après S. Paul (1 Co 11, 19): " Il faut qu'il y ait des hérésies, pour permettre aux hommes éprouvés de se manifester parmi vous. " Il apparaît donc qu'on doit tolérer les hérétiques.

3. Le Seigneur a prescrit à ses serviteurs de laisser croître l'ivraie jusqu'à la moisson. La moisson, selon le texte lui-même (Mt 19, 39) c'est la fin du monde. Quant à l'ivraie, elle symbolise les hérétiques, selon l'interprétation des Pères. Les hérétiques doivent donc être tolérés.

Cependant, l'Apôtre écrit (Tt 3, 12) " L'homme hérétique, après un premier et second avertissement, évite-le, sachant qu'il est un dévoyé. "

Conclusion:

En ce qui concerne les hérétiques, il y a deux choses à considérer, une de leur côté, une autre du côté de l'Église. De leur côté il y a péché. Celui par lequel ils ont mérité non seulement d'être séparés de l'Église par l'excommunication, mais aussi d'être retranchés du monde par la mort. En effet, il est beaucoup plus grave de corrompre la foi qui assure la vie de l'âme que de falsifier la monnaie qui sert à la vie temporelle. Par conséquent, si les faux monnayeurs ou autres malfaiteurs sont immédiatement mis à mort en bonne justice par les princes séculiers, bien davantage les hérétiques, aussitôt qu'ils sont convaincus d'hérésie, peuvent-ils être non seulement excommuniés mais très justement mis à mort.

Du côté de l'Église, au contraire, il y a une miséricorde en vue de la conversion des égarés. C'est pourquoi elle ne condamne pas tout de suite, mais " après un premier et un second avertissement ", comme l'enseigne l'Apôtre. Après cela, en revanche, s'il se trouve que l'hérétique s'obstine encore, l'Église n'espérant plus qu'il se convertisse pourvoit au salut des autres en le séparant d'elle par une sentence d'excommunication; et ultérieurement elle l'abandonne au jugement séculier pour qu'il soit retranché du monde par la mort. S. Jérôme dit en effet ceci, qu'on trouve dans les Décrétales: " Il faut couper les chairs pourries et chasser de la bergerie la brebis galeuse, de peur que tout le troupeau ne souffre, ne se corrompe, ne pourrisse et périsse. Arius dans Alexandrie fut une étincelle; mais, parce qu'il n'a pas été aussitôt étouffé, son incendie a tout ravagé. "

Solutions:

1. Il appartient en effet à la modération que l'hérétique soit repris une première fois puis une seconde. S'il n'a pas voulu revenir, on le tient pour un dévoyé, comme le montre le texte de l'Apôtre à Tite.

2. L'utilité provenant des hérésies est en dehors de l'intention des hérétiques. C'est-à-dire que la constance des fidèles s'en trouve éprouvée, comme dit l'Apôtre; " elles font que nous secouons la paresse et examinons avec plus de soin les divines Écritures " dit S. Augustin. Mais leur intention est bien de corrompre la foi, ce qui est extrêmement nuisible. Aussi faut-il regarder à ce qui vient directement de leur intention et les fait exclure, plutôt qu'à ce qui est étranger à leur intention et les ferait supporter.

3. Comme il est marqué dans les Décrétales, " autre chose est l'excommunication et autre chose l'extirpation. Un individu est en effet excommunié, dit l'Apôtre (1 Co 5, 5), "pour que son esprit soit sauvé au jour du Seigneur". Si cependant les hérétiques sont tout à fait arrachés par la mort, ce n'est pas contraire au commandement du Seigneur ". Ce commandement doit s'entendre dans le cas où l'on ne peut arracher l'ivraie sans arracher le froment, comme nous l'avons dit plus haut lorsqu'il s'agissait des infidèles en général
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Doit-on recevoir les hérétiques qui reviennent?

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Saint Thomas d'Aquin, Somme Théologique, Secunda Secundae, Q.11 a écrit :ARTICLE 4: Doit-on recevoir les hérétiques qui reviennent?

Objections:

1. Oui, tout à fait, semble-t-il. Car il est dit en Jérémie (3, 1): " Tu t'es prostituée à de nombreux amants, reviens cependant vers moi, dit le Seigneur. " Or le jugement de l'Église, c'est le jugement de Dieu, selon la parole du Deutéronome (1, 17): " Vous écouterez le petit comme le grand, et vous ne ferez pas acception de personne, car le jugement appartient à Dieu. " Donc, si certains se sont prostitués dans l'infidélité, qui est une prostitution spirituelle, il faut néanmoins les recevoir.

2. Le Seigneur commande à Pierre (Mt 18, 22) de pardonner le péché d'un frère non pas seulement sept fois " mais jusqu'à soixante-dix-sept fois ". Ce qui veut dire, selon le commentaire de S. Jérôme qu'il faut pardonner à quelqu'un autant de fois qu'il a péché. Donc, autant de fois que quelqu'un aura péché en retombant dans l'hérésie, il devra être accueilli par l'Église.

3. L'hérésie est une infidélité. Mais les autres infidèles, lorsqu'ils veulent se convertir, sont accueillis par l’Église. Les hérétiques doivent donc l'être aussi.

Cependant, une décrétale dit que " s'il en est qui après abjuration de leur erreur ont été pris comme étant retombés dans l'hérésie qu'ils avaient abjurée, il faut les abandonner au jugement séculier ". Ils ne doivent donc pas être reçus par l'Église.

Conclusion:

L'Église, selon l'institution du Seigneur, étend sa charité à tous, non seulement à ses amis, mais aussi à ses ennemis et persécuteurs, conformément à cette parole (Mt 5, 44): " Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent. " Or il appartient à la charité de vouloir le bien du prochain et de le faire. Mais il y a un double bien. Il y a le bien spirituel, le salut de l'âme: c'est ce bien que la charité regarde avant tout, car c'est lui que chacun par charité doit vouloir à autrui. Aussi à cet égard, lorsque les hérétiques reviennent, ils sont reçus par l'Église autant de fois qu'ils ont été relaps: ils sont admis à la pénitence qui leur ouvre la voie du salut.

Mais il y a un autre bien que la charité regarde en second lieu, c'est le bien temporel, comme la vie corporelle, la possession des choses de ce monde, la bonne renommée, et l'autorité ecclésiastique ou séculière. Ce bien, en effet, nous ne sommes tenus par charité de le vouloir pour d'autres que dans l'ordre du salut éternel et d'eux-mêmes et des autres. Aussi, lorsque l'un de ces biens peut empêcher, en se trouvant dans un individu, le salut éternel dans un grand nombre, la charité n’exige pas que nous lui voulions cette sorte de bien, elle exige plutôt que nous voulions qu'il en soit privé: et parce que le salut éternel doit être préféré au bien temporel, et parce que le bien du grand nombre passe avant le bien d'un seul. Or, si les hérétiques qui reviennent étaient toujours reçus de façon à demeurer en possession de la vie et des autres biens temporels, ce pourrait être au préjudice du salut des autres, parce que, s'ils retombaient, ils en gâteraient d'autres, et aussi parce que, s'ils échappaient sans châtiment, d'autres tomberaient dans l’hérésie, avec plus de sécurité. Il est dit en effet dans l'Ecclésiaste (8, 11): " Parce que la sentence n'est pas vite portée contre le méchant, les enfants des hommes accomplissent le mal sans rien craindre. " C'est pourquoi ceux qui reviennent de l'hérésie pour la première fois, l’Église non seulement les admet à la pénitence mais aussi leur laisse la vie sauve; et parfois, par indulgence, elle leur rend leurs dignités ecclésiastiques s'ils paraissent vraiment convertis. L'histoire nous apprend qu'elle l'a souvent fait pour le bien de la paix. Mais, quand ceux qu'on a accueillis retombent de nouveau, il semble que ce soit le signe de leur inconstance en matière de foi. C'est pourquoi, s'ils reviennent ultérieurement, ils sont bien admis à la pénitence, non pas cependant au point d'éviter la sentence de mort.

Solutions:

1. Dans le jugement de Dieu on est toujours reçu lorsqu'on revient, parce que Dieu scrute les coeurs et connaît ceux qui reviennent vraiment. Mais l'Église ne peut l'imiter en cela. Ceux qui après avoir été accueillis sont retombés, elle présume qu'ils ne sont pas vraiment revenus à elle. C'est pourquoi elle ne leur refuse pas la voie du salut, mais ne les préserve pas du péril de mort.

2. Le Seigneur parle à Pierre du péché qui a été commis contre lui, Pierre: ce péché, il faut toujours le remettre et, quand un frère nous revient, il faut lui pardonner. Mais cela ne s'entend pas du péché qui a été commis contre le rochain ou contre Dieu: ce péché, dit S. Jérôme " nous ne sommes pas libres de le remettre ", mais il y a dans ce cas une mesure établie par la loi, selon ce qui convient à l'honneur de Dieu et à l'utilité du prochain.

3. Les autres infidèles n'avaient jamais reçu la foi. C'est pourquoi, après qu'ils ont été convertis - à la foi, ils ne montrent pas encore en matière de foi des signes d'inconstance, comme font les hérétiques relaps. C'est pourquoi on ne peut pas raisonner de la même manière à propos des uns et des autres.
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Est-il permis de tuer le pécheur?

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Saint Thomas d'Aquin, Somme Théologique, Secunda Secundae, Q.64 a écrit :ARTICLE 2: Est-il permis de tuer le pécheur?

Objections:

1. Il semble que non, car notre Seigneur interdit d'arracher l'ivraie qui, dans la parabole, représente les « fils du Mauvais » (Mt 13, 38). Or tout ce que Dieu interdit est péché.

2. La justice des hommes se modèle sur la justice de Dieu; or celle-ci ménage les pécheurs pour qu'ils fassent pénitence - « je ne veux pas la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse et qu'il vive » (Ez 18, 23). Il est donc absolument injuste de tuer les pécheurs.

3. Il n'est jamais permis de faire pour une bonne fin ce qui est mauvais en soi; on le voit chez S. Augustin et chez Aristote. Or tuer un homme est une chose mauvaise en soi, puisque opposée à la charité que nous devons avoir pour tous les hommes; et comme le remarque le Philosophe: « Nous voulons à nos amis l'existence et la vie. » Il n'est donc aucunement permis de tuer un pécheur.

Cependant, il est écrit dans l'Exode (22, 18): « Tu ne laisseras pas vivre les magiciens », et dans le Psaume (101, 8): « Chaque matin, j'exterminerai tous les pécheurs du pays. »

Conclusion:

Nous venons de le dire: il est permis de tuer des animaux parce qu'ils sont ordonnés par la nature à l'usage de l'homme, comme ce qui est moins parfait est ordonné au parfait. Or cette subordination existe entre la partie et le tout, et donc toute partie, par nature, existe en vue du tout. Voilà pourquoi, s'il est utile à la santé du corps humain tout entier de couper un membre parce qu'il est infecté et corromprait les autres, une telle amputation est louable et salutaire.

Mais tout individu est avec la société dont il est membre dans le même rapport qu'une partie avec le tout. Si donc quelque individu devient un péril pour la société et que son péché risque de la détruire, il est louable et salutaire de le mettre à mort pour préserver le bien commun; car « un peu de ferment corrompt toute la pâte » (1 Co 5, 6).

Solutions:

1. Le Seigneur, en défendant d'arracher l'ivraie, avait en vue la conservation du blé, c'est-à-dire des bons. Ceci s'applique lorsqu'on ne peut faire périr les méchants sans tuer en même temps les bons; soit parce qu'on ne peut les discerner les uns des autres, soit parce que les méchants ayant de nombreux partisans, leur mise à mort serait dangereuse pour les bons. Aussi le Seigneur préfère-t-il laisser vivre les méchants et réserver la vengeance jusqu'au jugement dernier, plutôt que de s'exposer à faire périr les bons en même temps.

Toutefois, si la mise à mort des méchants n'entraîne aucun danger pour les bons, mais assure au contraire leur protection et leur salut, il est licite de mettre à mort les méchants.

2. Selon l'ordre de sa sagesse, Dieu tantôt supprime immédiatement les pécheurs afin de délivrer les bons; tantôt leur accorde le temps de se repentir, ce qu'il prévoit également pour le bien de ses élus. La justice humaine fait de même, selon son pouvoir. Elle met à mort ceux qui sont dangereux pour les autres, mais elle épargne, dans l'espoir de leur repentance, ceux qui pèchent gravement sans nuire aux autres.

3. Par le péché l'homme s'écarte de l'ordre prescrit par la raison; c'est pourquoi il déchoit de la dignité humaine qui consiste à naître libre et à exister pour soi; il tombe ainsi dans la servitude qui est celle des bêtes, de telle sorte que l'on peut disposer de lui selon qu'il est utile aux autres, selon le Psaume (49, 21): « L'homme, dans son orgueil ne l'a pas compris; il est descendu au rang des bêtes; il leur est devenu semblable », et ailleurs (Pr 11, 29): « L'insensé sera l'esclave du sage. » Voilà pourquoi, s'il est mauvais en soi de tuer un homme qui garde sa dignité, ce peut être un bien que de mettre à mort un pécheur, absolument comme on abat une bête; on peut même dire avec Aristote qu'un homme mauvais est pire qu'une bête et plus nuisible.
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Est-il permis à un particulier, ou seulement à l'autorité pu

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Saint Thomas d'Aquin, Somme Théologique, Secunda Secundae, Q.64 a écrit :ARTICLE 3: Est-il permis à un particulier, ou seulement à l'autorité publique, de tuer le pécheur?

Objections:

1. Il semble qu'il soit permis à un particulier de tuer un pécheur. En effet, la loi divine ne saurait prescrire rien de mal. Or Moïse a prescrit (Ex 32, 27): « Que chacun tue son frère, chacun son ami, chacun son parent », pour avoir commis le crime d'adorer le veau d'or. Donc, même des personnes privées peuvent licitement tuer un pécheur.

2. Puisque, on vient de le voir, le péché rend l'homme comparable aux bêtes, et que tout homme peut tuer une bête sauvage, surtout nuisible, il est permis, au même titre, de tuer un pécheur.

3. Tout homme, même un individu privé, agit louablement en servant le bien commun. Or la mise à mort des malfaiteurs est utile au bien commun, on vient de le voir.

Cependant, S. Augustin parle ainsi « Celui qui sans mandat officiel tuera un malfaiteur sera homicide, et d'autant plus qu'il n'a pas craint de s'arroger un droit que Dieu ne lui avait pas donné. »

Conclusion:

Nous venons de dire que la mise à mort d'un malfaiteur est permise en tant qu'elle est ordonnée à la sauvegarde de la société. C'est pourquoi elle appartient à celui-là seul qui pourvoit au bien commun de la société, de même que l'ablation d'un membre corrompu revient au médecin auquel on a confié la santé du corps tout entier. Or le soin du bien commun est confié aux princes qui détiennent l'autorité publique. C'est donc à eux seuls et non aux particuliers qu'il revient de mettre à mort les malfaiteurs.

Solutions:

1. Denys remarque que le véritable responsable d'une action est l'autorité qui l'ordonne; aussi, comme S. Augustin l'écrit: « Celui qui tue, ce n'est pas celui qui doit son service à celui qui commande, comme le glaive à celui qui s'en sert. » C'est ainsi qu'il faut juger le cas de ceux qui tuèrent leurs parents et leurs amis sur l'ordre de Dieu; le véritable auteur de ces meurtres était l'autorité qui le leur avait ordonné; il en est de même du soldat qui tue un ennemi sur l'ordre du prince, et du bourreau qui exécute un bandit d'après la sentence du juge.

2. Il y a une différence de nature entre la bête et l'homme. Aussi n'y a-t-il pas besoin d'un jugement pour tuer la bête, si elle est sauvage. Mais si c'est une bête domestique, un jugement sera requis, non pour elle, mais pour le dommage subi par son maître. Mais l'homme pécheur n'est pas d'une autre nature que les justes. C'est pourquoi il faudra un jugement public pour décider s'il doit être mis à mort pour le salut de la société.

3. Faire quelque chose pour l'utilité commune sans nuire à personne est permis à toute personne privée. Mais si cela doit nuire à autrui, cela ne peut se faire qu'au jugement de celui qui peut apprécier ce que l'on peut enlever aux parties pour le salut de tous.
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Les pécheurs doivent-ils être aimés de charité?

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Saint Thomas d'Aquin, Somme Théologique, Secunda Secundae, Q.25 a écrit :ARTICLE 6: Les pécheurs doivent-ils être aimés de charité?

Objections:

1. Non, semble-t-il, car il est dit dans le Psaume (119, 113): " J'ai détesté les impies. " Mais David avait la charité. Par conséquent la charité doit plutôt faire détester les pécheurs que les faire aimer.

2. " La preuve de l'amour, dit S. Grégoire, ce sont les oeuvres que l'on accomplit. " Or, à l’égard des pécheurs, les justes, loin d'accomplir des oeuvres d'amour, produisent plutôt celles que la haine inspire: ainsi, dit le Psaume (101, 8): " Dès le matin je mettais à mort tous les pécheurs du pays "; de même, dans l'Exode (22, 17), le Seigneur prescrit: " Tu ne laisseras pas en vie les magiciens. " Donc les pécheurs ne doivent pas être aimés de charité.

3. Il appartient à l'amitié de vouloir et de souhaiter du bien aux amis. Or, par charité, les saints souhaitent du mal aux pécheurs, selon cette parole du Psaume (9, 18): " Que les pécheurs aillent en enfer. " Donc les pécheurs ne doivent pas être aimés de charité.

4. C'est le propre des amis d'avoir les mêmes joies et le même vouloir. Or la charité ne fait pas vouloir ce que veulent les pécheurs, ni se réjouir de ce dont ils se réjouissent; c'est plutôt le contraire qu'elle produit. Donc les pécheurs ne doivent pas être aimés de charité.

5. " C'est le propre des amis de vivre ensemble ", selon Aristote. Or on ne doit pas vivre avec des pécheurs: " Sortez donc du milieu de ces gens-là ", dit S. Paul (2 Co 6, 17). On ne doit donc pas aimer les pécheurs de charité.

Cependant, S. Augustin, remarque que, lorsqu'il est prescrit: " Tu aimeras ton prochain ", le mot prochain " désigne manifestement tous les hommes ". Mais les pécheurs ne cessent pas d'être des hommes, car le péché ne détruit pas la nature. Donc les pécheurs doivent être aimés de charité.

Conclusion:

Dans les pécheurs on peut considérer deux choses: la nature et la faute. Par leur nature, qu'ils tiennent de Dieu, ils sont capables de la béatitude, sur la communication de laquelle est fondée la charité, nous l'avons dit. Et c'est pourquoi, selon leur nature, il faut les aimer de charité. Mais leur faute est contraire à Dieu, et elle est un obstacle à la béatitude. Aussi, selon leur faute qui les oppose à Dieu, ils méritent d'être haï s, quels qu'ils soient, fussent-ils père, mère ou proches, comme on le voit en S. Luc (14, 26). Car nous devons haïr les pécheurs en tant qu'il sont tels, et les aimer en tant qu'ils sont des hommes capables de la béatitude. C'est là véritablement les aimer de charité, à cause de Dieu.

Solutions:

1. Le prophète haïssait les impies, en tant qu'impies, en détestant leur iniquité, qui est leur mal. C'est la haine parfaite dont il dit (Ps 139, 22): " je les haïssais d'une haine parfaite. " Or, détester le mal d'un être et aimer son bien ont une même motivation. Aussi cette haine parfaite relève-t-elle aussi de la charité.

2. Quand des amis tombent dans le péché remarque Aristote, il ne faut pas leur retirer les bienfaits de l'amitié, aussi longtemps qu'on peut espérer leur guérison. Il faut les aider à recouvrer la vertu, plus qu'on ne les aiderait à recouvrer une somme d'argent qu'ils auraient perdue; d'autant plus que la vertu a plus d'affinité avec l'amitié que n'en a l'argent. Mais, lorsqu'ils tombent dans une extrême malice et deviennent inguérissables, alors il n'y a plus à les traiter familièrement comme des amis. C'est pourquoi de tels pécheurs, dont on s'attend qu'ils nuisent aux autres plutôt que de s'amender, la loi divine comme la loi humaine prescrivent leur mort. Cependant, ce châtiment, le juge ne le porte point par haine, mais par l'amour de charité, qui fait passer le bien commun avant la vie d'une personne. Et pourtant, la mort infligée par le juge sert au pécheur, s'il se convertit, à l'expiation de sa faute, et s'il ne se convertit pas, elle met un terme à sa faute, en lui ôtant la possibilité de pécher davantage.

3. Ces sortes d'imprécations contenues dans l'Écriture peuvent s'interpréter de trois manières. 1° comme des prédictions, et non comme des souhaits; ainsi: " Que les pécheurs aillent en enfer " (Ps 9, 18), signifie: " Ils iront " en enfer. 2° comme des souhaits; mais alors le désir de celui qui souhaite ne se rapporte pas à la peine des hommes, mais à la justice de celui qui punit, selon cette parole du Psaume (58, 11): " Le juste se réjouira en voyant la vengeance "; car Dieu lui-même, en punissant, " ne se réjouit pas de la perdition des impies ", dit la Sagesse (1, 33), mais de sa propre justice, selon la parole du Psaume (11, 7): " Le Seigneur est juste et aime la justice. " 3° comme un désir d'éloigner le péché et non comme un désir du châtiment lui-même, ainsi souhaite-t-on que les péchés soient détruits, et que les hommes vivent.

4. Par la charité nous aimons les pécheurs, non pour vouloir ce qu'ils veulent, et pour nous réjouir de ce qui les réjouit, mais pour les amener à vouloir ce que nous voulons, et à se réjouir des choses dont nous nous réjouissons. De là cette parole de Jérémie (15, 19): " Eux reviendront vers toi, et toi tu n'auras pas à revenir vers eux. "

5. Les faibles doivent éviter de vivre avec les pécheurs, à cause du danger qu'ils courent d'être pervertis par eux. Au contraire, il faut louer les parfaits, dont il n'y a point à redouter la perversion, d'entretenir des relations avec les pécheurs afin de les convertir. C'est ainsi que le Seigneur mangeait et buvait avec les pécheurs, comme on le voit en S. Matthieu (9, 10). Cependant, tous doivent éviter de fréquenter les pécheurs en s'associant à leurs péchés; c'est ainsi qu'il est dit (2 Co 6, 17): " Sortez du milieu de ces gens-là, et ne touchez rien d'impur " en consentant au péché.
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La correction fraternelle est-elle un acte de la charité?

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Saint Thomas d'Aquin, Somme Théologique, Secunda Secundae, Q.33 a écrit :ARTICLE 1: La correction fraternelle est-elle un acte de la charité?

Objections:

1. Il ne semble pas. En effet, sur ces paroles de l'évangile selon S. Matthieu (18, 15): " Si ton frère a péché contre toi... " la Glose dit qu'on doit le reprendre " par amour de la justice ". Mais la justice est une vertu différente de la charité. Donc la correction fraternelle n'est pas un acte de la charité, mais de la justice.

2. La correction fraternelle se fait par une admonition secrète. Or l'admonition est une sorte de conseil, ce qui ressortit à la prudence, car " au prudent il appartient d'être de bon conseil ", dit Aristote. La correction fraternelle n'est donc pas un acte de la charité, mais de la prudence.

3. Des actes contraires n'appartiennent pas à la même vertu. Mais supporter le pécheur est un acte de la charité, selon l'épître aux Galates (6, 2): " Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi du Christ. " Corriger celui qui pèche, ce qui est le contraire de le supporter, ne peut donc être un acte de la charité.

Cependant, reprendre un fautif, c'est lui faire une espèce d'aumône spirituelle. Et l'aumône, avons-nous dit, est un acte de la charité. Donc la correction fraternelle est aussi un acte de la charité.

Conclusion:

La correction du fautif est un remède que l'on doit employer contre le péché du prochain. Or un péché peut être envisagé sous deux aspects: comme un acte nuisible à celui qui le commet; et comme un préjudice porté aux autres, qu'il lèse ou scandalise, et même au bien commun dont le bon ordre s'en trouve troublé. Il y a, en conséquence, deux sortes de corrections du fautif. La première remédie au péché en tant qu'il est un mal pour le pécheur, et c'est précisément la correction fraternelle, qui a pour but d'améliorer le fautif Or, enlever un mal à quelqu'un est un acte de même valeur que lui procurer un bien. Et cela est un acte de la charité, qui nous pousse à vouloir et à faire du bien à notre ami. C'en est donc un aussi de corriger son frère, car par là nous lui ôtons son mal, c'est-à-dire son péché. Et cette délivrance importe plus à la charité que la délivrance d'un dommage extérieur ou même d'un préjudice corporel, dans la mesure même où le bien opposé, celui de la vertu, a plus d'affinité avec la charité que le bien du corps ou les biens extérieurs. C'est ainsi que la correction fraternelle est un acte de la charité, plus que le soin des malades ou le soulagement des pauvres. - La seconde espèce de correction remédie au péché en tant qu'il porte préjudice aux autres, et surtout au bien commun. Une telle correction est un acte de la justice, qui a pour objet de régler équitablement les rapports entre les hommes.

Solutions:

1. La Glose parle de la seconde espèce de correction, qui est un acte de la justice. Ou, si l'on veut parler aussi de la première, il faut prendre la justice comme vertu générale, on le dira plus loin, dans le sens où, selon la parole de S. jean (1 Jn 3, 4): " tout péché est une iniquité ", comme s'opposant à la justice.

2. " La prudence, dit Aristote, établit la rectitude dans l'ordre des moyens ", auxquels se rapportent la délibération et le choix. Cependant, lorsque par la prudence nous ordonnons correctement notre action à la fin d'une vertu morale, comme la tempérance ou la force, l'action considérée appartient de façon principale à la vertu dont la fin a été recherchée. Donc, parce que la remontrance que comporte la correction fraternelle est ordonnée à ôter le péché de notre frère, ce qui ressortit à la charité, il est clair qu'elle est de façon principale un acte de la charité, comme de la vertu qui commande l'acte, et secondairement un acte de la prudence qui exécute et dirige l'acte.

3. La correction fraternelle n'est pas opposée au support des faibles, dont elle est plutôt la conséquence. On supporte en effet d'autant mieux un pécheur qu'on ne s'irrite pas contre lui et qu'on reste bienveillant à son égard. C'est en raison de cette bienveillance que l'on s'efforce de l'amender.
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Légitimation de l'inquisition

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Salut Popeye :)
popeye a écrit :
Christophe a écrit :Afin de faire un peu avancer le schmilblik, pourriez-vous argumenter un peu et nous dire pourquoi l'Inquisition vous semble "bonne dans son principe" ?
Parce que sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu (Hb XI 6). Parce que l'hérésie est une injure à Dieu révélant, Dieu dont il est écrit qu'il faut l'aimer de toute son âme, force, intelligence, être ... Parce que l'hérésie est avec le schisme et la haine formelle de Dieu le plus grave de tous les péchés mortels [cf. Secunda Secundae, Q.10 a.3]. Parce que corrompre la foi est le plus sur moyen pour corrompre les moeurs ...
Faut-il entendre que - selon toi -, chacune de ces quatre raisons, prise individuellement, soit suffisante pour justifier la coercition du pécheur ?
(Je te demande cela, car seule la quatrième raison me semble pertinente et mériter une réponse développée...)

Bien à toi
Christophe
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Boris
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Re: Légitimation de l'inquisition

Message non lu par Boris »

L'inquisition s'adapte à toutes les époques.

Rappelons que le principe de l'inquisition fut le fondement de la vocation de Saint Dominique et des Chiens de Dieu (Domini canes = dominicains) (chiens de garde, gardes de la doctrine bien sûr).

L'inquisition fit son apparition peu après St Dominique.

L'inquisition consiste à trouver les hérétiques et a leur enseigner la véritable doctrine afin qu'ils se convertissent et puissent être sauvés.

La principale sanction donnée par l'inquisiteur reste la participation aux actes de pénitence, à la messe régulière, ...

Tel est toujours le rôle de la Sainte Congrégation pour la Doctrine de la Foi, et sous une autre forme de la Sainte Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements en ce sens que la Liturgie est l'expression de la Foi.

Autre temps, autres mœurs.

Au moyen-age, l'individualisme était inexistant.
Ainsi la religion d'une personne reflétait la religion d'un groupe ou d'une communauté.
L'hérésie provoquait alors de graves troubles sociaux.
C'est pourquoi les pouvoirs temporels ont également pris part à combattre les hérétiques mais évidement selon une méthode bien différente de celle de l'Inquisition : l'épée en lieu et place de l'enseignement.

Je parle ici de l'inquisition dans le Sud de la France.

En Espagne, quelque 400 ans plus tard, la question fut traité autrement avec une histoire de la civilisation qui était également tout autre.
Les musulmans se sont longtemps amusés à jouer à "convertis-toi ou meurs sur place" et se sont pris un retour de bâton sous une forme similaire mais qui était "convertis-toi ou pars".
Afin de ne pas faire de jaloux (mais surtout de jaloux pécuniaires auprès de la Couronne) les Juifs ont eu le droit au même discours "convertis-toi ou pars".

De nos jours, les sacrées congrégations citées plus haut se contentent d'éditer une note doctrinale ou une instruction en misant sur le respect des promesses données lors des sacrements :
- promesse de Baptême, qui reconnait en tant que fidèle d'obéir au Magistère
- promesse d'ordination, qui promet d'obéir à l'Evêque (pour les diacres et les prêtres) ou au Pape (pour les Evêques)

Le Magistère ne s'occupe plus de punir ceux qui sont pris en défaut, sauf si la plainte des fidèles est trop forte.
Le Magistère laisse à Dieu le jugement, selon la parabole du pauvre Lazare et du riche qui s'entend dire que ses frères ont Moïse et les prophètes et que nous avons même une personne revenue du royaume des morts, à nous de suivre tous ces enseignements.

Sur la réponse de Popeye, je note que toutes ses "raisons" sont très liées entres elles et que les unes appellent les autres et réciproquement, provoquant un cercle vicieux.

Le premier fruit de l'humilité est l'obéissance, dont le Christ se fait le modèle en obéissant jusqu'à la mort la plus injuste (celle qui appelle la malédiction alors qu'Il est innocent).
L'obéissance au Magistère conduit donc à des cercles vertueux.
UdP,
Boris
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Popeye
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Re: La discrimination religieuse et autres sujets connexes

Message non lu par Popeye »

Christophe a écrit :Salut Popeye :)
popeye a écrit : Parce que sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu (Hb XI 6). Parce que l'hérésie est une injure à Dieu révélant, Dieu dont il est écrit qu'il faut l'aimer de toute son âme, force, intelligence, être ... Parce que l'hérésie est avec le schisme et la haine formelle de Dieu le plus grave de tous les péchés mortels [cf. Secunda Secundae, Q.10 a.3]. Parce que corrompre la foi est le plus sur moyen pour corrompre les moeurs ...
Faut-il entendre que - selon toi -, chacune de ces quatre raisons, prise individuellement, soit suffisante pour justifier la coercition du pécheur ?
(Je te demande cela, car seule la quatrième raison me semble pertinente et mériter une réponse développée...)

Bien à toi
Christophe
Ces quatre raisons sont étroitement connexes. Toutes sont liées à la charité, vertu théologale. Je ne te refait pas le coup de l'objet matériel et formel d'une vertu théologale, tu dois savoir ça, depuis Raison et Foi de Sa Mirobolence.

:)

Si tu regardes les deux premières raisons, elles ont trait à l'amour dû à Dieu. Par delà la vertu de charité, elles ont encore trait à la vertu de religion (la justice envers Dieu), puisque une société bien réglée doit rendre un culte au vrai Dieu.

Les deux autres raisons ont elles aussi trait à la charité et à la justice, mais pour le prochain (correction fraternelle). La plus grande charité que tu puisses faire à ton prochain, c'est le sauver de la damnation, autant qu'il est en ton pouvoir, et tout faire pour qu'il hérite du Paradis. L'extirpation par le fer et par le feu des hérétiques formels et publics participe grandement de cette charité grandissime. L'enseignement du Docteur angélique est, sur ce point, limpide.

:ciao:
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Re: La discrimination religieuse et autres sujets connexes

Message non lu par Invité »

popeye a écrit :Les deux autres raisons ont elles aussi trait à la charité et à la justice, mais pour le prochain (correction fraternelle). La plus grande charité que tu puisses faire à ton prochain, c'est le sauver de la damnation, autant qu'il est en ton pouvoir, et tout faire pour qu'il hérite du Paradis. L'extirpation par le fer et par le feu des hérétiques formels et publics participe grandement de cette charité grandissime. L'enseignement du Docteur angélique est, sur ce point, limpide.
Il est bien plus aisé (et démontre la faiblesse de celui qui s'y livre) de faire passer les hérétiques par le fer et le feu (entendez de le tuer apparemment pour lui éviter l'enfer), pour justifier notre propre violence inavouable (sous prétexte d'amour du prochain au nom de l'Amour de Dieu... pffsss... :zut: ) que de le faire passer par le Feu de l'Amour de l'Esprit Saint : càd l'aimer de l'Amour même de Dieu inscrit dans nos coeurs le jour de notre Baptême en l'aidant dans une longue et patiente pédagogie et en se laissant aussi brûler d'amour pour lui dans la prière, la supplication, les larmes, en offrant le Corps et le Sang, le sacrifice du Christ, dans l'espérance de sa conversion... ainsi que de les supporter comme Dieu les supporte : Il fait tomber la pluie sur les bons et les méchants et fait briller son soleil sur les juste et les injustes.

"Seigneur, veux-tu que nous ordonnions au feu du ciel de tomber sur ces gens ? Et Jésus les réprimanda vivement"...

La vie appartient à Dieu seul. Celui qui prétend agir au nom de Dieu en tuant un homme, fusse-t-il le plus impie de la terre, prend la place de Dieu et usurpe le nom de chrétien dont la seule chose qui lui est demandé est de prier pour ses ennemis.

[...]
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Raison : Procès en hérésie ; on en a modéré pour bien moins que ça, il n'y a pas de raison que les invités échappent à la règle !
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Re: La discrimination religieuse et autres sujets connexes

Message non lu par Métazét »

Mon cher Popeye,

J'aimerais savoir si dans le système politique que vous préconisez, nous aurions pu avoir ces intéressantes discussions que nous avons eu (et que vous semblez avoir abandonné :( après, il est vrai, que j'ai moi-même tardé à vous répondre) au sujet de la possibilité ou non de démontrer l'existence de Dieu, ou est-ce que vous m'auriez fait rotir sur un bûcher, faute d'être parvenu à me convaincre ? J'aimerais également savoir à partir de quel moment vous préconisez de passer de la phase "discutons cordialement et entre personnes raisonnables de la Vérité" à la phase "brûlons donc cet abominable hérétique qui a forcément tort puisque j'ai raison (conclusion qui revient avec constance à chaque fois que j'y repense)" ?

Bien à vous lire,

Mikaël
« La majorité des philosophes n'a pas de courage ; ils commencent par avaler les principes essentiels du code actuel : monogamie, structure familiale, continence, tabous corporels, restrictions concernant l'acte sexuel et la suite, puis ils chipotent sur les détails… jusqu'à des sottises telles que de savoir si la vue de la poitrine féminine est obscène ou non. » (Robert Heinlein, En terre étrangère)
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Message non lu par Anne »

:?: Un bûcher :?:

:!: Un bûcher :!:

Où ça???!!! Où ça????!!!!

Ça fait longtemps qu'on en a pas eu! :bave:

Que voulez-vous, mais moi, ça m'a toujours bien fait rire, les gens qui se réfèrent à cette bonne vieille Inquisition (à la réputation somme toute assez surfaite, semble-t-il)!

Ça me fait penser à certains musulmans qui nous resservent les Croisades à la première occaze!

Habituellement, on semble avoir avoir atteint le fond du baril des arguments quand on en arrive là...

:siffle: Hè. Désolée. Je n'ai pas pu m'en empêcher. C'est sa faute, tiens! :arrow: :arrow: :diable:
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…
".
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Re: La discrimination religieuse et autres sujets connexes

Message non lu par Abderrazaq »

Oui mais metazet n' a pas si tort que ca .
A une certaine epoque on l'aurais bruler parcequ'il dit Dieu n'existe pas .

Faut par moment remettre les choses a leur place et osez dire merci aux personnes comme metazet qui ont offert la liberté de culte . Car je le rappelle c'est les athees et gnostique qui l'ont offert et pas les religieux .

Longue vie aux sceptiques !!!!!
Par moment le non-croyant se comporte bien plus en croyant que celui qui se revendique croyant .

Amicalement
Abderrazaq
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Re: La discrimination religieuse et autres sujets connexes

Message non lu par Raistlin »

Bonjour Abderrazaq, :)
Abderrazaq a écrit :A une certaine epoque on l'aurais bruler parcequ'il dit Dieu n'existe pas.
Ce que vous dites n'est pas tout à fait exact. A la base, l'Inquisition a été faite pour les hérétiques, c'est-à-dire pour les catholiques déviant de la doctrine officielle et vraie. A ma connaissance, jamais l'Inquisition ne s'est attaquée aux non-catholiques (ou alors, ce fut quelques dérives malheureuses mais nullement représentatives).

Abderrazaq a écrit :Faut par moment remettre les choses a leur place et osez dire merci aux personnes comme metazet qui ont offert la liberté de culte . Car je le rappelle c'est les athees et gnostique qui l'ont offert et pas les religieux .
Ouh là, comme vous y allez. Juste pour information, à l'époque de la révolution française, le clergé était massacré et les autels saccagés par les soit-disant révolutionnaires "tolérants".

La tolérance n'est pas le propre d'une idéologie ou d'une religion, elle est une disposition personnelle. Quand je discute avec mon beau-frère marxiste (et athée, cela va de soit), je n'y vois pas vraiment une tolérance à l'égard de la religion : il l'accepte parce qu'il ne peut pas faire autrement mais s'il pouvait l'éradiquer, ce serait déjà fait. De même, quand on voit comment la religion a été persécutée dans les pays communistes, on doute de la tolérance athée...

Donc gardons-nous bien de dire que la tolérance religieuse actuelle provient exclusivement de l'athéisme. A ce titre, je vous renvoie vers la déclaration conciliaire Lumen Gentium de Vatican II qui est on ne peut plus respectueuse des autres religions.

Amicalement,
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)
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