Et pendant que j'y suis, même si je n'y suis plus...
cmoi a écrit : ↑sam. 30 avr. 2022, 5:05
Perlum Pimpum a écrit : ↑dim. 24 oct. 2021, 11:55
D'une, quant à la moralité des actes humains, qui se prend de l'objet, des circonstances et de la fin visée, il n'est pas déraisonnable de se situer au seul plan de l'objet. Que je sache, ni vous ni moi ne sondons les reins et les cœurs, pour connaitre des intentions visées par tel ou tel en des
actes de fornication objective, lesquels sont intrinsèquement mauvais.
Ni vous ni moi, mais
une telle réponse reconnaît par prétérition la possibilité d’une hypothèse qui ne s’appuie évidemment pas sur l’objet, et la récuse en son nom pour alors évincer subtilement les cas concrets qui la supposent. Vous refusez tout simplement par principe cette réalité, car vous croyez cela édifiant de le faire. Comme vous n’êtes pas idiot (j’ai plus de considération pour vous que celle qui se satisfait d’un sourire par smiley), c’est juste une façon de refuser le dialogue et de garder un ascendant, de refuser au nom de la loi, le risque de la foi.
C’est ce qui fait que la théologie est trop sérieuse pour être laissée aux seuls théologiens. Surtout quand ceux-ci veulent rester dans l’abstraction.
« C’est juste une façon de refuser le dialogue et de garder un ascendant, de refuser au nom de la loi, le risque de la foi », dites-vous, en un jugement téméraire visant à me prêter une intention malséante. Je ne faisais pourtant qu'exprimer la doctrine catholique. Je vous croyais au fait du vocabulaire. J'avais tort. Vous ignorez manifestement le sens de certaines locutions...
Les actes
intrinsèquement mauvais sont toujours mauvais ; ni les circonstances ni la fin ne peuvent les rendre bons.
La raison atteste qu'il peut exister des objets de l'acte humain qui se présentent comme « ne pouvant être ordonnés » à Dieu, parce qu'ils sont en contradiction radicale avec le bien de la personne, créée à l'image de Dieu. Ce sont les actes qui, dans la tradition morale de l'Eglise, ont été appelés « intrinsèquement mauvais » (intrinsece malum) : ils le sont toujours et en eux-mêmes, c'est-à-dire en raison de leur objet même, indépendamment des intentions ultérieures de celui qui agit et des circonstances. De ce fait, sans aucunement nier l'influence que les circonstances, et surtout les intentions, exercent sur la moralité, l'Eglise enseigne « qu'il y a des actes qui, par eux-mêmes et en eux-mêmes, indépendamment des circonstances, sont toujours gravement illicites, en raison de leur objet ».
Sur les actes intrinsèquement mauvais, et en référence aux pratiques contraceptives par lesquelles l'acte conjugal est rendu intentionnellement infécond, Paul VI enseigne : « En vérité, s'il est parfois licite de tolérer un moindre mal moral afin d'éviter un mal plus grand ou de promouvoir un bien plus grand, il n'est pas permis, même pour de très graves raisons, de faire le mal afin qu'il en résulte un bien (cf. Rm III, 8), c'est-à-dire de prendre comme objet d'un acte positif de la volonté ce qui est intrinsèquement un désordre et par conséquent une chose indigne de la personne humaine, même avec l'intention de sauvegarder ou de promouvoir des biens individuels, familiaux ou sociaux ».
En montrant l'existence d'actes intrinsèquement mauvais, l'Eglise reprend la doctrine de l'Ecriture Sainte. L'Apôtre Paul l'affirme catégoriquement : « Ne vous y trompez pas! Ni impudiques, ni idolâtres, ni adultères, ni dépravés, ni gens de mœurs infâmes, ni voleurs, ni cupides, pas plus qu'ivrognes, insulteurs ou rapaces, n'hériteront du Royaume de Dieu » (I Co VI, 9-10).
Si les actes sont intrinsèquement mauvais, une intention bonne ou des circonstances particulières peuvent en atténuer la malice, mais ne peuvent pas la supprimer. Ce sont des actes « irrémédiablement » mauvais ; par eux-mêmes et en eux-mêmes, ils ne peuvent être ordonnés à Dieu et au bien de la personne : « Quant aux actes qui sont par eux-mêmes des péchés (cum iam opera ipsa peccata sunt) — écrit saint Augustin —, comme le vol, la fornication, les blasphèmes, ou d'autres actes semblables, qui oserait affirmer que, accomplis pour de bonnes raisons (causis bonis), ils ne seraient pas des péchés ou, conclusion encore plus absurde, qu'ils seraient des péchés justifiés ? »
De ce fait, les circonstances ou les intentions ne pourront jamais transformer un acte intrinsèquement malhonnête de par son objet en un acte « subjectivement » honnête ou défendable comme choix.
La doctrine de l'objet, source de la moralité, constitue une explicitation authentique de la morale biblique de l'Alliance et des commandements, de la charité et des vertus. La qualité morale de l'agir humain dépend de cette fidélité aux commandements, expression d'obéissance et d'amour.
C'est pour cette raison qu'il faut repousser comme erronée l'opinion qui considère qu'il est impossible de qualifier moralement comme mauvais selon son genre le choix délibéré de certains comportements ou actes déterminés, en faisant abstraction de l'intention pour laquelle le choix est fait ou de la totalité des conséquences prévisibles de cet acte pour toutes les personnes concernées.
Ce qui répond à votre fâcheuse remarque.