Le Magistère peut-il changer ?

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Christophe
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Le Magistère peut-il changer ?

Message non lu par Christophe »

Bonjour

Voici ma question : le Magistère peut-il changer ?
Je pense à des sujets comme la destinée des enfants morts sans baptêmes, à la doctrine sur la liberté religieuse, etc.

Y a-t-il des conditions particulières qui "permettent" à certains points du Magistère d'évoluer ou au contraire le "fixent" définitivement ?
Je pense à l'infaillibilité, à la fidélité à l'Ecriture, etc.

Si la réponse est affirmative, et que le Magistère peut évoluer, les fidèles peuvent-il opter librement entre le Magistère actuel et le Magistère passé ? N'y a-t-il pas une préférence à donner au Magistère actuel dans la mesure où l'Église approfondie toujours davantage sa compréhension de la Révélation et où, en enseignant une nouvelle doctrine, elle infirme - d'une certaine façon - la précédente.

Pour tout dire, le sujet de la Tradition est un sujet sur lequel j'espère que Benoît XVI, dans sa volonté de résoudre la crise traditionaliste, promulguera une lettre encyclique, ou au moins fasse avancer la réflexion de l'Église (par exemple en confiant ce sujet à l'excellente CTI).

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Christophe
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Christophe
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Re: Le Magistère peut-il changer ?

Message non lu par Christophe »

Bonsoir Popeye
popeye a écrit :1. Quand l'infaillibilité est engagée, altérer l'enseignement est au pire enseigner l'hérésie, au « mieux » l'erreur dans la foi.

D'accord.
2. Quand le magistère simplement ordinaire enseigne une doctrine, le magistère conséquent peut, dans certains cas, la modifier.
D'accord. Sais-tu quels sont ces cas ?
a) Si le magistère conséquent engage l'infaillibilité, il y a à s'y soumettre.
D'accord. Sais-tu si une déclaration d'un concile œcuménique engage l'infaillibilité ?
b) Mais si le magistère conséquent n'est lui même que simplement ordinaire, il n'a pas plus d'autorité que celui qu'il contredit.
As-tu des arguments en faveur de cette thèse ? Personnellement, je serais plutôt enclin à dire que le magistère actuel a plus de valeur que le magistère obsolète, du fait de son actualité. Car il serait surprenant que l'Église - assisté de l'Esprit Saint - viennent à remplacer un enseignement juste par un enseignement erroné. On peut croire que l'Église enseignante qui prend avec une grande prudence la décision de corriger son magistère l'aura fait parce que l'enseignement antérieur aura été convaincu d'erreur. Cela me semble du point de vue de "l'épistémologie" comme de l'ecclésiologie, la seule position tenable...
Dans cette perspective, on peut tout autant voir dans l'affirmation conséquente un progrès qu'une trahison. Comment lors choisir ? Sans prétendre être exhaustif, plusieurs critères me semblent devoir être pris en considération.
- Le premier est celui de la valeur théologique propre des propositions antagonistes. En effet, quand il s'agit de donner une note théologique à une assertion, l'assertion peut être soit une vérité formellement révélée, soit une vérité théologiquement certaine, soit une vérité rationnellement certaine, soit une simple opinion ; de sorte que sa contradictoire sera soit une négation de la parole de Dieu, une erreur théologique, une erreur rationnelle, une opinion légitime.
Une vérité formellement révélée peut-elle être contredite ? Une vérité théologiquement certaine peut-elle être contredite ? Une vérité rationnellement certaine peut-elle être contredite ? J'en doute !
Il me semble que seule la "simple opinion" peut être niée.
- Le second est le nombre d'autorités patristiques et doctorales en faveur de chacune des doctrines. On peut d'ailleurs subdiviser : 1) Que disent les Pères et les Docteurs, lumières que Dieu nous donne pour nous guider dans la foi ? ; 2) Les Papes ont-ils massivement enseigné l'une des doctrines ou leurs suffrages se répartissent-ils équitablement ?

- Le troisième est la durée. La doctrine précédemment enseigné et aujourd'hui contestée fut-elle officiellement enseignée durant quelques années, quelques décades, de nombreux siècles ? Depuis combien d'années le magistère conséquent enseigne-t-il la nouvelle doctrine ?
D'accord. Concernant la "durée", il me semble qu'un autre élément fondamental est à prendre en compte : telle doctrine est-elle enseignée par l'Église depuis les temps apostoliques (auquel cas elle fait partie de la Tradition) ou bien est-elle apparue plus tardivement ?
- Le quatrième a trait à la sainteté de l'Église : peut-elle nous commander l'injustice ?
Qu'en dis-tu ? L'Église qui nous commande depuis le Concile Vatican II et très explicitement de ne pas user de coercition en matière religieuse nous défendrait-elle par là de poser "un acte de justice et de charité" (sic.) ?
Je crois que l'on ne peut pas commettre de péché imputable en suivant le magistère actuel de l'Église.

PaX
Christophe
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