Bonjour Cmoi,
Merci pour votre solide message et vos efforts profonds.
cmoi a écrit : ↑mer. 01 mars 2023, 21:51Les faits, par tous ces animaux qui nous sont hostiles ou nuisibles, dangereux. Sans parler des bactéries, virus, microbes, plantes vénéneuses, etc. séismes, coulées de lave, tremblements de terre, etc. Ils ne découlent pas d’un désordre dû au fait que nous ne gouvernions plus le monde en communion avec Dieu (ou alors d’un manque de foi de notre part ! Je suis le seul à oser le soutenir…), ils seraient plutôt ce que nous ne parvenons pas à contrôler… Or si comme le texte l’affirme, tout était bon et parfait avant le péché, ils ne pouvaient pas nous être tels (hostiles nuisibles)
Vous le dites bien : «
nous » sont hostiles ou nuisibles.
Et c’est bien dû à «
un manque de foi ». Non, vous n’êtes pas «
le seul à oser le soutenir ». Mais, manque de foi ou manque de communion avec Dieu, c’est la même réalité.
cmoi a écrit : ↑mer. 01 mars 2023, 21:51Ou pour le dire autrement, s’ils découlent de la cause que vous en donnez, c’est en vertu de la malédiction indiquée par Dieu comme résultant directement de notre péché, et non de conséquences indirectes passant par notre liberté affectée.
En eux-mêmes, aussi hostiles ou nuisibles nous soient-ils, ces créatures ou ces phénomènes naturels ne subissent rien… Ils sont ce qu’ils sont.
C’est donc que le péché a affecté un équilibre naturel qui les a rendus tels.
C’est exact.
Pourquoi semblez-vous percevoir un désaccord là où il me semble, au contraire, qu’il n’y en a pas ?
Le problème ce ne sont pas les phénomènes naturels mais le fait qu’ils nous nuisent, le fait que nous soyons incapables d’empêcher cette nuisance à cause de l’effet du péché originel.
cmoi a écrit : ↑mer. 01 mars 2023, 21:51Vous sous-entendez que pour franchir une étape Dieu aurait eu besoin d’un préalable, celui qu’il y ait un « autre », comme s’il ne suffisait pas qu’il l’ait dans l’esprit ou en vue.
…
si c’était vrai Dieu n’aurait pas pu commencer la création vu qu’il n’y avait personne d’autre que lui.
En réalité, il y a un «
autre » en Dieu même de toute éternité puisqu’il est Trinité du Père, du Fils et de l’Esprit Saint.
Non, il ne suffit pas, même en Dieu, d’avoir quelque chose «
dans l’esprit ou en vue ». Il faut vraiment plusieurs personnes en Dieu pour que Dieu soit amour, pour que sa vie soit amour. L’amour est relation et communion. S’aimer soi-même tout seul, ce n’est pas une représentation possible de Dieu dans l’éternité, car si cette solitude était la perfection éternelle de Dieu, Dieu n’aurait jamais rien créé.
Le sujet est très profond mais s’éloigne trop de la question des six jours ici en cause. Pour compléter ma réponse sur ce point, je peux vous renvoyer au message du 13 janvier 2023 dans le fil intitulé «
Jésus, le Fils de Dieu » :
https://www.cite-catholique.org/viewtop ... 33#p455833
cmoi a écrit : ↑mer. 01 mars 2023, 21:51
Le problème c’est que vous n’exposez votre thèse qu’à travers nos questions, alors on tâtonne comme pour un jeu de piste...
C’est vrai, hélas !
Mais tout se tient et, inévitablement, diverses questions viennent se greffer dans les échanges selon les représentations, convictions et réflexions de chacun.
Depuis très longtemps, je suis sensible à la diminution importante (surtout chez les intellectuels) de la foi dans l’histoire sainte que nous révèle l’Écriture, or elle me semble essentielle pour notre foi en la présence active concrète de Dieu et dans le chemin de vie qu’il nous propose.
Car tout se tient : la création, l’incarnation, les miracles, la résurrection du Christ, la vie éternelle.
Dans chaque fil de discussion tout revient par une fenêtre ou l’autre.
J’ai fait un premier effort de synthèse qui fait l’objet d’un pdf en format livre de 473 pages aérées (édition du 26 septembre 2019) et vous savez que je travaille actuellement à une compilation plus complète qui réorganise mes réflexions dans un pdf que je retravaille, mais, hélas, s’il y a une structure qui clarifie un peu, cela fait 1545 pages en format A4 et word 11 (version en cours du 24 février 2023) et, comme une composition musicale, cela fait revenir d’innombrables fois les mêmes refrains car cela reste tiré d’échanges avec de multiples interlocuteurs différents et autant de points de vue différents.
Mais, pour ceux que cela intéresse, en tout ou partie, le travail est partagé en l’état car les contradictions, comme celles que vous me présentez, me sont indispensables pour pouvoir ajuster, affiner, corriger dans la conviction qu’une telle recherche ne peut se faire qu’en Église, en communion avec l’enseignement du Magistère, mais aussi à l’écoute de toute l’Église et de toutes ses sensibilités :
https://www.cite-catholique.org/viewtop ... 9&start=30
cmoi a écrit : ↑mer. 01 mars 2023, 21:51
Les vérités théologiques ne se limitent pas aux définitions dogmatiques et chacun peut les comprendre de façons fort diverses. La preuve : quand je lis vos réponses je suis souvent d’accord avec elles, mais elles ne me semblent pas pour autant toujours correspondre à mes questions car vous associez à ces vérités des représentations qui ne sont pas les miennes.
Si toutefois vous pensez vraiment que non, alors cette conversation n’a plus aucun intérêt.
Rassurez-vous, je suis d’accord avec ce que vous exprimez ici et il me semble que nous essayons chacun de nous adapter aux représentations de l’autre.
Car, comme le considérez de manière juste, si le dogme ne change pas dans ses définitions, les compréhensions et représentations ne cessent de se diversifier et de se nuancer. Il faut toujours adapter la Bonne Nouvelle aux auditeurs d’époques et de contextes différents avec des connaissances qui évoluent.
cmoi a écrit : ↑mer. 01 mars 2023, 21:51Imaginer des hypothèses farfelues ne me dérange en rien, et qu’elles soient trouvées telles m’amuse car je pense que Dieu a beaucoup d’humour et s’en amuse aussi. Ce qui m’étonne de votre part c’est bien cela, d’en avoir une et une seule et de l’avoir à ce point approfondie, bien que vous l’exposiez d’une façon pour moi inhabituelle.
Désolé que cela vous paraisse une hypothèse «
farfelue ».
cmoi a écrit : ↑mer. 01 mars 2023, 21:51Xavi a écrit : ↑mer. 01 mars 2023, 14:23la création de l’humain est instantanée et sans étapes.
vous maintenez aussi (il faut s’y retrouver !) que :
Xavi a écrit : ↑mer. 01 mars 2023, 14:23Le souffle spirituel est une deuxième étape distincte de la longue étape par laquelle le corps a été façonné.
Vous faites apparaître ainsi une contradiction manifeste.
Mais, il est toujours possible de trouver des contradictions si des mots s’appliquent à des réalités différentes. On peut écrire qu’il fait beau (à Marseille) et, un peu plus loin, qu’il peut (à Paris). La contradiction est manifeste mais non réelle.
C’est la
création de notre personne (notre âme immortelle) qui est «
instantanée et sans étapes », mais la
formation de notre corps s’étend dans une durée avec des étapes de même que la formation de notre vie spirituelle.
La formation de notre corps s’étend dans une durée qui va du Big Bang (voire avant) jusqu’à la conception d’Adam et Ève (la création instantanée), puis jusqu’à la rencontre de deux gamètes de nos pères et mère, puis qui se poursuit durant neuf mois de grossesse et ensuite, après notre naissance, pendant en moyenne quelques dizaines d’années jusqu’à notre mort physique.
Et parce que nous avons une nature corporelle et spirituelle, la formation de notre vie spirituelle s’étend aussi dans une durée qui va de la création des cieux jusqu’au souffle divin qui a créé Adam et Ève (la création instantanée), puis leur plongée dans l’Eden (leur baptême spirituel, leur nouvelle naissance dont Jésus parle à Nicodème), puis survient un péché originel qui blesse leur vie, un vêtement de peau qui protège cependant cette vie, une transmission à tous leurs descendants, une restauration spirituelle dans et par le Christ que nous recevons ou non.
Mais, hélas, la confusion entre, d’une part, la personne qui est créée et que la mort physique ne peut détruire, et, d’autre part, son corps considéré isolément de manière exclusivement terrestre brouille sans cesse les échanges et la compréhension.
cmoi a écrit : ↑mer. 01 mars 2023, 21:51
Et j’avais retenu que cette étape d’introduction dans l’Eden était pour vous importante, car jusque-là si je vous ai compris l’homme n’avait pas encore tous ses attributs surnaturels qui le faisaient tel
Voilà un exemple de la confusion en cause.
La création de la personne est achevée instantanément lors de sa conception, par un souffle divin dans la fusion d’éléments corporels. Dès cette conception, il ne manque à la personne humaine créée aucun attribut, ni naturel, ni surnaturel.
Il faut ensuite encore deux naissances : l’une après neuf mois pour l’autonomie du corps et l’autre pour la vie spirituelle. C’est en ce sens que j’évoque un «
achèvement » et que nous retrouvons de la durée ainsi que des étapes.
cmoi a écrit : ↑mer. 01 mars 2023, 21:51
ce pourquoi j’avais écrit à coco Lapin que « Xavi fait procéder la « création » de l’homme en plusieurs étapes, et que l’étape que vous indiquez est bien aussi chez lui celle où seulement l’homme devient un homme, même s’il a déjà eu une âme et qu’avant cette âme il avait des ancêtres qui n’en avaient pas !
Vous voyez vous-même que la confusion est ici totale en mélangeant la création de la personne et les étapes de sa formation.
Je ne me reconnais pas du tout dès lors dans ce résumé que vous proposez. Non, je ne fais pas «
procéder » la création en plusieurs étapes, mais je la fais «
précéder » et «
suivre » de plusieurs étapes.
Non, l’homme ne devient pas un homme après avoir eu une âme. Il n’y a pas d’homme quand il n’est pas encore créé et il n’a plus besoin de le devenir après être créé. L’homme n’acquiert jamais une âme parce qu’il est une âme dès sa conception. Et non encore, cette âme n’a pas d’ancêtres. Seul son corps a une provenance dans la nature dont il fait partie et, en ce sens, vous pouvez seulement parler d’ancêtres de son corps, mais la personne est une création de Dieu.
C’est seulement à partir d’Adam et Ève, que chaque personne humaine a des ancêtres humains car c’est bien leur vie humaine corporelle et spirituelle, telle que créée par Dieu mais blessée par leur péché originel, qui nous est transmise et Dieu nous a créés chacun avec cette coopération de nos parents humains.
Notre vie personnelle est une vie semblable à celle d’Adam et Ève. Mais, cette vie ne provient pas des ancêtres biologiques plus anciens de notre corps.
cmoi a écrit : ↑mer. 01 mars 2023, 21:51
Ce n’est pour moi qu’une façon de dire les choses qui ne change rien sur le fond. Ceci dit, cela m’a aidé à vous comprendre.
Merci, et votre effort est manifeste et m’est très utile, même si je ne parviens pas à vous montrer en quoi je pense que les distinctions développées plus avant changent beaucoup la compréhension de réalités importantes.
cmoi a écrit : ↑mer. 01 mars 2023, 21:51
Vous prenez donc ce que j’ai appelé l’animal source pour une sorte de moule-jetable…
Hum ! il le façonne à travers un moule qu’il rejettera ensuite
Non ! Comment pourrions-nous qualifier de «
jetable » la réalité de la nature physique dont nous faisons partie du fait de notre nature corporelle autant que spirituelle ?
cmoi a écrit : ↑mer. 01 mars 2023, 21:51
pour être Dieu Jésus n’en est pas moins aussi pleinement homme, tandis que Adam n’est plus pleinement de la même nature que ses géniteurs, et Jésus (l’Eglise aussi) reconnaît Marie pour sa mère et même comme la mère de Dieu, tandis que dans une situation que vous voulez équivalente vous le refusez à Adam : bref, votre comparaison ne me semble pas pertinente.
Il me semble que c’est encore et toujours la même confusion entre la personne et son corps considéré séparément.
Jésus est vraiment le fils de Marie car sa personne humaine lui est transmise par Marie. La personne d’Adam vient directement de Dieu et tous les éléments de la nature avec et par lesquels Dieu l’a créé ne sont pas les géniteurs de sa personne.
cmoi a écrit : ↑mer. 01 mars 2023, 21:51
Je ne vais pas polémiquer sur le fait que vous utilisez ou rejetez le littéral selon ce qui vous convient
C’est pourtant vrai car le sens littéral d’un texte doit, en effet, être compris dans le sens qui convient à la foi catholique dans son ensemble et que c’est bien cette foi qui me «
convient » et avec laquelle je cherche toujours à rester en harmonie.
Le sens littéral du texte biblique, comme d’un dogme de l’Église, doit toujours être compris selon la foi de l’Église qui est le corps du Christ.
cmoi a écrit : ↑mer. 01 mars 2023, 21:51
mais ce « produise » est à rapporter au « pullule » du verset 20 du dessus où Dieu ensuite « crée » bien la multitude des êtres aquatiques et ailés (qui sont du même règne) d’autant qu’au verset 25 (qui suit votre « produise ») il est ainsi précisé que Dieu « fit ». La terre a donc « produit » parce que contrairement à quand c’était dans l’eau ou les airs, Dieu l’a utilisé comme « matière première »
Quoi qu’il en soit, au verset 25 c’est la terre qui produit et Dieu crée en faisant produire par ce qui existe déjà et non seulement en utilisant Lui-même ce qui existe déjà comme il le fait en façonnant la poussière pour l’humain.
Pour les détails, je vous renvoie à ce que j’ai détaillé à ce sujet dans mon message du 16 décembre.
cmoi a écrit : ↑mer. 01 mars 2023, 21:51
On en revient de toute façon à ce que vous considérez comme étant la thèse scientifiquement prouvée, mais qui à mes yeux est encore insuffisamment prouvée.
Le sens du texte n’est pas si univoque que vous le présentez car sans quoi il n’y aurait pas eu besoin de Darwin pour que la thèse de l’évolution voie le jour, il aurait suffi de la Genèse !
Il m’est impossible de présenter un sens différent de celui que je perçois, mais c’est vrai pour chacun de nous et cela n’empêche pas de devoir rester ouverts aux sens autres que les autres peuvent percevoir. Qui pourrait prétendre enfermer Dieu dans une compréhension univoque ?
Mais, c’est vrai que Darwin n’a pas inventé l’évolution progressive de la création que l’on trouve déjà dans la Genèse et dans les écrits de Saint Augustin.
cmoi a écrit : ↑mer. 01 mars 2023, 21:51
Prenons maintenant la création d’Eve. Qui cherche à concilier les récits littéraux n’y arrivera pas. Pas même en leur donnant un sens allégorique car il n’y aura plus rien de réel.
Je suis d’un avis contraire.
cmoi a écrit : ↑mer. 01 mars 2023, 21:51
Ce n’est qu’en en dégageant le sens mystique qu’ils peuvent s’accorder, et seulement ensuite on peut redescendre au réel, au littéral. Ce qu’ils nous disent de commun c’est l’intervention de Dieu et sa puissance. C’est le lien entre l’homme et la femme. C’est la représentation que donne leur réalité et celle de ce lien. Il reste un mystère, cependant.
Je suis bien d’accord, mais cela me semble expliquer l’avis contraire qui précède.
Il ne faut jamais abandonner le sens littéral, ni accepter une contradiction comme définitive, mais il faut sans cesse retravailler nos interprétations.
cmoi a écrit : ↑mer. 01 mars 2023, 21:51
il y a bien 2 récits de la Genèse qui ont été regroupés ensuite. Le premier est en (1 : 26-27) et ne parle pas de côte d’Adam ni que la femelle serait issue du mâle.
Oui, c’est exact.
cmoi a écrit : ↑mer. 01 mars 2023, 21:51
C’est vous qui avez décidé qu’ils disaient la même chose et (ce que ne disent pas les exégètes) ne faisaient qu’un seul récit.
Je n’ai jamais écrit, ni pensé, qu’ils «
disaient la même chose », mais ils forment (même si historiquement c’est par un regroupement) un seul récit harmonieux en ce sens que le second prolonge le premier et l’éclaire.
cmoi a écrit : ↑mer. 01 mars 2023, 21:51Xavi a écrit : ↑mer. 01 mars 2023, 14:23une création physique instantanée à l’âge adulte sans enfance … me semble nier le fait que toute la nature a été créée pour l’humain et fait du monde physique une réalité étrangère à l’humain.
C’est bien à ce cas- là que je pensais et je ne vois pas en quoi cela « séparerait »
Toute la nature physique forme une mère indivisible comme le montre bien l’encyclique
Laudato si’ du Pape François. Du Big Bang qui forme les galaxies en passant par la formation des atomes et des molécules et des règles du vivant, tout se tient et est créé par Dieu dans une cohérence qui est celle que le Christ lui-même crée dès le premier jour de la création.
Pour les détails, vous pouvez vous référer au sujet concernant cette encyclique :
https://www.cite-catholique.org/viewtop ... 92&t=47386
Si Dieu avait voulu créer instantanément un corps adulte, il aurait certes pu le faire avec la poussière du sol, mais il aurait écarté ainsi tout le logos du monde, toutes les modalités de fonctionnement de l’univers qu’il a lui-même créées et voulues.
cmoi a écrit : ↑mer. 01 mars 2023, 21:51ainsi l’homme prendrait possession de ce qui lui est destiné
Certes, mais ce serait comme un corps étranger à lui-même. Ce n’est pas le cas.
cmoi a écrit : ↑mer. 01 mars 2023, 21:51
J’avais bien commencé à écrire sur cela une alternative à votre thèse, mais en lisant votre dernier post je me dis que vous pourriez en être d’accord et ne pas y voir de contradiction ni donc d’alternative…
Si la thèse du big bang explique ou indique comment « tout a commencé » elle ne répond pas à la question philosophique par excellence : pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? Pour aller plus loin, à savoir jusque Dieu, il n y a que les preuves de l’existence de Dieu d’Aristote ou d’autres, et elles sont philosophiques.
Car le big bang qui suppose la présence des 3 éléments solide, liquide et gazeux, il n’explique pas comment ils ont pu se composer pour produire la diversité ne serait-ce que des minéraux. Et à partir de ceux-ci, des végétaux. Comment concevoir la sève et sa montée, à partir du règne minéral ?
Il est plus facile de prévoir le contraire, la destruction de tout par une explosion, où tout retourne à l’atome, mais depuis l’atome, comment parvenir à la diversité du vivant ?
J’ai situé l’impossibilité au niveau du règne animal, j’aurais sans doute pu le faire avant. Comment à partir de la montée de la sève, passer à un cœur qui bat et active la circulation sanguine ? Comment à partir de lianes élastiques en arriver au muscle ? A cette construction savante que représente un animal, et sans même encore le mettre en mouvement de façon autonome et de telle sorte qu’il assure sa survie ? SI c’était possible, nous aurions déjà dû parvenir à le « refaire », l’objection du temps nécessaire n’en étant pas une, car nous pouvons en raccourcir les étapes par la technique.
Où je veux en venir ? Que chaque étape suppose l’intervention d’un principe de vie différent qui qualifie ce règne, et ce principe ne peut être donné que de l’extérieur et par celui qui est la vie. Et ce principe n’est pas qu’un souffle de vie, il est en accord avec l’objet.
Or la vie d’une plante ou celle d’un animal ne sont pas identiques. Idem entre l’animal et l’homme. Le principe de vie n’est pas le même. Le corps de l’homme a beau ressembler à celui de l’animal, il est plus uni à son âme et à son esprit qu’à la vie animale. (Ceci peut s’illustrer psychologiquement : ainsi un homme qui ignore Dieu complétement peut-il bien se porter physiquement, alors qu’un croyant aura une santé déficiente tant qu’il n’aura pas compris que l’esprit doit dominer la chair. Car sa santé déficiente venait d’un conflit intérieur, donc d’un manque de foi.) De même, à partir d’un homme, Dieu ne peut pas faire un ange, il ne faudrait pas seulement « soustraire le corps ». Non plus faire un homme à partir d’un ange : il ne suffirait pas d’y ajouter un corps « animal ». Cela parce que Dieu l’a manifestement voulu comme cela.
Chaque saut qualitatif suppose une intervention divine qui déborde ou dépasse le concept d’immanence, et c’est bien ce que nous raconte la Genèse. L’immanence assure la vie de ce qui est, elle ne permet pas le saut qualitatif.
Il y a quelques exemples de tentatives du contraire : la plante dévoreuse ou carnivore qui attrape et engloutit sa proie, la chenille qui devient papillon, l’azote qui peut être liquide ou gazeux, l’eau se décomposer en hydrogène et oxygène, etc., mais ce ne sont que des tentatives qui ne franchissent pas la frontière, qui jouent sur certaines métamorphoses possibles.
Comme Jésus nous l’a dit, celui qui tue notre corps ne nous tue pas, et il en a donné la plus belle preuve par sa résurrection. En revanche, celui qui tue le corps d’un animal le tue : son principe de vie n’est pas le même.
Celui qui réduit un objet en charpie, en atomes, ne le tue même pas car son principe de vie matérielle n’a pas été atteint – même s’il le rend invisible comme par une explosion.
En revanche, une plante peut mourir. Même si elle sert d’engrais, car son principe de vie le permet et en a été atteint.
Excellent ! Je me sens en parfait accord avec cette magnifique réflexion. J’y vois toutes les clés qui devraient vous permettre de comprendre ce que j’essaie d’exprimer dans nos échanges.
Comme vous l’avez-vous-même perçu, je n’y vois ni alternative, ni contradiction.
C’est même trop important dans les échanges ici pour être caché en texte masqué. Je ne peux que dire Bravo et Merci pour ce texte !