Quand la calotte est apparue dans l'Eglise et quel sens ?

« Tous me connaîtront, des plus petits jusqu'aux plus grands. » (Jr 31.34)
Règles du forum
Initiation à la religion chrétienne, sous forme de questions & réponses, pour les chrétiens et les non-chrétiens. Cet espace n'est pas un lieu de débat mais d'exposé de la religion chrétienne ; les messages de ce forum sont modérés a priori et les réponses hétérodoxes ne seront pas publiées.
Avatar de l’utilisateur
QuasimodoDeNotreDame
Ædilis
Ædilis
Messages : 17
Inscription : dim. 14 mai 2023, 22:53
Conviction : catholique

Quand la calotte est apparue dans l'Eglise et quel sens ?

Message non lu par QuasimodoDeNotreDame »

Bonsoir,

Je voudrais savoir quand est apparue dans l'Eglise la calotte que porte le clergé et également je voudrais savoir son sens liturgique.

Merci d'avance
Avatar de l’utilisateur
Libremax
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 1513
Inscription : mer. 01 avr. 2009, 16:54
Conviction : chrétien catholique

Re: Quand la calotte est apparue dans l'Eglise et quel sens ?

Message non lu par Libremax »

Bonjour,
ce serait apparemment un vêtement apparu dans l'Eglise entre le XIIIe et le XIVe siècle, porté par tous les ecclésistiques,
et dont le seul usage était la protection du crâne contre le froid après la tonsure.

Après Vatican II, le port de la calotte est réservé aux seuls évêques, cardinaux et papes.

Elle ne doit pas être confondue avec la kippa juive, qui est un signe d'humilité devant Dieu.
La calotte est devenue de fait, un signe distinctif de dignité ecclésiastique.

https://africa.la-croix.com/question-du ... e-calotte/
Avatar de l’utilisateur
Jean-Mic
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 4176
Inscription : mar. 07 févr. 2012, 20:17
Localisation : Nevers

Re: Quand la calotte est apparue dans l'Eglise et quel sens ?

Message non lu par Jean-Mic »

La calotte n'a aucun sens liturgique particulier, la preuve c'est ... que les évêques (les seuls à la porter encore) l'enlèvent pour tous les moments importants de la célébration eucharistique.
On dit qu'elle est apparue au cours du Moyen-Âge. Oui, mais le Moyen-Âge, c'est long (environ un millénaire), ce qui ne nous éclaire pas beaucoup. Il semble qu'elle soit apparue après l'an Mil, sans pouvoir être plus précis, en complément de la tonsure qui, elle, est attestée dès le 6ème s. chez les moines, et dès le 7ème chez les autres clercs. L'usage de la calotte a d'abord été utilitaire : protéger le haut du crâne des courants d'air par lesquels on attrape la sinusite ! Puis progressivement cet accessoire vestimentaire, tout à fait secondaire et facultatif, va devenir un des signes distinctifs, au même titre que la tonsure une marque du statut de clerc.
Il en est de la calotte comme de bien d'autres accessoires vestimentaires : le camail, la mosette, ou la barrette, etc. Ils n'ont pas d'autre sens que d'être des signes distinctifs des clercs, et souvent par leur couleur ou leurs ornements comme repères dans la hiérarchie ecclésiastique. Ils n'ont aucun sens liturgique propre.

Ah, je vois que Libremax a dégainé plus vite que moi ! :D
Heureux ceux qui savent rire d'eux-mêmes. Ils n'ont pas fini de s'amuser !
Avatar de l’utilisateur
QuasimodoDeNotreDame
Ædilis
Ædilis
Messages : 17
Inscription : dim. 14 mai 2023, 22:53
Conviction : catholique

Re: Quand la calotte est apparue dans l'Eglise et quel sens ?

Message non lu par QuasimodoDeNotreDame »

Merci pour vos réponses.
J'en profite aussi pour demander l'origine de la tonsure : pourquoi se raser le haut du crâne ?
Avatar de l’utilisateur
Jean-Mic
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 4176
Inscription : mar. 07 févr. 2012, 20:17
Localisation : Nevers

Re: Quand la calotte est apparue dans l'Eglise et quel sens ?

Message non lu par Jean-Mic »

Un enfant ou un plaisantin vous dirait que c'est la trace de l'Esprit Saint :paix! lorsqu'il est descendu sur un moine ou un clerc :sign: , lors de ses vœux ou lors de son entrée en cléricature (par le sous-diaconat autrefois, par le diaconat aujourd'hui). :mdr:


Soyons plus sérieux. :saint:
La tonsure est inconnue des premiers Chrétiens. Elle semble apparaître en Orient dans le courant du 4ème s. puisque saint Jérôme l'approuve à condition que ce ne soit pas une tonsure totale, marque des esclaves. Comme je l'ai écrit plus haut, elle ne se généralise qu'au 6ème s. pour les moines et lentement au 7ème s. pour les autres clercs. Elle devient alors un signe distinctif majeur pour les membres du clergé (monastique autant que séculier), mais ne remplace évidemment en aucun cas la prononciation des vœux ou l'ordination.

En matière de distinction sociale, notez qu'à l'époque les rois et les puissants gardent et entretiennent une longue tignasse, et que raser le crâne d'un fils de roi équivaut à lui retirer toute légitimité à régner. C'est ce qui est arrivé à plusieurs héritiers royaux de la lignée mérovingienne (dont je ne me rappelle plus les noms pour l'instant).

La forme de la tonsure a pu varier selon les régions du monde et les époques.
- tonsure orientale ou de saint Paul, la plus ancienne, qui malgré l'avertissement de saint Jérôme consistait à un rasage complet du crâne,
- tonsure romaine ou de saint Pierre, celle que nous connaissons, formant couronne,
- tonsure celtique ou de saint Jean, qui consistait à raser le front et le devant du crâne jusqu'aux oreilles,

Précisons immédiatement que l'attribution à telle ou telle forme de tonsure à l'un des saints Apôtres n'a absolument rien de biblique ou d'historique. N'empêche que chaque tradition avait ses défenseurs irréductibles. Pour exemple, le débat sur les tonsures dite de saint Jean ou dite de saint Pierre a longtemps cristallisé les débats ecclésiaux qui ont illustré la romanisation (promue par saint Augustin de Cantorbery au 6ème s.) du christianisme celtique (celui de saint Patrick, venu du 4ème s., que saint Colomban a importé en Gaule au début du 7ème s.).
Dernière modification par Jean-Mic le mer. 17 mai 2023, 12:04, modifié 1 fois.
Heureux ceux qui savent rire d'eux-mêmes. Ils n'ont pas fini de s'amuser !
Avatar de l’utilisateur
Jean-Mic
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 4176
Inscription : mar. 07 févr. 2012, 20:17
Localisation : Nevers

Re: Quand la calotte est apparue dans l'Eglise et quel sens ?

Message non lu par Jean-Mic »

La tonsure n'a jamais été pratiquée chez les moniales, femmes prononçant des vœux religieux, quoique ...
... quoique, selon une très longue tradition, les cheveux courts ou très courts soient habituels, ... tout simplement parce que c'est plus commode sous le voile, et que la prise de voile et la prise d'habit soient les signes de la consécration monastique. J'écris "l'habitude" et non la règle car, à ma connaissance, cela n'est écrit dans aucune Règle monastique. Il s'agit d'une pratique de bon sens, tout comme la calotte était une protection utile contre la sinusite (cf. plus haut).
De fait, lorsque Claire d'Assise s'enfuit de la maison familiale et se réfugie chez François, c'est en lui coupant les cheveux (de longs et beaux cheveux blonds, paraît-il) qu'il signifie le renoncement qu'elle vient de faire, celui de son statut de fille de notable autant que celui de la séduction attachée à sa féminité, fondant ainsi l'Ordre des Pauvres Dames (= les Clarisses).


En résumé, on peut donc dire que le mouvement est inverse chez les hommes et chez les femmes :
chez les hommes, les moines et les clercs en général,
- l'accessoire vestimentaire est une conséquence de la coupe de cheveux : porter la calotte pour protéger le crâne rasé,
chez les femmes, les moniales,
- la coupe de cheveux est une conséquence de l'accessoire vestimentaire : couper court les cheveux pour mieux ajuster le voile.
Heureux ceux qui savent rire d'eux-mêmes. Ils n'ont pas fini de s'amuser !
Avatar de l’utilisateur
Jean-Mic
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 4176
Inscription : mar. 07 févr. 2012, 20:17
Localisation : Nevers

Re: Quand la calotte est apparue dans l'Eglise et quel sens ?

Message non lu par Jean-Mic »

Vus dans la sacristie d'une cathédrale, ces ciseaux à tonsure.

Ce qu'on ne voit pas bien sur la photo, c'est les lames ne sont pas droites mais que leur extrémité est légèrement recourbée vers le haut,
... afin évidemment de ne pas blesser le postulant, lors de l'imposition de la tonsure.
Pièces jointes
ciseaux.jpg
ciseaux.jpg (27.54 Kio) Consulté 1276 fois
Heureux ceux qui savent rire d'eux-mêmes. Ils n'ont pas fini de s'amuser !
Répondre

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 6 invités