Gaudens a écrit : ↑sam. 18 janv. 2025, 21:51
Eh bien ,justement, c'est ainsi que se comporte le Vatican actuellement avec ces visites"fraternelles" qui passent au dessus de la tête de l'archevêque métropolitain
Il me semble que vous oubliez que cette démission n'est pas au dessus de la tête de l'archevêque métropolitain. C'est justement suite à une "visite fraternelle" de Mgr Aveline, son archevêque, que Mgr Rey a été mis en incapacité de gouverner par la nomination d'un coadjuteur ayant tous les pouvoirs. Vous voyez, on a sauvé les apparences de "concertation", synodalité", "colégialité", "fraternité" et d'autres mots ronflants, mais tellement creux sur le terrain.
L'Eglise n'est justement pas une multinationale et son chef n 'est pas son son CEO. Je m'étonne qu'un tradi comme vous s'aligne sur une telle pratique parfaitement moderniste et, à mes yeux,inacceptable.
La pratique n'est pas du tout moderniste, car depuis toujours le pape a eu le pouvoir de déposer des évêques et peu de papes s'en sont privés. Il est vrai que le pape régnant s'en serve plus souvent que ses prédécesseurs de ce pouvoir. La liste devient longue (Burke, Strickland, Barbarin, Pell et j'en passe). Mais la liste des évêques déposés par des papes au fil des siècles n'en est pas moins.
Par ailleurs, si vous partez du principe qu'il n'est pas normal qu'un pape demande/impose la démission d'un évêque, alors vous devez être d'accord, pour des raisons de logique interne, qu'il n'est pas normal qu'il nomme des évêques non plus, car aucun chef ne peut nommer sur un poste quelqu'un qu'il na pas le pouvoir de faire virer. Mais alors, alors je vous pose la question : pourquoi pensez vous que la FSSPX soit en schisme, car la raison de tout le scandale de cette fraternité a été justement les ordinations sans mandat papal ?
Pratique inacceptable, oui, je vous l'accorde volontiers. Mais pratique inacceptable parce que, dans le cas de figure (tout comme dans les autres cités), il n'y a pas de faute grave, du moins à ma connaissance. Inacceptable, car le pape a abandonné la voie médiane, la voie de l'unité, la voie royale si vous voulez, pour prendre la voie de gauche. Cette voie par laquelle encore un pilier de l'Église, de la tradition, de la foi, des vocations sacerdotales, de la lutte pour la vie, en est éliminé.
Néanmoins, cette pratique n'est pas inacceptable en elle-même. On ne peut pas faire autrement dans aucune société pour des raisons que je ne vais pas reprendre. Moderniste non plus, car, selon la tradition catholique une des marques invisibles de l'Église est son caractère hiérarchique. Tout au contraire, penser qu'un évêque peut faire n'importe quoi sans pouvoir être déposé par personne, penser qu'une société, et à plus forte raison une société parfaite comme l'Église, pourrait exister sans une tête visible, ou bien qu'il y a plusieurs têtes visibles comme l'archevêque, la CEF, le conseil presbitéral ou je ne sais pas qui, n'est pas du tout en esprit de la tradition.
En résumé et pour faire court, je vous invite à méditer à ce principe de droit, on ne peut pas plus romain :
Abusus non tollit usum.