Mme Alsberge a été nommée, par l’archevêque du diocèse de Malines-Bruxelles et pour une durée de cinq ans, « déléguée épiscopale pour le Vicariat du Brabant Wallon ».
À ce titre, elle communique aux prêtres responsables d’un doyenné, d’une unité pastorale ou d’une paroisse dans le Brabant Wallon un courrier du 6 novembre 2024 avec des « indications », d’une part, « pour la prière eucharistique » et, d’autre part, « pour les célébrations en présence de la déléguée épiscopale » (cf. pdf ci-dessous).
Elle précise aussi, en tête de ses « Indications pour la prière eucharistique » son but « d’élargir la prière de l’Église à la nouvelle mission confiée à la déléguée épiscopale » avec une « ouverture à tous ceux et celles qui sont en responsabilités » par référence à la prière eucharistique qui mentionne « Tous ceux qui ont la charge de ton peuple ».
Il y a certes dans l’Église de multiples responsabilités assumées tant par des laïcs que par des ministres ordonnés, mais « Les évêques sont, chacun pour sa part, principe et fondement de l’unité dans leurs Églises particulières " (LG 23). Comme tels ils " exercent leur autorité pastorale sur la portion du Peuple de Dieu qui leur a été confiée " (LG 23), assistés des prêtres et des diacres. » (CEC 886)
« Ceux qui reçoivent le sacrement de l’Ordre sont consacrés pour être, au nom du Christ, " par la parole et la grâce de Dieu les pasteurs de l’Église " (LG 11). » (CEC 1535)
Rien ne semble permettre de considérer qu’une part quelconque de cette autorité de pasteur conférée à un évêque par le sacrement de son ordination comme prêtre puis comme évêque puisse être déléguée à un laïc.
Ce qui est spécifiquement conféré par un sacrement ne se confère pas à un tiers sans ce sacrement.
En aucun cas, cette charge pastorale du peuple de Dieu qui incombe aux successeurs ordonnés du collège des apôtres assistés de leurs prêtres et diacres ordonnés, ne peut être déléguée à un ou une laïc non ordonné.
Dans ces conditions, la fonction de déléguée épiscopale ne peut s’étendre à la charge du peuple de Dieu confiée aux évêques par leur ordination.
Une fonction de déléguée épiscopale confiée à un laïc ne peut avoir pour objet que l’exercice de compétences non liées au sacrement de l’ordre, telles des compétences administratives, d’animation pastorale ou de catéchèse.
À cet égard, les prières eucharistiques autant que les célébrations eucharistiques, confiées exclusivement à des ministres ordonnés, échappent à la compétence d’une déléguée laïque.
Elle n’a pas la compétence requise pour pouvoir donner des « indications » à cet égard.
Ce mot même d’ « indications » est ambigu car beaucoup de prêtres le reçoivent comme une « obligation ».
L’ambiguïté se retrouve aussi dans la précision qu’elle indique selon laquelle elle déclare agir à cet égard « en concertation avec notre archevêque », ce qui n’indique pas une décision de l’archevêque lui-même auquel les prêtres diocésain doivent obéissance, mais seulement un dialogue préalable, voire une tolérance ou une absence d’opposition.
En l’absence de compétence apostolique conférée par le sacrement de l’Ordre et de toute décision de l’archevêque lui-même, les indications décidées par une déléguée laïque ne semblent pas nécessairement des obligations pour les prêtres en cause dans l’exercice de leur ministère ordonné.
À cet égard, le titre de « déléguée diocésaine » serait moins ambigu et plus exact que celui de « déléguée épiscopale » qui suggère plutôt un objet particulier bien défini et distinct de l’autorité apostolique conférée par le sacrement de l’Ordre.
Ce titre est aujourd’hui invoqué pour introduire une immixtion d’une laïque non ordonnée dans les prières et célébrations eucharistiques.
Il convient de se rappeler, à cet égard, que « Dans la célébration des sacrements, les livres liturgiques approuvés par l'autorité compétente seront fidèlement suivis; c'est pourquoi personne n'y ajoutera, n'en supprimera ou n'y changera quoi que ce soit de son propre chef. » (Code de droit canonique, Can. 846 § 1)
Selon la Constitution Sacrosanctum Concilium du Concile Vatican II, « Le droit de régler l’organisation de la liturgie dépend uniquement de l’autorité de l’Église ; il appartient au Siège apostolique et, selon les règles du droit, à l’évêque.
En vertu du pouvoir donné par le droit, l’organisation de la liturgie, appartient aussi, dans les limites fixées, aux diverses assemblées d’évêques légitimement constituées, compétentes sur un territoire donné.
C’est pourquoi absolument personne d’autre, même prêtre, ne peut, de son propre chef, ajouter, enlever ou changer quoi que ce soit dans la liturgie. » (n° 22)
Dans les conditions qui précèdent, il serait utile, le cas échéant, que l’archevêque de Malines-Bruxelles précise que les « indications » données par sa déléguée pour le Brabant Wallon ne constituent pas une obligation pour les prêtres et ce, d’autant moins que les paroles eucharistiques ne sont pas de la seule compétence locale d’un évêque mais se décident à un niveau universel.
En ce qui concerne les dispositions particulières desdites indications, il convient de rappeler qu’il n’a jamais été d’usage de citer dans les prières eucharistiques, les vicaires épiscopaux (ni les doyens principaux ou les doyens responsables d’une unité pastorale, ni le curé dans une messe célébrée par un vicaire) qui ont des charges pastorales particulières, alors même qu’ils sont des ministres ordonnés. L’initiative de citer dans les prières eucharistiques locales une déléguée laïque constitue un changement dont l’ambiguïté est renforcée, outre le terme « épiscopale », par sa mention directement après celle de l’évêque de Rome et de l’évêque local auquel le prêtre célébrant se rattache.
Il y a une ambiguïté et une confusion à citer nommément et sans distinction une laïque non ordonnée dans la référence des prières eucharistiques à la succession apostolique comme si une laïque non ordonnée en assumait la charge sans le sacrement de l’ordre épiscopal.
Rien ne permet de comprendre sa mention ajoutée, parmi les évêques, dans la prière eucharistique I « en union avec ton serviteur, notre Pape N, notre évêque N, notre déléguée épiscopale N, et tous ceux qui gardent fidèlement la foi catholique reçue des apôtres » ou dans la prière eucharistique II avec la formule « en union avec le Pape N. et notre évêque N, avec l’ensemble des évêques et notre déléguée épiscopale N », ce qui assimile sans restriction une laïque dans la référence à la communion apostolique confiée aux évêques. (cf. aussi la formule de la prière eucharistique I pour la réconciliation).
Il est tout aussi surprenant de la citer sans restriction dans une référence à l’ensemble des ministres ordonnés dans une formule de communion « avec notre Pape N. et notre évêque N, avec l’ensemble des évêques, les prêtres, les diacres, la déléguée épiscopale, et ton peuple… » (Prière eucharistique 2, 3 et 4).
Pour les autres formules où elle peut sembler associée uniquement en sa qualité de membre du peuple des baptisés, il reste une difficulté à comprendre sa mention particulière qui lui confère une importance supérieure à celle de ministres ordonnés de la hiérarchie du célébrant comme son curé, son doyen, son doyen principal, son vicaire épiscopal.
Le catéchisme précise les rôles respectifs des ministres ordonnés et des laïcs (CEC, 871 à 913).
On ne peut que souhaiter que le rôle exact confié à ladite déléguée soit éclairci par rapport au ministère conféré exclusivement par le sacrement de l’ordre épiscopal ou presbytéral.
À cet égard, il est surprenant et source de confusion quant à la qualité spécifique du prêtre célébrant résultant de son ordination que, « pour les eucharisties », il soit indiqué que « La déléguée épiscopale entre en procession à côté de celui qui préside la célébration ». Cette position « à côté » semble suggérer une mise au même niveau que le célébrant qui rend présent le Christ, car « le Christ est toujours là auprès de son Église, surtout dans les actions liturgiques. Il est là présent dans le sacrifice de la messe, et dans la personne du ministre » (Vatican II, Constitution Sacrosanctum Concilium, n° 7)
La même confusion se retrouve dans l’indication selon laquelle « pour les eucharisties en présence de la déléguée épiscopale », « Après la proclamation de l’Évangile, le prêtre demande à la déléguée épiscopale de faire résonner la parole de Dieu ».
À cet égard, cette compétence nouvelle de « faire résonner la parole de Dieu » paraît contredire par un usage d’autres mots l’obligation universelle qui réserve l’homélie dans une célébration eucharistique aux ministres ordonnés.
Selon le directoire sur l’homélie du 15 juin 2014 de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, « C'est parce que l'homélie fait partie intégrante du culte de l'Église qu'elle ne doit être assurée que par des évêques, des prêtres ou des diacres. Le lien entre la table de la Parole et la table de l'autel est si intime qu'il soit approprié que « l’homélie soit donnée par le célébrant lui-même" (Instruction générale du Missel romain 66), ou, en tout cas, toujours par un ordonné à présider ou à aider à l'autel. Des dirigeants non qualifiés peuvent également donner une instruction solide et des exhortations émouvantes, et des possibilités de telles présentations devraient être offertes dans d'autres contextes; mais c'est la nature intrinsèquement liturgique de l'homélie qui exige qu'elle ne soit donnée que par ceux qui sont prescrits pour diriger le culte de l'Église » (n° 5).
En fait, c’est de manière générale qu’il faut constater que rien ne permet de comprendre comment dans une célébration liturgique, un célébrant ordonné devrait être tenu de conférer à une déléguée laïque « des moments de prise de parole », soit « après la salutation liturgique », soit « après la proclamation de l’évangile », soit « en fin de célébration », à titre de « mot d’envoi ».
L’ensemble du courrier fait penser que la délégation épiscopale confiée à Mme Alsberge lui aurait conférée une compétence épiscopale, sans que le sacrement de l’Ordre soit nécessaire, ce qui touche au plus profond du mystère de la foi et semble rejoindre la confusion des genres très répandue à notre époque.
Cette confusion touche ici le sacrement qui institue l’évêque et tout prêtre qui est réservé exclusivement à des hommes (masculins).
Il ne s’agit, en rien, d’une discrimination fondée sur la qualité des personnes ou une quelconque distinction anthropologique, ni d’une quelconque exception à l’égale dignité des hommes et des femmes, à l’égalité de leurs droits et libertés.
Il s’agit uniquement du fait que le prêtre rend présent et nous partage le Christ, le Fils par qui nous voyons le Père, le Créateur source de notre vie.
À cet égard, il ne s’agit pas de représenter Jésus selon ses caractéristiques humaines et ce n’est pas parce que Jésus est un homme masculin qu’il ne pourrait être représenté que par un homme masculin. Sinon, il faudrait dire pareil pour sa race, sa taille, sa nationalité, voire pour chacun de ses traits singuliers et, en cherchant une similitude extrême, il ne pourrait plus être représenté par personne.
Ce qui est en cause, et particulièrement dans la célébration de l’Eucharistie, c’est de représenter le Christ, le Fils de Dieu incarné, Dieu lui-même qui donne sa propre vie en partage.
Et, à cet égard, la différence sexuelle est au cœur de l’image de Dieu que nous révèlent l’homme et la femme créés à l’image de Dieu.
Ce qui est en cause, c’est la transmission de la vie.
Dans l’humanité, la transmission sexuelle humaine de la vie reflète la transmission de la vie par Dieu Lui-même.
Cette transmission sexuelle se fait par l’homme et la femme ensemble, mais par des rôles différents dans le chef du père et de la mère.
C’est ensemble qu’ils reflètent l’image de Dieu, mais avec une différence.
Dieu a créé en dehors de Lui-même un être autonome, libre pour pouvoir aimer et partager la communion divine d’amour.
À cet égard, dans la parenté humaine qui en donne un reflet et des mots pour parler du Créateur, l’image de la mère, de la femme et de la réalité physique féminine est toute autre que l’image du père, de l’homme et de la réalité physique masculine.
Pour la transmission sexuelle de la vie, c’est la mère qui « accueille » l’autre en elle dans l’acte sexuel. C’est aussi un ovule de la femme qui accueille un spermatozoïde d’un homme. C’est encore la mère qui « accueille » le nouvel humain créé en elle pendant neuf mois pour le rendre capable de vivre de manière autonome en ce monde après sa naissance.
C’est une réalité radicalement différenciée par rapport à celle du père qui, au contraire, « pénètre » l’autre, vient chez l’autre, puis s’en retire en laissant une autonomie libre à l’être créé.
À cet égard, l’image de la mère est nettement différenciée par rapport à celle du père qui, au contraire, soigne et soutient cette vie nouvelle de l’extérieur.
Durant neuf mois, la mère porte l’enfant en elle-même dans une situation de totale dépendance. Cette réalité maternelle est une étape temporaire et transitoire qui est nécessaire pour la transmission de la vie humaine et qui mérite infiniment d’être louée, mais cette image de la mère qui est pénétrée de l’extérieur par le père, dont un ovule est pénétré par un spermatozoïde du père lors de la conception d’un nouveau vivant puis qui porte l’enfant en elle dans une situation de totale dépendance n’est pas adéquate pour montrer ce qu’est l’action créatrice et la transmission de la vie par Dieu, jusque et y compris dans le mystère eucharistique. La maternité humaine d'un enfant dans un état de dépendance totale n’est pas, de ce fait, une image adéquate de l’action créatrice de Dieu, ni du don de sa vie qui nous crée et nous maintient autonomes, libres pour pouvoir aimer.
À cet égard, la maternité est une image adéquate de l’Église qui incorpore en elle tout nouveau baptisé, voire de la Trinité dans laquelle chacune des trois personnes divines forme en elle et avec chacune des deux autres une seule communion éternelle d’amour.
La maternité est aussi une image de notre surgissement dans la nature physique qui est toute entière une mère pour chaque créature en son sein.
Mais, la création qui nous fait exister par la volonté et l’action de Dieu nous est révélée toute autre.
À cet égard, Dieu se révèle, en réalité, comme « père », créateur d’un être extérieur à Lui-même, d’un être libre, capable de choisir librement d’aimer.
Comme un père humain, Dieu sème une tout petite graine spirituelle dans la création puis la laisse grandir librement de manière autonome en dehors de lui, et, en cela, dans l’image de la parenté humaine, c’est en tant que père, et non en tant que mère, qu’il se révèle. Il serait erroné d’aller y chercher une image de maître, de dictateur ou de dominant que les pères humains peuvent souvent davantage manifester.
Les différences sont ici objectives. La maternité et la paternité portent des significations autres dans la révélation de Dieu parmi les hommes et, dès lors, dans l’Église.
Les différences sexuelles ne peuvent justifier des restrictions à la liberté humaine d’assumer un rôle ou une fonction du fait du sexe, mais parce que chacun n’est pas l’autre, il est essentiel de reconnaître que la réalité sexuelle d’un homme peut symboliser d’autres réalités que la réalité sexuelle d’une femme et réciproquement.
Il ne s’agit pas de chercher à définir l’homme ou la femme de manière à restreindre l’un ou l’autre dans sa liberté, dans ses actions, fonctions ou rôles prédéterminés.
La réalité biologique sexuelle n’implique aucune restriction théorique, ni aucune prédétermination dans tous les choix possibles de chaque personne. Tout ce qui est possible concrètement peut être librement choisi par chaque personne des deux sexes.
Aucun fonction d’autorité n’est, par nature, inaccessible du seul fait du sexe d’une personne.
Ce n’est pas à cause d’une différentiation de compétence ou de capacité que les pouvoirs dans l’Église ne sont exercés que par des hommes, mais exclusivement du fait que ces pouvoirs procèdent du sacrement de l’Ordre qui lui-même n’est conféré aux hommes que pour des motifs étrangers à une quelconque différentiation de capacité selon les sexes.
Le prêtre représente le Christ. Par leur ministère ordonné par le sacrement de l’Ordre, chaque prêtre rend visible le Christ, Dieu fait homme.
Et au cœur de la révélation, l’homme est invité à comprendre que Dieu crée et agit comme un père humain, par une pénétration et une fécondation dans la nature physique que Dieu a lui-même créée et où Dieu crée chaque être humain nouveau autonome et libre par rapport à son Créateur pour qu’il puisse choisir librement de l’aimer et de partager sa communion d’amour.
Penser cette création comme une maternité, ne révèle pas la création par Dieu d’un être libre et autonome. Bien au contraire, l’enfant d’une mère humaine n’a aucune autonomie par rapport au sein maternel avant sa naissance, neuf mois après sa conception.
Certes, après la naissance, père et mère se partagent librement les soins et plus rien ne doit nécessairement les distinguer dans leur affection, leurs liens et leurs actions à l’égard de l’enfant.
Mais, pour la création par Dieu, la révélation de Dieu comme source de la vie et la transmission de la vie divine, c’est aux rôles respectifs différents du père et de la mère qu'il convient de se référer. Quand vous priez, dites « Notre Père ».
Que ce soit au premier jour de la création ou lors du partage de sa vie dans l’Eucharistie, c’est l’image du père et non celle de la mère qui nous révèle Dieu, créateur et source de toute vie.
Aussi, c’est par un homme que le Christ se rend présent, partage sa vie, et nous montre le Père dans l’Eucharistie, mais c’est par une femme qu’il vient en ce monde et c’est comme une femme qu’il nous incorpore dans son corps qu’est l’Église.
Et chacun, homme ou femme, est invité à être membre de ce corps, à partager et à transmettre Sa vie.
Mais, respectons l’image riche et multiple de la différence des sexes voulue par le Créateur, plongée à notre époque dans tant de confusions.
Un courrier interpellant d’une déléguée épiscopale
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Un courrier interpellant d’une déléguée épiscopale
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Re: Un courrier interpellant d’une déléguée épiscopale
Bonjour, Xavi !
Avez-vous noté la devise de cet archevêque ? « Fratelli tutti ». Voilà, tout un programme...
Dans l'Église catholique de rite byzantin (du moins celle de Roumanie) il est d'usage de citer le vicaire épiscopal (après avoir cité l'évêque) s'il est présent et seulement s'il est présent. Toutefois, cette citation ne se fait pas pendant la prière eucharistique proprement dite, mais avant, à "la Grande Entrée", quand le prêtre sort du sanctuaire (par la porte diaconale de gauche) avec le Calice rempli, pour entrer ensuite de nouveau dans le sanctuaire (cette fois par la porte royale qui est au milieu) et déposer le Calice sur l'autel. C'est après que la prière eucharistique commence.il convient de rappeler qu’il n’a jamais été d’usage de citer dans les prières eucharistiques, les vicaires épiscopaux
- Kerygme
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Re: Un courrier interpellant d’une déléguée épiscopale
Bonjour Xavi,
Je découvre ce fil et plusieurs choses me viennent à l'esprit.
Il me semble comprendre, avec l'entête, que cette déléguée épiscopale aurait équivalence de vicaire général, changement qui n'est pas encore acté mais qui se met en place à la suite du Synode sur la synodalité.
Certains faits me questionnent.
Concernant le fait d'être citée dans la prière de l'Eglise, on ne le fait pas pour un vicaire général, ni pour le collège des Chanoines ... mais d'après la note, l'archevêque répondrait à une demande du peuple de Dieu (directe ? Indirecte suite au Synode ?)
Dans les prières eucharistiques où sont détaillés les clercs ordonnés (pas la 1ère), elle est placée après les diacres mais devant le peuple de Dieu. Qu'elle soit citée dans une formule d'accueil ou de remerciements, je peux le comprendre mais là ...
Concernant le fait de faire "résonner" l'évangile, je suppose que cela correspond à ajouter un commentaire après l'homélie ou d'en féminiser la méditation. Le curé peut le permettre après concertation, mais elle ne peut l'imposer ce qui est sous jacent dans cette note.
Car elle ne peut se substituer à l'homélie, ne serait ce que par le fait que c'est le prêtre qui préside la messe qui est en charge de l'homélie. Charge qui peut être déléguée à un autre prêtre ou à un diacre, mais pas à un(e) laïque si un clerc est présent.
Cela peut se faire dans le cadre de funérailles, lesquelles ne sont pas un sacrement, ou d'une ADAP dans une paroisse isolée mais généralement par un laïque missionné et formé, voire institué.
Ce qui me semble le plus problématique, c'est sa place dans la procession. Elle ne peut se placer à côté du prêtre qui préside ou de l'évêque, d'autant s'il y a un diacre dans la paroisse; lequel a préséance sur toute autre personne puisque le cœur de son ministère est d'être configuré au Christ-Serviteur au côté du Christ-Pasteur. La perte de cette symbolique, qui représente l'unité du Christ, ne peut que contribuer à assimiler la procession à un défilé civil ou militaire en présence d'une autorité.
La messe dans son ensemble n'est ni un jeu de pouvoirs entre divers acteurs, ni la théâtralisation d'une "nouveauté"; mais un acte liturgique qui donne à voir le mystère du Christ et de l’Eglise. Et le fait que ce soit "une" ou "un" ne change rien à mon incompréhension.
Par contre cette décision de l'archevêque deNamur Malines-Bruxelles me laisse dubitatif, car elle n'est pas pleinement assumée : ni froide, ni bouillante, mais tiède. Si elle se voulait cohérente, elle placerait la déléguée assise dans le cœur à côté du siège de présidence conformément à la procession.
Du coup on rappelle à cette déléguée qu'elle n'est pas assez cléricale pour aller jusque là, mais suffisamment laïque pour s'asseoir au devant de l'assemblée.
Comme tout cela semble contradictoire. Si le but était de féminiser l'image de l'Eglise dans ses hautes responsabilités, je trouve que c'est le pire signal qui a été envoyé concernant cette autre demande du peuple de Dieu dans ce Synode sur la synodalité : moins de cléricalisme.
Je découvre ce fil et plusieurs choses me viennent à l'esprit.
Il me semble comprendre, avec l'entête, que cette déléguée épiscopale aurait équivalence de vicaire général, changement qui n'est pas encore acté mais qui se met en place à la suite du Synode sur la synodalité.
Certains faits me questionnent.
Concernant le fait d'être citée dans la prière de l'Eglise, on ne le fait pas pour un vicaire général, ni pour le collège des Chanoines ... mais d'après la note, l'archevêque répondrait à une demande du peuple de Dieu (directe ? Indirecte suite au Synode ?)
Dans les prières eucharistiques où sont détaillés les clercs ordonnés (pas la 1ère), elle est placée après les diacres mais devant le peuple de Dieu. Qu'elle soit citée dans une formule d'accueil ou de remerciements, je peux le comprendre mais là ...
Concernant le fait de faire "résonner" l'évangile, je suppose que cela correspond à ajouter un commentaire après l'homélie ou d'en féminiser la méditation. Le curé peut le permettre après concertation, mais elle ne peut l'imposer ce qui est sous jacent dans cette note.
Car elle ne peut se substituer à l'homélie, ne serait ce que par le fait que c'est le prêtre qui préside la messe qui est en charge de l'homélie. Charge qui peut être déléguée à un autre prêtre ou à un diacre, mais pas à un(e) laïque si un clerc est présent.
Cela peut se faire dans le cadre de funérailles, lesquelles ne sont pas un sacrement, ou d'une ADAP dans une paroisse isolée mais généralement par un laïque missionné et formé, voire institué.
Ce qui me semble le plus problématique, c'est sa place dans la procession. Elle ne peut se placer à côté du prêtre qui préside ou de l'évêque, d'autant s'il y a un diacre dans la paroisse; lequel a préséance sur toute autre personne puisque le cœur de son ministère est d'être configuré au Christ-Serviteur au côté du Christ-Pasteur. La perte de cette symbolique, qui représente l'unité du Christ, ne peut que contribuer à assimiler la procession à un défilé civil ou militaire en présence d'une autorité.
La messe dans son ensemble n'est ni un jeu de pouvoirs entre divers acteurs, ni la théâtralisation d'une "nouveauté"; mais un acte liturgique qui donne à voir le mystère du Christ et de l’Eglise. Et le fait que ce soit "une" ou "un" ne change rien à mon incompréhension.
Par contre cette décision de l'archevêque de
Du coup on rappelle à cette déléguée qu'elle n'est pas assez cléricale pour aller jusque là, mais suffisamment laïque pour s'asseoir au devant de l'assemblée.
Comme tout cela semble contradictoire. Si le but était de féminiser l'image de l'Eglise dans ses hautes responsabilités, je trouve que c'est le pire signal qui a été envoyé concernant cette autre demande du peuple de Dieu dans ce Synode sur la synodalité : moins de cléricalisme.
« Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » (Marc 6, 31)
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Gaudens
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Re: Un courrier interpellant d’une déléguée épiscopale
Mais qui représente "le peuple de Dieu" dans ce genre d'histoire? Je crains fort qu'il ne s'agisse de quelques personnes indéboulonables de l' entourage de l'évêque et/ou de représentant(e)s d'associations (ACI,Secours Catholique,etc) aux choix idéologiques assez influencés par le politiquement correct actuel (dont le féminisme,bien sûr) et surtout mûs par une conception non sacramentelle de l'Eglise ( ce qu'ils appellent sans doute une conception "synodale").En ce cas ,ce serait un début et ils ne s'en tiendront pas là
- Kerygme
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Re: Un courrier interpellant d’une déléguée épiscopale
Ou expérimental pour prendre la température.
Comme je l'ai souvent dit : l'évêque est pape en son diocèse et seul liturge. D'autres vont ils emboiter le pas par contre ?
Par équité, tous les Vicaires généraux seraient en droit de réclamer le même traitement. Et quand on sait qu'un Vicaire général peut être appelé "Monseigneur" ... est-ce la suite prévisible ou le pas à franchir n'a pas été assumé encore une fois ?
Je ne suis pas opposé à ce qu'une femme ait des responsabilités au sein de l'Église locale, mais quant à imposer manu militari cette modification liturgique ... cependant je suis à moitié surpris au regard des dernières consultations dans les diocèses de Belgique.
« Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » (Marc 6, 31)
Re: Un courrier interpellant d’une déléguée épiscopale
Merci à chacun pour les commentaires.
Il s’agit ici du vicariat du Brabant Wallon dans l’archidiocèse de Malines-Bruxelles dont Mgr Luc Terlinden est l’archevêque depuis 2023. Cela ne concerne donc pas Mgr Warin l’évêque de Namur.
Les avis sur le courrier du message initial de ce fil sont variés parmi les prêtres et les fidèles. Certains prêtres s’abstiennent de faire application de ces étranges directives liturgiques émanant d’une laïque.
Pour la célébration de l’Eucharistie, mais aussi de manière générale pour la spécificité, par rapport aux laïcs, de la charge pastorale et sacramentelle conférée par le sacrement de l’ordre, la confusion qui résulte de l’attribution à une laïque de ce qui se rattache à des ministères ordonnés devrait être éclaircie.
Il s’agit ici du vicariat du Brabant Wallon dans l’archidiocèse de Malines-Bruxelles dont Mgr Luc Terlinden est l’archevêque depuis 2023. Cela ne concerne donc pas Mgr Warin l’évêque de Namur.
Les avis sur le courrier du message initial de ce fil sont variés parmi les prêtres et les fidèles. Certains prêtres s’abstiennent de faire application de ces étranges directives liturgiques émanant d’une laïque.
Pour la célébration de l’Eucharistie, mais aussi de manière générale pour la spécificité, par rapport aux laïcs, de la charge pastorale et sacramentelle conférée par le sacrement de l’ordre, la confusion qui résulte de l’attribution à une laïque de ce qui se rattache à des ministères ordonnés devrait être éclaircie.
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Re: Un courrier interpellant d’une déléguée épiscopale
C'est le sentiment que j'avais, le presbyterium ne va pas être forcément collaboratif et cela devrait se régler discrètement en interne.
Son archevêque, Mgr Terlinden (merci Xavi), étant Prélat et Président de la Conférence des Évêques de Belgique ses orientations ne sont nullement anodines; et au regard de son parcours et de son âge la barrette cardinalice arrivera un jour.
Cela dit en tant que "déléguée générale", appelons la ainsi, elle porte l'autorité de l'évêque dans le cadre de sa mission.
Ces directives peuvent avoir l'accord de son archevêque - sans aborder la licité - sinon on glisse dans l'abus de pouvoir.
« Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » (Marc 6, 31)
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