Le Pater à haute voix dans le rite ancien ?
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Altior
- Tribunus plebis

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Le Pater à haute voix dans le rite ancien ?
Bonjour sur ce nouveau fil, Gaudens !
1) Dans votre argumentaire pour que les fidèles prononcent à haute voix le Pater lors des Messes en ce que le feu Pape Benoît XVI appellait "la forme extraordinaire du rite romain" vous citez un article ce site appartenant à la FSSP., fraternité sacerdotale catholique en situation canonique régulière. Effectivement, l'article précise : « Dans le rite romain, depuis saint Grégoire le Grand (540-604), le Pater est placé juste après le Canon ». Néanmoins, juste une ligne plus bas, il est dit : « Placé à tel endroit, le Pater apparaît ainsi comme une prière sacrificielle, servant de conclusion solennelle à la grande prière de sacrifice qu’est le Canon ». Plus loin, l'article apporte trois arguments pourquoi le prêtre récite-t-il le Pater seul mais à voix haute. Un des arguments reprend l'idée selon laquelle, placé ici, le Pater est une prière sacrificielle. Autrement dite, eucharistique.
Ce caractère eucharistique du Pater (et là peu importe si nous le considérons comme séparé du Canon ou bien comme conclusion du Canon) devient encore plus évident si nous lisons un Missel traditionnel ou bien simplement nous regardons ce que le prêtre fait lors de la Messe. Nous voyons bien que le Pater est juste avant la fraction de l'hostie, symbole et récapitulation de la mort de Notre Seigneur. Avant, et non après.
2) Vous apportez un deuxième argument qui se veut en soutient d'un changement : le fait que dans les rites orientaux le Pater est prononcé à haute voix par les fidèles. Je ne connais pas tous les rites orientaux, mais je connais bien le rite byzantin. Là, le Pater n'est pas une prière eucharistique, parce qu'il est place après les prières d'action de grâces.
Dans mon Missel, il est indiqué clairement que les fidèles prononcent à haute voix seulement le libera nos a malo. La créativité en matière liturgique n'a pas sa place dans le rite traditionnel. Pas même un évêque n'a pas le droit de changer quoi que ce soit en matière et à plus forte raison nous, les fidèles.
1) Dans votre argumentaire pour que les fidèles prononcent à haute voix le Pater lors des Messes en ce que le feu Pape Benoît XVI appellait "la forme extraordinaire du rite romain" vous citez un article ce site appartenant à la FSSP., fraternité sacerdotale catholique en situation canonique régulière. Effectivement, l'article précise : « Dans le rite romain, depuis saint Grégoire le Grand (540-604), le Pater est placé juste après le Canon ». Néanmoins, juste une ligne plus bas, il est dit : « Placé à tel endroit, le Pater apparaît ainsi comme une prière sacrificielle, servant de conclusion solennelle à la grande prière de sacrifice qu’est le Canon ». Plus loin, l'article apporte trois arguments pourquoi le prêtre récite-t-il le Pater seul mais à voix haute. Un des arguments reprend l'idée selon laquelle, placé ici, le Pater est une prière sacrificielle. Autrement dite, eucharistique.
Ce caractère eucharistique du Pater (et là peu importe si nous le considérons comme séparé du Canon ou bien comme conclusion du Canon) devient encore plus évident si nous lisons un Missel traditionnel ou bien simplement nous regardons ce que le prêtre fait lors de la Messe. Nous voyons bien que le Pater est juste avant la fraction de l'hostie, symbole et récapitulation de la mort de Notre Seigneur. Avant, et non après.
2) Vous apportez un deuxième argument qui se veut en soutient d'un changement : le fait que dans les rites orientaux le Pater est prononcé à haute voix par les fidèles. Je ne connais pas tous les rites orientaux, mais je connais bien le rite byzantin. Là, le Pater n'est pas une prière eucharistique, parce qu'il est place après les prières d'action de grâces.
Dans mon Missel, il est indiqué clairement que les fidèles prononcent à haute voix seulement le libera nos a malo. La créativité en matière liturgique n'a pas sa place dans le rite traditionnel. Pas même un évêque n'a pas le droit de changer quoi que ce soit en matière et à plus forte raison nous, les fidèles.
- Kerygme
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Re: Le Pater à haute voix dans le rite ancien ?
La modération veille à ce que ce sujet ne devienne pas : un nouveau prétexte aux accusations ou aux clivages, à exposer son idéologie de la foi ou faire une auto promotion.
Mais dans l'esprit du forum, qu'il reste un échange dans l'intelligence de la foi.
Mais dans l'esprit du forum, qu'il reste un échange dans l'intelligence de la foi.
« Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » (Marc 6, 31)
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Gaudens
- Tribunus plebis

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Re: Le Pater à haute voix dans le rite ancien ?
J'espère ne pas contredire ici les recommandations de la modération.
En relisant votre dernière contribution,Altior,deux points me frappent:
vous mettez au même plan la notion de sacrifice (qui est bien centrale dans le canon,romain ou autre) et celle d'eucharistie.Or toute la messe est eucharistique(grâce rendue à Dieu), le Pater aussi mais il est bien le point de jonction entre le Canon sacrificiel et la Communion du prêtre et des fidèles.Je ne vois pas ce que change le moment de fraction de l'hostie par le prêtre, l'hostie est alors déjà consacrée, ce qui est l'essentiel.A voir ce qu'en disent &évenutellement Pères ou Docteurs de l'Eglise....
Le Missel:il est par nature descriptif et prescriptif des rubriques.Ce qui ne veut pas dire qu'il serait intangible:le Missel de Jean XXIII en 1963 , en usage dans bien des communautés tradi, avait bien remplacé l'ancien. Rien ne s'oppose à ce qu'un nouveau Missel modifie à la marge quelques points,dont celui-ci.Le bien de l'Eglise à rechercher avant tout est celui de son unité,si gravement mise à mal de divers côtés.
En relisant votre dernière contribution,Altior,deux points me frappent:
vous mettez au même plan la notion de sacrifice (qui est bien centrale dans le canon,romain ou autre) et celle d'eucharistie.Or toute la messe est eucharistique(grâce rendue à Dieu), le Pater aussi mais il est bien le point de jonction entre le Canon sacrificiel et la Communion du prêtre et des fidèles.Je ne vois pas ce que change le moment de fraction de l'hostie par le prêtre, l'hostie est alors déjà consacrée, ce qui est l'essentiel.A voir ce qu'en disent &évenutellement Pères ou Docteurs de l'Eglise....
Le Missel:il est par nature descriptif et prescriptif des rubriques.Ce qui ne veut pas dire qu'il serait intangible:le Missel de Jean XXIII en 1963 , en usage dans bien des communautés tradi, avait bien remplacé l'ancien. Rien ne s'oppose à ce qu'un nouveau Missel modifie à la marge quelques points,dont celui-ci.Le bien de l'Eglise à rechercher avant tout est celui de son unité,si gravement mise à mal de divers côtés.
- Kerygme
- Prætor

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Re: Le Pater à haute voix dans le rite ancien ?
Et ce n'est pas le cas cher Gaudens,
Le navire Église avance et avancera, et se corrigera si nécessaire comme il l'a toujours fait.
Le missel ne fige rien et c'est saint Pie X qui le prouve le mieux, il l'a très largement modifié et serait sous l'anathème des papes précédents si le missel avait vocation à rester figé.
C'est l'Église qui définit le rite, et non l'inverse.
Mais la clé semble être là :
L'Église Vieille-Catholique assume un choix depuis 1870 et utilise le missel qu'elle veut, la théologie et les dogmes qu'elle veut; d'autres n'ont pas encore ce courage ... mais le prochain pape pourrait trancher et il faudra faire un choix. Le cardinal Sarah ne sera plus électeur en juin, et près de 70% à 80% (en fin d'année) des cardinaux électeurs ont été créés par le pape François ... ils ne sont pas obligés de suivre sa ligne mais on n'a jamais vu l'Église revenir en arrière, se corriger oui.
Omnia Tempus Revelat.
Le navire Église avance et avancera, et se corrigera si nécessaire comme il l'a toujours fait.
Le missel ne fige rien et c'est saint Pie X qui le prouve le mieux, il l'a très largement modifié et serait sous l'anathème des papes précédents si le missel avait vocation à rester figé.
C'est l'Église qui définit le rite, et non l'inverse.
Mais la clé semble être là :
Un évêque seul, pas forcément selon le degré du changement, mais dans son unité avec les autres évêques dont le premier est celui de Rome ... oui.pas même un évêque n'a pas le droit de changer quoi que ce soit en matière et à plus forte raison nous, les fidèles.
L'Église Vieille-Catholique assume un choix depuis 1870 et utilise le missel qu'elle veut, la théologie et les dogmes qu'elle veut; d'autres n'ont pas encore ce courage ... mais le prochain pape pourrait trancher et il faudra faire un choix. Le cardinal Sarah ne sera plus électeur en juin, et près de 70% à 80% (en fin d'année) des cardinaux électeurs ont été créés par le pape François ... ils ne sont pas obligés de suivre sa ligne mais on n'a jamais vu l'Église revenir en arrière, se corriger oui.
Omnia Tempus Revelat.
« Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » (Marc 6, 31)
Re: Le Pater à haute voix dans le rite ancien ?
En effet, car sans quoi nous ne serions pas loin d’une forme de superstition et nous nous refuserions à toute amélioration, or le but de la vie spirituelle se trouve dans la progression et non le résultat. Nous avons tort quand nous faisons de ce dernier un absolu, à plus forte raison quand de point d’arrivée il ne devient point une référence pour un nouveau départ.
En ce qui concerne le sujet du "notre père", je préfère me taire car l'ouverture proposée n'étant pas au bon endroit, elle revient à commettre une blessure... Cela pourrait être l'effet d'une malvoyance, mai précisément quand celle-ci semble volontaire, à quoi bon tenter de redonner la vue !
Re: Le Pater à haute voix dans le rite ancien ?
Finalement, je n'ai pas pu "y résister" .... Car ce n'est pas la première fois qu'Altior mets ce sujet sur le tapis.
Pour évidente qu’elle soit, sa place dans la liturgie demeure néanmoins historiquement problématique. Le premier témoignage certain est celui de St Cyrille de Jérusalem (+ en 386). Mais si les Constitutions Apostoliques n’en parlent pas, ce qui peut s’expliquer (il n’est pas strictement nécessaire au sacrement de l’eucharistie, la « fraction du pain » étant venue s’ajouter initialement à l’office en cours dans les synagogues), il a pu être pratiqué plus tôt. Il n’a probablement pas été adopté partout et en même temps. Ainsi retrouve-t-on trace de sa préconisation au concile de Tolède (le 4e, en 635), pour l’Espagne.
S’il s’agit toujours d’un rite préparatoire à la communion, sa place varie entre le canon et celle-ci :
• Après la fraction du pain en Gaule, en Syrie oriental, en Egypte, et à Rome jusqu’à St Grégoire le Grand (fin VIème siècle).
• Juste après la fin du canon et avant la Fraction du pain : Byzance et Jérusalem.
St Grégoire le Grand a imité Byzance (certes parce qu’il avait résidé longtemps à Constantinople, mais…) parce qu’il voulait surtout que le Notre Père soit dit sur les Dons consacrés, or l’usage romain était à cette époque de retirer les Dons de l’autel aussitôt après leur consécration (ils étaient mis sur un autel secondaire devant le trône pontifical). Il en a donc déplacé l’instant.
Il est toujours introduit par un préambule évoquant l’audace, celle d’oser dire à Dieu « notre Père », parce que Jésus nous l’avait enseigné ainsi. Ce préambule est tantôt variable (Gaule) tantôt invariable (Rome) et parfois long (en Orient, surtout avec la Liturgie de St Basile). Il est ensuite suivi d’une prière :
• A Byzance : par la doxologie, à laquelle on a ajouté « Père, Fils et Saint-Esprit » (on a christianisé la doxologie juive).
• En Gaule, à Rome, à Jérusalem, en Egypte, en Arménie : par un « embolisme » qui reprend les termes de la 7e demande, fait un petit commentaire puis se termine par la doxologie.
• Dans la Liturgie de Jérusalem (St Jacques), d’Alexandrie (St Marc) et d’Arménie, il reprend aussi la 6e demande.
L’usage de le dire à voix basse (par conséquent par le seul prêtre) vient probablement de l’époque où il y avait beaucoup de catéchumènes, et donc de païens aussi aux environs. Ainsi dans les offices accessibles à tous (non eucharistiques) et donc aux catéchumènes, il était dit à voix basse parce que c’était une prière « secrète » qui ne devait pas être révélée aux païens. Il était révélé aux catéchumènes au moment de leur baptême (on en retrouve trace dans les étapes de préparation au baptême, en marge des scrutins) et présent dans la partie eucharistique de la liturgie réservée aux Chrétiens :
• En Orient et en Gaule : il était chanté par tous (repris depuis 1958)
• A Rome et en Afrique : il était chanté par le célébrant, la 7e demande étant à Rome (jusque 1958, et pour l’Eglise catholique) comme un répond par tous.
• En Espagne : il était dit par le célébrant, mais ponctué par les « amen » du peuple après chaque demande.
• En Arménie : il était chanté par le clergé, les bras en croix.
Attention donc aux généralisations et simplifications hâtives, qui ne font que refléter une courte vue et falsifier la tradition.
C’est Vatican II qui a décidé de reprendre le merveilleux parcours catéchuménal antique pour les adultes, avec l’appel décisif, les scrutins, etc.
Dans ce parcours très beau, très noble, il est prévu « la remise du notre père » : ceux qui y auront assisté comprendront mieux l’explication qui précède, et d’où les traditionalistes aujourd’hui retirent l’habitude que le prêtre seul le dise tout bas – mais de toute évidence, ils ne savent plus pourquoi et y sont attachés « bêtement ». Cela explique que ce soit le prêtre seul qui la dise pour une question de rythme, et leur argument qui veut s’en servir pour dire que de le faire dire tout haut par l’assemblée est « depuis Vatican II » une façon d’encore réduire le rôle et l’importance du prêtre est tout à fait spécieux et indigne, un non-sens et une contre-vérité absolue qui manie plein de préjugés : sur le canon, sur le notre père, sur le rôle et la place des fidèles.
Leur « reconstruction » d’une vérité historique plausible leur a servi à construire ainsi de toute pièce un argument théologique totalement fallacieux, pour défendre une « opinion » médisante qui relève de leur seule sensibilité et qui en dénonce ou montre l’artifice.
Une autre hypothèse serait que cela marque le fait que le prêtre récite au nom de tous. D'ailleurs, comme dans toute la Messe dans son ensemble quand il « joue sa partie » ...
En effet, mais comme quand nous y sommes et que notre participation est demandée, cela ne se justifie plus si facilement, sauf à en faire une partie de la prière eucharistique, ce qu’elle n’est pas vu que cette prière se termine par le « per ipsum, cum ipsum… » qui en est la conclusion récapitulative et l’apothéose…
Ainsi, en être réduit à faire des suppositions (comme souvent quand il s’agit de défendre une tradition qui n’est qu’une option, et de la rendre intouchable), c’est aussi montrer pour le moins une faiblesse dans l’argumentation.
Car je ne vois pas en quoi le magistère n’aurait pas le droit de changer l’organisation et la logique liturgiques, d’autant plus qu’il y avait déjà une sorte de bizarrerie et la permission d’y déroger.
Mais le magistère ce n’est pas Altior…
De là à y voir encore une manière détournée de réduire la valeur du sacerdoce, il n’y a que l’apanage d’une contestation qui a besoin d’arguments et d’exagération pour s’affermir et qui devient déplacée.
Pie XII donna l’autorisation de le dire ou de le chanter, à l’assemblée. Antérieurement donc (en 1958) au dernier concile et cela se pratiquait même couramment avec la messe de St Pie V, quand il n’y avait encore qu’elle. Ce sont les traditionalistes « newlook » qui ont décidé d’en faire un article de différentiation - car plus il y en aura mieux ce sera sans doute pour eux et selon eux, ce qui fait vraiment pitié.
Pourtant, toutes ces classifications regroupant des populations marginales attachées à des différences qui prennent ainsi de l’importance au détriment de l’essentiel, sont bien dommageables...
La première objection qui vient à l’esprit ne demande qu’un esprit d’observation : pourquoi la monition introductive au Pater, dite par le célébrant, dirait-elle dans son expression latine maintenue dans la forme extraordinaire du rite romain : « Praeceptis salutaribus moniti et divina institutione formati AUDEMUS dicere ». En français, cela se traduit par : « NOUS osons dire. »
Remarque fort judicieuse, mais fallait-il manquer de profiter d’une occasion pour lancer une pique et « faire le malin » !
Si au moins elle nous permettait de mieux comprendre en l’occurrence le pourquoi et le comment de la liturgie, peu importe laquelle, ce serait profitable, car si ce n’est pas avec des à priori que se font des idées, à plus forte raison ne fait-on pas une liturgie avec des conclusions, ce devrait être le contraire.
Aussi masquent-t-ils les leurs sous la forme d’une accusation, celle d’une analyse prétendue mais erronée d’un existant (condamnant ainsi les chefs de l’Eglise qui s’y sont adonnés à être des « sous-théologiens ») : et si c’était la nouvelle messe qui avait raison de considérer que le Pater ne fait pas partie de la prière eucharistique, réservée au prêtre ?
Sans pour autant dire qu’il fait partie de la communion, d’ailleurs...
Car c’est (selon moi) une explosion de joie d’être ses fils, et qui profite de la réconciliation offerte par le Saint sacrifice, pour ne pas manquer à l’appel et sans aucun retard !
Le Pater est à lui tout seul une partie de la messe ! Ce qui est plus que normal pour la prière enseignée par le Christ à ses disciples, prière qui s’appelait autrefois l’oraison « dominicale » par référence à qui ? Au Dominus : au Seigneur.
Il aurait été dommage de priver la messe de cette prière…
Explosion disais-je, et de joie, un peu à l’image de ce « O salutaris Hostia », qui a été remis au goût du jour (après l’élévation) par les traditionalistes « moyen look », alors qu’il était tombé en désuétude, et à cause de quoi ?
Sinon pour copier la nouvelle messe… Pas si mauvaise, donc, dans ses intuitions exprimées !
Il reste à considérer que ce pluriel est un pluriel de noblesse ou de courtoisie, mais ne donne-t-il pas malgré tout l'impression d'être de trop ce pluriel et que dans ce cas, il nous donnerait envie de nous en aller ailleurs, pour ne pas nous sentir « inutiles » ou « récupérés ». Ne sommes-nous pas assez grands pour la faire seuls, cette prière, et si nous venons à la messe, n’est-ce pas pour y participer (un des arguments qui fut donné pour expliquer les changements) ? Or pourquoi pas là mais si ailleurs, par quel arbitrage ? Et pourquoi devrions-nous sinon prier en silence quand nous nous serions précisément réunis pour prier en ensemble !
Le « notre père » est-il réservé aux prêtres ? Non, alors...
Car avant Vatican II, selon Altior qui le râbache, le Pater n'était traditionnellement pas chanté par toute l'assemblée ! C'est Saint Grégoire le Grand, pape du sixième siècle, qui avait introduit cette prière à son emplacement actuel, à la fin de la Prière Eucharistique. Légat du pape à Constantinople, il avait connu la liturgie byzantine dans laquelle elle est chanté par toute l'assemblée, depuis un temps immémorial.
Prétendre donc que ce chant par l’assemblée serait une innovation des années suivant le concile et qui se confondrait avec la nouvelle messe plus dialoguée, et qui ferait une croix sans raison apparente sur toute la tradition latine, où l'assemblée n'aurait jamais dit ou chanté le Pater, c’est se rendre ignorant de son origine et donner une valeur absolue à une Tradition qui n’a pas eu d’autre mérite que de se l’incorporer, c’est surtout la réduire à la connaissance qu’en avait les vivants les plus âgés du moment, selon ce qui se pratiquait quand ils étaient enfants : à cela se réduit leur histoire de l’Eglise - à donc une habitude.
La récitation (chantée ou non) du Pater par toute l'assemblée a effectivement une logique différente dans le rite byzantin : puisque sa place s’y trouve isolée après la commixtion, et non à la fin du canon. C’est donc le rite latin qui l’a déplacée avant la commixtion et même la fraction du pain, ce qui ne veut pas dire qu’elle appartienne pour autant au canon (réservé au prêtre et sa fonction), puisque c’est après la conclusion de ce dernier.
Cette insertion prétendue dans le canon n’est qu’un prétexte aujourd’hui invoqué depuis peu pour justifier à posteriori que cette prière devrait être dite par le prêtre, et se démarquer d’un changement estimé préjudiciable. Elle en serait, de ce canon, une sorte de prolongation hardie ou amoureuse, langoureuse. Mais cette logique liturgique est fausse, qui elle-même plaide pour un changement antérieur et non justifié, qui aura eu lieu pendant la transposition. Elle leur a servi à construire ainsi de toute pièce un argument théologique totalement fallacieux, pour défendre une « opinion » médisante qui relève de leur seule sensibilité et en dénonce ou montre l’artifice.
Celui qui ne voudra voir et considérer toujours que le changement dans un changement, et pour le dénigrer, cela pourrait bien finir par se retourner contre lui…
En ce qui concerne la non créativité des traditionalistes, elle est évidente puisqu'à partir du moment où il ne devint plus utile de dire à voix basse ce pater, ils ont continué, et cela même quand un pape a eu l'intelligence de dire stop : pas de quoi en être fier !
En revanche, elle est aussi fausse, puisque l'initiative de le dire à voix basse est bien le fruit d'une créativité à l'égard de la présence éventuelle de catéchumènes à la messe.
Bref, la leur est tout simplement inappropriée et mauvaise, car décalée !
la nature liturgique du « notre père » est évidente et découle du « notre », elle s’inscrit dans la lignée de l’évangile selon Saint Mathieu (18 : 20). De la prière liturgique elle a toutes les caractéristiques : mémorial, sacrifice, communion, et action de grâce.
Pour évidente qu’elle soit, sa place dans la liturgie demeure néanmoins historiquement problématique. Le premier témoignage certain est celui de St Cyrille de Jérusalem (+ en 386). Mais si les Constitutions Apostoliques n’en parlent pas, ce qui peut s’expliquer (il n’est pas strictement nécessaire au sacrement de l’eucharistie, la « fraction du pain » étant venue s’ajouter initialement à l’office en cours dans les synagogues), il a pu être pratiqué plus tôt. Il n’a probablement pas été adopté partout et en même temps. Ainsi retrouve-t-on trace de sa préconisation au concile de Tolède (le 4e, en 635), pour l’Espagne.
S’il s’agit toujours d’un rite préparatoire à la communion, sa place varie entre le canon et celle-ci :
• Après la fraction du pain en Gaule, en Syrie oriental, en Egypte, et à Rome jusqu’à St Grégoire le Grand (fin VIème siècle).
• Juste après la fin du canon et avant la Fraction du pain : Byzance et Jérusalem.
St Grégoire le Grand a imité Byzance (certes parce qu’il avait résidé longtemps à Constantinople, mais…) parce qu’il voulait surtout que le Notre Père soit dit sur les Dons consacrés, or l’usage romain était à cette époque de retirer les Dons de l’autel aussitôt après leur consécration (ils étaient mis sur un autel secondaire devant le trône pontifical). Il en a donc déplacé l’instant.
Il est toujours introduit par un préambule évoquant l’audace, celle d’oser dire à Dieu « notre Père », parce que Jésus nous l’avait enseigné ainsi. Ce préambule est tantôt variable (Gaule) tantôt invariable (Rome) et parfois long (en Orient, surtout avec la Liturgie de St Basile). Il est ensuite suivi d’une prière :
• A Byzance : par la doxologie, à laquelle on a ajouté « Père, Fils et Saint-Esprit » (on a christianisé la doxologie juive).
• En Gaule, à Rome, à Jérusalem, en Egypte, en Arménie : par un « embolisme » qui reprend les termes de la 7e demande, fait un petit commentaire puis se termine par la doxologie.
• Dans la Liturgie de Jérusalem (St Jacques), d’Alexandrie (St Marc) et d’Arménie, il reprend aussi la 6e demande.
L’usage de le dire à voix basse (par conséquent par le seul prêtre) vient probablement de l’époque où il y avait beaucoup de catéchumènes, et donc de païens aussi aux environs. Ainsi dans les offices accessibles à tous (non eucharistiques) et donc aux catéchumènes, il était dit à voix basse parce que c’était une prière « secrète » qui ne devait pas être révélée aux païens. Il était révélé aux catéchumènes au moment de leur baptême (on en retrouve trace dans les étapes de préparation au baptême, en marge des scrutins) et présent dans la partie eucharistique de la liturgie réservée aux Chrétiens :
• En Orient et en Gaule : il était chanté par tous (repris depuis 1958)
• A Rome et en Afrique : il était chanté par le célébrant, la 7e demande étant à Rome (jusque 1958, et pour l’Eglise catholique) comme un répond par tous.
• En Espagne : il était dit par le célébrant, mais ponctué par les « amen » du peuple après chaque demande.
• En Arménie : il était chanté par le clergé, les bras en croix.
Attention donc aux généralisations et simplifications hâtives, qui ne font que refléter une courte vue et falsifier la tradition.
C’est Vatican II qui a décidé de reprendre le merveilleux parcours catéchuménal antique pour les adultes, avec l’appel décisif, les scrutins, etc.
Dans ce parcours très beau, très noble, il est prévu « la remise du notre père » : ceux qui y auront assisté comprendront mieux l’explication qui précède, et d’où les traditionalistes aujourd’hui retirent l’habitude que le prêtre seul le dise tout bas – mais de toute évidence, ils ne savent plus pourquoi et y sont attachés « bêtement ». Cela explique que ce soit le prêtre seul qui la dise pour une question de rythme, et leur argument qui veut s’en servir pour dire que de le faire dire tout haut par l’assemblée est « depuis Vatican II » une façon d’encore réduire le rôle et l’importance du prêtre est tout à fait spécieux et indigne, un non-sens et une contre-vérité absolue qui manie plein de préjugés : sur le canon, sur le notre père, sur le rôle et la place des fidèles.
Leur « reconstruction » d’une vérité historique plausible leur a servi à construire ainsi de toute pièce un argument théologique totalement fallacieux, pour défendre une « opinion » médisante qui relève de leur seule sensibilité et qui en dénonce ou montre l’artifice.
Une autre hypothèse serait que cela marque le fait que le prêtre récite au nom de tous. D'ailleurs, comme dans toute la Messe dans son ensemble quand il « joue sa partie » ...
En effet, mais comme quand nous y sommes et que notre participation est demandée, cela ne se justifie plus si facilement, sauf à en faire une partie de la prière eucharistique, ce qu’elle n’est pas vu que cette prière se termine par le « per ipsum, cum ipsum… » qui en est la conclusion récapitulative et l’apothéose…
Ainsi, en être réduit à faire des suppositions (comme souvent quand il s’agit de défendre une tradition qui n’est qu’une option, et de la rendre intouchable), c’est aussi montrer pour le moins une faiblesse dans l’argumentation.
Car je ne vois pas en quoi le magistère n’aurait pas le droit de changer l’organisation et la logique liturgiques, d’autant plus qu’il y avait déjà une sorte de bizarrerie et la permission d’y déroger.
Mais le magistère ce n’est pas Altior…
De là à y voir encore une manière détournée de réduire la valeur du sacerdoce, il n’y a que l’apanage d’une contestation qui a besoin d’arguments et d’exagération pour s’affermir et qui devient déplacée.
Pie XII donna l’autorisation de le dire ou de le chanter, à l’assemblée. Antérieurement donc (en 1958) au dernier concile et cela se pratiquait même couramment avec la messe de St Pie V, quand il n’y avait encore qu’elle. Ce sont les traditionalistes « newlook » qui ont décidé d’en faire un article de différentiation - car plus il y en aura mieux ce sera sans doute pour eux et selon eux, ce qui fait vraiment pitié.
Pourtant, toutes ces classifications regroupant des populations marginales attachées à des différences qui prennent ainsi de l’importance au détriment de l’essentiel, sont bien dommageables...
La première objection qui vient à l’esprit ne demande qu’un esprit d’observation : pourquoi la monition introductive au Pater, dite par le célébrant, dirait-elle dans son expression latine maintenue dans la forme extraordinaire du rite romain : « Praeceptis salutaribus moniti et divina institutione formati AUDEMUS dicere ». En français, cela se traduit par : « NOUS osons dire. »
Remarque fort judicieuse, mais fallait-il manquer de profiter d’une occasion pour lancer une pique et « faire le malin » !
Si au moins elle nous permettait de mieux comprendre en l’occurrence le pourquoi et le comment de la liturgie, peu importe laquelle, ce serait profitable, car si ce n’est pas avec des à priori que se font des idées, à plus forte raison ne fait-on pas une liturgie avec des conclusions, ce devrait être le contraire.
Aussi masquent-t-ils les leurs sous la forme d’une accusation, celle d’une analyse prétendue mais erronée d’un existant (condamnant ainsi les chefs de l’Eglise qui s’y sont adonnés à être des « sous-théologiens ») : et si c’était la nouvelle messe qui avait raison de considérer que le Pater ne fait pas partie de la prière eucharistique, réservée au prêtre ?
Sans pour autant dire qu’il fait partie de la communion, d’ailleurs...
Car c’est (selon moi) une explosion de joie d’être ses fils, et qui profite de la réconciliation offerte par le Saint sacrifice, pour ne pas manquer à l’appel et sans aucun retard !
Le Pater est à lui tout seul une partie de la messe ! Ce qui est plus que normal pour la prière enseignée par le Christ à ses disciples, prière qui s’appelait autrefois l’oraison « dominicale » par référence à qui ? Au Dominus : au Seigneur.
Il aurait été dommage de priver la messe de cette prière…
Explosion disais-je, et de joie, un peu à l’image de ce « O salutaris Hostia », qui a été remis au goût du jour (après l’élévation) par les traditionalistes « moyen look », alors qu’il était tombé en désuétude, et à cause de quoi ?
Sinon pour copier la nouvelle messe… Pas si mauvaise, donc, dans ses intuitions exprimées !
Il reste à considérer que ce pluriel est un pluriel de noblesse ou de courtoisie, mais ne donne-t-il pas malgré tout l'impression d'être de trop ce pluriel et que dans ce cas, il nous donnerait envie de nous en aller ailleurs, pour ne pas nous sentir « inutiles » ou « récupérés ». Ne sommes-nous pas assez grands pour la faire seuls, cette prière, et si nous venons à la messe, n’est-ce pas pour y participer (un des arguments qui fut donné pour expliquer les changements) ? Or pourquoi pas là mais si ailleurs, par quel arbitrage ? Et pourquoi devrions-nous sinon prier en silence quand nous nous serions précisément réunis pour prier en ensemble !
Le « notre père » est-il réservé aux prêtres ? Non, alors...
Car avant Vatican II, selon Altior qui le râbache, le Pater n'était traditionnellement pas chanté par toute l'assemblée ! C'est Saint Grégoire le Grand, pape du sixième siècle, qui avait introduit cette prière à son emplacement actuel, à la fin de la Prière Eucharistique. Légat du pape à Constantinople, il avait connu la liturgie byzantine dans laquelle elle est chanté par toute l'assemblée, depuis un temps immémorial.
Prétendre donc que ce chant par l’assemblée serait une innovation des années suivant le concile et qui se confondrait avec la nouvelle messe plus dialoguée, et qui ferait une croix sans raison apparente sur toute la tradition latine, où l'assemblée n'aurait jamais dit ou chanté le Pater, c’est se rendre ignorant de son origine et donner une valeur absolue à une Tradition qui n’a pas eu d’autre mérite que de se l’incorporer, c’est surtout la réduire à la connaissance qu’en avait les vivants les plus âgés du moment, selon ce qui se pratiquait quand ils étaient enfants : à cela se réduit leur histoire de l’Eglise - à donc une habitude.
La récitation (chantée ou non) du Pater par toute l'assemblée a effectivement une logique différente dans le rite byzantin : puisque sa place s’y trouve isolée après la commixtion, et non à la fin du canon. C’est donc le rite latin qui l’a déplacée avant la commixtion et même la fraction du pain, ce qui ne veut pas dire qu’elle appartienne pour autant au canon (réservé au prêtre et sa fonction), puisque c’est après la conclusion de ce dernier.
Cette insertion prétendue dans le canon n’est qu’un prétexte aujourd’hui invoqué depuis peu pour justifier à posteriori que cette prière devrait être dite par le prêtre, et se démarquer d’un changement estimé préjudiciable. Elle en serait, de ce canon, une sorte de prolongation hardie ou amoureuse, langoureuse. Mais cette logique liturgique est fausse, qui elle-même plaide pour un changement antérieur et non justifié, qui aura eu lieu pendant la transposition. Elle leur a servi à construire ainsi de toute pièce un argument théologique totalement fallacieux, pour défendre une « opinion » médisante qui relève de leur seule sensibilité et en dénonce ou montre l’artifice.
Celui qui ne voudra voir et considérer toujours que le changement dans un changement, et pour le dénigrer, cela pourrait bien finir par se retourner contre lui…
En ce qui concerne la non créativité des traditionalistes, elle est évidente puisqu'à partir du moment où il ne devint plus utile de dire à voix basse ce pater, ils ont continué, et cela même quand un pape a eu l'intelligence de dire stop : pas de quoi en être fier !
En revanche, elle est aussi fausse, puisque l'initiative de le dire à voix basse est bien le fruit d'une créativité à l'égard de la présence éventuelle de catéchumènes à la messe.
Bref, la leur est tout simplement inappropriée et mauvaise, car décalée !
- Kerygme
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Re: Le Pater à haute voix dans le rite ancien ?
Merci Cmoi pour cet exposé fait avec intelligence ... même si une ou deux pichenettes personnelles auraient pu être évitées 
Votre connaissance et votre expérience personnelle du milieu traditionnaliste sont précieuses et permettent de remettre les choses dans leur contexte et d'éclairer les lecteurs du forum.
J'ai appris plein de choses et il me semble que votre sentiment rejoint le mien. Je vous le livre en spoiler.
Votre connaissance et votre expérience personnelle du milieu traditionnaliste sont précieuses et permettent de remettre les choses dans leur contexte et d'éclairer les lecteurs du forum.
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« Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » (Marc 6, 31)
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Gaudens
- Tribunus plebis

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Re: Le Pater à haute voix dans le rite ancien ?
Je me joins aux remerciements de Kérygme,cher Cmoi,pour la richesse de l'information que vous venez de nous donner à ce propos.Je n'en regrette pas moins de la voir envahie,comme souvent sous votre plume (ou votre clavier) par des considérations personnelles pas toujours compréhensibles pour qui ne vous connait pas, sans parler des "pitchenettes" évoquées par Kérygme et qui pourraient être utilement évitées. Nul n'est parfait !
Re: Le Pater à haute voix dans le rite ancien ?
Je suis en effet en phase avec votre spoiler et me réjouit de cette "collaboration" que vous évoquez. J'en connais d'autres formes.
J'en profite pour "rassurer" Gaudens, au cas où il le penserait ; je ne suis pas de ceux qui souhaitent un schisme, en revanche il y a tant de perfidie chez certains traditionalistes dans leurs arguments, que leur place ne peut pas être dans l'Eglises à moins qu'ils ne s'amendent.
C'est à mon avis au magistère de faire un tri par le rappel de points précis, à la manière du syllabus puisqu'ils le veulent ainsi, afin de ne pas les laisser entre eux s'éparpiller ou se tourner le dos dans un jeu menteur de politesses.
Si je me contente ici de ce qu'il convient de dénoncer, je pense avoir jouis autant sinon mieux qu'eux de la messe qu'ils défendent, et cela jour après jour, pendant des années, avec une messe tridentine (après chapelet) qui m'obligeait à rallonger mon temps de trajet quotidien (3h) d'une heure. Sans oublier les messes dominicales dans la chapelle royale du château de Versailles, avec la chorale Delalande
Et pourtant, certaines messes pauliniennes et quasiment privées, déjà, souvent dans de petites chapelles ignorées, à l'occasion de randonnées ou d'autres circonstances, m'ont autant révélé des aspects de Sa face insoupçonnés !
En ce qui concerne mes "considérations personnelles", il me semble qu'un forum devrait servir à cela, les exprimer. ce sont des fleurs sauvages qu'il appartient à chacun de savoir ou non apprivoiser.
En me relisant j'ai aussi trouvé y avoir mis ici trop de "pitchennettes" mais c'est que depuis un moment je me retiens très fort d'intervenir dans votre échange avec Altior à l'origine de ce fil.
Des exemples ? Voilà, je vous laisserai en juger, mais si vous savez lire entre les lignes vous vous serez aperçu que derrière ce qui peut sembler une critique acerbe se cache une tendresse déçue. D'autant qu'à partir de mon amitié avec qui vous savez, je leur ai sauvé la mise plusieurs fois...
- Kerygme
- Prætor

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Re: Le Pater à haute voix dans le rite ancien ?
Bonjour Cmoi,
Nous savons qu'il y a énormément de mauvaise foi à laquelle on peut s'opposer rapidement car elle est souvent due au choix préférentiel d'un discours propagandiste; même habillé de latin pour tenter de camoufler.
Je vais me permettre une proposition : une réponse courte et mais précise a autant d'effet et laisse moins de prises, comme toute vérité.
Même si je comprends bien votre émoi intérieur, la maitrise des passions reste la meilleure réponse.
Ma passion, quand je lis certaines accusations et erreurs redondantes, serait de prendre un exemple à base de nourriture et d'un être mythologique scandinave. Pourtant je vais prendre celui du triangle du feu : la disparition ou la suppression d'un des trois éléments fait qu'il n'y a plus de combustion. En ajouter ne fait que la nourrir.
Nous savons qu'il y a énormément de mauvaise foi à laquelle on peut s'opposer rapidement car elle est souvent due au choix préférentiel d'un discours propagandiste; même habillé de latin pour tenter de camoufler.
Je vais me permettre une proposition : une réponse courte et mais précise a autant d'effet et laisse moins de prises, comme toute vérité.
Même si je comprends bien votre émoi intérieur, la maitrise des passions reste la meilleure réponse.
Ma passion, quand je lis certaines accusations et erreurs redondantes, serait de prendre un exemple à base de nourriture et d'un être mythologique scandinave. Pourtant je vais prendre celui du triangle du feu : la disparition ou la suppression d'un des trois éléments fait qu'il n'y a plus de combustion. En ajouter ne fait que la nourrir.
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Re: Le Pater à haute voix dans le rite ancien ?
Bonjour Kerygme,
Merci pour votre conseil plein de bon sens et de sagesse. Il ne s’agit pas tant chez moi de colère que de naïveté, et il est possible que je la projette sur les autres et me croit obligé de les en protéger.
Je crois encore que mes démonstrations puissent être utiles à le faire réviser ses avis, sachant bien que c’est malgré tout donner de l’importance au sien et dommageable, mais je ne peux faire autrement que de le croire sincère – vous êtes sans doute plus lucide que moi.
Ses silences en cela vous donnent raison, même si c’est sa façon (puisqu’il ne me répond plus depuis longtemps, que c’est sa façon de me faire sentir mon néant et je l’apprécie pour ce rappel) de pratiquer votre conseil !
Je ne parviens pas à comprendre comment un être intelligent et qui a la foi peut à ce point désavouer tout ce que cela suppose.
Vous aurez remarqué qu’entre mes réponses, et celle qui consisterait à exhorter un pécheur, il y a encore de la marge, que je laisse à son appréciation pour lui offrir la liberté nécessaire au mérite et éviter un jugement.
Comme il ne me répond pas, je regrette toujours d’intervenir car je préférerais souvent savoir jusqu’où il serait sans quoi allé. Je m’efforce de ne le faire qu’en dernière extrémité, quand le lieu en question deviendrait trop obscur.
Je vais réfléchir à "comment faire mieux"...
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Gaudens
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Re: Le Pater à haute voix dans le rite ancien ?
Dans la video remarquable d'Armarius jointe le commentateur indique qu'au XIIIè siècle le prêtre se tournait vers les fidèles pour dire la Préface, dialoguée avec eux par l'Amen de ceux -ci.Il indique aussi que les fidèles disaient le Pater avec le prêtre mais ne devaient en chanter que la fin (la doxologie,certainement). Intéressant !
https://www.youtube.com/watch?v=Ts4yLrjakcg
https://www.youtube.com/watch?v=Ts4yLrjakcg
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Anna2003
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Re: Le Pater à haute voix dans le rite ancien ?
J'ai toujours trouvé naturel de réciter (pas trop fort) le pater. Ma mère fait de même, ainsi que ma grand-mère.
Je n'ai aucune connaissance particulière des aspects théoriques de la messe.
Mais dans ma famille, nous assistons exclusivement à l'ancienne messe.
Pour moi, c'est simplement mon intuition qui me guide.
Je ne savais même pas qu'on chantait dans la nouvelle messe.
Peut-être qu'en Europe de l'Est, les catholiques romains on a adopté silencieusement les pratiques orthodoxes en raison de la proximité géographique ?
Anna
Je n'ai aucune connaissance particulière des aspects théoriques de la messe.
Mais dans ma famille, nous assistons exclusivement à l'ancienne messe.
Pour moi, c'est simplement mon intuition qui me guide.
Je ne savais même pas qu'on chantait dans la nouvelle messe.
Peut-être qu'en Europe de l'Est, les catholiques romains on a adopté silencieusement les pratiques orthodoxes en raison de la proximité géographique ?
Anna
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Anna2003
- Censor

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Re: Le Pater à haute voix dans le rite ancien ?
En tant que personne ayant très peu de connaissances théologiques sur la messe, mais n'ayant assisté que deux fois à la nouvelle messe (alors que j'ai assisté d'innombrables fois à la messe romaine traditionnelle au cours de ma vie), je me permets de ne pas être d'accord avec vous sur ce point. Votre analyse est peut-être correcte et je ne suis pas qualifié pour la juger.
Mais pour moi, la beauté du rite romain traditionnel réside dans le fait qu'il s'agit d'une évolution naturelle et organique d'une messe qui existe depuis les premiers siècles de l'Église. C'est pourquoi pour moi il s agit d'une vraie sacrifice.
Au contraire, je n'aime pas l'impression que me donne la nouvelle messe. Elle me semble plus artificielle, écrite et divisée en différentes parties.
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Gaudens
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Re: Le Pater à haute voix dans le rite ancien ?
Bonsoir Anna.
Le fil auquel vous vous associez (un an après les derniers contributeurs) est un tiré à part d'une longue discussion , qu allait au delà de la question du Pater dit ou non par les fidèles.Un des contributeurs d'alors ( Altior) ne vous répondra sans doute pas car il est absent du forum depuis environ un an,je crois.
Concernant votre remarque finale :
Le fil auquel vous vous associez (un an après les derniers contributeurs) est un tiré à part d'une longue discussion , qu allait au delà de la question du Pater dit ou non par les fidèles.Un des contributeurs d'alors ( Altior) ne vous répondra sans doute pas car il est absent du forum depuis environ un an,je crois.
Concernant votre remarque finale :
les impressions personnelles sont subjectives.La nouveauté qu'est la messe Peul VI pour vous la rend plus propice à une analyse de texte en quelque sorte alors que vous êtes si habituée à l'autre qu'elle fait un tout pour vous depuis toujours, oreille et yeux sont habitués à la percevoir comme telle. La messe Paul VI manque certes d'une sorte de patine, cela viendra avec le temps. On l'accuse beaucoup côté tradi d'être une (re) construction artificielle,reproche partiellement exact puisque les évolutions liturgiques - bien réelles ,comme le montre le site Armarium - se font avec lenteur, au fil du temps alors que la réforme de 1962/1966 est en cela une exception. Mais vous avez vu dans la video qu'il nous partageait que la messe tridentine était perçue au Moyen Age comme composée de quatre parties bien différentes (on dirait plutôt deux seulement de nos jours). Après cela, la sensibilité liturgique , cela existe et diffère d'une personne à une autre.Au contraire, je n'aime pas l'impression que me donne la nouvelle messe. Elle me semble plus artificielle, écrite et divisée en différentes parties.
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