Les trois tentations du Christ
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Gaudens
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Les trois tentations du Christ
L'Evangile d'entrée en Carême s'ouvre avec les trois tentations du Christ par le diable.
La traduction liturgique indique que le Seigneur "dans l'Esprit, fut conduit à travers le désert".La Bible de Jérusalem et la TOB disent qu'Il y fut conduit "par l'Esprit". Ce n'est pas anodin:"dans l'Esprit" ouvre la porte à de multiples interprétations,dont celle du songe.Que disent les Ecritures originales et anciennes,grecque,araméenne et autres ?
La traduction liturgique indique que le Seigneur "dans l'Esprit, fut conduit à travers le désert".La Bible de Jérusalem et la TOB disent qu'Il y fut conduit "par l'Esprit". Ce n'est pas anodin:"dans l'Esprit" ouvre la porte à de multiples interprétations,dont celle du songe.Que disent les Ecritures originales et anciennes,grecque,araméenne et autres ?
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Re: Les trois tentations du Christ
Bonjour Gaudens,
il y a les deux. Chez Matthieu, il est emmené au désert "par l'Esprit" (upo tô pneumati), chez Luc "dans l'Esprit" (en tô pneumati"), et chez Marc la phrase est tournée autrement : l'Esprit l'emmène au désert.
il y a les deux. Chez Matthieu, il est emmené au désert "par l'Esprit" (upo tô pneumati), chez Luc "dans l'Esprit" (en tô pneumati"), et chez Marc la phrase est tournée autrement : l'Esprit l'emmène au désert.
Re: Les trois tentations du Christ
Bonjour à tous
Je m'autorise à empiéter sur votre remarque, cher Gaudens,
Comment comprenez vous, svp, la phrase du Notre Père qui invite à ne pas entrer en tentation, dans ce contexte de Carême ?
Avant le pontificat de François, ou celui de Benoît XVI, ma mémoire s'y perd, on disait : "Ne nous soumets pas à la tentation", mais ça ne m'aide pas, ni mes recherches sur le moteur de la Cité catholique.
Je crois pourtant qu'on en avait déjà parlé :
Pour développer le sens de ma question, je m'interroge sur la place où nous devons maintenir les tentations pour nous mêmes, puisque comme le répond Fée Violine à Gaudens, la traduction indique que c'est, par, ou dans l'esprit, que Jésus est conduit au désert.
En confession, le prêtre dit parfois qu'il ne faut pas du tout "entrer" dans la tentation, la repousser immédiatement. et je suis assez d'accord avec lui, mais comment comprendre que celui que nous cherchons à imiter le fait, et que nous ne le devons pas, nous ?
Serait ce que ce combat lui serait réservé, en sa qualité de Sauveur, que nous devons le laisser seul au front, et nous abstenir d'y paraître, car notre présence serait un souci de plus pour lui, même si en prenant ce recul, on ne peut donc entrer non plus dans son imitation ? Quelqu'un connait il la réponse, svp ?
PS Je me suis permis de m'immiscer dans votre fil, Gaudens, car je ne saisis pas si finalement, l'Esprit ne jouerais pas un rôle sur le plan de l'intention de se mesurer aux tentations, auquel Jésus, en toute logique, aurait pu résister, si ce n'avait pas été la personne de l'Esprit qui endosse ce rôle.
En effet, relever un défi ne signifie t il pas qu'on succombe déjà à une tentation ? Je peine à démêler tout ça
Je m'autorise à empiéter sur votre remarque, cher Gaudens,
car la question ressurgit pour moi aussi , en ce début de Carême, et puis en re méditant le premier mystère lumineux d'aujourd'hui Jeudi, le baptême de Jésus précédant son entrée au désert chez certains évangélistes..
Comment comprenez vous, svp, la phrase du Notre Père qui invite à ne pas entrer en tentation, dans ce contexte de Carême ?
Avant le pontificat de François, ou celui de Benoît XVI, ma mémoire s'y perd, on disait : "Ne nous soumets pas à la tentation", mais ça ne m'aide pas, ni mes recherches sur le moteur de la Cité catholique.
Je crois pourtant qu'on en avait déjà parlé :
Pour développer le sens de ma question, je m'interroge sur la place où nous devons maintenir les tentations pour nous mêmes, puisque comme le répond Fée Violine à Gaudens, la traduction indique que c'est, par, ou dans l'esprit, que Jésus est conduit au désert.
En confession, le prêtre dit parfois qu'il ne faut pas du tout "entrer" dans la tentation, la repousser immédiatement. et je suis assez d'accord avec lui, mais comment comprendre que celui que nous cherchons à imiter le fait, et que nous ne le devons pas, nous ?
Serait ce que ce combat lui serait réservé, en sa qualité de Sauveur, que nous devons le laisser seul au front, et nous abstenir d'y paraître, car notre présence serait un souci de plus pour lui, même si en prenant ce recul, on ne peut donc entrer non plus dans son imitation ? Quelqu'un connait il la réponse, svp ?
PS Je me suis permis de m'immiscer dans votre fil, Gaudens, car je ne saisis pas si finalement, l'Esprit ne jouerais pas un rôle sur le plan de l'intention de se mesurer aux tentations, auquel Jésus, en toute logique, aurait pu résister, si ce n'avait pas été la personne de l'Esprit qui endosse ce rôle.
En effet, relever un défi ne signifie t il pas qu'on succombe déjà à une tentation ? Je peine à démêler tout ça
Re: Les trois tentations du Christ
Cher Ombiace,Ombiace a écrit : ↑jeu. 06 mars 2025, 3:11 Serait ce que ce combat lui serait réservé, en sa qualité de Sauveur, que nous devons le laisser seul au front, et nous abstenir d'y paraître, car notre présence serait un souci de plus pour lui, même si en prenant ce recul, on ne peut donc entrer non plus dans son imitation ? Quelqu'un connait il la réponse, svp ?
il me semble que c'est tout le contraire.
C'est parce que l'épreuve de la tentation est universelle que le divin modèle y est soumis, en tant qu'homme, et ce par le jeu des trois concupiscences, comme chacun d'entre nous.
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu
Re: Les trois tentations du Christ
Ma foi, cher Prodigal, votre remarque a du sens.
J'ai toujours élaboré sur l'hypothèse que Jésus n'avait jamais été tenté avant les 3 tentations, mais bien sûr c'est difficile à concevoir, car un humain lambda est tenté bien avant, dès l'enfance.
Le fait est que les Ecritures, à ma connaissance, ne mentionnent pas de tentations avant, c'est ce qui m'a formaté de la sorte. Du coup, je suis encore plus perdu, car je ne suis pas non plus certain de m'être mal orienté jusqu'à présent.
Après tout, c'est Jésus avec tous les anges à ses cotés. Bien sûr,.., est ce que ça change quelque chose ? Mystère et boule de gomme..
En tout cas, vous me faites me demander si l'Esprit Saint n'est pas le malvenu pour les ténèbres qui déclencheraient les hostilités aussitôt qu'ils l'ont détecté (?)
J'ai toujours élaboré sur l'hypothèse que Jésus n'avait jamais été tenté avant les 3 tentations, mais bien sûr c'est difficile à concevoir, car un humain lambda est tenté bien avant, dès l'enfance.
Le fait est que les Ecritures, à ma connaissance, ne mentionnent pas de tentations avant, c'est ce qui m'a formaté de la sorte. Du coup, je suis encore plus perdu, car je ne suis pas non plus certain de m'être mal orienté jusqu'à présent.
Après tout, c'est Jésus avec tous les anges à ses cotés. Bien sûr,.., est ce que ça change quelque chose ? Mystère et boule de gomme..
En tout cas, vous me faites me demander si l'Esprit Saint n'est pas le malvenu pour les ténèbres qui déclencheraient les hostilités aussitôt qu'ils l'ont détecté (?)
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Re: Les trois tentations du Christ
Bonjour,
C'est le titre qui m'a fait réagir : 3 tentations et non quatre ? Petit travail d'exégèse historico-critique, à mon humble niveau.
Il n'y a eu que deux témoins de cette scène : Jésus et Satan.
Matthieu et Luc n'ont pas été témoins directs, celle-ci a donc été racontée soit par Jésus, soit autrement.
Les exégètes doutent que ce soit de la part de Jésus, du fait de son humilité exprimée dans le texte il n'est pas du genre à se faire valoir. Cet autrement serait - hypothèse exégétique - lors d'exorcismes faits par les disciples durant lesquels un démon peut être bavard.
On sait aussi de Matthieu qu'il reporte "administrativement" tout, héritage de son passé de collecteur des impôts. On pourrait donc favoriser sa version par rapport à celle de Luc, qui est aussi plus tardive et moins directe; lui-même disciple de saint Paul, il n'a pas été témoin de quoi que ce soit du vivant de Jésus mais il a effectué un travail d'investigation journalistique : interviewant et compilant les témoignages dont certains inédits (évangile de l'enfance).
A mon sens ce texte peut détourner notre attention si on veut en faire une lecture stricte ou littérale; cela reste une traduction de la traduction pour laquelle on privilégie la compréhension pour l'assemblée dans sa version liturgique. Et cela pourrait nous faire passer à côté de choses plus intéressantes dans l'esprit que dans la lettre :
Satan ne sait pas si Jésus est bien le fils de Dieu. Il a certes entendu ce que disait le Père au bord du Jourdain : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. » (Matthieu 3, 17). Alors il va tester Jésus dans sa nature humaine (les 3 tentations) mais aussi dans sa nature divine avec LA grande tentation du moment : " Si tu es Fils de Dieu ... " (montre moi ta puissance et agit).
Parallèle tout à fait personnel : si Dieu agit et montre sa puissance alors il n'est pas celui qui se présente humble et doux. Satan pourra renouveler ce mensonge fait à Adam et Eve d'un Dieu qui n'est pas celui qu'il prétend être : bon mais qui agirait selon son bon vouloir à la première occasion. Même seul et affaiblit, Jésus reste humble et obéissant au plan du Père; ce n'est pas encore son heure. Par Jésus, ce mensonge originel prend fin.
"Dans" ou "par" est une préoccupation qui doit bien occuper les exégètes, qui aiment ces challenges, mais la lettre ne doit pas nous faire passer à côté de l'esprit du récit. Lequel ouvre des thèmes possibles de réflexion, mais nous pourrions profiter de l'occasion pour méditer sur l'Esprit Saint qui nous accompagne nous aussi dans nos déserts en ce carême 2025.
J'en propose deux mais vous trouverez aussi les votres :
Jésus est empli du Saint Esprit au jour du baptême, son humanité est totale car celle-ci a besoin de progresser, de se convertir à l'action de l'Esprit Saint. Et nous ?
L'Esprit Saint est la Force qui consolide notre volonté libre de rester sur le chemin et de résister au mal, mais ne l’empêche pas de se manifester. Avons-nous conscience que l’Esprit Saint n’est pas un bouclier qui serait étanche au mal ?
Satan se déchainera lors de la Passion et on retrouvera cette ultime tentation sous la même forme dans Matthieu (27, 40) : « Toi qui détruis le Sanctuaire et le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même, si tu es Fils de Dieu, et descends de la croix ! »
Je vais au désert, bon est saint Carême à tous.
C'est le titre qui m'a fait réagir : 3 tentations et non quatre ? Petit travail d'exégèse historico-critique, à mon humble niveau.
Il n'y a eu que deux témoins de cette scène : Jésus et Satan.
Matthieu et Luc n'ont pas été témoins directs, celle-ci a donc été racontée soit par Jésus, soit autrement.
Les exégètes doutent que ce soit de la part de Jésus, du fait de son humilité exprimée dans le texte il n'est pas du genre à se faire valoir. Cet autrement serait - hypothèse exégétique - lors d'exorcismes faits par les disciples durant lesquels un démon peut être bavard.
On sait aussi de Matthieu qu'il reporte "administrativement" tout, héritage de son passé de collecteur des impôts. On pourrait donc favoriser sa version par rapport à celle de Luc, qui est aussi plus tardive et moins directe; lui-même disciple de saint Paul, il n'a pas été témoin de quoi que ce soit du vivant de Jésus mais il a effectué un travail d'investigation journalistique : interviewant et compilant les témoignages dont certains inédits (évangile de l'enfance).
A mon sens ce texte peut détourner notre attention si on veut en faire une lecture stricte ou littérale; cela reste une traduction de la traduction pour laquelle on privilégie la compréhension pour l'assemblée dans sa version liturgique. Et cela pourrait nous faire passer à côté de choses plus intéressantes dans l'esprit que dans la lettre :
Satan ne sait pas si Jésus est bien le fils de Dieu. Il a certes entendu ce que disait le Père au bord du Jourdain : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. » (Matthieu 3, 17). Alors il va tester Jésus dans sa nature humaine (les 3 tentations) mais aussi dans sa nature divine avec LA grande tentation du moment : " Si tu es Fils de Dieu ... " (montre moi ta puissance et agit).
Parallèle tout à fait personnel : si Dieu agit et montre sa puissance alors il n'est pas celui qui se présente humble et doux. Satan pourra renouveler ce mensonge fait à Adam et Eve d'un Dieu qui n'est pas celui qu'il prétend être : bon mais qui agirait selon son bon vouloir à la première occasion. Même seul et affaiblit, Jésus reste humble et obéissant au plan du Père; ce n'est pas encore son heure. Par Jésus, ce mensonge originel prend fin.
"Dans" ou "par" est une préoccupation qui doit bien occuper les exégètes, qui aiment ces challenges, mais la lettre ne doit pas nous faire passer à côté de l'esprit du récit. Lequel ouvre des thèmes possibles de réflexion, mais nous pourrions profiter de l'occasion pour méditer sur l'Esprit Saint qui nous accompagne nous aussi dans nos déserts en ce carême 2025.
J'en propose deux mais vous trouverez aussi les votres :
Jésus est empli du Saint Esprit au jour du baptême, son humanité est totale car celle-ci a besoin de progresser, de se convertir à l'action de l'Esprit Saint. Et nous ?
L'Esprit Saint est la Force qui consolide notre volonté libre de rester sur le chemin et de résister au mal, mais ne l’empêche pas de se manifester. Avons-nous conscience que l’Esprit Saint n’est pas un bouclier qui serait étanche au mal ?
Satan se déchainera lors de la Passion et on retrouvera cette ultime tentation sous la même forme dans Matthieu (27, 40) : « Toi qui détruis le Sanctuaire et le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même, si tu es Fils de Dieu, et descends de la croix ! »
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« Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » (Marc 6, 31)
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Re: Les trois tentations du Christ
Bonjour Ombiace,
Il faut respecter la chronologie du texte, les anges arrivent à la fin quand la tentation s'est transformée en épreuve réussie.
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Re: Les trois tentations du Christ
Bonjour,Gaudens a écrit : ↑mer. 05 mars 2025, 11:35 L'Evangile d'entrée en Carême s'ouvre avec les trois tentations du Christ par le diable.
La traduction liturgique indique que le Seigneur "dans l'Esprit, fut conduit à travers le désert".La Bible de Jérusalem et la TOB disent qu'Il y fut conduit "par l'Esprit". Ce n'est pas anodin:"dans l'Esprit" ouvre la porte à de multiples interprétations,dont celle du songe.Que disent les Ecritures originales et anciennes,grecque,araméenne et autres ?
le texte grec original de Luc 4, 1 est
"ηγετο εν τω πνευματι εν τη ερημω"
La locution "en tô pneumati" après êgéto" est a priori un "datif instrumental", indiquant un moyen.
La traduction la plus naturelle et, de fait, la plus usuelle est "il fut mené par l'Esprit dans le désert".
La variante "dans l'Esprit" choisie par la traduction liturgique peut se comprendre, je pense,
dans la mesure où l'Esprit qui remplit Jésus (comme le dit le début du verset, d'ailleurs), qui le pousse au désert, le relie aussi à son Père, à l'Humanité, à sa Vocation.
Cet Esprit qui le pousse est en Jésus, et Jésus est en Lui.
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Re: Les trois tentations du Christ
Merci à tous pour vos réponses et pour les ouvertures que vous donnez à ma question.
Finalement,là ou les synoptiques disent clairement "par",Luc emploie un datif instrumental (merci Libremax) qui,au fond ,dit la même chose.Aussi le choix de "dans l'Esprit" pour la traduction liturgique m'étonne-t-elle encore plus qu'avant puisque celle-ci a un objectif de quasi simplification pour que les fidèles comprennent plus facilement le sens des textes.Là , ça embrouillerait plutôt...
Par ailleurs Kérygme nous fait toucher du doigt le mystère de la transmission de cet évènement,à laquelle je n'avais jamais pensé.L'hypothèse d'exorcismes ultérieurs est envisageable, mais de qui? Certainement pas de Satan lui-même.En dehors de cette hypothèse ,quelqu'un d'autre ? Une hypothèse qui se heurte au fait qu'apparemment les disciples n'avaient pas encore été appelés. Alors,qui? Marie elle même ou Saint-Joseph?
Dernier point: Ombiace fait une correspondance entre les tentations du Christ et les nôtres.Là,j'ai du mal ; n'était-il pas totalement semblable aux hommes "à l'exception du péché"? En ce cas,je ne le vois pas soumis aux tentations 'naturelles",celles qui viennent de notre coeur et il aura fallu qu'Il soit baladé manu militari par Satan pour que lui soient opposées des tentations extraordinaires .Peut-on dire que celles-ci étaient d'une autre nature ,heurtant directement sa nature divine? En tous cas Satan ne pouvait sans doute pas savoir que l'homme Jésus n'était pas soumis au péché et que les tentations devaient nécessairement glisser sur lui comme l'eau sur les plumes du canard si on me passe l'expression..
Finalement,là ou les synoptiques disent clairement "par",Luc emploie un datif instrumental (merci Libremax) qui,au fond ,dit la même chose.Aussi le choix de "dans l'Esprit" pour la traduction liturgique m'étonne-t-elle encore plus qu'avant puisque celle-ci a un objectif de quasi simplification pour que les fidèles comprennent plus facilement le sens des textes.Là , ça embrouillerait plutôt...
Par ailleurs Kérygme nous fait toucher du doigt le mystère de la transmission de cet évènement,à laquelle je n'avais jamais pensé.L'hypothèse d'exorcismes ultérieurs est envisageable, mais de qui? Certainement pas de Satan lui-même.En dehors de cette hypothèse ,quelqu'un d'autre ? Une hypothèse qui se heurte au fait qu'apparemment les disciples n'avaient pas encore été appelés. Alors,qui? Marie elle même ou Saint-Joseph?
Dernier point: Ombiace fait une correspondance entre les tentations du Christ et les nôtres.Là,j'ai du mal ; n'était-il pas totalement semblable aux hommes "à l'exception du péché"? En ce cas,je ne le vois pas soumis aux tentations 'naturelles",celles qui viennent de notre coeur et il aura fallu qu'Il soit baladé manu militari par Satan pour que lui soient opposées des tentations extraordinaires .Peut-on dire que celles-ci étaient d'une autre nature ,heurtant directement sa nature divine? En tous cas Satan ne pouvait sans doute pas savoir que l'homme Jésus n'était pas soumis au péché et que les tentations devaient nécessairement glisser sur lui comme l'eau sur les plumes du canard si on me passe l'expression..
Re: Les trois tentations du Christ
Bonsoir Kerygme.
Je joins ma voix au concert d'applaudissement pour votre mini exégèse, et pour vos réflexions .. réfléchies :
Je réponds à Gaudens en même temps, car son objection ne me semble pas sans lien avec votre remarque (1ere citation ci dessus)Kerygme a écrit : ↑jeu. 06 mars 2025, 12:51 Parallèle tout à fait personnel : si Dieu agit et montre sa puissance alors il n'est pas celui qui se présente humble et doux. Satan pourra renouveler ce mensonge fait à Adam et Eve d'un Dieu qui n'est pas celui qu'il prétend être : bon mais qui agirait selon son bon vouloir à la première occasion. Même seul et affaiblit, Jésus reste humble et obéissant au plan du Père; ce n'est pas encore son heure. Par Jésus, ce mensonge originel prend fin.
Votre argument a du sens, je ne trouve rien d'autre à lui ajouter que le mien, qui ne tranche pas la question, car sa valeur est relative, peut-être pas pertinente, puisqu' il (l'argument) est lui aussi, comme mon idée première, centré sur la créature :Gaudens a écrit : ↑jeu. 06 mars 2025, 20:13 En ce cas,je ne le vois pas soumis aux tentations 'naturelles",celles qui viennent de notre coeur et il aura fallu qu'Il soit baladé manu militari par Satan pour que lui soient opposées des tentations extraordinaires .Peut-on dire que celles-ci étaient d'une autre nature ,heurtant directement sa nature divine? En tous cas Satan ne pouvait sans doute pas savoir que l'homme Jésus n'était pas soumis au péché et que les tentations devaient nécessairement glisser sur lui comme l'eau sur les plumes du canard si on me passe l'expression..
Tout l'enjeu est de savoir s'il est facile ou naturel pour Notre Seigneur que "les tentations glissent sur lui comme .."
Car de deux choses,
l'une, c'est que cela lui est facile, puisque telle est sa nature.
Mais alors, la créature lambda aura plus de peine à l'adorer pour des sacrifices qui ne lui coûte rien.
L'autre, c'est bien sûr le contraire, qui alimente les raisons d'adorer le Seigneur.
En parallèle, ça rejoint aussi l'esprit de la parabole du créancier qui remet beaucoup, et qui s'attache donc l'amour du débiteur à proportion de sa prodigalité
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Re: Les trois tentations du Christ
Bonsoir Gaudens,
La question s'éloignant du sujet, je mets ma réponse en spoilerGaudens a écrit : ↑jeu. 06 mars 2025, 20:13 L'hypothèse d'exorcismes ultérieurs est envisageable, mais de qui? Certainement pas de Satan lui-même.En dehors de cette hypothèse ,quelqu'un d'autre ? Une hypothèse qui se heurte au fait qu'apparemment les disciples n'avaient pas encore été appelés. Alors,qui? Marie elle même ou Saint-Joseph?
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Re: Les trois tentations du Christ
Bonjour,Gaudens a écrit : ↑jeu. 06 mars 2025, 20:13 Par ailleurs Kérygme nous fait toucher du doigt le mystère de la transmission de cet évènement,à laquelle je n'avais jamais pensé.L'hypothèse d'exorcismes ultérieurs est envisageable, mais de qui? Certainement pas de Satan lui-même.En dehors de cette hypothèse ,quelqu'un d'autre ? Une hypothèse qui se heurte au fait qu'apparemment les disciples n'avaient pas encore été appelés. Alors,qui? Marie elle même ou Saint-Joseph?
en ce qui me concerne, je ne suis pas du tout de l'avis de Kerygme.
Le récit des tentations ne pouvait venir que de Jésus, du moins à l'origine, transmis éventuellement à un témoin très intime comme la Vierge Marie, mais certainement pas de la part d'un démon, dont les évangélistes auraient accepté de consigner le témoignage. C'est un non sens.
On peut penser la même chose de cette dernière tentation qui approche le Christ quand il prie son Père "d'éloigner cette coupe de lui". Il n'y avait, à priori, pas de témoin : Jésus l'aura sans doute transmis, même après sa Résurrection, à quelqu'un de très proche, et il y a fort à parier que ce soit sa mère. Hypothèse.
En tout cas cette transmission ne met pas à mal l'humilité du Christ, au contraire : elle nous apprend que lui aussi est sujet aux attaques du démon, et que être sujet à des tentations ne fait pas de nous des pécheurs. C'est un enseignement inestimable en christianisme.
Car, autre point de désaccord, les tentations connues de Jésus sont les mêmes que les nôtres, même si, pour moi, le texte ne nous montre pas du tout un Satan doutant de la divinité de Jésus. Au contraire, sa tentation serait plutôt à comprendre comme "puisque tu es le Fils de Dieu, alors...".
Mais cette tentation est ciblée sur la nature humaine du Christ, et c'est une vraie épreuve. La tentation est forte, pour tous les hommes de gloire, mais aussi pour les saints, les Pères, les directeurs spirituels, de se croire permis de faire n'importe quoi.
Hélas, nombre d'entre eux n'ont pas réussi l'épreuve...
Re: Les trois tentations du Christ
Contrairement à ce qui semble l'idée dominante, je suis toujours parti de l'hypothèse, sans me poser la question, que Satan connaissait l'identité de Jésus. C'est justement parce que les possédés la connaissaient que je ne m'imaginais pas Satan l'ignorer.
Votre argument, cher Libremax :
Votre argument, cher Libremax :
me semble appuyer ce qui reste malgré tout une hypothèse
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Re: Les trois tentations du Christ
Bonjour Libremax et Ombiace,
Vos hypothèses sont plausibles, autant que celles des exégètes que je présentais. Je ne suis pas convaincu pour ma part que la transmission se soit faite par la voie d'un exorcisme, mais il ne faut pas fermer pour autant cette option.
J'évite par contre de mettre du passionnel sinon on se ferme à des possibilités; cela avait été le cas sur ce forum lors d'un échange passionnant sur Abram/Abraham et il avait fallu de l'énergie pour passer ces limites.
Vos hypothèses sont plausibles, autant que celles des exégètes que je présentais. Je ne suis pas convaincu pour ma part que la transmission se soit faite par la voie d'un exorcisme, mais il ne faut pas fermer pour autant cette option.
J'évite par contre de mettre du passionnel sinon on se ferme à des possibilités; cela avait été le cas sur ce forum lors d'un échange passionnant sur Abram/Abraham et il avait fallu de l'énergie pour passer ces limites.
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Re: Les trois tentations du Christ
Pardon si mon post a pu paraître par trop teinté de passionnel.
Je voulais juste exprimer l'impossibilité, pour le coup absolue, que je voyais dans l'hypothèse d'évangélistes choisissant de transcrire dans les textes sacrés qu'étaient forcément leurs évangiles, parce que servant de catéchèse, d'enseignement, mais aussi de lectionnaires liturgiques, témoignages de la Bonne Nouvelle, un récit provenant d'un démon, reccueilli lors d'un exorcisme.
Les évangiles sont paroles de Dieu, et il ne me semble pas cohérent d'imaginer que les évangélistes eux-mêmes aient pu en douter.
D'où, pour moi, l'incompatibilité avec l'usage d'une telle source.
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