Respect de la liturgie de l'Eglise

jean_droit
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Respect de la liturgie de l'Eglise

Message non lu par jean_droit »

A bon entendeur, salut !

Mais il n'y a guère de bon entendeur.

On parle beaucoup, et je l'attends, d'évolutions dans la messe Paul VI mais il faudrait d'abord suivre la liturgie.

Or que vois-je autour de moi ?

Hop, on supprime allègrement le confiteor !
Hop, hop, on supprime une des trois invocations de l'Agnus Dei !
Hop, hop, hop, on se met à modifier les prières de la messe ( Gloria etc ... ) !

Et toujours cette volonté de faire "court". C'est une véritable obsession. Et ne nous posons pas la question du pourquoi du déclin de l'Eglise de France. Un peuple qui prie moins s'éloigne de Dieu.

Mais, aussi, on voit, en pratique, le courant hérétique actuel qui tourne autour du péché. Supprimer le confiteor est tout à fait significatif. Cette suppression est en droite ligne du déclin généralisé de la confession.

Les prêtres et les équipes pastorales devraient suivre totalement la liturgie de l'Eglise.

http://visnews-fr.blogspot.fr/2012/10/l ... ns-la.html
L'EGLISE S'EXPRIME PLEINEMENT DANS LA LITURGIE

Cité du Vatican, 3 octobre 2012 (VIS). Au cours de l'audience générale tenue Place St.Pierre, Benoît XVI a traité de la place de la prière liturgique, de la messe en particulier, dans la vie du chrétien. La prière, a dit Benoît XVI, "est ce qui relie les fils de Dieu à un père infiniment bon, à son Fils le Christ et à l'Esprit. Cette vie priante consiste donc à se trouver en présence permanente et consciente de Dieu... Ceci est possible grâce au baptême qui nous lie au Christ...car en lui seul nous pouvons dialoguer filialement avec le Père". Pour le chrétien, prier signifie s'adresser au Christ, que "nous découvrons et connaissons vivant dans l'Eglise, qui est son corps... Le lien insoluble entre le Christ et l'Eglise dans la force de l'amour n'annule aucunement le toi et le je, mais les élève à une unité plus profonde... Prier signifie s'élever vers Dieu par une transformation graduelle et nécessaire de notre être". En participant à la liturgie, "nous faisons notre le langage de l'Eglise et apprenons à parler en son sein, à parler en son nom. Ceci se produit de façon graduelle, en commençant par une immersion progressive dans sa parole, par la prière, par le style de vie, nos joies et nos peines, nos pensées".

Dans le Pater, a poursuivi le Pape, "nous sommes appelés à nous adresser en priant au Père. En priant avec les autres, en acceptant ce que l'Eglise dit, nous nous familiarisons progressivement à la richesse de sens qu'elle nous offre. Le dialogue que Dieu ouvre en chacun de nous, entre lui et nous, inclut toujours dans la prière un avec. Mais on ne peut le prier de manière individuelle. Dans la prière liturgique, dans l'Eucharistie en particulier...nous ne parlons pas en tant que personne isolée mais nous entrons dans le nous de l'Eglise en prière". La liturgie n'est pas "une sorte d'auto-célébration de telle ou telle communauté mais l'accès au banquet d'une immense communauté vivante que Dieu nourrit. Elle implique l'universalité". C'est pourquoi tout chrétien "doit se sentir inséré dans ce nous universel, fondement et refuge du je au sein du corps du Christ qu'est l'Eglise". Il est donc nécessaire d'accepter la logique de l'Incarnation, par laquelle "Dieu s'est fait proche en entrant dans l'histoire et dans la nature humaine... La liturgie n'est pas la commémoration du passé mais la présence réelle du mystère pascal, dans lequel le Christ transcende et unit le temps et l'espace".

"Ce n'est pas un individu, prêtre ou laïc, ni même un groupe qui célèbre la liturgie, car elle est avant tout action de Dieu par le biais de l'Eglise. La liturgie y possède une riche tradition mais aussi sa créativité, un caractère d'universalisme et d'ouverture qui lui est propre. Ainsi la liturgie ne saurait être conçue ou modifiée par la communauté ou par des experts, puisqu'elle doit demeurer fidèle aux formes fixées par l'Eglise universelle". Dans la liturgie, a conclu le Saint-Père, l'Eglise se rend pleinement visible. La liturgie est "l'action dans laquelle nous savons que Dieu entre dans notre réel afin que nous le rencontrions". Elle est l'action "dans laquelle il vient à nous et nous éclaire".
Emmanuel Lyasse
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Message non lu par Emmanuel Lyasse »

Quelques précisions tirées de la présentation générale du Missel romain
L’acte pénitentiel

51. Ensuite, le prêtre invite à l’acte pénitentiel qui, après un bref instant de silence, est réalisé par toute la communauté en utilisant une formule de confession générale ; le prêtre la conclut par une absolution, qui n’a pas toutefois l’efficacité du sacrement de pénitence.

Le dimanche, au Temps pascal surtout, en lieu et place de l’acte pénitentiel, on peut faire la bénédiction de l’eau et l’aspersion en mémoire du baptême[56].

Le Kyrie eleison

52. Après l’acte pénitentiel, on commence toujours le Kyrie eleison, à moins que cette invocation n´ait déjà trouvé place dans l’acte pénitentiel lui-même. Puisque c´est un chant par lequel les fidèles acclament le Seigneur et implorent sa miséricorde, il est habituellement exécuté par tous, le peuple, la chorale ou un chantre y tenant leur partie.

Chaque acclamation est ordinairement dite deux fois, mais cela n´exclut pas, en raison du génie des différentes langues, des exigences de l´art musical, ou en raison des circonstances, qu´on puisse la répéter davantage. Quand le Kyrie est chanté comme faisant partie de l’acte pénitentiel, on fait précéder d’un " trope "* chaque acclamation.
Le confiteor n'est pas obligatoire. C'est une des formes possibles de l'acte pénitentiel.
La fraction du pain

83. Le prêtre rompt le pain eucharistique, aidé, le cas échéant, par le diacre ou un concélébrant. Le geste de la fraction, accompli par le Christ à la dernière Cène et qui a donné son nom à toute l’action eucharistique à l´âge apostolique, signifie que les multiples fidèles, dans la communion à l´unique pain de vie, qui est le Christ, mort et ressuscité pour le salut du monde, deviennent un seul Corps (1 Co 10, 17). La fraction commence après le rite de la paix, et se fait avec le respect qui s’impose, en évitant de le prolonger sans nécessité ou de lui donner trop d’importance. Ce rite est réservé au prêtre et au diacre.

Le prêtre rompt le pain et met dans le calice une parcelle de l’hostie pour signifier l’unité du Corps et du Sang du Seigneur dans l’œuvre du salut, c’est-à-dire le Corps du Christ Jésus vivant et glorieux. L’invocation Agnus Dei (Agneau de Dieu) est ordinairement chantée par la chorale ou le chantre, et le peuple y répond, ou bien elle est dite à haute voix. Cette invocation accompagne la fraction du pain et peut donc être répétée autant de fois qu´il est nécessaire jusqu’à ce que le rite soit achevé. La dernière fois, elle est conclue par les mots: dona nobis pacem (donne-nous la paix).
L'Agnus peut être dit trois fois, deux fois seulement, ou beaucoup plus.
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Re: Respect de la liturgie de l'Eglise

Message non lu par jean_droit »

C'est bien ce que je pense : faisons court.

Il ne faut pas trop prier ... cela risque de déranger là-haut.

La nouvelle liturgie est une liturgie à "options" chacun y prenant ce qu'il veut.
Ajoutons à cela les différents indults.

C'est pour cela que l'on trouve de tout. De belles célébrations et des célébrations médiocres.

Mais, d'une façon générale, faisons court. On prend systématiquement les formules les plus rapides.

Pour ce qui est de l'absence de plus en plus généralisée du confiteor cela va beaucoup plus loin comme je l'ai indiqué dans un précédent message. Cela est significatif des déviations actuelles de la foi.

Et comme la messe est au centre de notre prière il ne faut pas s'étonner du déclin de l'Eglise en France.
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Re: Respect de la liturgie de l'Eglise

Message non lu par jeanbaptiste »

J'ai bien dans mon missel Jounel cinq textes (en fait trois, mais il y a deux variations pour le troisième) pour la préparation pénitentielle.

Ce qui est certains c'est que depuis que je vais à la messe selon la forme ordinaire, je n'ai prononcé le confiteor qu'une ou deux fois, mais je n'ai jamais prononcé les autres textes possibles.
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archi
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Re: Respect de la liturgie de l'Eglise

Message non lu par archi »

Emmanuel Lyasse a écrit :
L’acte pénitentiel

51. Ensuite, le prêtre invite à l’acte pénitentiel qui, après un bref instant de silence, est réalisé par toute la communauté en utilisant une formule de confession générale ; le prêtre la conclut par une absolution, qui n’a pas toutefois l’efficacité du sacrement de pénitence.

Le dimanche, au Temps pascal surtout, en lieu et place de l’acte pénitentiel, on peut faire la bénédiction de l’eau et l’aspersion en mémoire du baptême[56].

Le Kyrie eleison

52. Après l’acte pénitentiel, on commence toujours le Kyrie eleison, à moins que cette invocation n´ait déjà trouvé place dans l’acte pénitentiel lui-même. Puisque c´est un chant par lequel les fidèles acclament le Seigneur et implorent sa miséricorde, il est habituellement exécuté par tous, le peuple, la chorale ou un chantre y tenant leur partie.
Le confiteor n'est pas obligatoire. C'est une des formes possibles de l'acte pénitentiel.
Dans mon diocèse, quasiment tous les prêtres confondent le Kyrie (de base, non tropé) et l'acte pénitentiel - et je sais que c'est loin d'être une spécificité du diocèse. L'aspersion est plus que rare, le confiteor, je ne l'ai entendu que quand le célébrant est un prêtre de tendance traditionnelle marquée et célébrant les 2 formes... J'ai dû entendre quelques tropes pénitentielles sans être sûr que ça soit celles du missel (mais comme on peut presque tout remplacer par "un texte approprié" on a du mal à savoir ce qui est légal ou pas, pour ne pas parler de ce qui a un sens rituellement et liturgiquement...). La plupart du temps, on passe directement au double ou triple Kyrie.

La fraction du pain

83. Le prêtre rompt le pain eucharistique, aidé, le cas échéant, par le diacre ou un concélébrant. Le geste de la fraction, accompli par le Christ à la dernière Cène et qui a donné son nom à toute l’action eucharistique à l´âge apostolique, signifie que les multiples fidèles, dans la communion à l´unique pain de vie, qui est le Christ, mort et ressuscité pour le salut du monde, deviennent un seul Corps (1 Co 10, 17). La fraction commence après le rite de la paix, et se fait avec le respect qui s’impose, en évitant de le prolonger sans nécessité ou de lui donner trop d’importance. Ce rite est réservé au prêtre et au diacre.

Le prêtre rompt le pain et met dans le calice une parcelle de l’hostie pour signifier l’unité du Corps et du Sang du Seigneur dans l’œuvre du salut, c’est-à-dire le Corps du Christ Jésus vivant et glorieux. L’invocation Agnus Dei (Agneau de Dieu) est ordinairement chantée par la chorale ou le chantre, et le peuple y répond, ou bien elle est dite à haute voix. Cette invocation accompagne la fraction du pain et peut donc être répétée autant de fois qu´il est nécessaire jusqu’à ce que le rite soit achevé. La dernière fois, elle est conclue par les mots: dona nobis pacem (donne-nous la paix).
L'Agnus peut être dit trois fois, deux fois seulement, ou beaucoup plus.
Je ne vois pas ce qui permet cette conclusion dans le passage que vous citez, à moins que le missel proprement dit ne répète la même chose. L'invocation a toujours été triple, que je sache, et les triples répétitions ont un sens bien précis et d'ailleurs évident. Dieu merci, concernant l'Agnus, c'est ce qu'on entend habituellement, quand il n'est pas remplacé par un texte débile genre "la paix ceci cela..." dont l'Agneau est absent.

Bon, plus on s'éloigne de ce qu'a toujours été le rite romain, moins on peut parler de liturgie de l'Eglise...

In Xto,
archi.
Nous qui dans ce mystère, représentons les chérubins,
Et chantons l'hymne trois fois sainte à la vivifiante Trinité.
Déposons maintenant tous les soucis de ce monde.

Pour recevoir le Roi de toutes choses, Invisiblement escorté des choeurs angéliques.
Alléluia, alléluia, alléluia.
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Re: Respect de la liturgie de l'Eglise

Message non lu par Peccator »

De ce que j'ai compris (et applique aujourd'hui) concernant l'Agnus, c'est :
- au moins 2 fois "prends pitié de nous"
- puis à la fin, "donne-nous la paix".

Au moins 2 fois, parce qu'il faut faire attention à 1 chose : le prêtre doit avoir fini la fraction du pain avant que l'on ne chante "donne nous la paix". Cela implique que si pour une raison ou pour une autre, il n'a pas fini, il faut continuer à chanter "prends pitié de nous".

Ce m'arrive régulièrement, et cela pose chaque fois des difficultés (mais je persiste) : l'orgue arrête de jouer parce qu'il pense que c'est fini, l'assemblée chante "donne nous la paix" en me faisant de gros yeux "parce que je me suis trompé", et je finis tout seul...

Cela suppose aussi que l'on prête attention à ce qui se passe sur l'autel, au lieu de rester dans sa tête, ou de fixer l'animateur de chant (ce n'est pas lui qu'il faut regarder !).



Ces derniers temps, je constate un net progrès pour ce qui est de la préparation pénitentielle. Soit nous prenons le confiteor, soit une litanie pénitentielle développant le kyrie, dans le respect des rubriques. Même les prêtres de passage qui remplacent notre curé lorsqu'il n'est pas là font attention à cela.
Cet été, nous avons eu un organiste de passage (le nôtre étant en vacance avait demandé à un ami de tenir sa place) : lorsqu'il a commencé à jouer le kyrie, tout le monde a attendu en silence qu'il s'apperçoive que quelque chose n'allait pas, puis nous avons dit le confiteor... J'ai même été impressionné de la réaction de l'assemblée (je m'attendais à entendre les gens commencer à chanter... mais non !).

J'ai constaté ce progrès dans d'autres paroisses ailleurs en France, ce n'est pas que chez nous. Et c'est systématique quand les prêtres sont plutôt jeunes : on a dû améliorer leur formation liturgique par rapport à la génération précédente.



Actuellement, pour expliciter le fait que le kyrie n'est pas un acte pénitentiel, je m'interroge sur la possibilité de le prendre (aussi) comme refrain de prière universelle. C'est historiquement sensé et cohérent (puisque c'est de là qu'il vient !), mais j'hésite toujours à faire ce genre de choses. Amener les gens à réfléchir, oui. Mais si ça choque plus qu'autre chose, alors ça ne donne pas de bons fruits...
Non pas ce que je veux, mais ce que Tu veux. Mc 14, 36
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Re: Respect de la liturgie de l'Eglise

Message non lu par Gaudens »

J'ai assisté hier soir à une messe anticipée du dimanche, manifestement destinée aux catéchumènes et à leurs encadrantes et qui avait sûrement attiré aussi nombre de parents.De fait je n'avais jamais vu tant de monde (grande église de campagne remplie au deux-tiers) alors qu'en général l'assemblée y est faible et chenue.Le curé de la paroisse(qui avait délaissé la chasuble qu'il porte en général) a averti qu'il ne suivrait pas le lectionnaire du jour.De fait,le lectures étaient différentes de celles du deuxième dimanche de Carême.:au lieu de l'épiphanie divine sur le Sinai , du psaume 107,de la première épitre aux Corinthiens (le Christ rocher spirituel)et de l'épisode des Galiléens massacrés par Pilate dans Saint Luc, , l'Evangile était celui de la manifestation de Jésus à la Samarinaine au puits de Jacob et les autres lectures à l'avenant.
De plus la lecture de l'Evangile a était faite à plusieurs voix;le prêtre parlait "in persona Christi" ( c'est bien le moins) ,une lectrice pour la Samaritaine et le choeur des enfants /catéchumènes pour les Samaritains.Je me suis demandé le pourquoi de cette imitation de l'Evangile de la Passion, en effet à plusieurs voix. Etait-ce pour motiver davantage le public des catéchumènes, en général enfantin ou très jeune ou pour faire un pendant imprégné de féminisme (les catéchistes étant des femmes) à la proclamation de l'Evangile de la Passion (où je n'ai toujours vu que des lecteurs masculins ?
Cette paroisse prend parfois de curieuses initiatives liturgiques et je me suis demandé si une certaine flexibilité de la forme ordinaire (je n'ai pas la PGMR sous la main) permettait les deux types de liberté que j'ai résumés (changement des lectures et proclamation de l'Evangile dialoguée à plusieurs lecteurs). Qu'en pensent les spécialistes du problème ?
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Fernand Poisson
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Re: Respect de la liturgie de l'Eglise

Message non lu par Fernand Poisson »

Bonjour Gaudens,

Pour l'Évangile dialogué à plusieurs voix, je ne sais pas, par contre le fait de prendre les lectures de l'Année A (puisque c'est de cela qu'il s'agit) pour les dimanches 3, 4 et 5 du Carême lorsqu'il y a des catéchumènes dans la paroisse est permis (et même encouragé).

Sur le calendrier liturgique officiel, on trouve en effet la mention : "On peut aussi, surtout dans les communautés où des adultes se préparent au baptême, employer l’évangile, et même les autres lectures, du 3e Dimanche de Carême de l’année A."

Source : https://liturgie.catholique.fr/celebrer ... turgiques/
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Kerygme
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Re: Respect de la liturgie de l'Eglise

Message non lu par Kerygme »

Bonjour Gaudens,
Gaudens a écrit : dim. 23 mars 2025, 21:43 ... pour la notification
La référence est dans PGLR n°21 (Présentation Générale du Lectionnaire Romain) :
« … On a rétabli pour l’année A, les Évangiles traditionnels de l’initiation chrétienne : Samaritaine, Aveugle-né, Lazare ressuscité ; en raison de leur importance, on peut les utiliser aussi pour les années B et C, en particulier là où il y a des catéchumènes. »

C'est parce que vous avez assisté au 1er scrutin des catéchumènes, et ce sera idem pour le deuxième et troisième scrutin; en général saint Jean année A, les 3 cités ci-dessus.

Par contre la lecture à plusieurs voix du texte de la Samaritaine ...
Ok pour la lecture de la Passion du Christ à Pâques (depuis le pupitre et non l'ambon), mais concernant l'évangile dominical c'est discutable.
Et l'Église est assez ferme à ce sujet, je n'ai pas retrouvé la référence officielle mais voici un extrait tiré d'ici
La lecture solennelle de l’Évangile à la messe est le moment le plus solennel de la liturgie de la Parole : tous doivent écouter alors comme s’ils entendaient le Christ lui-même leur annoncer la Bonne Nouvelle du salut. Le héraut de l’Évangile est le diacre ou, à son défaut, le prêtre lui-même : telle est sa dignité qu’il ne peut être proclamé, dans la liturgie, que par un ministre ordonné.
Si on s'appuie sur le texte cela peut relever d'une atteinte à la dignité de l'Évangile.
J'avais repris un prêtre qui avait fait de même, lui rappelant que la lecture de l'Évangile devait être faite par un ministre ordonné (diacre ou prêtre, dans l'ordre ); même un lecteur/acolyte institué à vie reste ministre extraordinaire et ne peut lire que les autres lectures et le psaume.
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Re: Respect de la liturgie de l'Eglise

Message non lu par Jean-Mic »

Regardons le verre plein, pas à moitié plein, mais bien le verre plein.

1/ Changement dans les lectures ? Lors des messes de scrutin, étapes majeures dans le chemin des catéchumènes vers leur baptême à Pâques, il est explicitement écrit que les lectures du dimanche sont celles de l'année A. Même les substituts de missel que sont Prions en Eglise ou Magnificat le précisent, et Kérygme l'a rappelé.
=> Donc Monsieur le curé a bel et bien eu raison et obligation de prendre ces lectures-là et pas celles du jour.

2/ Lecture à plusieurs voix ? Je vous concède que ce n'est pas habituel en dehors de la lecture de la Passion, et je vous concède également que la règle liturgique n'est pas très explicite. Au dire d'un diacre du service diocésain de liturgie, il vaudrait mieux éviter, mais ce n'est pourtant pas un interdit liturgique formel. Je poserais donc le constat sibyllin suivant : Monsieur le curé a cru bien faire dans une circonstance pastorale spécifique...
=> Accordons-lui donc le bénéfice du doute, et faisons lui crédit de son souci pastoral.

3/ Participation de femmes à la lecture à plusieurs voix ? Dès lors que le choix a été fait d'une lecture à plusieurs voix, la règle est claire : un diacre fait le narrateur (l'évangéliste, petit clin d'œil : chez Bach c'est toujours un ténor), un prêtre lit les paroles du Christ (chez Bach, une basse). Les autres rôles sont confiés à des personnes dignes, reconnues pour leur zèle, et dont la présence ne fait pas scandale. Si la communauté compte des ministres institués, on choisira prioritairement parmi eux, sinon ou les choisira parmi les fidèles reconnus par exemple des consacré(e)s, ou des catéchistes, ou tout autre laïc appelé pour ce faire par le célébrant.
=> Rien ne précise que ces ministres extraordinaires doivent être des hommes.

4/ Messe de scrutin à l'échelle paroissiale ? Quelle chance ! Il est bon et logique que les messes de scrutin soient présidées par l'évêque, puisqu'il s'agit d'une fête diocésaine. Ici, vous n'en parlez pas, j'en déduis donc que la messes de scrutin était à l'échelle paroissiale. Et probablement qu'il y en avait d'autres le même jour dans d'autres paroisses du diocèse. L'évêque ne pouvait évidemment pas les célébrer toutes. Cela signifie que votre diocèse, votre paroisse ou votre doyenné compte cette année un nombre de catéchumènes trop grand pour être tous rassemblés à la cathédrale.
=> Quelle joie de voir autant de candidats au baptême ! Si nous n'étions pas en carême, je chanterais ...
[+] Texte masqué
:chorale:
Alleluia !
Heureux ceux qui savent rire d'eux-mêmes. Ils n'ont pas fini de s'amuser !
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Re: Respect de la liturgie de l'Eglise

Message non lu par Kerygme »

Bonjour Jean-Mic,
Jean-Mic a écrit : mar. 25 mars 2025, 13:27 Je poserais donc le constat sibyllin suivant : Monsieur le curé a cru bien faire dans une circonstance pastorale spécifique...
C'est aussi ce que j'avais en tête, et merci pour tout le reste.
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Re: Respect de la liturgie de l'Eglise

Message non lu par Gaudens »

Merci à tous pour vos contributions éclairantes.Je vois mieux ce qui est peut-être discutable et ce qui ne l’est pas.
Pas de problème donc pour des lectures spécifiques pour le scrutins catéchuménaux. Une parenthèse pour Jean-Mic : pas sûr que ce diocèse (que je ne nommerais pas) croule tant que cela sous les catéchumènes,adultes en particuliers ,bien qu’un peu partout on note en effet un réel réveil.Ce diocèse n’a pas eu une seule ordination presbytérale depuis 2011,je crois bien et on peut à bon droit le dire sinistré . D’où sans doute des tentatives pastorales parfois douteuses bien que pavées de bonnes intentions….Je suis donc un peu vigilant à cet égard, dans une paroisse que je pratique depuis vingt ans .J’avais du reste attiré il y a quelques mois l’attention du curé sur certains risques et n’en ai reçu aucune réponse. On ne peut tout justifier par la pastorale et en particulirer le fait de prendre des libertés avec la liturgie comme c’est le cas dans cette proclamation à plusieurs voix,que j’aurais trouvé géniale dans le cadre d’une réunion de catéchumènes avec leurs catéchistes.Mais pas pendant la messe.
Je viens de tomber sur la citation suivante du livre du cardinal Sarah « Dieu ou rien »,que je lis en ce moment :
« Benoit XVI a souvent rappelé que la liturgie ne saurait être une œuvre de créativité personnelle*. Si nous faisons la liturgie pour nous-mêmes,elle s’éloigne du divin ;elle devient un jeu théâtral ridicule,vulgaire et ennuyeux…. ». Et en effet j’avais cette triste impression lors d’une autre occasion au même endroit.Et d’innovation en innovation ,même inspirées par le souci pastoral,on arrive vite à cela et…à vider à terme les églises quand les fidèles seront conscients de ce qu’implique les dérives répétées,même modestes..
• Il aurait pu ajouter « ou collective ».
Je rajoute pour Jean-Mic que le fait que les lectrices aient été des femmes ne change rien à mes yeux :les femmes sont des laïques comme les autres. Simplement,je m’étais demandé si une préoccupation féministe n’avait pas traversé la tête du curé pour autoriser cette multi-lecture…
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Re: Respect de la liturgie de l'Eglise

Message non lu par Trinité »

Bonsoir,

Une petite question relative à la liturgie.

Dans le cadre d'un chapelet que je '(récite) dans un groupe de priéres , je dis quelquefois pendant le "Je vous salue Marie les mots suivants :
à la place de "et Jésus, le fruit de vos entrailles " Jésus, votre enfant "
Une de mes amies du chapelet, m'a dit que cela la dérangeait, car ce n'était pas conforme à la liturgie...
Dernière modification par Trinité le jeu. 27 mars 2025, 15:31, modifié 2 fois.
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Fernand Poisson
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Re: Respect de la liturgie de l'Eglise

Message non lu par Fernand Poisson »

Bonjour Trinité,

Réponse à confirmer par de plus savants, mais je ne crois pas que le chapelet appartienne à la liturgie publique de l'Église : c'est un acte de dévotion privé. De même le "Je vous salue Marie" (sauf erreur de ma part là) n'est jamais prononcé dans la liturgie et il n'y en a donc pas de traduction "officielle". Il n'est donc pas illicite d'utiliser une traduction qui s'écarte de celle qui est le plus couramment employé, d'autant plus que celle que vous mentionnez en préserve le sens.
Mais encore une fois, je fais peut-être erreur.
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Re: Respect de la liturgie de l'Eglise

Message non lu par Kerygme »

Bonjour Trinité,

Un groupe de prières, même dans l'église-bâtiment, ne constitue pas un acte liturgique. Pour éviter la confusion, la liturgie se concentre toujours sur le Christ. Si toute la liturgie se trouve dans le temps de la messe, toute la messe n'est pas liturgie.

L'utilisation du mot "liturgie" est souvent inadaptée comme pour le mot "théologie".
Ils deviennent des mots de pouvoir, utilisés pour influencer en indiquant indirectement que c'est la norme ultime; ne jamais se laisser impressionner par les mots.


Le "je vous salue Marie" lors d'une messe devrait se situer après l'envoi du Peuple de Dieu en mission par le diacre ou le prêtre (Allez dans la paix du Christ !). C'est donc un acte de dévotion, mais il est aussi vrai que chez les catholiques anglo-saxons cette dévotion est placée ailleurs; et mal placée.

Autre exemple, quand je préside à la prière du Rosaire (mai et octobre les mois consacrés à la Vierge Marie), il y a des clausules qui sont ajoutées notamment pour les groupes du Rosaire en équipe. Cela n'a rien de scabreux, de mémoire cela fut même introduit par saint Dominique.

Cette dame fait cette remarque parce que certaines personnes n'aiment pas être bousculées dans leurs habitus; mais il n'y a rien de non respectueux dans une version plutôt qu'une autre. De même que certains utiliseront le "tu" et d'autres le "vous", ces spécificités de notre langue qui n'existent pas dans d'autres.
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