L'inaction est-elle un péché ?
Règles du forum
Initiation à la religion chrétienne, sous forme de questions & réponses, pour les chrétiens et les non-chrétiens. Cet espace n'est pas un lieu de débat mais d'exposé de la religion chrétienne ; les messages de ce forum sont modérés a priori et les réponses hétérodoxes ne seront pas publiées.
Initiation à la religion chrétienne, sous forme de questions & réponses, pour les chrétiens et les non-chrétiens. Cet espace n'est pas un lieu de débat mais d'exposé de la religion chrétienne ; les messages de ce forum sont modérés a priori et les réponses hétérodoxes ne seront pas publiées.
L'inaction est-elle un péché ?
Bonjour,
Est-ce que l'inaction, sous certaines formes et contextes, peut parfois être considérée comme un péché ? Le fait de ne pas agir dans une situation donnée :
- Un homme se fait agresser dans la rue, je le vois mais je ne vais pas l'aider, je continue mon chemin
- Je décide de ne rien faire pendant une journée où j'avais prévu de lire la Bible
- Quelqu'un critique le Christ en face de moi et je me tais en ignorant sa critique
- etc .
Je parle bien de situations où nous décidons de ne pas agir (est-ce que choisir de ne pas agir peut-il être considéré comme une action ?).
Au final, la question serait plutôt, est-ce que le péché est de toute manière déclenché par un acte, une action ou peut-il être déclenché également par un choix menant à une inaction dans un certain contexte donné ?
Est-ce que l'inaction, sous certaines formes et contextes, peut parfois être considérée comme un péché ? Le fait de ne pas agir dans une situation donnée :
- Un homme se fait agresser dans la rue, je le vois mais je ne vais pas l'aider, je continue mon chemin
- Je décide de ne rien faire pendant une journée où j'avais prévu de lire la Bible
- Quelqu'un critique le Christ en face de moi et je me tais en ignorant sa critique
- etc .
Je parle bien de situations où nous décidons de ne pas agir (est-ce que choisir de ne pas agir peut-il être considéré comme une action ?).
Au final, la question serait plutôt, est-ce que le péché est de toute manière déclenché par un acte, une action ou peut-il être déclenché également par un choix menant à une inaction dans un certain contexte donné ?
Re: L'inaction est-elle un péché ?
Bonjour Kristos,
Je me permets de vous répondre en fonction de mes faibles connaissances et je suis sûre que d'autres forumeurs avec de plus solides connaissances vous en diront plus mais selon moi:
- Situation n°1: Oui, je pèche en passant mon chemin sans tenter d'intervenir même discrètement (appeler la police, etc).
- Situation n°2 : je ne sais pas du tout. Ne pas sanctifier Dieu le dimanche est un péché.
Je pense en revanche que la gravité du péché dépend du contexte. Si vous décidez de ne pas lire la Bible par simple paresse, cela peut être considéré comme un péché (et encore, je ne suis pas sûre) mais si vous décidez de ne pas la lire parce que les conditions requises pour une lecture sereine ne sont pas réunies (vous vous trouvez bloqué dans un environnement peu propice à la lecture), je ne crois pas.
- Situation n° 3 : Je ne sais pas non plus dans le sens où cela dépend de ce que l'interlocuteur dit: est-ce un blasphème ? Une simple opinion ? La discussion semble-t-elle possible ?
En réalité je m'aperçois ne pas avoir répondu à votre question et avoue que je serais bien contente de lire les réponses des forumeurs à ce sujet...
Marie.
Je me permets de vous répondre en fonction de mes faibles connaissances et je suis sûre que d'autres forumeurs avec de plus solides connaissances vous en diront plus mais selon moi:
- Situation n°1: Oui, je pèche en passant mon chemin sans tenter d'intervenir même discrètement (appeler la police, etc).
- Situation n°2 : je ne sais pas du tout. Ne pas sanctifier Dieu le dimanche est un péché.
Je pense en revanche que la gravité du péché dépend du contexte. Si vous décidez de ne pas lire la Bible par simple paresse, cela peut être considéré comme un péché (et encore, je ne suis pas sûre) mais si vous décidez de ne pas la lire parce que les conditions requises pour une lecture sereine ne sont pas réunies (vous vous trouvez bloqué dans un environnement peu propice à la lecture), je ne crois pas.
- Situation n° 3 : Je ne sais pas non plus dans le sens où cela dépend de ce que l'interlocuteur dit: est-ce un blasphème ? Une simple opinion ? La discussion semble-t-elle possible ?
En réalité je m'aperçois ne pas avoir répondu à votre question et avoue que je serais bien contente de lire les réponses des forumeurs à ce sujet...
Marie.
- Kerygme
- Prætor

- Messages : 2299
- Inscription : jeu. 30 mai 2019, 13:12
- Conviction : Catholique romain
- Localisation : Argentoratum
Re: L'inaction est-elle un péché ?
Bonjour Kristos,
Je vous invite à découvrir l'enseignement officiel de l'Église sur le sujet.
La base étant le Catéchisme de l'Église Catholique (CEC) dans lequel vous trouverez probablement toutes les réponses que vous vous posez et sans risques d'erreurs : Le péché (articles 1846 à 1876).
Ainsi concernant votre question, voyons ce qu'ne dit le CEC en son article 1853 : On peut distinguer les péchés selon leur objet, comme pour tout acte humain, ou selon les vertus auxquelles ils s’opposent, par excès ou par défaut, ou selon les commandements qu’ils contrarient. On peut les ranger aussi selon qu’ils concernent Dieu, le prochain ou soi-même ; on peut les diviser en péchés spirituels et charnels, ou encore en péchés en pensée, en parole, par action ou par omission. La racine du péché est dans le cœur de l’homme, dans sa libre volonté, selon l’enseignement du Seigneur : " Du cœur en effet procèdent mauvais desseins, meurtres, adultères, débauches, vols, faux témoignages, diffamations. Voilà les choses qui rendent l’homme impur " (Mt 15, 19). Dans le cœur réside aussi la charité, principe des œuvres bonnes et pures, que blesse le péché.
La paresse spirituelle peut mener à l'acédie. le véritable péché de paresse.
Le «décider de...» correspondant à un «s'engager à...», mais si j'avais prévu 1 heure et que je ne fais que 30mn parce que j'ai été dérangé n'a rien de peccamineux.
Très souvent les arguments "critiques" sont basés, non sur des convictions mais, sur des ignorances ou arguments d'autrui; et souvent les mêmes, il est rare d'être confronté à de l'originalité. On peut combler ces ignorances avec calme et douceur, et aboutir à la phrase habituelle du «ah je ne savais pas». Mais pour cela il faut avoir une connaissance éclairée et droite de sa propre foi, chacun selon ce qu'il possède.
Il ne s'agit pas d'avoir raison ou de rabrouer, mais de témoigner de ce qui est vrai. Une patience bienveillante accompagnée d'une parole simple et droite peut faire effet longtemps après. Par exemple, une attitude tolérante envers celui qui peut nous blesser - ou qui sait qu'il nous blesse - peut parfois avoir plus d'effets que n'importe quel extrait ou citation.
L'erreur serait de tomber dans le syndrome du sauveur et aller jusqu'à une opposition déraisonnable, voir à poser un contre témoignage. Seul le Christ sauve, occupons nous donc de notre Salut en témoignant avec justesse et en allant jusqu'à aimer (ou supporter) nos adversaires; le Christ saura se défendre Lui-même, je le crois de taille.
Tout comme le résume le «Je confesse à Dieu», que l'on dit au moment du Kyrie à la messe, on peut pécher en pensée, en parole, par action et par omission. Ce n'est pas forcément l'agir qui définit le péché.Je parle bien de situations où nous décidons de ne pas agir (est-ce que choisir de ne pas agir peut-il être considéré comme une action ?).
Je vous invite à découvrir l'enseignement officiel de l'Église sur le sujet.
La base étant le Catéchisme de l'Église Catholique (CEC) dans lequel vous trouverez probablement toutes les réponses que vous vous posez et sans risques d'erreurs : Le péché (articles 1846 à 1876).
Ainsi concernant votre question, voyons ce qu'ne dit le CEC en son article 1853 : On peut distinguer les péchés selon leur objet, comme pour tout acte humain, ou selon les vertus auxquelles ils s’opposent, par excès ou par défaut, ou selon les commandements qu’ils contrarient. On peut les ranger aussi selon qu’ils concernent Dieu, le prochain ou soi-même ; on peut les diviser en péchés spirituels et charnels, ou encore en péchés en pensée, en parole, par action ou par omission. La racine du péché est dans le cœur de l’homme, dans sa libre volonté, selon l’enseignement du Seigneur : " Du cœur en effet procèdent mauvais desseins, meurtres, adultères, débauches, vols, faux témoignages, diffamations. Voilà les choses qui rendent l’homme impur " (Mt 15, 19). Dans le cœur réside aussi la charité, principe des œuvres bonnes et pures, que blesse le péché.
C'est un péché contre la charité si je me détourne de son sort, on peut au moins donner l'alerte si la situation est dangereuse pour soi-même. Je vous invite à lire la parabole du «Bon Samaritain», elle devrait vous aiguiller.Un homme se fait agresser dans la rue, je le vois mais je ne vais pas l'aider, je continue mon chemin
Le repos en lui-même n'a rien de condamnable, mais on peut avoir affaire à de la paresse spirituelle s'il n'y a pas eu un réel empêchement.- Je décide de ne rien faire pendant une journée où j'avais prévu de lire la Bible
La paresse spirituelle peut mener à l'acédie. le véritable péché de paresse.
Le «décider de...» correspondant à un «s'engager à...», mais si j'avais prévu 1 heure et que je ne fais que 30mn parce que j'ai été dérangé n'a rien de peccamineux.
On peut témoigner du Christ sans atteindre l'autre dans sa dignité ou en étant véhément. Comme l'enseigne saint Pierre dans sa première épître au chapitre 3 : « Honorez dans vos cœurs la sainteté du Seigneur, le Christ. Soyez prêts à tout moment à présenter une défense devant quiconque vous demande de rendre raison de l’espérance qui est en vous ; mais faites-le avec douceur et respect.» (versets 15 et 16).Quelqu'un critique le Christ en face de moi et je me tais en ignorant sa critique
Très souvent les arguments "critiques" sont basés, non sur des convictions mais, sur des ignorances ou arguments d'autrui; et souvent les mêmes, il est rare d'être confronté à de l'originalité. On peut combler ces ignorances avec calme et douceur, et aboutir à la phrase habituelle du «ah je ne savais pas». Mais pour cela il faut avoir une connaissance éclairée et droite de sa propre foi, chacun selon ce qu'il possède.
Il ne s'agit pas d'avoir raison ou de rabrouer, mais de témoigner de ce qui est vrai. Une patience bienveillante accompagnée d'une parole simple et droite peut faire effet longtemps après. Par exemple, une attitude tolérante envers celui qui peut nous blesser - ou qui sait qu'il nous blesse - peut parfois avoir plus d'effets que n'importe quel extrait ou citation.
L'erreur serait de tomber dans le syndrome du sauveur et aller jusqu'à une opposition déraisonnable, voir à poser un contre témoignage. Seul le Christ sauve, occupons nous donc de notre Salut en témoignant avec justesse et en allant jusqu'à aimer (ou supporter) nos adversaires; le Christ saura se défendre Lui-même, je le crois de taille.
« Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » (Marc 6, 31)
Re: L'inaction est-elle un péché ?
Merci Kerygme pour cette réponse éclairante! 
Marie.
Marie.
-
Gaudens
- Tribunus plebis

- Messages : 1889
- Inscription : mer. 25 avr. 2018, 19:50
- Conviction : chrétien catholique , perplexe lui aussi
Re: L'inaction est-elle un péché ?
Dans le livre du cardinal Sarah "Dieu ou rien' (p 345)je lis ceci:
"L'acédie est un mal de l'âme qui s'exprime par l'ennui, le dégoût pour la prière, le rejet ou le relâchement de la pénitence,la négligence du coeur et le désintérêt pour les sacrements ....Pour la théologie morale,l'acédie est un des sept péchés capitaux".
Cette description ressemble pas mal à celle d'un état dépressif (avec le concept difficile à comprendre de "négligence du coeur"). Or celui-ci est une souffrance, peut-être une maladie mais,j'espère vivement,pas un péché. Evidemment la frontière est d'autant plus difficile à tracer que l'acédie est un concept moral et la dépression,un concept psychologique,voire médical, deux catégories bien distinctes pour un même ressenti. D'où un certain malaise de ma part devant les paroles du cardinal.
Vos avis,svp !
"L'acédie est un mal de l'âme qui s'exprime par l'ennui, le dégoût pour la prière, le rejet ou le relâchement de la pénitence,la négligence du coeur et le désintérêt pour les sacrements ....Pour la théologie morale,l'acédie est un des sept péchés capitaux".
Cette description ressemble pas mal à celle d'un état dépressif (avec le concept difficile à comprendre de "négligence du coeur"). Or celui-ci est une souffrance, peut-être une maladie mais,j'espère vivement,pas un péché. Evidemment la frontière est d'autant plus difficile à tracer que l'acédie est un concept moral et la dépression,un concept psychologique,voire médical, deux catégories bien distinctes pour un même ressenti. D'où un certain malaise de ma part devant les paroles du cardinal.
Vos avis,svp !
Re: L'inaction est-elle un péché ?
Un péché capital est ce que l'on nomme, en termes laïcs, un vice.
Il me paraît fort juste d'avoir fait de la paresse, car tel est le nom courant que l'on donne à l'acédie, un vice moral, donc un défaut à combattre. C'est en effet un exemple très clair de disposition mauvaise, qui pousse à ne pas agir comme l'on devrait. Qu'il y ait des dispositions pathologiques à la paresse ne l'excuse pas, il y en a pour tous les péchés capitaux.
Il me paraît fort juste d'avoir fait de la paresse, car tel est le nom courant que l'on donne à l'acédie, un vice moral, donc un défaut à combattre. C'est en effet un exemple très clair de disposition mauvaise, qui pousse à ne pas agir comme l'on devrait. Qu'il y ait des dispositions pathologiques à la paresse ne l'excuse pas, il y en a pour tous les péchés capitaux.
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu
-
Gaudens
- Tribunus plebis

- Messages : 1889
- Inscription : mer. 25 avr. 2018, 19:50
- Conviction : chrétien catholique , perplexe lui aussi
Re: L'inaction est-elle un péché ?
Pardon,cher Prodigal, mais je ne suis pas du tout convaincu par l'assimilation de l'acédie à la paresse.La description donnée par le cardinal Sarah me parait d'une toute autre nature.Que la paresse soit un vice, j'en conviens mais c'est autre chose.
Re: L'inaction est-elle un péché ?
Pourtant, c'est bien vous qui avez cité cet extrait du livre du cardinal Sarah :
C'est forcément de la paresse qu'il s'agit.
Il ne s'ensuit pas que la dépression soit un péché. Elle est une maladie. Mais cette maladie peut plus facilement s'enraciner en nous si nous sommes spirituellement paresseux.
Cependant, le sujet est intéressant, je le reconnais. D'où vient que l'on se sente parfois dégoûté de tout? En est-on coupable? Cela mérite une réflexion longue, je trouve.
.Pour la théologie morale,l'acédie est un des sept péchés capitaux
C'est forcément de la paresse qu'il s'agit.
Il ne s'ensuit pas que la dépression soit un péché. Elle est une maladie. Mais cette maladie peut plus facilement s'enraciner en nous si nous sommes spirituellement paresseux.
Cependant, le sujet est intéressant, je le reconnais. D'où vient que l'on se sente parfois dégoûté de tout? En est-on coupable? Cela mérite une réflexion longue, je trouve.
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu
-
Léon
- Barbarus

Re: L'inaction est-elle un péché ?
Pour donner mon avis...
La dépression est la conséquence de la paresse, de l'acédie spirituelle, et non la cause, il me semble.
Le péché de paresse, surtout spirituelle, est très très répandu à notre époque... Il envahit presque tout, pourrait-on dire.
Les Orientaux sont assez attentifs à ce fait, et peu complaisants...
J'ai trouvé un topo assez bien fait pour aider à se débarrasser de ce péché de paresse, à le vaincre en réalité:
https://www.orthodoxes-angers.fr/commen ... esespoir-1
La dépression est la conséquence de la paresse, de l'acédie spirituelle, et non la cause, il me semble.
Le péché de paresse, surtout spirituelle, est très très répandu à notre époque... Il envahit presque tout, pourrait-on dire.
Les Orientaux sont assez attentifs à ce fait, et peu complaisants...
J'ai trouvé un topo assez bien fait pour aider à se débarrasser de ce péché de paresse, à le vaincre en réalité:
https://www.orthodoxes-angers.fr/commen ... esespoir-1
- Foxy
- Prætor

- Messages : 2514
- Inscription : ven. 01 nov. 2013, 1:14
- Conviction : catholique
- Localisation : Bretagne
Re: L'inaction est-elle un péché ?
Ce qu'a dit le Pape François au sujet de l'acédie :
https://www.vaticannews.va/fr/pape/news ... cedie.html
https://www.vaticannews.va/fr/pape/news ... cedie.html
La foi que j’aime le mieux,dit Dieu,c’est l’Espérance.
Charles Péguy
Charles Péguy
- Kerygme
- Prætor

- Messages : 2299
- Inscription : jeu. 30 mai 2019, 13:12
- Conviction : Catholique romain
- Localisation : Argentoratum
Re: L'inaction est-elle un péché ?
Ayant déjà fait une intervention à l'origine du sujet, faisons un peu d'étymologie pour les réactions récentes :
Depuis le XIIème siècle pour l'Église, « capital » est un adjectif dérivé de la racine latine « caput » (la tête) et qui signifie « principal », et non de « cardo » comme certaines références de Wikipédia. Un exemple: In persona Christi capitis, la personne du Christ Tête.
Les péchés capitaux sont ainsi qualifiés parce qu’ils sont à la tête des autres ... les principaux péchés à l'origine de tous les autres.
Par exemple, on peut commettre un meurtre par jalousie, colère ou avarice.
Selon saint Thomas d'Aquin l'orgueil étant lui même le plus « capital » des péchés capitaux.
Le vice est contraire à la vertu mais il est une habitude perverse qui obscurcit la conscience et incline au mal. Un péché capital n'est pas fondamentalement un vice car la notion d'habitude n'est pas nécessaire, un péché capital l'est dès la première fois.
L'acédie est un vice, un habitus comme l'apathie, et découle de la paresse (spirituelle), mais n'est pas que de la paresse.
Si la paresse empêche de durer dans la prière, les relations, les engagements, etc, l'acédie est aussi un manque d'entretien qui va se transformer en dégout ou en la recherche d'excuses.
D'ailleurs c'est ce que désigne le mot acédie : « a » qui est une privation donc « manque de » et « kèdos » qui veut dire « le soin ». L'acédie va découler de la paresse mais cela signifie surtout : un manque de soin (spirituel), qui là rejoint un symptôme de la dépression : le laisser aller.
Sur ce point précis, attention à ce mot fourre tout car la dépression sévère peut être due à un problème de neuro transmission nécessitant une régulation médicamenteuse, elle est différente de la dépression en son sens générique qui désigne plutôt la dépression hivernale, la déprime.
Je prends deux exemples très communs : « Je ne vais pas à la messe car j'ai trop de choses à faire en semaine » (= je me repose le dimanche) ou « je suis croyant mais non pratiquant». La paresse à l'origine de l'acédie, mais le manque de soin spirituel mènera à une « infection » de l'âme (pour imager la conséquence d'un manque de soin).
Le remède à l'acédie serait de ne pas faire les choses uniquement par envie, mais de tenir un cap, tenir bon, arrêter de laisser les événements décider à sa place. Autrement dit : la persévérance, qui elle même découle de la vertu cardinale de force.
Sur ces sujets, je vous conseillerai un livre de l'abbé Pascal IDE : Les sept péchés capitaux ou ce mal qui nous tient tête.
Ludique et amusant à lire concernant la forme, mais le fond est sérieux. Pour ceux qui n'aiment pas forcément les complications théologiques.
Belle entrée en semaine Sainte à tous.
Depuis le XIIème siècle pour l'Église, « capital » est un adjectif dérivé de la racine latine « caput » (la tête) et qui signifie « principal », et non de « cardo » comme certaines références de Wikipédia. Un exemple: In persona Christi capitis, la personne du Christ Tête.
Les péchés capitaux sont ainsi qualifiés parce qu’ils sont à la tête des autres ... les principaux péchés à l'origine de tous les autres.
Par exemple, on peut commettre un meurtre par jalousie, colère ou avarice.
Selon saint Thomas d'Aquin l'orgueil étant lui même le plus « capital » des péchés capitaux.
Le vice est contraire à la vertu mais il est une habitude perverse qui obscurcit la conscience et incline au mal. Un péché capital n'est pas fondamentalement un vice car la notion d'habitude n'est pas nécessaire, un péché capital l'est dès la première fois.
L'acédie est un vice, un habitus comme l'apathie, et découle de la paresse (spirituelle), mais n'est pas que de la paresse.
Si la paresse empêche de durer dans la prière, les relations, les engagements, etc, l'acédie est aussi un manque d'entretien qui va se transformer en dégout ou en la recherche d'excuses.
D'ailleurs c'est ce que désigne le mot acédie : « a » qui est une privation donc « manque de » et « kèdos » qui veut dire « le soin ». L'acédie va découler de la paresse mais cela signifie surtout : un manque de soin (spirituel), qui là rejoint un symptôme de la dépression : le laisser aller.
Sur ce point précis, attention à ce mot fourre tout car la dépression sévère peut être due à un problème de neuro transmission nécessitant une régulation médicamenteuse, elle est différente de la dépression en son sens générique qui désigne plutôt la dépression hivernale, la déprime.
Je prends deux exemples très communs : « Je ne vais pas à la messe car j'ai trop de choses à faire en semaine » (= je me repose le dimanche) ou « je suis croyant mais non pratiquant». La paresse à l'origine de l'acédie, mais le manque de soin spirituel mènera à une « infection » de l'âme (pour imager la conséquence d'un manque de soin).
Le remède à l'acédie serait de ne pas faire les choses uniquement par envie, mais de tenir un cap, tenir bon, arrêter de laisser les événements décider à sa place. Autrement dit : la persévérance, qui elle même découle de la vertu cardinale de force.
Sur ces sujets, je vous conseillerai un livre de l'abbé Pascal IDE : Les sept péchés capitaux ou ce mal qui nous tient tête.
Ludique et amusant à lire concernant la forme, mais le fond est sérieux. Pour ceux qui n'aiment pas forcément les complications théologiques.
Belle entrée en semaine Sainte à tous.
« Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » (Marc 6, 31)
-
Gaudens
- Tribunus plebis

- Messages : 1889
- Inscription : mer. 25 avr. 2018, 19:50
- Conviction : chrétien catholique , perplexe lui aussi
Re: L'inaction est-elle un péché ?
Je reviens sur les échanges précédents. Il me semble que tous continuent à confondre paresse et acédie ou à voir dans celle-ci la conséquence de celle-là et je crois que c’est inexact.
Tout d’abord je n’aurais pas dû poser ma question sous l’ombrelle de « L »inaction - sous entendu la paresse- est bien un péché » car cela fausse la discussion dès l’entrée. Tant pis pour moi…
En cherchant sur internet (pas toujours fiable,certes) j’ai lu que dans le courant de la définition des sept péchés capitaux initiée au IVè siècle par le Père de l’Eglise Evagre le Pontique, le pape Grégoire le Grand aurait retiré l’acédie la liste en cours de réflexion des péchés capitaux ( avec la bonne définition de cette notion rappelée par Kérygme) et l’ aurait assimilée à la tristesse plutôt qu’à la paresse, elle, en effet un péché capital. Je ne sais si ceci est bien vérifiable.
En tous cas je trouve beaucoup de sagesse et de compréhension (ce n’est pas habituel chez moi) du phénomène dans les propos du pape actuel , transmis en lien par Foxy. Il perçoit assez finement certains mécanismes psychologiques et spirituels et en particulier il aborde le lien avec la dépression, ce qui semble bien nouveau dans la réflexion sur ce sujet mais bien conforme avec ce que je crois être la réalité, sans doute parce que je la vis ainsi.
Je n’aime pas m’attarder sur des sujets personnels mais je peux dire que , n’étant pas d’un naturel paresseux, je fais à peu près tout par devoir et non par envie mais les autres effets de l’acédie (à moins d’attribuer à celle-ci ce qui ne viendrait pas d’elle ) restent lourds et présents. Par conséquent, je ne reconnait pas ce que je vis dans ce que décrit Kérygme dans les deux exemples donnés par lui . Et donc pas non plus dans le conseil qu’il donne :
« Le remède à l'acédie serait de ne pas faire les choses uniquement par envie, mais de tenir un cap, tenir bon, arrêter de laisser les événements décider à sa place. Autrement dit : la persévérance, qui elle même découle de la vertu cardinale de force ».
Pardonnez ma franchise . Je vous souhaite à tous une bonne Semaine Sainte.
Tout d’abord je n’aurais pas dû poser ma question sous l’ombrelle de « L »inaction - sous entendu la paresse- est bien un péché » car cela fausse la discussion dès l’entrée. Tant pis pour moi…
En cherchant sur internet (pas toujours fiable,certes) j’ai lu que dans le courant de la définition des sept péchés capitaux initiée au IVè siècle par le Père de l’Eglise Evagre le Pontique, le pape Grégoire le Grand aurait retiré l’acédie la liste en cours de réflexion des péchés capitaux ( avec la bonne définition de cette notion rappelée par Kérygme) et l’ aurait assimilée à la tristesse plutôt qu’à la paresse, elle, en effet un péché capital. Je ne sais si ceci est bien vérifiable.
En tous cas je trouve beaucoup de sagesse et de compréhension (ce n’est pas habituel chez moi) du phénomène dans les propos du pape actuel , transmis en lien par Foxy. Il perçoit assez finement certains mécanismes psychologiques et spirituels et en particulier il aborde le lien avec la dépression, ce qui semble bien nouveau dans la réflexion sur ce sujet mais bien conforme avec ce que je crois être la réalité, sans doute parce que je la vis ainsi.
Je n’aime pas m’attarder sur des sujets personnels mais je peux dire que , n’étant pas d’un naturel paresseux, je fais à peu près tout par devoir et non par envie mais les autres effets de l’acédie (à moins d’attribuer à celle-ci ce qui ne viendrait pas d’elle ) restent lourds et présents. Par conséquent, je ne reconnait pas ce que je vis dans ce que décrit Kérygme dans les deux exemples donnés par lui . Et donc pas non plus dans le conseil qu’il donne :
« Le remède à l'acédie serait de ne pas faire les choses uniquement par envie, mais de tenir un cap, tenir bon, arrêter de laisser les événements décider à sa place. Autrement dit : la persévérance, qui elle même découle de la vertu cardinale de force ».
Pardonnez ma franchise . Je vous souhaite à tous une bonne Semaine Sainte.
- Kerygme
- Prætor

- Messages : 2299
- Inscription : jeu. 30 mai 2019, 13:12
- Conviction : Catholique romain
- Localisation : Argentoratum
Re: L'inaction est-elle un péché ?
Bonjour Gaudens,
L'erreur est partagée, car si le sens étymologique aide à se recentrer sur les bons concepts, ce n'est pas pour autant que cela est une juste définition de l'acédie. Appelée "la pensée complexe" car elle fait le lien entre spirituel et corporel.
Alors, je vous conseillerai de jeter un œil vers les Pères du désert et particulièrement vers le diacre Évagre le Pontique; qui en partant de l'Exode parle de nos combats intérieurs au travers des 7 combats que le peuple d'Israël a dû affronter avant d'entrer en Terre promise. Huit si on ajoute l’Égypte, pharaon symbolisant Satan.
Cela donnera la liste des « huit mauvaises pensées » qui deviendront, plus tard, les sept péchés capitaux; et précisément l’acédie va disparaître alors que la paresse restera.
J'ai la référence sous les yeux dans ma bibliothèque, si cela vous intéresse et que c'est encore disponible aux éditions du Cerf : "Sur les pensées" de Évagre le Pontique.
Sinon tentez votre chance sur internet en cherchant "démon de midi" puisque c'est ainsi que la tradition monastique nomma l'acédie.
L'erreur est partagée, car si le sens étymologique aide à se recentrer sur les bons concepts, ce n'est pas pour autant que cela est une juste définition de l'acédie. Appelée "la pensée complexe" car elle fait le lien entre spirituel et corporel.
Alors, je vous conseillerai de jeter un œil vers les Pères du désert et particulièrement vers le diacre Évagre le Pontique; qui en partant de l'Exode parle de nos combats intérieurs au travers des 7 combats que le peuple d'Israël a dû affronter avant d'entrer en Terre promise. Huit si on ajoute l’Égypte, pharaon symbolisant Satan.
Cela donnera la liste des « huit mauvaises pensées » qui deviendront, plus tard, les sept péchés capitaux; et précisément l’acédie va disparaître alors que la paresse restera.
J'ai la référence sous les yeux dans ma bibliothèque, si cela vous intéresse et que c'est encore disponible aux éditions du Cerf : "Sur les pensées" de Évagre le Pontique.
Sinon tentez votre chance sur internet en cherchant "démon de midi" puisque c'est ainsi que la tradition monastique nomma l'acédie.
« Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » (Marc 6, 31)
- Kerygme
- Prætor

- Messages : 2299
- Inscription : jeu. 30 mai 2019, 13:12
- Conviction : Catholique romain
- Localisation : Argentoratum
Re: L'inaction est-elle un péché ?
PS : j'ai trouvé ce dossier intéressant et reprenant l'essentiel sur le sujet, ne pas omettre les sous rubriques "en savoir +".
« Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » (Marc 6, 31)
-
Gaudens
- Tribunus plebis

- Messages : 1889
- Inscription : mer. 25 avr. 2018, 19:50
- Conviction : chrétien catholique , perplexe lui aussi
Re: L'inaction est-elle un péché ?
Merci Kérygme pour toutes vos recommandations de lecture.J'ai lu hier celles que vous veniez de mettre en lien, c'est très intéressant , tant ce qui vient des Pères (avec la confirmation concernant Saint Grégoire -mais celui-ci mettait la tristesse au rangs péchés capitaux , douloureux... - que des auteurs modernes comme Dom Jean-Charles Nault. A méditer ...
Bonnes fêtes de Pâques à vous et à tous !
Bonnes fêtes de Pâques à vous et à tous !
Qui est en ligne ?
Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 17 invités


