Devoir implique pouvoir ?
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Forum de discussions entre chrétiens sur les questions morales et éthiques. Certaines discussions de ce forum peuvent heurter la sensibilité des jeunes lecteurs.
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- Fernand Poisson
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Devoir implique pouvoir ?
Bonjour,
J'ai depuis longtemps une interrogation qui porte sur le péché et la responsabilité. En philosophie morale, il y a un principe bien connu d'après lequel "devoir implique pouvoir". Par exemple, je ne suis pas tenu de sauter à l'eau pour sauver quelqu'un qui se noie si je ne sais pas nager.
Or on dit souvent qu'il est impossible de ne pas pécher du tout. Même le saint pèche sept fois par jour, etc. On comprend que Dieu nous reproche les péchés que nous pouvions éviter. Mais s'il est impossible de les éviter, ou au moins d'en éviter certains, comment peut-il nous les reprocher ? Comment pouvons-nous en être tenus responsables ?
Je comprendrais par exemple que Dieu nous demande de faire tout notre possible pour nous libérer du péché. Mais il est plus difficile d'admettre qu'il nous demande l'impossible et nous tient responsable si nous échouons.
Certains ici ont-ils des lumières à partager sur ce sujet ?
En Christ,
FP
J'ai depuis longtemps une interrogation qui porte sur le péché et la responsabilité. En philosophie morale, il y a un principe bien connu d'après lequel "devoir implique pouvoir". Par exemple, je ne suis pas tenu de sauter à l'eau pour sauver quelqu'un qui se noie si je ne sais pas nager.
Or on dit souvent qu'il est impossible de ne pas pécher du tout. Même le saint pèche sept fois par jour, etc. On comprend que Dieu nous reproche les péchés que nous pouvions éviter. Mais s'il est impossible de les éviter, ou au moins d'en éviter certains, comment peut-il nous les reprocher ? Comment pouvons-nous en être tenus responsables ?
Je comprendrais par exemple que Dieu nous demande de faire tout notre possible pour nous libérer du péché. Mais il est plus difficile d'admettre qu'il nous demande l'impossible et nous tient responsable si nous échouons.
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En Christ,
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Re: devoir implique pouvoir ?
Cher Fernand Poisson,
il me semble que tous les péchés sont évitables, sans exception, puisque nous ne pouvons pas être tenus coupables de ce que nous ne pouvons absolument pas éviter.
Mais cependant il est inévitable que nous péchions, et que parmi toutes les occasions de péchés nous nous montrions capables de résister, mais pas à chaque fois.
Je vous propose cette image imparfaite, mais qui me semble claire. Un bon joueur d'échecs peut toujours éviter de commettre telle ou telle erreur, et même aucune erreur n'est inévitable, mais il est inévitable qu'il y ait, sur l'ensemble de la partie, tel ou tel coup qui ne soit pas ce qu'il fallait jouer.
Donc il faut maintenir le principe que vous avez rappelé : nous ne sommes pas coupables de ce que nous ne pouvons éviter. Chaque péché en particulier peut donc être évité.
il me semble que tous les péchés sont évitables, sans exception, puisque nous ne pouvons pas être tenus coupables de ce que nous ne pouvons absolument pas éviter.
Mais cependant il est inévitable que nous péchions, et que parmi toutes les occasions de péchés nous nous montrions capables de résister, mais pas à chaque fois.
Je vous propose cette image imparfaite, mais qui me semble claire. Un bon joueur d'échecs peut toujours éviter de commettre telle ou telle erreur, et même aucune erreur n'est inévitable, mais il est inévitable qu'il y ait, sur l'ensemble de la partie, tel ou tel coup qui ne soit pas ce qu'il fallait jouer.
Donc il faut maintenir le principe que vous avez rappelé : nous ne sommes pas coupables de ce que nous ne pouvons éviter. Chaque péché en particulier peut donc être évité.
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu
- Fernand Poisson
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Re: Devoir implique pouvoir ?
Cher Prodigal,
Merci de votre réponse. Néanmoins, elle n'est pas très satisfaisante. En effet, le tout dépend des parties. Si chaque péché en particulier peut être évité, alors il s'ensuit logiquement qu'il est possible de ne jamais pécher. Bref, je ne comprends toujours pas en quoi il serait inévitable que nous péchions.
Est-ce une inévitabilité statistique, une probabilité très grande que nous avons de pécher étant donné les nombreuses occasions qui se présentent à nous ? Mais dans ce cas il reste en droit possible de ne pas pécher, même si cela est très improbable. C'est peut-être ce que vous voulez dire : en droit il serait possible de ne pas pécher mais cela est tellement difficile (à cause du nombre des occasions) que dans les faits tout le monde pèche d'une manière ou d'une autre.
Une solution acceptable mais j'ai quand même l'impression que le discours habituel sur l'impossibilité de ne pas pécher réfère plutôt à une impossibilité de droit qu'à une impossibilité de fait.
Merci de votre réponse. Néanmoins, elle n'est pas très satisfaisante. En effet, le tout dépend des parties. Si chaque péché en particulier peut être évité, alors il s'ensuit logiquement qu'il est possible de ne jamais pécher. Bref, je ne comprends toujours pas en quoi il serait inévitable que nous péchions.
Est-ce une inévitabilité statistique, une probabilité très grande que nous avons de pécher étant donné les nombreuses occasions qui se présentent à nous ? Mais dans ce cas il reste en droit possible de ne pas pécher, même si cela est très improbable. C'est peut-être ce que vous voulez dire : en droit il serait possible de ne pas pécher mais cela est tellement difficile (à cause du nombre des occasions) que dans les faits tout le monde pèche d'une manière ou d'une autre.
Une solution acceptable mais j'ai quand même l'impression que le discours habituel sur l'impossibilité de ne pas pécher réfère plutôt à une impossibilité de droit qu'à une impossibilité de fait.
Re: Devoir implique pouvoir ?
Bonjour,Fernand Poisson a écrit : ↑ven. 11 juil. 2025, 6:50 Bonjour,
J'ai depuis longtemps une interrogation qui porte sur le péché et la responsabilité. En philosophie morale, il y a un principe bien connu d'après lequel "devoir implique pouvoir". Par exemple, je ne suis pas tenu de sauter à l'eau pour sauver quelqu'un qui se noie si je ne sais pas nager.
Or on dit souvent qu'il est impossible de ne pas pécher du tout. Même le saint pèche sept fois par jour, etc. On comprend que Dieu nous reproche les péchés que nous pouvions éviter. Mais s'il est impossible de les éviter, ou au moins d'en éviter certains, comment peut-il nous les reprocher ? Comment pouvons-nous en être tenus responsables ?
Je comprendrais par exemple que Dieu nous demande de faire tout notre possible pour nous libérer du péché. Mais il est plus difficile d'admettre qu'il nous demande l'impossible et nous tient responsable si nous échouons.
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FP
Notre devoir est de faire tout ce qui est possible pour éviter le péché. La maxime "devoir implique pouvoir" ne me semble pas ajustée, la contraposée "pouvoir implique devoir" est plus évidente. Dans votre exemple, pour sauver quelqu'un de la noyade alors que je ne sais pas nager, je peux trouver d'autres voies, comme appeler du renfort, lancer une corde depuis la rive, fabriquer une bouée de fortune à lancer à l'infortuné, etc.
C'est pourquoi l'Eglise, d'une part, distingue différents types de péchés ; d'autre part, examine la responsabilité réelle de la personne dans l'acte posé.
Relire à ce sujet le catéchisme 1846-1869
En Christ,
Cgs
Mes propos qui apparaissent en vert comme ceci indiquent que j'agis au nom de la modération du forum.
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Re: Devoir implique pouvoir ?
Bonjour,
J'avais déjà cité dans un autre sujet ce passage du livre de Julienne de Norwich qui évoque ce sujet me semble-t-il.
"Dieu nous juge selon notre être substantiel naturel, qu'il garde toujours en lui, sain et sauf, éternellement. Sa justice parfaite prononce ce jugement. L'homme, lui, juge d'après sa sensualité ondoyante qui lui fait voir tantôt d'une manière, tantôt d'une autre, d'après un moi fragmentaire n'appréhendant que des expériences extérieures. Aussi ce jugement est-il confus : parfois bienveillant et ouvert, parfois rigide et sévère. En tant qu'il est bienveillant et ouvert, il est en harmonie avec la justice parfaite de Dieu. En tant qu'il est rigide et sévère, notre bon Seigneur Jésus le réforme, dans sa miséricorde et sa grâce, par sa bienheureuse passion. Il l'amène ainsi à la justice parfaite. Bien que ces deux jugements soient, de la sorte, mis en accord et unifiés, cependant ils seront, tous deux, éternellement connus au ciel séparément.
Le premier jugement, qui appartient à la justice de Dieu et donc à son amour sublime illimité, est cet admirable et suave jugement qui m'a été manifesté dans toutes ces belles Révélations où je vis que Dieu ne nous inflige aucune sorte de blâme. Bien qu'il me fut doux et délicieux à contempler, je ne pus être pleinement à l'aise, car le jugement de la sainte Église, dont j'avais eu d'abord l'intelligence, demeurait continuellement sous mes yeux. Ce jugement me donnait à penser que je devais nécessairement me reconnaître comme pécheresse. Il me faisait comprendre que les pécheurs étaient parfois dignes de blâme et de colère. Or je ne parvins pas à voir ces deux points en Dieu. Plus que je puis le dire, je voulus en savoir davantage. Car, en même temps, Dieu ne cessait de me présenter son jugement supérieur, et je devais nécessairement l'accueillir. Le jugement inférieur m'avait été enseigné, en premier, par la sainte Église : je ne pouvais en aucune façon le laisser de côté.
Tel fut mon désir : voir en Dieu comment le jugement de la sainte Église est vrai à ses yeux et comment je puis en avoir une connaissance authentique qui sauvegarde les deux jugements, afin que gloire soit donnée à Dieu et, à moi, vérité. À tout cela, je n'eus pas d'autre réponse que l'histoire exemplaire d'un seigneur et d'un serviteur, ainsi que je le raconterai plus bas : j'en eu la révélation mystérieuse. Aussi ai-je, et aurai-je toujours jusqu'à ma mort, désir et volonté de connaître ces deux jugements, autant qu'il m'appartient. Car toutes choses du ciel et de la terre sont incluses en eux. Plus nous les connaîtrons et les comprendrons sous la conduite pleine de grâce du Saint-Esprit, plus nous verrons et connaîtrons nos fautes. Et plus nous verrons ces dernières, plus nous aspirerons, selon notre nature et la grâce, à être remplis d'une joie et d'un bonheur sans fin. Voilà pourquoi nous avons été créés. Notre Moi substantiel est, par nature, présentement bienheureux en Dieu. Il l'est depuis qu'il a été créé. Il le sera sans fin." (Le livre des Révélations, chapitre 45)
J'avais déjà cité dans un autre sujet ce passage du livre de Julienne de Norwich qui évoque ce sujet me semble-t-il.
"Dieu nous juge selon notre être substantiel naturel, qu'il garde toujours en lui, sain et sauf, éternellement. Sa justice parfaite prononce ce jugement. L'homme, lui, juge d'après sa sensualité ondoyante qui lui fait voir tantôt d'une manière, tantôt d'une autre, d'après un moi fragmentaire n'appréhendant que des expériences extérieures. Aussi ce jugement est-il confus : parfois bienveillant et ouvert, parfois rigide et sévère. En tant qu'il est bienveillant et ouvert, il est en harmonie avec la justice parfaite de Dieu. En tant qu'il est rigide et sévère, notre bon Seigneur Jésus le réforme, dans sa miséricorde et sa grâce, par sa bienheureuse passion. Il l'amène ainsi à la justice parfaite. Bien que ces deux jugements soient, de la sorte, mis en accord et unifiés, cependant ils seront, tous deux, éternellement connus au ciel séparément.
Le premier jugement, qui appartient à la justice de Dieu et donc à son amour sublime illimité, est cet admirable et suave jugement qui m'a été manifesté dans toutes ces belles Révélations où je vis que Dieu ne nous inflige aucune sorte de blâme. Bien qu'il me fut doux et délicieux à contempler, je ne pus être pleinement à l'aise, car le jugement de la sainte Église, dont j'avais eu d'abord l'intelligence, demeurait continuellement sous mes yeux. Ce jugement me donnait à penser que je devais nécessairement me reconnaître comme pécheresse. Il me faisait comprendre que les pécheurs étaient parfois dignes de blâme et de colère. Or je ne parvins pas à voir ces deux points en Dieu. Plus que je puis le dire, je voulus en savoir davantage. Car, en même temps, Dieu ne cessait de me présenter son jugement supérieur, et je devais nécessairement l'accueillir. Le jugement inférieur m'avait été enseigné, en premier, par la sainte Église : je ne pouvais en aucune façon le laisser de côté.
Tel fut mon désir : voir en Dieu comment le jugement de la sainte Église est vrai à ses yeux et comment je puis en avoir une connaissance authentique qui sauvegarde les deux jugements, afin que gloire soit donnée à Dieu et, à moi, vérité. À tout cela, je n'eus pas d'autre réponse que l'histoire exemplaire d'un seigneur et d'un serviteur, ainsi que je le raconterai plus bas : j'en eu la révélation mystérieuse. Aussi ai-je, et aurai-je toujours jusqu'à ma mort, désir et volonté de connaître ces deux jugements, autant qu'il m'appartient. Car toutes choses du ciel et de la terre sont incluses en eux. Plus nous les connaîtrons et les comprendrons sous la conduite pleine de grâce du Saint-Esprit, plus nous verrons et connaîtrons nos fautes. Et plus nous verrons ces dernières, plus nous aspirerons, selon notre nature et la grâce, à être remplis d'une joie et d'un bonheur sans fin. Voilà pourquoi nous avons été créés. Notre Moi substantiel est, par nature, présentement bienheureux en Dieu. Il l'est depuis qu'il a été créé. Il le sera sans fin." (Le livre des Révélations, chapitre 45)
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Re: Devoir implique pouvoir ?
Bonjour Cgs et merci de votre réponse.Cgs a écrit : ↑ven. 11 juil. 2025, 10:30
Bonjour,
Notre devoir est de faire tout ce qui est possible pour éviter le péché. La maxime "devoir implique pouvoir" ne me semble pas ajustée, la contraposée "pouvoir implique devoir" est plus évidente. Dans votre exemple, pour sauver quelqu'un de la noyade alors que je ne sais pas nager, je peux trouver d'autres voies, comme appeler du renfort, lancer une corde depuis la rive, fabriquer une bouée de fortune à lancer à l'infortuné, etc.
C'est pourquoi l'Eglise, d'une part, distingue différents types de péchés ; d'autre part, examine la responsabilité réelle de la personne dans l'acte posé.
Relire à ce sujet le catéchisme 1846-1869
En Christ,
Je pense que nous nous comprenons mal. "Devoir implique pouvoir" signifie qu'un acte ne peut pas être moralement obligatoire si la personne n'est pas en mesure de le performer. Cette proposition est assez intuitive. En revanche, la contraposée n'est pas toujours vrai sinon tout ce que je peux faire dans une circonstance donnée (par exemple, sauter à pieds joints) serait moralement obligatoire - ce qui est absurde.
Dans l'exemple donné, je suis tout à fait d'accord avec vous que je dois essayer de sauver la personne de la noyade, en appelant à l'aide ou en utilisant les moyens que vous mentionnez. Mais précisément si j'ai un tel devoir, c'est que ces actes sont à ma portée.
Quant à la distinction des différents types de péché et à l'évaluation de la responsabilité, elles ne répondent pas à ma question.
Prenons Augustin, cité dans les passages du catéchisme que vous évoquez (n°1863) : une phrase typique de ce qui me pose question.
Le péché, même véniel, suppose la responsabilité. S'il n'y a pas responsabilité, il ne peut pas y avoir de péché. Mais s'il est impossible d'éviter les péchés véniels, comment peut-on être responsable du fait de ne pas les avoir évité ?L’homme ne peut, tant qu’il est dans la chair, éviter tout péché, du moins les péchés légers.
Bonjour Didyme,
Pardon mais je ne suis pas sûr de bien comprendre.Didyme a écrit : ↑ven. 11 juil. 2025, 13:10 Bonjour,
J'avais déjà cité dans un autre sujet ce passage du livre de Julienne de Norwich qui évoque ce sujet me semble-t-il.
"Dieu nous juge selon notre être substantiel naturel, qu'il garde toujours en lui, sain et sauf, éternellement. Sa justice parfaite prononce ce jugement. L'homme, lui, juge d'après sa sensualité ondoyante qui lui fait voir tantôt d'une manière, tantôt d'une autre, d'après un moi fragmentaire n'appréhendant que des expériences extérieures. Aussi ce jugement est-il confus : parfois bienveillant et ouvert, parfois rigide et sévère. En tant qu'il est bienveillant et ouvert, il est en harmonie avec la justice parfaite de Dieu. En tant qu'il est rigide et sévère, notre bon Seigneur Jésus le réforme, dans sa miséricorde et sa grâce, par sa bienheureuse passion. Il l'amène ainsi à la justice parfaite. Bien que ces deux jugements soient, de la sorte, mis en accord et unifiés, cependant ils seront, tous deux, éternellement connus au ciel séparément.
Le premier jugement, qui appartient à la justice de Dieu et donc à son amour sublime illimité, est cet admirable et suave jugement qui m'a été manifesté dans toutes ces belles Révélations où je vis que Dieu ne nous inflige aucune sorte de blâme. Bien qu'il me fut doux et délicieux à contempler, je ne pus être pleinement à l'aise, car le jugement de la sainte Église, dont j'avais eu d'abord l'intelligence, demeurait continuellement sous mes yeux. Ce jugement me donnait à penser que je devais nécessairement me reconnaître comme pécheresse. Il me faisait comprendre que les pécheurs étaient parfois dignes de blâme et de colère. Or je ne parvins pas à voir ces deux points en Dieu. Plus que je puis le dire, je voulus en savoir davantage. Car, en même temps, Dieu ne cessait de me présenter son jugement supérieur, et je devais nécessairement l'accueillir. Le jugement inférieur m'avait été enseigné, en premier, par la sainte Église : je ne pouvais en aucune façon le laisser de côté.
Tel fut mon désir : voir en Dieu comment le jugement de la sainte Église est vrai à ses yeux et comment je puis en avoir une connaissance authentique qui sauvegarde les deux jugements, afin que gloire soit donnée à Dieu et, à moi, vérité. À tout cela, je n'eus pas d'autre réponse que l'histoire exemplaire d'un seigneur et d'un serviteur, ainsi que je le raconterai plus bas : j'en eu la révélation mystérieuse. Aussi ai-je, et aurai-je toujours jusqu'à ma mort, désir et volonté de connaître ces deux jugements, autant qu'il m'appartient. Car toutes choses du ciel et de la terre sont incluses en eux. Plus nous les connaîtrons et les comprendrons sous la conduite pleine de grâce du Saint-Esprit, plus nous verrons et connaîtrons nos fautes. Et plus nous verrons ces dernières, plus nous aspirerons, selon notre nature et la grâce, à être remplis d'une joie et d'un bonheur sans fin. Voilà pourquoi nous avons été créés. Notre Moi substantiel est, par nature, présentement bienheureux en Dieu. Il l'est depuis qu'il a été créé. Il le sera sans fin." (Le livre des Révélations, chapitre 45)
La réponse à la question posée serait qu'en fait Dieu ne nous juge pas ? Et à la question de savoir comment cela s'accorde avec la doctrine de l'Église, la sainte répond "c'est un mystère" ? C'est un peu léger !
Re: Devoir implique pouvoir ?
Dieu ne veut pas la mort du pécheur.
Néanmoins, cela va de soi, Dieu condamne le péché, et celui qui le commet.
Il s'ensuit, me semble-t-il, que Dieu ne punit que le pécheur impénitent. Cela ne répond-il pas à votre question?
Néanmoins, cela va de soi, Dieu condamne le péché, et celui qui le commet.
Il s'ensuit, me semble-t-il, que Dieu ne punit que le pécheur impénitent. Cela ne répond-il pas à votre question?
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Re: Devoir implique pouvoir ?
Non car ce que je ne comprends pas, c'est que dans le cas de ces péchés véniels que l'on ne peut de toute façon pas éviter, il y ait qqch à pardonner ! Comment qqch qu'il n'est pas en notre pouvoir d'éviter peut-il être une faute ?
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Re: Devoir implique pouvoir ?
Je pense que le jugement supérieur de Dieu est associé à la Passion. (D'ailleurs, la sainte parle de l'histoire exemplaire d'un seigneur et d'un serviteur, histoire que j'avais citée ici)Fernand Poisson a écrit : ↑ven. 11 juil. 2025, 14:55 Pardon mais je ne suis pas sûr de bien comprendre.![]()
La réponse à la question posée serait qu'en fait Dieu ne nous juge pas ? Et à la question de savoir comment cela s'accorde avec la doctrine de l'Église, la sainte répond "c'est un mystère" ? C'est un peu léger !
Le jugement de l'Église semble d'une certaine façon dissocié de la Passion, se penche sur notre condition actuelle, sans oublier l'aspect pédagogique.
Ne pas pouvoir l'éviter par nous-même n'implique pas une absence de responsabilité.Fernand Poisson a écrit :Le péché, même véniel, suppose la responsabilité. S'il n'y a pas responsabilité, il ne peut pas y avoir de péché. Mais s'il est impossible d'éviter les péchés véniels, comment peut-on être responsable du fait de ne pas les avoir évité ?
Elle est certainement là la nuance, dans ce "par nous-même" qui à la fois explique notre chute inévitable et notre responsabilité. Car la sainteté est indissociable de l'union. La vie divine est communion, unité, amour.
Or, notre individualité et notre détournement sont à la fois cause de notre chute et de notre responsabilité.
Après, on peut voir les conséquences du péché originel dans ces péchés inévitables. Mais si on est tenté de rejeter toute la responsabilité sur le péché originel, ce serait alors oublier l'unité et la solidarité profonde du genre humain.
D'ailleurs, si on subit les conséquences du péché originel cela témoigne de notre lien/identité/unité profonde du genre humain et que nous sommes donc directement concernés par ce péché. Et c'est plus personnel mais je dirais que selon la loi de cette unité, nous sommes directement concernés par le péché de tout un chacun comme tout un chacun est concerné par mes péchés (mais encore une fois, c'est une intuition personnelle).
Il y a que même si on ne peut éviter de pécher, le fait est que l'on péche. Le péché en question c'est bien nous qui le commettons, ce qui dénote un problème chez nous.
Car s'il n'y a pas de responsabilité alors c'est qu'il n'y a pas de problème, rien à guérir, rien à sauver.
Et donc soit le péché n'est plus un péché, n'est plus un mal. Soit ce n'est pas nous qui commettons le péché que nous commettons (!?).
Et donc tout va bien, la Passion n'a pas d'utilité, le salut n'a pas de sens puisqu'il n'y a rien à sauver.
Or, si je suis responsabilisé de mon péché alors c'est que je prends conscience d'un problème chez moi et de mon besoin d'être sauvé.
Notre péché, bien que désolant, nous enseigne notre dépendance/lien à Dieu. Cela nous enseigne aussi la réalité, la vérité de l'individualisme en ses fruits et conséquences mortifères et ce qu'est véritablement la Vie en l'unité.
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Re: Devoir implique pouvoir ?
J'ai parfois l'impression que pardon est d'une certaine façon synonyme ici de rétablissement.Fernand Poisson a écrit : ↑ven. 11 juil. 2025, 21:22 Non car ce que je ne comprends pas, c'est que dans le cas de ces péchés véniels que l'on ne peut de toute façon pas éviter, il y ait qqch à pardonner ! Comment qqch qu'il n'est pas en notre pouvoir d'éviter peut-il être une faute ?
Tout comme accomplir la justice peut être entendue dans le sens de rendre juste.
L'autre est un semblable.
Re: Devoir implique pouvoir ?
« Quant à vous, soyez par conséquent parfaits comme votre Père dans les Cieux est parfait ! » Mathieu (5 : 48)Didyme a écrit : ↑ven. 11 juil. 2025, 21:30 Après, on peut voir les conséquences du péché originel dans ces péchés inévitables. Mais si on est tenté de rejeter toute la responsabilité sur le péché originel, ce serait alors oublier l'unité et la solidarité profonde du genre humain.
D'ailleurs, si on subit les conséquences du péché originel cela témoigne de notre lien/identité/unité profonde du genre humain et que nous sommes donc directement concernés par ce péché. Et c'est plus personnel mais je dirais que selon la loi de cette unité, nous sommes directement concernés par le péché de tout un chacun comme tout un chacun est concerné par mes péchés (mais encore une fois, c'est une intuition personnelle).
Pour que Dieu nous aide à y parvenir, il faut bien d’abord qu’il nous pardonne de ne pas y être parvenu. C’est compréhensible si nous oublions la question du degré du péché et les distinctions faites par les théologiens.
De fait, le dilemme si bien exposé au début du fil est celui de tout croyant, et c’est la foi (+espérance et charité) qui donne l’énergie nécessaire pour y parvenir. La foi (avec ses œuvres !) est à l’opposé du péché.
Ainsi, si tout croyant connaît le même dilemme, chacun ne pose pas la frontière au même niveau que Dieu l’a posée.
A l’extrême opposé, il y a ceux qui la posent entre péché mortel et véniel. Ils n’évitent que le premier (la faute aux théologiens) mais se croient ainsi assurés d’aller au Ciel sans trop perdre les plaisirs d’ici-bas. C’est une résolution de départ en somme, serait-elle plus ou moins dissimulée.
D’autres la mettent entre péché capital et factuel, donc avant le péché véniel, et croient ainsi viser la perfection. Je doute que ce soit celle à laquelle Dieu nous appelle et pour répondre clairement, il est tout à fait possible de la respecter ! Mais c’est insuffisant sans une contrition parfaite…
En fait, chacun a une frontière différente selon la nature du péché. On pourrait imaginer un graphique, comme il en existe dans les cabinets de recrutement et les RH, représentant cela, à la suite d’un long questionnaire subtil.
A raison (Luc -6 : 8) : « les fils de ce siècle sont en effet plus sages que le sont les fils de la lumière, dans leur histoire. » Jésus nous a reproché de ne pas être aussi astucieux et industrieux, efficaces, pour notre vie surnaturelle que nous le sommes pour le reste dans notre travail. L’écart entre ce dont nous nous montrons capables dans la vie active, et ce qui se retrouve dans la vie de l’Eglise est phénoménal !
Là, ce que je reprochais aux théologiens tout à l’heure, en revanche pourrait servir. Mais il faudrait tenir compte aussi des vertus, des béatitudes, des œuvres de miséricorde, etc.
Il n’y a qu’à voir comment sont encore gérés les registres baptismaux dans le monde… A partir de ce graphique, il y aurait des méthodes pour s’améliorer (genre exercices de St Ignace, mais on ne peut pas dire qu’il y en ait pléthore !)
Car la volonté, la motivation, cela se travaille et doit aboutir concrètement ! Or aujourd’hui dans ce domaine nous sommes déjà collectivement plutôt des nuls…
L’avis unanime est de s’attaquer là où la frontière est la plus loin de celle de Dieu, de supprimer donc les arrêtes du graphique du mauvais côté, mais de développer celles du bon côté.
Je ne développerai pas plus, car ce n’est pas répondre à la question posée, mais à celle que je devine être derrière et lui donner son sens. Ce serait pourtant la seule façon de l’éclairer et de la résoudre, et de donner à un tel fil son intérêt et du sens, à condition que ce soit alors suivi d’action. Sans quoi, cela n’aura servi à rien.
Au lieu de motivation, et « d’y aller », nous nous contentons trop de bonnes intentions et c’est le danger d’un forum de nous y conforter, qui pourtant peut aussi être un merveilleux outil. Mais selon l’endroit où chacun aura mis sa (ou ses…) frontière…
Or pour ce qui compte, il faut précisément la déplacer toujours vers celle de Dieu, et pourvu d’y parvenir il importe peu alors de savoir si nous avons dépassé celle de ce que nos théologiens qualifient de péché véniel, une chute reste une chute même après et ceux qui l’ont dépassée appellent toujours cela « péché » non sans raison.
Re: Devoir implique pouvoir ?
Mais justement, ce que vous dites est plein de bon sens. Ce que nous ne pouvons pas éviter n'est pas de notre faute.Fernand Poisson a écrit : ↑ven. 11 juil. 2025, 21:22 Non car ce que je ne comprends pas, c'est que dans le cas de ces péchés véniels que l'on ne peut de toute façon pas éviter, il y ait qqch à pardonner ! Comment qqch qu'il n'est pas en notre pouvoir d'éviter peut-il être une faute ?
Or, chaque péché commis est tel que l'on aurait pu éviter de le commettre. Ce qui dépasse notre pouvoir, c'est de ne commettre jamais aucun péché. Autrement dit, l'homme est pécheur. Mais Dieu ne veut pas la mort du pécheur. C'est pourquoi sa miséricorde est juste, et il sera beaucoup pardonné à ceux qui ont beaucoup aimé, la pénitence étant un signe de cet amour.
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Re: Devoir implique pouvoir ?
Bonjour à tous et merci de vos contributions. Je ne suis pas sûr de pouvoir continuer à répondre à tous mais je vais essayer.
Didyme,
J'ai l'impression que vous me répondez deux choses.
1) La responsabilité morale n'implique pas que l'on ait pu agir autrement mais seulement que nous soyons à l'origine de l'acte (dans les termes de la philosophie contemporaine, c'est lecture "compatibiliste" plutôt que "libertarienne" de la responsabilité).
2) Au fond, il ne faut pas donner aux termes "péché", "jugement", "condamnation", le sens qu'on leur attribue ordinairement. Dieu permet que l'homme pèche pour que celui-ci puisse sentir sa misère et comprendre qu'il a besoin de Dieu. Le péché serait alors nécessaire au salut (!). La vie sur Terre ne serait pas le lieu d'une mise à l'épreuve de notre liberté (si on donne à ses termes leur sens ordinaire) mais une école où nous nous préparons à la vision béatifique.
Le point 1 me semble pertinent et intéressant, le point 2 en revanche se rapproche dangereusement à mes yeux (pardon) d'une forme de gnose. Est-ce bien ce que vous voulez dire et est-ce bien compatible avec la doctrine catholique ?
Cmoi,
Effectivement il y a cette phrase du Christ et on peut voir derrière ma question l'enjeu dont vous parlez. Mais je précise que je ne remets pas du tout en cause la nécessité de tendre à la perfection tout en sachant que c'est impossible, et de ne pas se contenter d'éviter le péché grave. Je m'interroge simplement sur les notions de péché et de culpabilité s'agissant d'actes que l'on ne peut de toute façon pas éviter.
Prodigal,
Je suis désolé de vous conduire à vous répéter mais je vous ai déjà signalé pourquoi cette réponse ne me semblait pas satisfaisante. Si chaque péché en particulier peut être évité cela implique logiquement qu'il est possible de ne jamais pécher. Le tout dépend des parties. Ou alors il faut m'expliquer comment cela fonctionne.
Encore merci à chacun pour vos réponses.
Bon dimanche,
FP
Didyme,
J'ai l'impression que vous me répondez deux choses.
1) La responsabilité morale n'implique pas que l'on ait pu agir autrement mais seulement que nous soyons à l'origine de l'acte (dans les termes de la philosophie contemporaine, c'est lecture "compatibiliste" plutôt que "libertarienne" de la responsabilité).
2) Au fond, il ne faut pas donner aux termes "péché", "jugement", "condamnation", le sens qu'on leur attribue ordinairement. Dieu permet que l'homme pèche pour que celui-ci puisse sentir sa misère et comprendre qu'il a besoin de Dieu. Le péché serait alors nécessaire au salut (!). La vie sur Terre ne serait pas le lieu d'une mise à l'épreuve de notre liberté (si on donne à ses termes leur sens ordinaire) mais une école où nous nous préparons à la vision béatifique.
Le point 1 me semble pertinent et intéressant, le point 2 en revanche se rapproche dangereusement à mes yeux (pardon) d'une forme de gnose. Est-ce bien ce que vous voulez dire et est-ce bien compatible avec la doctrine catholique ?
Cmoi,
Effectivement il y a cette phrase du Christ et on peut voir derrière ma question l'enjeu dont vous parlez. Mais je précise que je ne remets pas du tout en cause la nécessité de tendre à la perfection tout en sachant que c'est impossible, et de ne pas se contenter d'éviter le péché grave. Je m'interroge simplement sur les notions de péché et de culpabilité s'agissant d'actes que l'on ne peut de toute façon pas éviter.
Prodigal,
Je suis désolé de vous conduire à vous répéter mais je vous ai déjà signalé pourquoi cette réponse ne me semblait pas satisfaisante. Si chaque péché en particulier peut être évité cela implique logiquement qu'il est possible de ne jamais pécher. Le tout dépend des parties. Ou alors il faut m'expliquer comment cela fonctionne.
Encore merci à chacun pour vos réponses.
Bon dimanche,
FP
Re: Devoir implique pouvoir ?
C'est tout à fait exact et c'est pourquoi j'expliquais en creux dans mon intervention précédente qu'à mon avis c'est une question de motivation.Fernand Poisson a écrit : ↑dim. 13 juil. 2025, 8:03 Si chaque péché en particulier peut être évité cela implique logiquement qu'il est possible de ne jamais pécher.
Si vraiment nous donnions à Dieu la première place... !
Contrairement à un préjugé tenace, cela n'a rien de difficile et c'est le fer de lance.
Cela ne nous fait pas vivre "à l'ouest" ou hors du monde, cela ne rend pas plus difficile le sens des réalités, n'y a-t-il pas pour répondre aux objections ce qui s'appelle "le devoir d'état" et qui n'oblige pas du coup ni n'a pour rôle de nous fournir une excuse pour s'enfoncer dans les soucis et oublier la transcendance.
Si un amoureux qui se met à penser sans cesse à l'objet de sa flamme peut très bien y parvenir sans "absences", pourquoi pas un "passionné de Dieu"? (Ne sommes-nous pas trop des blasés, des "assistés", à cause des technologies, du confort, de l'argent, des aides d'état ou autres, etc.)
En plus cela donne la pèche, la banane, la ce que vous voulez (l'espérance !) et permet de dépasser bien des offenses et tribulations, persécutions, etc.
Du matin jusqu'au soir, chanter la grandeur de Dieu dans tout ce qui se présente, n'a rien d'une illusion ni d 'un illuminisme, pourvu de l'enraciner dans une foi solide et qui ne doit pas rester statique.
La Bible est un terrain d'étude et à la fois de dépaysement et d'approfondissement du présent absolument unique et avant de se sentir en avoir atteint les limites il y a de quoi y passer pas mal de temps, autant que ces limites peuvent ensuite être reculées, et sans compter l'apostolat pour "poursuivre" ce cheminement. Car la charité, les oeuvres de miséricorde notamment spirituelles, etc. cela sert aussi à cela, et nous apporte presque plus à nous-mêmes qu'aux autres.
Il faut juste se décentrer de soi et se centrer sur Dieu, et c'est d'un grand soulagement, cela apporte une grande liberté.
En ce temps de vacances, propice aux retraites spirituelles, c'est d'ailleurs un de leurs rôles, sinon le principal.
Nous n'avons certes pas de "pouvoir" sur bien des choses, mais pour ce qui est de devenir un saint, si, tout pouvoir, car la promesse de Dieu, de sa contribution, nous est acquise.
Le tout c'est d'en faire une priorité, et quelle plus belle motivation que l'amour (avec le pardon, qui n'a besoin que d'humilité pour "racler profond" et sans jouer sur les détails) qui ici ne rencontre aucune entrave mais peut y naître petitement au départ puisqu'il y grandira et s' y renouvellera, y apprendra tant, etc.
- Fernand Poisson
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Re: Devoir implique pouvoir ?
Bonjour cmoi,
Si je comprends bien, votre position est qu'il est donc possible de ne jamais pécher. Mais si tel est le cas comment expliquer la phrase de saint Augustin que j'ai cité plus haut ? (cité dans le catéchisme au numéro 1863)
Ce que dit Prodigal me semble être la seule manière de réconcilier les deux propositions. Mais où est la logique ? Si chaque péché est évitable en particulier, il devrait logiquement s'ensuivre qu'il est possible de ne jamais pécher. À l'inverse, s'il n'est pas possible de ne jamais pécher, il s'ensuit que certains péchés en particulier ne sont pas évitables.
Comment comprendre ?
Si je comprends bien, votre position est qu'il est donc possible de ne jamais pécher. Mais si tel est le cas comment expliquer la phrase de saint Augustin que j'ai cité plus haut ? (cité dans le catéchisme au numéro 1863)
En sens contraire, la première proposition du formulaire de Jansénius, condamnée par Clément VII (source wikipédia) :L’homme ne peut, tant qu’il est dans la chair, éviter tout péché, du moins les péchés légers.
Autrement dit, il est FAUX et janséniste de dire que nous ne pouvons pas éviter certains péchés.Quelques commandements de Dieu sont impossibles aux hommes justes, lors même qu'ils veulent et qu'ils s'efforcent, selon les forces qu'ils ont dans l'état où ils se trouvent ; et la grâce qui les doit rendre possibles leur manque. = proposition téméraire, impie, blasphématoire.
Ce que dit Prodigal me semble être la seule manière de réconcilier les deux propositions. Mais où est la logique ? Si chaque péché est évitable en particulier, il devrait logiquement s'ensuivre qu'il est possible de ne jamais pécher. À l'inverse, s'il n'est pas possible de ne jamais pécher, il s'ensuit que certains péchés en particulier ne sont pas évitables.
Comment comprendre ?
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