C'était une facilité d'expression, justifiée par le fait que les théoriciens de l'évolution sont divisés sur le mécanisme de l'évolution interspécifique, entre le gradualisme d'origine de Darwin et les hypothèses saltationnistes. Cela ne concerne pas la théologie.Xavi a écrit : ↑ven. 05 sept. 2025, 10:55Non, je n’ai jamais écrit cela car une espèce ne peut jamais en faire surgir une autre.
Dans chaque lignée historique, c’est toujours la même espèce qui continue même si des modifications se produisent, et qu’après un million d’années ou même parfois après des périodes beaucoup plus courtes, les êtres de la même espèce peuvent apparaître très différents de ceux qui vivaient un million d’années auparavant.
Pour rappel, le mot « espèce » regroupe tous les individus susceptibles de se reproduire entre eux.
Je pense donc avoir bien saisi votre thèse, la dernière intervention de Perlum Pimpum permettant d'écarter quelques objections qui me venaient spontanément à l'esprit. Il subsiste cependant quelques difficultés. En voici qui me viennent à l'esprit.Xavi a écrit : ↑ven. 05 sept. 2025, 10:55Ici, il est important de rappeler que c’est bien uniquement dans l’ordre biologique que l’évolution interspécifique a été écartée et qu’il faut considérer que le corps physique des humains ne provient que d’une évolution intraspécifique.
Mais, comme vous le relevez et même s’il a pu avoir des effets physiques dans l’ordre biologique, le saut qualitatif de la création d’Adam et Ève s’inscrit dans l’ordre métaphysique.
Premièrement, l'union de l'homme et de la femme telle qu'évoquée dans la Genèse et à laquelle renvoie explicitement Notre Seigneur, ne peut s'entendre que lorsque le 'mâle' et la 'femelle' sont tous deux à l'Image de Dieu. Un couple formé d'un homme et d'une femelle, quoiqu'il en soit de leur commune espèce biologique, ne peut être "uni comme une seule chair" dans le sens biblique. Il ne peut y avoir entre eux aucun lien d'ordre spirituel. Caïn n'a donc pas quitté son père et sa mère pour s'unir à une femme, mais à une femelle, et ils n'ont pas été une seule chair. Dieu s'est trompé et a trompé.
Deuxièmement, votre thèse implique de tenir la parfaite fidélité l'un à l'autre d'Adam et Eve, puisqu'à défaut il ne peut plus être dit que tous les humains descendent d'eux. Cela n'implique pas seulement d'ailleurs une fidélité de leur part, Eve pouvant fort bien être victime de viol : Caïn présente ainsi comme une évidence le fait que l'espèce à laquelle il appartient est violente, ce qui est au demeurant cohérent puisqu'elle n'est pas à l'image de Dieu et que l'espèce en question est biologiquement orientée vers la violence à raison de son 'mode de fonctionnement' à laquelle seule l'orientation vers Dieu, i.e. les grâces praeternaturelles, permettaient d'échapper. Il faut donc tenir un postulat dont la probabilité est limitée et sur lequel la Révélation est muette.
Troisièmement, comment est-il possible d'affirmer, dans le cadre de cette hypothèse, que tous et chacun des quelques milliards de membre de l'espèce Homo Sapiens présents à ce jour sur la planète sont des descendants d'Adam et Eve ? La seule possibilité que je vois pour en avoir la certitude est de s'appuyer sur l'évènement du Déluge en prenant au sérieux l'enseignement biblique qui en affirme l'universalité, de telle sorte que Noé étant déo-imagé (j'espère que Gaudens me pardonnera ce néologisme
Ce dernier point, d'ailleurs, montre que votre hypothèse, qui s'inscrit dans le louable souci de découpler les sciences profanes de la science sacrée aux fins d'éviter toute opposition qui n'interviendrait qu'au détriment de la seconde en l'état actuel de la pensée humaine, ne fait en réalité que déplacer le problème de quelques siècles, puisqu'il faut nécessairement que tout autre représentant de notre espèce qui ne descendrait pas d'Adam et Eve ait été éliminé, résultat qui en peut être obtenu sans une cause éligible à la sagacité des sciences profanes.
Cette nécessité, d'ailleurs, ne manque pas d'interroger. Elle ne me semble pas pouvoir être discutée, dès lors que dans le cadre de votre hypothèse, il est strictement impossible de déterminer si telle personne est déo-imagée ou non. Perlum Pimpum me semble avoir visé juste en faisant valoir la difficulté, sinon l'impossibilité, d'identifier la différence spécifique entre un hominidé et un humain, à plus forte raison au sein de la même espèce biologique. Or, il y aurait contradiction à ne pas être certain que tout membre de l'espèce serait, de fait, déo-imagé et à envoyer, comme le fait Notre Seigneur, baptiser toutes les nations, dès lors qu'on ne baptise pas ce qui resterait, en dernière analyse, un animal non concerné par la nécessité du salut. Il s'en déduit donc la nécessité, au regard du plan de salut divin, de cette élimination totale. Il y a là quelque chose de dérangeant.
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