mikesss a écrit : ↑mer. 01 oct. 2025, 9:30
Quand je parle de rejeter consciemment, je parle des religions pas des hommes. Il y a des sourates du Coran qui refusent ouvertement la Trinité ou la divinité de Jésus et qui précisent bien que leur dieu n'est pas un dieu trinitaire. .
C’est exact, mais précisément, les arguments développés (car il y en a) montrent que la réalité du mystère de la Trinité, le concept nous dirions, n’a pas été compris ni perçu. Donc il ne s’agit pas d’un refus, mais d’une ignorance.
mikesss a écrit : ↑mer. 01 oct. 2025, 9:30
Et bien pour ma part, je pense justement l'inverse; s'ils seront sauvés, c'est malgré leur religion. .
Je peux le comprendre… je considérais que leur religion leur a malgré tout servi de garde-fou pour se tenir éloignés de certains péchés et s’approcher de la morale naturelle, même si elle y déroge sur certains points (polygamie…) mais l’obéissance à Dieu reste une vertu qui exonère les pratiquants sincères de ne pas appliquer alors celle-ci car/si c’est pour faire passer Dieu en premier (n’oublions pas que certains maîtres musulmans reconnaissent la supériorité de la monogamie et savent présenter et expliquer les choses historiquement.)
C’est en pensant à eux et non à leurs religions éventuelles que j’évoquais le second commandement et la question de la mesure ;
Si l’on saisit bien la chance d’être baptisé, d’être par conséquent ici-bas parmi les « premiers », la « punition » de ne pas l’être ici-bas et de n’en pas profiter serait estimée suffisante (sans compter les révélations mystiques qui laissent entendre que nous seuls pourront accéder au paradis avant le jugement dernier ) et nous ne penserions pas qu’ils seront grandement privés d’accéder au ciel – où de derniers ils pourraient bien sinon devenir alors premiers sur nous !
mikesss a écrit : ↑mer. 01 oct. 2025, 9:30
Mais si vous remerciez mon voisin en m'ignorant alors que c'est moi qui ai fait cette œuvre de sauvetage, je pourrais être conciliant et admettre qu'il s'agit d'une erreur involontaire de votre part et considérer que vous m'avez implicitement remercié, ou je pourrai considérer que vous savez très bien ce que vous faites et que c'est une forme de provocation. En toute état de cause, formellement, ce n'est pas moi que vous aurez remercié. .
Je me situais sur un plan horizontal, votre exemple sur un plan vertical. Pour y répondre, je ne crois pas à la thèse de la provocation, sauf pour des fanatiques marginaux qui ne sont en rien des exemples de pratiquants religieux.
N’oublions pas qu’il y a des tas de musulmans asiatiques, et qui n’ont jamais posé de problème lors de leur immigration !
Sans faire aucun racisme ni de politique, rien que de la sociologie, on peut se demander si le problème religieux ne se situe pas plutôt à un autre niveau lié à la culture et au tempérament des arabes, aux suites d’une certaine colonisation, etc.…
mikesss a écrit : ↑mer. 01 oct. 2025, 9:30
Vous trouvez que je manque de mesure en disant que c'est Satan qui a inspiré les fausses religions? qui voulez vous que ce soit d'autre? .
Non, je suis formellement d’accord avec tout ce que vous avez pu écrire, mais je ne considère pas les religions mais les personnes, chacune individuellement, car il s’agit bien de personnes. Et j’exclus là les fanatiques… autant que la sociologie. Je vous ai indiqué sinon ci-devant comment comprendre mon propos…
mikesss a écrit : ↑mer. 01 oct. 2025, 9:30
Je ne vois pas en quoi le fait que d'être élevé à une charge rabaisserait la vertu; au contraire, plus la charge est élevée, plus la vertu est nécessaire pour la remplir correctement; pour St Thomas d'Aquin la vertu est une habitus de l'âme dans le bien.
Le problème qu'il y a voir la prise de responsabilités comme un droit est qu'elle a tendance, je pense, à ôter la notion de service et a banaliser quelque chose qui n'est pas ordinaire; pour moi, une charge est un service rendu , c'est un honneur que d'avoir été jugé digne de cette fonction, et c'est un devoir d'endosser les responsabilités quand il s'avère qu'on est la personne adaptée à la situation et au poste. Mais le considérer comme un droit, c'est la porte ouverte aux personnes qui agissent par intérêt, c'est la porte ouverte aux promotions sans aucun sens, juste parce qu'il y a droit... c'est un peu sur ce principe là que fonctionnent les quota en France. On ne nomme pas quelqu'un parce que cette personne serait compétente, mais parce qu'on estime que cette frange de la population a ce droit et que ne pas le faire serait une inégalité et une injustice.
Je comprends parfaitement ce que vous écrivez et partage votre crainte. La solution proposée par ma citation ne dévalue pas la vertu, ni ne tombe dans du relativisme. Elle cherche précisément à pallier ce qui fait votre crainte, mais pas seulement.
Il faut y voir une promotion ou une mise en application de l’humilité. Le « sens de l’honneur », très souvent dévie sur soi des hommages qui doivent être rendus à Dieu, et conduit à l’orgueil. Dès que le saint qui se sait saint se sent « mériter » quoi que ce soit il perd en sainteté s’il ne le rapporte pas à Dieu en « serviteur inutile ».
Dans la phrase « nul n’est bon sinon Dieu seul », on peut remplacer la bonté par chaque vertu et s’obliger à rester mentalement « en bas » : cela rejoint ce que vous écrivez sur l’esprit de service mais va plus loin qu’une opposition bien/mal, là où seulement peut se résoudre le dilemme.
Sans quoi vous susciterez (à tort ou à raison peu importe !) jalousies, mesquineries, bombages de torse, sentiments de non-reconnaissance et de dévalorisation, etc.
mikesss a écrit : ↑mer. 01 oct. 2025, 9:30
A ce sujet, l'existence de la chambre des larmes au Vatican est éloquente; tous ces papes ont accepté une charge comme un devoir et non comme un droit, malgré le fait que cela leur pesait.
Je crains que là vous n’idéalisiez ou généralisiez… Mais on sort du sujet.
mikesss a écrit : ↑mer. 01 oct. 2025, 9:30
Si les juifs avaient reconnu le Christ comme le Messie, le problème aurait été le même pour deux raisons:
- d'une part, parce que c'est une religion dont le but ultime est l'attente du messie; à partir du moment ou celui-ci est arrivé, le judaïsme n'a plus de raison d'être; c'est la signification du voile du temple déchiré au moment de la mort de Jésus: le Sauveur nous a racheté comme Dieu l'avait promis, toutes les promesses de l'ancien testament ont été honorées ("tout est consommé") et donc cet ancien testament laisse donc la place au nouveau, à cette nouvelle alliance.
- d'autre part, le Christ est venu enseigner une religion universelle, s'adressant à tous les hommes alors que le judaïsme s'adressait au peuple élu;
Vous oubliez que AT et NT ne sont pas en contradiction, et que même l’AT éclaire le NT mieux que tout ce qui s’en est suivi car s’y trouve encore et pour toujours la parole de Dieu, donc non, cela n’avait pas vocation de disparaître, c’est avoir une vision trop étroite et purement historique, événementielle de ce qui ne l’était pas mais s’est adapté à l’humanité. Vous donnez à des choses contingentes une trop grande valeur d’absolu. Notre religion se nourrit de l’AT autant que du NT, sans quoi elle « manquerait » la compréhension de Dieu lui-même.
Beaucoup de chrétiens pensent comme vous, ce serait un sujet à part entière… qui induit certaines erreurs de compréhension, même qui parfois viennent d’un rapprochement défectueux entre l’AT et le NT.
Il y a bien des contradictions dans les textes et qu’il nous appartient de résoudre et de la bonne façon. Je pense à ce propos que la « synthèse officielle » a encore des progrès à faire notamment quant à l’interprétation de la Passion (cf. mon échange avec PP) comme d’une nécessité « de droit divin » -bien qu’elle soit atténuée par la reconnaissance aussi que Dieu aurait pu faire autrement. Il y a des contradictions qui sont les nôtres et non pas celles qui correspondent à des questions par lesquelles Dieu stimule nos neurones grâce à l’Ecriture Sainte.
mikesss a écrit : ↑mer. 01 oct. 2025, 9:30
Alors peut être que si tous les juifs avaient reconnu le Messie, le christianisme se serait structuré au départ sur cette organisation préexistante, mais ce ne serait pas la même religion pour autant.
Précisément : pas la même, mais pourtant la religion du Christ Jésus. La part d’humain dans notre religion est bien plus grande que ce qui habituellement est supposé, et du coup des parties revêtues d’infaillibilité par défaut ne la justifient pas et en sont à exclure.
La liberté que Dieu nous donne est incommensurablement plus grande que ce que nous voudrions, car il est plus rassurant et facile d’obéir.
mikesss a écrit : ↑mer. 01 oct. 2025, 9:30
Et puisque vous parlez des apôtres qui pratiquaient la religion juive, c'est justement tout le sujet du conflit d'Antioche, conflit plus que complexe car beaucoup de choses restaient à éclaircir. En tout état de cause, un juif qui se convertit maintenant se sera plus tenu aux préceptes juifs.
Ce conflit était très ciblé dans sa retransmission et sa manifestation, mais oui, on y est, et tout n’a pas vraiment été encore éclairci.
mikesss a écrit : ↑mer. 01 oct. 2025, 9:30
A nous, donc de travailler à convertir les individus.
Oui, nous sommes bien en phase et en effet, il n’y a pas que les autres religions, il y a désormais aussi les athées et agnostiques.
mikesss a écrit : ↑mer. 01 oct. 2025, 9:30
Clairement pas; je veux dire que le côté religieux de la question n'est qu'une excuse pour légitimer des prétentions politiques; s'il y avait eu la séparation de l'Eglise et de l'Etat à l'époque, sans doute qu'ils auraient trouvé une autre excuse pour arriver à leurs fins. Comme lorsque les Anglais ont brûlé Ste Jeanne d'Arc, on a utilisé des prétextes religieux, mais ce n'était que de la poudre aux yeux (éventuellement pour se donner bonne conscience); en réalité, l'objectif était politique.
Et dans un état laïc, on retrouve les mêmes procédés de se servir de causes nobles pour justifier des actes qui ont une raison moins noble (cf l'intervention américaine en Irak, les différentes lois sur le séparatisme, mémorielles et autres...
Là aussi, nous sommes en phase, mais il n’était pas évident que c’était pour cela que vous vouliez « durcir » le côté religieux afin d’en maintenir l’existence (influencé par votre objectif final de voir le catholicisme présider aussi au niveau politique).
Ma position étant que le problème étant politique, il faut rester au niveau politique pour le résoudre et garder de côté le religieux.
2 approches différentes or la vôtre me semble dans sa non-contradiction, contradictoire : il ne s’agit pas de faire de la conversion des citoyens une excuse pour que le catholicisme règne, lequel règne ne doit en être qu’une émanation prophétique quand cette conversion serait. Ce qui prime n’est pas la supériorité politique du Christ Roi, car il ne règne que dans les cœurs et ce règne consiste à leur déléguer les gestions subalternes quand ils seront bien infusés de l’Esprit-Saint, ce qui ne passe pas par une éducation ou des systèmes politiques.
mikesss a écrit : ↑mer. 01 oct. 2025, 9:30
Non, il ne s'agissait pas du principe de réalité, mais de principe généraux. l'application concrète étant un autre problème. Si on prend par exemple le Syllabus de Pie IX, il s'agit d'une liste de proposition condamnées; ça veut bien dire qu'elles sont fausses, pas qu'elles ne sont pas applicable à l'instant T.
Et je tient à préciser qu'il n'est pas question dans ces encycliques de culture catholique mais de la religion catholique, ce qui est grandement différent.
Il faudrait que je retrouve sur le forum où la question du syllabus avait été abordée et où je montrais à Cinci, qu’il était possible de concilier le Syllabus avec des affirmations de Vatican II qui sembleraient au premier abord en contradiction. Bref, l’infaillibilité n’implique ni n’inclut l’omniscience, et donc il reste « dans la réalité » des applications à moduler.
Il y a un moment forcément où il faut arrêter de se poser ce genre de questions et de se livrer à ce genre exercice pour prendre la nouveauté telle qu’elle est : à savoir que Vatican II émet des réserves certaines à l’affirmation (pour certaines) qui serait contraire au Syllabus et que dans ces réserves peuvent se placer les attendus de cette ancienne encyclique. Mais elle part d’une présentation différente, plus tolérante et neutre – neutralité qu’un traditionaliste refuse, au nom de la gloire de Dieu et de sa foi – et ces réserves sont en fait avancées comme vérités de départ et ont été ressenties par certains croyants comme offensantes, car elles donnaient raison dans un certain sens à ceux qui continuaient à maugréer, après que l’Eglise les avait fait taire en étouffant ce qui les justifiait.
De plus en plus, l’Eglise cherche à être précise dans ce qu’elle affirme afin d’éviter ce genre de « flou » qui ne résout pas mais entérine des désaccords internes et suscite des conflits larvés. Avec le temps qui passe, les mœurs évoluent, et la marge d’interprétation s’agrandit qui demande des précisions nouvelles tenant compte de la sensibilité contemporaine et s’y adaptant…
Pour prendre un exemple : le point 35 concernant Rome, doit être considéré dans l’esprit et non de façon littérale. Si une bombe atomique tombait sur Rome, le Saint-Siège serait déplacé sans que ce soit une « offense » faite à cet article !
Là encore, c’est un autre sujet…
mikesss a écrit : ↑mer. 01 oct. 2025, 9:30
La condamnation de l'Action Française portait bien sur les livres naturalistes et agnostiques de Maurras; les raisons de Pie XI derrière ces condamnations étaient peut être autres, mais elle n'entrent pas dans le magistère. Et d'ailleurs, cette condamnation a été levée sous Pie XII, car il estimait, contrairement à son prédécesseur, que Maurras n'avait pas été si mauvais chrétien que ça.
Non seulement les raisons mais surtout les conséquences. Quoiqu’il en soit, ce litige ne date pas d’aujourd’hui et ce n’est pas le lieu pour en parler.
Toutefois, je trouve que la place donnée à Maurras dans la défense du royalisme qui devient un militantisme est fort exagérée : c’est comme si Thomas d’Aquin était protestant et que sa théologie était estimée plus importante que le magistère.
Donc je suis très en marge de ce débat.