La foi nécessaire au salut
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Forum de discussions entre chrétiens sur les questions de théologie dogmatique
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La foi nécessaire au salut
« Sans la foi, nul ne peut plaire à Dieu » (Hb. XI, 6), car la foi théologale est la racine de la charité. « Le but du commandement, c'est une charité venant d'un cœur pur, d'une bonne conscience, et d'une foi sincère. Quelques-uns, s'étant détournés de ces choses, se sont égarés dans de vains discours ; ils veulent être docteurs de la loi alors qu’ils ne comprennent ni ce qu'ils disent ni ce qu'ils affirment. » (I Tim. I, 5-7). Se sont égarés ceux qui, oubliant que la charité est un amour théologal pour le Dieu de la foi théologale, ont affirmé qu’une foi naturelle et païenne en un Dieu rémunérateur ainsi aimé peut suffire au salut. Certes le verset ne fait pas explicitement référence au Dieu chrétien : « sans la foi il est impossible d’être agréable à Dieu, car pour s'approcher de lui il faut croire qu’il existe et qu'il récompense ceux qui le cherchent. » (Hb. XI, 6). Mais il est précisé par d’autres, qui prouvent la nécessité absolue de la foi chretienne pour le salut : de la foi explicite aux articles fondamentaux de la foi chrétienne.
1. La foi nécessaire au salut est la foi chrétienne. « Qui n’est pas avec moi est contre moi, et qui n’amasse pas avec moi dissipe. » (Mt. XII, 30). « Car il n'y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés. » (Ac. IV, 12). « Alors Pierre, rempli du Saint-Esprit, leur dit : ‘‘Chefs du peuple, et anciens d'Israël, puisque nous sommes interrogés aujourd'hui sur un bienfait accordé à un homme malade, afin que nous disions comment il a été guéri, sachez-le tous, et que tout le peuple d'Israël le sache ! C'est par le nom de Jésus-Christ de Nazareth, que vous avez crucifié, et que Dieu a ressuscité des morts. C'est par lui que cet homme se présente en pleine santé devant vous. Jésus est la pierre rejetée par vous qui bâtissez, et qui est devenue la pierre angulaire. Il n'y a de salut en aucun autre ; car il n'y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés.’’ » (Ac. IV, 8-12).
2. Il ne peut s’agir d’une foi exclusivement implicite. « Celui qui n’honore pas le Fils n’honore pas le Père qui l'a envoyé. » (Jn. V, 23). « Reconnaissez à ceci l’Esprit de Dieu : tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu en la chair est de Dieu ; et tout esprit qui ne confesse pas Jésus n’est pas de Dieu, c’est celui de l’antéchrist » (I Jn. IV, 2-3). « Si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans ton cœur que Dieu l'a ressuscité des morts, tu seras sauvé. Car c'est en croyant du cœur qu'on parvient à la justice, et c'est en confessant de la bouche qu'on parvient au salut, selon ce que dit l'Écriture : ‘‘Quiconque croit en lui ne sera point confondu’’… Car quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. Comment donc invoqueront-ils celui en qui ils n'ont pas cru ? Et comment croiront-ils en celui dont ils n'ont pas entendu parler ? Et comment en entendront-ils parler, s'il n'y a personne qui prêche ? Et comment y aura-t-il des prédicateurs, s'ils ne sont pas envoyés ? … Mais tous n’ont pas obéi à l’Évangile. Aussi Isaïe dit-il : Seigneur, qui a cru à notre prédication ? Ainsi la foi vient de l’audition de la prédication, et la prédication se fait par la parole de Dieu. » (Rm. X, 9-17). « Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde. » (Mt. XXVIII, 19-20).
Conséquemment, puisque toute relation présuppose un fondement absolu, la filiation surnaturelle adoptive des enfants de Dieu est une relation ayant pour unique fondement la charité (assimilée à la grâce sanctifiante) : la charité spécifiée par la foi explicite au Christ Jésus. Ce n’est que dans la foi explicite au Christ que nous pouvons devenir surnaturellement fils et filles de Dieu, « car vous êtes tous fils de Dieu par la foi en Jésus-Christ ; vous tous, qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ. » (Ga. III, 26). On peut certes considérer que cette relation a un double fondement, inchoactif et naturel par l’infusion de l’âme spirituelle directement par Dieu, terminatif et surnaturel par l’infusion en cette âme de la charité sainte. Si donc les hommes sont, d’un certain point de vue, inchoactivement tous fils de Dieu, ne sont véritablement fils et filles de Dieu que ceux-là seuls qui vivent et meurent en état de grâce. « Car quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, et ma sœur, et ma mère. » (Mt. XII, 50). Or de toute évidence ce n’est pas faire la volonté du Père que n’être pas en état de grâce mais de péché mortel. La conclusion s’impose donc : seuls les membres vivants du Corps mystique sont formellement fils et filles de Dieu ; les autres ne le sont qu’inchoactivement, matériellement, dispositivement, non-formellement.
La nécessité absolue de la foi théologale explicite à ses articles fondamentaux résulte du fait que la foi spécifie la charité qui vivifie la foi ; de sorte que sans la foi théologale explicite au Dieu trine et incarné, nul adulte n’aimera Dieu de charité, amour surnaturel pour le Dieu de la foi théologale. Il suffira de restreindre la charité théologale à un amour naturel par son objet pour la paganiser, la profaner, la naturaliser, en étendant le bénéfice de la foi implicite à la totalité des articles de la foi divine et catholique. La charité n’est pourtant pas surnaturelle seulement par son mode, l’infusion divine, mais d’abord par son objet. Surnaturelle d’abord parce que l’objet est le bien surnaturel incréé qu’est Dieu. Surnaturelle et théologale ensuite parce que le Surnaturel incréé est le Dieu de la foi théologale : le Dieu Trine incarné en la seconde de ses hypostases. Surnaturelle et théologale enfin parce que c’est comme tel, Trine, que Dieu exige être aimé : aimer le vrai Dieu c’est aimer le Dieu Trine. Ce dernier point est incontestable à la lecture de la Bible : la confession du Fils (I Jn. II, 23 ; V, 10-12) et le baptême trinitaire (Mt. XXVIII, 19) sont nécessaires au salut de nécessité de moyen.
La foi est un assentiment intellectuel commandé par la volonté. L’acte de foi théologale va à son tour spécifier l’acte de volonté pour qu’elle émette l’acte de charité, afin qu’enfin la charité vivifie la foi. La volonté impère la foi ; la foi spécifie la charité. La foi qui justifie (Rm. III, 22, 30, IV, 16 ; Ga. III, 8) est celle vivifiée par la charité (I Cor. XIII, 1 ; Ga. V, 6) : la foi spécifie la charité qui vivifie la foi. De même quant aux vertus infuses : la vertu infuse de charité est de sa nature même spécifiée par la vertu infuse de foi. Aussi peut-on dire que le siège de l’habitus de foi infuse est autant l’intellect que la volonté, l’intellect siègeant dans la volonté à titre de partie intégrante de la volonté qu’il informe (spécifie), tant habituellement qu’actuellement, et si actuellement, pour autant que la volonté l’accepte, accepte de s’exercer en se conformant au dictamen de la foi surélevant la raison. Bref, l’intellect est une partie intégrante de la volonté, le primat est au vouloir, la volonté est la reine des facultés, la charité est la vertu totale.
La foi explicite aux articles fondamentaux du christianisme, ceux ayant le Dieu Trine pour objet, est nécessaire pour spécifier l’acte théologal de charité. Les articles fondamentaux de la foi théologale (Dieu Trine, incarné, sauveur et juge, tête de l’Église en grâce qui est son corps vivant) sont nécessaires au salut de nécessité de moyen absolue, c'est-à-dire qu’ils sont par décret divin si absolument nécessaires au salut de l’adulte, qu’à défaut d’user de ces moyens, rien ne pourra y suppléer, et l’homme sera damné. Cette nécessité de moyen n’est absolue qu’en un sens précis. La fin à laquelle le moyen s’ordonne est Dieu, Dieu aimé dans la gloire du Ciel. Dieu fin dernière surnaturelle absolue s’atteint dans la charité, spécifiée ici-bas par la foi théologale, au-delà par la vision intuitive. Cette fin n’est nécessaire que conditionnellement. À condition que Dieu veuille librement créer, est nécessaire (nécessité conditionnelle ou de conséquence) qu’il se veuille comme fin dernière surnaturelle absolue de sa création. Le moyen ordonné à cette fin ne pouvant avoir davantage de nécessité que la fin à laquelle il s’ordonne, sa nécessité n’est que conditionnelle. Si nonobstant on parle de la nécessité absolue du moyen, c’est en tant que ce moyen est la condition sine qua non d’atteindre la fin dernière surnaturelle absolue, là où d’autres moyens, qui ne sont nécessaires à l’obtention de cette fin que de nécessité de précepte, peuvent être suppléés par d’autres. La nécessité absolue de la foi théologale explicite à ses articles fondamentaux résulte du fait que la foi spécifie la charité, qui vivifie la foi, de sorte que sans la foi théologale explicite au Dieu Trine incarné en l’une de ses hypostases, l’amour surnaturel pour le Dieu de la foi théologale n’existe pas. Nul adulte ne peut donc poser des actes de charité sans avoir la foi théologale explicite aux articles fondamentaux de la vraie foi, divine et catholique. Quant aux enfants, suffit à leur salut que la vertu théologale de charité leur soit infuse, en tant qu’en elle la vertu théologale de foi, qui spécifie la charité, l’est aussi.
La vie en Christ est surnaturelle par essence !
La foi implicite ne suffit au salut qu’à celui qui, ayant la foi explicite aux articles fondamentaux de la foi théologale (Dieu Trine, Incarné, Sauveur et Juge, Tête de l’Église en grâce qui est son corps vivant), ignore de bonne foi les autres articles. En l’absence complète de foi surnaturelle explicite, la foi implicite entendue par certains incertains, incertains certains, comme suppléance aux articles fondamentaux de la foi théologale surnaturelle explicite, suppléance qu’ils imaginent trouver dans la vie naturellement vertueuse – pour autant qu’elle le soit – de l’infidèle négatif, ne suffit aucunement au salut. Le salut suppose la charité, qui suppose d’être spécifiée à tout le moins par les articles fondamentaux de la foi théologale explicite : « tout esprit qui ne confesse pas Jésus n’est pas de Dieu ». Aussi la foi exclusivement implicite ne supplée-t-elle pas, n’est aucunement justifiante, quoiqu’elle puisse disposer (disposition naturelle éloignée), en union à une vie moralement et naturellement droite, à la justification par la foi théologale et formée. La foi implicite ne suffit au salut qu’à celui qui, ayant la foi explicite aux articles fondamentaux de la foi théologale, ignore de bonne foi les autres articles. En l’absence complète de foi explicite au Dieu Trine de la foi théologale, la foi théologale n’existe pas. La foi théologale exclusivement implicite qu’imaginent certains, qu’ils pensent trouver dans la vie naturellement vertueuse et la croyance au Dieu Un, ne suffit aucunement au salut de l’infidèle négatif. Car nonobstant que voulant Dieu soit implicitement voulu la Trinité, la foi explicite au Fils de Dieu est l’unique moyen du salut : « Qui nie le Fils n'a pas le Père ; qui confesse le Fils a aussi le Père. » (I Jn. II, 23). Nier le Fils est l’acte de l’infidèle positif. Ne pas confesser le Fils est l’acte de l’infidèle négatif. Aussi la foi exclusivement implicite ne peut aucunement être théologale, par défaut de motif et d’objet. Incapable de suppléer à l’absence de foi explicite aux articles fondamentaux, la foi exclusivement implicite n’est pas une disposition surnaturelle prochaine à la justification de l’infidèle négatif, n’étant qu’une disposition naturelle éloignée à cette justification, pour autant que l’infidèle conjoigne dispositivement l’exigence d’une vie morale naturellement droite à la croyance naturelle au Dieu Un et rémunérateur. Le salut de l’infidèle négatif suppose sa conversion à la vraie foi, fut-ce à l’article de la mort, conséquemment à une grâce d’illumination : nul infidèle spécifique, ni positif ni négatif, n’hérite du Royaume de Dieu.
Le seul cas où l’absence de foi théologale explicite au Dieu Trine fut cause dispositive surnaturelle prochaine à la justification était celui des justes de l’Ancien Testament, car leur foi était théologale par son principe, par son mode, par son objet. Par son principe, Dieu véritablement révélant ; donc aussi par son objet, Dieu révélé, et par son mode. Par son motif donc aussi par son objet, car c’était vraiment Dieu qui se révélait en une révélation qui, implicitement trinitaire en son sens littéral, l’était explicitement en son sens plénier, comme appert de Gn. XVII. Par son principe donc aussi par son mode surnaturel, la grâce actuelle à laquelle les croyants d’une révélation surnaturelle ayant véritablement Dieu pour auteur et objet coopéraient en posant l’acte surnaturel de foi théologale disposant à leur justification opérée dans l’amour du Dieu révélant et révélé et de sa Loi, expression de sa Volonté signifiée.
On voit donc ce qui distingue la foi théologale vétérotestamentaire de la foi préternaturelle satanique de ceux qui, ayant renié Dieu en crucifiant son Fils, ont immédiatement cessé d’être d’Église. L’Église d’avant l’Église était déjà l’Église, l’Église militante prise in fieri plutôt qu’in esse. Mais depuis son refus d’être l’Église, Corps du Christ, par son refus du Christ, elle n’est plus que la synagogue de Satan de ceux qui se disent juifs mais ne le sont pas (Ap. III, 9), israélites selon la chair (I Cor. X, 18) mais non selon Dieu (Ga. VI, 12-16), vestige préternaturel satanique de la socièté divine qu’elle était autrefois, objet d’opprobre et de réprobation sempiternelle tant qu’elle ne reconnaitra pas Jésus comme Dieu et Messie d’Israël. « Vous ne me verrez plus désormais, jusqu'à ce que vous disiez : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » (Mt. XXIII, 39). « Je m’en vais ; vous me chercherez, et vous mourrez dans votre péché. Là où moi je vais, vous ne pouvez pas aller. » (Jn. VIII, 21). « Car les enfants d'Israël resteront longtemps sans roi, sans chef, sans sacrifice, sans statue, sans éphod, et sans théraphim. Après cela, les enfants d'Israël reviendront ; ils chercheront l'Éternel leur Dieu, et David leur roi ; et ils tressailliront à la vue de l'Éternel et de sa bonté, dans la suite des temps. » (Os. III, 4-5). « Esaïe, de son côté, s'écrie au sujet d'Israël : Quand le nombre des fils d'Israël serait comme le sable de la mer, un reste seulement sera sauvé. Car le Seigneur exécutera pleinement et promptement sur la terre ce qu'il a résolu… Les païens, qui ne cherchaient pas la justice, ont obtenu la justice, la justice qui vient de la foi, tandis qu'Israël, qui cherchait une loi de justice, n'est pas parvenu à cette loi. Pourquoi ? Parce qu'Israël l'a cherchée, non par la foi, mais comme provenant des œuvres. Ils se sont heurtés contre la pierre d'achoppement, selon qu'il est écrit : Voici, je mets en Sion une pierre d'achoppement et un rocher de scandale, et celui qui croit en lui ne sera pas confondu. » (Rm. IX, 24-33). « Or, si leur chute a été la richesse du monde, et leur amoindrissement la richesse des païens, combien plus en sera-t-il ainsi quand ils se convertiront tous. Je vous le dis à vous, païens, en tant qu’apôtre des païens je glorifie mon ministère, afin, s'il est possible, d'exciter la jalousie de ceux de ma race, et d'en sauver quelques-uns. Car si leur rejet a été la réconciliation du monde, que sera leur réintégration, sinon une vie pour ceux qui sont morts ? » (Rm. XI, 12-15).
On voit encore tout ce qui distingue la foi théologale de la foi préternaturelle satanique des mahométans. Leur foi n’est pas surnaturelle. Elle ne l’est ni par son motif, Dieu n’étant aucunement l’auteur du Coran ; ni par son mode, l’assentiment de foi satanique et mahométane n’étant posé par les infidèles que moyennant le concours général de Dieu aux actes objectivement mauvais, nullement sous l’influence surnaturelle d’une grâce actuelle ; ni par son objet, puisque niant explicitement Dieu le vrai Dieu, le Dieu de la foi théologale, en niant sa Trinité, son Incarnation, son Corps vivant l’Église, sa Révélation. Le Coran est du Diable ; et Mahomet, le faux-prophète, est son prophète. « Pourquoi n’entendez-vous pas mon langage ? Parce que vous ne pouvez entendre ma parole. Vous avez le diable pour père, et vous voulez accomplir les désirs de votre père… Qui est de Dieu entend les paroles de Dieu. Vous n’entendez pas, parce que vous n’êtes pas de Dieu. » (Jn. VIII, 43 et 47). « Reconnaissez à ceci l'Esprit de Dieu : Tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu dans la chair est de Dieu ; et tout esprit qui ne confesse pas Jésus n’est pas de Dieu mais de l’antéchrist… Vous, petits enfants, vous êtes de Dieu, et vous les avez vaincus, parce que celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde. Eux, ils sont du monde ; c'est pourquoi ils parlent d'après le monde, et le monde les écoute. Nous, nous sommes de Dieu ; celui qui connaît Dieu nous écoute, et celui qui n'est pas de Dieu ne nous écoute pas : c'est par là que nous connaissons l'esprit de la vérité et l'esprit de l'erreur. » (I Jn. IV, 2-6). Que le diable, contrefaisant Dieu, se pare mensongèrement des attributs divins, ne change rien à l’affaire. Le mahométan qui de bonne foi, subjectivement, croit adorer Dieu, adore objectivement l’entité préternaturelle satanique répandant ses blasphèmes contre le vrai Dieu de la foi théologale. La religion mahométane est substantiellement satanique quelques semences du Verbe qui puissent accidentellement s’y trouver.
Il n’est de Dieu que Trine et Jésus est son Christ.
1. La foi nécessaire au salut est la foi chrétienne. « Qui n’est pas avec moi est contre moi, et qui n’amasse pas avec moi dissipe. » (Mt. XII, 30). « Car il n'y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés. » (Ac. IV, 12). « Alors Pierre, rempli du Saint-Esprit, leur dit : ‘‘Chefs du peuple, et anciens d'Israël, puisque nous sommes interrogés aujourd'hui sur un bienfait accordé à un homme malade, afin que nous disions comment il a été guéri, sachez-le tous, et que tout le peuple d'Israël le sache ! C'est par le nom de Jésus-Christ de Nazareth, que vous avez crucifié, et que Dieu a ressuscité des morts. C'est par lui que cet homme se présente en pleine santé devant vous. Jésus est la pierre rejetée par vous qui bâtissez, et qui est devenue la pierre angulaire. Il n'y a de salut en aucun autre ; car il n'y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés.’’ » (Ac. IV, 8-12).
2. Il ne peut s’agir d’une foi exclusivement implicite. « Celui qui n’honore pas le Fils n’honore pas le Père qui l'a envoyé. » (Jn. V, 23). « Reconnaissez à ceci l’Esprit de Dieu : tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu en la chair est de Dieu ; et tout esprit qui ne confesse pas Jésus n’est pas de Dieu, c’est celui de l’antéchrist » (I Jn. IV, 2-3). « Si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans ton cœur que Dieu l'a ressuscité des morts, tu seras sauvé. Car c'est en croyant du cœur qu'on parvient à la justice, et c'est en confessant de la bouche qu'on parvient au salut, selon ce que dit l'Écriture : ‘‘Quiconque croit en lui ne sera point confondu’’… Car quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. Comment donc invoqueront-ils celui en qui ils n'ont pas cru ? Et comment croiront-ils en celui dont ils n'ont pas entendu parler ? Et comment en entendront-ils parler, s'il n'y a personne qui prêche ? Et comment y aura-t-il des prédicateurs, s'ils ne sont pas envoyés ? … Mais tous n’ont pas obéi à l’Évangile. Aussi Isaïe dit-il : Seigneur, qui a cru à notre prédication ? Ainsi la foi vient de l’audition de la prédication, et la prédication se fait par la parole de Dieu. » (Rm. X, 9-17). « Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde. » (Mt. XXVIII, 19-20).
Conséquemment, puisque toute relation présuppose un fondement absolu, la filiation surnaturelle adoptive des enfants de Dieu est une relation ayant pour unique fondement la charité (assimilée à la grâce sanctifiante) : la charité spécifiée par la foi explicite au Christ Jésus. Ce n’est que dans la foi explicite au Christ que nous pouvons devenir surnaturellement fils et filles de Dieu, « car vous êtes tous fils de Dieu par la foi en Jésus-Christ ; vous tous, qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ. » (Ga. III, 26). On peut certes considérer que cette relation a un double fondement, inchoactif et naturel par l’infusion de l’âme spirituelle directement par Dieu, terminatif et surnaturel par l’infusion en cette âme de la charité sainte. Si donc les hommes sont, d’un certain point de vue, inchoactivement tous fils de Dieu, ne sont véritablement fils et filles de Dieu que ceux-là seuls qui vivent et meurent en état de grâce. « Car quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, et ma sœur, et ma mère. » (Mt. XII, 50). Or de toute évidence ce n’est pas faire la volonté du Père que n’être pas en état de grâce mais de péché mortel. La conclusion s’impose donc : seuls les membres vivants du Corps mystique sont formellement fils et filles de Dieu ; les autres ne le sont qu’inchoactivement, matériellement, dispositivement, non-formellement.
La nécessité absolue de la foi théologale explicite à ses articles fondamentaux résulte du fait que la foi spécifie la charité qui vivifie la foi ; de sorte que sans la foi théologale explicite au Dieu trine et incarné, nul adulte n’aimera Dieu de charité, amour surnaturel pour le Dieu de la foi théologale. Il suffira de restreindre la charité théologale à un amour naturel par son objet pour la paganiser, la profaner, la naturaliser, en étendant le bénéfice de la foi implicite à la totalité des articles de la foi divine et catholique. La charité n’est pourtant pas surnaturelle seulement par son mode, l’infusion divine, mais d’abord par son objet. Surnaturelle d’abord parce que l’objet est le bien surnaturel incréé qu’est Dieu. Surnaturelle et théologale ensuite parce que le Surnaturel incréé est le Dieu de la foi théologale : le Dieu Trine incarné en la seconde de ses hypostases. Surnaturelle et théologale enfin parce que c’est comme tel, Trine, que Dieu exige être aimé : aimer le vrai Dieu c’est aimer le Dieu Trine. Ce dernier point est incontestable à la lecture de la Bible : la confession du Fils (I Jn. II, 23 ; V, 10-12) et le baptême trinitaire (Mt. XXVIII, 19) sont nécessaires au salut de nécessité de moyen.
La foi est un assentiment intellectuel commandé par la volonté. L’acte de foi théologale va à son tour spécifier l’acte de volonté pour qu’elle émette l’acte de charité, afin qu’enfin la charité vivifie la foi. La volonté impère la foi ; la foi spécifie la charité. La foi qui justifie (Rm. III, 22, 30, IV, 16 ; Ga. III, 8) est celle vivifiée par la charité (I Cor. XIII, 1 ; Ga. V, 6) : la foi spécifie la charité qui vivifie la foi. De même quant aux vertus infuses : la vertu infuse de charité est de sa nature même spécifiée par la vertu infuse de foi. Aussi peut-on dire que le siège de l’habitus de foi infuse est autant l’intellect que la volonté, l’intellect siègeant dans la volonté à titre de partie intégrante de la volonté qu’il informe (spécifie), tant habituellement qu’actuellement, et si actuellement, pour autant que la volonté l’accepte, accepte de s’exercer en se conformant au dictamen de la foi surélevant la raison. Bref, l’intellect est une partie intégrante de la volonté, le primat est au vouloir, la volonté est la reine des facultés, la charité est la vertu totale.
La foi explicite aux articles fondamentaux du christianisme, ceux ayant le Dieu Trine pour objet, est nécessaire pour spécifier l’acte théologal de charité. Les articles fondamentaux de la foi théologale (Dieu Trine, incarné, sauveur et juge, tête de l’Église en grâce qui est son corps vivant) sont nécessaires au salut de nécessité de moyen absolue, c'est-à-dire qu’ils sont par décret divin si absolument nécessaires au salut de l’adulte, qu’à défaut d’user de ces moyens, rien ne pourra y suppléer, et l’homme sera damné. Cette nécessité de moyen n’est absolue qu’en un sens précis. La fin à laquelle le moyen s’ordonne est Dieu, Dieu aimé dans la gloire du Ciel. Dieu fin dernière surnaturelle absolue s’atteint dans la charité, spécifiée ici-bas par la foi théologale, au-delà par la vision intuitive. Cette fin n’est nécessaire que conditionnellement. À condition que Dieu veuille librement créer, est nécessaire (nécessité conditionnelle ou de conséquence) qu’il se veuille comme fin dernière surnaturelle absolue de sa création. Le moyen ordonné à cette fin ne pouvant avoir davantage de nécessité que la fin à laquelle il s’ordonne, sa nécessité n’est que conditionnelle. Si nonobstant on parle de la nécessité absolue du moyen, c’est en tant que ce moyen est la condition sine qua non d’atteindre la fin dernière surnaturelle absolue, là où d’autres moyens, qui ne sont nécessaires à l’obtention de cette fin que de nécessité de précepte, peuvent être suppléés par d’autres. La nécessité absolue de la foi théologale explicite à ses articles fondamentaux résulte du fait que la foi spécifie la charité, qui vivifie la foi, de sorte que sans la foi théologale explicite au Dieu Trine incarné en l’une de ses hypostases, l’amour surnaturel pour le Dieu de la foi théologale n’existe pas. Nul adulte ne peut donc poser des actes de charité sans avoir la foi théologale explicite aux articles fondamentaux de la vraie foi, divine et catholique. Quant aux enfants, suffit à leur salut que la vertu théologale de charité leur soit infuse, en tant qu’en elle la vertu théologale de foi, qui spécifie la charité, l’est aussi.
La vie en Christ est surnaturelle par essence !
La foi implicite ne suffit au salut qu’à celui qui, ayant la foi explicite aux articles fondamentaux de la foi théologale (Dieu Trine, Incarné, Sauveur et Juge, Tête de l’Église en grâce qui est son corps vivant), ignore de bonne foi les autres articles. En l’absence complète de foi surnaturelle explicite, la foi implicite entendue par certains incertains, incertains certains, comme suppléance aux articles fondamentaux de la foi théologale surnaturelle explicite, suppléance qu’ils imaginent trouver dans la vie naturellement vertueuse – pour autant qu’elle le soit – de l’infidèle négatif, ne suffit aucunement au salut. Le salut suppose la charité, qui suppose d’être spécifiée à tout le moins par les articles fondamentaux de la foi théologale explicite : « tout esprit qui ne confesse pas Jésus n’est pas de Dieu ». Aussi la foi exclusivement implicite ne supplée-t-elle pas, n’est aucunement justifiante, quoiqu’elle puisse disposer (disposition naturelle éloignée), en union à une vie moralement et naturellement droite, à la justification par la foi théologale et formée. La foi implicite ne suffit au salut qu’à celui qui, ayant la foi explicite aux articles fondamentaux de la foi théologale, ignore de bonne foi les autres articles. En l’absence complète de foi explicite au Dieu Trine de la foi théologale, la foi théologale n’existe pas. La foi théologale exclusivement implicite qu’imaginent certains, qu’ils pensent trouver dans la vie naturellement vertueuse et la croyance au Dieu Un, ne suffit aucunement au salut de l’infidèle négatif. Car nonobstant que voulant Dieu soit implicitement voulu la Trinité, la foi explicite au Fils de Dieu est l’unique moyen du salut : « Qui nie le Fils n'a pas le Père ; qui confesse le Fils a aussi le Père. » (I Jn. II, 23). Nier le Fils est l’acte de l’infidèle positif. Ne pas confesser le Fils est l’acte de l’infidèle négatif. Aussi la foi exclusivement implicite ne peut aucunement être théologale, par défaut de motif et d’objet. Incapable de suppléer à l’absence de foi explicite aux articles fondamentaux, la foi exclusivement implicite n’est pas une disposition surnaturelle prochaine à la justification de l’infidèle négatif, n’étant qu’une disposition naturelle éloignée à cette justification, pour autant que l’infidèle conjoigne dispositivement l’exigence d’une vie morale naturellement droite à la croyance naturelle au Dieu Un et rémunérateur. Le salut de l’infidèle négatif suppose sa conversion à la vraie foi, fut-ce à l’article de la mort, conséquemment à une grâce d’illumination : nul infidèle spécifique, ni positif ni négatif, n’hérite du Royaume de Dieu.
Le seul cas où l’absence de foi théologale explicite au Dieu Trine fut cause dispositive surnaturelle prochaine à la justification était celui des justes de l’Ancien Testament, car leur foi était théologale par son principe, par son mode, par son objet. Par son principe, Dieu véritablement révélant ; donc aussi par son objet, Dieu révélé, et par son mode. Par son motif donc aussi par son objet, car c’était vraiment Dieu qui se révélait en une révélation qui, implicitement trinitaire en son sens littéral, l’était explicitement en son sens plénier, comme appert de Gn. XVII. Par son principe donc aussi par son mode surnaturel, la grâce actuelle à laquelle les croyants d’une révélation surnaturelle ayant véritablement Dieu pour auteur et objet coopéraient en posant l’acte surnaturel de foi théologale disposant à leur justification opérée dans l’amour du Dieu révélant et révélé et de sa Loi, expression de sa Volonté signifiée.
On voit donc ce qui distingue la foi théologale vétérotestamentaire de la foi préternaturelle satanique de ceux qui, ayant renié Dieu en crucifiant son Fils, ont immédiatement cessé d’être d’Église. L’Église d’avant l’Église était déjà l’Église, l’Église militante prise in fieri plutôt qu’in esse. Mais depuis son refus d’être l’Église, Corps du Christ, par son refus du Christ, elle n’est plus que la synagogue de Satan de ceux qui se disent juifs mais ne le sont pas (Ap. III, 9), israélites selon la chair (I Cor. X, 18) mais non selon Dieu (Ga. VI, 12-16), vestige préternaturel satanique de la socièté divine qu’elle était autrefois, objet d’opprobre et de réprobation sempiternelle tant qu’elle ne reconnaitra pas Jésus comme Dieu et Messie d’Israël. « Vous ne me verrez plus désormais, jusqu'à ce que vous disiez : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » (Mt. XXIII, 39). « Je m’en vais ; vous me chercherez, et vous mourrez dans votre péché. Là où moi je vais, vous ne pouvez pas aller. » (Jn. VIII, 21). « Car les enfants d'Israël resteront longtemps sans roi, sans chef, sans sacrifice, sans statue, sans éphod, et sans théraphim. Après cela, les enfants d'Israël reviendront ; ils chercheront l'Éternel leur Dieu, et David leur roi ; et ils tressailliront à la vue de l'Éternel et de sa bonté, dans la suite des temps. » (Os. III, 4-5). « Esaïe, de son côté, s'écrie au sujet d'Israël : Quand le nombre des fils d'Israël serait comme le sable de la mer, un reste seulement sera sauvé. Car le Seigneur exécutera pleinement et promptement sur la terre ce qu'il a résolu… Les païens, qui ne cherchaient pas la justice, ont obtenu la justice, la justice qui vient de la foi, tandis qu'Israël, qui cherchait une loi de justice, n'est pas parvenu à cette loi. Pourquoi ? Parce qu'Israël l'a cherchée, non par la foi, mais comme provenant des œuvres. Ils se sont heurtés contre la pierre d'achoppement, selon qu'il est écrit : Voici, je mets en Sion une pierre d'achoppement et un rocher de scandale, et celui qui croit en lui ne sera pas confondu. » (Rm. IX, 24-33). « Or, si leur chute a été la richesse du monde, et leur amoindrissement la richesse des païens, combien plus en sera-t-il ainsi quand ils se convertiront tous. Je vous le dis à vous, païens, en tant qu’apôtre des païens je glorifie mon ministère, afin, s'il est possible, d'exciter la jalousie de ceux de ma race, et d'en sauver quelques-uns. Car si leur rejet a été la réconciliation du monde, que sera leur réintégration, sinon une vie pour ceux qui sont morts ? » (Rm. XI, 12-15).
On voit encore tout ce qui distingue la foi théologale de la foi préternaturelle satanique des mahométans. Leur foi n’est pas surnaturelle. Elle ne l’est ni par son motif, Dieu n’étant aucunement l’auteur du Coran ; ni par son mode, l’assentiment de foi satanique et mahométane n’étant posé par les infidèles que moyennant le concours général de Dieu aux actes objectivement mauvais, nullement sous l’influence surnaturelle d’une grâce actuelle ; ni par son objet, puisque niant explicitement Dieu le vrai Dieu, le Dieu de la foi théologale, en niant sa Trinité, son Incarnation, son Corps vivant l’Église, sa Révélation. Le Coran est du Diable ; et Mahomet, le faux-prophète, est son prophète. « Pourquoi n’entendez-vous pas mon langage ? Parce que vous ne pouvez entendre ma parole. Vous avez le diable pour père, et vous voulez accomplir les désirs de votre père… Qui est de Dieu entend les paroles de Dieu. Vous n’entendez pas, parce que vous n’êtes pas de Dieu. » (Jn. VIII, 43 et 47). « Reconnaissez à ceci l'Esprit de Dieu : Tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu dans la chair est de Dieu ; et tout esprit qui ne confesse pas Jésus n’est pas de Dieu mais de l’antéchrist… Vous, petits enfants, vous êtes de Dieu, et vous les avez vaincus, parce que celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde. Eux, ils sont du monde ; c'est pourquoi ils parlent d'après le monde, et le monde les écoute. Nous, nous sommes de Dieu ; celui qui connaît Dieu nous écoute, et celui qui n'est pas de Dieu ne nous écoute pas : c'est par là que nous connaissons l'esprit de la vérité et l'esprit de l'erreur. » (I Jn. IV, 2-6). Que le diable, contrefaisant Dieu, se pare mensongèrement des attributs divins, ne change rien à l’affaire. Le mahométan qui de bonne foi, subjectivement, croit adorer Dieu, adore objectivement l’entité préternaturelle satanique répandant ses blasphèmes contre le vrai Dieu de la foi théologale. La religion mahométane est substantiellement satanique quelques semences du Verbe qui puissent accidentellement s’y trouver.
Il n’est de Dieu que Trine et Jésus est son Christ.
« L’âme bavarde est vide intérieurement. Il n’y a en elle ni vertus fondamentales ni intimité avec Dieu. Il n’est donc pas question d’une vie plus profonde, d’une douce paix, ni du silence où demeure Dieu. L’âme qui n’a jamais goûté la douceur du silence intérieur est un esprit inquiet et elle trouble le silence d’autrui. J’ai vu beaucoup d’âmes qui sont dans les gouffres de l’Enfer pour n’avoir pas gardé le silence. »
Re: La foi nécessaire au salut
Bonjour
Merci pour ce travail très fouillé : on sent un réel amour de l’Écriture et un vrai souci de cohérence doctrinale.
Plusieurs passages sont particulièrement intéressants, notamment le lien que vous rappelez entre foi et charité, et la centralité du Christ unique médiateur.
J’ai cependant deux questions :
1) Vous affirmez qu’une foi explicitement trinitaire est absolument requise pour tout adulte. Or le concile Vatican II enseigne que « ceux qui, sans faute de leur part, ignorent l’Évangile du Christ et son Église, mais cherchent Dieu d’un cœur sincère » peuvent être sauvés (cf. Lumen Gentium 16 ; repris au CEC 847). Comment articulez-vous cette thèse avec cet enseignement de foi ?
2) Le vocabulaire très dur sur le judaïsme et l’islam me gêne. Le même concile affirme que l’Alliance avec Israël « n’a jamais été révoquée » (cf. Nostra Aetate 4) et que les musulmans « adorent avec nous le Dieu unique, miséricordieux » (cf. Lumen Gentium 16). Ne faudrait-il pas en tenir compte ?
Encore merci pour cette contribution dense, qui offre une belle occasion d’échange.
Fraternellement,
Merci pour ce travail très fouillé : on sent un réel amour de l’Écriture et un vrai souci de cohérence doctrinale.
Plusieurs passages sont particulièrement intéressants, notamment le lien que vous rappelez entre foi et charité, et la centralité du Christ unique médiateur.
J’ai cependant deux questions :
1) Vous affirmez qu’une foi explicitement trinitaire est absolument requise pour tout adulte. Or le concile Vatican II enseigne que « ceux qui, sans faute de leur part, ignorent l’Évangile du Christ et son Église, mais cherchent Dieu d’un cœur sincère » peuvent être sauvés (cf. Lumen Gentium 16 ; repris au CEC 847). Comment articulez-vous cette thèse avec cet enseignement de foi ?
2) Le vocabulaire très dur sur le judaïsme et l’islam me gêne. Le même concile affirme que l’Alliance avec Israël « n’a jamais été révoquée » (cf. Nostra Aetate 4) et que les musulmans « adorent avec nous le Dieu unique, miséricordieux » (cf. Lumen Gentium 16). Ne faudrait-il pas en tenir compte ?
Encore merci pour cette contribution dense, qui offre une belle occasion d’échange.
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- Perlum Pimpum
- Tribunus plebis

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Re: La foi nécessaire au salut
Bonjour Skog,
Heureux de vous connaître.
Comme toujours, à questions théologiques courtes réponses longues tentant d’aller au fond des choses.
Je vous répondrais donc en quatre posts. Je donne en le premier des remarques préalables relevant de la théologie fondamentale. Les trois autres traitent d'ecclésiologie et de théologie des religions. En le second, je réponds à votre objection tirée de la possibilité offerte à tout homme d'être sauvé. En le troisième, à votre questionnement sur l'islamisme. En le quatrième, à celui sur le judaïsme post-chrétien. J'espacerais mes réponses, pour vous éviter la charge d'avoir à tout lire en même temps. Le quatrième pourrait quelque peu tarder, tant la matière est riche en développements.
Vous comprendrez à leur lecture que je suis un catholique traditionaliste ayant cette particularité de s'efforcer de recevoir la totalité des enseignements du Concile Œcuménique de Vatican II en les lisant de manière telle qu'ils puissent se recevoir en continuité à la Tradition qui les précède. Je m'efforce le plus possible de conjoindre une rigoureuse fidélité à la Tradition à une réelle ouverture d'esprit partout où celle-ci est théologiquement possible, et reste ouvert à toute critique théologiquement sérieuse de mes propres positions.
Cela fait, et après éventuelle discussion que vos critiques et objections pourraient susciter, je retournerais au silence.
Cordialement.
I – « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (Ac. V, 29).
Remarques préalables aux réponses à vos questions.
[1] La Tradition.
1. La règle suprême de la foi de l’Église est l’autorité de Dieu révélant, et conséquemment les vérités formellement révélées par Dieu révélant.
La Révélation ou Tradition constitutive, au sens actif, c’est l’acte même de Dieu révélant ; au sens passif, c’est le donné formellement révélé par Dieu révélant. La Tradition constitutive, tant écrite qu’orale, est donnée par Dieu révélant, règle suprême de la foi. La Tradition constitutive orale nous est donnée par le Christ, les Prophètes et les Apôtres parlant comme organes de la Révélation, Dieu parlant par eux. Ils transmirent oralement la Révélation divine avant qu’elle ne soit, sous l’effet de l’inspiration, portée par écrit, pour constituer, Dieu parlant en la totalité des textes bibliques portés au canon des Livres saints, la Tradition constitutive écrite. Les éléments de la Tradition constitutive orale non scripturaiement portés au canon des Écritures ont été retransmis oralement, en un premier temps du moins. On pourrait parler ici de Tradition retransmissive plutôt que continuative, continuative désignant plutôt, mais sans exclusive, les Apôtres et leurs successeurs parlant comme organes infailliblement explicitatifs de la Révélation. Les explicitations magistérielles infaillibles du dépôt de la foi sont données tant par mode extraordinaire (celui des définitions solennelles et des confessions de foi) que par mode ordinaire et universel (celui du consensus des évêques répandus par toute la terre).
2. La Tradition constitutive l’est des vérités de foi divine, formellement révélées, tant explicitement qu’implicitement. Elle a donc Dieu révélant, règle suprême de la foi, pour auteur. La Tradition continuative est l’ensemble des explicitations magistérielles infaillibles du donné implicitement révélé, tant formellement que virtuellement, l’Église agissant ici comme règle de foi subalternée à la règle suprême de la foi. La règle suprême de la foi théologale étant l’autorité de Dieu révélant, jamais l’Église, règle subalternée à la règle suprême, n’est légitime à attenter aux enseignements de Dieu en ses enseignements magistériels non-marqués d’infaillibilité.
3. Si d’évidence l’Église progresse toujours davantage dans l’explicitation de la foi reçue de Dieu révélant, ce progrès, cette explicitation toujours plus poussée, doit toujours se faire dans le sens même des explicitations précédentes : dans le même sens et dans la même pensée.
4. La totalité des textes du Concile Œcuménique de Vatican II doit donc être interprétée en stricte conformité à la Tradition constitutive. Ils doivent encore l’être en stricte continuité à la Tradition continuative qui les précède. La difficulté est qu’ils sont souvent interprétés en une herméneutique de rupture (parfois facilitée par leur ambiguïté, quand elle s’y trouve), obligeant conséquemment, ou à rejeter le Concile par fidélité à la Tradition, ou rejeter la Tradition pour accepter le Concile.
5. Seule l’interprétation du Concile donnée dans une herméneutique de stricte continuité permet de concilier le Concile à la Tradition qui le précède. L’herméneutique de stricte continuité est donc la seule acceptable, restant à déterminer si l’herméneutique dite de réforme dans la continuité est une herméneutique de réelle continuité, auquel cas elles se confondent, ou si elle n’est qu’une herméneutique de rupture n’osant pas dire son nom et n’ayant l’apparence de la continuité que par contraste à des ruptures à la Tradition plus massives que celles auxquelles elle se livre. Vaste débat.
[2] La Bible, monument insurpassable de la Tradition divine.
1. La Bible est Parole de Dieu.
« Les Saintes Écritures contiennent la Parole de Dieu et, puisqu’elles sont inspirées, elles sont vraiment cette Parole ; que l’étude de la Sainte Écriture soit donc pour la théologie sacrée comme son âme. » (Dei Verbum, 24).
On objecte parfois contre l’autorité de la Bible que le christianisme n’est pas une religion du Livre. Le propos peut se recevoir à condition d’être explicité. Car dire que le christianisme ne serait pas une religion du Livre mais de la Parole, la religion du Verbe incarné, comme si Dieu par Jésus ne nous avait pas donné des enseignements révélés, des paroles dites en et par la Parole, paroles exigeant conséquemment l’assentiment de foi divine, est évidemment contraire à notre foi. Que la finalité du Livre - la Bible - soit de vivre en communion à la Parole, soit d’instruire le lecteur pour qu’il devienne un membre vivant du Corps mystique du Christ, n’obstacle aucunement que le Livre est lui-même une incarnation de la Parole, puisque de facto Dieu, par le Christ en l’Esprit, y parle. « Les Saintes Écritures contiennent la Parole de Dieu et, puisqu’elles sont inspirées, elles sont vraiment cette Parole. » (Dei Verbum, 24). Pour le dire autrement, l’essence précède l’existence ; la foi, et en la foi les vérités de foi, étant au principe de la charité dont elle spécifie l’exercice. Adhérer au Christ, c’est d’abord adhérer à ses enseignements, pour en vivre. La foi est un assentiment intellectuel aux vérités enseignées par Dieu, assentiment requis pour que la foi puisse spécifier l’espérance et la charité, et ainsi permettre, en la volonté surnaturellement spécifiée par l’intellect surnaturellement éclairé par la foi théologale puis la vision intuitive, la rencontre existentielle amoureuse au Dieu vivant.
2. Ceci dit, si toute l’Écriture est inspirée (II Tim. III, 16), si donc Dieu est l’auteur de tout texte biblique, comment comprendre I Cor. VII, 12, où Paul affirme explicitement que ce qu’il dit n’est pas de Dieu mais de lui-même ?
La réponse est que ce qu’il dit est de Dieu, le texte paulinien étant d’abord un texte donné par Dieu inspirant l’Apôtre des Nations. Le texte inspiré étant, en son sens littéral, porteur d’une révélation, la conséquence qu’il est de foi divine que l’énoncé paulinien n’est pas de foi divine : Dieu nous révèle que ce qu’il dit ici par Paul ne relève pas de la Tradition constitutive mais d’une tradition ecclésiale dont Dieu légitime le bien-fondé en l’exprimant par Paul. L’autorité de Dieu révélant est ici engagée pour nous garantir que l’enseignement donné ne relève pas de la Tradition constitutive, n’est pas formellement révélé, n’appartient pas à la doctrine sacrée, pouvant n’être que virtuellement révélé, ou moins encore n’être comme ici qu’une tradition ecclésiale enracinée en ce temps de l’Église d'avant l’Église qu'était déjà l’Église. L’autorité de Dieu révélant est engagée pour nous garantir qu’il est de foi divine que l’enseignement ici donné par Dieu inspirant Paul ne relève pas de la Tradition constitutive, donc peut être modifié par l’autorité de l’Église. L’autorité de Dieu révélant est encore engagée pour nous garantir que cette tradition ne contient rien de contraire à la Tradition constitutive, absence de contradiction garantie par le fait que c’est Dieu-même qui légitime cette tradition ecclésiastique en l’exprimant par Paul. Cette légitimation fait donc bien plus que dire la tradition ecclésiastique ne contenir rien de contraire à la Tradition divine : elle atteste cette tradition ecclésiastique jouir de la faveur de Dieu.
[3] Inspiration et révélation.
« Dès lors, puisque toutes les assertions des auteurs inspirés ou hagiographes doivent être tenues pour assertions de l’Esprit Saint, il faut déclarer que les livres de l’Écriture enseignent fermement, fidèlement et sans erreur la vérité que Dieu a voulu voir consignée dans les Lettres sacrées pour notre salut. C’est pourquoi ‘‘toute Écriture inspirée de Dieu est utile pour enseigner, réfuter, redresser, former à la justice, afin que l’homme de Dieu se trouve accompli, équipé pour toute œuvre bonne’’ (II Tm. III, 16-17). » (Concile Œcuménique de Vatican II, Const. Dogmatique Dei Verbum, 11).
Effets de l’inspiration, les textes bibliques ont deux causes totales, Dieu inspirant et les écrivains qu’il inspire. L’inspiration est relative au texte biblique. Toute l’Écriture est inspirée (II Tim. III, 16), toute l’Écriture a Dieu pour auteur, chaque mot chaque phrase chaque texte rédigé par les écrivains sacrés étant inspiré de Dieu. La révélation est quant au sens que Dieu, auteur de la totalité des textes bibliques, donne aux textes qu’il inspire, au premier chef desquels le sens littéral. L’inspiration est quant à la LETTRE du texte biblique, la révélation quant au SENS que Dieu donne au texte inspiré dont il est totalement l’auteur, au premier chef desquels le sens littéral. L'inspiration est quant à la lettre-même du texte biblique : Dieu et l'écrivain sacré sont deux causes totales du même effet (du même texte). Ainsi l’Évangile de saint Matthieu est totalement de Dieu et totalement de saint Mathieu. Dieu est donc, littéralement, l'Auteur de la Bible : la totalité du texte biblique a Dieu pour auteur. « Toute l’Écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l'homme de Dieu soit accompli et propre à toute œuvre bonne. » (II Tim. III, 16-17). Dans l’inspiration c’est Dieu même qui, Auteur de la totalité du texte biblique, s’exprime, raison pourquoi l’Écriture jouit, à l’inverse des dires mystiques, du privilège de l’inerrance formelle. N'en demeure pas moins que dans l'inspiration c'est autant Dieu inspirant que l'auteur inspiré qui s'expriment : le texte biblique a deux causes efficientes totales, deux auteurs auxquels la totalité du même texte doit s'attribuer. Dieu est réellement l’auteur de la totalité des textes inspirés, mais l’inspiration n’est une dictée qu’en tant qu’elle est une diction divine se déployant en l’efficience instrumentale propre à l’écrivain inspiré, lui-même réellement auteur de ses textes selon son génie propre, son style littéraire, ses conditionnements sémantiques et culturels. Et ceci suffit à légitimer la distinction entre inspiration et révélation.
On objecte souvent à l’autorité de la Bible, Parole de Dieu, les erreurs et les contradictions matérielles grevant les textes inspirés, oubliant qu’elles ne font pas obstacle à l’inerrance formelle des textes bibliques (cf. Dei Verbum, 11), inerrance relative non au texte inspiré dont Dieu est totalement l’auteur mais au sens révélé que Dieu lui donne. C'est pour ne pas distinguer le sens littéral révélé, toujours homogène à la lettre-même du texte inspiré, de la lettre du texte qui en est le vecteur, que les fondamentalistes sombrent dans une lecture littéraliste confondant le texte inspiré à son sens littéral révélé. Bref, l’inerrance formelle du texte inspiré est relative non à sa littéralité-même mais à son sens révélé, au premier chef son sens littéral, toujours homogène à la lettre-même du texte. Ainsi, si Dieu s’exprime dans un midrash, une parabole, une historiette, l’inerrance n’est pas relative à la véracité-même de l’historiette prise en sa littéralité-même, mais au sens divinement révélé par le biais du texte totalement inspiré. Ainsi les contradictions matérielles des évangiles relatives à la généalogie du Christ sont un moyen, voulu par Dieu, pour nous signifier que l’important n’est pas la race mais l’élection dont la race est porteuse, non l’exacte généalogie humaine du Christ mais sa messianité conjointe à sa divinité. Quant aux « erreurs matérielles », comprenez ces assertions qui, prises à la lettre, sont fausses, tel ce verset affirmant la rotation du soleil autour de la terre (Jos. X, 13), elles ne sont erronées que lues en une perspective fondamentaliste. Les contradictions et les erreurs matérielles du texte totalement inspiré sont un moyen dont Dieu use pour nous signifier que l’inerrance est relative, non à la lettre-même du texte totalement inspiré, mais au sens divinement révélé dont le texte inspiré est porteur, le sens que Dieu-même donne au texte dont il est totalement l’auteur. Bref l’inerrance formelle du texte inspiré est relative non à sa littéralité-même mais à son sens révélé, au premier chef son sens littéral, toujours homogène à la lettre-même du texte. Et ceci suffit à expliquer pourquoi l’Église répudie la lecture fondamentaliste des textes bibliques. Le sens littéral du texte inspiré, quoique toujours homogène à la lettre du texte, ne s'y confond pas. La confusion de la lettre inspirée et de son sens révélé, d'ailleurs corrélative au refus d'envisager les écrivains inspirés comme de véritables auteurs de leurs textes, motif pris que Dieu en est aussi l'auteur, est constitutive de la lecture fondamentaliste. Confondant le sens littéral dont le texte est porteur au texte même, le fondamentaliste n'atteint qu'au sens littéraliste, caricature et corruption du sens littéral. Une telle lecture ridiculise l’autorité de Dieu révélant aux yeux des païens ainsi incités à nier l'inspiration divine.
[4] Exégèse catholique des textes bibliques.
L’erreur des fondamentalistes est de ne pas distinguer l’inspiration de la révélation, pour conséquemment assimiler le sens littéral, qui est toujours le premier des sens divinement révélés, au texte inspiré vecteur du sens divinement révélé. L’erreur symétriquement inverse des modernistes est de dissocier le sens littéral du texte inspiré qui en est le vecteur, pour offrir une exégèse prétendant aboutir à son sens littéral alors qu’hétérogène à la lettre-même du texte commenté.
L’exégèse catholique s’oppose à ces exégèses corruptrices de l’autorité de Dieu révélant. L’exégèse néo-classique utilise les acquis de l’exégèse moderne, d’où son préfixe, acquis avant tout mais non-exclusivement relatifs aux genres littéraires utilisés par les causes secondes inspirées, afin d’en dégager le sens littéral divinement révélé, qui sans se confondre à la lettre-même du texte inspiré vecteur du sens littéral révélé, lui est toujours homogène. Le sens que Dieu donne aux textes qu’il inspire est constitutif de la révélation divine par mode scripturaire, est la Tradition constitutive écrite dont les textes bibliques inspirés sont le vecteur. Le sens littéral est toujours – c’est de tradition catholique exégétique constante – le premier des quatre sens divinement révélés, les trois autres pouvant se confondre pour co-constituer le sens plénier. L’exégèse néo-classique n’est donc, relativement au sens littéral, que la continuation de l’exégèse traditionnelle, classique, pré-moderne, des Pères et des Docteurs, qu’elle perpétue en intégrant les acquis de l’exégèse moderne.
Le texte inspiré ayant deux causes totales, Dieu et l'écrivain sacré, l'exégèse catholique moderne considère que l'exégète doit tenir compte de la causalité de l'écrivain inspiré. C'est vrai, mais il ne faut pourtant pas oublier que ces textes ont aussi et d'abord Dieu pour auteur. À trop se focaliser sur l'activité de la cause seconde inspirée, l'essentiel est omis. Sans donc nier tout ce que l'exégèse moderne peut avoir de vrai, il faut réaffirmer, contre ceux dénonçant captieusement ce qu'ils dénomment l’idolâtrie du texte, que le texte pris en son sens littéral est réellement parole de Dieu.
[5] De la corruption du sens littéral en certains milieux ecclésiaux.
On comprend lors que même à sagement dissocier le sens littéral du sens littéraliste, l’homogénéité du sens littéral à la lettre du texte inspiré plonge l’homme de foi biblique dans un univers mental, une vision du monde (Weltanschauung) aux antipodes de l’esprit séculier imprégnant jusqu’à la moelle l’Occident apostat ; au risque plus qu’évident que ce façonnage contemporain des mentalités, ce matraquage idéologique constant, produise son effet jusqu’en les consciences catholiques du jour.
Pour preuve ceci, qu'écoutant sagement les acquis de l’exégèse moderne, tels ceux résultant de l’archéologie biblique obligeant à conclure certaines narrations vétéro-testamentaires n’être pas la narration de faits réellement historiques mais l’imagination de ces faits, la conclusion que cette narration fictive divinement inspirée est constitutive d’une révélation quant à son sens littéral toujours homogène à la lettre inspirée qui en est le vecteur. Peu importe donc que nos ancêtres se soient ou non rués sur Canaan, aient assiégé Jéricho, aient fait tomber ses murs au son de la trompette. Ce qui importe, c’est le sens littéral de ces textes, constitutifs d’une théologie divinement révélée de la guerre et de l’histoire. Ce que les médiévaux, dont la foi en l’Écriture surpasse de très loin celle de nos piètres contemporains, nommaient parfois les guerres du Seigneur (encore que l’expression ait aussi un autre sens dans la production littéraire médiévale, servant de titre – Liber de bellorum Domini – à ces ouvrages ou juifs et chrétiens s’opposaient sur l’interprétation controversée de certains versets bibliques). Guerres de Dieu, guerres temporelles au sens littéral, guerre spirituelles au sens plénier ; le sens spirituel supposant, pour être compris, que la révélation publique du Christ fut pleinement accomplie, sans que jamais le sens spirituel puisse nier le sens littéral : le sens spirituel ajoute au sens littéral, il ne l'annule pas. Les croisades ne furent donc pas seulement des pèlerinages armés. Elles étaient encore dans la pensée des médiévaux la continuation des guerres du Seigneur, des guerres saintes dans la pleine acception du mot, gesta Dei per Francos. De même on connait le mot de saint Louis à Jean de Joinville, disant que les discussions inter-confessionnelles doivent être laissées aux meilleurs des clercs chrétiens, les laïcs faisant mieux, en similitude à Nb. XXV, de transpercer de leurs épées jusqu’à la garde le ventre des hérétiques. Le bon roi eut été avisé de préciser les laïcs ne le pouvoir que par mandement de l’autorité ayant légitimement juridiction. À savoir : ou l’Église réprimant par elle-même (par l’excommunication) ou par le bras séculier (par le bûcher) le blasphème des hérétiques en tant qu’il est un blasphème ; ou l’État réprimant leur blasphème en tant qu’il est un trouble majeur à son ordre public juste, puisque là est l’herméneutique de stricte continuité de Dignitatis humanae.
Faut-il se repentir de tout cela ? Dire que tuer au nom de Dieu est toujours un péché, c’est s’obliger, au nom d’une théologie déconnectée de la Bible, à rechercher un sens littéral hétérogène au texte inspiré. En un mot comme en cent, c’est mépriser l’Écriture, et par là l’autorité de Dieu révélant, pour ânonner des bondieuseries insipides, fruits de l’esprit d’erreur et de mensonge par leurs contradictions au sens biblique littéral. On pourrait certes s’interroger. Peut être cette violence sacrée a-t’elle été abolie par le doux Christ obrogeant la Loi (cf. infra, quatrième post), de sorte que la violence meurtrière des zélotes – en signifiant par ce mot tous ceux dont le zèle violent est bibliquement légitimé, tel celui de Phinéas béni par Dieu pour s’y être livré (Nb. XXV, 1-13) – doive désormais être regardée, en l’économie nouvelle, comme péché grave et mortel. Pourquoi pas, mais comment si en l’économie de la loi nouvelle l'Esprit Saint par saint Pierre, donc aussi saint Pierre par la puissance de l’Esprit, a expédié Ananias et Saphira au tribunal de Dieu (Ac. V, 1-11) ? Les innombrables violences ordonnées jadis par l’Église sont-elles donc des fautes du passé dont il faille faire repentance, ou serait-ce que, légitime par son pouvoir des clés à les ordonner dans le droit fil des enseignements bibliques, c’est de cette repentance là qu’il faille se repentir ? Car enfin, si mesurant l’évolution sociétale des idées métapolltiques et en elle l’apostasie de l’Occident, l’Église est pleinement légitime à prudentiellement s’abstenir et interdire d’user aujourd’hui de violence – loin de moi l’idée de le contester – autant elle ne peut l’être à enseigner cet usage, légitimé par Dieu jusqu’en l’économie de la loi nouvelle, contraire à l’ordre moral objectif. C’est d’ailleurs aussi pourquoi Dignitatis Humanae lu dans une herméneutique de pleine conformité ne s’oppose pas à la Tradition antécédente instituant l’inquisition, les croisades, et les ordres monastiques militaires. Vous écrivant ceci, je ne cherche pas à faire l’apologie de pratiques que l’Église juge prudentiellement devoir désormais interdire, mais seulement montrer que ce jugement n’est légitime qu’à être prudentiel, cessant de l’être à devenir doctrinal.
Heureux de vous connaître.
Comme toujours, à questions théologiques courtes réponses longues tentant d’aller au fond des choses.
Je vous répondrais donc en quatre posts. Je donne en le premier des remarques préalables relevant de la théologie fondamentale. Les trois autres traitent d'ecclésiologie et de théologie des religions. En le second, je réponds à votre objection tirée de la possibilité offerte à tout homme d'être sauvé. En le troisième, à votre questionnement sur l'islamisme. En le quatrième, à celui sur le judaïsme post-chrétien. J'espacerais mes réponses, pour vous éviter la charge d'avoir à tout lire en même temps. Le quatrième pourrait quelque peu tarder, tant la matière est riche en développements.
Vous comprendrez à leur lecture que je suis un catholique traditionaliste ayant cette particularité de s'efforcer de recevoir la totalité des enseignements du Concile Œcuménique de Vatican II en les lisant de manière telle qu'ils puissent se recevoir en continuité à la Tradition qui les précède. Je m'efforce le plus possible de conjoindre une rigoureuse fidélité à la Tradition à une réelle ouverture d'esprit partout où celle-ci est théologiquement possible, et reste ouvert à toute critique théologiquement sérieuse de mes propres positions.
Cela fait, et après éventuelle discussion que vos critiques et objections pourraient susciter, je retournerais au silence.
Cordialement.
I – « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (Ac. V, 29).
Remarques préalables aux réponses à vos questions.
[1] La Tradition.
1. La règle suprême de la foi de l’Église est l’autorité de Dieu révélant, et conséquemment les vérités formellement révélées par Dieu révélant.
La Révélation ou Tradition constitutive, au sens actif, c’est l’acte même de Dieu révélant ; au sens passif, c’est le donné formellement révélé par Dieu révélant. La Tradition constitutive, tant écrite qu’orale, est donnée par Dieu révélant, règle suprême de la foi. La Tradition constitutive orale nous est donnée par le Christ, les Prophètes et les Apôtres parlant comme organes de la Révélation, Dieu parlant par eux. Ils transmirent oralement la Révélation divine avant qu’elle ne soit, sous l’effet de l’inspiration, portée par écrit, pour constituer, Dieu parlant en la totalité des textes bibliques portés au canon des Livres saints, la Tradition constitutive écrite. Les éléments de la Tradition constitutive orale non scripturaiement portés au canon des Écritures ont été retransmis oralement, en un premier temps du moins. On pourrait parler ici de Tradition retransmissive plutôt que continuative, continuative désignant plutôt, mais sans exclusive, les Apôtres et leurs successeurs parlant comme organes infailliblement explicitatifs de la Révélation. Les explicitations magistérielles infaillibles du dépôt de la foi sont données tant par mode extraordinaire (celui des définitions solennelles et des confessions de foi) que par mode ordinaire et universel (celui du consensus des évêques répandus par toute la terre).
2. La Tradition constitutive l’est des vérités de foi divine, formellement révélées, tant explicitement qu’implicitement. Elle a donc Dieu révélant, règle suprême de la foi, pour auteur. La Tradition continuative est l’ensemble des explicitations magistérielles infaillibles du donné implicitement révélé, tant formellement que virtuellement, l’Église agissant ici comme règle de foi subalternée à la règle suprême de la foi. La règle suprême de la foi théologale étant l’autorité de Dieu révélant, jamais l’Église, règle subalternée à la règle suprême, n’est légitime à attenter aux enseignements de Dieu en ses enseignements magistériels non-marqués d’infaillibilité.
3. Si d’évidence l’Église progresse toujours davantage dans l’explicitation de la foi reçue de Dieu révélant, ce progrès, cette explicitation toujours plus poussée, doit toujours se faire dans le sens même des explicitations précédentes : dans le même sens et dans la même pensée.
4. La totalité des textes du Concile Œcuménique de Vatican II doit donc être interprétée en stricte conformité à la Tradition constitutive. Ils doivent encore l’être en stricte continuité à la Tradition continuative qui les précède. La difficulté est qu’ils sont souvent interprétés en une herméneutique de rupture (parfois facilitée par leur ambiguïté, quand elle s’y trouve), obligeant conséquemment, ou à rejeter le Concile par fidélité à la Tradition, ou rejeter la Tradition pour accepter le Concile.
5. Seule l’interprétation du Concile donnée dans une herméneutique de stricte continuité permet de concilier le Concile à la Tradition qui le précède. L’herméneutique de stricte continuité est donc la seule acceptable, restant à déterminer si l’herméneutique dite de réforme dans la continuité est une herméneutique de réelle continuité, auquel cas elles se confondent, ou si elle n’est qu’une herméneutique de rupture n’osant pas dire son nom et n’ayant l’apparence de la continuité que par contraste à des ruptures à la Tradition plus massives que celles auxquelles elle se livre. Vaste débat.
[2] La Bible, monument insurpassable de la Tradition divine.
1. La Bible est Parole de Dieu.
« Les Saintes Écritures contiennent la Parole de Dieu et, puisqu’elles sont inspirées, elles sont vraiment cette Parole ; que l’étude de la Sainte Écriture soit donc pour la théologie sacrée comme son âme. » (Dei Verbum, 24).
On objecte parfois contre l’autorité de la Bible que le christianisme n’est pas une religion du Livre. Le propos peut se recevoir à condition d’être explicité. Car dire que le christianisme ne serait pas une religion du Livre mais de la Parole, la religion du Verbe incarné, comme si Dieu par Jésus ne nous avait pas donné des enseignements révélés, des paroles dites en et par la Parole, paroles exigeant conséquemment l’assentiment de foi divine, est évidemment contraire à notre foi. Que la finalité du Livre - la Bible - soit de vivre en communion à la Parole, soit d’instruire le lecteur pour qu’il devienne un membre vivant du Corps mystique du Christ, n’obstacle aucunement que le Livre est lui-même une incarnation de la Parole, puisque de facto Dieu, par le Christ en l’Esprit, y parle. « Les Saintes Écritures contiennent la Parole de Dieu et, puisqu’elles sont inspirées, elles sont vraiment cette Parole. » (Dei Verbum, 24). Pour le dire autrement, l’essence précède l’existence ; la foi, et en la foi les vérités de foi, étant au principe de la charité dont elle spécifie l’exercice. Adhérer au Christ, c’est d’abord adhérer à ses enseignements, pour en vivre. La foi est un assentiment intellectuel aux vérités enseignées par Dieu, assentiment requis pour que la foi puisse spécifier l’espérance et la charité, et ainsi permettre, en la volonté surnaturellement spécifiée par l’intellect surnaturellement éclairé par la foi théologale puis la vision intuitive, la rencontre existentielle amoureuse au Dieu vivant.
2. Ceci dit, si toute l’Écriture est inspirée (II Tim. III, 16), si donc Dieu est l’auteur de tout texte biblique, comment comprendre I Cor. VII, 12, où Paul affirme explicitement que ce qu’il dit n’est pas de Dieu mais de lui-même ?
La réponse est que ce qu’il dit est de Dieu, le texte paulinien étant d’abord un texte donné par Dieu inspirant l’Apôtre des Nations. Le texte inspiré étant, en son sens littéral, porteur d’une révélation, la conséquence qu’il est de foi divine que l’énoncé paulinien n’est pas de foi divine : Dieu nous révèle que ce qu’il dit ici par Paul ne relève pas de la Tradition constitutive mais d’une tradition ecclésiale dont Dieu légitime le bien-fondé en l’exprimant par Paul. L’autorité de Dieu révélant est ici engagée pour nous garantir que l’enseignement donné ne relève pas de la Tradition constitutive, n’est pas formellement révélé, n’appartient pas à la doctrine sacrée, pouvant n’être que virtuellement révélé, ou moins encore n’être comme ici qu’une tradition ecclésiale enracinée en ce temps de l’Église d'avant l’Église qu'était déjà l’Église. L’autorité de Dieu révélant est engagée pour nous garantir qu’il est de foi divine que l’enseignement ici donné par Dieu inspirant Paul ne relève pas de la Tradition constitutive, donc peut être modifié par l’autorité de l’Église. L’autorité de Dieu révélant est encore engagée pour nous garantir que cette tradition ne contient rien de contraire à la Tradition constitutive, absence de contradiction garantie par le fait que c’est Dieu-même qui légitime cette tradition ecclésiastique en l’exprimant par Paul. Cette légitimation fait donc bien plus que dire la tradition ecclésiastique ne contenir rien de contraire à la Tradition divine : elle atteste cette tradition ecclésiastique jouir de la faveur de Dieu.
[3] Inspiration et révélation.
« Dès lors, puisque toutes les assertions des auteurs inspirés ou hagiographes doivent être tenues pour assertions de l’Esprit Saint, il faut déclarer que les livres de l’Écriture enseignent fermement, fidèlement et sans erreur la vérité que Dieu a voulu voir consignée dans les Lettres sacrées pour notre salut. C’est pourquoi ‘‘toute Écriture inspirée de Dieu est utile pour enseigner, réfuter, redresser, former à la justice, afin que l’homme de Dieu se trouve accompli, équipé pour toute œuvre bonne’’ (II Tm. III, 16-17). » (Concile Œcuménique de Vatican II, Const. Dogmatique Dei Verbum, 11).
Effets de l’inspiration, les textes bibliques ont deux causes totales, Dieu inspirant et les écrivains qu’il inspire. L’inspiration est relative au texte biblique. Toute l’Écriture est inspirée (II Tim. III, 16), toute l’Écriture a Dieu pour auteur, chaque mot chaque phrase chaque texte rédigé par les écrivains sacrés étant inspiré de Dieu. La révélation est quant au sens que Dieu, auteur de la totalité des textes bibliques, donne aux textes qu’il inspire, au premier chef desquels le sens littéral. L’inspiration est quant à la LETTRE du texte biblique, la révélation quant au SENS que Dieu donne au texte inspiré dont il est totalement l’auteur, au premier chef desquels le sens littéral. L'inspiration est quant à la lettre-même du texte biblique : Dieu et l'écrivain sacré sont deux causes totales du même effet (du même texte). Ainsi l’Évangile de saint Matthieu est totalement de Dieu et totalement de saint Mathieu. Dieu est donc, littéralement, l'Auteur de la Bible : la totalité du texte biblique a Dieu pour auteur. « Toute l’Écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l'homme de Dieu soit accompli et propre à toute œuvre bonne. » (II Tim. III, 16-17). Dans l’inspiration c’est Dieu même qui, Auteur de la totalité du texte biblique, s’exprime, raison pourquoi l’Écriture jouit, à l’inverse des dires mystiques, du privilège de l’inerrance formelle. N'en demeure pas moins que dans l'inspiration c'est autant Dieu inspirant que l'auteur inspiré qui s'expriment : le texte biblique a deux causes efficientes totales, deux auteurs auxquels la totalité du même texte doit s'attribuer. Dieu est réellement l’auteur de la totalité des textes inspirés, mais l’inspiration n’est une dictée qu’en tant qu’elle est une diction divine se déployant en l’efficience instrumentale propre à l’écrivain inspiré, lui-même réellement auteur de ses textes selon son génie propre, son style littéraire, ses conditionnements sémantiques et culturels. Et ceci suffit à légitimer la distinction entre inspiration et révélation.
On objecte souvent à l’autorité de la Bible, Parole de Dieu, les erreurs et les contradictions matérielles grevant les textes inspirés, oubliant qu’elles ne font pas obstacle à l’inerrance formelle des textes bibliques (cf. Dei Verbum, 11), inerrance relative non au texte inspiré dont Dieu est totalement l’auteur mais au sens révélé que Dieu lui donne. C'est pour ne pas distinguer le sens littéral révélé, toujours homogène à la lettre-même du texte inspiré, de la lettre du texte qui en est le vecteur, que les fondamentalistes sombrent dans une lecture littéraliste confondant le texte inspiré à son sens littéral révélé. Bref, l’inerrance formelle du texte inspiré est relative non à sa littéralité-même mais à son sens révélé, au premier chef son sens littéral, toujours homogène à la lettre-même du texte. Ainsi, si Dieu s’exprime dans un midrash, une parabole, une historiette, l’inerrance n’est pas relative à la véracité-même de l’historiette prise en sa littéralité-même, mais au sens divinement révélé par le biais du texte totalement inspiré. Ainsi les contradictions matérielles des évangiles relatives à la généalogie du Christ sont un moyen, voulu par Dieu, pour nous signifier que l’important n’est pas la race mais l’élection dont la race est porteuse, non l’exacte généalogie humaine du Christ mais sa messianité conjointe à sa divinité. Quant aux « erreurs matérielles », comprenez ces assertions qui, prises à la lettre, sont fausses, tel ce verset affirmant la rotation du soleil autour de la terre (Jos. X, 13), elles ne sont erronées que lues en une perspective fondamentaliste. Les contradictions et les erreurs matérielles du texte totalement inspiré sont un moyen dont Dieu use pour nous signifier que l’inerrance est relative, non à la lettre-même du texte totalement inspiré, mais au sens divinement révélé dont le texte inspiré est porteur, le sens que Dieu-même donne au texte dont il est totalement l’auteur. Bref l’inerrance formelle du texte inspiré est relative non à sa littéralité-même mais à son sens révélé, au premier chef son sens littéral, toujours homogène à la lettre-même du texte. Et ceci suffit à expliquer pourquoi l’Église répudie la lecture fondamentaliste des textes bibliques. Le sens littéral du texte inspiré, quoique toujours homogène à la lettre du texte, ne s'y confond pas. La confusion de la lettre inspirée et de son sens révélé, d'ailleurs corrélative au refus d'envisager les écrivains inspirés comme de véritables auteurs de leurs textes, motif pris que Dieu en est aussi l'auteur, est constitutive de la lecture fondamentaliste. Confondant le sens littéral dont le texte est porteur au texte même, le fondamentaliste n'atteint qu'au sens littéraliste, caricature et corruption du sens littéral. Une telle lecture ridiculise l’autorité de Dieu révélant aux yeux des païens ainsi incités à nier l'inspiration divine.
[4] Exégèse catholique des textes bibliques.
L’erreur des fondamentalistes est de ne pas distinguer l’inspiration de la révélation, pour conséquemment assimiler le sens littéral, qui est toujours le premier des sens divinement révélés, au texte inspiré vecteur du sens divinement révélé. L’erreur symétriquement inverse des modernistes est de dissocier le sens littéral du texte inspiré qui en est le vecteur, pour offrir une exégèse prétendant aboutir à son sens littéral alors qu’hétérogène à la lettre-même du texte commenté.
L’exégèse catholique s’oppose à ces exégèses corruptrices de l’autorité de Dieu révélant. L’exégèse néo-classique utilise les acquis de l’exégèse moderne, d’où son préfixe, acquis avant tout mais non-exclusivement relatifs aux genres littéraires utilisés par les causes secondes inspirées, afin d’en dégager le sens littéral divinement révélé, qui sans se confondre à la lettre-même du texte inspiré vecteur du sens littéral révélé, lui est toujours homogène. Le sens que Dieu donne aux textes qu’il inspire est constitutif de la révélation divine par mode scripturaire, est la Tradition constitutive écrite dont les textes bibliques inspirés sont le vecteur. Le sens littéral est toujours – c’est de tradition catholique exégétique constante – le premier des quatre sens divinement révélés, les trois autres pouvant se confondre pour co-constituer le sens plénier. L’exégèse néo-classique n’est donc, relativement au sens littéral, que la continuation de l’exégèse traditionnelle, classique, pré-moderne, des Pères et des Docteurs, qu’elle perpétue en intégrant les acquis de l’exégèse moderne.
Le texte inspiré ayant deux causes totales, Dieu et l'écrivain sacré, l'exégèse catholique moderne considère que l'exégète doit tenir compte de la causalité de l'écrivain inspiré. C'est vrai, mais il ne faut pourtant pas oublier que ces textes ont aussi et d'abord Dieu pour auteur. À trop se focaliser sur l'activité de la cause seconde inspirée, l'essentiel est omis. Sans donc nier tout ce que l'exégèse moderne peut avoir de vrai, il faut réaffirmer, contre ceux dénonçant captieusement ce qu'ils dénomment l’idolâtrie du texte, que le texte pris en son sens littéral est réellement parole de Dieu.
[5] De la corruption du sens littéral en certains milieux ecclésiaux.
On comprend lors que même à sagement dissocier le sens littéral du sens littéraliste, l’homogénéité du sens littéral à la lettre du texte inspiré plonge l’homme de foi biblique dans un univers mental, une vision du monde (Weltanschauung) aux antipodes de l’esprit séculier imprégnant jusqu’à la moelle l’Occident apostat ; au risque plus qu’évident que ce façonnage contemporain des mentalités, ce matraquage idéologique constant, produise son effet jusqu’en les consciences catholiques du jour.
Pour preuve ceci, qu'écoutant sagement les acquis de l’exégèse moderne, tels ceux résultant de l’archéologie biblique obligeant à conclure certaines narrations vétéro-testamentaires n’être pas la narration de faits réellement historiques mais l’imagination de ces faits, la conclusion que cette narration fictive divinement inspirée est constitutive d’une révélation quant à son sens littéral toujours homogène à la lettre inspirée qui en est le vecteur. Peu importe donc que nos ancêtres se soient ou non rués sur Canaan, aient assiégé Jéricho, aient fait tomber ses murs au son de la trompette. Ce qui importe, c’est le sens littéral de ces textes, constitutifs d’une théologie divinement révélée de la guerre et de l’histoire. Ce que les médiévaux, dont la foi en l’Écriture surpasse de très loin celle de nos piètres contemporains, nommaient parfois les guerres du Seigneur (encore que l’expression ait aussi un autre sens dans la production littéraire médiévale, servant de titre – Liber de bellorum Domini – à ces ouvrages ou juifs et chrétiens s’opposaient sur l’interprétation controversée de certains versets bibliques). Guerres de Dieu, guerres temporelles au sens littéral, guerre spirituelles au sens plénier ; le sens spirituel supposant, pour être compris, que la révélation publique du Christ fut pleinement accomplie, sans que jamais le sens spirituel puisse nier le sens littéral : le sens spirituel ajoute au sens littéral, il ne l'annule pas. Les croisades ne furent donc pas seulement des pèlerinages armés. Elles étaient encore dans la pensée des médiévaux la continuation des guerres du Seigneur, des guerres saintes dans la pleine acception du mot, gesta Dei per Francos. De même on connait le mot de saint Louis à Jean de Joinville, disant que les discussions inter-confessionnelles doivent être laissées aux meilleurs des clercs chrétiens, les laïcs faisant mieux, en similitude à Nb. XXV, de transpercer de leurs épées jusqu’à la garde le ventre des hérétiques. Le bon roi eut été avisé de préciser les laïcs ne le pouvoir que par mandement de l’autorité ayant légitimement juridiction. À savoir : ou l’Église réprimant par elle-même (par l’excommunication) ou par le bras séculier (par le bûcher) le blasphème des hérétiques en tant qu’il est un blasphème ; ou l’État réprimant leur blasphème en tant qu’il est un trouble majeur à son ordre public juste, puisque là est l’herméneutique de stricte continuité de Dignitatis humanae.
Faut-il se repentir de tout cela ? Dire que tuer au nom de Dieu est toujours un péché, c’est s’obliger, au nom d’une théologie déconnectée de la Bible, à rechercher un sens littéral hétérogène au texte inspiré. En un mot comme en cent, c’est mépriser l’Écriture, et par là l’autorité de Dieu révélant, pour ânonner des bondieuseries insipides, fruits de l’esprit d’erreur et de mensonge par leurs contradictions au sens biblique littéral. On pourrait certes s’interroger. Peut être cette violence sacrée a-t’elle été abolie par le doux Christ obrogeant la Loi (cf. infra, quatrième post), de sorte que la violence meurtrière des zélotes – en signifiant par ce mot tous ceux dont le zèle violent est bibliquement légitimé, tel celui de Phinéas béni par Dieu pour s’y être livré (Nb. XXV, 1-13) – doive désormais être regardée, en l’économie nouvelle, comme péché grave et mortel. Pourquoi pas, mais comment si en l’économie de la loi nouvelle l'Esprit Saint par saint Pierre, donc aussi saint Pierre par la puissance de l’Esprit, a expédié Ananias et Saphira au tribunal de Dieu (Ac. V, 1-11) ? Les innombrables violences ordonnées jadis par l’Église sont-elles donc des fautes du passé dont il faille faire repentance, ou serait-ce que, légitime par son pouvoir des clés à les ordonner dans le droit fil des enseignements bibliques, c’est de cette repentance là qu’il faille se repentir ? Car enfin, si mesurant l’évolution sociétale des idées métapolltiques et en elle l’apostasie de l’Occident, l’Église est pleinement légitime à prudentiellement s’abstenir et interdire d’user aujourd’hui de violence – loin de moi l’idée de le contester – autant elle ne peut l’être à enseigner cet usage, légitimé par Dieu jusqu’en l’économie de la loi nouvelle, contraire à l’ordre moral objectif. C’est d’ailleurs aussi pourquoi Dignitatis Humanae lu dans une herméneutique de pleine conformité ne s’oppose pas à la Tradition antécédente instituant l’inquisition, les croisades, et les ordres monastiques militaires. Vous écrivant ceci, je ne cherche pas à faire l’apologie de pratiques que l’Église juge prudentiellement devoir désormais interdire, mais seulement montrer que ce jugement n’est légitime qu’à être prudentiel, cessant de l’être à devenir doctrinal.
« L’âme bavarde est vide intérieurement. Il n’y a en elle ni vertus fondamentales ni intimité avec Dieu. Il n’est donc pas question d’une vie plus profonde, d’une douce paix, ni du silence où demeure Dieu. L’âme qui n’a jamais goûté la douceur du silence intérieur est un esprit inquiet et elle trouble le silence d’autrui. J’ai vu beaucoup d’âmes qui sont dans les gouffres de l’Enfer pour n’avoir pas gardé le silence. »
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Re: La foi nécessaire au salut
II – Je réponds maintenant à vos questions.
Tout d’abord, l’enseignement de LG, 16 n’est pas un enseignement de foi catholique, car l’Église n’y engage pas son infaillibilité. Les définitions de foi sont formulées dans les anathèmes doctrinaux, inclus dans les canons, la contradictoire de la proposition anathématisée étant de foi, ainsi qu’en les définitions solennelles, le choix de la solennité étant à la discrétion des pères conciliaires. L’infaillibilité ne s’étend donc pas à tout le contenu des chapitres doctrinaux des constitutions dogmatiques encadrant et préparant les définitions qu’elles contiennent, sauf à ce que ces chapitres soient eux-mêmes constitutifs de définitions de foi, lorsqu’ils débutent par des affirmations telles que « en vertu de notre pouvoir apostolique, nous définissons que », auxquelles s’équiparent les chapitres doctrinaux constitutifs d’une confession de foi, d’un credo, qui débutent par des affirmations telles que « la sainte Église croit que… » (ce qui peut signifier tant des vérités de fide ut credenda que de fide ut tenenda), « tient que » (qui au sens propre ne désigne que vérités de fide ut tenenda), là où l’expression « enseigne que » peut, selon le contexte, convenir ou à des enseignements constitutifs de vérités de foi catholique, ou à des enseignements ressortant seulement de la doctrine catholique. Aucune solennité n’apparaissant en LG 16, ce texte ressort, non du magistère infaillible de l’Église, mais de son magistère faillible s’exprimant par mode extraordinaire (conciliaire). L’assentiment qui lui est dû n’est donc pas l’assentiment de foi mais l’assentiment religieux et prudent, lequel permet, en certains cas, de légitimement dissentir. Quand le magistère enseigne sans user d’infaillibilité, son enseignement est faillible. Si faillible et néanmoins orthodoxe, comme en la plupart des cas, l’enseignement magistériel relève de la doctrine catholique, d’autorité moindre que la foi catholique, sauf à ce qu’il soit enseigné comme de fide en d’autres occurrences magistérielles. Si faillible et hétérodoxe, constitutif d’une prostitution doctrinale. Vous exposant, d’ailleurs sans exhaustivité, la doctrine dite de la hiérarchie des notes théologiques, je ne cherche aucunement à poser prétexte à une dérobade, l’affirmation de LG 16 étant de fait pleinement catholique car pleinement conforme au donné formellement révélé et à ses explicitations magistérielles antécédentes. Je ne fais que corriger ce votre propos à d’excessif.
Je dois maintenant montrer la parfaite conformité de ce que j’exposais en mon précédent message à la Tradition constitutive (constitutive des vérités de foi divine, formellement révélées, tant explicitement qu’implicitement) et continuative (explicitative, par le magistère infaillible de l’Église, du donné tant formellement et implicitement révélé que le virtuellement révélé), ainsi qu’à Lumen Gentium 16 lu dans une herméneutique de stricte continuité.
[1] Ceux qui ignorent le Christ « sans faute de leur part » ne le confessent pas. De sorte que même à ce que leur infidélité ne soit pas constitutive d’un péché formel d’infidélité (infidélité formelle ou positive), cause de damnation, ils sont toujours matériellement infidèles (infidélité matérielle ou négative). Or cette infidélité négative fait obstacle au salut par la foi théologale (cf. Mt. XII, 30, Jn. V, 23, I Jn. IV, 2-3, Rm. X, 9-17…). La foi théologale est la foi au vrai Dieu, au Dieu révélant et révélé, au Dieu Trine incarné en la seconde de ses hypostases, dont le Corps mystique est l’Église en grâce (= l’Église prise quant à l’âme), ce même à errer sur l’identité de l’Église prise quant au corps (= sur quel groupement ecclésial est constitutif du corps de cette unique Église). Toute infidélité au sens spécifique du terme, tant négative que positive, fait donc obstacle au salut par la foi (= par la foi théologale spécifiant la charité qui la vivifie) de l’infidèle, infidèle dont la foi n’est pas théologale, n’est pas celle au vrai Dieu révélant et révélé, au Dieu Trine incarné en la seconde de ses hypostases. Aussi l’obstacle doit être levé, de manière telle que l’infidèle devienne chrétien, adhère aux articles fondamentaux du christianisme, conformément à l’enseignement du Concile Œcuménique de Trente, Décret sur la justification, chapitre 6 et 7, puisque toute interprétation du Concile Œcuménique de Vatican II contraire au Concile Œcuménique de Trente serait constitutive d’une herméneutique de rupture.
[2] C’est pourquoi ceux ignorant ou niant la Trinité et l’Incarnation ne peuvent être justifiés, ni donc sauvés, même à n’être que négativement infidèles. Car « Il faut adorer l’unité dans la Trinité et la Trinité dans l’unité. Donc que celui qui veut être sauvé pense ainsi sur la Trinité. Mais il est nécessaire pour le salut éternel qu’il croie aussi fidèlement à l’incarnation de notre Seigneur Jésus-Christ… vrai Dieu et vrai homme. » (Concile Œcuménique de Florence, Session VI). Vous le voyez, ce que vous nommez ma « thèse » n’est que la redite d’une affirmation conciliaire, laquelle découle en droite ligne de la sainte Écriture (Mt. XXVIII, 19 ; I Jn. II, 23, I Jn. V, 10-12). L’Écriture pour la Tradition constitutive, entre autres choses les Conciles Œcuméniques de Florence et de Trente pour la Tradition continuative antécédente à celui de Vatican II, qui ne peut se recevoir que lu dans le même sens et dans la même pensée, en continuité à la Tradition constitutive et continuative qui le précède : en continuité, nullement en rupture.
[3] Ceci dit, nous savons qu’à celui qui fait ce qu’il peut, Dieu ne refuse pas sa grâce. Supposons donc un infidèle négatif, qui de bonne foi ignore ou nie ce qu’il doit confesser, et plus encore aimer, après l’avoir connu par la foi théologale, prélude à la vision intuitive qui spécifie elle aussi, au Ciel, la charité des élus ; et qui d’autre part vive une vie morale naturellement honnête. À celui-ci Dieu donnera d’abord des secours naturels pour qu’il vive, croisse, et persévère dans le bien naturellement honnête. Si l’infidèle y coopère plutôt qu’il s’y soustraie, Dieu lui donnera, en récompense de ses efforts, des grâces actuelles, fut-ce seulement à l’article de la mort, afin qu’y coopérant il soit surnaturellement disposé à la justification par la foi et l’espérance (cf. Trente, Décret sur la justification, ch. 6). S’il coopère enfin à ces grâces, croyant et espérant Dieu révélant et révélé, il recevra enfin la grâce ultime d’aimer surnaturellement le Dieu de la foi théologale. Et s’il coopère à cette dernière grâce, il aura en son amour théologal pour le vrai Dieu, le Dieu révélant et révélé, le Dieu Trine connu par foi théologale, tout à la fois l’ultime disposition surnaturelle à sa justification (ch. 6) et sa justification-même (ch. 7). Car le même acte de charité, amour théologal pour le Dieu de la foi théologale, en l’instant-même où il est posé, est tout à la fois, quoique sous des rapports différents donc sans contradiction, cause dispositive ultime à la justification et effet propre de la justification que Dieu opère, du moins selon la vulgate thomiste. Pour le dire autrement, les actes méritoires de congruo du don de la grâce sanctifiante peuvent s'étager sur trois niveaux. D’abord des actes naturellement bons, posés sous l'effet d'une motion divine relevant du concours général de Dieu, et constitutifs d'une disposition naturelle éloignée à la justification. Ensuite des actes surnaturellement bons de foi théologale et d’espérance théologale (ch. 6), posés sous l'effet d'une grâce actuelle, et constitutifs par leur mérite de congruo d'une disposition surnaturelle prochaine à la justification. Enfin des actes de charité, amour surnaturel pour le Dieu vrai Dieu, le Dieu de la vraie foi, actes surnaturellement bons, résultant d'une grâce pensée tout à la fois comme actuelle et disposant ultimement à la justification (ch. 6), et comme habituelle et sanctifiante en laquelle la justification s'opère (ch. 7). Tout à l’inverse, à ne pas coopérer aux motions divines, et en elles aux grâces actuelles, elles diminuent puis se tarissent, par juste châtiment des refus d’opérer ce à quoi les motions divines incitaient : l’endurcissement, tant dans l’incrédulité que dans le désamour de Dieu, du vrai Dieu, du Dieu de la foi théologale, est toujours en conséquence d’une défaillance de la volonté se soustrayant aux motions divines.
[4] Ainsi s’explique la possibilité offerte à tout homme de participer au mystère pascal. Tout homme a la possibilité d’être justifié et conséquemment sauvé, à la stricte condition qu’il coopère librement aux motions divines auxquelles il peut toujours se soustraire. Tout homme a la possibilité d’être justifié et conséquemment sauvé, à condition qu’il coopère d’abord aux motions divines d’ordre naturel aux actes naturellement honnêtes, qu’il coopère ensuite aux motions divines d’ordre surnaturel, aux grâces actuelles de conversion que ses précédentes coopérations lui mériteront de congruo. Par où se donne l’interprétation idoine, conforme à la Tradition antécédente, in eodem sensu eademque sententia, bref l’herméneutique de stricte continuité, du passage de LG, 16 que vous citiez.
Les calembredaines post-conciliaires incompossibles à la Tradition doivent donc être rejetées comme fruits hérétiques de l’herméneutique de rupture…
[5] Quant à ceux ayant la foi théologale aux articles fondamentaux du christianisme sans pourtant avoir la foi catholique, et même à ce qu’ils soient en état de grâce, donc appartiennent à l’Église catholique prise quant à l’âme, il doivent encore, au plus tard à l’article de la mort, se convertir au catholicisme sous l’effet d’une grâce d’illumination, puisque « hors l’Église catholique point de salut ». L'absolue nécessité d'appartenir à l’Église catholique pour être sauvé est de foi (cf. infra). Mais lui appartenir comment ? Lui appartenir quant au cœur (= quant à l’âme) et quant au corps.
L’âme de l’Église catholique, c’est comme cause efficiente l’Esprit Saint infusant la grâce, et comme cause formelle la grâce du Christ qu’infuse l’Esprit. Appartiennent donc à l’Église catholique prise quant à l’âme la totalité des hommes vivant en état de grâce, qu’ils soient ou ne soient pas catholiques. Mais le corps de l’Église catholique, c’est l’ensemble des seuls catholiques, unis entre eux selon les liens de la hiérarchie ecclésiastique, qu’ils soient ou non en état de grâce, à condition seulement qu’ils ne soient pas excommuniés. Bref, l’Église catholique est le corps visible du Corps Mystique.
1. Nécessité pour le salut d’appartenir à l’Église catholique prise quant à l’âme.
2. Nécessité pour le salut d’appartenir à l’Église catholique prise quant au corps.
3. Donc nécessité pour le salut d’appartenir à l’Église catholique prise quant à l’âme et quant au corps.
[6] Est-ce à dire que la foi explicite en la totalité des vérités de foi divine et catholique est nécessaire au salut ? Non. La foi théologale explicite aux articles fondamentaux est nécessaire de nécessité de moyen absolu à leur justification, comme appert de l’Écriture et du Décret sur la justification du Concile Œcuménique de Trente. La foi implicite suffit donc à ceux des catholiques qui, ayant la foi explicite aux articles fondamentaux du christianisme, n’ont que la foi implicite à ceux des autres articles de la foi catholique qu’ils ignorent sans faute de leur part. Quant aux autres chrétiens, ceux qui sans avoir la foi catholique ont la foi théologale aux articles fondamentaux du christianisme. Ils professent l’existence de l’Église, croyant de foi théologale que l’Église est le Corps mystique du Christ, mais ils méconnaissent son identité, puisqu’ils prennent pour l’Église le vestige hérétique et/ou schismatique auquel ils adhèrent. Si leur hérésie n’est que matérielle, si leur erreur sur l’identité de l’Église est sans faute de leur part, et si d’autre part ils aiment de charité le Dieu de la foi théologale, ils vivent en état de grâce, vivent de la grâce du Christ. De sorte que ce n’est pas seulement qu’ils appartiennent déjà à l’âme de l’Église catholique, c’est encore que vivant de la grâce, et voulant être de la véritable Église, ils veulent implicitement être catholiques, et seront exaucés s’ils persévèrent jusqu’à la fin dans la vie de grâce.
La suite demain.

1) Vous affirmez qu’une foi explicitement trinitaire est absolument requise pour tout adulte. Or le concile Vatican II enseigne que « ceux qui, sans faute de leur part, ignorent l’Évangile du Christ et son Église, mais cherchent Dieu d’un cœur sincère » peuvent être sauvés (cf. Lumen Gentium 16 ; repris au CEC 847). Comment articulez-vous cette thèse avec cet enseignement de foi ?
Tout d’abord, l’enseignement de LG, 16 n’est pas un enseignement de foi catholique, car l’Église n’y engage pas son infaillibilité. Les définitions de foi sont formulées dans les anathèmes doctrinaux, inclus dans les canons, la contradictoire de la proposition anathématisée étant de foi, ainsi qu’en les définitions solennelles, le choix de la solennité étant à la discrétion des pères conciliaires. L’infaillibilité ne s’étend donc pas à tout le contenu des chapitres doctrinaux des constitutions dogmatiques encadrant et préparant les définitions qu’elles contiennent, sauf à ce que ces chapitres soient eux-mêmes constitutifs de définitions de foi, lorsqu’ils débutent par des affirmations telles que « en vertu de notre pouvoir apostolique, nous définissons que », auxquelles s’équiparent les chapitres doctrinaux constitutifs d’une confession de foi, d’un credo, qui débutent par des affirmations telles que « la sainte Église croit que… » (ce qui peut signifier tant des vérités de fide ut credenda que de fide ut tenenda), « tient que » (qui au sens propre ne désigne que vérités de fide ut tenenda), là où l’expression « enseigne que » peut, selon le contexte, convenir ou à des enseignements constitutifs de vérités de foi catholique, ou à des enseignements ressortant seulement de la doctrine catholique. Aucune solennité n’apparaissant en LG 16, ce texte ressort, non du magistère infaillible de l’Église, mais de son magistère faillible s’exprimant par mode extraordinaire (conciliaire). L’assentiment qui lui est dû n’est donc pas l’assentiment de foi mais l’assentiment religieux et prudent, lequel permet, en certains cas, de légitimement dissentir. Quand le magistère enseigne sans user d’infaillibilité, son enseignement est faillible. Si faillible et néanmoins orthodoxe, comme en la plupart des cas, l’enseignement magistériel relève de la doctrine catholique, d’autorité moindre que la foi catholique, sauf à ce qu’il soit enseigné comme de fide en d’autres occurrences magistérielles. Si faillible et hétérodoxe, constitutif d’une prostitution doctrinale. Vous exposant, d’ailleurs sans exhaustivité, la doctrine dite de la hiérarchie des notes théologiques, je ne cherche aucunement à poser prétexte à une dérobade, l’affirmation de LG 16 étant de fait pleinement catholique car pleinement conforme au donné formellement révélé et à ses explicitations magistérielles antécédentes. Je ne fais que corriger ce votre propos à d’excessif.
Je dois maintenant montrer la parfaite conformité de ce que j’exposais en mon précédent message à la Tradition constitutive (constitutive des vérités de foi divine, formellement révélées, tant explicitement qu’implicitement) et continuative (explicitative, par le magistère infaillible de l’Église, du donné tant formellement et implicitement révélé que le virtuellement révélé), ainsi qu’à Lumen Gentium 16 lu dans une herméneutique de stricte continuité.
[1] Ceux qui ignorent le Christ « sans faute de leur part » ne le confessent pas. De sorte que même à ce que leur infidélité ne soit pas constitutive d’un péché formel d’infidélité (infidélité formelle ou positive), cause de damnation, ils sont toujours matériellement infidèles (infidélité matérielle ou négative). Or cette infidélité négative fait obstacle au salut par la foi théologale (cf. Mt. XII, 30, Jn. V, 23, I Jn. IV, 2-3, Rm. X, 9-17…). La foi théologale est la foi au vrai Dieu, au Dieu révélant et révélé, au Dieu Trine incarné en la seconde de ses hypostases, dont le Corps mystique est l’Église en grâce (= l’Église prise quant à l’âme), ce même à errer sur l’identité de l’Église prise quant au corps (= sur quel groupement ecclésial est constitutif du corps de cette unique Église). Toute infidélité au sens spécifique du terme, tant négative que positive, fait donc obstacle au salut par la foi (= par la foi théologale spécifiant la charité qui la vivifie) de l’infidèle, infidèle dont la foi n’est pas théologale, n’est pas celle au vrai Dieu révélant et révélé, au Dieu Trine incarné en la seconde de ses hypostases. Aussi l’obstacle doit être levé, de manière telle que l’infidèle devienne chrétien, adhère aux articles fondamentaux du christianisme, conformément à l’enseignement du Concile Œcuménique de Trente, Décret sur la justification, chapitre 6 et 7, puisque toute interprétation du Concile Œcuménique de Vatican II contraire au Concile Œcuménique de Trente serait constitutive d’une herméneutique de rupture.
[2] C’est pourquoi ceux ignorant ou niant la Trinité et l’Incarnation ne peuvent être justifiés, ni donc sauvés, même à n’être que négativement infidèles. Car « Il faut adorer l’unité dans la Trinité et la Trinité dans l’unité. Donc que celui qui veut être sauvé pense ainsi sur la Trinité. Mais il est nécessaire pour le salut éternel qu’il croie aussi fidèlement à l’incarnation de notre Seigneur Jésus-Christ… vrai Dieu et vrai homme. » (Concile Œcuménique de Florence, Session VI). Vous le voyez, ce que vous nommez ma « thèse » n’est que la redite d’une affirmation conciliaire, laquelle découle en droite ligne de la sainte Écriture (Mt. XXVIII, 19 ; I Jn. II, 23, I Jn. V, 10-12). L’Écriture pour la Tradition constitutive, entre autres choses les Conciles Œcuméniques de Florence et de Trente pour la Tradition continuative antécédente à celui de Vatican II, qui ne peut se recevoir que lu dans le même sens et dans la même pensée, en continuité à la Tradition constitutive et continuative qui le précède : en continuité, nullement en rupture.
[3] Ceci dit, nous savons qu’à celui qui fait ce qu’il peut, Dieu ne refuse pas sa grâce. Supposons donc un infidèle négatif, qui de bonne foi ignore ou nie ce qu’il doit confesser, et plus encore aimer, après l’avoir connu par la foi théologale, prélude à la vision intuitive qui spécifie elle aussi, au Ciel, la charité des élus ; et qui d’autre part vive une vie morale naturellement honnête. À celui-ci Dieu donnera d’abord des secours naturels pour qu’il vive, croisse, et persévère dans le bien naturellement honnête. Si l’infidèle y coopère plutôt qu’il s’y soustraie, Dieu lui donnera, en récompense de ses efforts, des grâces actuelles, fut-ce seulement à l’article de la mort, afin qu’y coopérant il soit surnaturellement disposé à la justification par la foi et l’espérance (cf. Trente, Décret sur la justification, ch. 6). S’il coopère enfin à ces grâces, croyant et espérant Dieu révélant et révélé, il recevra enfin la grâce ultime d’aimer surnaturellement le Dieu de la foi théologale. Et s’il coopère à cette dernière grâce, il aura en son amour théologal pour le vrai Dieu, le Dieu révélant et révélé, le Dieu Trine connu par foi théologale, tout à la fois l’ultime disposition surnaturelle à sa justification (ch. 6) et sa justification-même (ch. 7). Car le même acte de charité, amour théologal pour le Dieu de la foi théologale, en l’instant-même où il est posé, est tout à la fois, quoique sous des rapports différents donc sans contradiction, cause dispositive ultime à la justification et effet propre de la justification que Dieu opère, du moins selon la vulgate thomiste. Pour le dire autrement, les actes méritoires de congruo du don de la grâce sanctifiante peuvent s'étager sur trois niveaux. D’abord des actes naturellement bons, posés sous l'effet d'une motion divine relevant du concours général de Dieu, et constitutifs d'une disposition naturelle éloignée à la justification. Ensuite des actes surnaturellement bons de foi théologale et d’espérance théologale (ch. 6), posés sous l'effet d'une grâce actuelle, et constitutifs par leur mérite de congruo d'une disposition surnaturelle prochaine à la justification. Enfin des actes de charité, amour surnaturel pour le Dieu vrai Dieu, le Dieu de la vraie foi, actes surnaturellement bons, résultant d'une grâce pensée tout à la fois comme actuelle et disposant ultimement à la justification (ch. 6), et comme habituelle et sanctifiante en laquelle la justification s'opère (ch. 7). Tout à l’inverse, à ne pas coopérer aux motions divines, et en elles aux grâces actuelles, elles diminuent puis se tarissent, par juste châtiment des refus d’opérer ce à quoi les motions divines incitaient : l’endurcissement, tant dans l’incrédulité que dans le désamour de Dieu, du vrai Dieu, du Dieu de la foi théologale, est toujours en conséquence d’une défaillance de la volonté se soustrayant aux motions divines.
[4] Ainsi s’explique la possibilité offerte à tout homme de participer au mystère pascal. Tout homme a la possibilité d’être justifié et conséquemment sauvé, à la stricte condition qu’il coopère librement aux motions divines auxquelles il peut toujours se soustraire. Tout homme a la possibilité d’être justifié et conséquemment sauvé, à condition qu’il coopère d’abord aux motions divines d’ordre naturel aux actes naturellement honnêtes, qu’il coopère ensuite aux motions divines d’ordre surnaturel, aux grâces actuelles de conversion que ses précédentes coopérations lui mériteront de congruo. Par où se donne l’interprétation idoine, conforme à la Tradition antécédente, in eodem sensu eademque sententia, bref l’herméneutique de stricte continuité, du passage de LG, 16 que vous citiez.
Les calembredaines post-conciliaires incompossibles à la Tradition doivent donc être rejetées comme fruits hérétiques de l’herméneutique de rupture…
[5] Quant à ceux ayant la foi théologale aux articles fondamentaux du christianisme sans pourtant avoir la foi catholique, et même à ce qu’ils soient en état de grâce, donc appartiennent à l’Église catholique prise quant à l’âme, il doivent encore, au plus tard à l’article de la mort, se convertir au catholicisme sous l’effet d’une grâce d’illumination, puisque « hors l’Église catholique point de salut ». L'absolue nécessité d'appartenir à l’Église catholique pour être sauvé est de foi (cf. infra). Mais lui appartenir comment ? Lui appartenir quant au cœur (= quant à l’âme) et quant au corps.
L’âme de l’Église catholique, c’est comme cause efficiente l’Esprit Saint infusant la grâce, et comme cause formelle la grâce du Christ qu’infuse l’Esprit. Appartiennent donc à l’Église catholique prise quant à l’âme la totalité des hommes vivant en état de grâce, qu’ils soient ou ne soient pas catholiques. Mais le corps de l’Église catholique, c’est l’ensemble des seuls catholiques, unis entre eux selon les liens de la hiérarchie ecclésiastique, qu’ils soient ou non en état de grâce, à condition seulement qu’ils ne soient pas excommuniés. Bref, l’Église catholique est le corps visible du Corps Mystique.
1. Nécessité pour le salut d’appartenir à l’Église catholique prise quant à l’âme.
2. Nécessité pour le salut d’appartenir à l’Église catholique prise quant au corps.
3. Donc nécessité pour le salut d’appartenir à l’Église catholique prise quant à l’âme et quant au corps.
[6] Est-ce à dire que la foi explicite en la totalité des vérités de foi divine et catholique est nécessaire au salut ? Non. La foi théologale explicite aux articles fondamentaux est nécessaire de nécessité de moyen absolu à leur justification, comme appert de l’Écriture et du Décret sur la justification du Concile Œcuménique de Trente. La foi implicite suffit donc à ceux des catholiques qui, ayant la foi explicite aux articles fondamentaux du christianisme, n’ont que la foi implicite à ceux des autres articles de la foi catholique qu’ils ignorent sans faute de leur part. Quant aux autres chrétiens, ceux qui sans avoir la foi catholique ont la foi théologale aux articles fondamentaux du christianisme. Ils professent l’existence de l’Église, croyant de foi théologale que l’Église est le Corps mystique du Christ, mais ils méconnaissent son identité, puisqu’ils prennent pour l’Église le vestige hérétique et/ou schismatique auquel ils adhèrent. Si leur hérésie n’est que matérielle, si leur erreur sur l’identité de l’Église est sans faute de leur part, et si d’autre part ils aiment de charité le Dieu de la foi théologale, ils vivent en état de grâce, vivent de la grâce du Christ. De sorte que ce n’est pas seulement qu’ils appartiennent déjà à l’âme de l’Église catholique, c’est encore que vivant de la grâce, et voulant être de la véritable Église, ils veulent implicitement être catholiques, et seront exaucés s’ils persévèrent jusqu’à la fin dans la vie de grâce.
La suite demain.
« L’âme bavarde est vide intérieurement. Il n’y a en elle ni vertus fondamentales ni intimité avec Dieu. Il n’est donc pas question d’une vie plus profonde, d’une douce paix, ni du silence où demeure Dieu. L’âme qui n’a jamais goûté la douceur du silence intérieur est un esprit inquiet et elle trouble le silence d’autrui. J’ai vu beaucoup d’âmes qui sont dans les gouffres de l’Enfer pour n’avoir pas gardé le silence. »
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Re: La foi nécessaire au salut
2) Le vocabulaire très dur sur… l’islam me gêne. Le même concile affirme.. que les musulmans « adorent avec nous le Dieu unique, miséricordieux »… Ne faudrait-il pas en tenir compte ?
[1] Nostra Ætate 3 ne fait que dire : « Ecclesia cum aestimatione quoque Muslimos respicit qui unicum Deum adorant ». Ce qui peut se traduire de bien des manières, car æstĭmātĭō = estimer au sens d’évaluer, tandis que respĭcĭō = regarder, tourner son attention.
1. « L’Église regarde aussi avec estime les musulmans adorant le Dieu unique ».
2. « L’Église regarde aussi avec attention les musulmans adorant le Dieu unique ».
3. « L’Église évalue aussi attentivement [si] les musulmans adorent le Dieu unique ».
La première des traductions est problématique tant elle incite à l'herméneutique de rupture. Elle semble pourtant bien refléter l'intention conciliaire. Dans la mesure où elle est la version officielle de l’épiscopat français - c’est toute l’ambiguïté conciliaire et post-conciliaire qui se dévoile ici - il nous faut nous attacher à cette traduction, en écartant, en bons ouvriers de l’herméneutique de stricte continuité, sa contradiction à la Tradition constitutive, qui disparait dès qu’introduite la distinction suivante. Les musulmans adorent objectivement le diable, quoiqu’ils adorent subjectivement Dieu, croyant de bonne foi que leurs prières sont adressées à Dieu. Les musulmans donc, subjectivement, adorent Dieu – assez Sage, Puissant et Bon, pour en tenir compte – sans pourtant l’aimer de charité, leur culte n’étant pas spécifié par la foi théologale à laquelle leur fausse religion, préternaturelle satanique par essence, s’oppose en termes exprès. Foi satanique blasphémant la foi théologale trinitaire et christologique en l’affirmant polythéiste et associationniste, foi satanique substituant Ismaël à Israël, l’Uma islamique à l’Église de Dieu, pour enfin commander à ses sectateurs d’opprimer, en dignes fils du diable, les chrétiens ayant le malheur du subir leur joug. Les musulmans ne sont donc pas estimables pour l’aspect objectivement satanique de leur foi, mais par leur volonté subjective d’adorer le Dieu qu’ils ne connaissent pourtant pas et qu’ils blasphèment objectivement. L’estime en laquelle nous pouvons les tenir est donc toute relative à l’aspect subjectif de leur culte de latrie, adorant Dieu sans pourtant l’aimer de charité théologale, leur infidélité objective s’avérant incapable de spécifier surnaturellement l’amour qu’ils pourraient subjectivement avoir pour Dieu alors qu’ils le portent objectivement au diable.
L’islam, puissance antéchristique, a le diable pour père. Donc le dialogue islamo-chrétien, d’accord, mais pourquoi faire ? Un colloque réunissant des érudits islamiques et catholiques déblatérant des attributs du Dieu unique ? Pourquoi pas, mais à qui les attribuer ? Au vrai Dieu ou à l’entité préternaturelle satanique masquée sous le Coran ? Et puis, très sincèrement, considérant que ce qui est le plus sacré pour nous, la Trinité et l’Incarnation, est pour eux un blasphème, qu’inversement ce qu’ils tiennent pour le plus sacré, le Coran et son prophète, n’est en vérité que blasphème et diablerie pour ceux dont le oui est oui et dont le non est non, à quoi s’attendre ? La conflictualité est certaine, car elle découle de doctrines inamissibles, sauf à les apostasier ou à les abjurer. De sorte qu’au final le seul fruit de ce dialogue pourrait n’être que de différer provisoirement l’inévitable, le combat multi-séculaire de la Croix et du Croissant, la croisade et le djihad partout où les populations sont mélangées, en aveuglant, assoupissant, et débilitant les consciences inconcientes du danger.
Heureux les artisans de paix (Mt. V, 9), oui, mais de quelle paix ? Celle des âmes ou celle des armes ? En tout état de cause, certainement pas la paix du monde (Jn. XIV, 27). Et enfin cette paix civile au service du vivre-ensemble n’est pas conforme à la doxa mahométane, restant à savoir si elle peut l’être à la doxa chrétienne.
Contraire à la doxa islamique, ceux que les mahométans tiennent pour infidèles devant être mis à mort ou soumis (dhimmitude), tant l’islam politique découle du Coran et de la Sunna en lesquels il s’inscrit. Il n’y a pas à entrer dans les artifices sémantiques du politiquement correct, le suffixe –isme valant pour toute religion : hindouisme, bouddhisme, paganisme, animisme, judaïsme, christianisme, islamisme. L’islamisme est constitué par la foi islamique, et conséquemment par la religion induite, quoique soit le contenu de cette foi. Quant à la réduction de l’islamisme à l’islamisme politique, opérée par ceux voulant faire croire que serait une foi islamique a-politique et pacifique qu’ils dénomment islam pour l’opposer à l’islamisme politique, un artifice captieux, l’islamisme politique étant partie intégrante du dogme islamique. Il existe certes des musulmans modérés, mais leur modération est semblable à celle des catholiques libéraux : à proportion symétriquement inverse de leur orthodoxie.
Conforme à la doxa catholique ? Vaste sujet. Cette paix civile est d’ordre naturel. Mais naturel vertueux, conforme à l’ordre moral objectif, ou naturel vertueux mais vicié, non pas vicieux mais vicié par sa désarticulation au surnaturel en laquelle la nature n’est que déchue ? Ce qui est ici posé, c’est le rapport de la nature à la grâce habituelle et sanctifiante. La grâce n’est-elle qu’un accident surnaturel sur-ajouté à la nature comme substance, de sorte que le bien naturel puisse pleinement se trouver en l’absence même de la grâce ? Si oui, rien à redire. Si non, si la grâce est tout à la fois un accident surnaturel et une partie intégrante quoique nullement spécifique de la nature telle que voulue par Dieu, créée ab initio en état surnaturel et préternaturel d’intégrité partiellement restauré en ceux que le Christ justifie, la nature réduite à sa seule déchéance dès la grâce perdue, les vertus des païens, sans aucunement être des vices, sont néanmoins viciées par l’absence de la charité, forme surnaturelle de toute vertu et ainsi vertu totale. Devient lors difficile de ne pas conclure que, sous prétexte de fausse paix, d’une paix viciée car privée de la grâce, une déchéance de la socièté civile toute entière. C’est donc à cette question qu’on aimerait voir l’épiscopat répondre. Mais leur faudrait d’abord purger les séminaires de doctrines qui, excipant de la thèse lubacienne, vraie, que n’est pas d’autre fin dernière absolue que surnaturelle, que donc n’existe pas un ordre de nature pure, concluent abusivement en niant la dualité de la nature et de la grâce, assimilant la grâce à la nature, la nature à la grâce, pour enfin trouver en la vertu du païen subrepticement peinturluré en chréten anonyme une foi théologale totalement implicite suffisant au salut.
[2] Le vocabulaire très dur envers l’islamisme (= la foi islamique, chiite ou sunnite, et la religion qui en dérive) s’explique par l’Écriture.
1. Que le diable cherche des adorateurs, c’est de foi divine. Car d’abord, il veut être Dieu : « Te voilà tombé du ciel, Astre brillant, fils de l'aurore ! Tu es abattu à terre, Toi, le vainqueur des nations ! Tu disais en ton cœur : Je monterai au ciel, j'élèverai mon trône au-dessus des étoiles de Dieu, je m'assiérai sur la montagne de l'assemblée, à l'extrémité du septentrion. Je monterai sur le sommet des nues, je serai semblable au Très-Haut. Mais tu as été précipité dans le séjour des morts, dans les profondeurs de la fosse. » (Is. XIV, 12-15). Conséquemment, il cherche à se faire adorer : « Le diable le transporta encore sur une montagne très élevée, lui montra tous les royaumes du monde et leur gloire, et lui dit : Je te donnerai toutes ces choses, si tu te prosternes et m'adores. Jésus lui répondit : Retire-toi, Satan ! Car il est écrit : Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul. » (Mt. IV, 8-10). Mais des adorateurs il en trouve à foison, car d’abord « le monde entier git sous la puissance du diable » (I Jn. V, 19), car enfin « les dieux des nations sont des démons » (Ps. XCVI, 5, Sept. & Vulg.).
2. Aussi, « Si notre Évangile est encore voilé, il est voilé pour ceux qui périssent, pour les incrédules dont le dieu de ce siècle a aveuglé l'intelligence, afin qu'ils ne vissent pas briller la splendeur de l'Évangile de la gloire de Christ, qui est l'image de Dieu. » (II Cor. III, 3-4). Le Christ a vaincu le diable, et ainsi le monde, et pourtant le monde entier git encore sous l’emprise du diable : « Nous savons que nous sommes de Dieu, et que le monde entier est sous la puissance du malin. » (I Jn. V, 19). « Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui est à lui ; mais parce que vous n'êtes pas du monde, et que je vous ai choisis du milieu du monde, à cause de cela le monde vous hait. » (Jn. XV, 19). « Ne crains point, petit troupeau, car votre Père a trouvé bon de vous donner le royaume. » (Lc. XII, 32). « Vous, petits enfants, vous êtes de Dieu, et vous les avez vaincus, parce que celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde. Eux, ils sont du monde ; c'est pourquoi ils parlent d'après le monde, et le monde les écoute. Nous, nous sommes de Dieu ; celui qui connaît Dieu nous écoute ; celui qui n'est pas de Dieu ne nous écoute pas : c'est par là que nous connaissons l'esprit de vérité et l'esprit d'erreur. » (I Jn. IV, 4-6).
3. Les musulmans sont donc objectivement sataniques à raison-même de leur foi. Car qui sont les sataniques, qui sont les artisans de la puissance antéchristique ? « Celui qui n’honore pas le Fils n’honore pas le Père qui l'a envoyé. » (Jn. V, 23). « Reconnaissez à ceci l’Esprit de Dieu : tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu en la chair est de Dieu ; et tout esprit qui ne confesse pas Jésus n’est pas de Dieu, c’est celui de l’antéchrist » (I Jn. IV, 2-3). « Celui qui croit en lui n'est point jugé ; mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. Et ce jugement c'est que, la lumière étant venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. » (Jn. III, 18-19). « Jésus leur dit : Si Dieu était votre Père, vous m'aimeriez, car c'est de Dieu que je suis sorti et que je viens ; je ne suis pas venu de moi-même, mais c'est lui qui m'a envoyé. Pourquoi ne comprenez-vous pas mon langage ? Parce que vous ne pouvez écouter ma parole. Vous avez pour père le diable, et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement, et il ne se tient pas dans la vérité, parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fonds, car il est menteur et père du mensonge. Et moi, parce que je dis la vérité, vous ne me croyez pas. Qui de vous me convaincra de péché ? Si je dis la vérité, pourquoi ne me croyez-vous pas ? Qui est de Dieu entend les paroles de Dieu ; vous n'entendez pas parce que vous n'êtes pas de Dieu. » (Jn. VIII, 42-47). « Et je vis sortir de la bouche du dragon, et de la bouche de la bête, et de la bouche du faux prophète, trois esprits impurs, semblables à des grenouilles. Ce sont des esprits démoniaques, qui font des prodiges, et qui vont vers les rois de toute la terre, afin de les rassembler pour le combat du grand jour du Dieu tout-puissant. » (Ap. XVI, 13-14). « Et la bête fut prise, et avec elle le faux prophète, qui avait fait devant elle les prodiges par lesquels il avait séduit ceux qui avaient pris la marque de la bête et adoré son image. Ils furent tous les deux jetés vivants dans l'étang ardent de feu et de soufre. » (Ap. XIX, 20).
4. D’où donc, pour la gloire de Dieu et le salut des hommes, le devoir de combattre les puissances sataniques et ceux qui les servent. « Car nous n'avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes. » (Eph. VI, 12). « Vous étiez morts par vos offenses et par vos péchés dans lesquels vous marchiez autrefois, selon le train de ce monde, selon le prince de la puissance de l'air, de l'esprit qui agit maintenant dans les fils de la rébellion. » (Eph. II, 1-2). « Je t'ai choisi du milieu de ce peuple et du milieu des païens, vers qui je t'envoie, afin que tu leur ouvres les yeux, pour qu'ils passent des ténèbres à la lumière, de la puissance de Satan à Dieu, pour qu'ils reçoivent, par la foi en moi, le pardon des péchés et l'héritage avec les sanctifiés. » (Ac. XXVI, 17-18). « Rendez grâces au Père, qui vous a rendus capables d'avoir part à l'héritage des saints dans la lumière, qui nous a délivrés de la puissance des ténèbres et nous a transportés dans le royaume du Fils de son amour, en qui nous avons la rédemption, la rémission des péchés. » (Col. I, 12-14).
La suite bientôt.
« L’âme bavarde est vide intérieurement. Il n’y a en elle ni vertus fondamentales ni intimité avec Dieu. Il n’est donc pas question d’une vie plus profonde, d’une douce paix, ni du silence où demeure Dieu. L’âme qui n’a jamais goûté la douceur du silence intérieur est un esprit inquiet et elle trouble le silence d’autrui. J’ai vu beaucoup d’âmes qui sont dans les gouffres de l’Enfer pour n’avoir pas gardé le silence. »
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Gaudens
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Re: La foi nécessaire au salut
Je me permets ,Perlum Pimpum, d’interférer dans le dialogue esquissé avec Skog.
Vous en dites un peu plus que naguère sur vos motivations :rechercher méthodiquement la plus stricte continuité de l’enseignement de Vatican II avec les enseignements antérieurs des Pères et Docteurs de l’Eglise, Conciles et des papes . Attaché comme je le suis à l’herméneutique de continuité promue par feu Benoit XVI, je ne vous contredirai pas sur ce point.
Je tiens à dire que plusieurs de vos propos sur ce fil ne me choquent pas ,malgré des formulations un peu excessives :le caractère satanique de l’islam par exemple mais au moins d’évidentes infiltrations de ce type ne me paraissent pas niables (ça mériterait de longs développements) ;je comprends la différence entre nature et surnature (grâce) que vous faites, avec raison,je pense.,etc…
Quelques remarques essentielles toutefois :
-à vous lire, j’ai l’impression que vous recherchez tellement cette continuité que vous ne voyez pas même l’apport spécifique de Vatican II.Or lire les décisions d’un Concile ne peut se limiter à cela ;aucun concile ne peut se limiter à la répétition avec de nouveaux mot de concepts et considérations antérieures, tant de par l’action , repérable ou pas, de l’Esprit Saint que par l’influence du monde socio-politique entourant chaque concile. Votre effort de traduction du passage de Nostra Aetate concernant l’estime pour les Musulmans (effort auquel , avec raison, vous ne semblez pas trop croire vous-même) est bien révélateur. Avec votre traduction suggérée, pas de nouveauté :on regarde les musulmans (passionnant !), rien d’autre et surtout rien de nouveau. Pour le coup ,vous oubliez de pointer le fait essentiel :le Concile parle bien DES musulmans, pas de l’Islam, bien sûr et en cela il reste très orthodoxe.
- du reste, pour éviter d’être face à des orientations nouvelles vous prenez la précaution - tout comme la FSSPX , me semble-t-il- de dénier audit Vatican II (à Lumen Gentium 16, en l’occurrence) tout caractère infaillible au motif formel que les Pères conciliaires n’avaient pas fait précéder leurs décisions de formules solennelles telles »nous proclamons , de foi divine et catholique que l’Eglise doit croire et tenir que…et que ceux qui ne l’accepteront pas seront anathèmes »,etc… Auquel cas, bien sûr aucune décision de Vatican II ne serait infaillible puisque les Pères conciliaires avaient volontairement renoncé à toute affirmation péremptoire et condamnatrice de ce genre :les formulations négatives et orgueilleuses devaient faire place à des approches affirmatives et pacifiantes. Attitude trop irénique sans doute,je vous l’accorde mais c’était ainsi.
D’ailleurs je me demande ce qui vous permet un tel jugement : à suivre votre logique il faudrait qu’un jour un Concile ou un pape ait solennellement proclamé (avec la formule adéquate en entrée de déclaration !) que tout jugement ultérieur d’un Concile ou d’un pape ne serait infaillible que précédé de genre de formule imprécatoire. Est-ce le cas ?
Ce genre de considération vous amène donc à différencier ce qui relève infailliblement du dogme (ce qui est précédé des formules en question) de ce qui relève de la simple « doctrine catholique » , non infaillible, les décisions de Vatican II ( LG 16 ) relevant de cette catégorie, qui serait par nature discutable quand le dogme ne l’est pas. Différenciation scolastique commode sans doute mais assez spécieuse pour un logicien normal , je le crains.
Enfin,votre recherche de la continuité à tout prix vous fait différencier sens littéral et « sens littéraliste » des Ecritures.Je connaissais les trois sens ,littéral (reconnu comme inspiré par l’Eglise), allégorique et moral mais pas ce dernier ;en êtes-vous l’auteur ou sinon, de quels exégètes le tenez-vous ? Cette différence me parait avoir à peine l’épaisseur d’un papier à cigarettes(ou de papier Bible, si vous préférez). Concrètement il faudrait donner quelques exemples précis de cette différence ;votre exemple de la conquête de Canaan est trop vague et pas convaincant.
Pour en revenir au thème de votre discussion , entre foi implicite et foi explicite (différence pas toujours facile à établir) et nécessité de la foi explicite pour le salut,vous vous livrez (avec Saint Thomas d’Aquin ?) à de délicats jeux d’équilibre , en tous cas bien complexes . Tout cela pour affirmer qu’une grâce est possible à l’heure de la mort pour que charité exercée dans la vie et foi implicite acceptée (?) pendant la vie permettent de confesser in extremis la foi explicite et trinitaire indispensable pour échapper à la damnation ;à quelques secondes près, votre démarche rappelle du reste celle d’Arnaud Dumouch :pour lui le sort final pourrait se jouer quelques secondes après ce qu’on appelle la mort et pour vous,quelques secondes avant, sans expression extérieure nécessaire de cette acceptation.Ai-je bien compris ?
En tous cas votre maniement des concepts de foi et de charité pose une autre question :qu’appelez-vous « charité » ?
Je reste en effet dans l’interrogation en lisant les affirmations suivantes, certes peu claires à mes yeux :
« le salut spécifie la charité, qui vivifie la foi de sorte que … sans la foi théologale explicite au Dieu Trine incarné…l’amour surnaturel pour le Dieu de la foi théologale n’existe pas « »
«le salut suppose la charité, qui suppose d’être spécifiée à tout le moins par les articles fondamentaux de la foi théologale explicite ».
D’où sortent ces considérations ? Que signifie ici « spécifier » ? N’y a-t-il pour vous aucune spécificité (justement) de la charité qui la distinguerait de la foi, comme si la charité s’appliquait fondamentalement à l’amour-foi pour la Sainte Trinité et accessoirement pour le prochain ou la Création ? Dans ce cas,nulle charité n’est à reconnaitre à des humains appliqués toute leur vie au bien et au refus du mal sans pour autant connaitre ou reconnaitre le Dieu Trine. Bref,ils sont faits comme des rats, à moins de quelque nouvelle distinction « de congruo « ou pas … J’ai l’air de me moquer mais ne le croyez pas.Malgré vos efforts ,vous continuez à me troubler et à en troubler d’autres, je le crains. A cet égard il faudra bien un jour que vous révéliez votre degré d’autorité, au-delà de votre évidente érudition ;êtes-vous professeur de théologie,prêtre,simple laic (évêque, je ne le pense pas …)?
Vous en dites un peu plus que naguère sur vos motivations :rechercher méthodiquement la plus stricte continuité de l’enseignement de Vatican II avec les enseignements antérieurs des Pères et Docteurs de l’Eglise, Conciles et des papes . Attaché comme je le suis à l’herméneutique de continuité promue par feu Benoit XVI, je ne vous contredirai pas sur ce point.
Je tiens à dire que plusieurs de vos propos sur ce fil ne me choquent pas ,malgré des formulations un peu excessives :le caractère satanique de l’islam par exemple mais au moins d’évidentes infiltrations de ce type ne me paraissent pas niables (ça mériterait de longs développements) ;je comprends la différence entre nature et surnature (grâce) que vous faites, avec raison,je pense.,etc…
Quelques remarques essentielles toutefois :
-à vous lire, j’ai l’impression que vous recherchez tellement cette continuité que vous ne voyez pas même l’apport spécifique de Vatican II.Or lire les décisions d’un Concile ne peut se limiter à cela ;aucun concile ne peut se limiter à la répétition avec de nouveaux mot de concepts et considérations antérieures, tant de par l’action , repérable ou pas, de l’Esprit Saint que par l’influence du monde socio-politique entourant chaque concile. Votre effort de traduction du passage de Nostra Aetate concernant l’estime pour les Musulmans (effort auquel , avec raison, vous ne semblez pas trop croire vous-même) est bien révélateur. Avec votre traduction suggérée, pas de nouveauté :on regarde les musulmans (passionnant !), rien d’autre et surtout rien de nouveau. Pour le coup ,vous oubliez de pointer le fait essentiel :le Concile parle bien DES musulmans, pas de l’Islam, bien sûr et en cela il reste très orthodoxe.
- du reste, pour éviter d’être face à des orientations nouvelles vous prenez la précaution - tout comme la FSSPX , me semble-t-il- de dénier audit Vatican II (à Lumen Gentium 16, en l’occurrence) tout caractère infaillible au motif formel que les Pères conciliaires n’avaient pas fait précéder leurs décisions de formules solennelles telles »nous proclamons , de foi divine et catholique que l’Eglise doit croire et tenir que…et que ceux qui ne l’accepteront pas seront anathèmes »,etc… Auquel cas, bien sûr aucune décision de Vatican II ne serait infaillible puisque les Pères conciliaires avaient volontairement renoncé à toute affirmation péremptoire et condamnatrice de ce genre :les formulations négatives et orgueilleuses devaient faire place à des approches affirmatives et pacifiantes. Attitude trop irénique sans doute,je vous l’accorde mais c’était ainsi.
D’ailleurs je me demande ce qui vous permet un tel jugement : à suivre votre logique il faudrait qu’un jour un Concile ou un pape ait solennellement proclamé (avec la formule adéquate en entrée de déclaration !) que tout jugement ultérieur d’un Concile ou d’un pape ne serait infaillible que précédé de genre de formule imprécatoire. Est-ce le cas ?
Ce genre de considération vous amène donc à différencier ce qui relève infailliblement du dogme (ce qui est précédé des formules en question) de ce qui relève de la simple « doctrine catholique » , non infaillible, les décisions de Vatican II ( LG 16 ) relevant de cette catégorie, qui serait par nature discutable quand le dogme ne l’est pas. Différenciation scolastique commode sans doute mais assez spécieuse pour un logicien normal , je le crains.
Enfin,votre recherche de la continuité à tout prix vous fait différencier sens littéral et « sens littéraliste » des Ecritures.Je connaissais les trois sens ,littéral (reconnu comme inspiré par l’Eglise), allégorique et moral mais pas ce dernier ;en êtes-vous l’auteur ou sinon, de quels exégètes le tenez-vous ? Cette différence me parait avoir à peine l’épaisseur d’un papier à cigarettes(ou de papier Bible, si vous préférez). Concrètement il faudrait donner quelques exemples précis de cette différence ;votre exemple de la conquête de Canaan est trop vague et pas convaincant.
Pour en revenir au thème de votre discussion , entre foi implicite et foi explicite (différence pas toujours facile à établir) et nécessité de la foi explicite pour le salut,vous vous livrez (avec Saint Thomas d’Aquin ?) à de délicats jeux d’équilibre , en tous cas bien complexes . Tout cela pour affirmer qu’une grâce est possible à l’heure de la mort pour que charité exercée dans la vie et foi implicite acceptée (?) pendant la vie permettent de confesser in extremis la foi explicite et trinitaire indispensable pour échapper à la damnation ;à quelques secondes près, votre démarche rappelle du reste celle d’Arnaud Dumouch :pour lui le sort final pourrait se jouer quelques secondes après ce qu’on appelle la mort et pour vous,quelques secondes avant, sans expression extérieure nécessaire de cette acceptation.Ai-je bien compris ?
En tous cas votre maniement des concepts de foi et de charité pose une autre question :qu’appelez-vous « charité » ?
Je reste en effet dans l’interrogation en lisant les affirmations suivantes, certes peu claires à mes yeux :
« le salut spécifie la charité, qui vivifie la foi de sorte que … sans la foi théologale explicite au Dieu Trine incarné…l’amour surnaturel pour le Dieu de la foi théologale n’existe pas « »
«le salut suppose la charité, qui suppose d’être spécifiée à tout le moins par les articles fondamentaux de la foi théologale explicite ».
D’où sortent ces considérations ? Que signifie ici « spécifier » ? N’y a-t-il pour vous aucune spécificité (justement) de la charité qui la distinguerait de la foi, comme si la charité s’appliquait fondamentalement à l’amour-foi pour la Sainte Trinité et accessoirement pour le prochain ou la Création ? Dans ce cas,nulle charité n’est à reconnaitre à des humains appliqués toute leur vie au bien et au refus du mal sans pour autant connaitre ou reconnaitre le Dieu Trine. Bref,ils sont faits comme des rats, à moins de quelque nouvelle distinction « de congruo « ou pas … J’ai l’air de me moquer mais ne le croyez pas.Malgré vos efforts ,vous continuez à me troubler et à en troubler d’autres, je le crains. A cet égard il faudra bien un jour que vous révéliez votre degré d’autorité, au-delà de votre évidente érudition ;êtes-vous professeur de théologie,prêtre,simple laic (évêque, je ne le pense pas …)?
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Re: La foi nécessaire au salut
Bonsoir Gaudens,
Je vous répondrais dès terminé mon post sur le judaïsme postchrétien.
Amitiés.
Je vous répondrais dès terminé mon post sur le judaïsme postchrétien.
Amitiés.
« L’âme bavarde est vide intérieurement. Il n’y a en elle ni vertus fondamentales ni intimité avec Dieu. Il n’est donc pas question d’une vie plus profonde, d’une douce paix, ni du silence où demeure Dieu. L’âme qui n’a jamais goûté la douceur du silence intérieur est un esprit inquiet et elle trouble le silence d’autrui. J’ai vu beaucoup d’âmes qui sont dans les gouffres de l’Enfer pour n’avoir pas gardé le silence. »
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Re: La foi nécessaire au salut
Merci pour cette annonce,Perlum Pimpum. Pour le mot "amitiés" aussi, bien que je le crois un peu prématuré vu la façon dont vous m'assaisonnâtes naguère ! Mais enfin,qui sait, cela viendra peut-être . L'amitié ne suppose pas l'unanimité.
De mon côté, je viens de relire les paragraphes que vous consacrez à la violence dans l'Ecriture Sainte et à la manière dont l'exégèse traite ou devrait traiter celle-ci.Ces paragraphes que je n'avais pas vraiment repérés jusqu'ici ( vous écrivez tellement !) devraient m'inciter à de nouvelles questions/remarques n'allant guère dans votre sens ,je dois dire.Mais cela peut attendre les réponses que vous souhaitez apporter à mes premières questions, chaque chose en son temps pour éviter de tout confondre et d'embrouiller les lecteurs/contributeurs et nous mêmes.
De mon côté, je viens de relire les paragraphes que vous consacrez à la violence dans l'Ecriture Sainte et à la manière dont l'exégèse traite ou devrait traiter celle-ci.Ces paragraphes que je n'avais pas vraiment repérés jusqu'ici ( vous écrivez tellement !) devraient m'inciter à de nouvelles questions/remarques n'allant guère dans votre sens ,je dois dire.Mais cela peut attendre les réponses que vous souhaitez apporter à mes premières questions, chaque chose en son temps pour éviter de tout confondre et d'embrouiller les lecteurs/contributeurs et nous mêmes.
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Re: La foi nécessaire au salut
2) Le vocabulaire très dur sur le judaïsme… me gêne. Le même concile affirme que l’Alliance avec Israël « n’a jamais été révoquée… » (cf. Nostra Aetate 4)… Ne faudrait-il pas en tenir compte ?
I – La Tradition constitutive.
Le vocabulaire très dur envers le judaïsme post-chrétien, anti-chrétien par essence, est celui même dont use Dieu, auteur de la totalité des textes inspirés.
[1] Pour comprendre cette dureté de Dieu envers les juifs anti-chrétiens, les membres de la Synagogue de Satan (Ap. II, 9, Ap. III, 9), il faut d’abord comprendre ce point capital : la plénitude du judaïsme est le christianisme, dont la plénitude est le catholicisme, de sorte qu’en toute vérité le catholicisme est la plénitude du judaïsme : le catholique est le vrai juif.
D'où donc que le beau nom de juif (« le salut vient des juifs », Jn. IV, 22) ne s'applique en toute rigueur de termes qu'à ceux-là seuls qui appartiennent au Corps du Christ ; ne s'appliquant que par manière impropre quoique habituelle à ceux qui n'ont de juif que le nom, « ceux de la synagogue de Satan, qui se disent juifs et ne le sont pas » (Ap. III, 9), de sorte qu'en cette habituelle acception du terme, elle n'est que laide, hideuse, abominable à Dieu.
Car qu’est-ce qu’être juif ? Le mot est polysémique, porteur d’une pluralité de sens tirés d’un sens premier auquel les seconds ont rapport, raison pourquoi le mot s’applique analogiquement à des réalités diverses. Il y a ici une analogie de proportion en laquelle le terme analogue « juif » a un sens théologal (analogué principal) duquel dérivent d’autres sens (analogués secondaires), tels que racial, culturel-identitaire, etc. C’est toujours soit au sens premier et plénier, théologal en ses deux occurrences, soit au sens théologique dérivé, que j’emploie le mot « juif » en cet écrit, à l’exclusion de tout autre sens dérivé tel que racial ou identitaire. Je le précise pour qu’aucune ambiguïté ne soit possible : l’anti-judaïsme chrétien, l’hostilité bimillénaire du christianisme comme plénitude du judaïsme au judaïsme post- et anti-chrétien, qui n’a d’égale que l’hostilité bimillénaire du judaïsme dévoyé au christianisme, n’est aucunement un antisémitisme : le Christ est de race sémitique, comme le sont aussi sa Mère et ses Apôtres, colonnes et fondements de la vérité. Au sens théologal du terme, le mot juif réfère au judaïsme pré-chrétien par essence ainsi qu'au christianisme comme plénitude du judaïsme ; le premier de ces sens pouvant être l'un ou l'autre selon qu'on réfère le mot à l'ordre chronologique ou à ce qui constitue le formel de la judéité, la grâce du Christ, et ainsi le Christ lui-même. Du sens théologal dérive un sens théologique référant au judaïsme post- et anti-chrétien, ce judaïsme là n'ayant de juif que le nom (cf. infra). Pour que le sens soit théologal, il doit référer à Dieu, le vrai Dieu, le Dieu révélant et révélé. La foi théologale est celle ayant véritablement Dieu révélant pour auteur (motif de la foi théologale) et Dieu révélé pour objet (objet de la foi théologale), les autres vérités formellement révélées ne l'étant qu'en leur rapport au Dieu révélé (objet premier de la foi théologale). Le mot juif au sens théologal du terme implique toujours que celui auquel on l'attribue appartienne au Corps du Christ, a minima au corps de ce Corps par la foi théologale, ce qui doit se dire de l'ensemble des membres du judaïsme pré-chrétien, l’Église d'avant l’Église étant déjà l’Église (cf. infra). Le mot juif pris au sens théologal du terme peut donc d'abord signifier tout juif pré-chrétien (comme en Rm. III, 27-29, Rm. IX, 24, Ga. III, 28, etc). Le mot juif pris au sens théologal du terme peut encore signifier tout chrétien (comme en Rm. II, 28-29, Ga. VI, 16, Ga. III, 29, Ph. III, 3, etc, et conséquemment par antithèse en Ap. II, 9 et en Ap. III, 9), le christianisme étant la plénitude du judaïsme. Conséquemment le mot « judéo-chrétien » est lui-même susceptible de deux acceptions, selon que désignant tout chrétien, tout chrétien étant juif du seul fait que chrétien (cf. infra), ou selon que ne désignant que la fraction des chrétiens issus du judaïsme pré-chrétien par opposition à ceux issus de la gentilité. En d'autres occurrences néotestamentaires, le mot juif désigne ceux qui, issus du judaïsme pré-chrétien, ont sombré dans le judaïsme post- et anti-chrétien, savoir : ou ceux ayant activement pris part au déicide (comme en I Th. II, 15, Ac. II, 22-23, Mt. XXVII, 22, etc) ; ou ceux qui se sont opposés à la prédication chrétienne (comme en Ac. IX, 23, Ac. XIII, 45 et 50, Ac. XIV, 4-5, Mt. XXIII, 34-35, I Th. II, 14 et 16, etc) ; ou tout ceux qui, plus généralement, ont refusé Jésus, cessant du fait-même d'être unis à son Corps (Ap. II, 9, Ap. III, 9). En ces derniers sens, le mot juif perd tout caractère théologal, ces juifs-là n'ayant plus la foi théologale pour s'être refusés à la révélation divine donnée en et par Jésus-Christ, qu'ils renièrent, désormais retranchés du Christ jusqu'à n'avoir plus de juif que le nom (Ap. II, 9, Ap. III, 9).
[2] Du caractère essentiellement juif du christianisme.
Selon la doxa rabbinique la judéité a trois causes. Cause efficiente, Dieu infusant en l’âme ce par quoi elle devient juive. Cause formelle, ce que Dieu y infuse, que les rabbins nomment degrés d’âme supplémentaires. Cause dispositive ordinaire à cette infusion, le fait d’être conçu d’une mère juive (donc la matrilinéarité : c’est ici que la race incidait sur la judéité en l’économie de la loi ancienne) ; cause dispositive extraordinaire à cette infusion, le mikvé, bain rituel ayant ici valeur sacramentelle, puisqu’il suffit que les règles qui le régissent soient respectées pour qu’en le mikvé le goy devienne juif. Remplacez mikvé par baptême, degrés d’âme supplémentaires par organisme surnaturel infus, et vous comprendrez le caractère structurellement juif du christianisme, donc d’abord du catholicisme, plénitude du christianisme et ainsi du judaïsme. D’ailleurs ne disons-nous pas de Jésus qu’il est, sans confusion ni mélange ni séparation ni division de ses natures, le Dieu d’Israël et le Messie d’Israël ? Nous ne sommes chrétiens que parce que nous sommes juifs au sens théologal du terme, n’étant juifs en cette acception du terme que parce qu’unis au Christ, juif parmi les vrais juifs, ceux membres de son corps vivant, l’Église, dont la circoncision n’est pas selon la chair mais selon l’Esprit (Rm. II, 28-29), à la louange et à la gloire de Dieu. « Le juif, c'est celui qui l'est intérieurement ; et la circoncision, c'est celle du cœur, selon l'esprit et non selon la lettre. La louange de ce juif ne vient pas des hommes, mais de Dieu. » Que les chrétiens aient rapidement délaissé leur nom de juifs pour le laisser à leurs adversaires ne peut faire oublier qu’aux termes mêmes de la révélation ce nom s’applique d’abord à eux.
Avant son incarnation, Jésus incorporait déjà à son Corps les membres de l’Église d’avant l’Église qu’était déjà l’Église, les incorporant quant à l’âme et au corps à son Corps mystique. Quant à l’âme par sa grâce sanctifiante. Quant au corps, d'abord par un caractère sacramentel infus dont la circoncision charnelle n’est qu’un symbole (Gn. XVII, 11), ensuite par l'appartenance raciale-héréditaire à la lignée d'Abraham, d'Isaac et de Jacob (à laquelle le mikvé assimilait spirituellement les convertis, leur donnant conséquemment de pouvoir légitimement se marier aux descendants de la lignée pour conséquemment y engendrer leur propre progéniture), enfin par la confession de foi, la foi théologale du judaïsme pré-chrétien en Dieu véritablement révélé par Dieu révélant (raison pourquoi elle est théologale, a réellement le vrai Dieu pour auteur et pour objet) étant implicitement trinitaire (Gn. XVIII, 1-2) et incarnationnelle (Dn. VII, 9-14). Venant sur les nuées du Ciel et exerçant la domination éternelle, ce qui ne peut se dire que de Dieu, s’annonçant pourtant comme homme, le Fils de l’homme, d’où l’explicitation qu’il en donna ensuite, affirmant on ne peut plus clairement sa divinité, puisque « assis à la droite de la puissance de Dieu » (Mt. XXVI, 64), donc siégeant sur le trône de Dieu (Mt. XXV, 31), ce qui n’appartient évidemment qu’à Dieu.
Ceux donc du judaïsme pré-chrétien qui, à l’arrivée du Christ, le reconnurent comme Dieu et Messie d’Israël, durent conjoindre à leur reconnaissance du Christ le baptême trinitaire, pour rester par les sacrements de la loi nouvelle en ce Corps renouvelé par le sang de l’alliance nouvelle (Lc. XXII, 20) et éternelle (Is. LV, 3, LXI, 8, Jr. XXXII, 40, L, 5, Ez. XVI, 60, XXXVII, 26), « afin que, la mort étant intervenue pour le rachat des transgressions commises sous la première alliance, ceux qui ont été appelés reçoivent l'héritage éternel qui leur a été promis. » (Hb. IX, 15). Tout à l’inverse la fraction du judaïsme jusqu'alors pré-chrétien ayant refusé le Christ à sa venue, s’est séparée par son refus de Celui qui jusqu’alors les portait à tout le moins quant au corps de son Corps. Ayant refusé de rester en le Corps désormais renouvelé, ils le quittèrent ! De sorte qu'on peut tout autant dire qu'ayant abandonné Dieu, Dieu les abandonna (Os. XIII, 9 ; Jr. II, 17-19 ; Ez. XXXIX, 24), n'ayant abandonné Dieu que parce qu'ayant été abandonnés par Dieu (Jn. XII, 40 ; Mc. IV, 12 ; Lc. VIII, 10) : Dieu délaisse ceux qu'il prévoit le délaisser [l'explication détaillée de cette causalité réciproque, dispositive relativement à l'homme préconnu s'endurcir, efficiente relativement à Dieu sanctionnant l'endurcissement prévu en soustrayant sa grâce efficace de conversion, a été donnée au topic sur la prédestination]. Ceux du judaïsme post- et anti-chrétien sont donc en RUPTURE TOTALE au judaïsme pré-chrétien par essence, puisque ayant rompu avec le Christ par leur refus du Christ, ils cessèrent TOTALEMENT d'être des membres du Christ, cessèrent d'appartenir tant à l'âme qu'au corps de l'Israël de Dieu, l’Église de Dieu, pour désormais constituer la synagogue de Satan (Ap. II, 9, III, 9). Ils en devinrent des sarments secs (Jn. XV, 6), retranchés de la sève vitale (la grâce sanctifiante) du Christ, le Cep (Jn. XV, 1-2, Mt. XXI, 33-44), exclus du Royaume de Dieu (Mt. XXI, 43), faux circoncis (Ph. III, 3) se disant juifs mais ne l’étant pas (Ap. II, 9, Ap. III, 9), jetés dehors, exclus du Corps pour n’être pas demeurés en Celui qui les portait (Jn. XV, 6), voués conséquemment au feu de la Géhenne éternelle (Jn. XV, 6, Mt. VII, 19), retranchés de Dieu à cause de leur incrédulité (Rm. XI, 17-20), devenus ainsi ennemis du genre humain (I Th. II, 15) et objets de la Colère de Dieu (I Th. II 16).
Vous le voyez, la dureté du vocabulaire est celle-même dont use Dieu inspirant les textes inspirés.
[3] Le christianisme est d’ailleurs, tout comme le judaïsme d’avant l’incarnation, pré-chrétien par essence, une religion de la Loi, la nouveauté apportée par le Christ n’étant pas de nier la Loi, mais :
1° D’expliciter plus clairement l’esprit de la Loi, par exemple Os. VI, 6 repris et explicité en Mt. IX, 13, d’où Lv. XX, 10, en lequel Dieu dit la gravité du péché et la juste rigueur de son châtiment – aux yeux de Dieu, une abomination méritant la mort en cette vie, la damnation en l’autre – avant de très fortement atténuer son propos, du moins quant à la vie présente, par Jn. VIII, 3-11, qui dit l’universalité du péché (cf. Rm. II, 1 ; III, 23) et la miséricordieuse bonté de Dieu (Rm. III, 24 // Mt. XII, 7 ; XVIII, 11-13 // Ez. XVIII, 23 ; I Tim. II, 4) qui veut le salut des hommes ; tout en laissant à l’Église, divinement investie du pouvoir de lier (Mt. XVIII, 18), le soin d’exercer juridictionnellement la vindicte quand elle le juge nécessaire : ici Ac. V, 1-11 (vindicte) contre-balance Jn. VIII, 1-11 (miséricorde) ; à charge pour ceux exerçant la juridiction en vue du bien commun, qui prime le bien individuel, de l'exercer, sans donc que Mt. XVIII, 23-34 (parabole du débiteur impitoyable), qui vise les rapports inter-personnels, non ceux de la puissance juridictionnelle à ses sujets, trouve nécessairement à s'appliquer ici.
2° D’affirmer la nécessité de la grâce pour vivre en pleine conformité à la Loi (Rm. III, 21-28 conjoint à Rm. III, 31), selon qu’il est écrit : « Si vous m'aimez, gardez mes commandements. (Jn. XIV, 15). » « Celui qui a mes commandements et qui les garde, c'est celui qui m'aime ; et celui qui m'aime sera aimé de mon Père, je l'aimerai, et je me ferai connaître à lui. (Jn. XIV, 21). » « Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, de même que j'ai gardé les commandements de mon Père, et que je demeure dans son amour. (Jn. XV, 10). » « Car l'amour de Dieu consiste à garder ses commandements, et ses commandements ne sont pas pénibles, parce que tout ce qui est né de Dieu triomphe du monde ; et la victoire qui triomphe du monde, c'est notre foi. (I Jn. V, 3-4). » De sorte que s’applique pleinement au verus Israël, à l’Israël de Dieu qu’est l’Église, les paroles du Deutéronome : « Maintenant, Israël, que te demande l'Éternel, ton Dieu, si ce n'est que tu craignes l'Éternel, ton Dieu, afin de marcher dans toutes ses voies, d'aimer et de servir l'Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur et de toute ton âme. (Dt. X, 12-13). » Conséquemment : « Si quelqu'un dit que la foi qui justifie n'est rien d'autre que la confiance en la miséricorde divine, qui remet les péchés à cause du Christ, ou que c'est par cette seule confiance que nous sommes justifiés : qu'il soit anathème. » (Concile Œcuménique de Trente, Décret sur la justification, canon 10). « Si quelqu'un dit que l'homme est absous de ses péchés et justifié parce qu'il croit avec une certitude qu'il est absous et justifié, ou que n'est vraiment justifié que celui qui croit qu'il est justifié, et que cette seule foi réalise l'absolution et la justification : qu'il soit anathème » (canon 14). « Si quelqu'un dit que l'homme justifié, aussi parfait qu'il soit, n'est pas tenu d'observer les commandements de Dieu et de l'Église, mais seulement de croire, comme si l'Évangile était une pure et simple promesse de la vie éternelle sans la condition d'observer les commandements : qu'il soit anathème » (canon 20). « Si quelqu'un dit que le Christ Jésus a été donné par Dieu aux hommes comme rédempteur, en qui se confier, et non pas aussi comme législateur à qui obéir : qu'il soit anathème » (canon 21).
Bref, le Christ n’a nullement abrogé la Loi (Mt. V, 17, Lc. XVI, 17) : il l’a obrogée. L’obrogation est une abrogation partielle. Certains commandements ont été maintenus, les commandements de la loi naturelle, qui tirent du primat du surnaturel une coloration particulière. Ainsi le culte de latrie, d’ordre naturel, n’a de sens que relativement au vrai Dieu, au Dieu révélant et révélé de la foi théologale, la nature sans la grâce n’étant que déchue, de sorte que la véritable latrie est d’ordre surnaturel, relative au Dieu trinitaire (tri-unitaire) de la foi théologale, le culte envers le Dieu unitaire n’en étant qu’un succédané, naturellement bon quoiqu’insuffisant à mériter surnaturellement de condigno le salut. D’autres ont été supprimés (tout ou partie (c'est à discuter) des commandements positifs de la Loi que Dieu donna par Moïse). D’autres enfin ont été rajoutés (les commandements positifs de la Loi de Dieu donnée par le Christ). Qu’est donc la Loi de Dieu et du Christ, tout à la fois naturelle et positive ? « Par la loi naturelle, la loi éternelle est participée selon la capacité de la nature humaine. Mais il faut que l'homme soit dirigé vers sa fin ultime surnaturelle selon un mode supérieur. C'est pourquoi la loi divine a été surajoutée, et par elle la loi éternelle est participée selon ce mode supérieur. » (ST, I, 91, 4, ad. 1). « Le salut des hommes ne pouvait être assuré que par le Christ, selon les Actes des Apôtres (4, 12) : "Il n'a pas été donné aux hommes d'autre nom en lequel nous devions être sauvés." C'est pourquoi la loi qui conduit tout le monde de façon parfaite au salut n'a pu être donnée qu'après la venue du Christ. Auparavant, il fallut donner au peuple dont le Christ devait naître une loi qui le prépare à accueillir le Christ, et cette loi devait comprendre certains premiers éléments de la justice qui les sauverait. » (ST, I, 91, 5, ad. 2). « La loi naturelle dirige les hommes selon certains préceptes communs, vis-à-vis desquels parfaits et imparfaits sont à égalité ; aussi cette loi est-elle unique pour tous. Mais la loi divine dirige l'homme également selon certaines dispositions particulières vis-à-vis desquels parfaits et imparfaits ne se comportent pas de la même façon. C'est pourquoi il fallait que la loi divine fût double, comme nous venons de l'expliquer. » (ST, I, 91, 5, ad. 3).
Ce que le Christ a supprimé, c’est l’ensemble des prescriptions tendant à limiter l’élection à la grâce à une nation et une race à laquelle s’assimiler. En Christ, le judaïsme devient universaliste, et ainsi catholique. La race hébraïque fut dotée de privilèges à raison de sa mission : engendrer le Christ. Le Christ étant venu, la race hébraïque perd la raison de ses privilèges et de son isolement sanctifiant. Tous les préceptes de « la loi de sainteté », qui visaient à séparer l’Israël de Dieu du reste des Nations, pour en éviter la contamination, tombent : la cashrout devient caduque, la circoncision est abandonnée. Le privilège accordé aux mères juives tombe, n’étant désormais d’autre moyen à l’incorporation de leurs enfants au Peuple élu, Verus Israël, que le mikvé qu’est le baptême trinitaire.
[4] Tout ceci pour dire que la théologie chrétienne n’est pas une théologie de la substitution – le dire est parler comme les déicides (sur ce mot, cf. infra) – mais de la continuation.
Car l’Église d’avant l’Église était déjà l’Église (l’ecclésia de Nb. XX, 4, Dt. XXIII, 1-8, Ne. XIII, 1), l’Église militante prise in fieri ; l’Église militante prise in esse n’apparaissant qu’avec les Apôtres. Il ne s’agit que de deux phases d’un même substrat, d’un même Peuple, d’un même Corps christique, d’une même substance vivant de la grâce du Christ, et passant par différentes phases, adamique, noachique, abrahamique, moïsique, et enfin messianique ; comme le même homme passe par différentes phases du stade fœtal jusqu'à la stature de l'homme fait. De même, l’ancienne et la nouvelle alliance ne sont que différentes étapes d’une seule et même Alliance de Dieu aux hommes. Certes le Christ est médiateur d’une nouvelle alliance en son sang (He. XII, 24), la nouveauté n’étant pas dans l’alliance-même mais dans ses modalités, telle celle de l’efficace des sacrements de la loi nouvelle à conférer la grâce là ou ceux de l’ancienne alliance n’étaient que figuratifs de cette grâce. De même enfin, à raison, contre tous les marcionismes, de l’unité des deux testaments, puisque toute l’Écriture est inspirée et utile au salut (II Tim. III, 16), l’ancien et le nouveau sont les deux tables d’un seul et même Testament, d’une seule et même Révélation de Dieu aux hommes, la seconde obrogeant certains commandements donnés en la première, qu’elle complète par ailleurs en lui manifestant explicitement, entre autres choses, le Dieu Trine messianiquement incarné en la seconde de ses hypostases.
L’Église d’avant l’Église était donc déjà l’Église, le véritable judaïsme n’ayant de sens que référé au Christ, le formel de la judéité étant la grâce du Christ.
Que des branches sauvages aient été greffées sur le tronc qu’est le Christ (Jn. XV, 5, Rm. XI, 17), soient devenues membres vivants de son Corps mystique, pierres vivantes de l’édifice spirituel (I P. II, 5), incorporés au vrai Israël, le Corps mystique du Christ, devenues en cette incorporation membres du Peuple élu de Dieu (I P. II, 10), c’est de foi. « Vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, afin que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière, vous qui autrefois n'étiez pas un peuple, et qui maintenant êtes le peuple de Dieu, vous qui n'aviez pas obtenu miséricorde, et qui maintenant avez obtenu miséricorde. » (I P. II, 9-10). « Ainsi nous a-t-il appelés, non seulement d'entre les juifs, mais encore d'entre les païens, selon qu'il le dit dans Osée (I, 10) : ‘‘J'appellerai mon peuple celui qui n'était pas mon peuple, et bien-aimée celle qui n'était pas la bien-aimée ; et là où on leur disait : ‘Vous n'êtes pas mon peuple’, ils seront appelés fils du Dieu vivant.’’» (Rm. IX, 24-26).
Tout à l’inverse, les serments secs ont été retranchés (Jn. XV, 2), faux circoncis (Ph. III, 3) qui se disent juifs mais ne le sont pas (Ap. II, 9, Ap. III, 9), jetés dehors, exclus du Corps pour n’être pas demeurés en Celui qui les portait (Jn. XV, 6), voués conséquemment au feu de la Géhenne éternelle (Jn. XV, 6, Mt. VII, 19), retranchés de Dieu à cause de leur incrédulité (Rm. XI, 17-20), devenus ennemis du genre humain (I Th. II, 15) et objets de la Colère de Dieu (I Th. II 16). Leur réprobation, Dieu l’enseigne par ceux qu’il inspire : « Voici, je mets en Sion une pierre angulaire, choisie, précieuse, et celui qui croit en elle ne sera point confondu. L'honneur est donc pour vous, qui croyez. Mais, pour les incrédules, la pierre qu'ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l'angle, une pierre d'achoppement et un rocher de scandale. Ils s'y heurtent pour n'avoir pas cru à la parole, et c'est à cela qu'ils sont destinés. » (I P. II, 6-8).
Leur réprobation est donc de foi divine, formellement révélée, et ainsi incontestable, tout comme l’est, par le baptême, l’élection à la grâce des chrétiens greffés sur l’Israël-Christ. Faudrait-il s’en enorgueillir ? Assurément non (Rm. XI, 20-22), espérant tout au contraire que Dieu les réintègre à son Fils, ce qu’il fera pour certains, « car si leur rejet a été la réconciliation du monde, que sera leur réintégration, sinon une résurrection d'entre les morts ? » (Rm. XI, 15). Car enfin, « s'ils ne persistent pas dans l'incrédulité, ils seront entés ; car Dieu est puissant pour les enter de nouveau. » (Rm. XI, 23). Leur réprobation est donc sous condition résolutoire * : ils sont actuellement tous ** réprouvés, objet de la fureur divine (I Th. II 16) à raison de leur séparation du Christ ; et tant qu’ils ne se convertiront pas, Dieu les maudira ; restant sauve la possibilité qu’ils se convertissent individuellement au Fils de Dieu au fur des âges, à raison des promesses que Dieu fit à leurs pères, ceux d’avant l’incarnation, car les dons et l’appel de Dieu sont sans repentance. « En ce qui concerne l'Évangile, ils sont ennemis à cause de vous ; mais en ce qui concerne l'élection, ils sont aimés à cause de leurs pères. Car Dieu ne se repent pas de ses dons et de son appel. De même que vous avez autrefois désobéi à Dieu et que par leur désobéissance vous avez maintenant obtenu miséricorde, de même ils ont maintenant désobéi, afin que, par la miséricorde qui vous a été faite, ils obtiennent aussi miséricorde. Car Dieu a renfermé tous les hommes dans la désobéissance, pour faire miséricorde à tous. » (Rm. XI, 28-32).
* Si l'effet est sous condition suspensive, sa réalisation est suspendue à la réalisation de la condition. Si l'effet est sous condition résolutoire, il est immédiatement réalisé, quitte ensuite à être annulé par la réalisation de la condition.
** Le post suivant atténuera le propos.
Oui, leur réprobation et malédiction est certaine, mais seulement tant qu’ils ne se convertiront pas au Christ Jésus : « Voici, votre maison vous sera laissée déserte ; car, je vous le dis, vous ne me verrez plus désormais, jusqu'à ce que vous disiez : ‘‘Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur.’’ » (Mt. XXIII, 38-39). « Jésus leur dit encore : ‘‘Je m'en vais, et vous me chercherez, et vous mourrez dans votre péché ; vous ne pouvez venir où je vais.’’ Sur quoi les juifs dirent… » (Jn. VIII, 21). « C'est pourquoi je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés, car si vous ne croyez pas ce que Je Suis, vous mourrez dans vos péchés. » (Jn. VIII, 24). « Quoi donc ? Ce qu'Israël cherche [en tentant d’observer la Loi alors qu’en état de péché mortel pour l’avoir précédemment enfreinte], il ne l'a pas obtenu, mais l'élection [par la grâce donnant à ceux qu’elle justifie d’opérer surnaturellement les œuvres de la Loi et ainsi mériter de condigno leur salut] l'a obtenu ; tandis que les autres [ceux anciennement d’Israël ayant cessé de l’être pour avoir rejeté le Christ] ont été endurcis, selon qu'il est écrit (Dt. XXIX, 4, Is. VI, 9, XXIX, 10, Jr. V, 21, Ez. XII, 2) : ‘‘Dieu leur a donné un esprit d'assoupissement, des yeux pour ne point voir, et des oreilles pour ne point entendre, Jusqu'à ce jour.’’ Et David dit (Ps. LXIX, 23-24) : ‘‘Que leur table soit pour eux un piège, un filet, une occasion de chute, et une rétribution ! Que leurs yeux soient obscurcis pour ne point voir, et tiens leur dos continuellement courbé !’’ » (Rm. XI, 7-10). « Ils tomberont sous le tranchant de l'épée, ils seront emmenés captifs parmi toutes les nations, et Jérusalem sera foulée aux pieds par les nations, jusqu'à ce que les temps des nations soient accomplis. » (Lc. XXI, 24). « Car je ne veux pas, frères, que vous ignoriez ce mystère, afin que vous ne vous regardiez point comme sages, c'est qu'une partie d'Israël [celle précisément qui ne confesse pas Jésus comme Dieu et Messie] est tombée dans l'endurcissement, jusqu'à ce que la totalité des païens [de ceux des païens prédestinés à la grâce] soit entrée. » (Rm. XI, 25).
[5] Que s’est-il donc passé il y a deux millénaires pour que le Christ, le Fils du Dieu Vivant, clive le judaïsme jusqu’ici pré-chrétien par essence en deux obédiences selon : que désormais chrétienne et catholique ou qu’anti-chrétienne et satanique ; que constitutives, qui de l’Église de Dieu, l’Israël de Dieu (Ga. VI, 16), le vrai Israël perpétué renouvelé en passant de l’ancien au nouveau, qui de la Synagogue de Satan de ceux qui se disent juifs mais ne le sont pas (Ap. II, 9, Ap. III, 9), n’étant désormais plus que l’Israël de la chair (I Cor. X, 18), vestige préternaturel satanique, maudit et réprouvé, séparé de l’Église de Dieu dont il est issu ?
Quoi provoqua une telle catastrophe pour nos frères séparés, nos frères ainés (comprenez Caïn ou Esaü relativement à Abel ou Jacob), aînés non selon l’antériorité mais selon l’esprit, en tant que désormais séparés de Dieu et du Christ, prématurément vieillis dans l’incrédulité du vieil homme et de ses convoitises, pour n’avoir pas à l’inverse d’autres entendu la vérité qui est en Christ Jésus (Eph. IV , 21-24), duquel leur refus les sépare, sarments désormais secs et coupés, ce dernier point valant aussi pour nous à tomber dans le péché mortel.
Le judaïsme d’avant l’Incarnation, pré-chrétien par essence, attendait l’arrivée du Messie, son espérance. Quand il vint, une fraction du judaïsme le reconnu comme Messie et comme Dieu, pour perpétuer en le renouvelant le judaïsme pré-chrétien devenu christianisme en son renouvellement ; une autre s’y refusa, et ainsi le renia, pour constituer le judaïsme post-chrétien, anti-chrétien par essence.
Ce refus fait la trame des Évangiles.
Dieu nous avait donné par Moïse deux critères permettant de distinguer un vrai prophète d’un faux prophète : 1° Que ce qu’il dise s’accomplisse. « Peut-être diras-tu dans ton cœur : Comment connaîtrons-nous la parole que l’Éternel n'aura point dite ? Quand ce que dira le prophète n'aura pas lieu et n'arrivera pas, ce sera une parole que l’Éternel n'aura point dite. C'est par audace que le prophète l'aura dite : n'aie pas peur de lui. » (Dt. XVIII, 21-22). 2° Que ce qu’il dise soit conforme à la Tradition antécédente, la réitère ou puisse la compléter sans la dénaturer ; bref, que ce qu’il dise n’attente pas à l’autorité de Dieu révélant, et d’abord à ce que Dieu a déjà dit de Dieu, à ce que Dieu révélant a déjà dit de Dieu ainsi révélé. « S'il s'élève au milieu de toi un prophète ou un songeur qui t'annonce un signe ou un prodige, et qu'il y ait accomplissement du signe ou du prodige dont il t'a parlé en disant : ‘‘Allons après d'autres dieux’’, des dieux que tu ne connais point, ‘‘et servons-les’’, tu n'écouteras pas les paroles de ce prophète ou de ce songeur, car c'est l'Éternel, votre Dieu, qui vous met à l'épreuve pour savoir si vous aimez l’Éternel, votre Dieu, de tout votre cœur et de toute votre âme. » (Dt. XIII, 1-3).
Dieu nous avait encore dit comment traiter les faux-prophètes : « Mais le prophète qui aura l'audace de dire en mon nom une parole que je ne lui aurai point commandé de dire, ou qui parlera au nom d'autres dieux, ce prophète-là sera puni de mort. » (Dt. XVIII, 20).
Que Jésus ait accompli des signes extraordinaires, nul en ce temps ne le nia. Il est même jusqu’au Talmud pour l’admettre. Et ces signes étaient si extraordinaires, qu’on songe à la résurrection de Lazare, qu’à les penser émaner de la puissance satanique agissant les faux-prophètes, Jésus devait être pensé comme la pire puissance d’égarement jamais envoyée à la Maison d’Israël, en un mot l'Antéchrist, celui qui, plus que tout autre, devait être mis à mort en juste châtiment de son blasphème. C’était là la conviction de ses adversaires : « C’est par Baal Zebul, le prince des démons, qu’il chasse les démons » (Lc. XI, 15). « N'avons-nous pas raison de dire que tu es un Samaritain, et que tu as un démon ? » (Jn. VIII, 48). Pourquoi ? Parce qu’ils pensaient son enseignement blasphémer Dieu. « À cause de cela, les juifs cherchaient encore plus à le faire mourir, non seulement parce qu'il violait le sabbat, mais parce qu'il appelait Dieu son propre Père, se faisant lui-même égal à Dieu. » (Jn. V, 18). « Qui prétends-tu être ? ... Jésus leur dit : En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham fût, Je Suis (cf. Ex. III, 14). Là-dessus, ils prirent des pierres pour les jeter contre lui... » (Jn. VIII, 53-58). « Le souverain pontife [= le grand prêtre, le Cohen Gadol, ici Caïphe] se leva, et lui dit : ... Je t'adjure, par le Dieu vivant, de nous dire si tu es le Christ, le Fils de Dieu. Jésus lui répondit : Tu l'as dit. De plus, je vous le déclare, vous verrez désormais le Fils de l'homme assis à la droite de la puissance de Dieu, et venant sur les nuées du ciel. Alors le souverain pontife déchira ses vêtements, disant : Il a blasphémé ! Qu'avons-nous encore besoin de témoins ? Voici, vous venez d'entendre son blasphème. Que vous en semble ? Ils répondirent : Il mérite la mort. Sur ce, ils lui crachèrent au visage, et lui donnèrent des coups de poing et des soufflets… » (Mt. XXVI, 62-66).
Aussi lient-ils dans une commune réprobation et détestation les chrétiens : « S'ils ont appelé le maître de la maison Belzébuth, à combien plus forte raison appelleront-ils ainsi les gens de sa maison » (Mt. X, 25). La haine des juifs pour les chrétiens est historiquement aussi féroce que celle des chrétiens pour ceux de ces gens qui se disent juifs mais ne le sont pas : l’anti-christianisme du judaïsme post-chrétien n’a d’égal que l’anti-judaïsme du christianisme plénitude du judaïsme véritable envers le judaïsme post- et anti-chrétien. La pleurniche juive quant à l'enseignement du mépris n'est donc qu'une perfidie de plus.
La réprobation des juifs (au sens théologique de membres de la Synagogue anti-chrétienne) résulte de ce qu’ils se sont séparés de l’Église de Dieu en se séparant du Christ par leur incrédulité poussée jusqu'au déicide. Qu’ils réitèrent les prescriptions désormais caduques (cf. infra) de la Loi ancienne ne suffit assurément pas à en faire de véritables juifs, le formel de la judéité étant dans l’infusion de la grâce sanctifiante du Christ, constitutive de l’élection à la grâce, dont ils sont désormais retranchés pour avoir renié le Christ Jésus, vrai Messie d’Israël et vrai Dieu d’Israël, jusqu'à ce qu'ils disent de Lui : béni soit celui qui vient au nom du Seigneur (Mt. XXIII, 39).
Cette réprobation les atteint-elle tous ? Très probablement non, comme la suite le montrera.
II – La Tradition continuative.
La patristique étant l'un des monuments de la Tradition continuative, le prochain post, qui sera le dernier de cette longue réponse à Skog, exige que j'aille vérifier la teneur des nombreux écrits patristiques Κατὰ Ἰουδαίων et Contra Iudeos. Je crains de ne pouvoir les lire tous, et ferais au mieux pour clore rapidement cette séquence, le publiant au plus tard dans quelques jours. Après quoi, dans la foulée, je répondrais à Gaudens.
« L’âme bavarde est vide intérieurement. Il n’y a en elle ni vertus fondamentales ni intimité avec Dieu. Il n’est donc pas question d’une vie plus profonde, d’une douce paix, ni du silence où demeure Dieu. L’âme qui n’a jamais goûté la douceur du silence intérieur est un esprit inquiet et elle trouble le silence d’autrui. J’ai vu beaucoup d’âmes qui sont dans les gouffres de l’Enfer pour n’avoir pas gardé le silence. »
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Gaudens
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- Conviction : chrétien catholique , perplexe lui aussi
Re: La foi nécessaire au salut
Bonjour Perlum Pimpum.
Comme convenu antérieurement, je livre ici mes remarques sur la question de la violence soulevée par votre première contribution de ce fil.
J'ai noté que par ailleurs,vous nous anticipez une réponse à mes remarques sur diverses affirmations de votre part concernant la foi et la charité.
Ultérieurement, je vous répondrai au sujet de ce que vous écrivez du judaisme.
Pour ce qui concerne ce que vous écrivez de la violence et sa légitimation:
Si, en raison des circonstances particulières dans lesquelles se trouvent certains peuples, une reconnaissance civile spéciale est accordée dans l’ordre juridique de la cité à une communauté religieuse donnée, il est nécessaire qu’en même temps, pour tous les citoyens et toutes les communautés religieuses, le droit à la liberté en matière religieuse soit reconnu et sauvegardé.
Enfin, le pouvoir civil doit veiller à ce que l’égalité juridique des citoyens, qui relève elle-même du bien commun de la société, ne soit jamais lésée, de manière ouverte ou occulte, pour des motifs religieux, et qu’entre eux aucune discrimination ne soit faite.
Il s’ensuit qu’il n’est pas permis au pouvoir public, par force, intimidation ou autres moyens, d’imposer aux citoyens la profession ou le rejet de quelque religion que ce soit, ou d’empêcher quelqu’un de s’agréger à une communauté religieuse ou de la quitter. A fortiori, est-ce agir contre la volonté de Dieu et les droits sacrés de la personne et de la famille des peuples que d’employer la force, sous quelque forme que ce soit, pour détruire la religion ou lui faire obstacle, soit dans tout le genre humain, soit en quelque région, soit dans un groupe donné.
7. Limites de la liberté religieuse
C’est dans la société humaine que s’exerce le droit à la liberté en matière religieuse, aussi son usage est-il soumis à certaines normes qui le règlent.
Dans l’usage de toute liberté doit être observé le principe moral de la responsabilité personnelle et sociale : la loi morale oblige tout homme et groupe social à tenir compte, dans l’exercice de leurs droits, des droits d’autrui, de leurs devoirs envers les autres et du bien commun de tous. À l’égard de tous, il faut agir avec justice et humanité.
En outre, comme la société civile a le droit de se protéger contre les abus qui pourraient naître sous prétexte de liberté religieuse, c’est surtout au pouvoir civil qu’il revient d’assurer cette protection ; ce qui ne doit pas se faire arbitrairement et en favorisant injustement l’une des parties, mais selon des normes juridiques, conformes à l’ordre moral objectif, qui sont requises par l’efficace sauvegarde des droits de tous les citoyens et l’harmonisation pacifique de ces droits, et par un souci adéquat de cette authentique paix publique qui consiste dans une vie vécue en commun sur la base d’une vraie justice, ainsi que par la protection due à la moralité publique. Tout cela constitue une part fondamentale du bien commun et entre dans la définition de l’ordre public. Au demeurant, il faut observer la règle générale de la pleine liberté dans la société, selon laquelle on doit reconnaître à l’homme le maximum de liberté et ne restreindre celle-ci que lorsque c’est nécessaire et dans la mesure où c’est nécessaire
Il en est de même quand vous jugez sévèrement - passant même de la critique à la pure et simple imprécation - la lecture par la Commission biblique pontificale (CBP) de certaines affirmations scriptuaires, Psaumes en particulier :
«
Comme convenu antérieurement, je livre ici mes remarques sur la question de la violence soulevée par votre première contribution de ce fil.
J'ai noté que par ailleurs,vous nous anticipez une réponse à mes remarques sur diverses affirmations de votre part concernant la foi et la charité.
Ultérieurement, je vous répondrai au sujet de ce que vous écrivez du judaisme.
Pour ce qui concerne ce que vous écrivez de la violence et sa légitimation:
Vous mélangez là deux notions, sous une double ombrelle,celle de la Tradition et celle des trois sens de l’Ecriture ; les passages de l’Ecriture évoquant la violence et les actions des chrétiens médiévaux sous l’égide de l’Eglise :croisades en tous genre et actions physiques contre les hérétiques. Or nous ne sommes pas supposés respecter,au nom de la Tradition, les actions violentes médiévales comme nous devons respecter les Ecritures,dans leur sens spirituel (et les deux autres aussi :littéral et moral). Concernant les croisades, personnellement je ne les condamne pas pour céder à une mode actuelle conformiste (par contre je condamne leurs modalités quand elles s’accompagnaient de massacres) mais de nombreux clercs médiévaux les condamnaient,dès la première ( voir le récent livre collectif sous la direction de feu martin Aurelle et Sylvain Gougenheim (« Les Croisades histoires et idées reçues). Quant aux actions physiques contre les hérétiques,habillées ou non de l’hypocrite « remise au bras séculier », je ne vois pas comment on pourrait moralement les accepter comme vous le faites. J’ai l’impression que vivant six siècles en arrière,vous auriez fait un jubilant et efficace inquisiteur mais bon…- pardon pour ce procès d’intention ! – En tous cas , rien dans l’Evangile et surtout pas le Sermon sur la Montagne, ne saurait les justifier.Ce qui importe, c’est le sens littéral de ces textes, constitutifs d’une théologie divinement révélée de la guerre et de l’histoire. Ce que les médiévaux, dont la foi en l’Écriture surpasse de très loin celle de nos piètres contemporains, nommaient parfois les guerres du Seigneur (encore que l’expression ait aussi un autre sens dans la production littéraire médiévale, servant de titre – Liber de bellorum Domini – à ces ouvrages ou juifs et chrétiens s’opposaient sur l’interprétation controversée de certains versets bibliques). Guerres de Dieu, guerres temporelles au sens littéral, guerre spirituelles au sens plénier ; le sens spirituel supposant, pour être compris, que la révélation publique du Christ fut pleinement accomplie, sans que jamais le sens spirituel puisse nier le sens littéral : le sens spirituel ajoute au sens littéral, il ne l'annule pas. Les croisades ne furent donc pas seulement des pèlerinages armés. Elles étaient encore dans la pensée des médiévaux la continuation des guerres du Seigneur, des guerres saintes dans la pleine acception du mot, gesta Dei per Francos. De même on connait le mot de saint Louis à Jean de Joinville, disant que les discussions inter-confessionnelles doivent être laissées aux meilleurs des clercs chrétiens, les laïcs faisant mieux, en similitude à Nb. XXV, de transpercer de leurs épées jusqu’à la garde le ventre des hérétiques.
Dignitatis Humanae ne nie pas le droit de l’Eglise à excommunier des hérétiques bien que ce terme soit relégué aux oubliettes par les déclarations conciliaires.Par contre DH s’oppose , bien que ne le spécifiant pas expressément ,à toute action violente de l’Etat pour combattre hérésie ou blasphème :Le bon roi eut été avisé de préciser les laïcs ne le pouvoir que par mandement de l’autorité ayant légitimement juridiction. À savoir : ou l’Église réprimant par elle-même (par l’excommunication) ou par le bras séculier (par le bûcher) le blasphème des hérétiques en tant qu’il est un blasphème ; ou l’État réprimant leur blasphème en tant qu’il est un trouble majeur à son ordre public juste, puisque là est l’herméneutique de stricte continuité de Dignitatis humanae.
Si, en raison des circonstances particulières dans lesquelles se trouvent certains peuples, une reconnaissance civile spéciale est accordée dans l’ordre juridique de la cité à une communauté religieuse donnée, il est nécessaire qu’en même temps, pour tous les citoyens et toutes les communautés religieuses, le droit à la liberté en matière religieuse soit reconnu et sauvegardé.
Enfin, le pouvoir civil doit veiller à ce que l’égalité juridique des citoyens, qui relève elle-même du bien commun de la société, ne soit jamais lésée, de manière ouverte ou occulte, pour des motifs religieux, et qu’entre eux aucune discrimination ne soit faite.
Il s’ensuit qu’il n’est pas permis au pouvoir public, par force, intimidation ou autres moyens, d’imposer aux citoyens la profession ou le rejet de quelque religion que ce soit, ou d’empêcher quelqu’un de s’agréger à une communauté religieuse ou de la quitter. A fortiori, est-ce agir contre la volonté de Dieu et les droits sacrés de la personne et de la famille des peuples que d’employer la force, sous quelque forme que ce soit, pour détruire la religion ou lui faire obstacle, soit dans tout le genre humain, soit en quelque région, soit dans un groupe donné.
7. Limites de la liberté religieuse
C’est dans la société humaine que s’exerce le droit à la liberté en matière religieuse, aussi son usage est-il soumis à certaines normes qui le règlent.
Dans l’usage de toute liberté doit être observé le principe moral de la responsabilité personnelle et sociale : la loi morale oblige tout homme et groupe social à tenir compte, dans l’exercice de leurs droits, des droits d’autrui, de leurs devoirs envers les autres et du bien commun de tous. À l’égard de tous, il faut agir avec justice et humanité.
En outre, comme la société civile a le droit de se protéger contre les abus qui pourraient naître sous prétexte de liberté religieuse, c’est surtout au pouvoir civil qu’il revient d’assurer cette protection ; ce qui ne doit pas se faire arbitrairement et en favorisant injustement l’une des parties, mais selon des normes juridiques, conformes à l’ordre moral objectif, qui sont requises par l’efficace sauvegarde des droits de tous les citoyens et l’harmonisation pacifique de ces droits, et par un souci adéquat de cette authentique paix publique qui consiste dans une vie vécue en commun sur la base d’une vraie justice, ainsi que par la protection due à la moralité publique. Tout cela constitue une part fondamentale du bien commun et entre dans la définition de l’ordre public. Au demeurant, il faut observer la règle générale de la pleine liberté dans la société, selon laquelle on doit reconnaître à l’homme le maximum de liberté et ne restreindre celle-ci que lorsque c’est nécessaire et dans la mesure où c’est nécessaire
Encore une fois, vous donnez un statut doctrinal, si ce n’est dogmatique, à des pratiques d’un temps heureusement révolu ,liées à un combat temporel d’hommes d’Eglise pour avoir le dessus sur le temporel et ses autorités. Reconnaitre que ces pratiques nuisaient à une vraie proclamation libre de la foi n’a rien d’un aplatissement (tentation certes existante) devant l’idéologie post-moderne.Faut-il se repentir de tout cela ? Dire que tuer au nom de Dieu est toujours un péché, c’est s’obliger, au nom d’une théologie déconnectée de la Bible, à rechercher un sens littéral hétérogène au texte inspiré. En un mot comme en cent, c’est mépriser l’Écriture, et par là l’autorité de Dieu révélant, pour ânonner des bondieuseries insipides, fruits de l’esprit d’erreur et de mensonge par leurs contradictions au sens biblique littéral. On pourrait certes s’interroger. Peut être cette violence sacrée a-t’elle été abolie par le doux Christ obrogeant la Loi (cf. infra, quatrième post), de sorte que la violence meurtrière des zélotes – en signifiant par ce mot tous ceux dont le zèle violent est bibliquement légitimé, tel celui de Phinéas béni par Dieu pour s’y être livré (Nb. XXV, 1-13) – doive désormais être regardée, en l’économie nouvelle, comme péché grave et mortel. Pourquoi pas, mais comment si en l’économie de la loi nouvelle l'Esprit Saint par saint Pierre, donc aussi saint Pierre par la puissance de l’Esprit, a expédié Ananias et Saphira au tribunal de Dieu (Ac. V, 1-11) ? Les innombrables violences ordonnées jadis par l’Église sont-elles donc des fautes du passé dont il faille faire repentance, ou serait-ce que, légitime par son pouvoir des clés à les ordonner dans le droit fil des enseignements bibliques, c’est de cette repentance là qu’il faille se repentir ? Car enfin, si mesurant l’évolution sociétale des idées métapolltiques et en elle l’apostasie de l’Occident, l’Église est pleinement légitime à prudentiellement s’abstenir et interdire d’user aujourd’hui de violence – loin de moi l’idée de le contester – autant elle ne peut l’être à enseigner cet usage, légitimé par Dieu jusqu’en l’économie de la loi nouvelle, contraire à l’ordre moral objectif. C’est d’ailleurs aussi pourquoi Dignitatis Humanae lu dans une herméneutique de pleine conformité ne s’oppose pas à la Tradition antécédente instituant l’inquisition, les croisades, et les ordres monastiques militaires. Vous écrivant ceci, je ne cherche pas à faire l’apologie de pratiques que l’Église juge prudentiellement devoir désormais interdire, mais seulement montrer que ce jugement n’est légitime qu’à être prudentiel, cessant de l’être à devenir doctrinal.
Il en est de même quand vous jugez sévèrement - passant même de la critique à la pure et simple imprécation - la lecture par la Commission biblique pontificale (CBP) de certaines affirmations scriptuaires, Psaumes en particulier :
«
(phrase difficilement compréhensible, du reste).les auteurs du texte procédèrent captieusement, en substituant au sens littéral homogène de soi un sens prétendument littéral malgré qu’hétérogène à la lettre du texte, reléguant ainsi le sens véritablement littéral au sens littéraliste-fondamentaliste condamnable, pour enfin satisfaire aux lubies pontificales post-conciliaires.
Nous pouvons prendre comme exemple les Psaumes imprécatoires, ou encore l’ordre donné par Dieu à Israël d’exterminer des populations entières. Les lecteurs chrétiens sont choqués et désorientés par de tels textes. » (CBP, Inspiration et vérité de l’Écriture sainte). Je veux bien croire qu’ils soient de ces lecteurs sincèrement choqués et désorientés par les textes bibliques, mais cela ne légitime aucunement le procédé déloyal et captieux dont ils ont usé pour vider le sens littéral de son contenu – ce qu’ils savaient faire, leur précédent document le démontrant. Au final, de quels lecteurs parle la CBP sinon ceux – dont l’ignorance se conjoint à l’abrutissement opéré par des siècles d’évolution des idées métapolitiques régissant les sociétés civiles en lesquels ils vivent – pour qui les énoncés bibliques sont devenus insupportables, tant ils sont révulsifs à la mondanité contemporaine souillant de son intrusion la pureté doctrinale de l’Église en celles des consciences débilitées qu’elle infecte ? Fallait-il donc sacrifier l’autorité de Dieu révélant en la profanant d’une exégèse qui lui soit incompossible tant elle découle de l’esprit mondain, de l’esprit de ce monde dont nous savons le prince ? Je ne le pense pas.
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Gaudens
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Re: La foi nécessaire au salut
Bonjour Perlum Pimpum,
Comme je vois que votre réponse tarde, je passe , avant d’oublier , à quelques éléments de réponse à la partie de votre récent post sur la foi concernant le judaïsme.
Un autre fil de discussion des années 2022 à 2024, auquel j’avais contribué, est centré sur ce sujet: « Ancien et Nouvel Israel » https://www.cite-catholique.org/viewtop ... me#p464662
A ce sujet, j’ai tendance à m’opposer aux personnes,en général théologiens clercs ou laïcs engagés dans le dialogue judéo-chrétien , qui ont fortement tendance à considérer la Déclaration conciliaire Nostra Aetate comme un point de départ vers des aventures exégétiques aussi hasardeuses que la navigation de Christophe Colomb en son temps ;pour parler clair elle les amène parfois à des propositions aberrantes en regard de l’Ecriture et de la Tradition de l’Eglise (bien des exemples en ce sens, dont des émissions récentes de KTO sans oublier encore pire ici ou là ).Dans votre cas on se situe carrément à l’autre bout du spectre, malgré parfois des atténuations bienvenues. C’est que ,comme toujours,il y a chez vous « à boire et à manger », des affirmations acceptables et aussi des outrances rigides d’un autre temps.
Le problème aussi (je pense l’avoir déjà fait remarquer) est la multiplication de votre part de citations qui semblent a priori indiscutables (elles sont tirées de l’Ecriture en général) mais sont totalement hors contexte .De ce fait quand on les lit directement dans le livre concerné,on n’y trouve parfois guère le sens , en général radical, que vous leur accordez.
Deux exemples, dans une même thématique :
Et en matière de citation, j’ai recherché en vain ce qui correspondrait à votre utilisation de I Thimothée 2, 15 et 16 :
Pour revenir à la notion de réprobation divine de l’ancien Israel ( "préternaturel satanique", pas moins ...), vous écrivez :
Encore que des autorités juives, avec leurs partisans, aient poussé à la mort du Christ [13], ce qui a été commis durant sa Passion ne peut être imputé ni indistinctement à tous les Juifs vivant alors, ni aux Juifs de notre temps. S’il est vrai que l’Église est le nouveau Peuple de Dieu, les Juifs ne doivent pas, pour autant, être présentés comme réprouvés par Dieu ni maudits, comme si cela découlait de la Sainte Écriture.
Votre propos suivant me semble acceptable, encore que les préceptes mosaïques en questions n’ont rien de mauvais en soi s’ils représentent des signes de fidélité à une loi dont le Christ nous a dit que pas un iota ne serait abrogé, simplement nous savons depuis le Concile de Jérusalem que ces préceptes de vie quotidienne n’ont pas à être imposés aux chrétiens venus de la gentilité :
[4]
.(Nostra Aetate 4)
Comme je vois que votre réponse tarde, je passe , avant d’oublier , à quelques éléments de réponse à la partie de votre récent post sur la foi concernant le judaïsme.
Un autre fil de discussion des années 2022 à 2024, auquel j’avais contribué, est centré sur ce sujet: « Ancien et Nouvel Israel » https://www.cite-catholique.org/viewtop ... me#p464662
A ce sujet, j’ai tendance à m’opposer aux personnes,en général théologiens clercs ou laïcs engagés dans le dialogue judéo-chrétien , qui ont fortement tendance à considérer la Déclaration conciliaire Nostra Aetate comme un point de départ vers des aventures exégétiques aussi hasardeuses que la navigation de Christophe Colomb en son temps ;pour parler clair elle les amène parfois à des propositions aberrantes en regard de l’Ecriture et de la Tradition de l’Eglise (bien des exemples en ce sens, dont des émissions récentes de KTO sans oublier encore pire ici ou là ).Dans votre cas on se situe carrément à l’autre bout du spectre, malgré parfois des atténuations bienvenues. C’est que ,comme toujours,il y a chez vous « à boire et à manger », des affirmations acceptables et aussi des outrances rigides d’un autre temps.
Le problème aussi (je pense l’avoir déjà fait remarquer) est la multiplication de votre part de citations qui semblent a priori indiscutables (elles sont tirées de l’Ecriture en général) mais sont totalement hors contexte .De ce fait quand on les lit directement dans le livre concerné,on n’y trouve parfois guère le sens , en général radical, que vous leur accordez.
Deux exemples, dans une même thématique :
Quand on lit Apocalypse II,9 on voit que l’Apôtre s’adresse à l’Eglise d Smyrne »je sais…les calomnies de ceux qui se disent juifs, ils ne le sont pas :c’est une ( et non « la ») synagogue de Satan ».On note quelques lignes plus bas, s’adressant à « l’ange de l’Eglise de Pergame » : »je sais où tu demeures : c’est là qu’est le trône de Satan ». Propos de circonstances : dans le cas de Smyrne,volonté de remotiver des fidèles issus de la judéité prêts à tendre l’oreille aux calomnies venant de la synagogue rivale,celle des rabbins Quant à Pergame, il ne s’agit même pas de cela , le recours à Satan devient une façon de parler, une manière de tirer à boulets rouges sur une communauté affaiblie et faillible. Apocalypse III ,9 correspondrait davantage à votre démonstration encore qu’ils fassent allusion à une réalité proche et à des gens connus de Paul : (« Voici,je te donne des gens de la synagogue de Satan, de ceux qui se disent juifs mais ne le sont pas , car ils mentent ».…Ceux qui n'ont de juif que le nom, « ceux de la synagogue de Satan, qui se disent juifs et ne le sont pas » (Ap. III, 9), de sorte qu'en cette habituelle acception du de ceux qui se disent juifs mais ne le sont pas (Ap. II, 9, Ap. III, 9), n’étant désormais plus que l’Israël de la chair (I Cor. X, 18), vestige préternaturel satanique, maudit et réprouvé, séparé de l’Église de Dieu dont il est issu ?
Et en matière de citation, j’ai recherché en vain ce qui correspondrait à votre utilisation de I Thimothée 2, 15 et 16 :
I Th 2,15 dit : » elle (la femme) sera sauvée par sa maternité à condition de persévérer,etc…. » et I Th 2,16 n’existe pas (on passe à I Th 3). Vous aurez confondu…devenus ennemis du genre humain (I Th. II, 15) et objets de la Colère de Dieu (I Th. II 16) et
ils sont actuellement tous ** réprouvés, objet de la fureur divine (I Th. II 16) à raison de leur séparation du Christ
Pour revenir à la notion de réprobation divine de l’ancien Israel ( "préternaturel satanique", pas moins ...), vous écrivez :
Je ne sais ce que sera votre réponse mais l’Eglise,elle, vous a déjà répondu par avance dans Nostra Aetate :…devenus ennemis du genre humain (I Th. II, 15) et objets de la Colère de Dieu (I Th. II 16)
et
Toute la question est de savoir s'il faut attribuer à la totalité des juifs post-/anti-chrétiens ce qu'affirme ici l’Écriture. Sont-ils tous maudits, marqués, réprouvés, en un mot déicides, ou serait-ce que certains d'entre eux ne le soient pas ? L'argumentation théologique et l'étude de la Tradition continuative permettront d'y répondre (cf. infra).
Encore que des autorités juives, avec leurs partisans, aient poussé à la mort du Christ [13], ce qui a été commis durant sa Passion ne peut être imputé ni indistinctement à tous les Juifs vivant alors, ni aux Juifs de notre temps. S’il est vrai que l’Église est le nouveau Peuple de Dieu, les Juifs ne doivent pas, pour autant, être présentés comme réprouvés par Dieu ni maudits, comme si cela découlait de la Sainte Écriture.
Votre propos suivant me semble acceptable, encore que les préceptes mosaïques en questions n’ont rien de mauvais en soi s’ils représentent des signes de fidélité à une loi dont le Christ nous a dit que pas un iota ne serait abrogé, simplement nous savons depuis le Concile de Jérusalem que ces préceptes de vie quotidienne n’ont pas à être imposés aux chrétiens venus de la gentilité :
Tout à fait d’accord sur la phrase et le paragraphe qui suivent (mais vous auriez dû écrire « les tenants du déicide » pour éviter toute ambiguïté :Ce que le Christ a supprimé, c’est l’ensemble des prescriptions tendant à limiter l’élection à la grâce à une nation et une race à laquelle s’assimiler. En Christ, le judaïsme devient universaliste, et ainsi catholique. La race hébraïque fut dotée de privilèges à raison de sa mission : engendrer le Christ. Le Christ étant venu, la race hébraïque perd la raison de ses privilèges et de son isolement sanctifiant. Tous les préceptes de « la loi de sainteté », qui visaient à séparer l’Israël de Dieu du reste des Nations, pour en éviter la contamination, tombent : la cashrout devient caduque, la circoncision est abandonnée. Le privilège accordé aux mères juives tombe, n’étant désormais d’autre moyen à l’incorporation de leurs enfants au Peuple élu, Verus Israël, que le mikvé qu’est le baptême trinitaire.
[4]
Ensuite,nous nous séparons tout à fait :Tout ceci pour dire que la théologie chrétienne n’est pas une théologie de la substitution – le dire est parler comme les déicides (sur ce mot, cf. infra) – mais de la continuation
Que des branches sauvages aient été greffées sur le tronc qu’est le Christ (Jn. XV, 5, Rm. XI, 17), soient devenues membres vivants de son Corps mystique, pierres vivantes de l’édifice spirituel (I P. II, 5), incorporés au vrai Israël, le Corps mystique du Christ, devenues en cette incorporation membres du Peuple élu de Dieu (I P. II, 10), c’est de foi. « Vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, afin que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière, vous qui autrefois n'étiez pas un peuple, et qui maintenant êtes le peuple de Dieu, vous qui n'aviez pas obtenu miséricorde, et qui maintenant avez obtenu miséricorde. » (I P. II, 9-10). « Ainsi nous a-t-il appelés, non seulement d'entre les juifs, mais encore d'entre les païens, selon qu'il le dit dans Osée (I, 10) : ‘‘J'appellerai mon peuple celui qui n'était pas mon peuple, et bien-aimée celle qui n'était pas la bien-aimée ; et là où on leur disait : ‘Vous n'êtes pas mon peuple’, ils seront appelés fils du Dieu vivant.’’» (Rm. IX, 24-26).
Selon le témoignage de l’Écriture Sainte, Jérusalem n’a pas reconnu le temps où elle fut visitée [9] ; les Juifs, en grande partie, n’acceptèrent pas l’Évangile, et même nombreux furent ceux qui s’opposèrent à sa diffusion [10]. Néanmoins, selon l’Apôtre, les Juifs restent encore, à cause de leurs pères, très chers à Dieu, dont les dons et l’appel sont sans repentance [11]. Avec les prophètes et le même Apôtre, l’Église attend le jour, connu de Dieu seul, où tous les peuples invoqueront le Seigneur d’une seule voix et « le serviront sous un même joug » (So 3, 9) [12]devenus ennemis du genre humain (I Th. II, 15) et objets de la Colère de Dieu (I Th. II 16
ils sont actuellement tous ** réprouvés, objet de la fureur divine (I Th. II 16)
.(Nostra Aetate 4)
Outre que vous mettez ici potentiellement le forum en danger (« appel à la haine,etc… ») vous êtes là encore hors des clous.D’abord parce que Paul n’a pas appelé à la haine mais a seulement constaté que Dieu avait mis l’ancien Israel simplement de côté (Romains 11,15)pour un temps donné . L’Apôtre commence même son argumentation en Romains11, 1 et 2 par « Dieu aurait-il rejeté son peuple ? certes non !...Dieu n’a pas rejeté son peuple que d’avance il a connu ». Pour sa part, Nostra Aetate adopte un langage et une attitude,comme on l’a vu, qui n’a rien à voir avec le vôtre. Si vous recherchez la fidélité à l’ensemble de la Tradition de l’Eglise,Vatican II inclus,il vous faut en tenir compte.Cette réprobation les atteint-elle tous ? Très probablement non, comme la suite le montrera.
La haine des juifs pour les chrétiens est historiquement aussi féroce que celle des chrétiens pour ceux de ces gens qui se disent juifs mais ne le sont pas : l’anti-christianisme du judaïsme post-chrétien n’a d’égal que l’anti-judaïsme du christianisme plénitude du judaïsme véritable envers le judaïsme post- et anti-chrétien. La pleurniche juive quant à l'enseignement du mépris n'est qu'une perfidie de plus.
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Re: La foi nécessaire au salut
Il me semble que « Th » désigne la lettre aux Thessaloniciens pas celle à Timothée…Gaudens a écrit : ↑sam. 25 oct. 2025, 13:35 Et en matière de citation, j’ai recherché en vain ce qui correspondrait à votre utilisation de I Thimothée 2, 15 et 16 :devenus ennemis du genre humain (I Th. II, 15) et objets de la Colère de Dieu (I Th. II 16) et
ils sont actuellement tous ** réprouvés, objet de la fureur divine (I Th. II 16) à raison de leur séparation du Christ
J’ai lu dans Lumen Gentium :
16. Les non-chrétiens
Enfin, pour ceux qui n’ont pas encore reçu l’Évangile, sous des formes diverses, eux aussi sont ordonnés au Peuple de Dieu [32] et, en premier lieu, ce peuple qui reçut les alliances et les promesses, et dont le Christ est issu selon la chair (cf. Rm 9, 4-5), peuple très aimé du point de vue de l’élection, à cause des Pères, car Dieu ne regrette rien de ses dons ni de son appel (cf. Rm 11, 28-29). Mais le dessein de salut enveloppe également ceux qui reconnaissent le Créateur, en tout premier lieu les musulmans qui, professant avoir la foi d’Abraham, adorent avec nous le Dieu unique, miséricordieux, futur juge des hommes au dernier jour. Et même des autres, qui cherchent encore dans les ombres et sous des images un Dieu qu’ils ignorent, de ceux-là mêmes Dieu n’est pas loin, puisque c’est lui qui donne à tous vie, souffle et toutes choses (cf. Ac 17, 25-28), et puisqu’il veut, comme Sauveur, amener tous les hommes au salut (cf. 1 Tm 2, 4). En effet, ceux qui, sans qu’il y ait de leur faute, ignorent l’Évangile du Christ et son Église, mais cherchent pourtant Dieu d’un cœur sincère et s’efforcent, sous l’influence de sa grâce, d’agir de façon à accomplir sa volonté telle que leur conscience la leur révèle et la leur dicte, eux aussi peuvent arriver au salut éternel [33].
Bien à vous,
Garde-toi d’aimer le Christ …
Son Amour te rendrait libre,
confiant et bienheureux.
✝︎
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Re: La foi nécessaire au salut
Merci d'avoir rectifié avec vilgilance,Théophile ,vous avez raison.
I Thessaloniciens 15,16 parle bien des Juifs thessaloniciens contemporains de cette lettre, qui persécutaient effectivement (leurs autorités en tous cas ) la jeune communauté chrétienne. Et en des termes radicaux, en effet.
I Thessaloniciens 15,16 parle bien des Juifs thessaloniciens contemporains de cette lettre, qui persécutaient effectivement (leurs autorités en tous cas ) la jeune communauté chrétienne. Et en des termes radicaux, en effet.
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Re: La foi nécessaire au salut
Bonjour Gaudens,
Ça tarde en effet, mais ça viendra assez vite. Tout dépendra de la somme de matériaux patristiques que je réussirais à colliger et étudier. Dans l'incertitude du temps que cela me prendra, je suis tenté de répondre d'abord à votre premier message, cette réponse là ne prenant que le temps de vous l'écrire. Je préfèrerais néanmoins achever d'abord ma réponse à Skog, en laquelle vous trouverez réponse à certaines objections de votre second message. Dites moi ce que vous préférez, et j'agirais selon votre souhait.
Cordialement.
Ça tarde en effet, mais ça viendra assez vite. Tout dépendra de la somme de matériaux patristiques que je réussirais à colliger et étudier. Dans l'incertitude du temps que cela me prendra, je suis tenté de répondre d'abord à votre premier message, cette réponse là ne prenant que le temps de vous l'écrire. Je préfèrerais néanmoins achever d'abord ma réponse à Skog, en laquelle vous trouverez réponse à certaines objections de votre second message. Dites moi ce que vous préférez, et j'agirais selon votre souhait.
Cordialement.
« L’âme bavarde est vide intérieurement. Il n’y a en elle ni vertus fondamentales ni intimité avec Dieu. Il n’est donc pas question d’une vie plus profonde, d’une douce paix, ni du silence où demeure Dieu. L’âme qui n’a jamais goûté la douceur du silence intérieur est un esprit inquiet et elle trouble le silence d’autrui. J’ai vu beaucoup d’âmes qui sont dans les gouffres de l’Enfer pour n’avoir pas gardé le silence. »
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Re: La foi nécessaire au salut
Pas d'urgence de mon côté, vous pouvez achever votre réponse à Skog; restons dans l'ordre !
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