Résister à l'euthanasie

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nicolas-p
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Re: Résister à l'euthanasie

Message par nicolas-p »

florence_yvonne a écrit : sam. 31 janv. 2026, 0:33 Je dis que si certains médecins refusent de pratiquer l'euthanasie et je dis bien certains c'est souvent par peur des conséquences sur leur petite vie.

Excusez moi, mais le débat actuel, je m'en moque complètement. Je parle en mon nom et uniquement en mon nom.

Refuser à une personne agonisant de mettre fin à ses souffrances alors qu'il suffit souvent d'anticiper la mort de souvent quelques semaines est d'une cruauté sans nom. Le pire c'est que tout cela est justifié par l'enseignement de Jésus.

L'enseignement de Jésus, c'est l'amour de son prochain, la compassion, l'empathie. Ta douleur est ma douleur.

Aucun verset ne parle de l'euthanasie.

Toutes ces personnes qui souffrent inutilement, c'est terrifiant.

PS : j'ai oublié de vous dire mon métier aide-soignante.
N'importe quoi.
Étant oncologue radiothérapeute depuis 25 ans je connais bien le sujet qu'est la fin de vie. Et je travaille en étroite collaboration avec les soins palliatifs.

Mais pour vous avoir vu sur un autre forum ( docteur angélique) je vois que rien n'a changé.

Vous ne venez pas ici pour essayer d'approfondir une foi , comprendre, ce qui est l'essence d'un forum catholique, mais pour tenter de légitimer une position contraire au message du christ et de l'église qu'il a institué et qui a depuis plus de 2000 ans réfléchie a tout cela.

Prenez au moins le temps de lire les documents que j'ai mis en lien plus haut et qui sont " laics"
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Juan
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Re: Résister à l'euthanasie

Message par Juan »

Cher Nicolas,

J'admire votre patience. Mais vous savez que parfois il ne sert à rien de débattre... Juste rappeler la position de l'Église et prier.
Et puis, si on ne peut forcer personne à vivre, on ne peut heureusement obliger personne à tuer quelqu'un qui ne veut pas vivre (du moins pour l'instant). J'ai bien peur que de l'ignoble expression "mourir dans la dignité", on passe vite à "interdiction de vivre dans l'indignité", indignité qui sera définie par des juristes et des médecins... parmi les pires évidemment.
Vous faites partie quant à vous des médecins qui honorent leur profession et respectent leur serment.
Bon courage à vous ! Et prions sans nous lasser.
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Re: Résister à l'euthanasie

Message par Marie2964 »

florence_yvonne a écrit : sam. 31 janv. 2026, 0:33 Je dis que si certains médecins refusent de pratiquer l'euthanasie et je dis bien certains c'est souvent par peur des conséquences sur leur petite vie.

Excusez moi, mais le débat actuel, je m'en moque complètement. Je parle en mon nom et uniquement en mon nom.

Refuser à une personne agonisant de mettre fin à ses souffrances alors qu'il suffit souvent d'anticiper la mort de souvent quelques semaines est d'une cruauté sans nom. Le pire c'est que tout cela est justifié par l'enseignement de Jésus.

L'enseignement de Jésus, c'est l'amour de son prochain, la compassion, l'empathie. Ta douleur est ma douleur.

Aucun verset ne parle de l'euthanasie.

Toutes ces personnes qui souffrent inutilement, c'est terrifiant.

PS : j'ai oublié de vous dire mon métier aide-soignante.

Bonjour Florence_Yvonne,

Ah bon, vous vous moquez des conséquences à grande échelle de ce que vous défendez personnellement ?

Pardonnez-moi mais le bien commun est bien plus important que ce qu'une personne individuelle peut penser...

Parfois il faut savoir élargir sa réflexion et ne pas rester centrer sur soi-même. Entendre que ce que l'on pense pour soi à titre individuel n'est pas forcément bon/légitime pour la société, à titre collectif.

Qu'est-ce qui vous fait dire que la souffrance est inutile ? Qu'en savez-vous ? Les personnes vous l'ont dit explicitement ou est-ce votre interprétation ?

Je n'essaie pas de faire preuve de sadisme mais donner un sens à la souffrance peut être important voire décisif.

Vous êtes aide-soignante en soins palliatifs ?

Marie.
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Re: Résister à l'euthanasie

Message par florence_yvonne »

Le rôle de la douleur, c'est de nous prévenir que quelque chose ne va pas, que l'on fait une crise d'appendicite, que nous avons posé la main sur une plaque chauffante, que nous nous sommes cassé le bras etc.. cela nous permet de remédier à ce qui ne va pas (retirer la main de la plaque chauffante par exemple) la douleur devenue inutile on peut la soulager avec des antalgiques.

Mais La souffrance de l'agonie est inutile, elle n'e sert à rien si ce n'est pourrir nos derniers instants que nous pourrions passer sereinement auprès de nos proches.

Il y a une chose qui m'attriste, on ne meurt plus au domicile, dans la plus part des cas, on meurt dans une chambre d'hôpital, seul.

J'aurais aimé tenir la main de ma mère quand elle est partie, mais cela s'est fait la nuit et il n'y avait personne auprès d'elle.

Je n'ai même pas eu le droit d'assister aux funérailles de mon AGM (arrière-grand-mère)
Dernière modification par florence_yvonne le lun. 02 févr. 2026, 16:41, modifié 1 fois.
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Re: Résister à l'euthanasie

Message par florence_yvonne »

Faisant suite à la promesse de campagne du président Macron en 2022, aux conclusions de la convention citoyenne sur la fin de vie et au projet de loi relatif à l'accompagnement et à la fin de vie présenté en 2024, ce texte prévoit d'autoriser « une personne qui en a exprimé la demande à recourir à une substance létale [sous certaines conditions] (…) afin qu’elle se l’administre ou, lorsqu’elle n’est pas en mesure physiquement d’y procéder, se la fasse administrer par un médecin ou par un infirmier ». Ainsi, l'aide à mourir recouvrirait à la fois le suicide assisté et l'euthanasie.

Ce nouveau droit pourrait être exercé par toute personne remplissant les conditions cumulatives suivantes :

- être âgée d’au moins dix‑huit ans ;

- être de nationalité française ou résider de façon stable et régulière en France ;

- être atteinte d’une affection grave et incurable, qui engage le pronostic vital, en phase avancée ou terminale ;

- présenter une souffrance physique et psychologique liée à cette affection, qui est soit réfractaire aux traitements, soit insupportable selon la personne lorsqu’elle a choisi de ne pas recevoir ou d’arrêter de recevoir un traitement ;

- être apte à manifester sa volonté de façon libre et éclairée.

La proposition de loi détaille la procédure de la demande de l’aide à mourir, notamment les conditions d'examen de la demande, les conditions d’administration de la substance létale à la personne et les modalités de contrôle a posteriori des actes réalisés par une commission indépendante placée auprès du ministre chargé de la santé.

Elle crée également une clause de conscience pour les professionnels de santé qui ne souhaiteraient pas participer à cette procédure et qui devraient alors communiquer au patient le nom d'autres professionnels de santé.

Enfin, le texte définit un délit d’entrave et les sanctions afférentes pour les actions visant à empêcher ou à tenter d’empêcher par tout moyen de pratiquer ou de s’informer sur l’aide à mourir (désinformation, perturbation de l’accès aux établissements habilités, pressions morales ou psychologiques, menaces, etc).

Les travaux de l’Assemblée nationale ont conduit à modifier le texte, notamment pour préciser les conditions d’accès à l'aide à mourir, l'ériger en droit et pour doubler les sanctions prévues en cas de délit d’entrave. Dans le texte transmis au Sénat, la notion de « moyen terme » pour caractériser l'engagement du pronostic vital a été supprimée pour lui substituer la notion de « phase avancée » de la maladie, sans qu'aucune évaluation du pronostic vital ne lui soit associée.
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Re: Résister à l'euthanasie

Message par florence_yvonne »

Je dois vous avouer, il y a quelques années, suite à une infection nosocomiale, un staphylocoque m'a rongé le poignet jusqu'à l'os. Au urgences, ils ont refusé d'enlever le plâtre sous prétexte qu'il est normal de souffrir quand on a le poignet cassé, cela a duré un mois, jusqu'à ce que mon médecin généraliste obtienne que le plâtre soir retiré. Une fois cela fait, une fistule c'est ouverte et un jet de pus a jailli, j'ai été opérée en urgence, mais trop tard, l'articulation n'existait plus. Pendant un mois, j'ai souffert le martyre, je me suis tapé la tête contre les murs. Pour rien au monde je ne veux revivre cela.
Je n'ai pas peur de la mort, mais j'ai peur de la souffrance.
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Re: Résister à l'euthanasie

Message par Gaudens »

Une attitude de certains membres du corps médical comme celle que vous décrivez était encore courante il y a quelques décennies;je la crois plus que minoritaire aujourd'hui (et dans votre cas, s'y ajoutait une erreur médicale). S'agissant de fortes douleurs en fin de vie, les soins palliatifs ont été conçus pour les combattre, très efficacement que je sache (et je pense que vous le savez aussi d'après votre expérience de soignante).
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Re: Résister à l'euthanasie

Message par florence_yvonne »

Oui, mais des souffrance qui résistent au antalgiques les plus puissants, cela existe aussi.

Dans ce cas, les médecins des soins palliatifs proposent le coma artificiel. Cette idée me met mal à l'aise.

Je ne pense pas que les gens veuillent vraiment mourir, en fait, ils veulent seulement que l'on mette fin à leurs souffrances.

Si vous pouvez faire cela, je suis sure que les personnes voudront profiter du temps qu'il leur reste pour profiter encore de leurs proches et ils renoncerons d'eux-mêmes à la mort.
Dernière modification par florence_yvonne le ven. 06 févr. 2026, 1:12, modifié 1 fois.
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Re: Résister à l'euthanasie

Message par nicolas-p »

Qu'est-ce que c'est que l'euthanasie?

C'est justement un coma artificiel ( sédation) avec simplement des drogues à dose plus importante et rajout de potassium pour provoquer un arrêt cardiaque.


Une douleur intolérable ? Non soulageable?

En 2026, en tout cas en situation de fin de vie avéré, cela n'existe plus avec justement tous les médicaments à disposition que ce soit les morphiniques , la ketamine ou les médicaments d'anesthésie . Et si la maladie est incurable, le patient va simplement mourir paisiblement et rapidement, ce qui est parfaitement normal.

Vous croyez qu'un patient quand il est opéré à cœur ouvert et sous anesthésie souffre ? Non bien sûr.
Nous avons accès exactement aux mêmes médicaments pour pouvoir soulager la douleur.

Oui à la sédation en fin de vie (si besoin) pour soulager les douleurs. Les médecins l'ont toujours fait et le feront toujours quitte à ce que cela accélère le décès d'un patient mais le but voyez-vous est de soulager et non de tuer c'est la différence avec l'euthanasie ou le but est juste de tuer.

Tout est dans l'intentionnalité et la dose.

Si une personne qui n'est pas en fin de vie veut mettre fin à ses jours :
personne ne pourra l'empêcher bien sûr.

Et combien de personnes dans des moments de détresse souhaiteraient en finir alors qu'une fois bien prise en charge elles ne le veulent plus....

Mais nous médecins et soignants dont la mission est d'aider demandons simplement à ne pas y être associés. À ne pas être la petite main qui participe à cela.

Le gouvernement veut légaliser l'euthanasie ? Très bien qu'il le fasse mais sans les médecins et surtout sans les autres soignants à qui on donne l'ordre de faire cela...c'est ce que nous demandons: ne pas y être associés.

Voyez-vous en 25 ans de carrière en cancérologie sur les milliers de patients pris en charge nous avons eu une seule demande d' euthanasie.
la plupart des patients malades "les vrais" pas ceux que l'on choisi dans les médias se battent et veulent vivre jusqu'au bout.

Les personnes qui y participeront donc volontairement répondront de leurs actes (comme tous bien sûr) devant Dieu.
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Re: Résister à l'euthanasie

Message par florence_yvonne »

Excusez moi, je me suis laissée emporter. Cela m'arrive parfois.

Je voudrais juste comprendre le rôle de la douleur chez un mourant.
Dernière modification par florence_yvonne le sam. 07 févr. 2026, 15:40, modifié 1 fois.
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Re: Résister à l'euthanasie

Message par nicolas-p »

Le rôle de la douleur :
Un mystère.

Il est pour nous catholiques, synonyme de participation à la Passion du Christ et in fine de la rédemption de l'humanité.

La douleur fait intimement partie comme l'amour de la vie.

Mais personne ne recherche ou glorifie cette douleur qui dans son essence même est mauvaise et n'est en rien bonne ou souhaitable.
Elle est simplement acceptable.

Nous devons la combattre bien sûr, surtout quand il s'agit de l'autre qui souffre. Aider soulager mais aussi accepter.

La douleur pour un mourant est aussi paradoxalement un signe de vie:
Nombreux sont les patients qui demandent à être soulagés mais surtout "pas complètement" : ils veulent toujours "sentir " leur corps maîtriser les signaux que celui ci envoie et la douleur en fait partie . Ils veulent juste une souffrance qui soit acceptable.

Et c'est cela que nous leur devons: répondre à leur souffrance dans la mesure de leur demande ni plus ni moins. Leur Permettre encore de pouvoir partager quelque chose de soi avec les autres en ne les " sédatant" pas trop mais suffisamment pour ne plus avoir mal ou que la douleur soit tolérable.

L'euthanasie c'est la négation de cela, c'est rompre tout contact supprimer toute humanité restante et c'est pour nous surtout refuser d'accepter de vivre ce temps très difficile certes mais permis par Dieu qui parfois permet tout simplement de s'en rapprocher en vivant un peu de ce qu'il a vécu sur terre.

A l'inverse refuser l'euthanasie ce n'est pas abandonner ou laisser l'autre : il nous appartient et c'est une obligation morale d'utiliser tous les moyens modernes à disposition pour soulager.

La souffrance est et restera toujours un mystère :

Signal " utile" de notre corps pour nous dire que quelque chose ne va pas.

Expérience atroce quand elle est insupportable

Expérience qui peut rendre humble ( acceptation) ou au contraire haineux ( refus / rendre Dieu responsable).

Je n'ai bien sûr aucune réponse à tout cela.

L'euthanasie c'est aussi demander à d'autres de participer ( contre leur conscience donc en "violant" celle ci)
ou pour ceux qui "veulent" cela s'arroger la toute puissance ultime de décider de la fin d'une autre personne ou de soi même. Droit qui pour nous catholiques n'appartient qu'à Dieu.

C'est un mince aperçu du sujet qui pourrait remplir des livres... et encore on n'aborde que la fin de vie ( que je connais) et non toutes les situations incurables ( maladies dégénératives etc...) qui ont parfois une vie entière devant eux et qui pourraient encore et encore remplir des livres.

Il y a tant à dire et pourtant la réponse est simple : donner la mort n'est jamais la réponse à la souffrance ou la détresse aussi ultime soit elle. Et cela dépasse largement le catholicisme.
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florence_yvonne
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Re: Résister à l'euthanasie

Message par florence_yvonne »

L'euthanasie c'est la négation de cela c'est rompre tout contact supprimer toute humanité restante et c'est pour nous surtout refuser d'accepter de vivre ce temps très difficile certes mais permis par Dieu qui parfois permet tout simplement de s'en rapprocher en vivant un peu de ce qu'il a vécu sur terre.
Ne pouvons nous pas dire la même chose du coma artificiel ?

Ma sœur ne nous a pas prévenue qu'elle avait demandé l'euthanasie. Nous avons été mit devant le fait accompli. je lui en est voulu, car elle n'a rien fait pour nous préparer à son départ, pas de testament, elle n'a même pas préparé ses obsèques, nous avons fait aux mieux alors que nous ne savions pas ce qu'elle voulait. Cela a été dur pour mes parents.
Dernière modification par florence_yvonne le dim. 08 févr. 2026, 16:35, modifié 1 fois.
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Re: Résister à l'euthanasie

Message par nicolas-p »

florence_yvonne a écrit : dim. 08 févr. 2026, 16:29
L'euthanasie c'est la négation de cela c'est rompre tout contact supprimer toute humanité restante et c'est pour nous surtout refuser d'accepter de vivre ce temps très difficile certes mais permis par Dieu qui parfois permet tout simplement de s'en rapprocher en vivant un peu de ce qu'il a vécu sur terre.
Ne pouvons nous pas dire la même chose du coma artificiel ?

Ma sœur ne nous a pas prévenue qu'elle avait demandé l'euthanasie. Nous avons été mit devant le fait accompli. je lui en est voulu, car elle n'a rien fait pour nous préparer à son départ, pas de testament, elle n'a même pas préparé ses obsèques, nous avons fait aux mieux alors que nous ne savions pas ce qu'elle voulait. Cela a été dur pour mes parents.
un "coma artificiel" est réversible, on peut le lever si besoin notamment pour pouvoir communiquer ou si cela va mieux.
de plus en situation de coma on sait que les personnes sentent, entendent certaines choses.. (expériences de patients qui ont racontés) donc gardent une forme de communication à minima
l'euthanasie : non bien sur...( on tue )

comme vous dites bien: cela a été dur: c'est un traumatisme pour l'entourage
Dernière modification par nicolas-p le lun. 09 févr. 2026, 19:10, modifié 1 fois.
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Re: Résister à l'euthanasie

Message par florence_yvonne »

je trouve triste que les gens mourants en arrivent à considérer que la mort est la seule échappatoire à la douleur. Nous disposons de médicaments de plus en plus efficaces. Il faut faire confiance aux progrès de la médecine et garder espoir.

Et si l'on veut recourir à l'aide à mourir active, il me parait nécessaire d'en parler à nos proches qui auront peut-être les arguments pour nous faire renoncer à notre demande.
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Re: Résister à l'euthanasie

Message par Foxy »

Réaction des évêques de France suite au vote solennel de l’Assemblée nationale sur la fin de vie
La Conférence des évêques de France prend acte du vote solennel intervenu le 25 février 2026 en faveur des propositions de loi relatives à « l’accompagnement et aux soins palliatifs » ainsi qu’à « l’aide à mourir ».

Elle se réjouit que le renforcement des soins palliatifs, condition indispensable pour garantir le soulagement de la douleur et l’accompagnement digne de toute personne en fin de vie, ait été inscrit dans la loi. Le développement effectif de ces soins sur l’ensemble du territoire demeure une exigence prioritaire et un impératif de justice.

Cependant, la Conférence des évêques de France exprime une nouvelle fois et avec gravité sa profonde opposition à l’adoption d’un dispositif légalisant l’euthanasie et le suicide assisté. Le faible écart de voix ayant permis l’adoption du texte ainsi que l’augmentation constante du nombre de votes s’y opposant, manifestent une importante fracture au sein de la représentation nationale. Une question aussi essentielle, qui engage la conception même de la dignité humaine et du rôle de la médecine, ne peut être tranchée à une majorité aussi fragile sans laisser subsister un malaise démocratique profond.

Au cours des débats parlementaires, de nombreuses voix (soignants, juristes, philosophes, représentants de patients, acteurs de terrain, parlementaires) ont formulé des mises en garde précises et argumentées. Beaucoup ont alerté sur les risques d’ambiguïtés juridiques, sur les pressions sociales ou familiales qui pourraient peser sur les personnes vulnérables, sur la transformation radicale de la mission du médecin, appelé désormais non seulement à soigner et soulager, mais à provoquer la mort.

La CEF regrette qu’aucune de ces préoccupations majeures n’ait été prise en compte, notamment pour intégrer une clause d’établissement visant au respect des chartes éthiques propres à certains établissements. Par ailleurs, le maintien du délit d’entrave, outre le fait qu’il s’oppose gravement à la liberté de conscience, comporte un risque réel quant aux actions de prévention contre le suicide.

Sur un sujet d’une telle gravité, le choix de continuer à avancer en l’absence de consensus large est grandement préoccupant. Car légaliser l’aide à mourir ne relève pas d’un simple ajustement technique du droit : il s’agit en réalité d’un basculement anthropologique qui modifie en profondeur les repères de la société.

La Conférence des évêques de France rappelle avec force que donner délibérément la mort ne saurait constituer un progrès humain. Elle compte sur la suite du processus parlementaire pour réaffirmer qu’une société véritablement fraternelle se reconnaît à la manière dont elle entoure les plus fragiles, non à la facilité avec laquelle elle accepte de provoquer leur mort.
https://eglise.catholique.fr/espace-pre ... ce=Mailjet
La foi que j’aime le mieux,dit Dieu,c’est l’Espérance.
Charles Péguy
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