Gaudens a écrit : ↑mar. 16 juin 2026, 17:05
Bonjour Patate Douce,
La "synthèse" synodale du diocèse d'Annecy (le vôtre ?) est hélas révélatrice d'un état d'esprit qui ne se régule pas à partir de l'enseignement chrétien mais plutôt à partir des valeurs et pratiques dominantes dans le "monde".
Pour moi, les synthèses des autres diocèses sont similaires.
Peut-être révélateur aussi d'une manipulation consciente ou inconsciente.Un exemple: ce groupe de cinq laics rédacteurs de la synthèse indique dans un premier temps que 20% des participants appelle à une ordination diaconale ou presbytérale des femmes; deux pages plus loin, dans une sorte de synthèse au carré , ils indiquent cette demande comme générale...
Est-ce que cela ne pourrait pas être lié aussi à un biais de représentativité dans les réponses ?
En fait je pense que ce genre de prises de position était fatal dès qu'on a accepté une démarche collective où il n'y a plus d'autorité, où l' avis de chacun est à mettre au même plan.Compte tenu du formatage de notre civilisation pot-chrétienne, il était évident qu'on devait bien souvent (en Europe occidentale en tous cas) aboutir à cela.Cela m'amène à réfléchir sans pouvoir conclure à la motivation du feu pape François pour lancer ce chemin synodal. Ou bien, en bon jésuite, il savait que ce genre de pus (pardon pour la brutalité du terme) allait sortir de la blessure de collectivités agressées et inquiètes de l'évolution de nos sociétés marquée par leur refus de la foi et que c'était là une catharsis utile pour guérir la blessure en laissant de côté les erreurs formulées. Ou bien il en était au moins à demi-complice. Je ne sais.Mais ce que je crois, c'est qu'on aura du mal à s'en remettre. Confions nous dans le proverbe espagnol "no hay mal que por bien no venga"(il n'y a de mal par lequel bien n'arrive)...
Après tout, ces positions existent.
J'ai lu récemment une idée sur l'euthanasie qui consiste à ne pas exprimer seulement un point de vue sur une règle morale, mais à la traduire en une foi. Par exemple, au lieu de dire « je suis pour l'euthanasie », dire « je crois que le mal absolu est la souffrance » - ce qui est une erreur (hérésie) évidente quand on contemple la passion du Christ, le mal n'est pas la souffrance du Christ mais le péché qui en est la cause. Pour le divorce, au lieu de dire « je suis contre l'interdiction du divorce », dire « je crois que le refus de l'autre peut conduire à une rupture définitive ». Ainsi, en traduisant en croyance une position sur une règle morale, cela permet d'ouvrir le débat : il ne s'agit plus d'être pour ou contre une règle morale, mais de dire ce en quoi on croit.
Je ne sais pas. On oublie souvent qu'une règle morale est la traduction d'une croyance, et pas une chose en soi.