La doctrine de l'enfer est-elle une invention diabolique ?
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Forum de débats dialectiques entre personnes de bonne volonté autour de la religion chrétienne (catholicisme) et des objections formulées à son encontre
NB : L'attention des intervenants est particulièrement attirée sur la courtoisie et le respect ; les blasphèmes et provocations visant à blesser le sentiment religieux des lecteurs seront modérés ; les discussions inutilement polémiques seront verrouillées et leur initiateurs sanctionnés.
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NB : L'attention des intervenants est particulièrement attirée sur la courtoisie et le respect ; les blasphèmes et provocations visant à blesser le sentiment religieux des lecteurs seront modérés ; les discussions inutilement polémiques seront verrouillées et leur initiateurs sanctionnés.
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Colas
- Ædilis

- Messages : 22
- Inscription : mar. 16 juin 2026, 13:51
- Conviction : Protestant universaliste
La doctrine de l'enfer est-elle une invention diabolique ?
Bonjour à tous,
J'écris ce message afin de dénoncer la théologie diabolique de l'église traditionnaliste sur l'enfer. La doctrine des tourments éternels est probablement la pire de toutes les inventions de Satan. Il s'agit d'un mythe païen, sans le moindre support biblique.
Avant toutes choses, permettez-moi de me présenter brièvement. Je m'appelle Colas Demeillers et j'ai 49 ans. J'habite en Irlande du Nord. Je suis chrétien, et je crois en l'inspiration divine de la Sainte Bible. Plus précisément, je suis un chrétien universaliste. Les chrétiens universalistes sont peu nombreux en France. Cela dit, nous sommes bien représentés aux États-Unis. Quelles sont nos croyances ? En un mot, nous sommes persuadés que tous les hommes seront sauvés ultimement. Non pas tous en même temps, mais chacun suivant son rang. Nous pensons que Jésus est vraiment le Sauveur du monde (Jean 4:42 ; 1 Jean 4:14). Nous ne nions pas l'existence de châtiments après la mort, mais nous soutenons que ceux-ci seront temporaires et correctifs.
Il existe dans la Sainte Bible plus de 800 versets qui enseignent directement ou indirectement le salut universel. Trois exemples parmi tant d'autres : Paul a dit : « Comme tous [les hommes] meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ » (1 Corinthiens 15:22). En Esaïe 57:16, le Seigneur dit : « Je ne veux pas contester à toujours, ni garder une éternelle colère, quand devant moi tombent en défaillance les esprits, les âmes que j’ai faites ». Et David a déclaré : « Ô toi, qui écoutes la prière ! Tous les hommes viendront à toi » (Psaumes 65:2). Or que dit Jésus ? « Je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi » (Jean 6:37). Je pourrais citer ainsi des centaines de versets similaires.
Chers amis, permettez-moi de préciser la doctrine universaliste. Contrairement aux idées reçues, nous ne croyons pas que quiconque puisse entrer dans la Jérusalem Céleste sans la repentance ou sans la foi. Nous pensons au contraire que la repentance et la foi sont impérativement requises pour le salut. Selon nous, la sainteté est une condition indispensable pour accéder au paradis. En quoi différons-nous des autres chrétiens ? Nous soutenons que dans le futur, Dieu donnera la repentance et la foi à tous les hommes, afin que tous soient saints. Nous sommes ainsi persuadés que le Seigneur sanctifiera tous les hommes, « afin que Dieu soit tout en tous » (1 Corinthiens 15:20-29).
Par ailleurs, contrairement à ce qu'on nous reproche, nous ne pensons pas que toutes les religions sont équivalentes. Nous sommes au contraire persuadés que Jésus est le chemin, la vérité et la vie (Jean 14:6). Nous ne nions pas davantage le jugement à venir ; nous annonçons au contraire l'existence de corrections très sévères après la mort. Cela dit, nous pensons que la miséricorde divine prévaudra en définitive, selon qu'il est écrit: « Le Seigneur ne rejette pas à toujours. Mais, lorsqu’il afflige, Il a compassion selon sa grande miséricorde ; car ce n’est pas volontiers qu’il humilie et qu’il afflige les enfants des hommes » (Lamentations 3:31-33).
Chers amis, en tant que catholiques, je pense que vous croyez tous au libre-arbitre de l'homme. À moins bien sûr que vous ne soyez janséniste... En ce qui me concerne, je n'y crois pas. Tous mes aïeux, voyez-vous, étaient pasteurs; et je suis moi-même protestant jusqu'au bout des ongles. Mais supposons un instant, à des fins dialectiques, que le libre-arbitre existe. Puisque l'Écriture enseigne également que toutes choses ont été prédestinées, il devient nécessaire de combiner cette doctrine avec celle de la prédestination. C'est d'ailleurs ce qu'a tenté de faire le jésuite Luis de Molina. Dans son optique parfaitement catholique, le libre-arbitre est ainsi le moyen que le Seigneur a choisi afin d'accomplir ses desseins (Proverbe 19:21 ; Romains 9). Mais croyez-vous vraiment que Dieu ait prédestiné certaines personnes à l'enfer ? Ça n'est certainement pas ce que nous dit la Bible. Dieu a au contraire prédestiné toutes ses créatures au salut, sans la moindre exception (Colossiens 1:16). Par conséquent, toutes seront sauvées ultimement. Si Dieu avait su à l'avance qu'une seule âme ne viendrait pas à lui au bout du chemin, il ne l'aurait jamais créée. C'est en tout cas précisément ce que Salomon affirme dans le Livre de la sagesse, un texte que nous autres protestants jugeons apocryphe mais dont vous reconnaissez l'inspiration divine. Lisez plutôt: « Parce que vous pouvez tout, vous avez pitié de tous, et vous fermez les yeux sur les péchés des hommes pour qu'ils se repentent. Car vous aimez toutes les créatures, et vous ne haïssez rien de ce que vous avez fait ; si vous aviez haï une chose, vous ne l'auriez pas faite [...] Vous pardonnez à tous, parce que tout est à vous, Seigneur, qui aimez les âmes » (Sagesse, 11:23-26). J'entends déjà d'ici certains d'entre vous me répliquer : « mais le Seigneur a bien trop d'égard pour la liberté humaine pour ne pas la respecter en laissant la majorité de ses créatures se damner » . Supposez un instant que je sache que mon fils s'apprête à se faire écraser en me désobéissant (en traversant un passage piéton en dehors des clous, par exemple). Vais-je le laisser faire par égard pour sa liberté ? Ne vais-je pas plutôt le contraindre à m'obéir ? Quel père aimant laisserait son fils brûler éternellement dans le feu de l'enfer par égard pour la liberté humaine ?
Les choses sont en fait très simples : D'une part, l’Éternel veut que tous les hommes soient sauvés (1 Timothée 2:4) ; d'autre part, « tout ce que l’Éternel veut, il le fait » (Psaumes 135:6). Dieu veut le salut de tous les hommes, et il accomplira toute sa volonté. Par conséquent, Jéhovah sauvera tous les hommes en définitive, sans la moindre exception. Il s'agit d'une logique enfantine. Croyez-vous vraiment que le diable puisse faire échouer les desseins de Dieu pour chacune de ses créatures en définitive? Absolument pas! Le Seigneur accomplira toute sa volonté, selon qu'il est écrit : « Mes arrêts subsisteront, et j’exécuterai toute ma volonté » (Esaïe 46:10). Que certains hommes puissent résister pendant un temps à la volonté divine, je le crois tout à fait. Mais que certains hommes puissent résister irrémédiablement à la volonté divine, je ne le crois pas. Dieu n'est-il pas absolument souverain en définitive ? (Romains 9:19 ; Daniel 4:35). Souvenez-vous de ces paroles du Seigneur adressées à Paul sur le chemin de Damas: « Il te serait dur de regimber contre les aiguillons » (Actes 9:5).
Nous autres chrétiens universalistes, nous pensons que la terre et les cieux ont été créés il y a 6000 ans environ. Dans le jardin d’Éden, même les dinosaures mangeaient des fruits (Genèse 1:30). Or toutes choses ont été créées très bonnes au commencement. Et nous savons que Dieu va recréer toutes choses très bonnes dans la Jérusalem céleste. Le lion et le loup seront ainsi recréés végétariens (Esaïe 11:7 ; 65:25). Et oui, Dieu est même le Sauveur des animaux ! (Psaumes 36:6 ; 145:9-10). Quant aux hommes, ils seront tous sauvés, même les pires : « Les rebelles habiteront aussi près de l’Éternel Dieu » (Psaumes 68:18). Les universalistes mettent ainsi leur espérance « dans le Dieu vivant, qui est le Sauveur de tous les hommes, principalement des croyants » (1 Timothée 4:10). Notez bien que l'Écriture dit principalement, pas exclusivement!
La doctrine des tourments éternels est une fable issue du paganisme. Cette croyance ne possède pas le moindre support biblique. Je sais bien que beaucoup de Bibles enseignent l'existence de l'enfer. Mais il existe aussi des dizaines de Bibles dans lesquelles pas un seul verset n'enseigne l'existence des tourments éternels. C'est notamment le cas de la fameuse Young's literal translation. L'adjectif grec aionios ne signifie pas éternel. D'excellents érudits chrétiens, spécialistes du grec, l'ont affirmé : William Barclay, J.W. Hanson, Weymouth, Louis Abbot, Andrew Jukes, Marvin Vincent, etc... Il existe ainsi des dizaines de Bibles en anglais dans lesquelles l'adjectif aionios est traduit par « age-during » ou par quelque chose de similaire.
Voyez par exemple Sodome et Gomorrhe. Selon Jude, ces villes ont subi « la peine d’un feu éternel (aionios) » (Jude 1:7). Que l'adjectif grec aionios ne signifie pas éternel est ici absolument évident, car Sodome et Gomorrhe ont obtenu une promesse de restauration. En Ézéchiel 16:55, le Seigneur déclare en effet à Juda : « Tes sœurs, Sodome et ses filles, reviendront à leur premier état, Samarie et ses filles reviendront à leur premier état ; et toi et tes filles, vous reviendrez à votre premier état ». Qui allons-nous croire, la Bible ou les traditions d'homme ?
Dans le Livre de Jérémie, on lit : « Ainsi parle l’Éternel : Placez-vous sur les chemins, regardez, et demandez quels sont les anciens sentiers, quelle est la bonne voie ; marchez-y, et vous trouverez le repos de vos âmes ! » (Jérémie 6:16). Les anciens sentiers mènent vers l'universalisme. Les premiers chrétiens y croyaient fermement : Clément d'Alexandrie, Origène, Gregoire de Nysse, Grégoire de Naziance, Clément d'Alexandrie, Marcel d'Ancyre, Théodore de Mopsueste, Fabius Victorinus, Evagrius, Didyme l'aveugle, Titus de Bostra, Diodore de Tarse, etc... En fait, l'universalisme a prévalu dans l'église pendant les 500 premières années du christianisme.
Jusqu'au cinquième siècle, il existait ainsi six écoles de théologie dans la chrétienté :
- L'école d'Antioche ;
- L'école d'Alexandrie ;
- L'école d’Édesse/Nisibis ;
- L'école de Césarée ;
- L'école d’Éphèse ;
- L' école de Rome/Carthage.
Voici quelles étaient les positions théologiques de ces différentes écoles :
- Les 4 premières écoles enseignaient la doctrine universaliste.
- L'école d’Éphèse enseignait la doctrine de la mortalité conditionnelle, selon laquelle les méchants seront anéantis au jour du jugement ;
- L'école de Rome enseignait la doctrine des peines éternelles et conscientes.
Ainsi, seule l'école de Rome enseignait la doctrine des tourments éternels. Mais même au sein de cette école, il semble que beaucoup de docteurs enseignaient officieusement la doctrine universaliste.
Si vous souhaitez approfondir vos connaissances au sujet du salut universel et de l'apocatastase, j'ai écrit un roman historque et théologique sur le sujet (intitulé De profundis). Vous le trouverez sur Amazon.fr en cliquant sur le lien ci-dessous :
https://www.amazon.fr/dp/B0H15JWYJF
Bien amicalement,
Colas Demeillers.
J'écris ce message afin de dénoncer la théologie diabolique de l'église traditionnaliste sur l'enfer. La doctrine des tourments éternels est probablement la pire de toutes les inventions de Satan. Il s'agit d'un mythe païen, sans le moindre support biblique.
Avant toutes choses, permettez-moi de me présenter brièvement. Je m'appelle Colas Demeillers et j'ai 49 ans. J'habite en Irlande du Nord. Je suis chrétien, et je crois en l'inspiration divine de la Sainte Bible. Plus précisément, je suis un chrétien universaliste. Les chrétiens universalistes sont peu nombreux en France. Cela dit, nous sommes bien représentés aux États-Unis. Quelles sont nos croyances ? En un mot, nous sommes persuadés que tous les hommes seront sauvés ultimement. Non pas tous en même temps, mais chacun suivant son rang. Nous pensons que Jésus est vraiment le Sauveur du monde (Jean 4:42 ; 1 Jean 4:14). Nous ne nions pas l'existence de châtiments après la mort, mais nous soutenons que ceux-ci seront temporaires et correctifs.
Il existe dans la Sainte Bible plus de 800 versets qui enseignent directement ou indirectement le salut universel. Trois exemples parmi tant d'autres : Paul a dit : « Comme tous [les hommes] meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ » (1 Corinthiens 15:22). En Esaïe 57:16, le Seigneur dit : « Je ne veux pas contester à toujours, ni garder une éternelle colère, quand devant moi tombent en défaillance les esprits, les âmes que j’ai faites ». Et David a déclaré : « Ô toi, qui écoutes la prière ! Tous les hommes viendront à toi » (Psaumes 65:2). Or que dit Jésus ? « Je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi » (Jean 6:37). Je pourrais citer ainsi des centaines de versets similaires.
Chers amis, permettez-moi de préciser la doctrine universaliste. Contrairement aux idées reçues, nous ne croyons pas que quiconque puisse entrer dans la Jérusalem Céleste sans la repentance ou sans la foi. Nous pensons au contraire que la repentance et la foi sont impérativement requises pour le salut. Selon nous, la sainteté est une condition indispensable pour accéder au paradis. En quoi différons-nous des autres chrétiens ? Nous soutenons que dans le futur, Dieu donnera la repentance et la foi à tous les hommes, afin que tous soient saints. Nous sommes ainsi persuadés que le Seigneur sanctifiera tous les hommes, « afin que Dieu soit tout en tous » (1 Corinthiens 15:20-29).
Par ailleurs, contrairement à ce qu'on nous reproche, nous ne pensons pas que toutes les religions sont équivalentes. Nous sommes au contraire persuadés que Jésus est le chemin, la vérité et la vie (Jean 14:6). Nous ne nions pas davantage le jugement à venir ; nous annonçons au contraire l'existence de corrections très sévères après la mort. Cela dit, nous pensons que la miséricorde divine prévaudra en définitive, selon qu'il est écrit: « Le Seigneur ne rejette pas à toujours. Mais, lorsqu’il afflige, Il a compassion selon sa grande miséricorde ; car ce n’est pas volontiers qu’il humilie et qu’il afflige les enfants des hommes » (Lamentations 3:31-33).
Chers amis, en tant que catholiques, je pense que vous croyez tous au libre-arbitre de l'homme. À moins bien sûr que vous ne soyez janséniste... En ce qui me concerne, je n'y crois pas. Tous mes aïeux, voyez-vous, étaient pasteurs; et je suis moi-même protestant jusqu'au bout des ongles. Mais supposons un instant, à des fins dialectiques, que le libre-arbitre existe. Puisque l'Écriture enseigne également que toutes choses ont été prédestinées, il devient nécessaire de combiner cette doctrine avec celle de la prédestination. C'est d'ailleurs ce qu'a tenté de faire le jésuite Luis de Molina. Dans son optique parfaitement catholique, le libre-arbitre est ainsi le moyen que le Seigneur a choisi afin d'accomplir ses desseins (Proverbe 19:21 ; Romains 9). Mais croyez-vous vraiment que Dieu ait prédestiné certaines personnes à l'enfer ? Ça n'est certainement pas ce que nous dit la Bible. Dieu a au contraire prédestiné toutes ses créatures au salut, sans la moindre exception (Colossiens 1:16). Par conséquent, toutes seront sauvées ultimement. Si Dieu avait su à l'avance qu'une seule âme ne viendrait pas à lui au bout du chemin, il ne l'aurait jamais créée. C'est en tout cas précisément ce que Salomon affirme dans le Livre de la sagesse, un texte que nous autres protestants jugeons apocryphe mais dont vous reconnaissez l'inspiration divine. Lisez plutôt: « Parce que vous pouvez tout, vous avez pitié de tous, et vous fermez les yeux sur les péchés des hommes pour qu'ils se repentent. Car vous aimez toutes les créatures, et vous ne haïssez rien de ce que vous avez fait ; si vous aviez haï une chose, vous ne l'auriez pas faite [...] Vous pardonnez à tous, parce que tout est à vous, Seigneur, qui aimez les âmes » (Sagesse, 11:23-26). J'entends déjà d'ici certains d'entre vous me répliquer : « mais le Seigneur a bien trop d'égard pour la liberté humaine pour ne pas la respecter en laissant la majorité de ses créatures se damner » . Supposez un instant que je sache que mon fils s'apprête à se faire écraser en me désobéissant (en traversant un passage piéton en dehors des clous, par exemple). Vais-je le laisser faire par égard pour sa liberté ? Ne vais-je pas plutôt le contraindre à m'obéir ? Quel père aimant laisserait son fils brûler éternellement dans le feu de l'enfer par égard pour la liberté humaine ?
Les choses sont en fait très simples : D'une part, l’Éternel veut que tous les hommes soient sauvés (1 Timothée 2:4) ; d'autre part, « tout ce que l’Éternel veut, il le fait » (Psaumes 135:6). Dieu veut le salut de tous les hommes, et il accomplira toute sa volonté. Par conséquent, Jéhovah sauvera tous les hommes en définitive, sans la moindre exception. Il s'agit d'une logique enfantine. Croyez-vous vraiment que le diable puisse faire échouer les desseins de Dieu pour chacune de ses créatures en définitive? Absolument pas! Le Seigneur accomplira toute sa volonté, selon qu'il est écrit : « Mes arrêts subsisteront, et j’exécuterai toute ma volonté » (Esaïe 46:10). Que certains hommes puissent résister pendant un temps à la volonté divine, je le crois tout à fait. Mais que certains hommes puissent résister irrémédiablement à la volonté divine, je ne le crois pas. Dieu n'est-il pas absolument souverain en définitive ? (Romains 9:19 ; Daniel 4:35). Souvenez-vous de ces paroles du Seigneur adressées à Paul sur le chemin de Damas: « Il te serait dur de regimber contre les aiguillons » (Actes 9:5).
Nous autres chrétiens universalistes, nous pensons que la terre et les cieux ont été créés il y a 6000 ans environ. Dans le jardin d’Éden, même les dinosaures mangeaient des fruits (Genèse 1:30). Or toutes choses ont été créées très bonnes au commencement. Et nous savons que Dieu va recréer toutes choses très bonnes dans la Jérusalem céleste. Le lion et le loup seront ainsi recréés végétariens (Esaïe 11:7 ; 65:25). Et oui, Dieu est même le Sauveur des animaux ! (Psaumes 36:6 ; 145:9-10). Quant aux hommes, ils seront tous sauvés, même les pires : « Les rebelles habiteront aussi près de l’Éternel Dieu » (Psaumes 68:18). Les universalistes mettent ainsi leur espérance « dans le Dieu vivant, qui est le Sauveur de tous les hommes, principalement des croyants » (1 Timothée 4:10). Notez bien que l'Écriture dit principalement, pas exclusivement!
La doctrine des tourments éternels est une fable issue du paganisme. Cette croyance ne possède pas le moindre support biblique. Je sais bien que beaucoup de Bibles enseignent l'existence de l'enfer. Mais il existe aussi des dizaines de Bibles dans lesquelles pas un seul verset n'enseigne l'existence des tourments éternels. C'est notamment le cas de la fameuse Young's literal translation. L'adjectif grec aionios ne signifie pas éternel. D'excellents érudits chrétiens, spécialistes du grec, l'ont affirmé : William Barclay, J.W. Hanson, Weymouth, Louis Abbot, Andrew Jukes, Marvin Vincent, etc... Il existe ainsi des dizaines de Bibles en anglais dans lesquelles l'adjectif aionios est traduit par « age-during » ou par quelque chose de similaire.
Voyez par exemple Sodome et Gomorrhe. Selon Jude, ces villes ont subi « la peine d’un feu éternel (aionios) » (Jude 1:7). Que l'adjectif grec aionios ne signifie pas éternel est ici absolument évident, car Sodome et Gomorrhe ont obtenu une promesse de restauration. En Ézéchiel 16:55, le Seigneur déclare en effet à Juda : « Tes sœurs, Sodome et ses filles, reviendront à leur premier état, Samarie et ses filles reviendront à leur premier état ; et toi et tes filles, vous reviendrez à votre premier état ». Qui allons-nous croire, la Bible ou les traditions d'homme ?
Dans le Livre de Jérémie, on lit : « Ainsi parle l’Éternel : Placez-vous sur les chemins, regardez, et demandez quels sont les anciens sentiers, quelle est la bonne voie ; marchez-y, et vous trouverez le repos de vos âmes ! » (Jérémie 6:16). Les anciens sentiers mènent vers l'universalisme. Les premiers chrétiens y croyaient fermement : Clément d'Alexandrie, Origène, Gregoire de Nysse, Grégoire de Naziance, Clément d'Alexandrie, Marcel d'Ancyre, Théodore de Mopsueste, Fabius Victorinus, Evagrius, Didyme l'aveugle, Titus de Bostra, Diodore de Tarse, etc... En fait, l'universalisme a prévalu dans l'église pendant les 500 premières années du christianisme.
Jusqu'au cinquième siècle, il existait ainsi six écoles de théologie dans la chrétienté :
- L'école d'Antioche ;
- L'école d'Alexandrie ;
- L'école d’Édesse/Nisibis ;
- L'école de Césarée ;
- L'école d’Éphèse ;
- L' école de Rome/Carthage.
Voici quelles étaient les positions théologiques de ces différentes écoles :
- Les 4 premières écoles enseignaient la doctrine universaliste.
- L'école d’Éphèse enseignait la doctrine de la mortalité conditionnelle, selon laquelle les méchants seront anéantis au jour du jugement ;
- L'école de Rome enseignait la doctrine des peines éternelles et conscientes.
Ainsi, seule l'école de Rome enseignait la doctrine des tourments éternels. Mais même au sein de cette école, il semble que beaucoup de docteurs enseignaient officieusement la doctrine universaliste.
Si vous souhaitez approfondir vos connaissances au sujet du salut universel et de l'apocatastase, j'ai écrit un roman historque et théologique sur le sujet (intitulé De profundis). Vous le trouverez sur Amazon.fr en cliquant sur le lien ci-dessous :
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Bien amicalement,
Colas Demeillers.
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ThéophileduSegala
- Rector provinciæ

- Messages : 433
- Inscription : jeu. 02 janv. 2025, 19:13
- Conviction : Catholique
- Localisation : Tarn
Re: La doctrine de l'enfer est une fable diabolique
Bonjour Colas,
Merci d’avoir pris le temps de présenter votre position de manière détaillée. Même si je ne partage pas vos conclusions, je respecte votre désir de réfléchir sérieusement aux Écritures.
Cela dit, je suis un peu surpris par la forme de votre message. Vous arrivez sur un forum catholique en affirmant que la doctrine de l’enfer est une « invention de Satan », une « fable païenne » et une « théologie diabolique ». Ce n’est pas la meilleure manière d’engager un dialogue serein avec des personnes qui adhèrent à l’enseignement de l’Église depuis deux millénaires.
Par ailleurs, plusieurs des affirmations historiques que vous avancez me semblent loin de faire consensus. Dire que l’universalisme aurait été la doctrine dominante durant les cinq premiers siècles du christianisme est une thèse discutée, et non un fait établi. De même, l’interprétation des passages bibliques relatifs au jugement et aux peines éternelles fait l’objet de débats anciens, mais il est difficile d’affirmer qu’il n’existe « aucun support biblique » à la position traditionnelle.
Enfin, je ne peux m’empêcher de remarquer que votre message se conclut par la présentation de votre livre et un lien vers sa page Amazon. Cela donne un peu l’impression que cette longue publication sert aussi à en faire la promotion…
Merci d’avoir pris le temps de présenter votre position de manière détaillée. Même si je ne partage pas vos conclusions, je respecte votre désir de réfléchir sérieusement aux Écritures.
Cela dit, je suis un peu surpris par la forme de votre message. Vous arrivez sur un forum catholique en affirmant que la doctrine de l’enfer est une « invention de Satan », une « fable païenne » et une « théologie diabolique ». Ce n’est pas la meilleure manière d’engager un dialogue serein avec des personnes qui adhèrent à l’enseignement de l’Église depuis deux millénaires.
Par ailleurs, plusieurs des affirmations historiques que vous avancez me semblent loin de faire consensus. Dire que l’universalisme aurait été la doctrine dominante durant les cinq premiers siècles du christianisme est une thèse discutée, et non un fait établi. De même, l’interprétation des passages bibliques relatifs au jugement et aux peines éternelles fait l’objet de débats anciens, mais il est difficile d’affirmer qu’il n’existe « aucun support biblique » à la position traditionnelle.
Enfin, je ne peux m’empêcher de remarquer que votre message se conclut par la présentation de votre livre et un lien vers sa page Amazon. Cela donne un peu l’impression que cette longue publication sert aussi à en faire la promotion…
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Gaudens
- Tribunus plebis

- Messages : 1950
- Inscription : mer. 25 avr. 2018, 19:50
- Conviction : chrétien catholique , perplexe lui aussi
Re: La doctrine de l'enfer est une fable diabolique
Bonsoir Colas,
J'adhère totalement à tout ce que vient de vous dire Théophile.
Dans cette délicate question, vous faites bon marché de quelques passages bibliques, au premier rang Matthieu 25 ("allez vous en , maudits, dans le feu éternel etc...")..
Comme Théophile, je ne crois pas à l'unanimité des quatre écoles proche-orientales dans le sens de l'apocatastase : certains Pères de l'Eglise, capadociens surtout, on pu aller plus ou moins en ce sens mais on est bien loin de l'unanimité(elle serait plutôt quasiment en sens inverse).
Après , le subtil équilibre à trouver entre prédestination et libre arbitre est discuté depuis des siècles (vous pouvez en trouver trace multiplement dans nos fils de discussion) ; je suis du reste étonné que vous mettiez le libre arbitre de côté. Il est vrai que si Dieu a prédestiné tous les humains au salut, il ne sert plus à grand chose. Nous verrons bien dans l'Au Delà !
J'adhère totalement à tout ce que vient de vous dire Théophile.
Dans cette délicate question, vous faites bon marché de quelques passages bibliques, au premier rang Matthieu 25 ("allez vous en , maudits, dans le feu éternel etc...")..
Comme Théophile, je ne crois pas à l'unanimité des quatre écoles proche-orientales dans le sens de l'apocatastase : certains Pères de l'Eglise, capadociens surtout, on pu aller plus ou moins en ce sens mais on est bien loin de l'unanimité(elle serait plutôt quasiment en sens inverse).
Après , le subtil équilibre à trouver entre prédestination et libre arbitre est discuté depuis des siècles (vous pouvez en trouver trace multiplement dans nos fils de discussion) ; je suis du reste étonné que vous mettiez le libre arbitre de côté. Il est vrai que si Dieu a prédestiné tous les humains au salut, il ne sert plus à grand chose. Nous verrons bien dans l'Au Delà !
- Fée Violine
- Consul

- Messages : 13118
- Inscription : mer. 24 sept. 2008, 14:13
- Conviction : Catholique ordinaire. Laïque dominicaine
- Localisation : France
- Contact :
Re: La doctrine de l'enfer est une fable diabolique
Aller au Ciel si on aime Dieu, c'est génial. Mais si on ne l'aime pas, quel intérêt ?
-
Colas
- Ædilis

- Messages : 22
- Inscription : mar. 16 juin 2026, 13:51
- Conviction : Protestant universaliste
Re: La doctrine de l'enfer est une fable diabolique
Bonjour Théophile,ThéophileduSegala a écrit : ↑mar. 16 juin 2026, 16:33 Bonjour Colas,
Merci d’avoir pris le temps de présenter votre position de manière détaillée. Même si je ne partage pas vos conclusions, je respecte votre désir de réfléchir sérieusement aux Écritures.
Cela dit, je suis un peu surpris par la forme de votre message. Vous arrivez sur un forum catholique en affirmant que la doctrine de l’enfer est une « invention de Satan », une « fable païenne » et une « théologie diabolique ». Ce n’est pas la meilleure manière d’engager un dialogue serein avec des personnes qui adhèrent à l’enseignement de l’Église depuis deux millénaires.
Par ailleurs, plusieurs des affirmations historiques que vous avancez me semblent loin de faire consensus. Dire que l’universalisme aurait été la doctrine dominante durant les cinq premiers siècles du christianisme est une thèse discutée, et non un fait établi. De même, l’interprétation des passages bibliques relatifs au jugement et aux peines éternelles fait l’objet de débats anciens, mais il est difficile d’affirmer qu’il n’existe « aucun support biblique » à la position traditionnelle.
Enfin, je ne peux m’empêcher de remarquer que votre message se conclut par la présentation de votre livre et un lien vers sa page Amazon. Cela donne un peu l’impression que cette longue publication sert aussi à en faire la promotion…![]()
Je comprends vos remarques, et je puis vous assurer que je nourris la plus grande admiration pour la tradition catholique. Mon épouse est catholique, et nous avons été unis dans une église catholique par un prêtre catholique. Quant à mon fils, j'ai choisi de le faire baptiser dans l'Église catholique. Par ailleurs, je me suis souvent lié d'amitié avec des prêtres catholiques au monastère de Taizé. Voyez que je suis tout sauf un anticlerical ! Cependant, il est certains enseignements de votre église que je trouve, je l’admets, absolument diaboliques. Parmi ceux-ci, la doctrine des tourments éternels figure au premier rang.
En ce qui me concerne, je suis absolument persuadé que l'universalisme a été la doctrine prévalente de l'Église pendant les cinq premiers siècles du christianisme. Cette thèse est magistralement étayée dans le livre de John W. Hanson intitulé " Universalism, the Prevailing Doctrine of the Christian Church During Its First Five Hundred Years".
Saint Augustin lui aussi pensait que les chrétiens universalistes étaient, à son époque, très largement majoritaires. Sans quoi il n'aurait pas écrit: “...etiam nonnulli, immo quam plurimi, qui Scripturarum sanctarum auctoritati non resistunt, tormenta quoque aeterna non credunt” (ce qui se traduit par "il y a beaucoup d'hommes, en réalité la vaste majorité, qui, quoiqu’ils ne contestent pas l'autorité des Écritures, ne croient cependant pas dans l'existence de tourments éternels" (Enchiridion ad Laurentium, Livre 29, Chapitre 112). Or s'il est bien un témoin objectif, c'est Saint Augustin, puisque ce dernier est avec Tertullien l'un des principaux promoteurs de la fable de l'enfer. On ne peut tout de même pas lui reprocher d’être un doux rêveur !
Enfin, si l'on se fonde sur certaines traductions bibliques latines ou françaises, alors la doctrine des tourments éternels possède, je vous l'accorde, un certain support. Dès lors en revanche que l'on se fonde directement sur l'hébreu et le grec, alors cette doctrine détestable n'en possède aucun. En fait, du Livre de la Genèse à celui de l'Apocalypse, le mot "enfer" n'apparaît pas même une seule fois dans la Bible ! Tous les passages mis en avant pour étayer la doctrine des tourments éternels reposent sur la traduction fallacieuse du mot aionios, lequel se réfère systématiquement à une durée limitée. Les traducteurs de la Septante emploient ainsi ce terme pour qualifier la période passée par Jonas dans le ventre du grand poisson, à savoir trois jours et trois nuits ! Or que je sache, Jonas n'est pas resté cloîtré éternellement dans la baleine!
Modération : Passage exacte de St Augustin :
Chapitre 112 : LE SUPPLICE DES DAMNÉS DOIT ÊTRE ÉTERNEL.
C'est donc à tort que parfois ou plutôt en général, on se laisse toucher d'une piété toute humaine pour les malheureux qui doivent subir un châtiment éternel et des tourments sans fin, et qu'on s'imagine que ces peines auront un terme. Sans doute on n'attaque pas les Ecritures ; mais, en obéissant aux mouvements du cœur, on adoucit les passages trop sévères, et on plie à un sens moins rigoureux des paroles où l'on se plaît à voir une menace plutôt que la vérité. « Dieu, dit-on, n'oubliera pas sa miséricorde et ne mettra pas lui-même, dans sa colère, une borne à sa pitié (Psaume, 85. 10) ». Ce sont bien là, en effet, les expressions du Psalmiste ; mais elles ne s'appliquent évidemment qu'à ceux qui sont appelés « des vases de miséricorde », parce qu'ils ne doivent pas leur délivrance à leurs propres mérites, mais à la miséricorde de Dieu. Voudrait-on que ce passage s'appliquât indifféremment à tous les hommes ? On ne saurait, sans une grave inconséquence, reconnaître une limite au supplice des damnés dont il est écrit : « Ils iront au feu éternel » ; car il faudrait du même coup admettre que les justes, ceux qui iront dans « la vie éternelle (Matthieu, 25. 46) », verront mettre un terme tôt ou tard à leur félicité. Qu'on croie, si on le veut, qu'après un certain laps de temps, le châtiment des damnés sera allégé dans une certaine mesure. Cette hypothèse, en effet, ne contredit pas la vérité : la colère de Dieu, synonyme ici de condamnation, puisque Dieu est étranger à tout mouvement des passions, subsiste contre ces malheureux, et par conséquent « Dieu, dans sa colère », en d'autres termes, sans abjurer sa colère, « ne met pas de bornes à sa miséricorde » ; il est miséricordieux, non en mettant un terme aux tourments éternels, mais en adoucissant les supplices ou en les tempérant par de certains soulagements. Ainsi on respecte la pensée du Psalmiste, qui ne dit pas que Dieu sera miséricordieux pour mettre un terme à sa colère ou après y avoir renoncé, mais qu'il ne mettra pas de bornes à sa compassion, tout en gardant sa colère. D'ailleurs, qu'on suppose cette peine aussi légère qu'on peut la souffrir dans l'enfer : se voir mort au royaume de Dieu, exilé de la Cité céleste, étranger à la vie de Dieu, privé des douceurs sans nombre que Dieu « réserve à ceux qui le craignent et communique à ceux qui espèrent en lui (Psaume, 30. 20) », quel supplice ! Il est si affreux dans sa durée infinie, qu'il ne peut être comparé à aucun des tourments que nous connaissons, dût-on les endurer des milliers de siècles.
Source : St Augustin, Manuel de la foi et de l'esperance, traduction française par De M. Raulx
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Re: La doctrine de l'enfer est une fable diabolique
Bonjour Gaudens,Gaudens a écrit : ↑mar. 16 juin 2026, 19:21 Bonsoir Colas,
J'adhère totalement à tout ce que vient de vous dire Théophile.
Dans cette délicate question, vous faites bon marché de quelques passages bibliques, au premier rang Matthieu 25 ("allez vous en , maudits, dans le feu éternel etc...")..
Comme Théophile, je ne crois pas à l'unanimité des quatre écoles proche-orientales dans le sens de l'apocatastase : certains Pères de l'Eglise, capadociens surtout, on pu aller plus ou moins en ce sens mais on est bien loin de l'unanimité(elle serait plutôt quasiment en sens inverse).
Après , le subtil équilibre à trouver entre prédestination et libre arbitre est discuté depuis des siècles (vous pouvez en trouver trace multiplement dans nos fils de discussion) ; je suis du reste étonné que vous mettiez le libre arbitre de côté. Il est vrai que si Dieu a prédestiné tous les humains au salut, il ne sert plus à grand chose. Nous verrons bien dans l'Au Delà !
Je comprends vos objections. Comme vous l'avez fait remarquer, je ne partage pas votre vue sur la prédestination. En tant que protestant réformé, je ne souscris pas à l'idée selon laquelle l'homme jouirait d'un quelconque libre-arbitre. Cela étant dit, je respecte profondément les catholiques et les protestants arminiens qui pensent le contraire. Par ailleurs, le fait que toutes choses soient prédestinées ne m'empêche pas de pratiquer de bonnes œuvres. Au contraire, cela me donne l'assurance de réussir dans mes entreprises en accomplissant "les bonnes œuvres que Dieu a préparées d'avance afin que nous les pratiquions" (Éphésiens 2:10).
En ce qui me concerne, je crois en la souveraineté divine. Mais si vous souhaitez harmoniser la prescience divine avec la liberté humaine, cela ne me dérange pas. Cependant, le cas échéant, il vous faudra répondre à cette épineuse question : comment un Dieu d'amour pourrait-il raisonnablement créer des enfants tout en sachant fort bien, avant même la fondation du monde, que ceux-ci seront jetés par les anges dans les flammes éternelles de l'enfer ? Et cette abjecte torture surviendrait au nom de la sacro-sainte liberté humaine, afin que Jéhovah ne viole pas la volonté souveraine de ses créatures ? Allons... je vous en prie...
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ThéophileduSegala
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Re: La doctrine de l'enfer est une fable diabolique
Bonjour Colas,
Merci pour cette précision.
Il me semble cependant qu’il faut distinguer deux questions différentes.
La première est historique : saint Augustin reconnaît effectivement que de nombreux chrétiens de son époque éprouvaient des difficultés à accepter l’idée des peines éternelles. Sur ce point, votre citation est intéressante.
La seconde est doctrinale : lorsque l’on lit le chapitre dans son ensemble, on constate qu’Augustin ne partage absolument pas cette opinion. Au contraire, il entreprend de la réfuter longuement et défend explicitement le caractère éternel du châtiment. Son témoignage montre donc l’existence de cette croyance parmi certains chrétiens, mais il ne démontre pas qu’elle constituait la doctrine dominante de l’Église.
Par ailleurs, je reste prudent devant les affirmations selon lesquelles l’universalisme aurait été la doctrine prévalente durant les cinq premiers siècles. Qu’il ait existé des auteurs universalistes, personne ne le conteste. Qu’il ait été la doctrine majoritaire de l’ensemble de la chrétienté est une affirmation beaucoup plus difficile à établir.
Enfin, je crois que le débat gagnerait à éviter les expressions telles que « théologie diabolique », « invention de Satan » ou « fable de l’enfer ». On peut discuter de ces questions profondes avec conviction sans attribuer à des chrétiens sincères des intentions diaboliques.
Bien cordialement.
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Re: La doctrine de l'enfer est une fable diabolique
Aucun, je vous l'accorde. Mais Dieu, qui produit en l'homme "le vouloir et le faire, selon son bon plaisir" (Philippiens 2:13), régénérera le cœur de toutes ses créatures à l'issue du jugement dernier. De sorte que seuls ceux qui aimeront Dieu (à savoir tous sans exception) iront au ciel. Car en ces temps bénis, le Seigneur sera "tout en tous" (1 Corinthiens 15:28).Fée Violine a écrit : ↑mer. 17 juin 2026, 8:10 Aller au Ciel si on aime Dieu, c'est génial. Mais si on ne l'aime pas, quel intérêt ?
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patatedouce
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Re: La doctrine de l'enfer est une fable diabolique
Le livre de JOB dit que le mal existe car Dieu n'est pas une caisse enregistreuse et a sa propre volonté. L'inverse est vrai : l'homme n'est pas une caisse enregistreuse de Dieu.Colas a écrit : ↑mer. 17 juin 2026, 14:04 comment un Dieu d'amour pourrait-il raisonnablement créer des enfants tout en sachant fort bien, avant même la fondation du monde, que ceux-ci seront jetés par les anges dans les flammes éternelles de l'enfer ? Et cette abjecte torture surviendrait au nom de la sacro-sainte liberté humaine, afin que Jéhovah ne viole pas la volonté souveraine de ses créatures ? Allons... je vous en prie...
Tout au long du livre de Job, la question de son malheur reste centrale : sa souffrance est-elle due à ses fautes ? À la fin, Dieu apparaît pour lui signifier que ce n'est pas le cas. Il lui rappelle que Sa volonté dépasse les logiques humaines et qu'Il n'est pas soumis à un système de rétribution automatique où il suffirait de faire le bien pour être épargné.
Pour moi, si Dieu est une caisse enregistreuse, ça veut dire qu'il n'existe pas car il n'a pas de volonté propre...
(C'est pour ça que Job dit : Dieu m'a tout donné, Dieu m'a tout repris, Dieu est grand, loué le seigneur / son malheur est la preuve de l'existence de Dieu car il sait qu'il n'a rien fait de mal)
- La logique interne d'une hypothèse de libre-arbitre de l'homme fonctionne, mais pas celle d'un absence de libre-arbitre ? libre-arbitre compris comme possibilité de faire le bien ou le mal.
- Supposez-vous que le mal n'existe pas ?
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Re: La doctrine de l'enfer est une fable diabolique
Bonsoir Théophile,ThéophileduSegala a écrit : ↑mer. 17 juin 2026, 14:22Bonjour Colas,
Merci pour cette précision.
Il me semble cependant qu’il faut distinguer deux questions différentes.
La première est historique : saint Augustin reconnaît effectivement que de nombreux chrétiens de son époque éprouvaient des difficultés à accepter l’idée des peines éternelles. Sur ce point, votre citation est intéressante.
La seconde est doctrinale : lorsque l’on lit le chapitre dans son ensemble, on constate qu’Augustin ne partage absolument pas cette opinion. Au contraire, il entreprend de la réfuter longuement et défend explicitement le caractère éternel du châtiment. Son témoignage montre donc l’existence de cette croyance parmi certains chrétiens, mais il ne démontre pas qu’elle constituait la doctrine dominante de l’Église.
Par ailleurs, je reste prudent devant les affirmations selon lesquelles l’universalisme aurait été la doctrine prévalente durant les cinq premiers siècles. Qu’il ait existé des auteurs universalistes, personne ne le conteste. Qu’il ait été la doctrine majoritaire de l’ensemble de la chrétienté est une affirmation beaucoup plus difficile à établir.
Enfin, je crois que le débat gagnerait à éviter les expressions telles que « théologie diabolique », « invention de Satan » ou « fable de l’enfer ». On peut discuter de ces questions profondes avec conviction sans attribuer à des chrétiens sincères des intentions diaboliques.
Bien cordialement.
Merci pour vos commentaires dont j’apprécie la pondération et la mesure. Je suis bien conscient que Saint Augustin a toujours défendu bec et ongles la doctrine des tourments éternels. En fait, c’est précisément la raison pour laquelle son témoignage possède d’autant plus de valeur à mes yeux. On ne peut en effet pas l’accuser d’être un partisan de l’apocatastase. Comme vous l’avez justement souligné, en reconnaissant que la majorité des fidèles étaient universalistes à son époque, Augustin n’approuve pas du tout la doctrine de la restauration finale des méchants. Bien au contraire, il se désole que cette thèse soit si populaire car il la juge marquée par une trop grande candeur et une bénignité excessive.
Que la majorité des fidèles aient été universalistes au Ve siècle, cela ne fait guère de doute. Que cette position ait été celle de l’Église durant les cinq premiers siècles du christianisme, c’est aussi un fait qui me semble tout à fait avéré. Si vous n’en êtes pas convaincu, je vous invite à lire le remarquable ouvrage d’Ilaria Ramelli intitulé : The Christian Doctrine of Apokatastasis ; A Critical Assessment from the New Testament to Eriugena. Ilaria Ramelli est professeur de théologie dans l’université catholique de Detroit appelée Sacred Heart Major Seminary. En plus d’être une fervente catholique, c’est aussi l’une des plus grandes érudites au monde en matière de patristique. Dans son livre de 900 pages, elle explique en profondeur pourquoi les premiers chrétiens étaient tous (presque unanimement) universalistes. Voici, si je peux la résumer à ma façon, la substance de sa thèse :
Premièrement, tous les pères cappadociens étaient universalistes, y compris Basile de Césarée (quoique ce dernier ait souscrit à la doctrine de réserve selon laquelle l’apocatastase ne devait pas être enseignée à ceux manquant de maturité dans la foi). Les pères cappadociens, en effet, parlaient parfaitement grec ; des passages comme Matthieu 25:46 ou Marc 9:48 ne leur posaient donc absolument aucun problème. Ils savaient par exemple que le terme βασανισμοῦ injustement traduit par « torture » en Apocalypse 14:11 signifie en réalité épuration (le mot βασανισμοῦ tirant son origine du terme βάσανος, lequel désigne la pierre de touche utilisée pour éprouver la pureté de l’or).
Deuxièmement, Saint Augustin parlait et écrivait en latin ; pire, il connaissait à peine le grec. Il n’est donc pas étonnant qu’il se soit fourvoyé au sujet de Matthieu 25:46, dans lequel le terme grec aionios est traduit par aeternum (ce mot latin ayant petit à petit changé d’acception depuis l’époque de Jérôme). Si Augustin avait eu une connaissance même rudimentaire du grec, il eût su que l’épithète aionios dépend du nom qu’elle qualifie. Apposée au terme châtiment, elle prend le sens de « long » ; apposée au terme vie, elle revêt celui « d’éternel ». N'importe quel helléniste connait cette vérité élémentaire.
En avançant que si le châtiment n’était pas éternel, la vie ne le serait pas non plus, Augustin ne commet pas seulement une erreur linguistique ; il commet également une faute théologique. Car vouloir mettre en parallèle la justice divine et l’amour divin est illusoire. Il existe en effet une asymétrie entre ces deux vertus. Voilà pourquoi l’Écriture dit : « Sa colère dure un instant, mais sa grâce toute la vie » (Psaume 30 :5). La Bible nous dit également que l’Éternel est un « Dieu miséricordieux et compatissant, lent à la colère, riche en bonté et en fidélité, qui conserve son amour jusqu'à mille générations, qui pardonne l'iniquité, la rébellion et le péché, mais qui ne tient point le coupable pour innocent, et qui punit l'iniquité des pères sur les enfants et sur les enfants des enfants jusqu'à la troisième et à la quatrième génération ! » (Exode 34 :6-7). Voyez-vous l’asymétrie ? Mille générations d’un côté, trois ou quatre de l’autre… Il n’est donc pas étonnant que le Psaume 103 complète la déclaration précédente en ajoutant : « Il ne conteste pas sans cesse, Il ne garde pas sa colère à toujours » (Ps 103:8-9)
Enfin, le second concile de Constantinople, contrairement à une idée reçue, n’a jamais condamné la doctrine de l’apocatastase. Il s’est contenté de condamner certaines vues d’Origène afférentes à cette saine doctrine, car ces vues se fondaient sur des idées aberrantes comme la préexistence des âmes.
Pour finir, je ne prête aucune intention diabolique aux catholiques qui adhèrent à la doctrine des tourments éternels. Autant que je sache, ce sont pour la très grande majorité de bonnes personnes qui s’efforcent de rechercher la vérité avec honnêteté et droiture. En revanche, je suis absolument persuadé que la fable de l’enfer émane directement du diable. Songez plutôt : selon l’apôtre Jean, le Christ est vraiment le sauveur du monde (Jean 4 :42) ; dans ces conditions, celui qui s’apprête à condamner l’essentiel du monde (la massa damnata) en jetant ses enfants dans les flammes de l’enfer n’est pas le Christ mais l’Antichrist, une sombre figure que Jésus anéantira par le souffle de sa bouche.
Bien cordialement,
Colas.
Dernière modification par Colas le ven. 19 juin 2026, 12:55, modifié 1 fois.
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Re: La doctrine de l'enfer est une fable diabolique
Bonsoir Colas,Colas a écrit : ↑mer. 17 juin 2026, 22:11
Pour finir, je ne prête aucune intention diabolique aux catholiques qui adhèrent à la doctrine des tourments éternels. Autant que je sache, ce sont pour la très grande majorité de bonnes personnes qui s’efforcent de rechercher la vérité avec honnêteté et droiture. En revanche, je suis absolument persuadé que la fable de l’enfer émane directement du diable.
Merci pour votre réponse détaillée.
Je reconnais volontiers que la question de l’apocatastase a été portée par des auteurs importants de l’Antiquité chrétienne et qu’elle mérite d’être étudiée sérieusement. Je ne conteste pas non plus que certains passages bibliques puissent être interprétés dans le sens d’une espérance universelle.
Là où je demeure réservé, c’est lorsque vous présentez comme des faits établis des conclusions qui font encore l’objet de débats importants parmi les historiens, les patrologues et les exégètes. Que l’on adhère ou non aux thèses d’Ilaria Ramelli, leur existence même montre que le sujet est complexe.
Je suis également prudent devant l’idée que saint Augustin, saint Jérôme, saint Thomas d’Aquin, la majorité des Pères latins, les conciles et la quasi-totalité de la tradition chrétienne auraient simplement mal compris quelques termes grecs fondamentaux pendant près de deux millénaires. Une telle hypothèse me paraît demander des preuves particulièrement solides.
Enfin, je continue de penser que notre dialogue gagnerait à distinguer l’erreur doctrinale d’une éventuelle influence diabolique. Nous pouvons être en profond désaccord sur l’interprétation de certains textes sans conclure que ceux qui défendent une position différente annoncent un Christ antichristique ou une doctrine inspirée par Satan.
Pour ma part, je préfère reconnaître que nous sommes ici devant un mystère dont la profondeur dépasse probablement nos certitudes respectives.
Bien cordialement.
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Re: La doctrine de l'enfer est-elle une invention diabolique ?
Bonjour Colas,
J'apprécie votre participation sur ce sujet qui est si souvent étonnamment sensible.
Là où je tique un peu est sur le côté peut-être trop affirmatif (ce qui en étonnera sûrement certains
). Bien que tout me porte dans cette direction, j'aime que cela appartienne au domaine de l'espérance. Cela en fait peut-être bien toute la force et la finesse. Et je pense aussi qu'on se doit un devoir de réserve, la possibilité de ne pas tout maîtriser, tout savoir. 
Un aspect intéressant en rapport à ce que vous dites est que bon nombre de figures de la nouvelle théologie, qui a justement pour particularité un retour aux sources et aux Pères de l'Église, sont sensibles à une espérance universelle (De Lubac, Ratzinger, Rahner, Balthasar, Congar, etc.)...Colas a écrit :Si vous n’en êtes pas convaincu, je vous invite à lire le remarquable ouvrage d’Ilaria Ramelli intitulé : The Christian Doctrine of Apokatastasis ; A Critical Assessment from the New Testament to Eriugena. Ilaria Ramelli est professeur de théologie dans l’université catholique de Detroit appelée Sacred Heart Major Seminary. En plus d’être une fervente catholique, c’est aussi l’une des plus grandes érudites au monde en matière de patristique.
C'est aussi ce que fait remarquer un Jean Elluin dans son ouvrage "Quel enfer?". Quelque chose me dit que vous devez le connaître.Colas a écrit :Deuxièmement, Saint Augustin parlait et écrivait en latin ; pire, il connaissait à peine le grec. Il n’est donc pas étonnant qu’il se soit fourvoyé au sujet de Matthieu 25:46, dans lequel le terme grec aionios est traduit par aeternum (ce mot latin ayant petit à petit changé d’acception depuis l’époque de Jérôme). Si Augustin avait eu une connaissance même rudimentaire du grec, il eût su que l’épithète aionios dépend du nom qu’elle qualifie. Apposé au terme châtiment, elle prend le sens de « long » ; apposé au terme vie, elle revêt celui « d’éternel ». N'importe quel helléniste connait cette vérité élémentaire.
J'apprécie votre participation sur ce sujet qui est si souvent étonnamment sensible.
Là où je tique un peu est sur le côté peut-être trop affirmatif (ce qui en étonnera sûrement certains
L'autre est un semblable.
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Re: La doctrine de l'enfer est une fable diabolique
Vous voulez dire que Dieu obligerait tout le monde à l'aimer ? Ce n'est pas son style. Il nous a donné la liberté, c'est pas pour nous l'enlever. Il y a des gens qui ne veulent pas être aimés !Colas a écrit : ↑mer. 17 juin 2026, 14:23Aucun, je vous l'accorde. Mais Dieu, qui produit en l'homme "le vouloir et le faire, selon son bon plaisir" (Philippiens 2:13), régénérera le cœur de toutes ses créatures à l'issue du jugement dernier. De sorte que seuls ceux qui aimeront Dieu (à savoir tous sans exception) iront au ciel. Car en ces temps bénis, le Seigneur sera "tout en tous" (1 Corinthiens 15:28).Fée Violine a écrit : ↑mer. 17 juin 2026, 8:10 Aller au Ciel si on aime Dieu, c'est génial. Mais si on ne l'aime pas, quel intérêt ?
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Re: La doctrine de l'enfer est une fable diabolique
Oh non ! Loin de moi cette idée... L'homme est tout à fait libre de faire ce qu'il veut ; en revanche, il n'a pas la liberté de vouloir ce qu'il veut.Fée Violine a écrit : ↑jeu. 18 juin 2026, 10:09Vous voulez dire que Dieu obligerait tout le monde à l'aimer ? Ce n'est pas son style. Il nous a donné la liberté, c'est pas pour nous l'enlever. Il y a des gens qui ne veulent pas être aimés !Colas a écrit : ↑mer. 17 juin 2026, 14:23
Aucun, je vous l'accorde. Mais Dieu, qui produit en l'homme "le vouloir et le faire, selon son bon plaisir" (Philippiens 2:13), régénérera le cœur de toutes ses créatures à l'issue du jugement dernier. De sorte que seuls ceux qui aimeront Dieu (à savoir tous sans exception) iront au ciel. Car en ces temps bénis, le Seigneur sera "tout en tous" (1 Corinthiens 15:28).
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Re: La doctrine de l'enfer est une fable diabolique
Bonjour Théophile,ThéophileduSegala a écrit : ↑mer. 17 juin 2026, 22:32Bonsoir Colas,Colas a écrit : ↑mer. 17 juin 2026, 22:11
Pour finir, je ne prête aucune intention diabolique aux catholiques qui adhèrent à la doctrine des tourments éternels. Autant que je sache, ce sont pour la très grande majorité de bonnes personnes qui s’efforcent de rechercher la vérité avec honnêteté et droiture. En revanche, je suis absolument persuadé que la fable de l’enfer émane directement du diable.
Merci pour votre réponse détaillée.
Je reconnais volontiers que la question de l’apocatastase a été portée par des auteurs importants de l’Antiquité chrétienne et qu’elle mérite d’être étudiée sérieusement. Je ne conteste pas non plus que certains passages bibliques puissent être interprétés dans le sens d’une espérance universelle.
Là où je demeure réservé, c’est lorsque vous présentez comme des faits établis des conclusions qui font encore l’objet de débats importants parmi les historiens, les patrologues et les exégètes. Que l’on adhère ou non aux thèses d’Ilaria Ramelli, leur existence même montre que le sujet est complexe.
Je suis également prudent devant l’idée que saint Augustin, saint Jérôme, saint Thomas d’Aquin, la majorité des Pères latins, les conciles et la quasi-totalité de la tradition chrétienne auraient simplement mal compris quelques termes grecs fondamentaux pendant près de deux millénaires. Une telle hypothèse me paraît demander des preuves particulièrement solides.
Enfin, je continue de penser que notre dialogue gagnerait à distinguer l’erreur doctrinale d’une éventuelle influence diabolique. Nous pouvons être en profond désaccord sur l’interprétation de certains textes sans conclure que ceux qui défendent une position différente annoncent un Christ antichristique ou une doctrine inspirée par Satan.
Pour ma part, je préfère reconnaître que nous sommes ici devant un mystère dont la profondeur dépasse probablement nos certitudes respectives.
Bien cordialement.
Une fois encore, qu'il me soit permis de louer votre tact et votre prévenance. Vos remarques sont intéressantes et pertinentes. Cependant, si vous le permettez, Saint Jérôme ne s'est jamais mépris sur le sens du terme grec "aionios". Lorsqu'il a traduit les quatre Évangiles en latin (en 383), il était profondément universaliste. De 380 à 390, Jérôme fut en effet un fervent admirateur d'Origène et un partisan convaincu de l'apocatastase. En témoigne son commentaire lumineux sur l'Épître aux Éphésiens dans lequel il expose sous un angle universaliste "la restauration de toutes choses" annoncée par l'apôtre Pierre en Actes 3:21. Ce n'est qu'à partir de 390 que Jérôme a embrassé la doctrine des tourments éternels, sous la pression d'Épiphane de Salamine. Quoi qu'il en soit, lorsqu'en 383 il a traduit le mot grec aionios (et son équivalent hébreu olam) par aeternus, il savait pertinemment que ce terme signifie "de longue durée" ou "lié à une ère" (et non "éternel"). Jérôme n'était pas stupide ; il savait fort bien que ni la prêtrise d'Aaron ni le temple de Salomon n'avaient duré éternellement, quoique ces deux entités fussent qualifiées par l'adjectif hébreu olam (traduit par aionios dans la Septante, voir Exode 40:15 et 1 Rois 8:13). En fait, l'acception du mot latin aeternus a graduellement changé au fil du temps. Au départ, ce mot signifiait "de longue durée" ou "lié à une ère". Cependant, sous l'influence de Rome (appelée Roma Aeterna), du culte rendu aux empereurs romains (divinisés et qualifiés d'éternels) et de divers cultes païens comme celui rendu à la déesse Aeternitas, le terme aeternus a petit à petit pris le sens d'éternel, une déviation sémantique appelée métonymie. Tous ces faits sont bien documentés.
En ce qui concerne les pères latinistes, il est vrai que beaucoup (mais non tous) ont embrassé la doctrine des tourments éternels. Mais en sont-ils sortis grandis? Jugez vous-même. Saint Thomas d'Aquin, par exemple, se délectait à l'idée de contempler du haut des cieux les réprouvés se tordre de douleur dans les flammes de l'enfer. Transporté de félicité, il écrit : " pour que la béatitude soit plus douce aux élus et qu'ils en rendent de plus copieuses actions de grâce à Dieu, il leur est permis de voir parfaitement les peines des damnés". Et le Docteur angélique, extatique, d'ajouter : "dans l'état futur, il sera impossible aux damnés d'être soustraits à leur malheur ; par conséquent, il ne sera pas possible d'avoir de la pitié pour leurs souffrances selon la droite raison. C'est pourquoi les bienheureux dans la gloire n'auront aucune pitié des damnés" (somme théologique, Supplément à la troisième partie, Question 94, Article 2). Qu'on est loin de l'Évangile ! Qu'on est loin du pardon inconditionnel enseigné par Jésus ! Ce genre de pensées odieuses procèdent directement de la perfide doctrine de l'enfer. En ce qui me concerne, je juge donc l'arbre à ses fruits.
Cher Théophile, vous ne voyez pas en quoi la doctrine des tourments éternels est proprement satanique. Selon vous, il s'agirait d'une doctrine parfaitement respectable, puisqu'elle a été adoptée par d'éminents théologiens au cours de l'histoire. J'ignore si vous y souscrivez vous-même ; mais à tout le moins, vous l'estimez digne de considération et pensez qu'elle doit être abordée avec nuance, révérence et modération. Je comprends votre point de vue, et je le respecte entièrement. Cependant, permettez-moi de ne pas le partager.
D'autre part, selon vous, l'apocatastase relèverait du mystère. Et il faut, je vous l'accorde volontiers, se montrer très prudent et humble en matière d'eschatologie. Je ne suis pas de ceux qui divaguent sur les versets les plus ardus du Livre de l'Apocalypse. Cependant, l'apôtre Paul ne fait aucun mystère du sort ultime réservé à la totalité des hommes. Aux Romains, par exemple, il écrit : " comme par une seule offense la condamnation a atteint tous les hommes, de même par un seul acte de justice la justification qui donne la vie s'étend à tous les hommes" (Romains 5:18). Autant certains versets de Paul sont difficiles, autant ici je ne vois vraiment pas ce qu'il y a de difficile à comprendre. Comme tous les hommes ont été rendus pécheurs par la faute d'Adam, de même tous seront rendus justes par le sacrifice de Jésus sur la croix. C'est aussi simple que cela. Et au cas où on aurait pas bien compris, l'apôtre ajoute : "comme par la désobéissance d'un seul homme beaucoup ont été rendus pécheurs, de même par l'obéissance d'un seul beaucoup seront rendus justes". En d'autres termes, comme l'explique si justement la Bible annotée de Neuchâtel, comme par la désobéissance d'Adam beaucoup d'hommes (c'est-à-dire tous à l'exception d'Adam lui-même) ont été rendus pécheurs, de même, par l'obéissance de Christ, beaucoup (c'est-à-dire tous les hommes à l'exception du Christ lui-même) seront rendus justes. Il ne me semble pas que Paul nous ait dissimulé quoi que ce soit au sujet de l'apocatastase. Comme il le dit lui-même aux anciens de l'Église d'Éphèse dans le Livre des Actes : "je vous ai annoncé tout le conseil de Dieu, sans en rien cacher" (Actes 20:27).
Merci encore pour vos remarques qui dénotent une très belle inclination à la quête de la vérité.
Bien cordialement,
Colas.
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