Bonjour Colas,
Vous êtes quelqu’un d’intelligent, cultivé et affable. Je ne vous cacherai donc pas que votre réponse m’a déçu, car elle n’en est pas une.
Vous re-développez une doctrine qui l’a déjà été par vous sans tenir compte de mon observation sinon pour l’englober dans une généralité. De même, il est très réducteur de résumer la doctrine de 3 Eglises à un seul aperçu pour chacune et sur un sujet qui en a tant et qui y ont été développés sans interdits.
Ensuite, alors que j’avais écrit « Th 1,9 : « destruction éternelle » vous vous emparez du sujet comme si j’avais écrit autre chose que vous corrigiez (défaut professionnel ?, puisque vous seriez prof de français et enseigneriez « votre religion » pendant vos loisirs). et pour conclure :
Colas a écrit : ↑mer. 08 juil. 2026, 14:32
Quoiqu’à la réflexion, la traduction de l’adjectif
aionion par « éternel » ne me dérange pas vraiment. En effet, l’enfant du diable qui subsiste encore dans tout homme, fût-ce de façon latente, sera quant à lui bel et bien éternellement anéanti au grand jour du jugement.
Ce qui est un aveu de faiblesse : ce qui vous importe n’est pas tant la justesse de la traduction mais qu’elle corresponde à votre opinion !
Vous vous êtes pourtant fréquemment montré ici trés à cheval sur cette justesse, même si en réalité vous ne l’êtes que quand cela vous arrange. Ainsi, vous avez défendu votre position en citant Mathieu (18 : 7) ainsi : "il est nécessaire qu'il arrive des scandales" alors que le véritable sens, peu importe la façon de le restituer, n’est pas celui d’une nécessité (pour quoi vous l’avez utilisé), mais que ces scandales sont inévitables !
J’avais quitté la lecture de ce fil quand vous aviez prétendu que Juda, fils de Jacob, était la préfiguration de Judas, l’apôtre traître (il peut l’être d’un apôtre homonyme, mais alors ce serait de « non l’iscariote » comme le désignera saint Jean) car là ce n’est pas seulement un problème de traduction, mais de compréhension délibérément déviante : si Juda a « vendu son frère Joseph, c’est pour lui éviter d’être tué par ses autres frères (il ignorait l’intention de Ruben).
Comment pouvez-vous oser, vous qui défendez la rectitude à l’égard de l’Ecriture Sainte !? J’avais attendu un démenti, aucun n’étant venu je me suis désintéressé un temps du fil, car intervenir pour vous reprendre aurai été « lourd ».
Mais comme vous ne cessez vous de le faire contre vos opposants, alors...
Depuis votre réponse, vous avez d’ailleurs récidivé : vous avez omis le livre de Tobie comme citant des démons ou Satan, or il y est très présent et y reçoit même un nom ! Votre culture ne vous permet pas de prétexter qu’étant un livre deutérocanonique, votre Eglise d’origine ne le recevait pas comme canonique : vous vous adressez à des catholiques et en affichez la connaissance.
Bref, je crains de ne pouvoir discuter longtemps avec vous, car je suis quelqu’un de direct et me refuse aux faux–semblants.
Ainsi, quand vous avez écrit (car finalement je suis « revenu », même si je n’ai pas tout lu mais parfois en survol...
Colas a écrit : ↑sam. 04 juil. 2026, 21:50
Cher Didyme, merci beaucoup pour votre réponse. Je vous le confirme, je suis persuadé que les enfants de Dieu et les enfants du diable cohabitent (non sans tension) au sein de chaque personne. C’est très exactement ainsi que je vois les choses. Par ailleurs, vous avez raison de mentionner la parabole du bon grain et de l’ivraie, car elle nous enseigne un point fondamental : les enfants du diable (qui correspondent à l’ivraie) n’ont pas été semés par Dieu mais par le diable (voir Matthieu 13:28). Ce sont donc par nature des enfants de colère qui n’ont pas même la possibilité de s’améliorer, car ils procèdent de leur père (à savoir Satan). Quant aux enfants de Dieu (le bon grain), ils ont été semés par Dieu et n’ont donc pas même la capacité de pécher selon qu’il est écrit : «
quiconque est né de Dieu ne pratique pas le péché, parce que la semence de Dieu demeure en lui ; et il ne peut pécher, parce qu'il est né de Dieu » (1 Jean 3:9). Au jugement dernier, l’enfin du diable qui subsiste encore en nous-même, fût-ce sous une forme latente, sera anéanti dans le feu qui ne s’éteint pas (jusqu’à ce que ce saint feu ait brûlé tout son combustible). L’ivraie que les paysans lient en bottes et jettent au feu, du reste, ne brûle pas éternellement !
Je me suis demandé si vous défendiez l’idée que Dieu n’était pas le seul créateur, mais le diable aussi.
A un autre moment, je me suis demandé si pour vous l’enfer n’était pas vide ou inexistant car vous sembliez proposer ou défendre l’idée que ceux qui y seraient allés seront tout simplement « détruits », renvoyés au néant – ce qui ne pourrait être pour Dieu car tout ce qui a existé pour lui le sera toujours, vu son éternité. Mais qui résoudrait tout par une sortie dérobée qui ne serait pas de secours !
De fait, il est parfois difficile de voir si c’est votre idée ou si vous en exposez une qui existe. C’est le revers de votre « tolérance » étant entendu que dans la sensibilité protestante il n’y a pas l’arbitrage du magistère et que bien des interprétations sont autorisées et possibles, potentiellement bonnes.
Ce qui vous rend séduisant pour un catholique quand il se trouve en « bise bise » avec certaines positions du magistère !
Cette attirante « tolérance » a toutefois un revers ; vous ne changerez pas de conviction et elle aura valeur de dogme à vos yeux. Alors à quoi bon discuter ! Surtout si vous n’êtes pas « honnête » – mais j’ai vu que vous aviez reconnu votre tort à propos d’une certaine interprétation.
Je pourrais reprendre toutes celles où il me semble que vous auriez à faire pareil, mais ce serait trop fastidieux, alors je vais aller à l’essentiel :
Oui, on peut prétendre strictement parlant que l’enfer n’est pas présenté comme éternel quand il en est question, sauf que...
Sauf que il y aura un jugement, dans l’autre monde (et un péché qui même là-bas n’y « sera pas remis » : qu’en faites-vous ?), et que les Eglises possédant la succession apostolique (mais aussi l‘Islam et le Judaïsme) présentent comme dernier. Or pour que votre thèse soit juste (car ce jugement sera nécessairement suivi d’une sanction, ne le sera-t-il pas ?), il faudrait qu’il y en ait un autre ensuite pour arrêter une peine qui aura été indéterminée (trouvez-moi un texte qui dise le contraire).
De fait, le sujet dont il est question porte sur une connaissance que nous ne pouvons avoir mais que nous ne pouvons que présumer (votre théologie parfois s’apparente à des propos psychologiques ou de « développement personnel » ) et pour lequel nous avons besoin d’une Révélation – d’où la Bible.
Or en prenant la question (ou votre interprétation) à l’envers, à quel endroit est-il écrit qu’il y aura une fin à ces peines, ou qu’il y aura un autre jugement ultérieur de réhabilitation ?
Vous avez écrit : "La destruction dont il est question ne durera donc qu’un âge, et ceci d’autant plus qu’elle sera suivie par une restauration universelle (voir Actes 3:21 par exemple)". Vous avez dû vous tromper de passage mais cela me dit quelque chose, sauf que là encore vous donnez votre interprétation pour infaillible et tournez les choses de sorte à ne pas être contesté.
En actes (20 : 14), que vous citez il est bien question d’une seconde mort et rien n’indique qu’il y en aura une troisième. Vous évoquez très souvent « l’allégorie » mais d’une façon qui ne résout nullement précisément l’allégorie.
Bref, le problème il est que vous excluez la possibilité que l’enfer puisse être habité et éternel, alors que cette possibilité est ouverte. Or l’Eglise n’a jamais défini que telle personne y serait (pas même Judas !) mai seulement que c’était une possibilité, et prétendre le contraire c’est réduire énormément les propos de Jésus
(Qui, soit dit en passant, se retrouve ainsi sous le couperet d'une de vos "impressions" très suggestives, lesquelles ont empêché de dormir un catéchumène et éveillé l'envie chez une catholique de se délester de sa croix).
Il y aura bien un tri, un jugement, et des méchants qui y seront qualifiés de méchants et sanctionnés (quel soulagement pour leurs victimes !) après la restauration qui suivra, pourquoi y aurait-il un autre jugement dès lors que sera descendue la Jérusalem céleste ?
Sans votre thèse empruntée à celle calviniste de la prédestination, votre thèse n’aurait rien de « fleur bleue » et perdrait toute sa séduction, outre ce que cette thèse a d’outrancier (l’homme ne veut pas ce qu‘il veut, même quand il est libre il n’est pas responsable de ses actes, etc. façon dont vous avez botté en touche les premières remarques de fée Violine sans vraiment y répondre.)
Vous m’écrivez encore (i faudra bien que je m’arrête !) :
Colas a écrit : ↑sam. 04 juil. 2026, 21:50
En Apocalypse 20 et 21, le lac de feu dont il est question ne consumera pas les enfants de Dieu qui vivent en chaque homme, mais les enfants du diable qui usurpent leur identité. Les chrétiens, Dieu soit loué, ne connaîtront pas cette seconde mort car ils ont déjà crucifié la chair et ses passions dans cette vie (voir Galates 5:24). Ceux qui ne connaissent pas Dieu, en revanche, seront jetés dans l’étang de feu afin que leurs péchés soient consumés et que leur nature charnelle soit mise à mort.
Ce qui est faire bien peu de cas de ce qui est rappelé par Vatican II, à savoir qu’il y aura des chrétiens qui ne seront pas sauvés (serait-ce provisoirement avec votre thèse), et des non chrétiens ou « qui ne connaissent pas Dieu » qui le seront.
De plus, si chaque homme a « un pied de chaque côté » (thèse ici re -exposée), est-ce qu’il sera à moitié en enfer (serait-ce le purgatoire) et à moitié au ciel ? Si seulement mon foie ou une infime partie de mon esprit était en enfer, je pense que je m’y sentirai être totalement !
Vous voulez nous noyer en alléguant des sens allégoriques, mais c’est vous qui vous y noyez. Et je pourrais sur cette question prendre d’autres exemples où vous vous en servez indûment pour décrédibiliser un sens évident.
On dirait que vous refusez à l’Ecriture Sainte l’emploi de figures de styles : vous, un prof de français ! Votre langue maternelle n’en a-t-elle donc pas ? Il me semble au contraire qu’elle en est riche...
Je vous assure que même si je n’y mets pas de courtoises fioritures, c’est avec de la bienveillance que j’écris cela. Mais aussi circonspection : êtes vous si prêts que cela à remettre en cause vos convictions ? A vous servir du dialogue comme examen de conscience (cf. « Ut unum sint »).
D'une certaine façon, quand vous divisez notre âme entre enfant de Dieu et enfant du diable, comme ce sont des entités ontologiques irréductibles, vous reconnaissez qu'il ne peut y avoir de fin au sort du diable et donc de son enfant vu qu'ils ne changeront pas (et puisque c'est une allégorie, vous ne pouvez invoquer que sa nature fut créée bonne) !