...pas faux, et si metazet veux bien je préciserai de cette façon :
> Metazet
"
Pour les besoins de l'argument, je vais provisoirement endosser l'option catholique : ainsi donc, supposons qu'effectivement, il peut être licite de laisser faire un mal pour qu'advienne un bien plus grand. Puisque "il peut être", cela laisse supposer que ce n'est pas toujours le cas. Il doit donc y avoir un critère qui permette de trancher, qui permette de savoir que dans tel cas, il est licite de laisser faire le mal, et dans tel autre cas il n'est pas licite de laisser faire le mal"
Et bien, présenté comme ça, je dirais qu'à première vue, il ne serait (et encore : à voir et à discuter, mais bon, on a dit qu'on acceptait momentanément le principe comme hypothèse de travail) acceptable de "laisser faire un mal pour en tirer un bien plus grand encore" qu'à deux conditions réunies :
-> d'être SÛR et certain, de SAVOIR que ce mal va effectivement déboucher sur un bien plus grand ; sinon, il s'agit juste d'une stratégie, comme aux échecs ou au jeu de go on sacrifie une pièce ou on laisse à l'adversaire une ouverture ; ou d'un pari plus ou moins calculé, comme au poker.
Or, nous mêmes sommes bien incapables d'une telle connaissance ; cela ne peut être que le fait d'un sur-humain omniscient ou d'un devin ou que sais-je. Ce serait donc un principe applicable à Dieu tel qu'il est décrit par le christianisme, mais que nous ne pourrions pas reprendre à notre compte pour l'adopter en principe de conduite.
-> que le bien plus grand qui résulte de ce mal, en résulte pour tous les protagonistes du mal en question.
Sinon, il s'agit encore de sacrifier un pion.
> L'histoire de Toto qui laisse faire un mal :
Toto ignore (volontairement ou non) dans son raisonnement un aspect de la question : si Dieu laisse faire un mal car un bien plus grand peut en ressortir (et on remarque au passage que si c'est ça alors on se trouve dans un autre cas de figure que celui évoqué ci-dessus),
reste la question de savoir COMMENT et POUR QUI ce bien plus grand peut ressortir. (et donc, encore une fois, on est dans un autre cadre que la question précédente).
Ce serait (et c'est, de fait, enfin il me semble me souvenir vaguement de ça) un sujet intéressant d'histoire philosophique ou morale à paradoxe apparent :
Toto n'a pas envisagé que, si ça se trouve, Dieu laissait faire ce mal car il pouvait en ressortir un bien plus grand... ...justement parce que Toto passant par ici il était possible qu'il intervienne.
(et amène un bien plus grand pour lui-même, en agissant bien, pour l'agresseur, qui aurait été arrêté et aurait médité sur ses mauvaises actions et se serait converti - oui, c'est un conte philosophique, les méchants deviennent bons et les papillons chantent, tout ça -, et pour l'agressé, en fait un étudiant en philosophie athée qui, liant connaissance et amitié avec toto-son-sauveur, se serait converti à la fin - dans l'apothéose finale de ce fablieau édifiant, sur fond de chœur angélique gloria halleluja)
Donc, si ça se trouve, c'était lui, toto, qui était le paramètre faisant qu'en laissant faire ce mal et en lui permettant, à lui toto, d'agir contre ce mal, sortirait de tout cela un plus grand bien pour tout le monde (et y compris, j'avais oublié, pour un enfant qui passait par là, a vu toute la scène, et à qui l'intervention ou la non-intervention de toto donnera à réfléchir).
En choisissant, donc, de ne pas agir, il est, lui, ce qui empêche (librement, on y revient) qu'advienne ce plus grand mal.
> Que Dieu ait ou non besoin que nous agissions pour Lui :
Peut-on imaginer des situations où l'on serait bien capable, a priori, nous tout seul, de mener à bien une entreprise (au sens général et non capitaliste) - peindre une fresque, mettre la table, restaurer un manoir, gérer une association, sauver le monde... -,
tout seul,
mais que l'on choisisse plutôt de collaborer avec d'autres, et même de leur proposer d'y participer, de leur confier une partie des tâches et de les laisser faire,
non pas parcequ'on ne pouvait pas y arriver tout seuls,
non pas parcequ'on avait "besoin" d'eux dans un sens purement pratique,
mais uniquement pour eux, pour qu'ils puissent avoir la chance de participer à une œuvre belle, une tâche gratifiante, une action valorisante,
ou(et) pour qu'ils puissent, ce faisant, s'améliorer, ou apprendre quelque chose de profitable sur eux-mêmes, sur la vie, sur les autres,... ?
Il me semble que, oui, on peut imaginer ce genre de situation.
Donc, à la question "pourquoi Dieu laisse faire le mal?", on ne peut pas conclure uniquement qu'il est soit impuissant soit mauvais.