Conditions pour recevoir la communion ?

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Marc67
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Conditions pour recevoir la communion ?

Message non lu par Marc67 »

Voila je me présente, Marc, 23 ans, catholique, ayant une foi active, moniteur de groupe de jeunes, de groupe alpha.
Je ne cache pas que je suis complètement pour l'oecuménisme actif. :clap:

Voila ma question.. En quels droit un prêtre peu t il refuser la communion et à qui ? N'est ce pas plutôt un abus de pouvoir ?
On essaye de mettre en valeur l'oecuménisme et apres on voit un prêtre courir après un protestant pour lui reprendre l'ostie... :sonne:
christelle
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Re: "Nécessités pour recevoir la communion ?"

Message non lu par christelle »

je crois que ça doit dépendre des cas...
je ne suis pas non plus pour une communion à tout va.
Enfin cela c'est en son ame et conscience.
jean_droit
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Re: "Nécessités pour recevoir la communion ?"

Message non lu par jean_droit »

Il est très rare de voir un prêtre refuser la communion.
Je l'ai vu faire plusieurs fois à Notre Dame de Paris.
D'abord à ces pauvres touristes japonais ou chinois qui ne savent pas du tout de quoi il s'agit et qui suivent la foule des communiants.
Je l'ai vu faire aussi par des prêtres qui ne voulaient pas donner la communion à de très, trop, jeunes enfants. Une fois, au moins, la mère était présente et le prêtre s'est contenté de bénir l'enfant.
Dans le cas des protestants la seule expérience que j'ai concerne l'Algérie.
Une discussion a eu lieu pour savoir s'il fallait ou non leur donner la communion.
Un des prêtres s'y refusait, l'autre l'acceptait.
Le raisonnement de ce dernier était de dire que si, en conscience, le communiant croyait qu'il s'agissait réellement du corps et du sang du Christ il pouvait lui donner la communion.
Pour cette communauté algérienne cet argument m'a semblé valable.
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François-Xavier
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Re: "Nécessités pour recevoir la communion ?"

Message non lu par François-Xavier »

Sur cette question évidemment difficile, et parfois polémique, je pense qu'il faut se référer à ce qu'enseigne l'Eglise, pour justement ne pas tomber dans la dispute stérile et la subjectivité. Je vous demande de me pardonner, mais ce sera une réponse très "juridique".... Voici donc ce qu'enseigne de Catéchisme de l'Eglise catholique :
Catéchisme de l'Eglise catholique a écrit :1415 Celui qui veut recevoir le Christ dans la Communion eucharistique doit se trouver en état de grâce. Si quelqu’un a conscience d’avoir péché mortellement, il ne doit pas accéder à l’Eucharistie sans avoir reçu préalablement l’absolution dans le sacrement de Pénitence.
Cela veut dire que quelqu'un qui serait en rupture de communion avec l'Eglise catholique ne devrait pas recevoir le sacrement eucharistique. Il y a il est vrai , des exceptions, comme dans beaucoup de règles.... Voyons lesquelles.
Congrégation pour le Culte divin, Redemptionis Sacramentum, sur certaines choses à observer et à éviter concernant la très sainte Eucharistie a écrit :84 - De plus, lorsque la sainte Messe est célébrée pour une grande foule ou, par exemple, dans les grandes villes, il faut veiller à ce que des non-catholiques ou même des non-chrétiens, agissant par ignorance, ne s’approchent pas de la sainte Communion, sans tenir compte du Magistère de l’Église tant au plan doctrinal que disciplinaire. Il revient aux pasteurs d’avertir, au moment opportun, les personnes présentes à la célébration sur la vérité et la discipline, qui doivent être observées strictement.

85 - Les ministres catholiques administrent licitement les sacrements aux seuls fidèles catholiques, qui, de même, les reçoivent licitement des seuls ministres catholiques, l'restant sauves les dispositions des can. 844 §§ 2, 3 et 4, et du can. 861 § 2.[166] De plus, les conditions établies par le can. 844 § 4, auxquelles on ne peut déroger en aucun cas,[167] ne peuvent pas être séparées les unes des autres: il est donc nécessaire que ces dernières soient toujours toutes requises d’une manière simultanée.

[166] Cf. Code de Droit Canonique, can. 844 § 1; Jean-Paul II, Lettre encyclique Ecclesia de Eucharistia, nn. 45-46: AAS 95 (2003) pp. 463-464; cf. aussi Conseil Pontifical pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens, Directoire pour l’application des principes et des normes sur l’œcuménisme, La recherche de l’unité, nn. 130-131: AAS 85 (1993) pp. 1039-1119, ici p. 1089.

[167] Cf. Jean-Paul II, Lettre encyclique Ecclesia de Eucharistia, n. 46: AAS 95 (2003) pp. 463-464.
Voic les références des renvois cités :
Code de Droit Canon a écrit :Can. 844 - § 1. Les ministres catholiques administrent licitement les sacrements aux seuls fidèles catholiques qui, de même, les reçoivent licitement des seuls ministres catholiques, restant sauves les dispositions des §§ 2, 3 et 4 du présent canon et du ⇒ can. 861, § 2.

§ 2. Chaque fois que la nécessité l'exige ou qu'une vraie utilité spirituelle s'en fait sentir, et à condition d'éviter tout danger d'erreur ou d'indifférentisme, il est permis aux fidèles qui se trouvent dans l'impossibilité physique ou morale d'avoir recours à un ministre catholique, de recevoir les sacrements de pénitence, d'Eucharistie et d'onction des malades de ministres non catholiques, dans l'Église desquels ces sacrements sont valides.§ 3. Les ministres catholiques administrent licitement les sacrements de pénitence, d'Eucharistie et d'onction des malades aux membres des Églises orientales qui n'ont pas la pleine communion avec l'Église catholique, s'ils le demandent de leur plein gré et s'ils sont dûment disposés; ceci vaut aussi bien pour les membres d'autres Églises qui, au jugement du Siège Apostolique, se trouvent pour ce qui concerne les sacrements dans la même condition que les Églises orientales susdites.

§ 4. En cas de danger de mort ou si, au jugement de l'Évêque diocésain ou de la conférence des Évêques, une autre grave nécessité se fait pressante, les ministres catholiques peuvent administrer licitement ces mêmes sacrements aussi aux autres chrétiens qui n'ont pas la pleine communion avec l'Église catholique, lorsqu'ils ne peuvent pas avoir recours à un ministre de leur communauté et qu'ils le demandent de leur plein gré, pourvu qu'ils manifestent la foi catholique sur ces sacrements et qu'ils soient dûment disposés.
Jean-Paul II, Encyclique Ecclesia de Eucharistia vivit a écrit :45. S'il n'est en aucun cas légitime de concélébrer lorsqu'il n'y a pas pleine communion, il n'en va pas de même en ce qui concerne l'administration de l'Eucharistie, dans des circonstances spéciales, à des personnes appartenant à des Églises ou à des Communautés ecclésiales qui ne sont pas en pleine communion avec l'Église catholique. Dans ce cas en effet, l'objectif est de pourvoir à un sérieux besoin spirituel pour le salut éternel de ces personnes, et non de réaliser une intercommunion, impossible tant que ne sont pas pleinement établis les liens visibles de la communion ecclésiale.

C'est en ce sens que s'est exprimé le Concile Vatican II quand il a déterminé la conduite à tenir avec les Orientaux qui, se trouvant en toute bonne foi séparés de l'Église catholique, demandent spontanément à recevoir l'Eucharistie d'un ministre catholique et qui ont les dispositions requises.(95) Cette façon d'agir a été depuis ratifiée par les deux Codes de Droit, dans lesquels est considéré aussi, avec les adaptations nécessaires, le cas des autres chrétiens non orientaux qui ne sont pas en pleine communion avec l'Église catholique.(96)

46. Dans l'encyclique Ut unum sint, j'ai moi-même manifesté combien j'apprécie ces normes qui permettent de pourvoir au salut des âmes avec le discernement nécessaire: « C'est un motif de joie que les ministres catholiques puissent, en des cas particuliers déterminés, administrer les sacrements de l'Eucharistie, de la pénitence, de l'onction des malades, à d'autres chrétiens qui ne sont pas en pleine communion avec l'Église catholique, mais qui désirent ardemment les recevoir, qui les demandent librement et qui partagent la foi que l'Église catholique confesse dans ces sacrements. Réciproquement, dans des cas déterminés et pour des circonstances particulières, les catholiques peuvent aussi recourir pour ces mêmes sacrements aux ministres des Églises dans lesquelles ils sont valides ».(97)

(95) Cf. Décret Orientalium Ecclesiarum, n. 27.
(96) Cf. Code de Droit canonique, can. 844, §§ 3-4; Code des Canons des Églises orientales, can. 671, §§ 3-4.
(97) N. 46: AAS 87 (1995), p. 948; La Documentation catholique, 92 (1995), pp. 580.
En clair et sans ambage, il s'agit à titre exceptionnel, dans des cas pastoraux très précis et limités d'autoriser l'administration de l'Eucharistie (et non pas la concélébration) avec des Chrétiens de confession orientale (c'est à dire Orthodoxes), qui reconnaissent dans l'Hostie la présence sacramentelle de Jésus-Eucharistie.
Cela n'est pas applicable aux Protestants, et en tout cas ce ne sont pas les Protestants que vise Jean-Paul II dans son Encyclique Ecclesia de Eucharistia. Pour administer la Ste Communion à un Protestant, il faut que ce dernier demande auparavant l'aggrégation à l'Eglise catholique (don baptême étant généralement valide, on ne le rebaptise pas) et recoive le Sacrement de Réconciliation. C'est arrivé récemment à une de mes amies. Ca s'est bien passé. Et justement parce qu'elle a bénéficié du soutien d'un groupe de prière oecuménique (le Chemin Neuf, pour ne pas le nommer....). Il y a encore le cas limite du danger de mort : évidemment si le temps presse, l'Eglise dispense des procédures administratives pour l'entrée dans l'Eglise catholique et administre le sacrement dès que le fidèle chrétien d'une autre confession manifeste la Foi dans la vérité du sacrement. Mais c'est évidemment une sorte de "cas d'école". cela ne peut pas correspondre à une pratique pastorale. Certains pourront gloser sur l'"autre grave nécessité se fait pressante"... Il est à noter que le code de droit canonique mentionne bien que cette nécessité doit être laissée au jugement de l'évêque. Ce n'est donc certainement pas laissé à la subjectivité du fidèle.....

Voilà... Je vous présente encore mes excuses pour la sécheresse des références juridiques, mais ça permet de dédramatiser.
Dernière modification par François-Xavier le lun. 09 juin 2008, 18:41, modifié 1 fois.
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jean_droit
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Re: "Nécessités pour recevoir la communion ?"

Message non lu par jean_droit »

Bonjour François Xavier,
Ce qui me fait rêver c'est cette instruction :
"Celui qui veut recevoir le Christ dans la Communion eucharistique doit se trouver en état de grâce. Si quelqu’un a conscience d’avoir péché mortellement, il ne doit pas accéder à l’Eucharistie sans avoir reçu préalablement l’absolution dans le sacrement de Pénitence".
A voir les 90 % des fidèles assistants à la messe qui communient je constate que le peuple des baptisés est de plus en plus en "état de grâce".
Cela me fait rêver ....
Je pense toujours à "Ecclesia de Eucharistia" de notre pape Jean Paul II.
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Arzur
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Re: "Nécessités pour recevoir la communion ?"

Message non lu par Arzur »

Ce qui est essentiel dans ce débat, c'est la Foi en la présence réelle. FX l'a bien expliqué.

Les protestants dans leur culte célèbre ce qu'il appelle la cène. Un pasteur dit en mémoire du Christ les paroles de Jésus à propos du pain et du vin. Ensuite les fidèles mangent ce pain et ce vin qui a été béni. Pour eux, ce pain et ce vin sont toujours du pain et vin, ils font cela en mémoire du Christ, rien de plus...


Or pour les catholiques (en vertu de la succession apostolique), le culte est radicalement différent.
Lors de l'eucharistie, le Christ réactualise son Sacrifice sur la Croix par son prêtre. Il nous donne son sang et son corps à manger.
Quand le prêtre dit les paroles de la consécration (Ceci est mon corps ... , Ceci est mon sang ... ), le pain et le vin se transforme réellement en Corps et en Sang de Jésus Christ, tout en gardant l'apparence du pain et du vin (Dogme de transsubstantiation -> Très important, tout catholique doit approfondir sa connaissance à propos de ce dogme, surtout en cas de contact avec des protestants)

Lors de la communion, le prêtre catholique ne donne pas un vulgaire morceau de pain, mais il donne le Corps du Christ ( !! ). Ni plus, ni moins !

Or pour recevoir le Christ ressuscité, il faut être conscient de manger le corps du Christ. Or un protestant ne reconnaît pas la présence réelle du Christ dans la sainte hostie, pour lui, cela est juste un morceau de pain.
Un prêtre catholique ne peut donc pas donner le corps du Christ a une personne qui pense manger du pain ! cela serait un blasphème terrible !!!

Il est normal que le prêtre reprenne l'hostie dans les mains d'un protestant ! Au péril de sa vie, il se doit de reprendre l'hostie, même si cela ne semble pas très charitable au premier abord.

C'est terrible de voir un protestant manger le Corps du Christ comme un vulgaire bout de pain ! En faisant cela le protestant court à sa perte, le salut de son âme est alors en très grave danger ! :incertain: Si vous avez vu un prêtre reprendre une hostie dans les mains d'un protestant, il fait cela par charité chrétienne, pour laisser une chance au protestant de sauver son âme ...



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Re: Conditions pour recevoir la communion ?

Message non lu par Sursum Corda »

jean_droit a écrit :"Celui qui veut recevoir le Christ dans la Communion eucharistique doit se trouver en état de grâce. Si quelqu’un a conscience d’avoir péché mortellement, il ne doit pas accéder à l’Eucharistie sans avoir reçu préalablement l’absolution dans le sacrement de Pénitence".
A voir les 90 % des fidèles assistants à la messe qui communient je constate que le peuple des baptisés est de plus en plus en "état de grâce".
Cela me fait rêver ....
Vous inversez, mon cher Jean, les propositions : ce n'est pas "il faut être en état de grâce pour recevoir l'Eucharistie" mais "si quelqu'un a conscience d'avoir péché mortellement". Le problème est que la conscience du péché diminue, sous prétexte de miséricorde divine. Mais pour être pardonné par Dieu, il faut le lui demander, d'un coeur contrit.

D'autre part, si la personne est en état de péché, et que cela est public, le prêtre ne doit pas lui donner la communion. C'est pourquoi un pasteur ne doit pas communier lors d'une Eucharistie catholique, car il est en dehors de la communion ecclésiale.
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