Coup de déprime

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Philon
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Coup de déprime

Message non lu par Philon »

Bonjour Abderrazaq,

que Dieu te protège !
Merci d'avoir ouvert cette rubrique. Nous en avons parfois besoin, surtout à notre époque où les gens sont de plus en plus seuls.
Pour ma part je n'arrive pas à sortir de ma dépression commencée il y a deux ans à la suite d'un harcèlement.
J'ai peu à peu cessé toute activité à part m'occuper de ma petite famille parce que je pense toujours que c'est ma faute au fond, qu'il me manque la "case" pour avoir de bonnes relations associatives ou amicales. Et cependant j'ai besoin de m'engager mais je ne sais pas comment le faire.
Je n'arrive pas à communiquer avec les différents psys que j'ai vus: il y a toujours une part de tristesse, de désespoir, qui échappe à toute analyse.
J'ai sans cesse l'impression d'être complètement inutile, incompétente, de ne pas savoir me rendre utile, d'être "en trop". Les gens ne me font pas confiance et ils ont toujours l'air de savoir bien mieux que moi : je n'ai rien à leur apporter. On me juge toujours "fragile", je n'ai pas les épaules assez solides, je ne suis pas "battante et dynamique" et il y a de graves lacunes dans ma culture.

Quand j'ai des idées pour écrire des livres et des essais ( j'ai déjà publié une pièce) je ne sais à quelle porte frapper et je me décourage parce que j'ai l'impresssion de travailler "dans le désert". En fait je ne me sens absolument pas soutenue ni encouragée, je ne sais pas aller vers les autres et je suis très solitaire : pas d'amis, pas de relations. Ma belle-famille vit à l'étranger et ma famille d'origine ne me reçoit pas.

Je n'ose pas demander une aide autre que celle qu'il faut payer (les médecins) parce que je pense qu'objectivement quelqu'un comme moi ce n'est pas intéressant. On vit à l'époque du "chacun de débrouille", je me sentirais égoiste si j'allais embêter des gens alors que matériellement, ça va ( il y a des gens plus malheureux et qui n'ont même pas de famile).
Je cache cela à mon mari pour ne pas lui faire peur : sa mère était dépressive chronique et elle a mis fin à ses jours en 2000.

Alors j'essaie d'être présente, de faire mes tâches de la journée, d'aller faire du sport, etc., de tenir le coup parce que j'ai l'impression de ne pas être bonne à autre chose qu' à éplucher des carottes( c'est déjà ça).
Je prie Dieu pour qu'il ne me laisse pas couler au fond de mon chagrin. Je ne sais même pas pourquoi je suis si découragée.
Merci d'avoir mis sur le net cet espace, cela fait du bien de pouvoir dire ces mots parce que dans la vie je m'applique à donner le change comme le "pauvre Martin" dans la chanson de Brassens.

Dieu soit avec toi !

Bonne semaine à tous les frères et soeurs dans le Christ.

Philon
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Abderrazaq
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Re: Moment difficile ?

Message non lu par Abderrazaq »

Que la paix vous avec vous Philon .

J'aimerais vous remercier pour ce temoignage tres emouvant .

Philon ne vous decouragez pas et battez pour votre existence interne et externe .
Dans la vie on rencontre malheureusement beaucoup de gens qui nous coupent l'herbes sous le pied .

Et bien comprennez bien que vos "petites" actions de tout le jours ont batis de grandes choses .
On commence par eplucher les carottes pour arriver a servir un plat digne d'un roi .
Chaque "petits" pas dans la vie est une grande avancée .
Il ne faut pas toujours voir ce qui est petit comme etant minuscule, ceux qui ont etait petit dans le monde sont devenus grand .
Je vous conseillerais si vous le permettez de revoir tous vos "petits" actes a la lumiere de leur grandeur de par le sens et de par le bienfait que ces petits gestes peuvent apporter .

Si l'on vous considere comme etant la derniere, et bien par la patience et les bienfaits que vous pouvez faire, vous serez la premiere .

Merci pour votre temoignage, qui est selon moi un bienfaits dans mon etat d'esprit actuel .
Que Dieu vous bénisse et puissiez-vous en Lui trouvez le reconfort que nul ne peut remplacer .

Que la paix soit avec vous . :ciao:
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coeurderoy
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Re: Moment difficile ?

Message non lu par coeurderoy »

Bonjour Philon,
même si votre (je garde le vouvoiement quoique le "tu" me soit venu dans un premier jet) votre, donc, dernier message est une réponse à abderrazaq - que je salue et remercie au passage - je me permets de vous adresser ce petit mot très fraternel, la dépression étant une de ces maladies honteuses qui fait de nous des pestiférés, de nouveaux lépreux, honteux d'eux-mêmes et souvent encombrants pour autrui.
L'ensemble de votre message me touche de près : il pourrait être écrit par mon épouse ou moi-même en bien des points ("décalage" par rapport aux autres, total isolement familial, sentiment d'inutilité, impossibilité de trouver vraiment aide et compréhension auprès des "spécialistes".)
En ce qui nous concerne, ce sentiment de tristesse, ce désarroi, cette difficulté à bien affronter la vie et la relation aux autres venait de moi au départ. Recherche spirituelle un peu "hors-pistes" à certaines périodes de la vie (manque de conseil et de discernement lors de choix importants, mais là, la crise de l'église a hélas compliqué les choses ), blessures qui m'ont fait aborder le mariage assez mal préparé.
L'époque étant dure aux personnes les moins armées trop idéalistes ou isolées, on peut en arriver très vite à se mésestimer et se juger très durement : je constate que vous avez eu de meilleurs réflexes que moi en continuant à faire du sport ou accomplir simplement avec courage le "devoir d'état" (éplucher des carottes), tâches peu gratifiantes mais qui nous incarnent et nous aident à tenir debout (se lever pour s'occuper de nos deux enfants nous demande de l'héroïsme certains jours !).
Pour avoir en ce qui nous concerne, beaucoup consulté (en refusant toujours de renier notre identité chrétienne, et là big problème avec les psys qui vous "décortiquent" et vous laissent les pièces détachées en mains...), n'ayant pas toujours trouvé le soutien attendu auprès de communautés (dont nous attendions peut-être un miracle, une solution "magique" à nos problèmes , nous restons très désemparés et risquons à certains moments de sombrer dans ces phases d'angoisse qui empêche la vie de suivre son cours normal.
Dans l'isolement il y a une part de découragement, une grosse part de fatigue, une part d'orgueil aussi (en pensant que les autres ne pourront jamais nous comprendre, nous aider : là je parle pour moi)
Il faut, je crois, l'oeil d'un prochain bienveillant pour réussir à distinguer ce qui dans nos angoisses, nos peurs, relève d'une fragilité ancienne (que nous conserverons sans doute), d'un problème bien particulier paraissant insoluble et faisant naître ces angoisses (problème conjugal par ex.) et ce qui relève proprement de notre péché (notre attitude profonde envers le Seigneur et le prochain, nos refus volontaires). Beaucoup de "spécialistes" posent sur nos blessures un regard qui, pour être vrai, lucide, peut rester très froid et nous laisser grelottants et honteux. Seul un regard aimant, un coeur compatissant au sens propre peut nous aider à guérir ou du moins à nous accepter progressivement : c'est celui de notre Père sur nous et celui que nous devons réussir à porter nous-mêmes sur nos faiblesses comme sur tout autre membre souffrant du Corps Mystique et sur tout être humain en détresse quel qu'il soit.
La tristesse (celle de n'être pas des saints pour citer Bloy) taraude et abat beaucoup d'entre nous. La bonne tristesse (celle de se reconnaître pécheur, fragile) ne doit pourtant jamais nous conduire au désespoir - et alors là ! grosse culpabilité pour les dépressifs , souvent au bord " du vide" et tentés par le néant... je suis inutile, "un cas", j'emm... les autres, à quoi bon continuer etc...
Je crois, qu'à défaut d'un remède "radical" on doit alors faire confiance au Christ et à son Eglise : louange communautaire devant Le Saint-Sacrement exposé, prière liturgique, retour à Dieu par la confession (à condition d'en trouver la force je sais, si c'est une torture de plus attendre de retrouver son calme Dieu ne nous demande rien au dessus de nos forces). Et puis, peut-être que pour l'instant le Seigneur nous demande de porter précisément ceci : cette tristesse, ce sentiment d'inutilité (mais qu'il est difficile de ne pas en empoisonner les autres !), alors le "oui", "oui j'accepte Votre volonté, forcément bienveillante sur moi, j'accepte de paraître inefficace, serviteur inutile, j'accepte de de pas avoir de moi-même une image bien brillante".
Je sais, Philon, c'est très facile à écrire, on peut se donner le beau rôle en essayant d'encourager les autres, mais au coeur des moments difficiles on fait l'expérience d'une extrême solitude et en venir à douter alors de la communion des saints, article essentiel de notre Foi pourtant : comme vous le dites faites alors une balade, regardez vos enfants, remerciez tout simplement pour le goût de la brioche ou la grâce d'une pivoine : Dieu est heureux je crois qu'on sache apprécier la beauté des visages, la fraîcheur du vent, le cri des enfants dans une cour de récréation : personnellement ces "toutes petites" choses me parlent encore de Lui dans ces moments-là !
Croyez bien que je prie spécialement pour vous et votre famille,
très cordialement,
coeurderoy
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Saint Bernard de Clairvaux
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Re: Moment difficile ?

Message non lu par christelle »

je crois que malheureusement face à la dépression l'Eglise ne suffit pas... :(
pour de vrai il faut voir des médecins... meme si on peut joindre des prières pour le rétablissement.
La religion ce n'est pas tout. Si on a besoin d'une aide médicale il en faut.

J'aurai des milliards de choses à dire là dessus mais bon...

cela dit il y a de très bonnes bibliographies sur la psychologie et la religion. et beaucoup de pretres sont formés aussi en psychologie voir meme en médecine psychiatrique.

en tout cas une dépression c'est sérieux, et il ne faut pas perdre de vu, que le spirituel aide, mais ne suffit pas. La compréhension ne suffit pas non plus il faut etre traité et suivis.
Meme si ça fait du bien la compréhension et se sentir aider et soutenu en dehors du médicale.
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coeurderoy
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Re: Moment difficile ?

Message non lu par coeurderoy »

Je suis d'accord avec vous christelle, la dépression est une vraie maladie, le problème étant de réussir à discerner ce qui relève de la médecine humaine et de la "médecine de l'âme". Malheureusement beaucoup de thérapeutes non chrétiens formés au freudisme ont de la religion une vision tellement négative qu'ils lui attribuent les symptômes pathologiques des patients qui consultent : petit-à-petit on en vient à se dire "si c'est tout cela qui m'a rendu malade, autant tout larguer " , l'expérience montre que l'âme qui souffre ne se guérit pas à coup d'anti-dépresseurs, même s'ils peuvent aider à franchir certains caps.
Quant aux non-spécialistes, laïcs, proposant des sessions de guérison "psycho-spirituelles"
en alléchant les personnes fragilisées , je m'en méfie particulièrement : une âme humaine est une chose précieuse qu'il est très facile d'endommager ; par ailleurs plusieurs membres de ma famille "ont été traités et suivis" (par des psychiatres) mais jamais réellement guéris : se mettre entre les mains de spécialistes (dont les plus humbles reconnaissent les limites de leur art ) demande beaucoup de confiance et d'humilité.
Le problème majeur, me semble t-il, pour un chrétien, est de réussir à trouver la fois le prêtre qui saura distinguer ce qui relève de la maladie spirituelle (le péché et ses conséquences) et ce qui est d'ordre proprement pathologique et nécessite un suivi thérapeutique.
En tout, c'est certain, ne pas hésiter à consulter, mais sans y perdre son âme !
Dieu vous bénisse !
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Saint Bernard de Clairvaux
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Philon
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Re: Moment difficile ?

Message non lu par Philon »

Bonjour frères et seurs dans le Christ

merci infiniment d'avoir pris le temps de répondre à mes posts.

En ce qui concerne l'aspect médical des dépressions, je ne pense pas qu'il y ait une coupure entre le spirituel et le médical mais plutôt comme un fil continu : tel ou tel domaine va s'appliquer à tel ou tel endroit de ce fil, toutefois un être humain est un fil entier qui les relie tous : chaque approche est donc juste mais incomplète. Notre époque privilégie l'aspect médical.

Vous avez raison, Coeurderoy, lorsque vous évoquez les thérapeutes non chrétiens : j'en ai vu beaucoup. Ce sur quoi je bute est précisément leur façon purement scientifique ( parfois un peu stressée) d'envisager l'humain comme si toutes les questions entourant ce qui précisément nous échappe (l'Autre) étaient hors sujet, comme si la seule chose qui comptait était l'efficacité : aller mieux, le plus rapidement possible ! C'est précisément cette vision trop "scientifique", axée sur l'efficacité, qui fait des dépressifs des "pestiférés" (les chômeurs aussi d'ailleurs) car on exagère aujourd'hui la part de maitrise personnelle, le rôle de la volonté dans la maladie : on considère que les dépressifs "se laissent aller". J'ai vécu avc des personnes dépressives et je sais qu'il n'en est rien.

De même les thérapies dites cognitives considèrent l'humain comme une mécanique qu'un peu de "volonté" suffirait à remettre d'aplomb.
Souvent la souffrance est liée aussi à une perte de sens et la tristesse de l'âme finit par rendre le corps malade. C'est par exemple ce qui est arrivé à ma belle-mère. A quoi bon nos gestes, nos lectures, nos travaux, s'ils ne s'inscrivent pas dans une continuité, s'ils demeurent lettre morte ? Le croyant sait cependant qu'il n'est pas seul, que Dieu le voit.
C'est donc très sérieux, oui. Toutefois je trouve que notre époque porte un regard très scientifique sur ce qui ne relève pas uniquement de la science.

Ainsi les psys vont avoir tendance à prescrire des médicaments. D'autres vont chercher dans les conflits intrapsychiques l'origine du mal sans tenir compte du fait que nous vivons tous dans un contexte social atomisé qui voit le déclin du religieux (= de ce qui nous relie) et la perte du sens. Dans ce contexte, solitude et dépression sont très répandues. je ne vois donc pas la dépression comme quelque chose de "purement" personnel, subjectif ou encore biologique et c'est même la raison pour laquelle je profite des périodes où je vais bien pour m'interroger sur la perte du sens dans les sociétés occidentales, sur leur fonctionnement, sur le déclin de la fonction paternelle. Je suis également intéressée par la vie politique et associative.

je vais peut-être choquer et vous prie de m'en excuser si c'est le cas mais ces questions, ces lectures et ces quelques rencontres m'aident beaucoup plus que les "psys", si indispensables que soit par ailleurs l'urgence médicale dans certaines situations. Cela dépend du degré de la dépression.
Coeurderoy, vous avez très bien cerné la culpabilisation dont les personnes idéalistes mais isolées font l'objet. Je continue mon "devoir d'état" (les carottes) car je sais combien cela compte aux yeux de mes proches. Il y a dans mon entourage des personnes qui valorisent le rôle de la mère au foyer : le regard de l'autre sur vous compte beaucoup dans ces moments-là, il faut parfois justement un regard bienveillant qui est le reflet de celui de Dieu.
J'ai rarement trouvé ce regard bienveillant chez les thérapeutes parce qu'ils ont une approche détachée, rationnelle, un peu anonyme . Une merveilleuse exception près, le docteur Doumic-Girard. Elle m'a soignée d'une anorexie quand j'étais jeune, autant dire qu'elle m' a sauvé la vie_ pas seulement la vie biologique, mais encore et surtout la vie de l'âme.
Bien qu'elle n'ait jamais évoqué la question de Dieu dans le traitement, je Le sentais dans ses paroles, dans son regard. J'ai appris plus tard qu'elle était croyante.

Parfois je me dis juste que le moment n'est pas encore venu pour moi et qu' il faut s'armer de patience : il y a bien des vins que l'on appelle "vendanges tardives", pourquoi pas les personnes ?
Je vais beaucoup mieux aujourd' hui grâce à vos réponses et les différents points de vue exprimés : soyez-en remerciés !

Je prie pour vous et vos proches.
Amicalement

Philon
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Re: Moment difficile ?

Message non lu par christelle »

un psychologue ou un psychiatre ne doit pas te parler de lui, ni de ses croyances. C'est la thérapie qui compte.
N'importe quel pretre éclairé si il te sent en détresse profonde, il te répondra en tans que pretre, mais te conseillera une aide médicale. Car la pire des choses pour un dépressif c'est le vide et le suicide.
Un pretre ne peut pas soigner une névrose, ou une schizophrénie ou un maniaco dépressif...
Curer l'ame, ce n'est pas curer le psychique. Certains s'immaginent que la foi nous sauve de tout, dans un sens ok... mais la foi c'est aussi apartenir à ce monde. Il y a des institutions... il ne faut pas oublier cela.
La dernière fois j'ai lu la vie de saint jean de dieu... ça m'a profondément touché, et ça m'a profondément fait réfléchir sur l'institution hospitalière... et sur la maladie mentale.
Le psychiatre ce n'est pas un confesseur il n'a pas ce role, et le pretre ne voudra pas jouer le role de psychiatre non plus.
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coeurderoy
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Re: Moment difficile ?

Message non lu par coeurderoy »

Chère Philon,
Félicitations pour cette analyse que je partage en tous points (mon épouse également) . Le déclin du spirituel, le "primat de l'économie" et du rendement, une vision mécaniste de l'homme dans la société ne poussent qu'à valoriser "Marthe" aujourd'hui. Beaucoup de "Lazare", chômeurs, personnes seules, dépressifs, "anormaux" sont impitoyablement considérés comme foncièrement responsables de leur état et ne représentent plus pour nos contemporains la Face du Christ souffrant..Je pense cependant, avec le père Molinié (le courage d'avoir peur)que bien des contemplatifs se trouvent hors des cloîtres aujourd'hui : pauvreté, clôture et solitude ont pris des formes certes peu attrayantes mais peut-être tout aussi fécondes (prier pour son prochain dans un RER crasseux et puant c'est assez facile, le prochain étant très...prochain, parfois trop !).

réussir à s'oublier et entrer dans la louange de façon obscure et anonyme serait peut-être la grace des grâces...
Je prie pour vous, dans le Christ
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Re: Moment difficile ?

Message non lu par Philon »

Bonjour Christelle,

je pense m'être exprimée maladroitement car ce n'est pas ce que j'ai dit.
je pense que l'un et l'autre, le psychiatre et le confesseur, ont des rôles différents, c'est parfaitement clair à mon sens. L'être humain a besoin de tout cela dans sa complexité puisqu'il est à la fois chair et esprit : médecine du corps, psychiatrie, soutien et vie de l'âme.
Je déplore seulement la "perte de sens" de nos sociétés qui oublient qu'un malade a aussi besoin de réconfort spirituel et qu'il peut appeler Dieu pour le soutenir tout en suivant son traitement par ailleurs. C'est ce qu'a fait l'une de mes tantes qui était très dépressive et cancéreuse. Sa foi l'aidait à avoir du courage. Ele avait en effet un traitement très lourd et se savait condamnée.

La psychiatre que j'évoquais n'a jamais mélangé les deux domaines dans sa pratique. Toutefois l'on sentait l'amour de Dieu dans la qualité d'âme avec laquelle elle accomplissait sa tâche de médecin. Je pense que cela l'aidait elle aussi car la médecine est un métier très dur.
Au fond je pense que nous sommes d'accord vous et moi. Je voulait juste dire que dans l' épreuve la médecine ne peut s'occuper que de son domaine propre et que l'on se pose souvent des questions de sens lors d'une maldie grave à laquelle un psy ne peut apporter de réponse.
Je pense aussi que le côté très scientifique de nos sociétés ne répond pas à la demande de sens de bien des gens.
christelle
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Re: Moment difficile ?

Message non lu par christelle »

absolument ok avec toi...
mais pour avoir parlé parfois avec le psy qui me suit ... lol il a un coté très déluré et très spirit...
mais c'est sa vie ;)
je crois que tu as un bon rapport avec tout ça et que tu es très consciente.
Parfois on a besoin d'etre aidé médicalement (encore que la psychanalyse on peut se poser la question de science ou pas ?) mais ça ne nous empeche pas de croire en beaucoup de chose et avoir ce besoin religieux.
Je pense que quand on peut il faut aborder les choses sainement et raisonablement.
Pour ma part je préfère avoir une relation saine avec le religieux.
D'ailleurs pour moi le rapport à la religion est problématique :( car j'ai toujours la peur d'entrer en délirs d'ordre pathologique et j'ai le besoin de tout faire bien et sainement :(
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