ou premier dimanche per annum
(1) Antienne du Magnificat des vêpres de l’Epiphanie :
Tribus miráculis ornátum diem sanctum cólimus : hódie stella magos duxit ad præsépium ; hódie vinum ex aqua factum est ad núptias ; hódie in Iordáne a Ioánne Christus baptizári vóluit, ut salváret nos, allelúia.
Trois miracles ont marqué ce jour saint que nous célébrons : aujourd'hui, l'étoile a conduit les Mages à la crèche ; aujourd'hui, l'eau a été changée en vin au repas des noces ; aujourd'hui, dans le Jourdain, le Christ a voulu être baptisé par Jean afin de nous sauver, alléluia.
Le nouveau calendrier accorde moins d’importance à l’épisode des noces de Cana : il n’est lu qu’en l’année C au 2ème dimanche per annum (le dimanche qui suit la fête du Baptême), alors qu’il était lu au deuxième dimanche après l’Epiphanie dans le MR2002 (donc tous les ans).
La collecte d’entrée (2), composition nouvelle, résume l’esprit de la fête, qui fait à la fois mémoire du Baptême du Seigneur (et de la première manifestation du mystère trinitaire) et appelle au renouvellement des promesses baptismales des fidèles.
(2) Omnípotens sempitérne Deus, qui Christum, in Iordáne flúmine baptizátum, Spíritu Sancto super eum descendénte, diléctum Fílium tuum sollémniter declarásti, concéde fíliis adoptiónis tuæ, ex aqua et Spíritu Sancto renátis, ut in beneplácito tuo iúgiter persevérent. | [Traduction Dom HALA] Dieu éternel et tout-puissant, qui, lors du Baptême du Christ dans l’eau du Jourdain et de la descente de l’Esprit Saint, l’as solennellement déclaré ton Fils bien-aimé, accorde à tes fils adoptifs, renés de l’eau et de l’Esprit Saint, de persévérer toujours dans ton bon plaisir.
La première leçon, tirée d’Isaïe (L1 ; Is XLII, 1-4. 6-7), est une magnifique prophétie de l’élection du Serviteur de Dieu. “Ainsi parle le Seigneur : Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu en qui j'ai mis toute ma joie.” : n’est-ce pas “l’onction de joie” (oleo laetitiae) que l’on chante dans l’introït ? (3) - “J'ai fait reposer sur lui mon esprit” : contrairement aux anciens prophètes et rois, Jésus n’a pas seulement été consacré par l’huile sainte, mais par l’Esprit-Saint Lui-même, qui est descendu sur Lui le jour de Son baptême pour manifester Sa filiation divine. - “Moi, le Seigneur, je t'ai appelé selon la justice, je t'ai pris par la main, je t'ai mis à part, j'ai fait de toi mon Alliance avec le peuple et la lumière des nations.” : l’Alliance nouvelle et éternelle se manifeste en Jésus-Christ, qui unit en Sa personne divine l’homme à Dieu. “La lumière des nations” : c’est encore la lumière de Noël et de l’Epiphanie qui brille et est appelée à illuminer (A2) (4) toutes les nations : “Dieu ne fait pas de différence entre les hommes ; mais, quelle que soit leur race, il accueille les hommes qui l'adorent et font ce qui est juste” (L2 ; Ac X, 34-38). Cette idée de justice est aussi présente dans l’évangile (ainsi que dans l’introït) : à Jean-Baptiste qui proteste que ce n’est pas à lui de baptiser Jésus, mais bien plutôt à Jésus de le baptiser, le Seigneur répond : “Pour le moment, laisse-moi faire ; c'est de cette façon que nous devons accomplir parfaitement ce qui est juste” (L3 ; Mt III, 13-17). Ce qui est juste, c’est de faire la volonté du Père. C’est par le Baptême que nous avons été justifiés, par la purification de la souillure originelle et l’infusion de la grâce sanctifiante.
(3) [Ps 42, 8 V/ 2] Dilexisti justitiam, et odisti iniquitatem : propterea unxit te Deus, Deus tuus, oleo laetitiae prae consortibus tuis. V/ Eructavit cor meum verbum bonum : dico ego opera mea Regi. | Tu as aimé la justice et haï l’iniquité ; aussi le Seigneur ton Dieu t’a consacré d’une onction de joie comme aucun de tes semblables. V/ D’heureuses paroles jaillissent de mon coeur ; je dédis mes oeuvres au roi.
Cet introït est employé au commun des vierges. Les chants de cette messe sont d’origine hétérogène : seul le graduel Benedictus Dominus est tiré du premier dimanche après l’Epiphanie. L’Alleluia In veni David est utilisé en la fête de saint Basile (14 juin) dans la MR1962. L’offertoire Benedictus qui venit et la communion Omnes qui in Christo sont quant à eux employés au samedi après Pâques, le jour où les néophytes déposaient leur aube, symbole de leur régénération baptismale.
(4) [Ps 117, 26-27] Benedictus, qui venit in nomine Domini : benediximus vobis de domo Domini : Deus Dominus, et illuxit nobis, alleluia, alleluia. | Beni soit celui qui vient au nom du Seigneur : Nous vous bénissons de la maison du Seigneur. Le Seigneur est Dieu, il fait briller sur nous sa lumière, alleluia, alleluia.
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en lui j'ai mis tout mon amour » (Hic est Filius meus dilectus, in quo mihi complacui) : avec l’Esprit-Saint qui descend sous la forme d’une colombe, la voix du Père annonce la filiation divine de Jésus et manifeste le mystère trinitaire. On retrouve comme un écho de cette déclaration divine à la fin de notre collecte : “in beneplácito tuo iúgiter persevérent”. C’est que le Baptême du Seigneur est le prototype de notre propre baptême. Lorsque nous avons été baptisés, l’Esprit Saint est aussi descendu sur nous pour nous régénérer, et le Père, par la grâce, a fait de nous ses fils adoptifs, mettant en nous tout son amour.
