Homosexualité et catholicisme
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christelle
- Quæstor

- Messages : 217
- Inscription : lun. 09 juin 2008, 15:08
Re: Questionnement sur l'homosexualité
ah non ti, ce n'est pas parcequ'on critique des positions de l'Eglise qu'on en est exclu.
ça c'est faux.
l'exclusion c'est l'excommunication. Et l'Eglise d'aujourd'hui elle n'excommunie pas les homos, ou les divorcés qui vivent en concubinage pour l'Eglise. L'excommunication c'est faire sortir de l'Assemblée ! c'est pas ne plus recevoir la communion. EN clair c'est dire vous n'etes plus catholique. On ne vous reconnait plus, et vous ne pouvez plus recevoir les sacrements.
Y a toujours eu des discidences.
C'est pas l'Eglise dit ça, donc c'est ça. Et puis souvent c'est bien plus compliqué que ça.
L'Eglise ça a toujours été Puissance, discidence, et sainteté.
Concernant le texte j'ai dis mon avis sur le mot eunuque. Maintenant je suis aussi pour dire que c'est assez biaisé comme interprétation. Cela dit de toutes les façons on a très peu d'élément dans la Bible sur la sexualité. Encore moins sur les homo comme on l'entend aujourd'hui, je crois que les contemporains ils avaient pas forcément els memes notions sur les choix de vie sexuelles.
ça c'est faux.
l'exclusion c'est l'excommunication. Et l'Eglise d'aujourd'hui elle n'excommunie pas les homos, ou les divorcés qui vivent en concubinage pour l'Eglise. L'excommunication c'est faire sortir de l'Assemblée ! c'est pas ne plus recevoir la communion. EN clair c'est dire vous n'etes plus catholique. On ne vous reconnait plus, et vous ne pouvez plus recevoir les sacrements.
Y a toujours eu des discidences.
C'est pas l'Eglise dit ça, donc c'est ça. Et puis souvent c'est bien plus compliqué que ça.
L'Eglise ça a toujours été Puissance, discidence, et sainteté.
Concernant le texte j'ai dis mon avis sur le mot eunuque. Maintenant je suis aussi pour dire que c'est assez biaisé comme interprétation. Cela dit de toutes les façons on a très peu d'élément dans la Bible sur la sexualité. Encore moins sur les homo comme on l'entend aujourd'hui, je crois que les contemporains ils avaient pas forcément els memes notions sur les choix de vie sexuelles.
Re: Questionnement sur l'homosexualité
C'est tout ce qu'on a dit plus haut : ce n'est pas à cause d'une ligne dans la bible sur l'homosexualité que l'eglise s'oppose aux actes homosexuels.
De toute façon, il faudrait clarifier un peu tout ça car vous écrivez qu'être excommunié, "c'est pas ne plus recevoir la communion. EN clair c'est dire vous n'etes plus catholique. On ne vous reconnait plus, et vous ne pouvez plus recevoir les sacrements." Or jusqu'à présent il me semblait que l'eucharistie est un sacrement, et un plutôt important, voire central ?
Je redis, donc : pratiquer des actes homosexuels (et non pas "être homosexuel", nuance), ou se remarier après un divorce, est contraire à l'enseignement de l'eglise, et éloigne de l'eglise.
Mais bon, l'eglise son but c'est d'amener les personnes vers Dieu, donc on ne leur claque pas la porte au nez. Pour autant, ça ne veut pas dire du tout "continuez, en fait l'important c'est d'être gentil" ou "ce n'est pas si grave, après tout on s'en fout", ou "faites comme vous voulez, tout ça c'est des discussion de théologiens".
Ces personne, je fais remarquer, ne peuvent plus communier. Je ne sais pas si vous voyez ce que ça signifie, ce que ça représente ??! Et elles ont, en quelque sorte, une vie "limitée" dans l'église, à certaines activités. C'est un peu comme votre gendre qui aurait trompé votre fille : vous pouvez continuer à le voir, à lui parler, à discuter, mais ce sera forcément un peu plus tendu, et limité.
Donc, non, l'eglise catholique ne dira rien d'autre que ce qui a été rappelé plus haut.
De toute façon, il faudrait clarifier un peu tout ça car vous écrivez qu'être excommunié, "c'est pas ne plus recevoir la communion. EN clair c'est dire vous n'etes plus catholique. On ne vous reconnait plus, et vous ne pouvez plus recevoir les sacrements." Or jusqu'à présent il me semblait que l'eucharistie est un sacrement, et un plutôt important, voire central ?
Je redis, donc : pratiquer des actes homosexuels (et non pas "être homosexuel", nuance), ou se remarier après un divorce, est contraire à l'enseignement de l'eglise, et éloigne de l'eglise.
Mais bon, l'eglise son but c'est d'amener les personnes vers Dieu, donc on ne leur claque pas la porte au nez. Pour autant, ça ne veut pas dire du tout "continuez, en fait l'important c'est d'être gentil" ou "ce n'est pas si grave, après tout on s'en fout", ou "faites comme vous voulez, tout ça c'est des discussion de théologiens".
Ces personne, je fais remarquer, ne peuvent plus communier. Je ne sais pas si vous voyez ce que ça signifie, ce que ça représente ??! Et elles ont, en quelque sorte, une vie "limitée" dans l'église, à certaines activités. C'est un peu comme votre gendre qui aurait trompé votre fille : vous pouvez continuer à le voir, à lui parler, à discuter, mais ce sera forcément un peu plus tendu, et limité.
Donc, non, l'eglise catholique ne dira rien d'autre que ce qui a été rappelé plus haut.
“Il serait présomptueux de penser que ce que l'on sait soi-même n'est pas accessible à la majorité des autres hommes.”
[Konrad Lorenz]
“Celui qui connaît vraiment les animaux est par là même capable de comprendre pleinement le caractère unique de l'homme.”
[Konrad Lorenz]
Extrait de L'Agression
[Konrad Lorenz]
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[Konrad Lorenz]
Extrait de L'Agression
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Sursum Corda
- Seminarius

- Messages : 276
- Inscription : jeu. 27 déc. 2007, 15:37
Re: Questionnement sur l'homosexualité
Si vous le dites.christelle a écrit :PS : j'ai fais peu de fautes de frappe. Et je pense avoir été lisible.
christelle a écrit :Le problèmeétansétant aussi comment on aborde le sujet.
Je pense quel'églisel'EglisecatholiqueCatholique comme vous dites (postprécédentàprécédent celui de denju )ditesn'est pas contre les approches sur la liberté individuelle. Simememême on décrète l'homosexualité comme étant un péché, avec tout un discours, des arguments, on tranche. Cela n'empechera pas au médiateur, au pasteur, de mettre l'individu face à ses propres choix et responsabilités.
Est-ce qu'on peut rejeter l'individu qui décide de son propre chef que ceci n'est pas péché.?
Qu'est ce qu'on fait ?onOnl'excomunniel'excommunie ?ouOn le sort de l'assemblée ?ouOu on continue à le considérer malgré tout commecahtoliquecatholiquemememême dans ses propres choix qui peuventetreêtrecontrairecontraires à ce que dit l'Eglise ?
Si c'était le cas,sils'il ne devenait plus catholique souspretexteprétexte de refuser cela comme un péché celafairaitferait longtemps qu'on aurait excommunié les divorcés qui vivent en couple publiquement et critiquentl'églisel'Eglise sur ses positions sur le divorce. L'Eglise ne les a pas pourtantexcommuniéexcommuniés.
C'est bien ce que l'on dit. S'ils ne sont pas frappés d'excommunication (comme peuvent l'être ceux qui pratiquent l'avortement), ils restent dans la communauté mais n'ont pas la possibilité de recevoir les sacrements tant qu'ils demeureront dans leur état de péché. Cela marque, à mon sens, une blessure dans la communion ecclésiale.christelle a écrit :c'est pas ne plus recevoir la communion. EN clair c'est dire vous n'etes plus catholique. On ne vous reconnait plus, et vous ne pouvez plus recevoir les sacrements.
L'excommunication c'est l'Eglise qui exclue la personne. Ici, c'est la personne qui, d'une certaine manière, s'exclue elle-même de la communion avec l'Eglise, même si elle en fait toujours partie.
Re: Questionnement sur l'homosexualité
Sursum Corda,
Permettez-moi de vous dire que votre attitude vis-à-vis de Christelle est navrante. C’est d’une grande impolitesse.
Vous devriez vous en excuser.
Permettez-moi de vous dire que votre attitude vis-à-vis de Christelle est navrante. C’est d’une grande impolitesse.
Vous devriez vous en excuser.
Re: Questionnement sur l'homosexualité
Oui, bon, parlons plutôt de la question posée que de grammaire. Enfin, c'est important, la grammaire, on peut le faire remarquer, mais sans doute pas comme ça.
“Il serait présomptueux de penser que ce que l'on sait soi-même n'est pas accessible à la majorité des autres hommes.”
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christelle
- Quæstor

- Messages : 217
- Inscription : lun. 09 juin 2008, 15:08
Re: Questionnement sur l'homosexualité
merci pour la correction
vous êtes très pointilleux, ce n'est qu'en votre honneur, d'ailleurs ça m'arrangerait que vous le fassiez régulièrement comme cela je me rendrai compte là ou je fais souvent des erreurs ! merci mon bon père
En tout cas si j'arrive à trouver un équivalent en hébreux du mot homosexuel. Je vais demander à un ami qui fait de l'hébreux ancien et qui étudie un peu la thora. Il dtoi avoir dans son entourage des mecs assez callés...
Je suis sur que des mecs ont du se prendre la tete.
Pour moi la problématique on peut surtout l'aborder par raport à la linguistique et en philologie. Et tout ce qui relève de la sexualité.
En tout cas les chrétiens à mon avis c'est plutot l'acte de la sodomie... d'ailleurs dans des états américains la sodomie et la fellation est interdite, (hétéro ou homo meme marié !).
Donc c'est bien en rapport à la procréation. Y a un problème avec la procreation et la toute puissance...
Je rajouterai d'ailleurs que je suis persuadé, que c'était un acte aussi pour controler les naissances.
Donc je crois qu'on peut d'avantage répondre à la question de l'homosexualité, si en fait on prend l'ensemble, les mentalités et le vocabulaire lié à la sexualité des individus.
La stérilité chez les hébreux c'est aussi une constante !
En tout cas si j'arrive à trouver un équivalent en hébreux du mot homosexuel. Je vais demander à un ami qui fait de l'hébreux ancien et qui étudie un peu la thora. Il dtoi avoir dans son entourage des mecs assez callés...
Je suis sur que des mecs ont du se prendre la tete.
Pour moi la problématique on peut surtout l'aborder par raport à la linguistique et en philologie. Et tout ce qui relève de la sexualité.
En tout cas les chrétiens à mon avis c'est plutot l'acte de la sodomie... d'ailleurs dans des états américains la sodomie et la fellation est interdite, (hétéro ou homo meme marié !).
Donc c'est bien en rapport à la procréation. Y a un problème avec la procreation et la toute puissance...
Je rajouterai d'ailleurs que je suis persuadé, que c'était un acte aussi pour controler les naissances.
Donc je crois qu'on peut d'avantage répondre à la question de l'homosexualité, si en fait on prend l'ensemble, les mentalités et le vocabulaire lié à la sexualité des individus.
La stérilité chez les hébreux c'est aussi une constante !
Re: Questionnement sur l'homosexualité
Oui, mais là ce serait uniquement pour aborder la question de l'homosexualité vue par les Hébreux de l'époque de Moïse. Pas forcément telle qu'en parle l'eglise catholique aujourd'hui.
“Il serait présomptueux de penser que ce que l'on sait soi-même n'est pas accessible à la majorité des autres hommes.”
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Re: Questionnement sur l'homosexualité
Personnellement je trouve le sujet très intéressant. Mieux connaitre le contexte historique permet d'aborder sous un oeil différent les positions actuelles.
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christelle
- Quæstor

- Messages : 217
- Inscription : lun. 09 juin 2008, 15:08
Re: Questionnement sur l'homosexualité
ti'hamo non ce n'est pas voir l'homosexualité à l'époque de Moise, absolument pas, si on parle de l'homosexualité, on ne peut pas réfléchir sur ce qu'est la pureté, la famille, la sexualité, le mariage qui était codifié dans les lois juives. On ne peut absolument pas soustraire le sujet l'homosexualité dans un contexte ou les lois étaient codifiés en fonction de la procréation et le mariage... de fait hétérosexuel.
Et Jésus est dans un environnement juif...
Et je me positionnerai plutot négativement sur le texte de Denju justement à cause de cela, c'est qu'on ne prend pas la problématique de l'acte homosexuel masculin, parceque l'homosexualité féminine n'est jamais mentionnée dans les textes, sans considérer les codifications sur la sexualité et le mariage.
Voilà le sujet est complexe j'ai commencé un pti peu à défricher... des problématiques commencent à se dessiner.
je vous ferai part plus tard, vraiment pas aujourd'hui, de ce que j'ai compris, de ce qu'on m'a expliqué, et de ce que j'ai glanné.
Parceque c'est sérieux et un peu long au moins pour donner des éléments pour la réflexion.
EN tout cas pour la sexualité, on ne peut absolument pas ignorer la loi juive pour comprendre comment se positionne aussi l'Eglise.
Et Jésus est dans un environnement juif...
Et je me positionnerai plutot négativement sur le texte de Denju justement à cause de cela, c'est qu'on ne prend pas la problématique de l'acte homosexuel masculin, parceque l'homosexualité féminine n'est jamais mentionnée dans les textes, sans considérer les codifications sur la sexualité et le mariage.
Voilà le sujet est complexe j'ai commencé un pti peu à défricher... des problématiques commencent à se dessiner.
je vous ferai part plus tard, vraiment pas aujourd'hui, de ce que j'ai compris, de ce qu'on m'a expliqué, et de ce que j'ai glanné.
Parceque c'est sérieux et un peu long au moins pour donner des éléments pour la réflexion.
EN tout cas pour la sexualité, on ne peut absolument pas ignorer la loi juive pour comprendre comment se positionne aussi l'Eglise.
Re: Questionnement sur l'homosexualité
Ce qui est navrant pour un pays dit liberateur. Le Texas, l’Oklahoma, le Missouri, et le Kansas sont quatres regions codamnant encore a de la prison! Mais ce n'est rien face à Afghanistan, Arabie saoudite, Iran, nord du Nigeria, Mauritanie, Soudan et Yémen qui condamnent à mort.christelle a écrit : En tout cas les chrétiens à mon avis c'est plutot l'acte de la sodomie... d'ailleurs dans des états américains la sodomie et la fellation est interdite, (hétéro ou homo meme marié !).
Re: Questionnement sur l'homosexualité
Ce qu'enseignait Jean-Paul II :
2.1. Le retour à “l'origine”
La théologie du corps commence par une réflexion sur les origines à partir de la réponse du Christ aux pharisiens sur la question de la répudiation:
“ Des pharisiens s'approchèrent de lui et lui dirent pour le mettre à l'épreuve: est-il permis de répudier sa femme pour n'importe quel motif? Il répondit: n'avez-vous pas lu que le Créateur dès l'origine les fit homme et femme et qu'il a dit: ainsi donc, l'homme quittera son père et sa mère pour s'attacher à sa femme, et les deux ne feront qu'une seule chair. Ainsi ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Eh bien, ce que Dieu a uni, l'homme ne doit pas le séparer. Pourquoi donc, lui disent-ils, Moïse a-t-il prescrit de donner un acte de divorce quand on répudie? C'est, leur dit-il, en raison de la dureté de votre cœur, que Moïse vous a permis de répudier vos femmes. Mais, dès l'origine, il n'en fut pas ainsi. Or, je vous dis: quiconque répudie sa femme et en épouse une autre commet un adultère.” (Mt XIX 3-9)
A partir de ce passage de l'Evangile, Jean-Paul II fait d'abord remarquer que le Christ se refuse à entrer dans le jeu des pharisiens qui lui demandent finalement “comment s'arranger avec la loi”. En revanche, à deux reprises, Il se réfère “à l'origine”. Cette insistance n'est pas anodine. Cette “origine”, c'est, dit Jean-Paul II, le temps de la “préhistoire théologique de l'homme” dont témoigne le texte sacré et révélé de la Genèse, ce “temps d'avant le temps” qui précède celui de “l'homme historique” qui est celui dans lequel nous sommes plongés depuis la chute originelle.
Ce temps de l'origine nous est “irrémédiablement perdu”, ajoute Jean-Paul II mais il en demeure comme “ un écho lointain” dans le cœur de tout homme et de toute femme, et il est possible d'en percevoir quelque chose à condition de s'établir dans une “pureté du cœur”, celle-là même à laquelle le Christ invite les pharisiens à retrouver en évoquant leur “dureté de cœur” qui les rend incapables de comprendre le projet de Dieu aux origines sur le couple humain.
Si nous voulons approcher quelque peu ce plan de Dieu “à l'origine” sur l'homme et la femme et ce que Dieu a voulu mettre en eux à travers la masculinité et féminité, il nous faut donc suivre l'invitation du Christ, renoncer à une approche légaliste du sens de la sexualité et retrouver au fond de notre cœur cet “écho” de l'origine.
2.2. Homme et femme il les créa à son image
Des deux récits de la création que nous rapporte la Genèse, le premier est en réalité le plus récent dans sa rédaction. Il est plus élaboré et plus “théologique” que le second car il est centré sur l'œuvre de Dieu:
“Dieu dit: faisons l'homme à notre image, comme notre ressemblance, et qu'il domine sur les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, les bestiaux, toutes les bêtes sauvages et toutes les bestioles qui rampent sur la terre. Dieu créa l'homme (ha-adam = substantif collectif = humanité) à son image; à l'image de Dieu Il le créa, homme (mâle, zakar) et femme (quebah, femelle) Il les créa. Dieu les bénit et leur dit: soyez féconds, multipliez-vous, emplissez la terre et soumettez-la, dominez sur les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et sur tous les animaux qui rampent sur la terre (...) Dieu vit tout ce qu'il avait fait: cela était très bon. Il y eut un soir, il y eut un matin, ce fût le sixième jour.” (Gn I 26-31)
Jean-Paul II fait remarquer qu'il y a une rupture dans la continuité de l'œuvre créatrice avec la création de l'homme. Pour tout ce qui précède, il est dit: “Dieu dit... et Dieu fit”. Pour l'homme, Dieu dit “Faisons l'homme à notre image”. Ce pluriel marque que c'est la Trinité tout entière qui est à l'œuvre dans la création de l'homme, relève Jean-Paul II, qui s'inscrit ici dans une très longue tradition d'interprétation.
Par ailleurs, il n'est mentionné aucune ressemblance de l'homme avec les autres créatures (animalia) mais seulement avec Dieu et la différence sexuelle n'est indiquée que pour l'homme et la femme. Si l'homme et la femme sont donc image de Dieu, c'est avec leur sexualité qui fait partie intégrante de la ressemblance de l'homme avec Dieu et qui est bénie de Dieu.
La première chose importante à retenir de ce récit de la création est donc que la différence sexuelle et ses signes sont à prendre du côté de la ressemblance avec Dieu et non avec l'animal. C'est un point capital: du point de vue de son “sens théologique” nous ne devons pas chercher à comprendre notre sexualité à partir de ce que nous constatons dans le règne animal dans lequel la sexualité est entièrement subordonnée à la reproduction et dont la sexualité humaine serait une sorte de “sublimation culturelle”. Le texte de la Genèse nous invite à chercher le sens de notre sexualité dans le fait que par elle, nous sommes — en tant qu'homme et femme — image de Dieu. C'est à une sorte de retournement radical de perspective que nous invite ainsi Jean-Paul II dans l'approche qu'il fait de la réalité sexuelle à partir de la Genèse
2.3. La solitude originelle, fondement de la communion
Le second récit de la création, qui est plus archaïque, et nous présente Dieu de manière anthropomorphique, atteste d'une beaucoup plus grande profondeur subjective et psychologique. Il nous décrit la manière dont l'homme se perçoit et se comprend et en ce sens il est en quelque sorte le premier témoignage de la conscience humaine.
“Au temps où Yahvé Dieu fit la terre et le ciel (...) il n'y avait pas d'homme pour cultiver le sol. Alors Yahvé Dieu modela l'homme avec la glaise du sol, il insuffla dans ses narines une haleine de vie, et l'homme devint un être vivant. (...) Yahvé Dieu dit: Il n'est pas bon que l'homme soit seul. Il faut que je lui fasse une aide qui lui soit assortie. Yahvé Dieu modela encore du sol toutes les bêtes sauvages et tous les oiseaux du ciel, et Il les amena à l'homme pour voir comment celui-ci les appellerait: chacun devait porter le nom que l'homme lui aurait donné. L'homme donna des noms à tous les bestiaux, aux oiseaux du ciel et à toutes les bêtes sauvages, mais, pour un homme, il ne trouva pas d'aide qui lui fût assortie.” (Gn II 4-21)
L'homme qui est modelé à partir de la glaise du sol est désigné dans le texte hébreu par le terme ha adam . C'est un substantif collectif qui ne fait pas mention du sexe. Pour éviter toute équivoque, on devrait le traduire par “l'Homme” ou “l'Humain”. C'est cet Humain qui va faire l'expérience de la “solitude originelle”.
Yahvé affirme qu'il n'est pas bon que l'Humain soit seul, mais la création de la femme n'intervient pas tout de suite: Yahvé fait faire à l'Homme l'expérience de sa solitude ontologique
L'expérience de la solitude se creuse en l'homme par le fait qu'il connaît toute la nature de manière parfaite et en quelque sorte “de l'intérieur”. Cela est attesté par le fait qu'il nomme tous les animaux et cultive le sol. Il est donc capable de gouverner parfaitement la nature et il découvre qu'il est le seul à pouvoir le faire et qu'ainsi il est établi dans un état de perfection très au-dessus de tous les autres êtres de la nature. Cette perfection n'est pas seulement de degré, c'est une perfection ontologique par laquelle il se sépare de tout ce qui existe à lui dans la création.
Et pourtant il ne découvre pas “d'aide qui lui fut assortie”. Le terme hébreu est ezed qui signifie plus exactement un “allié qui soit son homologue en humanité”. C'est pourquoi il est saisi d'une sorte de “terreur ontologique”. Il se découvre par son corps et les actes qu'il est capable de poser comme un être radicalement à part dans la nature — c'est-à-dire une personne — et il aspire à trouver dans cette nature une créature qui puisse être une alliée en humanité, qui soit susceptible de partager avec lui sa condition de personne et à qui il puisse se donner — car ce qui caractérise la personne c'est qu'elle est faite pour le don — et il ne trouve aucune créature susceptible de recevoir le don de lui-même. Il s'agit donc de beaucoup plus que d'une solitude affective ou psychologique; c'est une solitude ontologique radicale dont il fait l'expérience et qui est terrifiante au sens le plus absolu du terme. C'est précisément cette solitude dont le texte sacré dit qu'elle n'est pas bonne car elle ne permet pas à l'homme d'actualiser pleinement l'aspiration profonde de son être en tant que personne.
L'expérience de la solitude est ainsi la voie qui conduit à la soif de réaliser l'unité dans la communion des personnes et le don d'elles-mêmes. C'est d'ailleurs une expérience par laquelle nous devons accepter de passer et qui s'accompagne d'une purification de l'amour lorsque nous aspirons au mariage ou au don de nous-mêmes dans la vie consacrée.
La seconde chose importante à retenir est donc que c'est par son corps que l'homme, dans l'expérience de la solitude originelle, se découvre capable d'actes personnels qu'il est le seul à pouvoir poser dans le monde visible. Jean-Paul II dit à ce propos: “Le corps, grâce auquel l'homme prend part au monde créé visible, le rend en même temps conscient d'être [`seul’. En effet, il n'aurait pas été capable d'arriver à cette conviction qu'en fait il a acquise (...) si son corps ne l'avait aidé à le comprendre, rendant la chose évidente. La conscience de la solitude aurait pu se rompre précisément à cause du corps lui-même. L'homme, adam, aurait pu, se basant sur l'expérience se son propre corps, arriver à la conclusion qu'il était substantiellement semblable aux autres être vivants (animalia). Et, comme nous le lisons, il n'arriva pas à cette conclusion: au contraire, il se persuada qu'il était [`seul’ (...) L'analyse du texte yahviste nous permet en outre de rattacher la solitude originelle de l'homme à la conscience du corps par lequel l'homme se distingue de tous les animalia et se sépare de ceux-ci, et par lequel il est une personne.” (Audience du 24/10/79)
C'est par son corps qu'il découvre que l'aspiration profonde de son être en tant que personne est de se donner à une autre personne semblable à lui. Sans cela il ne peut s'accomplir dans sa vocation spécifique de personne.
2.4. Le chant nuptial des origines
“ Alors Yahvé Dieu fit tomber un profond sommeil sur l'homme, qui s'endormit. Il prit une de ses côtes et referma la chair à sa place. Puis, de la côte qu'Il avait tirée de l'homme, Yahvé Dieu façonna une femme et l'amena à l'homme. Alors, celui-ci s'écria [`A ce coup, c'est l'os de mes os et la chair de ma chair! Celle-ci sera appelée femme, car elle fut tirée de l'homme celle-ci!’ C'est pourquoi l'homme quitte son père et sa mère et s'attache à sa femme, et ils deviennent une seule chair.” (Gn II 21-24)
Jean-Paul II fait remarquer que le sommeil profond qui s'empare de l'adam n'est pas un sommeil “normal”. C'est une “torpeur” qui est toujours, dit-il, le signe d'une intervention radicale de Dieu visant à créer une alliance entre Lui et l'homme.
C'est donc le moment le plus solennel de la création, celui qui va engager toute l'œuvre divine et toute l'histoire de l'humanité.
Il faut remarquer également que la femme est tirée du côté de l'homme et cela est très symbolique. Cela signifie qu'elle est son parfait homologue ontologique. D'ailleurs, en sumérien le signe cunéiforme qui signifie “côte” signifie également “vie”: la femme est ainsi de la même “vie” que l'homme.
A la création de la femme Adam s'exclame: “Pour le coup, c'est l'os de mes os et la chair de ma chair! Celle-ci sera appelée femme, car elle fût tirée de l'homme ”. C'est le premier chant d'amour de l'humanité qui constitue dit Jean-Paul II le “prototype” du Cantique des Cantique.
Alors sont employés les termes Ish (homme-mâle) et Isha (femme) qui attestent clairement que la femme (Isha) est tirée de l'homme (Ish).
“Et ils deviennent une seule chair”: c'est au moment de cette découverte de la communion dans les corps que l'homme et la femme deviennent pleinement image de Dieu. L'acte de chair, le don des corps, qui exprime la totalité de la donation des personnes l'une à l'autre, est ce par quoi l'homme et la femme sont, dans la chair, image de la Trinité divine:
“L'homme est devenu image et ressemblance de Dieu non seulement par sa propre humanité mais aussi par la communion des personnes que l'homme et la femme forment dès le début. (...) L'homme devient image de Dieu moins au moment de la solitude qu'au moment de la communion. En effet “dès l'origine” il est non seulement une image qui reflète la solitude d'une Personne qui régit le monde, mais aussi et essentiellement image d'une insondable communion divine de Personnes.” (Audience du 14/11/79). Et il ajoute, ce qui est d'une portée théologique dont nous n'avons pas fini de prendre la mesure: “Ceci va même peut-être jusqu'à constituer l'aspect théologique le plus profond de tout ce qui peut être dit sur l'homme.” (Ibid.)
La troisième chose à retenir est donc que l'homme est image de la communion des personnes divines plus par la communion dont il est capable en tant que personne que par le fait qu'il est une créature douée de spiritualité. Et cette communion inclut et culmine dans la communion des corps. La sexualité est une chose foncièrement bonne: elle est ce par quoi l'homme est icône dans la chair de la communion des personnes divines
2.5. La nudité, signe de l'unité dans la communion
“Or tous deux étaient nus, l'homme et sa femme, et ils n'avaient pas honte l'un devant l'autre” (Gn II 25)
La mention de la nudité n'est pas accidentelle ni accessoire. Jean-Paul II y insiste: elle révèle un état de la conscience par rapport à la nudité du corps. Cette absence de honte correspond à l'expérience de la plénitude de la communion homme-femme. Dans l'état des origines, c'est-à-dire avant le péché originel, l'homme et la femme avaient la faculté de comprendre que leurs corps à travers tous les signes de la masculinité et de la féminité était destinés à manifester ce qu'ils étaient en tant que personnes, c'est-à-dire des êtres appelés à la communion et au don d'eux-mêmes. La plénitude de perception extérieure des corps par la nudité correspond ainsi à la plénitude intérieure de la vision de l'homme en tant qu'image de Dieu par sa capacité de communion et de don.
L'absence de honte dans la nudité indique la perception claire dans la conscience de l'homme et de la femme de la signification conjugale de leurs corps qui est fait pour signifier le don d'eux-mêmes l'un à l'autre de manière désintéressée et dans une totale transparence et à travers ce don d'eux-mêmes être image du don total des personnes qui existe en Dieu. Il n'y avait pas place dans leur conscience pour une quelconque réduction de l'autre à l'état d'objet.
C'est cette réduction de l'autre à l'état d'objet qui fait apparaître la honte dans le cœur de l'homme. Mais l'innocence des origines, avec la “pureté de cœur” qui l'accompagnait rendait impossible cette réduction à l'état d'objet. L'absence de honte est la preuve que l'homme et la femme étaient aux origines unis par la conscience du don, qu'ils avaient pleinement conscience de la signification conjugale de leurs corps qui exprime la liberté du don et manifeste toute la richesse de la personne en tant que sujet.
D'où la quatrième chose à retenir: nous avons un corps pour être don de nous-mêmes et réaliser ainsi notre vocation profonde qui est d'être image de Dieu dans le don des corps qui signifie le don de toute notre personne.
Dans l'audience du 20 février 1980, Jean-Paul II résume tout le plan de Dieu sur le corps et la sexualité humaine telle qu'elle pouvait être vécue “aux origines”:
“L'être humain apparaît dans le monde visible comme l'expression la plus haute du don divin parce qu'il tient en soi la dimension intérieure du don. Et, avec elle, il apporte dans le monde sa ressemblance particulière avec Dieu (...). Ce qui reflète également cette ressemblance, c'est la conscience primordiale de la signification conjugale du corps, conscience imprégnée du mystère de l'innocence originelle. Et ainsi, dans cette dimension se constitue un sacrement primordial entendu comme signe qui transmet efficacement dans le monde visible le mystère invisible caché en Dieu de toute éternité(...). Comme signe visible, le sacrement se constitue avec l'être humain en tant que corps et par le fait de sa visible masculinité et féminité, le corps en effet — et seulement lui — est capable de rendre visible ce qui est invisible: le spirituel et le divin. Il a été créé pour transférer dans la réalité visible du monde le mystère caché de toute éternité en Dieu et en être le signe visible.”
Tel était le plan de Dieu aux origines que le péché originel est venu détruire.
2.6. La désunité du péché et l'apparition de la honte
“.... Ils connurent qu'ils étaient nus; ils cousirent des feuilles de figuier et se firent des pagnes.” (Gn III 6-7)
Ce passage de la Genèse suit immédiatement le récit de la chute originelle et se manifeste comme sa première conséquence.
Pourquoi ce passage de la nudité dont “ils n'avaient point honte” à cette volonté de cacher leur nudité? Quelle signification de cette honte?
Il faut remarquer tout d'abord que les effets du péché originel ne sont pas d'abord par rapport à Dieu, mais par rapport à l'homme et la femme l'un vis-à-vis de l'autre: ils se cachent l'un à l'autre les signes de leur masculinité et de leur féminité. La première chose que corrompt donc le péché originel c'est l'attitude de l'homme et de la femme l'un vis-à-vis de l'autre. Le sens du don des corps est alors modifié par le changement du regard qui est porté sur lui. Ils ne comprennent plus le sens de leur corps ne voient plus dans les signes somatiques de la masculinité et de la féminité qu'une similitude avec la sexualité animale. Par conséquent, ce par quoi ils étaient image de Dieu par les signes du corps qui les révélaient comme personnes et qui étaient invitation à la communion des personnes devient à leurs yeux opaque, inintelligible, animal et honteux.
Par ailleurs l'homme et la femme perçoivent qu'ils sont susceptibles de devenir l'un pour l'autre un objet: objet de concupiscence, d'appropriation, de jouissance, de domination, etc. Alors les signes de la masculinité et de la féminité qui étaient dans l'innocence signe du don des personnes et invitation au don deviennent potentiellement des moyens d'asservissement, de captation, d'utilisation, de chosification... Nous versons alors dans l'antithèse du don.
“Une telle façon d'extorquer son don à l'autre être humain et de le réduire intérieurement à un pur “objet pour moi” devrait précisément marquer le début de la honte. Celle-ci correspond en effet à une menace infligée au don dans son intimité personnelle et démontre l'écroulement intérieur de l'innocence dans l'expérience réciproque.” (Audience du 6/02/80)
Par conséquent, devant la menace possible que constitue dès lors le regard de l'autre, on se protège l'un de l'autre en camouflant les signes de la masculinité et de la féminité, car ces signes risquent de n'être plus perçus par l'autre dans l'intention des origines: le don des personnes et l'image de la communion divine à travers ce don.
2.7. Le “regard pour désirer”
“Il vous a été dit: tu ne commettras pas d'adultère. Et bien, moi je vous dit: celui qui regarde une femme pour la désirer, celui-là a commis l'adultère avec elle dans son cœur.” (Mt V 27-28).
De ce passage du Sermon sur la Montagne, Jean-Paul II dit: “la signification de ces paroles est essentielle pour toute la théologie du corps contenue dans l'enseignement du Christ.” (Audience du 22/10/80)
De même que dans sa réponse aux pharisiens sur la question de la répudiation , Jean-Paul II nous dit que le Christ fait ici également appel à la “catégorie du cœur” dans lequel demeure un “écho lointain” de ce qui était aux origines afin de dépasser toutes les approches légalistes des normes éthiques.
Il est clair que le désir que dénonce ici le Christ ne désigne pas l'attraction de l'homme à l'égard de la femme et réciproquement: cette attraction est bonne et voulue de Dieu. Il s'agit, dit Jean-Paul II d'un “acte intérieur bien défini”: le regard “pour désirer”, c'est à dire celui qui se pose sur l'autre pour se l'approprier, pour s'en servir, pour se satisfaire. Autrement dit le regard “prédateur” ou “séducteur” qui réduit l'autre à l'état d'objet de satisfaction et aboutit à la “chosification” de la personne qui, de sujet qu'elle est par essence, devient simple objet que l'on tente de s'approprier. Cet acte intérieur du “regard pour désirer” conduit ainsi à la négation de la qualité de personne chez l'autre en tant que sujet du don et aboutit à la falsification de la communion auxquelles sont appelées les personnes à travers l'attraction mutuelle. C'est pourquoi, Jean-Paul II va jusqu'à dire: “Cet adultère dans le cœur, l'homme peut également le commettre à l'égard de sa propre femme s'il la traite seulement comme objet d'assouvissement de ses instincts.” (Audience du 8/10/80)
Quand il prend conscience de cet état, l'homme a tendance à accuser son corps et non pas à regarder l'état de son cœur. C'est là la source du manichéisme et de la dévaluation du sens de la sexualité qui le caractérise. Et cette réaction est aux antipodes de la manière juste et chrétienne de considérer le corps. “Alors que pour la mentalité manichéenne le corps et la sexualité constituent, pour ainsi dire, une [`anti-valeur’, pour le christianisme, par contre, ils restent toujours [`une valeur trop peu appréciée’.” Et Jean-Paul II de conclure sans équivoque: “La façon manichéenne de comprendre et évaluer le corps et la sexualité de l'homme est essentiellement étrangère à l'Evangile et pas le moins du monde conforme au sens exact des paroles que le Christ a prononcées dans le Discours sur la Montagne.” (Audience du 22/10/80)
L'adultère “dans le cœur” contrevient à la signification conjugale du corps et le Christ appelle tout homme à la retrouver, non pas par le respect extérieur de normes légalistes mais par la purification de son cœur, c'est-à-dire par l'attitude de chasteté: “Dans le Discours sur la Montagne le Christ invite l'homme, non pas à retourner à l'état originel d'innocence — l'humanité l'a irrévocablement laissé derrière elle — mais à retrouver, sur la base des significations éternelles et pour ainsi dire indestructibles de ce qui est [`humain’, les formes vives de l'homme nouveau. De cette manière se noue un lien (ou mieux, s'établit une continuité) entre [`l'origine’ et la perspective de la rédemption.” (Audience du 3/12/80)
Le mariage dans la lumière de la Rédemption
Nous en arrivons donc à la Rédemption.
Le premier signe que Jésus donne au début de sa vie publique — et que seul saint Jean rapporte — c'est au cours d'un repas de noces. C'était à Cana, en Galilée. A la remarque que fait la Vierge à Jésus, Celui-ci répond: “Que me veux-tu femme? Mon heure n'est pas encore venue” (Jn II 4) De quelle heure s'agit-il?
Le dernier signe que donne Jésus, c'est aussi au cours d'un repas, celui au cours duquel Il institue l'Eucharistie, et ce repas est aussi un repas de noces.
Et là Il dit — c'est le début de la grande prière sacerdotale: “Père, l'heure est venue. Glorifie ton fils.” (Jn XVII 1) L'heure du Christ, c'est celle de ses épousailles avec son Eglise, consenties par le don nuptial qu'Il lui fait de son Corps et de son Sang. Jean-Paul II, commentant ce don du Christ, affirme: “le mariage ne correspond à la vocation des chrétiens que s'il reflète l'amour que le Christ-Epoux donne à l'Eglise son Epouse et que l'Eglise s'efforce de donner au Christ en retour du sien.” (Audience du 18/08/1982)
C'est tout le sens du passage de cinquième chapitre de l'épître de saint Paul aux Ephésiens (Eph V) dont Jean-Paul II nous dit qu'il doit être interprété “à la lumière de ce que le Christ nous dit sur le corps humain.” (Audience du 28/07/82)
Il y a un lien fondamental entre les épousailles chrétiennes et l'œuvre de la Rédemption dans laquelle le Christ s'offre à son Eglise comme un époux à son épouse. Et de même que pour les époux chrétiens la célébration de l'offrande d'eux-mêmes dans le sacrement de mariage ne s'achève que sur la couche nuptiale dans la consommation du don des corps, de même la célébration des noces du Christ et de l'Eglise ne s'achève que sur le bois nuptial de la Croix.
Parvenu au moment ultime de son offrande rédemptrice, sur le bois du supplice, Jésus peut dire alors dire “tout est consommé” car alors ses épousailles avec son Eglise sont parfaitement accomplies.
Et dès ce moment, l'Eglise-Epouse ne cesse de répéter au Christ-Epoux la parole de toute épouse à son époux dans le don des corps qui devient, selon l'expression de Jean-Paul II “le langage même de la liturgie”: Viens! Cette parole incessante, l'Eglise la proclame dans chaque Eucharistie qui se révèle ainsi comme le plus nuptial des sacrements. Et c'est la mission prophétique des époux que de l'incarner jusqu'au dernier jour.
http://www.djp.ch/amour-vrai/yves-semen ... corps.html
Re: Questionnement sur l'homosexualité
..."Jésus est dans un environnement juif", mais s'en affranchit par ailleurs assez bien, et s'il est intéressant de connaître la loi juive mosaïque à ce sujet, elle n'explique pas comment se positionne l'Eglise. La loi juive interdit également de manger certaines nourritures, ce dont la position de l'Eglise se fiche complètement. La loi juive autorise la répudiation et l'Eglise ne permet pas le divorce et le remariage. La culture juive voit d'un assez mauvais œil le célibat et le fait de ne pas engendrer, l'Eglise propose comme une voie de grande sainteté le célibat consacré.
Autant d'exemples qui nous montrent que la position de l'Eglise s'ancre dans bien d'autres considérations que la loi juive.
Ce serait donc une grosse erreur, que de croire analyser, commenter, comprendre et critiquer, la position de l'Eglise, en ne s'appuyant que et avant tout sur la loi juive et le contexte culturel hébreux de l'époque de Moïse. Ce n'est pas à ce moment que s'est constituée la position de l'Eglise.
C'est pour ça que le texte cité ne peut prétendre en rien servir à critiquer ni expliquer la position de l'Eglise catholique. Il n'a rien à voir avec. Il aprle de complètement autre chose.
Après, oui, bien sûr, je ne dis pas que ça soit inutile ou inintéressant ou futile ; oui, il est important d'étudier, comprendre, connaître, la culture juive, biblique, l'histoire de ce peuple, sa pensée. Mais il n'est pas possible, lorsqu'on formule des critiques de cette pensée, prétendre les appliquer telles quelles à la position de l'Eglise catholique. Ce n'est pas la même chose.
A ce sujet, le texe cité là juste au-dessus est éclairant : l'Eglise catholique développe sa propre théologie des corps, en s'inspirant de diverses sources réévaluées à la lumière de la Révélation certes, mais sans être du tout à aucun moment une reprise des lois mosaïques.
En fait,clairement, nous nous retrouvons là avec, il faut bien le voir, DEUX discussions DIFFERENTES : l'une a exposé la position de l'Eglise catholique et expliqué sa mise en pratique concrète, l'autre évoque l'abord antique de la question dans la loi mosaïque.
Autant d'exemples qui nous montrent que la position de l'Eglise s'ancre dans bien d'autres considérations que la loi juive.
Ce serait donc une grosse erreur, que de croire analyser, commenter, comprendre et critiquer, la position de l'Eglise, en ne s'appuyant que et avant tout sur la loi juive et le contexte culturel hébreux de l'époque de Moïse. Ce n'est pas à ce moment que s'est constituée la position de l'Eglise.
C'est pour ça que le texte cité ne peut prétendre en rien servir à critiquer ni expliquer la position de l'Eglise catholique. Il n'a rien à voir avec. Il aprle de complètement autre chose.
Après, oui, bien sûr, je ne dis pas que ça soit inutile ou inintéressant ou futile ; oui, il est important d'étudier, comprendre, connaître, la culture juive, biblique, l'histoire de ce peuple, sa pensée. Mais il n'est pas possible, lorsqu'on formule des critiques de cette pensée, prétendre les appliquer telles quelles à la position de l'Eglise catholique. Ce n'est pas la même chose.
A ce sujet, le texe cité là juste au-dessus est éclairant : l'Eglise catholique développe sa propre théologie des corps, en s'inspirant de diverses sources réévaluées à la lumière de la Révélation certes, mais sans être du tout à aucun moment une reprise des lois mosaïques.
En fait,clairement, nous nous retrouvons là avec, il faut bien le voir, DEUX discussions DIFFERENTES : l'une a exposé la position de l'Eglise catholique et expliqué sa mise en pratique concrète, l'autre évoque l'abord antique de la question dans la loi mosaïque.
“Il serait présomptueux de penser que ce que l'on sait soi-même n'est pas accessible à la majorité des autres hommes.”
[Konrad Lorenz]
“Celui qui connaît vraiment les animaux est par là même capable de comprendre pleinement le caractère unique de l'homme.”
[Konrad Lorenz]
Extrait de L'Agression
[Konrad Lorenz]
“Celui qui connaît vraiment les animaux est par là même capable de comprendre pleinement le caractère unique de l'homme.”
[Konrad Lorenz]
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christelle
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Re: Questionnement sur l'homosexualité
mais je ne prétends pas appliquer, j'ai envie de réfléchir à ce sujet, mais laissez moi une ou deux semaines.
Le sujet m'interesse...
EN tout les cas je souhaiterai plus tard y revenir...
On est là aussi pour discuter, et je ne vous dicterai pas une nouvelle morale.
Juste pour réfléchir et discuter c'est tout.
Le sujet m'interesse...
EN tout les cas je souhaiterai plus tard y revenir...
On est là aussi pour discuter, et je ne vous dicterai pas une nouvelle morale.
Juste pour réfléchir et discuter c'est tout.
Re: Questionnement sur l'homosexualité
Tiens je vous soumet un texte qui me semble "juste".
LES CHRÉTIENS ET L’HOMOSEXUALITÉ, L’ENQUÊTE
Claire Lesegretain
La miséricorde de Dieu peut guérir toutes les fragilités, mais elle ne peut pas guérir l’orgueil. Si l’on accepte que la conscience soit éclairée par un autre que soi, c’est-à-dire par Dieu, alors il n’y a pas blocage dans l’orgueil. Mais, si l’on pense que l’on peut éclairer sa conscience par soi-même, alors on pèche contre l’Esprit saint. Et c’est ce péché-là qui conduit à la désespérance. Parce que l’on se croit au-dessus du pardon de Dieu.
On a besoin de prêtres qui soient bons, ce qui ne signifie pas qu’ils soient mous. Car on ne gradualise pas la loi, mais on chemine graduellement vers la sainteté.
Un père grec disait : « Le démon n’a pas entre les mains d’arme plus redoutable que le désespoir; aussi lui faisons-nous moins plaisir en péchant qu’en désespérant! »
La conception d’un enfant est forcément double, mentale et corporelle, matérielle et immatérielle, et la première des deux, la conception immatérielle de l’enfant, est tout aussi fondamentale que sa conception matérielle.
Après la première alliance passée entre Dieu et Noé et signifiée par l’arc-en-ciel (Gn 9, 13), la seconde, passée entre Dieu et Abraham, est signifiée par la circoncision (Gn 17, 10). Une circoncision qui, comme une « bague au sexe », rappelle qu’Abraham ne peut plus être amoureux du père car il est devenu amant de Dieu. C’est le seul personnage de la Genèse auquel Dieu s’adresse en lui disant qu’il a « voulu le connaître » (Gn 18, 19). Avec Abraham, descendant de Sem, ,la pulsion homosexuelle est définitivement sublimée dans l’amour de Dieu.
Entrevue avec Vincent Laupies
Dans ma pratique, je rencontre souvent trois types d’attitude « spirituelle » inadéquats face à l’homosexualité.
1 - La première, particulièrement archaïque, consiste à considérer l’existence de tendances homosexuelles comme un péché en soi. Le raisonnement est le suivant : l’homosexualité n’est pas dans le plan de Dieu, donc les personnes ayant ces attraits ne sont pas conformes à ce que Dieu attend. Pour être « bon chrétien », il faudrait donc être hétérosexuel.
2 - La deuxième attitude inadéquate consiste à traiter les relations homosexuelles simplement comme des passages à l’acte allant contre la vertu de chasteté. Seule la qualification morale des actes est prise en compte, leur signification psychique étant ignorée. Dans cette optique, les accompagnateurs proposent aux personnes ayant des attraits homosexuels de lutter pour ne pas y céder et de se confesser le cas échéant.
3- Enfin, la troisième attitude inadéquate consiste à affirmer que l’homosexualité agie est compatible avec la vie chrétienne, à partir du moment où elle intègre les valeurs évangéliques. Cette position s’affronte à l’enseignement de l’Église sur l’homosexualité et est source de militantisme et/ou de culpabilité.
Deux conceptions de l’amour. Dans la première, que l’on peut qualifier de « spiritualiste », l’amour est conçu comme étant de nature spirituelle, au sens où il naît dans l’intelligence et la volonté. L’intelligence connaît un objet qui se révèle être aimable. À partir de là, la volonté est attirée par cet objet et souhaite partager sa vie, accueillir ce qu’il peut donner et se donner à lui. Le corps et l’affectivité sont engagés, mais de manière secondaire.
La deuxième conception est d’origine freudienne. L’amour est issu de la libido, qui est la source de toutes les activités humaines par transformations successives. Le travail et la religion, par exemple, seraient issus de la sublimation, qui permet de dériver la pulsion vers un nouveau but non sexuel grâce à des objets socialement valorisés. Dans cette optique, l’être humain est guidé entièrement par un dynamisme intérieur. Les objets ne sont pas conçus comme ce qui attire l’être humain de l’extérieur, mais ce par quoi la pulsion atteint sa satisfaction.
Dans ce parcours d’accompagnement spirituel de la personne homosexuelle, il se peut que les tendances homosexuelles s’estompent ou qu’elles demeurent identiques. L’important est que la personne développe la capacité d’établir des relations souples, respectueuses et orientées vers le bien de chacun. Plus cette capacité grandit et plus la personne s’unifie. L’amour est expérimenté comme vie relationnelle et pas simplement comme réalisation du désir. C’est uniquement dans cette dynamique que l’enseignement de peut prendre son sens et devenir réalisable. La chasteté ne peut être vécue que lorsqu'elle est orientée vers l'ouverture à soi-même et aux autres.
La notion de guérison a pris une place importante dans l’accompagnement spirituel depuis quelques décennies. Habituellement, les discours sur la guérison concernent les conditionnements, à la différence de ceux sur la sainteté, qui concernent les facultés, et de ceux sur la perfection, qui concernent les actes. Rappelons que les facultés spirituelles, l’intelligence, la volonté, l’imagination et la mémoire, sont conditionnées par le corps, l’histoire, le psychisme, les liens familiaux de la personne et sa place dans la société. À partir de ses facultés, l’homme pose des actes. Les facultés, leur conditionnement et les actes constituent trois pôles intimement unis. La guérison, qui consiste à être le moins contraint possible par les conditionnements, vise la liberté intérieure pour pouvoir aimer Dieu et les autres plus profondément. Dans l’absolu, les facultés de la personne n’étant plus entravées, le désir d’infini qui anime la personne peut alors s’épanouir en quêter de Dieu.
L’approfondissement de la notion de filiation divine permet la guérison, la sainteté, la perfection. Car l’homme est un être de don : il est donné à lui-même; il reçoit la vie et se reçoit lui-même d’un autre. (Ce qui doit être expérimenté dans l'amitié, bien avant la condamnation, car la condamnation est dû au rejet de l'amour de Dieu, mais rejète-t-on vraiment ce que nous ne connaissons pas?) Sa condition fondamentale est de venir d’un autre qui est son origine. Or la Révélation nous indique que la source du don est l’Amour de Dieu le Père. En accompagnant ce mouvement du don, l’homme même une vie filiale, faite de confiance en Dieu, d’amour et de liberté.
Toute trajectoire de vie, dès lors qu’elle est relue sous le regard de Dieu, peut devenir féconde.
Lytta Basset
La « diabolisation » d’autrui se trouve toujours démultipliée par le « blanchissage » de nous-mêmes. Dès le moment où je m’avoue à moi-même que je ne suis pas d’une autre espèce, dès le moment où je m’accueille plus complexe, plus traversé(e) de contradictions que je l’avais cru, autrui m’apparaît moins noir et je commence à m’ouvrir à ma propre complexité.
Xavier Lacroix
J’utilise peu les termes « homosexualité » et « homosexuel », pour leur préférer les termes plus précis d’« homoaffectivité », d’« homoérotisme », d’« homosensualité » ou d’« homosocialité ».
L’homoaffectivité, synonyme d’« homophilie » (terme souvent rejeté dans les milieux gays) consiste à vivre des amours, des affections fortes avec des personnes du même sexe.
L’homoérotisme consiste à avoir des relations érotiques avec quelqu’un du même sexe. Il peut prendre un caractère compulsif et répétitif.
Dans l’homosensualité, il s’agit de corps à corps mais sans érotisme, tels qu’ils peuvent exister entre père et fils, entre mère et fille, ou enter sportifs. Le garçon a besoin de contacts sensuels avec son père, dans la lutte et le jeu.(Qu'arrive-t-il à celui que ça manque?)
Enfin, l’homosocialité consiste à trouver plaisir dans des relations fréquentes et régulières entre hommes (au bistrot, par exemple) ou entre femmes, comme cela se faisait beaucoup plus il y a encore cinquante ans.
Il importe de souligner que les personnes homosexuelles sont appelées aux mêmes valeurs éthiques que les autres, dans la situation où elles se trouvent. J’ai l’habitude d’en indiquer quatre.
La première valeur ou ‑ pour employer un terme moins flou ‑ vertu est l’accueil réel de la différence réelle. La personne qui éprouve des entraves spécifiques, dans son désir érotique, pour accéder à la différence sexuelle, se voit proposer bien d’autres voies d’accès à la différence : amitié, sympathie, attention, écoute, générosité, hospitalité, etc. Par ailleurs, si la différence sexuelle est la plus fondamentale, il en existe d’autres qui sont loin d’être secondaires : l’âge, la culture, la race, la religion, sans oublier les différences d’un individu à un autre, ce qui est déjà tout un programme.
La seconde vertu est la chasteté. Ce terme ne désigne pas d’emblée la continence mais, selon l’excellente définition de Xavier Thévenot, la « maîtrise libérante des pulsions sexuelles ». Il s’agit de réconcilier désir et liberté, d’intégrer les pulsions dans une dynamique spirituelle. La chasteté est le dépassement de la fascination par la chair ou par une partie du corps. Elle revient à appréhender le corps à partir du visage et celui-ci à partir du regard et de la parole. Elle est pureté du regard, pureté du cœur, clarification du désir. Si l’on entend par « spirituel » l’entrée dans le dynamisme du don, je dirai que la chasteté consiste à vivre charnellement le spirituel et spirituellement le charnel. La chasteté peut prendre la forme de continence, celle-ci ne consistant pas seulement à s’abstenir, mais à se contenir. Elle est donc une vertu, c’est-à-dire une force, une capacité de la volonté. Célibataires hétérosexuels et homosexuels sont ici logés à la même enseigne. D’un point de vue qui déborde la morale chrétienne, il est nécessaire d’affirmer que pour les personnes homosexuelles qui en ont la capacité ‑ et une capacité de la volonté n’existe qu’en s’exerçant! ‑ la continence est un moyen d’attester l’orientation fondamentale de la sexualité vers l’alliance de l’homme et de la femme. Les sujets réalisent alors, à travers leur expérience du manque et du renoncement, la signification de la sexualité perçue comme plénière.
La troisième vertu est celle de l’amour. Comme le dit Jean Vanier, « aimer quelqu’un c’est lui révéler sa beauté ». Quelle que soit la condition sexuelle, l’amour, s’il est authentique, c’est-à-dire s’il se construit sur l’intégration et l’acceptation de la différence et de l’altérité de l’autre réel, ouvre sur de très nombreuses voies, à commencer par l’exigence de fidélité, non seulement de durée, mais aussi de loyauté et de solidarité.
Enfin, la quatrième vertu est l’humilité, qui est une disposition du cœur et qui consiste à s’aimer soi-même tel que l’on est, dans ses limites, ses carences, ses pauvretés. À cet égard, la condition homosexuelle me semble devoir être vécue très différemment selon qu’elle intègre ou non la reconnaissance des carences qui lui sont propres.
Dans ce que l’on appelle l’homosexualité, il y a donc un déficit (ce qui ne veut pas dire un refus) dans la fonction « altérité » ou, comme je le dis parfois, un arrêt sur le chemin vers l’altérité. Celui-ci suppose trois dépassements : 1. le dépassement de l’inceste (première forme de la relation au « même »); 2. le dépassement de l’autoérotisme (deuxième forme de la relation au « même » »); 3. le dépassement de l’homosexualité (troisième forme de la relation au « même »). Selon la formule du père Marc Oraison, « la femme est pour l’homme le plus autre ». Et réciproquement.
Il est très important de réaffirmer que les personnes homosexuelles peuvent recevoir l’appel aux valeurs éthiques et évangéliques au stade où elles se trouvent, telles qu’elles sont. Si tout homme est appelé, à la suite du Christ, à la sainteté, cela est vrai, à coup sûr, des personnes qui se disent homosexuelles.
Désordre, péché, faute
Il y a désordre quant à la signification et au retentissement psychoaffectif des actes homosexuels. Pour qu’il y ait péché, il faut que l’acte soit volontaire et libre, Il est donc clair que la condition homosexuelle n’est pas un péché, mais qu’un sujet homosexuel peut être un pécheur dès lors qu’il refuse le don de Dieu. C’est-à-dire s’il y a complaisance dans la non-vérité, dans ce qui est trouble. Quant à la faute, elle consiste en la transgression d’un interdit. Dans l’acte homosexuel, s’il n’y a plus transgression d’un interdit social, il y a toujours transgression d’un interdit ecclésial puisque l’Église continue à lier la sexualité au mariage.
La véritable base de la communauté chrétienne, telle qu’elle a été instituée par Jésus, est l’écoute et le partage de la Parole de Dieu, en essayant de vivre un amour non limité par la priorité donnée aux liens du sang. En ce sens, il me semble que les personnes homosexuelles, plutôt que de chercher à fonder une famille (en la transgressant), ,pourraient davantage apporter à l’Église en vivant selon d’autres modèles qui leur sont propres, ,à savoir l’affection fraternelle. « Est-ce que l’amitié homosexuelle ne serait pas à sa place, comme le mariage l’est à la sienne, un laboratoire de charité? », m’interrogeait récemment un homme d’orientation homosexuelle avec qui je suis en relation épistolaire.
Quel pourrait être le sens de la blessure de l’homosexualité dans le monde? Peut-être peut-on y lire trois rappels ou trois invitations. Une première consiste à percevoir nos vulnérabilités, la sexualité étant un lieu tout particulier de vulnérabilités. Une seconde invitation consiste à se rendre compte que l’intégration de la différence sexuée ne va pas de soi, qu’elle n’est pas purement instinctive, mais qu’elle est le fruit d’un héritage, d’une éducation. Une troisième invitation, enfin, serait de nous rappeler que, pour porter du fruit, il faut accepter d’être émondé (Jn 15, 2). La pauvreté spirituelle, c’est l’acceptation de ne pas être tout-puissant. Or il y a un rapport évident entre l’homosexualité ‑ où on peut se donner l’illusion d’être à la fois homme et femme ‑ et la transgression des limites. En ce sens, la tentation homosexuelle nous rappelle que seul celui qui accepte ses limites porte du fruit.
« Au fond de sa conscience, l’homme découvre la présence d’une loi qu’il ne s’est pas donnée lui-même, mais à laquelle il est tenu d’obéir. Cette voix qui ne cesse de le presser d’aimer et d’accomplir le bien et d’éviter le mal au moment opportun résonne dans l’intimité de son cœur. »
Vatican II, Gaudium et spes
À la fin de cette enquête, il s’agit de montrer qu’il est possible, ,en ayant des attraits homosexuels, de mener une vie chaste. Et cela non pas dans l’illusion d’un contrôle de son corps, mais dans la sincérité et la pureté du cœur, en centrant peu à peu sa vie sur le Christ, but vers lequel l’humanité tend tout entière.
Cette dernière partie voudrait être aussi un encouragement pour ceux qui, pour le moment, ne se sentent pas prêts ‑ ni appelés ‑ à vivre chastement mais qui le seront peut-être un jour. Car la chasteté est un chemin, une aventure non dépourvue de risques et de chutes. C’est pour cela qu’il faut du courage pour s’y engager. Or le courage est à la fois une vertu morale et un don de l’Esprit. Il faut les deux, la vertu et la grâce, pour être chaste.
Béatrice : « Je suis entièrement pardonnée, entièrement régénérée, justifiée et rendue libre par grâce puisque le Christ a payé le prix le plus élevé pour ma vie. » « Ce n’est ni une maladie, ni un genre supplémentaire, ,mais une tentation pour nous conduire vers un chemin de ténèbres ». Et si une personne a l’intime conviction qu’elle est homosexuelle, « c’est un mensonge de l’Accusateur ».
Marie-Thérèse Huguet
Saint Thomas d’Aquin considérait que toute maladie physique ou psychique ne pouvait provenir du dynamisme interne de la personne et avait toujours une raison extrinsèque. Si tel est le cas pour l’homosexualité, il faut essayer de trouver et d’éliminer ce facteur externe.
Il y a bien des manières d’aimer sans érotisme : l’amour parental, l’amour filial, l’amour de bienveillance (qui consiste à vouloir le bien de l’autre même si celui-ci ne nous aime pas), l’amour de charité… Sans doute serait-il bon, à ce propos, que l’on réapprenne, dans la société et dans l’Église, ce qu’est l’amour d’amitié. Une vulgarisation psychanalytique basée sur l’épanouissement égocentrique ne lui laisse, en effet, plus guère de place.
Or, tous nous possédons des capacités d’amitié, c’est-à-dire de gratuité, qu’il suffit de réveiller ‑ en faisant passer l’autre avant soi et en acceptant d’être aimé ‑ pour la laisser se déployer dans la pureté. « L’amitié, comme le dit le dominicain Jean-Michel Garrigues, est la révélation à un autre de ce qui nous tient le plus à cœur et nous rend donc le plus vulnérable ». C’est ce que Jésus a transmis à ses apôtres après la Cène : « Ce que mon Père m’a appris, je vous l’ai fait connaître. »
L’amour d’amitié, même s’il ne procrée pas, vient aussi de Dieu, qui ne demande jamais de s’amputer le cœur. « Notre vie humaine, écrivait saint Tomas d’Aquin, est faite pour nous exercer à avoir avec le plus d’hommes possible l’amour d’amitié dont nous nous aimerons éternellement. »
Dans l’histoire des saints, il y a bien des exemples d’amitié entre deux personnes, du même sexe ou non. Ainsi, Cyrille et Méthode, les deux évangélisateurs de la Russie, ont partagé une vie d’étude et d’amitié très profonde : « Nous étions une seule âme, nous recherchions Dieu d’un même cœur », écrivaient-ils.
L’Église catholique ne peut et ne pourra donc jamais bénir des unions homosexuelles.
Évidemment. L’Église ne peut pas cautionner ce qui est antinaturel et donc néfaste pour l’homme. C’est toujours par amour de la personne que l’Église refuse de cautionner une situation. Mais dire que les pratiques homosexuelles sont antinaturelles n’est pas condamner les personnes qui ont de tels attraits. L’Église a toujours insisté sur le respect et le soutien, notamment par l’amitié, dus à toute personne.
Nous sommes tous invités à être des saints. Il est frappant d’entendre décrire ‑ sans que personne ne les remette en cause ‑ les exigences rigoureuses et contraignantes demandées aux sportifs. Pourquoi la sainteté ne mériterait-elle pas les mêmes efforts que la réussite sportive? Pour devenir saint, donc heureux pour l’éternité, il suffît d’aimer, donc de suivre la loi donnée par Moïse sur le Sinaï et celle donnée par le Christ sur le mont des Béatitudes. « Vous aimez si vous suivez les commandements divins », avait résumé Jean-Paul II devant des jeunes en mars 2000. Ce sont les paroles de la vie éternelle qui tracent notre route de vie chrétienne. C’est sur cette route de la vie et du bonheur, donc de l’espérance, que nous sommes tous invités à cheminer. Prenons conscience de la joie déjà à notre portée, que « nul ne peut nous enlever » (Jn 16, 22) et du bonheur inouï qui nous attend! Et « ce poids de gloire est sans commune mesure avec les souffrances du temps présent » (II Cor 4, 17-18).
Le chrétien homosexuel a donc besoin, peut-être plus que d’autres, d’un accompagnement spirituel pour l’aider à cheminer en restant confiant dans l’amour de Dieu. Ainsi peu à peu l’Évangile sera entendu et la personne se découvrira dans la véritable identité de fils ou fille de Dieu, bien plus profonde et solide qu’une simple orientation s’exprimant par un attrait ou même par des pratiques. Et, de même que Job, qui n’a jamais blasphémé contre son Créateur dans sa détresse, comprend peu à peu qu’il « a parlé sans comprendre des choses étonnantes qui le dépassent et qu’il ne connaît pas » (Jb 42, 3), la personne ayant des attraits homosexuels découvrira que Dieu est le premier à entendre son cri, à l’accueillir et à le conduire sur un chemin de liberté.
Mgr Pierre d’Ornellas
La seule solution pour vivre l’inachèvement du célibat, ,qu’il soit choisi ou non, consiste à le vivre dans le don de soi, à l’intérieur d’une relation réelle, concrète. Car l’homme est fait pour la relation; il n’existe que dans la relation, comme le dit Jean-Paul II dans sa dernière encyclique, Fides et ratio, « l’homme biblique a découvert qu’il ne pouvait pas se comprendre sinon comme un être en relation » (no 21). Ainsi, pour un chrétien homosexuel, ce peut être la relation à Dieu, au Christ, à l’Église, aux souffrants et blessés de la vie. Pour d’autres, ce peut être une œuvre littéraire ou artistique, une grande cause humanitaire…
Conditions pour que le célibataire chrétien soit fécond.
1. recevoir sa vie et sa vocation de Dieu, lui faire confiance.
Cela suppose aller là où Dieu parle, à savoir dans sa parole, dans le pauvre aimé, dans le silence intérieur et dans la foi. « La foi donne Dieu lui-même », écrit saint Jean de la Croix. accepter de se tenir en sa présence alors qu’on ne sent rien, de le scruter pour le connaître.
2. Une fois qu’on a trouvé ce lieu qui é,merveille, éviter le « zapping ».
Demeurer fidèle et creuser le sillon en cohérence. Lâcher les choses auxquelles nous nous accrochons et qui nous empêchent d’être libres, ,y compris le stress des actions toujours à entreprendre.
3. Être réaliste pour se recevoir soi-même et les autres tels qu’ils sont.
Troisième condition pour entrer vraiment en relation.
Source : http://www3.sympatico.ca/alpha/chretien ... ualite.doc
LES CHRÉTIENS ET L’HOMOSEXUALITÉ, L’ENQUÊTE
Claire Lesegretain
La miséricorde de Dieu peut guérir toutes les fragilités, mais elle ne peut pas guérir l’orgueil. Si l’on accepte que la conscience soit éclairée par un autre que soi, c’est-à-dire par Dieu, alors il n’y a pas blocage dans l’orgueil. Mais, si l’on pense que l’on peut éclairer sa conscience par soi-même, alors on pèche contre l’Esprit saint. Et c’est ce péché-là qui conduit à la désespérance. Parce que l’on se croit au-dessus du pardon de Dieu.
On a besoin de prêtres qui soient bons, ce qui ne signifie pas qu’ils soient mous. Car on ne gradualise pas la loi, mais on chemine graduellement vers la sainteté.
Un père grec disait : « Le démon n’a pas entre les mains d’arme plus redoutable que le désespoir; aussi lui faisons-nous moins plaisir en péchant qu’en désespérant! »
La conception d’un enfant est forcément double, mentale et corporelle, matérielle et immatérielle, et la première des deux, la conception immatérielle de l’enfant, est tout aussi fondamentale que sa conception matérielle.
Après la première alliance passée entre Dieu et Noé et signifiée par l’arc-en-ciel (Gn 9, 13), la seconde, passée entre Dieu et Abraham, est signifiée par la circoncision (Gn 17, 10). Une circoncision qui, comme une « bague au sexe », rappelle qu’Abraham ne peut plus être amoureux du père car il est devenu amant de Dieu. C’est le seul personnage de la Genèse auquel Dieu s’adresse en lui disant qu’il a « voulu le connaître » (Gn 18, 19). Avec Abraham, descendant de Sem, ,la pulsion homosexuelle est définitivement sublimée dans l’amour de Dieu.
Entrevue avec Vincent Laupies
Dans ma pratique, je rencontre souvent trois types d’attitude « spirituelle » inadéquats face à l’homosexualité.
1 - La première, particulièrement archaïque, consiste à considérer l’existence de tendances homosexuelles comme un péché en soi. Le raisonnement est le suivant : l’homosexualité n’est pas dans le plan de Dieu, donc les personnes ayant ces attraits ne sont pas conformes à ce que Dieu attend. Pour être « bon chrétien », il faudrait donc être hétérosexuel.
2 - La deuxième attitude inadéquate consiste à traiter les relations homosexuelles simplement comme des passages à l’acte allant contre la vertu de chasteté. Seule la qualification morale des actes est prise en compte, leur signification psychique étant ignorée. Dans cette optique, les accompagnateurs proposent aux personnes ayant des attraits homosexuels de lutter pour ne pas y céder et de se confesser le cas échéant.
3- Enfin, la troisième attitude inadéquate consiste à affirmer que l’homosexualité agie est compatible avec la vie chrétienne, à partir du moment où elle intègre les valeurs évangéliques. Cette position s’affronte à l’enseignement de l’Église sur l’homosexualité et est source de militantisme et/ou de culpabilité.
Deux conceptions de l’amour. Dans la première, que l’on peut qualifier de « spiritualiste », l’amour est conçu comme étant de nature spirituelle, au sens où il naît dans l’intelligence et la volonté. L’intelligence connaît un objet qui se révèle être aimable. À partir de là, la volonté est attirée par cet objet et souhaite partager sa vie, accueillir ce qu’il peut donner et se donner à lui. Le corps et l’affectivité sont engagés, mais de manière secondaire.
La deuxième conception est d’origine freudienne. L’amour est issu de la libido, qui est la source de toutes les activités humaines par transformations successives. Le travail et la religion, par exemple, seraient issus de la sublimation, qui permet de dériver la pulsion vers un nouveau but non sexuel grâce à des objets socialement valorisés. Dans cette optique, l’être humain est guidé entièrement par un dynamisme intérieur. Les objets ne sont pas conçus comme ce qui attire l’être humain de l’extérieur, mais ce par quoi la pulsion atteint sa satisfaction.
Dans ce parcours d’accompagnement spirituel de la personne homosexuelle, il se peut que les tendances homosexuelles s’estompent ou qu’elles demeurent identiques. L’important est que la personne développe la capacité d’établir des relations souples, respectueuses et orientées vers le bien de chacun. Plus cette capacité grandit et plus la personne s’unifie. L’amour est expérimenté comme vie relationnelle et pas simplement comme réalisation du désir. C’est uniquement dans cette dynamique que l’enseignement de peut prendre son sens et devenir réalisable. La chasteté ne peut être vécue que lorsqu'elle est orientée vers l'ouverture à soi-même et aux autres.
La notion de guérison a pris une place importante dans l’accompagnement spirituel depuis quelques décennies. Habituellement, les discours sur la guérison concernent les conditionnements, à la différence de ceux sur la sainteté, qui concernent les facultés, et de ceux sur la perfection, qui concernent les actes. Rappelons que les facultés spirituelles, l’intelligence, la volonté, l’imagination et la mémoire, sont conditionnées par le corps, l’histoire, le psychisme, les liens familiaux de la personne et sa place dans la société. À partir de ses facultés, l’homme pose des actes. Les facultés, leur conditionnement et les actes constituent trois pôles intimement unis. La guérison, qui consiste à être le moins contraint possible par les conditionnements, vise la liberté intérieure pour pouvoir aimer Dieu et les autres plus profondément. Dans l’absolu, les facultés de la personne n’étant plus entravées, le désir d’infini qui anime la personne peut alors s’épanouir en quêter de Dieu.
L’approfondissement de la notion de filiation divine permet la guérison, la sainteté, la perfection. Car l’homme est un être de don : il est donné à lui-même; il reçoit la vie et se reçoit lui-même d’un autre. (Ce qui doit être expérimenté dans l'amitié, bien avant la condamnation, car la condamnation est dû au rejet de l'amour de Dieu, mais rejète-t-on vraiment ce que nous ne connaissons pas?) Sa condition fondamentale est de venir d’un autre qui est son origine. Or la Révélation nous indique que la source du don est l’Amour de Dieu le Père. En accompagnant ce mouvement du don, l’homme même une vie filiale, faite de confiance en Dieu, d’amour et de liberté.
Toute trajectoire de vie, dès lors qu’elle est relue sous le regard de Dieu, peut devenir féconde.
Lytta Basset
La « diabolisation » d’autrui se trouve toujours démultipliée par le « blanchissage » de nous-mêmes. Dès le moment où je m’avoue à moi-même que je ne suis pas d’une autre espèce, dès le moment où je m’accueille plus complexe, plus traversé(e) de contradictions que je l’avais cru, autrui m’apparaît moins noir et je commence à m’ouvrir à ma propre complexité.
Xavier Lacroix
J’utilise peu les termes « homosexualité » et « homosexuel », pour leur préférer les termes plus précis d’« homoaffectivité », d’« homoérotisme », d’« homosensualité » ou d’« homosocialité ».
L’homoaffectivité, synonyme d’« homophilie » (terme souvent rejeté dans les milieux gays) consiste à vivre des amours, des affections fortes avec des personnes du même sexe.
L’homoérotisme consiste à avoir des relations érotiques avec quelqu’un du même sexe. Il peut prendre un caractère compulsif et répétitif.
Dans l’homosensualité, il s’agit de corps à corps mais sans érotisme, tels qu’ils peuvent exister entre père et fils, entre mère et fille, ou enter sportifs. Le garçon a besoin de contacts sensuels avec son père, dans la lutte et le jeu.(Qu'arrive-t-il à celui que ça manque?)
Enfin, l’homosocialité consiste à trouver plaisir dans des relations fréquentes et régulières entre hommes (au bistrot, par exemple) ou entre femmes, comme cela se faisait beaucoup plus il y a encore cinquante ans.
Il importe de souligner que les personnes homosexuelles sont appelées aux mêmes valeurs éthiques que les autres, dans la situation où elles se trouvent. J’ai l’habitude d’en indiquer quatre.
La première valeur ou ‑ pour employer un terme moins flou ‑ vertu est l’accueil réel de la différence réelle. La personne qui éprouve des entraves spécifiques, dans son désir érotique, pour accéder à la différence sexuelle, se voit proposer bien d’autres voies d’accès à la différence : amitié, sympathie, attention, écoute, générosité, hospitalité, etc. Par ailleurs, si la différence sexuelle est la plus fondamentale, il en existe d’autres qui sont loin d’être secondaires : l’âge, la culture, la race, la religion, sans oublier les différences d’un individu à un autre, ce qui est déjà tout un programme.
La seconde vertu est la chasteté. Ce terme ne désigne pas d’emblée la continence mais, selon l’excellente définition de Xavier Thévenot, la « maîtrise libérante des pulsions sexuelles ». Il s’agit de réconcilier désir et liberté, d’intégrer les pulsions dans une dynamique spirituelle. La chasteté est le dépassement de la fascination par la chair ou par une partie du corps. Elle revient à appréhender le corps à partir du visage et celui-ci à partir du regard et de la parole. Elle est pureté du regard, pureté du cœur, clarification du désir. Si l’on entend par « spirituel » l’entrée dans le dynamisme du don, je dirai que la chasteté consiste à vivre charnellement le spirituel et spirituellement le charnel. La chasteté peut prendre la forme de continence, celle-ci ne consistant pas seulement à s’abstenir, mais à se contenir. Elle est donc une vertu, c’est-à-dire une force, une capacité de la volonté. Célibataires hétérosexuels et homosexuels sont ici logés à la même enseigne. D’un point de vue qui déborde la morale chrétienne, il est nécessaire d’affirmer que pour les personnes homosexuelles qui en ont la capacité ‑ et une capacité de la volonté n’existe qu’en s’exerçant! ‑ la continence est un moyen d’attester l’orientation fondamentale de la sexualité vers l’alliance de l’homme et de la femme. Les sujets réalisent alors, à travers leur expérience du manque et du renoncement, la signification de la sexualité perçue comme plénière.
La troisième vertu est celle de l’amour. Comme le dit Jean Vanier, « aimer quelqu’un c’est lui révéler sa beauté ». Quelle que soit la condition sexuelle, l’amour, s’il est authentique, c’est-à-dire s’il se construit sur l’intégration et l’acceptation de la différence et de l’altérité de l’autre réel, ouvre sur de très nombreuses voies, à commencer par l’exigence de fidélité, non seulement de durée, mais aussi de loyauté et de solidarité.
Enfin, la quatrième vertu est l’humilité, qui est une disposition du cœur et qui consiste à s’aimer soi-même tel que l’on est, dans ses limites, ses carences, ses pauvretés. À cet égard, la condition homosexuelle me semble devoir être vécue très différemment selon qu’elle intègre ou non la reconnaissance des carences qui lui sont propres.
Dans ce que l’on appelle l’homosexualité, il y a donc un déficit (ce qui ne veut pas dire un refus) dans la fonction « altérité » ou, comme je le dis parfois, un arrêt sur le chemin vers l’altérité. Celui-ci suppose trois dépassements : 1. le dépassement de l’inceste (première forme de la relation au « même »); 2. le dépassement de l’autoérotisme (deuxième forme de la relation au « même » »); 3. le dépassement de l’homosexualité (troisième forme de la relation au « même »). Selon la formule du père Marc Oraison, « la femme est pour l’homme le plus autre ». Et réciproquement.
Il est très important de réaffirmer que les personnes homosexuelles peuvent recevoir l’appel aux valeurs éthiques et évangéliques au stade où elles se trouvent, telles qu’elles sont. Si tout homme est appelé, à la suite du Christ, à la sainteté, cela est vrai, à coup sûr, des personnes qui se disent homosexuelles.
Désordre, péché, faute
Il y a désordre quant à la signification et au retentissement psychoaffectif des actes homosexuels. Pour qu’il y ait péché, il faut que l’acte soit volontaire et libre, Il est donc clair que la condition homosexuelle n’est pas un péché, mais qu’un sujet homosexuel peut être un pécheur dès lors qu’il refuse le don de Dieu. C’est-à-dire s’il y a complaisance dans la non-vérité, dans ce qui est trouble. Quant à la faute, elle consiste en la transgression d’un interdit. Dans l’acte homosexuel, s’il n’y a plus transgression d’un interdit social, il y a toujours transgression d’un interdit ecclésial puisque l’Église continue à lier la sexualité au mariage.
La véritable base de la communauté chrétienne, telle qu’elle a été instituée par Jésus, est l’écoute et le partage de la Parole de Dieu, en essayant de vivre un amour non limité par la priorité donnée aux liens du sang. En ce sens, il me semble que les personnes homosexuelles, plutôt que de chercher à fonder une famille (en la transgressant), ,pourraient davantage apporter à l’Église en vivant selon d’autres modèles qui leur sont propres, ,à savoir l’affection fraternelle. « Est-ce que l’amitié homosexuelle ne serait pas à sa place, comme le mariage l’est à la sienne, un laboratoire de charité? », m’interrogeait récemment un homme d’orientation homosexuelle avec qui je suis en relation épistolaire.
Quel pourrait être le sens de la blessure de l’homosexualité dans le monde? Peut-être peut-on y lire trois rappels ou trois invitations. Une première consiste à percevoir nos vulnérabilités, la sexualité étant un lieu tout particulier de vulnérabilités. Une seconde invitation consiste à se rendre compte que l’intégration de la différence sexuée ne va pas de soi, qu’elle n’est pas purement instinctive, mais qu’elle est le fruit d’un héritage, d’une éducation. Une troisième invitation, enfin, serait de nous rappeler que, pour porter du fruit, il faut accepter d’être émondé (Jn 15, 2). La pauvreté spirituelle, c’est l’acceptation de ne pas être tout-puissant. Or il y a un rapport évident entre l’homosexualité ‑ où on peut se donner l’illusion d’être à la fois homme et femme ‑ et la transgression des limites. En ce sens, la tentation homosexuelle nous rappelle que seul celui qui accepte ses limites porte du fruit.
« Au fond de sa conscience, l’homme découvre la présence d’une loi qu’il ne s’est pas donnée lui-même, mais à laquelle il est tenu d’obéir. Cette voix qui ne cesse de le presser d’aimer et d’accomplir le bien et d’éviter le mal au moment opportun résonne dans l’intimité de son cœur. »
Vatican II, Gaudium et spes
À la fin de cette enquête, il s’agit de montrer qu’il est possible, ,en ayant des attraits homosexuels, de mener une vie chaste. Et cela non pas dans l’illusion d’un contrôle de son corps, mais dans la sincérité et la pureté du cœur, en centrant peu à peu sa vie sur le Christ, but vers lequel l’humanité tend tout entière.
Cette dernière partie voudrait être aussi un encouragement pour ceux qui, pour le moment, ne se sentent pas prêts ‑ ni appelés ‑ à vivre chastement mais qui le seront peut-être un jour. Car la chasteté est un chemin, une aventure non dépourvue de risques et de chutes. C’est pour cela qu’il faut du courage pour s’y engager. Or le courage est à la fois une vertu morale et un don de l’Esprit. Il faut les deux, la vertu et la grâce, pour être chaste.
Béatrice : « Je suis entièrement pardonnée, entièrement régénérée, justifiée et rendue libre par grâce puisque le Christ a payé le prix le plus élevé pour ma vie. » « Ce n’est ni une maladie, ni un genre supplémentaire, ,mais une tentation pour nous conduire vers un chemin de ténèbres ». Et si une personne a l’intime conviction qu’elle est homosexuelle, « c’est un mensonge de l’Accusateur ».
Marie-Thérèse Huguet
Saint Thomas d’Aquin considérait que toute maladie physique ou psychique ne pouvait provenir du dynamisme interne de la personne et avait toujours une raison extrinsèque. Si tel est le cas pour l’homosexualité, il faut essayer de trouver et d’éliminer ce facteur externe.
Il y a bien des manières d’aimer sans érotisme : l’amour parental, l’amour filial, l’amour de bienveillance (qui consiste à vouloir le bien de l’autre même si celui-ci ne nous aime pas), l’amour de charité… Sans doute serait-il bon, à ce propos, que l’on réapprenne, dans la société et dans l’Église, ce qu’est l’amour d’amitié. Une vulgarisation psychanalytique basée sur l’épanouissement égocentrique ne lui laisse, en effet, plus guère de place.
Or, tous nous possédons des capacités d’amitié, c’est-à-dire de gratuité, qu’il suffit de réveiller ‑ en faisant passer l’autre avant soi et en acceptant d’être aimé ‑ pour la laisser se déployer dans la pureté. « L’amitié, comme le dit le dominicain Jean-Michel Garrigues, est la révélation à un autre de ce qui nous tient le plus à cœur et nous rend donc le plus vulnérable ». C’est ce que Jésus a transmis à ses apôtres après la Cène : « Ce que mon Père m’a appris, je vous l’ai fait connaître. »
L’amour d’amitié, même s’il ne procrée pas, vient aussi de Dieu, qui ne demande jamais de s’amputer le cœur. « Notre vie humaine, écrivait saint Tomas d’Aquin, est faite pour nous exercer à avoir avec le plus d’hommes possible l’amour d’amitié dont nous nous aimerons éternellement. »
Dans l’histoire des saints, il y a bien des exemples d’amitié entre deux personnes, du même sexe ou non. Ainsi, Cyrille et Méthode, les deux évangélisateurs de la Russie, ont partagé une vie d’étude et d’amitié très profonde : « Nous étions une seule âme, nous recherchions Dieu d’un même cœur », écrivaient-ils.
L’Église catholique ne peut et ne pourra donc jamais bénir des unions homosexuelles.
Évidemment. L’Église ne peut pas cautionner ce qui est antinaturel et donc néfaste pour l’homme. C’est toujours par amour de la personne que l’Église refuse de cautionner une situation. Mais dire que les pratiques homosexuelles sont antinaturelles n’est pas condamner les personnes qui ont de tels attraits. L’Église a toujours insisté sur le respect et le soutien, notamment par l’amitié, dus à toute personne.
Nous sommes tous invités à être des saints. Il est frappant d’entendre décrire ‑ sans que personne ne les remette en cause ‑ les exigences rigoureuses et contraignantes demandées aux sportifs. Pourquoi la sainteté ne mériterait-elle pas les mêmes efforts que la réussite sportive? Pour devenir saint, donc heureux pour l’éternité, il suffît d’aimer, donc de suivre la loi donnée par Moïse sur le Sinaï et celle donnée par le Christ sur le mont des Béatitudes. « Vous aimez si vous suivez les commandements divins », avait résumé Jean-Paul II devant des jeunes en mars 2000. Ce sont les paroles de la vie éternelle qui tracent notre route de vie chrétienne. C’est sur cette route de la vie et du bonheur, donc de l’espérance, que nous sommes tous invités à cheminer. Prenons conscience de la joie déjà à notre portée, que « nul ne peut nous enlever » (Jn 16, 22) et du bonheur inouï qui nous attend! Et « ce poids de gloire est sans commune mesure avec les souffrances du temps présent » (II Cor 4, 17-18).
Le chrétien homosexuel a donc besoin, peut-être plus que d’autres, d’un accompagnement spirituel pour l’aider à cheminer en restant confiant dans l’amour de Dieu. Ainsi peu à peu l’Évangile sera entendu et la personne se découvrira dans la véritable identité de fils ou fille de Dieu, bien plus profonde et solide qu’une simple orientation s’exprimant par un attrait ou même par des pratiques. Et, de même que Job, qui n’a jamais blasphémé contre son Créateur dans sa détresse, comprend peu à peu qu’il « a parlé sans comprendre des choses étonnantes qui le dépassent et qu’il ne connaît pas » (Jb 42, 3), la personne ayant des attraits homosexuels découvrira que Dieu est le premier à entendre son cri, à l’accueillir et à le conduire sur un chemin de liberté.
Mgr Pierre d’Ornellas
La seule solution pour vivre l’inachèvement du célibat, ,qu’il soit choisi ou non, consiste à le vivre dans le don de soi, à l’intérieur d’une relation réelle, concrète. Car l’homme est fait pour la relation; il n’existe que dans la relation, comme le dit Jean-Paul II dans sa dernière encyclique, Fides et ratio, « l’homme biblique a découvert qu’il ne pouvait pas se comprendre sinon comme un être en relation » (no 21). Ainsi, pour un chrétien homosexuel, ce peut être la relation à Dieu, au Christ, à l’Église, aux souffrants et blessés de la vie. Pour d’autres, ce peut être une œuvre littéraire ou artistique, une grande cause humanitaire…
Conditions pour que le célibataire chrétien soit fécond.
1. recevoir sa vie et sa vocation de Dieu, lui faire confiance.
Cela suppose aller là où Dieu parle, à savoir dans sa parole, dans le pauvre aimé, dans le silence intérieur et dans la foi. « La foi donne Dieu lui-même », écrit saint Jean de la Croix. accepter de se tenir en sa présence alors qu’on ne sent rien, de le scruter pour le connaître.
2. Une fois qu’on a trouvé ce lieu qui é,merveille, éviter le « zapping ».
Demeurer fidèle et creuser le sillon en cohérence. Lâcher les choses auxquelles nous nous accrochons et qui nous empêchent d’être libres, ,y compris le stress des actions toujours à entreprendre.
3. Être réaliste pour se recevoir soi-même et les autres tels qu’ils sont.
Troisième condition pour entrer vraiment en relation.
Dernière modification par Christophe le lun. 23 juin 2008, 19:38, modifié 1 fois.
Raison : Ajout du lien vers la source originelle...
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Comme un petit enfant, moi aussi, je veux me laisser prendre dans les bras de Dieu, mon Père en Jésus-Christ, me laisser asseoir sur ses épaules, et voir enfin, devant moi, au loin, s'élargir mes horizons.
Re: Questionnement sur l'homosexualité
il est vrai que cela répond tout à fait très bien à la question.
Je ne vois d'ailleurs pas bien ce que nous pourrions ajouter après cela - part "ah mais oui" ou "c'est très vrai" ou "comme cela exprime bien ceci que je sentais sans bien pouvoir l'expliquer clairement", ou encore "ah oui, je n'avais pas pensé à cet autre point, là".

Je ne vois d'ailleurs pas bien ce que nous pourrions ajouter après cela - part "ah mais oui" ou "c'est très vrai" ou "comme cela exprime bien ceci que je sentais sans bien pouvoir l'expliquer clairement", ou encore "ah oui, je n'avais pas pensé à cet autre point, là".
“Il serait présomptueux de penser que ce que l'on sait soi-même n'est pas accessible à la majorité des autres hommes.”
[Konrad Lorenz]
“Celui qui connaît vraiment les animaux est par là même capable de comprendre pleinement le caractère unique de l'homme.”
[Konrad Lorenz]
Extrait de L'Agression
[Konrad Lorenz]
“Celui qui connaît vraiment les animaux est par là même capable de comprendre pleinement le caractère unique de l'homme.”
[Konrad Lorenz]
Extrait de L'Agression
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