Spécificités de la FORM et FERM du rite romain

wanderer
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Re: Les chants dans la Messe

Message non lu par wanderer »

Je pensais par ailleurs écrire un petit article sur les modes grégoriens quand le temps me le permettra, ce sera l'occasion de préciser ce que vous avez exposé. Cela me prendra quelques jours.

A bientôt pour approfondir ensemble notre connaissance du chant de l'Eglise. :pape:

:fleur:

Wanderer

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François-Xavier
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Re: Les chants dans la Messe

Message non lu par François-Xavier »

Wanderer a écrit :Voilà il me semble le contrepoids à votre exemple au sujet de Dom Guéranger. Il peut y avoir le chaos suite à une loi mal appliquée. Selon les circonstances, il appartiendra au pape de décider s'il faut retirer la loi ou avoir la patience pour la faire bien appliquer. Pour moi, tant que l'autorité n'a pas tranché cette question clairement et tant que l'on ne m'aura pas apporté d'élément convaincant, ma position restera la même. Si demain le pape publie une lettre pour dire qu'il vaut mieux participer à un renouveau liturgique dans les "paroisses lambdas", ce sera dur pour moi, mais je me soumettrai. En attendant, par son motu proprio, Benoît XVI nous laisse le choix.
si je comprends bien votre pensée (dites moi si je me trompe), vous faites un parallèle entre cette décision spécifique liée à un cas particulier (c'est à dire un indult) concernant la distribution sous les deux espèces de la Sainte Eucharistie par le pape Pie IV puis son abrogation par le pape Pie V et la mise en oeuvre par le pape Paul VI d'un ordo Missae réformé, qui, si je suis votre pensée, pourrait être de la même façon abrogé par un de ses successeurs ? Ai-je bien compris ?

Merci de votre réponse.
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Re: Les chants dans la Messe

Message non lu par wanderer »

Je fais ce parallèle entre cette loi de l'Eglise et l'ordo Missae en effet, mais j'aurais pu choisir n'importe quelle autre loi qui a été modifiée ou abrogée au cours de l'histoire de l'Eglise. Il ne s'agit que d'un exemple qui n'a pas d'autre but que de donner une application matérielle à cet énoncé plus que banal: "si l'introduction d'une loi nouvelle dans l'Eglise suscite un trop grand désordre, elle peut être abrogée ou modifiée".

Mon souhait est aussi de dire que la loi nouvelle n'est pas forcément meilleure que la précédente pour le simple motif qu'elle est nouvelle. Or, je n'ai vu aucun argument qui montrerait que l'on peut effectivement espérer les fruits de la réforme si on l'applique bien. Il me semble que vous restez au niveau de "l'acte de foi" selon vos propres termes. Je ne dis pas non plus qu'il est impossible que la réforme porte de bons fruits. Pour résumer, je pense que vous avez prouvé que votre hypothèse était plausible mais pas qu'elle était vraie.

Regardons les choses à long terme. Nous avons deux formes du même rite romain. Toutes deux sont saintes et vénérables, mais il me semble évident que cette situation ne pourra pas durer des siècles. Qu'est-ce à dire? A mon sens, à terme il existe trois solutions:

:arrow: garder le seul missel promulgué par sa sainteté le pape Paul VI
:arrow: revenir à l'ancien missel
:arrow: faire une espèce de mélange des deux (???)

Il est évident qu'aucune de ces trois décisions ne peut être prise pour l'instant sans déchirer à nouveau l'Eglise. C'est pourquoi la cohabitation des deux formes du rite est vraiment la meilleure chose qui pouvait arriver à l'Eglise en 2008. Je pense d'ailleurs que nous en avons pris pour au moins un demi siècle de cohabitation. Mais en 2100? La solution qui me semble la meilleure à long terme est la seconde, en changeant éventuellement un tout petit peu le missel promulgué par Jean XXIII. Je sais bien qu'il a évolué un peu dans l'histoire donc je n'aspire pas à garder le même missel stricto sensu jusqu'à la fin du monde. Je pense en effet que le missel promulgué par le pape Jean XXIII permet une meilleure pénétration du mystère du saint sacrifice. Cette opinion (la deuxième) est le fondement de mon engagement quotidien. Est-ce que vous comprenez mieux ce que j'essaie de dire maladroitement? Je pense que vous tenez pour votre part la troisième et c'est aussi, j'imagine le sens de votre engagement.

La liturgie doit être vécue. Selon moi, personne n'est capable de trancher définitivement la question aujourd'hui en 2008. Faisons cette expérience de la cohabitation en vérité et il en sortira le plus grand bien pour l'Eglise. A court terme, je pense néanmoins qu'il est indiscutable (étant donné l'état actuel des liturgies pratiquées en réalité) que l'enrichissement sera plus dans un sens que dans l'autre.

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François-Xavier
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Re: Les chants dans la Messe

Message non lu par François-Xavier »

OK, merci pour cette précision. Je n'étais pas certain de comprendre à 100%.
Pour argumenter sur cette question, quelques observations :
- La mise en oeuvre d'une réforme liturgique après le Concile Vatican II ne relève pas d'une loi particulière, ou d'un indult. C'est la loi générale.
- par contre, l'autorisation parallèle du missel de Saint Pie V relève d'une mesure particulière inédite. Ce le fut dès 1969 où le missel de 1962 était autorisé pour les prêtres agés, puis en 1984, où Jean-Paul II a publié un texte d'indult, puis en 1988, où il réinsiste sur cet indult endemandant une application large et généreuse, et encore en 2007, où le pape Benopit XVI rappelle que cette "forme extraordinaire" n'a jamais été abrogée... En tant que forme extraordinaire... En cela il ne s'écarte en rien de la pensée de Jean Paul II. C'est la discipline afférente à l'utilisation de cette forme extraordinaire qui peu à peu s'adapte aux demandes et.... Aux réticences de certains.
- Comprenons bien ce que veut dire "forme extraordinaire" : ce n'est pas une façon de dire "superbe", "magnifique", "plus belle". Ce n'est pas non plus "en dehors de la norme". Il ne s'agit pas ici d'être dans une logique de normalité ou d'anormalité. Sinon on aurait parlé de "forme anormale", et de "forme normale". La norme renvoit à une percpetion juridique de cette question, alors que cette question dépasse largement la question juridique. "Extraordinaire", veut dire "en dehors de l'ordre des choses", c'est à dire "en dehors de la nature". Typiquement, de la même façon qu'il y a dans certains cas nécessité de recourrir à des "ministres extraordinaires" de la Ste Communion, il y a besoin dans certains cas de recourrir à des "formes extraordinaires" d'un (unique) rite. Le mot "extraordinaire" est également employé au sujet des manifestations mystiques - parfois - surnaturelles (mis pas toujours), qui - come l'enseigne depuis toujours l'Eglise - n'ajoutent absoluement rien à la Foi et ne sont jamais nécessaires au salut. Par définition, quelquechose d'extraordinaire, au sens où l'Eglise emploie ce mot, peut durer - même longtemps - mais par définition n'est pas la façon "naturelle" d'agir pour l'Eglise. En désignant les livres liturgiques publiés par Jean XXIII de "forme extraordinaire" dans son Motu Proprio Summorum Pontificum, Benoît XVI répond à vore interrogation. Cette forme n'est pas abrogée. Mais elle est en dehors de l'ordre des choses. L'Eglise, pour sa liturgie, emploie "naturellement" une liturgie qui a été réformée à la demande explicite d'un Souverain Pontife et d'un Concile oecuménique.
Cela n'empêche pas, évidemment de réfléchir sur justement le véritable "ordre naturel des choses" concernant le rite romain, qui comme je l'ai expliqué, ne réside certainement pas entièrement dans les seules rubriques du Missale Romanum de 2002.

Il y a une chose à retenir, à mon sens : c'est que la prière de l'Eglise est le moyen ordinaire de notre sanctification :
Dom Guéranger a écrit : La prière de l’Église est donc la plus agréable à l’oreille et au cœur de Dieu, et, partant, la plus puissante. Heureux donc celui qui prie avec l’Église, qui associe ses vœux particuliers à ceux de cette Épouse, chérie de l’Époux et toujours exaucée ! Et c’est pourquoi le Seigneur Jésus nous a appris à dire notre Père, et non mon Père ; donnez-nous, pardonnez-nous, délivrez-nous, et non donnez-moi, pardonnez-moi, délivrez-moi. Aussi pendant plus dé mille ans, voyons-nous que l’Église, qui prie dans ses temples sept fois le jour et encore au milieu de la nuit, ne priait point seule. Les peuples lui faisaient compagnie, et se nourrissaient avec délices de la manne cachée sous les paroles et les mystères de la divine liturgie. Initiés ainsi au cycle divin des mystères de l’année chrétienne, les fidèles, attentifs à l’Esprit, savaient les secrets de la vie éternelle ; et sans autre préparation, un homme était souvent choisi par les pontifes pour devenir prêtre ou pontife lui-même, afin de répandre sur le peuple chrétien les trésors de doctrine et d’amour qu’il avait amassés à leur source.

Car si la prière faite en union avec l’Église est la lumière de l’intelligence, elle est aussi, pour le cœur, le foyer de la divine charité. L’âme chrétienne ne se retire pas à l’écart pour converser avec Dieu et louer ses grandeurs et ses miséricordes, parce qu’elle sait bien que la société de l’Épouse du Christ ne l’enlève pas à elle-même. Ne fait-elle pas elle-même partie de cette Église qui est l’Épouse, et Jésus-Christ n’a-t-il pas dit : Mon Père, qu’ils soient un en la manière que nous sommes un (Jn 17, 11) ? Et quand plusieurs sont rassemblés en son nom, le même Sauveur ne nous assure-t-il pas qu’Il est au milieu d’eux (Mt 18, 20) ? L’âme pourra donc converser à l’aise avec son Dieu qui témoigne être si près d’elle ; elle pourra psalmodier comme David, en présence des anges, dont la prière éternelle s’unit dans le temps à la prière de l’Église.
Donc, la "forme ordinaire", même avec ses imperfections, ses limites venues de l'homme et les traces d'idéologie qui a prévalu lors de sa réforme, reste cette prière naturelle de l'Epouse à l'Epoux, et de l'Epoux à l'Epouse. Et de ce fait la plus puissante et toujours exaucée. Si la forme ordinaire m'intéresse, c'est justement parce qu'elle est ordinaire, c'est à dire "dans l'ordre des choses", au delà des imperfections et des manques que notre sensibilité peut - à juste titre - percevoir. Ce n'est pas la "nouveauté" qui m'intéresse : c'est l'ordinaire.

De la même façon, les grands spirituels savent qu'il faut privilégier les moyens ordinaires que nous donnent l'Eglise :
Madame Cécile Bruyère, osb a écrit :Disons encore que le mot extraordinaire n’est point synonyme du mot surnaturel ; la distinction à faire entre les deux est très importante. La vision intuitive, qui est le terme dernier du surnaturel, ne saurait être taxée d’extraordinaire, puisqu’elle vient de la part de tous ceux qui sont sauvés. Ainsi une grâce d’union peut être très élevée, sans revêtir une forme extraordinaire, tandis que certaines grâces extraordinaires n’entraînent pas avec elles l’union divine.
(...)
Il sera toujours légitime d’aspirer à l’union avec Dieu qui est notre fin, sans désirer pour cela les voies extraordinaires et les phénomènes, qui, quelquefois y conduisent, mais qui ne sont pas indispensables, et même disparaissent peu à peu, lorsque l’âme atteint le point culminant de la vie surnaturelle.
Par ailleurs, l'Eglise n'a jamais prétendu que les deux formes avaient une égale valeur. Il faut peut être insister sur ce point. Et la forme ordinaire n'a pas une valeur supérieure à la forme extraordinaire pour des raisons théologiques, rituelles, sociologiques, cuturelles ou j'en passe : elle a une plus grande valeur parce qu'elle est naturellement la source et le sommet de notre vie chrétienne.

Les gens se sont étonnés de l'emploi du mot "forme" et de l'existence de "deux formes" du rite romain, le plus souvent pour s'élever contre Sumorum Pontificum et contre le Saint Père. Ce n'était pas nouveau, pourtant :
Congrégation du Culte divin, 3 juillet 1999 a écrit :L'usage de la forme qui a précédé la rénovation liturgique post-conciliaire du Rite romain (que cette forme soit appelée «traditionnelle», «antique», «de Saint Pie V», «classique» ou «tridentine») a été accordée, en des termes fixés dans le Motu proprio Ecclesia Dei adflicta aux personnes et aux communautés qui sont attachées à cette forme du Rite romain. Cette faculté est accordée par un Indult spécial, ce qui ne signifie en rien, cependant, que les deux formes aient égale valeur.
Mettons-nous bien d'accord : le jour où l'Eglise décrète que ce sont les livres liturgiques de Jean XXIII (ou d'autres !) qui constituent la "forme ordinaire", je mets à la poubelle les livres actuels et le lendemain matin, je change tout !
Dernière modification par François-Xavier le mer. 06 août 2008, 18:54, modifié 1 fois.
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François-Xavier
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Re: Les chants dans la Messe

Message non lu par François-Xavier »

Wanderer a écrit :Je pense que vous tenez pour votre part la troisième et c'est aussi, j'imagine le sens de votre engagement.
En fait beaucoup de personnes, qu'elles soient traditionnalistes ou pas, d'ailleurs, s'imaginent que nous sommes, en tant que Schola Saint Maur, des sortes de "restaurationnistes", des "réformistes de la réforme", des gens qui contestent, mais "modérément" les orientations liturgiques actuelles, en militant pour une modification de l'ordo missae actuel et sa "traditionalisation".

Grosso modo, ce serait un peu faire du "Canada Dry" ou même du "Arsenic et vieilles dentelles".

Je préfère préciser : ce n'est pas notre pensée, notre action, notre but, notre engagement.

L'objet de notre étude et de notre travail, ce n'est pas la défense du missel de 1969, de 1975 ou de 2002 contre je ne sais qui ou je ne sais quoi, c'est la pratique du rite romain. Un rite, c'est un ensemble de gestes, de paroles, de prières de traditions qui constituent la prière publique d'une communauté ecclésiale dans un contexte dépassant justement le strict cadre de cette communauté ecclésiale. Donc, si nous nous amusions à faire autre chose que "ce que fait l'Eglise", nous ferions autre chose que le rite romain.

Le sens de notre engagement, donc, c'est juste l'exercice de nos prérogatives baptismales : c'est notre privilège et notre devoir de baptisés de prier avec l'Eglise, au delà du mauvais goût, des fautes de prières, des lâchetés rituelles et de la paresse intellectuelle et civilisationnelle que nous connaissons dans beaucoup de lieux de culte actuellement. C'est une application exigeante, avec toute la beauté dont nous sommes capables par l'Esprit Saint de nous unir à l'oeuvre du Christ et de son corps qui est l'Eglise. Rien de plus ... Mais rien de moins ! Donc évidemment, cela nous pousse à chercher à appliquer les choses, disons, avec toutes les options...
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Re: Les chants dans la Messe

Message non lu par Olivier JC »

Bonjour,

Un mot sur le "rubricisme". Il ne me semble pas opportun de considérer que, par principe, appliquer les rubriques sans les comprendre serait idiot. Le simple fait que ces rubriques aient été promulguées par l'Eglise est, en soi, une raison suffisante pour les appliquer, même si on ne les comprend pas.

Qui vous écoute m'écoute, qui vous rejette me rejette : ceci ne signifie certes pas que ce que l'Eglise veut, Dieu le veut, mais cela signifie que Dieu veut que nous obéissions à l'Eglise, i.e. à sa hiérarchie, chacun pour ce qui le concerne. Et cela est un chemin de sainteté.

Donc, obéir sans comprendre les tenants et les aboutissants d'une rubrique, cela ne me semble pas blâmable en soi.


D'autre part, il me semble étrange qu'il n'existe aucun cérémonial, comme il s'en faisait à foison avant le Concile.

Enfin, une question au passage : selon mon ancien curé, il est de coutume (normatif, m'a-t-il dit) d'encenser le prêtre au début de la messe, après avoir encensé l'autel. D'où ma question : mis à part dans les maisons de retraites, comment savoir quelles sont les coutumes particulières de tel ou tel diocèse ?

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François-Xavier
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Re: Les chants dans la Messe

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Olivier JC a écrit :selon mon ancien curé, il est de coutume (normatif, m'a-t-il dit) d'encenser le prêtre au début de la messe, après avoir encensé l'autel.
Sur l'encensement du prêtre à l'introït c'est effectivement une question discutée :
Ceremoniaire.net a écrit :Les livres classiques décrivent aussi son encensement par le diacre à la suite de l’encensement de l’autel à l’introït, et de son baiser du texte de l’évangile après son annonce par le diacre. Ces encensements sont absents des livres rénovés. On remarquera que lorsque, à défaut du diacre, le célébrant doit lui-même annoncer l’évangile, il ne devrait pas être encensé à la suite, selon Ritus Servandus 1961/1962 (VI n. 8) : effectivement, en ce cas, le rôle du prêtre est momentanément celui du diacre plutôt que celui du célébrant.
Olivier JC a écrit :ll ne me semble pas opportun de considérer que, par principe, appliquer les rubriques sans les comprendre serait idiot. Le simple fait que ces rubriques aient été promulguées par l'Eglise est, en soi, une raison suffisante pour les appliquer, même si on ne les comprend pas.
Sur la question des rubriques, je reformule ce que j'ai écrit, peut être de façon peu claire : évidemment, les rubriques sont à appliquer, même si elles ne sont pas comprises. Le problème, c'est que si on ne les comprend pas, on quasi assuré de mal les appliquer, d'en fausser le sens (qu'on ne connaît pas). Et on a même vu par le passé des surinterprétations symboliques de rubriques non comprises. Les rubriques étant incomprises, on les a mal appliquées, et en faisant rentrer cette mauvaise application dans un usage, on a cherché un symbolisme expliquant le mauvais usage lui même....

Toutes choses égales par ailleurs, c'est exactement le rapport qu'il peut y avoir entre l'Ecriture et la Tradition. Ce sont les deux qui correspondent à la Révélation, et non seulement l'une des deux. Le "Sola Scriptura" conduit au fondamentalisme. Parce que l'écrit ne se suffit pas à lui même.

Notez bien que je ne dis pas que lorsqu'on ne connnaît pas la signification des rubriques, il ne faut pas les appliquer; beaucoup d'entre elles sont suffisamment descriptives pour être auto porteuses. Mais l'absolutisation des rubriques aboutir souvent à des non sens rituels.
Olivier JC a écrit :D'autre part, il me semble étrange qu'il n'existe aucun cérémonial, comme il s'en faisait à foison avant le Concile.
Olivier JC a écrit :D'où ma question : mis à part dans les maisons de retraites, comment savoir quelles sont les coutumes particulières de tel ou tel diocèse ?
En fait, vos deux questions, sont, il me semble une seule et même question. Et la réponse est donnée apr le Magistère, dans Sacramentum caritatis.
Benoît XVI, Sacramentum Caritatis a écrit :L'Évêque, liturge par excellence

39. S'il est vrai que le peuple de Dieu tout entier participe à la Liturgie eucharistique, cependant, en relation avec un ars celebrandi correct, une tâche indéniable revient à ceux qui ont reçu le sacrement de l'Ordre. Évêques, prêtres et diacres, chacun selon son degré, doivent considérer la célébration comme leur principal devoir. (116) Cela concerne avant tout l'Évêque diocésain: en effet, en tant que « premier dispensateur des mystères de Dieu dans l'Église particulière qui lui est confiée, il est le guide, le promoteur et le gardien de toute la vie liturgique ». (117) Tout cela est décisif pour la vie de l'Église particulière non seulement du fait que la communion avec l'Évêque est la condition pour que toute célébration sur son territoire soit légitime, mais aussi parce qu'il est lui-même le liturge par excellence de son Église. (118) Il lui revient de sauvegarder l'unité unanime des célébrations dans son diocèse. L'Évêque doit donc faire en sorte « que les prêtres, les diacres et les fidèles comprennent toujours plus le sens authentique des rites et des textes liturgiques et qu'ils soient ainsi conduits à une célébration de l'Eucharistie active et fructueuse ». (119) J'exhorte en particulier à faire tout ce qui est nécessaire pour que les célébrations liturgiques présidées par l'Évêque dans l'Église cathédrale se déroulent dans le plein respect de l'ars celebrandi, afin qu'elles puissent être considérées comme le modèle pour toutes les églises présentes sur le territoire. (120)
Vatican II, et à sa suite, Sacramentum Caritatis, demande que ce soit l'évêque (notez bien : l'évêque, pas la conférence épiscopale) soit le dispensateur de la meilleure façon possible de célébrer la liturgie. C'est donc, en théorie, à lui de fixer la coutume, de lever les ambiguités, de discerner parmi les options celles qui sont la coutume de son Eglise particulière. Comme je le mentionnais dans un post précédent je ne connais qu'un seul exemple d'un guide des cérémonies proche de l'exhaustivité qui ait été fait par un évêque, ici : http://www.dioceseofraleigh.org/docs/ne ... msMass.pdf

Cet évêque : Image
n'a fait qu'appliquer les demandes de Vatican II, du Synode sur l'Eucharistie et de l'exhortation post synodale de Benoît XVI. Bref, il a fait ce qu'il devait faire.... Espérons que son initiative sera suivie par ses confrères !

On peut même aller plus loin en avançant une considération : les rubriques du missel romain actuel sont probablement assez succintes dans l'idée de laisser aux ordinaires, aux évêques de prendre leur place d'ordonnateurs de la liturgie dans leurs diocèses. Cela mériterait un nouveau fil : les évêques et la liturgie depuis Vatican II.

Tout ça pour dire que si nous n'avons ni quide des cérémonies, ni connaissance des usages propres des diocèses, c'est que les ordinaires ne font rien pour la question liturgique dans beaucoup d'endroits.
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Re: Les chants dans la Messe

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Avant de répondre, je précise à nouveau que la question qui m'intéresse est de l'ordre de la prudence. Que doit-on faire de façon pratique pour que l'application du motu proprio soit la plus fructueuse possible pour l'Eglise?
François-Xavier a écrit :OK, merci pour cette précision. Je n'étais pas certain de comprendre à 100%.
Pour argumenter sur cette question, quelques observations :
- La mise en oeuvre d'une réforme liturgique après le Concile Vatican II ne relève pas d'une loi particulière, ou d'un indult. C'est la loi générale.
L'exemple que j'ai cité relevait d'un indult, certes, mais il existe certainement des exemples de lois à valeur générale qui ont été modifiées ou supprimées en raison du désordre qui a suivi leur mise en place. Simplement, mon ignorance m'empêche de vous en donner un, c'est tout! Quoi qu'il en soit, Pie VI expose positivement le principe qui nous intéresse, voilà l'important.
C'est d'ailleurs une vérité constante que la discipline ne peut être changée témérairement et arbitrairement, puisque les deux plus brillantes lumières de l'Église, S. Augustin (Epist. 54 ad Jan., cap. V, tom. II, oper. edit. Maurin, pag. 126) et S. Thomas d'Aquin (Prima secundæ quest. 97, art. 2), enseignent positivement que les points de discipline ne peuvent être changés sans nécessité, ou une grande utilité, parce que l'avantage de la réforme est souvent détruit par les inconvénients de la nouveauté, parce qu'on " ne doit changer aucun article de la discipline, dit S. Thomas, sans rendre d'un côté au bien commun ce qu'on lui ôte de l'autre." Bien loin qu'on puisse reprocher aux Pontifes Romains d'avoir altéré la discipline, il est vrai de dire qu'ils ont toujours employé l'autorité que Dieu leur a confiée, à l'améliorer et à la perfectionner pour l'édification de l'Église. [...]
Tant d'exemples d'anathèmes lancés contre les infracteurs de la discipline, prouvent que l'Église a toujours cru qu'elle était étroitement liée avec le dogme, qu'elle ne peut jamais être changée que par la puissance ecclésiastique, à laquelle seule il appartient de juger que l'usage constamment suivi est sans avantage, ou doit céder à la nécessité de procurer un plus grand bien.

Il Nous reste à vous faire voir que ces innovations, dont on espérait tant d'avantages, n'ont été ni utiles ni durables. [...] le saint Pontife Pie V, voyant qu'il en résultait plus de mal que de bien pour l'Église, révoqua cette concession dès le commencement de son Pontificat.
Même si le cas cité ici fait suite à un indult, il me semble bien que c'est un principe général que Pie VI entend exposer. Saint Augustin ne dit pas autre chose.
Or, c'est seulement en vue de la foi et des moeurs qu'il faut réformer ce qui est défectueux et établir ce qui ne se pratiquait pas auparavant; un changement dans une continue, même quand il est utile, apporte du trouble par sa nouveauté; et si ce changement n'est pas utile, il n'en reste que le dommage de la perturbation,et dès lors il devient nuisible.
Ne reconnaissez-vous pas ce principe qui paraît anodin? Si l'introduction d'une loi, fut elle universelle, cause un grand désordre, il peut être à propos de la modifier ou de la supprimer. Rien ne s'oppose à ce que l'ordo promulgué soit à nouveau modifié ou supprimé. Voilà mon propos. Ce n'est pas à nous de décider de cela, je dis juste que pour l'instant, cette hypothèse de travail est ouverte. Je pense que nous pouvons nous rejoindre sur ce point. Constatant la crise liturgique, bien des hommes de tous horizons se sont posés cette question afin de participer de façon constructive à une sortie de crise. Je pense bien sûr tout particulièrement à Klaus Gamber à qui le motu proprio doit un petit quelque chose il me semble.
François-Xavier a écrit : - par contre, l'autorisation parallèle du missel de Saint Pie V relève d'une mesure particulière inédite. Ce le fut dès 1969 où le missel de 1962 était autorisé pour les prêtres agés, puis en 1984, où Jean-Paul II a publié un texte d'indult, puis en 1988, où il réinsiste sur cet indult endemandant une application large et généreuse, et encore en 2007, où le pape Benopit XVI rappelle que cette "forme extraordinaire" n'a jamais été abrogée... En tant que forme extraordinaire... En cela il ne s'écarte en rien de la pensée de Jean Paul II. C'est la discipline afférente à l'utilisation de cette forme extraordinaire qui peu à peu s'adapte aux demandes et.... Aux réticences de certains.
Je suis d'accord avec vous. C'est bien cet aspect inédit de la situation que nous vivons qui fait que les pauvres fidèles comme vous et moi sont obligés de réfléchir et de prier pour savoir ce qu'ils doivent faire. C'est ce que nous faisons ensemble.
François-Xavier a écrit : - Comprenons bien ce que veut dire "forme extraordinaire" : ce n'est pas une façon de dire "superbe", "magnifique", "plus belle". Ce n'est pas non plus "en dehors de la norme". Il ne s'agit pas ici d'être dans une logique de normalité ou d'anormalité. Sinon on aurait parlé de "forme anormale", et de "forme normale". La norme renvoit à une percpetion juridique de cette question, alors que cette question dépasse largement la question juridique. "Extraordinaire", veut dire "en dehors de l'ordre des choses", c'est à dire "en dehors de la nature". Typiquement, de la même façon qu'il y a dans certains cas nécessité de recourrir à des "ministres extraordinaires" de la Ste Communion, il y a besoin dans certains cas de recourrir à des "formes extraordinaires" d'un (unique) rite. Le mot "extraordinaire" est également employé au sujet des manifestations mystiques - parfois - surnaturelles (mis pas toujours), qui - come l'enseigne depuis toujours l'Eglise - n'ajoutent absoluement rien à la Foi et ne sont jamais nécessaires au salut. Par définition, quelquechose d'extraordinaire, au sens où l'Eglise emploie ce mot, peut durer - même longtemps - mais par définition n'est pas la façon "naturelle" d'agir pour l'Eglise. En désignant les livres liturgiques publiés par Jean XXIII de "forme extraordinaire" dans son Motu Proprio Summorum Pontificum, Benoît XVI répond à vore interrogation. Cette forme n'est pas abrogée. Mais elle est en dehors de l'ordre des choses. L'Eglise, pour sa liturgie, emploie "naturellement" une liturgie qui a été réformée à la demande explicite d'un Souverain Pontife et d'un Concile oecuménique.
Cela n'empêche pas, évidemment de réfléchir sur justement le véritable "ordre naturel des choses" concernant le rite romain, qui comme je l'ai expliqué, ne réside certainement pas entièrement dans les seules rubriques du Missale Romanum de 2002.
J'entends bien le sens qu'a voulu donner le souverain pontife au terme extraordinaire. Simplement, cela n'exclue pas que la forme extraordinaire du rite romain (au sens légal du terme) ne soit aussi extraordinaire au sens commun du terme. J'ai relu de nombreuses fois le motu proprio afin de bien le comprendre. La seule chose qui soit demandée à ceux qui assistent à la forme extraordinaire, c'est de ne pas exclure à priori toute célébration de l'autre forme du rite. La question de l'éventuelle supériorité d'une forme d'un rite sur l'autre n'est tout simplement pas évoquée. En revanche, le cardinal Ratzinger a osé se poser cette question. Sans y répondre, je suis d'accord. Cela prouve que cette question n'est pas stupide même si le cardinal Ratzinger disait aussi, et je suis à nouveau d'accord avec lui, que cette question n'était pas la cause la plus importante de la crise. Simplement, pour moi fidèle lambda qui n'ait pas le don d'ubiquité, il faut bien que je choisisse dans quelle paroisse je vais m'investir, chanter le grégorien et participer à ma faible mesure à l'essor d'un véritable sens liturgique dans l'Eglise. C'est parce que je suis face à ce choix que je suis bien obligé de me poser cette question qui entre en ligne de compte au moment de choisir la paroisse que je fréquenterai.

Plus je parle avec vous, plus je pense qu'il est impossible d'énoncer un principe prudentiel qui marche à tous les coups. Je pense juste pouvoir donner certains principes qui guident mes choix concrets. Au moment de ce choix, vous évoquez l'aspect ordinaire, la sagesse étant de rechercher les moyens ordinaires de sanctification. Même si la citation de Dom Guéranger ne montre rien dans la mesure où tout ce qu'il dit est parfaitement applicable à une personne qui assiste à la forme extraordinaire, je reconnais une valeur certaine à votre argument (pourtant mal illustré :p ). Je reconnais que le fait que cette loi touche autant de personnes est un argument de valeur qui donne un sens réel à un investissement pour sa bonne application.

Un autre argument est la valeur intrinsèque de la forme du rite. Si vraiment une de ces deux formes permettait une meilleure intelligence des saints mystères, ne serait-ce pas un but en soi de la répandre afin que le plus grand nombre puisse en bénéficier?

Un autre point important est la réalité concrète de la situation locale de chacun. C'est la première fois que ça m'arrive, mais je crois que le prêtre qui célèbre la messe selon la forme extraordinaire là où je vis n'a pas un grand sens liturgique. Peut-être en effet que si un prêtre de la communauté saint Martin était dans le coin, je me poserais la question. A l'inverse, reconnaissez que dans nombre de paroisses, il est tout à fait utopique de vouloir participer de façon constructive à la beauté de la liturgie. Vous ne pouvez pas nier que dans de nombreux diocèses, la seule chance pour participer à un renouveau liturgique, c'est la paroisse tradie. A l'inverse, imaginons une paroisse dans laquelle il y a beaucoup de chantres confirmés et qui peut continuer à fonctionner avec un chantre ou deux en moins, sans doute serait-il bon d'aller aider à côté, quelle que soit la forme célébrée du rite.

Les éléments à considérer au moment de choisir sa paroisse me semblent donc être les suivants (je ne donne pas de hiérarchie entre ces éléments)
:arrow: utilité spirituelle du plus grand nombre
:arrow: qualité intrinsèque de la forme célébrée du rite romain
:arrow: réalité de la situation locale
:arrow: solution privilégiée à long terme pour sortir de la crise liturgique

Vous ne semblez pas vouloir vous interroger sur les points 2 et 4. Pourtant, beaucoup l'ont fait avant vous (K. Gamber et le cardinal Ratzinger en particulier), ce n'est pas de la désobéissance. On répond à la foi par l'adhésion, mais on répond à une loi disciplinaire par la soumission. Si un point qui relève de la discipline me semble douteux, je peux me soumettre sans changer d'avis intérieurement et rien ne m'interdit de critiquer (au sens noble du terme) une loi disciplinaire à condition bien sûr de ne pas semer le désordre dans le troupeau par des propos excessifs.

Que pensez-vous de ces réflexions?

Wanderer

:)
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Olivier JC
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Re: Les chants dans la Messe

Message non lu par Olivier JC »

Merci pour ces précisions, François-Xavier.

Une remarque sur le lien que vous proposez : il n'y a rien dans ce document qui aille au-delà de l'IGMR. C'est plus ou moins une simple paraphrase.

Je note que les évêques des USA ont, contrairement aux nôtres, décidé quelle serait la forme normale pour communier : debout. Mais on peut toujours communier à genoux, sur la langue ou dans la main... Plus surprenant : le signe de révérence devant le Saint Sacrement est... l'inclinaison de la tête. Minimaliste... Question : il n'est pas précisé si on peut faire la genuflexion, mais vu l'orientation générale, je crois que l'on peut faire un peu ce que l'on veut... De l'intérêt de poser des normes...

J'ajoute qu'elle est parfois un peu... discutable. Par exemple, il est explicitement prévu que lors de la procession d'entrée, ceux qui portent un objet liturgique inclinent seulement la tête. Je trouve cela curieux, dans la mesure où il y a là une exception au principe général relatif à la vénération due à l'autel dont je ne vois la justification : genuflexion si le St Sacrement se trouve sur l'autel, inclinaison profonde sinon.
Si je comprends fort bien qu'il ne soit pas exigé de celui qui porte la croix de procession qu'il genuflecte ou s'incline profondément, je ne vois pas ce qui empêche le thuriféraire et le naviculaire, ou encore le diacre portant l'évangile, ou les ciéroféraires, de genuflecter ou de s'incliner (pour ces derniers, cela dépend des cierges, certes).

Sur l'encensement, il me semble que si ce n'est pas prévu dans l'IGMR ni le CE actuel, cela ne veut pas forcément dire que ce soit abrogé ?

+
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AdoramusTe
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Re: Les chants dans la Messe

Message non lu par AdoramusTe »

Bonjour,

François-Xavier, je suis d'accord avec vous sur le fait d'assister à la FORM
plutôt que la FERM, si l'on se place sur le plan du Christ et de son
Eglise plutôt que celui des hommes, même si j'ai une préférence pour la FERM
et que la FERM est célébrée chaque dimanche à deux pas de chez moi.

En revanche, mon avis diverge quant au rubricisme.

Je pense que la réforme liturgique a été effectuée avec un esprit idéaliste avec
les présupposés suivants, entre autres :
- moins de rubriques car elles peuvent désormai être transmises par une bonne formation
- les évêques peuvent être garants de la liturgie
- certains choix peuvent être laissés aux soins des Conférences Episcopales
- le missel peut proposer plusieurs choix possibles (par exemples, 4 prières eucharistiques, etc)
car on peut faire confiance à l'intuition liturgique du prêtre
- etc

Je pense qu'après 40 ans, on voit bien que dans un mauvais contexte comme celui
des années 1960, ce sont autant de garde-fous qui ont été supprimés favorisant
la destruction de la liturgie de l'intérieur.
Force est de constater que ces choix n'ont pas été guidés pas le bon sens, ce qui
fait qu'aucune messe ne ressemble à une autre quelque soit l'endroit du monde
où l'on se trouve. Et il faudra surement en tirer les conséquences si l'on veut
sauver la FORM.
La FERM quoi qu'on en dise, ne connait pas ce problème à l'heure actuelle et
même si la situation n'était pas aussi rose avant le Concile, elle ne contient pas
en elle-même les ferments du désordre, parce que les garde-fous sont là.
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Re: Les chants dans la Messe

Message non lu par Serge BS »

FORM ? FERM ? :( J'avoue commencer à perdre le fil <: . Pourrions-nous avoir un petit glossaire nous expliquant ce genre d'abréviations ? Merci d'avance.

Nota :

Je croyais qu'il n'y avait rien de pire que la philosophie :-D ou que le droit :-D en matière de complexification... Je m'aperçois qu'il y a la liturgie :s ...

Je comprends mieux la crise des vocations si nos Prêtres doivent constamment penser à tout cela au moment de célébrer... C'est pire que les débats entre philosophes ou entre juristes ! C'est pire qu'un comité national d'un parti politique ! C'est pire qu'une réunion internationale sur la sécurité dans les Balkans ! <: Il leur en faut vraiment du courage à nos Prêtres, et je les en admire encore plus à lire ces discussions, par ailleurs intéressantes mais qui me dépassent désormais un peu...

Maintenant, je me pose aussi trois questions :siffle: :
1. Ai-je encore le droit d'animer sans savoir tout cela ?
2. Puis-je encore aller à la Messe sans avoir auparavant "expertisé" le Prêtre célébrant ?
3. Sans savoir tout cela, ai-je encore les qualités requises pour être accompagnateur du catéchuménat et "faire le caté" ?
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Boris
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Re: Les chants dans la Messe

Message non lu par Boris »

AdoramusTe a écrit :François-Xavier, je suis d'accord avec vous sur le fait d'assister à la FORM plutôt que la FERM, si l'on se place sur le plan du Christ et de son Eglise plutôt que celui des hommes, même si j'ai une préférence pour la FERM et que la FERM est célébrée chaque dimanche à deux pas de chez moi.
Attention, il y a tout de même une limite :
- il faut de préférence assister à la Forme Ordinaire du Rite Romain (FORM), car elle est ordinaire et que c'est celle du Pape
- mais à condition qu'elle soit célébrée ! (sous-entendu authentiquement, avec respect des normes et de l'ars celebrandi)
AdoramusTe a écrit :En revanche, mon avis diverge quant au rubricisme.

Je pense que la réforme liturgique a été effectuée avec un esprit idéaliste avec
les présupposés suivants, entre autres :
- moins de rubriques car elles peuvent désormais être transmises par une bonne formation
- les évêques peuvent être garants de la liturgie
- certains choix peuvent être laissés aux soins des Conférences Episcopales
- le missel peut proposer plusieurs choix possibles (par exemples, 4 prières eucharistiques, etc)
car on peut faire confiance à l'intuition liturgique du prêtre
- etc
Relisez bien le texte du Concile : il ne demande pas tout cela d'une part, par contre il demande la mise en oeuvre d'une véritable formation liturgique. Or celle-ci n'est toujours pas en place !

Et comme vous le soulignez, cette formation est la colonne vertébrale de la restauration Liturgique.

Mais cette restauration a montré autre chose : la formation liturgique n'était guère meilleure avant le Concile puisque les prêtres n'ont pas su mettre en oeuvre la nouvelle forme ordinaire.

Sur le "rubricisme", pensez-vous que les prêtres ont vraiment besoin d'une rubrique pour leur dire comment mettre une aube, une étole, une chasuble ?
Comment faire tel ou tel geste ?

Non.
Cela doit être appris, pourquoi pas en utilisant un missel de 1962 pendant la formation mais ensuite c'est un geste acquis.

Voilà l'esprit des "simplifications" de la forme ordinaire.
UdP,
Boris
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Re: Les chants dans la Messe

Message non lu par AdoramusTe »

Boris a écrit : Relisez bien le texte du Concile : il ne demande pas tout cela d'une part, par contre il demande la mise en oeuvre d'une véritable formation liturgique. Or celle-ci n'est toujours pas en place !
Vous avez complètement raison. Le Concile n'a jamais demandé tout cela.
C'est bien l'application du Concile qui est en cause et non le Concile.
Boris a écrit : Et comme vous le soulignez, cette formation est la colonne vertébrale de la restauration Liturgique.

Mais cette restauration a montré autre chose : la formation liturgique n'était guère meilleure avant le Concile puisque les prêtres n'ont pas su mettre en oeuvre la nouvelle forme ordinaire.
Peut-être on-t-ils intéprété la suppression de rubriques comme une plus grande
libéralité ? On connait bien le coeur de l'homme qui tend à la facilité et au
moindre effort (par exemple, la plupart des prêtres utilisent la prière eucharistique II).
Boris a écrit : Sur le "rubricisme", pensez-vous que les prêtres ont vraiment besoin d'une rubrique pour leur dire comment mettre une aube, une étole, une chasuble ?
Comment faire tel ou tel geste ?

Non.
Cela doit être appris, pourquoi pas en utilisant un missel de 1962 pendant la formation mais ensuite c'est un geste acquis.
Une bonne rubrique ne coute rien. Surtout quand elle est déjà présente dans un précédent
missel.
Bien évidemment je suis d'accord avec vous sur le fond. Mais, je crois qu'un grande prudence
s'impose et les rubriques sont des garde-fous qui nous évitent bien des déboires.
Un prête mal formé doit toujours pouvoir se rattacher à quelque chose de solide. Autrement,
on sait bien comment cela finit.
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François-Xavier
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Re: Les chants dans la Messe

Message non lu par François-Xavier »

Je mets un peu de temps à répondre, désolé, je ne voulais pas aller trop vite et vous mettre n'importe quoi.
wanderer a écrit : L'exemple que j'ai cité relevait d'un indult, certes, mais il existe certainement des exemples de lois à valeur générale qui ont été modifiées ou supprimées en raison du désordre qui a suivi leur mise en place. Simplement, mon ignorance m'empêche de vous en donner un, c'est tout! Quoi qu'il en soit, Pie VI expose positivement le principe qui nous intéresse, voilà l'important.
Vous avez raison ; il est du pouvoir du pape de supprimmer une mesure disciplinaire (un ordo missae, c'est disciplinaire, pas magistériel), qu'elle relève d'une loi générale autant que d'un indult.
Par contre ce qui est certain, c'est qu'il a été clairement demandé une réforme liturgique, par un Concile oecuménique. Peut être que cette réforme a été mal menée, et que le Saint Père souhaitera revenir dessus. Peut être. En tout cas, on n'en sait rien, et ce n'est certainement pas à nous de prendre des décisions à ce sujet ! Donc encore une fois, ma rélfexion et mon argumentation ne portera certainement pas sur la valeur intrinsèque d'un ordo par rapport à un autre. Ce que je sais c'est que dans la pensée des liturgistes romains et du Saint Père, on ne peut voir l'ordo actuel que comme un héritage de l'usage plus ancien... Et c'est exactement ce que dit l'IGMR elle même, dans son édition 2002 :
IGMR2002 a écrit :6. En énonçant les règles selon lesquelles le rite de la Messe serait révisé, le IIe Concile du Vatican a ordonné, entre autres, que certains rites seraient rétablis « selon l’ancienne norme des saints Pères »,11 reprenant en cela les mots mêmes employés par saint Pie V, dans la Constitution apostolique Quo primum par laquelle, en 1570, il promulguait le Missel du Concile de Trente. Par cette rencontre verbale elle-même, on peut noter de quelle manière, bien que quatre siècles les séparent, les deux Missels romains expriment une tradition égale et semblable. Et si l’on pèse les éléments profonds de cette tradition, on comprend aussi combien le second complète le premier d’une manière très heureuse.
Si bien que tous ceux qui cherchent à opposer, même du point de vue théologique, les deux missels comme deux expressions exclusives de deux réalités rituelles, le missel de S. Pie V, vu soit disant comme une accception "verticale" de la liturgie eucharistique, tandis que le missel de Paul VI proposerait une vision "horizontale", se trompent lourdement. Et cette distinction aussi oiseuse que fausse, est faite - et c'est ça qui est effrayant - aussi bien dans le milieu "tradi" que dans le milieu "progro"...

Pour tout dire : les changements tels qu'ils ont été conçus, sont ils aussi importants qu'on le dit ? Rien n'est moins sûr. Ils sont réels, il n'y a aucun doute. Lorsque l'on observe la situation actuelle de crise liturgique, je dirais que les problèmes sont dus :
- à 80% à la mauvaise application des réformes.
- à 10% à la réforme elle même (il y a des choses qui ne sont pas pastorales)
- à 10% à l'état d'esprit qui prévalait dans les années 1960 dans le domaine sociologique et philosophique (il faut lire Robinson, on voit les dégâts causés par "l'esprit des lumières").

Je reste persuadé qu'aujourd'hui, si on supprimmait l'ordo actuel pour revenir à l'ordo de S. Pie V, on ne supprimmerait que 20% du problème. On recrérait probablement d'autres difficultés : il faut voir les paroisses conventionnelles... L'inertie, y compris et surtout chez les a-liturgistes, est tout de même très forte.... Et ce serait également nier toutes les difficultés qu'il y avait sur ce plan avant le Concile. Si une réforme a été décidée au Concile, c'est justement parce qu'il y avait ces problèmes, et des tas de choses qui n'étaient pas justes dans l'ordo de 1962. Et j'ose le dire, pas seulement au niveau pastoral, y compris au niveau théologique. Tant pis si ça ne plait pas aux Tradis, j'assume. Le mouvement de réforme litirgique avait commencé avant le Concile, le plus gros changement étant tout de même la réforme de la Semaine Sainte, sous Pie XII, sous la responsabilité (déjà !) d'un certain P. Bunigni. L'ordo de Paul VI n'est donc pas exactement une "tabula rasa". Au contraire, cela correspond à une réelle réflexion liturgique....
Mais sur ce point, on peut parler longtemps, nous ne sommes, nous, en tant que laïcs, pas en charge de la réforme des livres liturgiques.... Que ces innovations n'aient été ni utiles, ni durables, c'est donc au S. Père d'en juger, pas nous. Et à ce jour, il n'a pas annoncé l'abandon de l'ordo actuel; c'est très net. Et au contraire, même...
wanderer a écrit : J'entends bien le sens qu'a voulu donner le souverain pontife au terme extraordinaire. Simplement, cela n'exclue pas que la forme extraordinaire du rite romain (au sens légal du terme) ne soit aussi extraordinaire au sens commun du terme.
Qu'elle soit souvent bien célébrée, par des prêtres motivés, et au sein de communautés ferventes, il n'y a aucun doute. Il faut tout de même réfléchir à la façon dont cet ordo est conçu au départ. Et à la façon où ce dernier pourrait être appliqué dans des paroisses a-liturgiques. On voit déjà des gens ("tradis") qui râlent dans le cadre du MP Summorum Pontificum lorsqu'ils constatent que leur curé ne célèbre pas la FERM comme ils voudraient qu'il la célèbre... Il faut être un peu réaliste. Le missel de Saint Pie V n'est pas un Coran dont les sourates seraient descendues sur l'Eglise par l'entremise de l'ange Gabriel. Une fois de plus, ce qu'il faut rechercher, c'est la vérité du rite romain.
wanderer a écrit : J'ai relu de nombreuses fois le motu proprio afin de bien le comprendre. La seule chose qui soit demandée à ceux qui assistent à la forme extraordinaire, c'est de ne pas exclure à priori toute célébration de l'autre forme du rite. La question de l'éventuelle supériorité d'une forme d'un rite sur l'autre n'est tout simplement pas évoquée.
Pas dans ce texte, de façon explicite. Encore que la distinction entre "ordinaire" et extraordinaire" devrait en soi être comprise.
wanderer a écrit : Un autre argument est la valeur intrinsèque de la forme du rite. Si vraiment une de ces deux formes permettait une meilleure intelligence des saints mystères, ne serait-ce pas un but en soi de la répandre afin que le plus grand nombre puisse en bénéficier?
wanderer a écrit : En revanche, le cardinal Ratzinger a osé se poser cette question. Sans y répondre, je suis d'accord. Cela prouve que cette question n'est pas stupide même si le cardinal Ratzinger disait aussi, et je suis à nouveau d'accord avec lui, que cette question n'était pas la cause la plus importante de la crise.
Dans son livre l'Esprit de la liturgie, le Cardinal Ratzinger parle justement d'une fresque (il parle du rite romain) dont on avait nettoyé les strates inutiles au moment du Concile et qui avait respplendi pendant quelque temps de toutes ses couleurs, mais que cette fresque est aujourd'hui menacée. Peut être que le Cardinal pense aux réformes de l'immédiat après concile, d'avant la promulgation de l'ordo de 1970 (grosso-modo, les modifications des rubriques de 1965). Les plus "excités" des Tradis voient d'ailleurs la plupart du temps le "vers dans le fruit" dans cet ordo de 1965.... Tout comme la réforme de la semaine sainte par Pie XII, d'ailleurs. Alors que moi, je trouvbe que tout est juste....
Bref. J'ai le sentiment que toucher à une étape de la réforme liturgique oblige à toucher à tout. Et comme analysé, 80% des problèmes ne viennent pas de l'ordo, mais de son application idéologisée. Ne nous trompons donc pas de priorité. Et d'ailleurs le pape ne fait pas aujourd'hui un changement d'ordo. Il cherche - et c'est sans aucun doute un but du MP Summorum Pontificum - à "rebrancher" la pratique rituelle d'aujourd'hui avec la sève du rite romain. On le constate à Rome, on le constatera à Paris bientôt !
wanderer a écrit : Simplement, pour moi fidèle lambda qui n'ait pas le don d'ubiquité, il faut bien que je choisisse dans quelle paroisse je vais m'investir, chanter le grégorien et participer à ma faible mesure à l'essor d'un véritable sens liturgique dans l'Eglise. C'est parce que je suis face à ce choix que je suis bien obligé de me poser cette question qui entre en ligne de compte au moment de choisir la paroisse que je fréquenterai.
wanderer a écrit : Plus je parle avec vous, plus je pense qu'il est impossible d'énoncer un principe prudentiel qui marche à tous les coups. Je pense juste pouvoir donner certains principes qui guident mes choix concrets. Au moment de ce choix, vous évoquez l'aspect ordinaire, la sagesse étant de rechercher les moyens ordinaires de sanctification. Même si la citation de Dom Guéranger ne montre rien dans la mesure où tout ce qu'il dit est parfaitement applicable à une personne qui assiste à la forme extraordinaire, je reconnais une valeur certaine à votre argument (pourtant mal illustré :p ). Je reconnais que le fait que cette loi touche autant de personnes est un argument de valeur qui donne un sens réel à un investissement pour sa bonne application.
Attendez ; je comprends, il me semble très bien votre position, et je ne permets pas de vous en faire le reproche. Il y a effectivement certains endroits où c'est littéralement impossible d'imaginer de faire quelque chose de liturgique. Il vaut évidemment mieux se replier sur une messe "tradi". Vous savez, quand vous allez à la messe, et que vous contatez que le diacre récite une partie du canon.... C'est effrayant.
Avant de remonter le courant, il faut une certaine dose de courage, de témérité, même. Et du travail, et du temps. Ce n'est pas toujours faisable. Il y a souvent des cas où c'est littéralement impossible. Il vaut mieux aller ailleurs.

Cependant, une remarque : il y a une autre chose : il faut vraiment et réellement faire attention à ce que les communautées "tradies" ne soient pas une sorte de "cordon sanitaire" et / ou une sorte de prétexte pour un certain clergé a-liturgique de rejeter les gens qui ont ce sens de la liturgie dans deux ou trois endroits accordés au compte goutte, afin qu'on leur laisse la paix ailleurs. C'est dans certains endroits un véritable calcul tactique. Par exemple, on nous a souvent dit, en tant que schola : "si vous aimez le latin et le grégorien, allez-donc chez les tradis, c'est fait pour ça". Je crois qu'il ne faut certainement pas rentrer dans cette logique, c'est mortifère, et on dessert la liturgie en cédant, c'est très net. Vous voyez, encore ce matin, nous avons chanté tout le propre et tout l'ordinaire dans une paroisse populaire de la banlieue parisienne. Après la messe (c'était la seule messe dominicale de la paroisse...) trois réactions : une Arabe : "j'ai pleuré, ça m'a touché au coeur". Une Africaine : "c'était magnifique, je viens chanter avec vous". Une Antillaise : "Pourquoi vous ne venez pas canter tous les dimanches ?".
C'est vrai : en fréquentant uniquement les "tradis" on prive le sensus fidei des fidèles ordinaires de l'espérience de la liturgie. Je ne dis pas qu'il n'ya ni Arabes, ni Antillais, chez les Tradis. Je dis simplement, que lorsqu'on fait ça, on touche carrément des gens qui ne seraient jamais allés chez les Tradis. Il faut y penser...
wanderer a écrit : Un autre point important est la réalité concrète de la situation locale de chacun. C'est la première fois que ça m'arrive, mais je crois que le prêtre qui célèbre la messe selon la forme extraordinaire là où je vis n'a pas un grand sens liturgique.
Ce n'est pas parce qu'on utilise l'ordo de 1962 qu'on a un sens liturgique. Un ordo, n'est pas "auto porteur". C'est certain... Avec ses rubriques très détaillées, l'ordo de 1962 l'est cependant beaucoup plus que l'ordo de 2002, j'en conviens. Mais cela ne le rend pas forcément plus légitime, c'est à dire plus proche de l'essence du rite romain.
wanderer a écrit : Peut-être en effet que si un prêtre de la communauté saint Martin était dans le coin, je me poserais la question.
Pas moi ! J'y courerais ! Tous ceux que je connais sont à mille lieux de l'image qu'on peut se faire d'eux, ou des "prêtres en soutane", guindés, crispés, jansénistes. Et ils ont tous une grande liberté intérieure, une ferveur, une grande foi. Et une très grand sens liturgique. Il y a peut être des exceptions.... Mais bon !
wanderer a écrit : A l'inverse, reconnaissez que dans nombre de paroisses, il est tout à fait utopique de vouloir participer de façon constructive à la beauté de la liturgie. Vous ne pouvez pas nier que dans de nombreux diocèses, la seule chance pour participer à un renouveau liturgique, c'est la paroisse tradie.
Bien sûr, je le reconnais; j'en ai parlé plus haut.
wanderer a écrit : A l'inverse, imaginons une paroisse dans laquelle il y a beaucoup de chantres confirmés et qui peut continuer à fonctionner avec un chantre ou deux en moins, sans doute serait-il bon d'aller aider à côté, quelle que soit la forme célébrée du rite.
Pour aller plus loin, je pense même que des gens qui ont une vraie formation liturgique ont le devoir d'exporter leur connaissance ailleurs. C'est bien de l'apostolat dont on parle...
wanderer a écrit : Les éléments à considérer au moment de choisir sa paroisse me semblent donc être les suivants (je ne donne pas de hiérarchie entre ces éléments)
:arrow: utilité spirituelle du plus grand nombre
:arrow: qualité intrinsèque de la forme célébrée du rite romain
:arrow: réalité de la situation locale
:arrow: solution privilégiée à long terme pour sortir de la crise liturgique

Vous ne semblez pas vouloir vous interroger sur les points 2 et 4. Pourtant, beaucoup l'ont fait avant vous (K. Gamber et le cardinal Ratzinger en particulier), ce n'est pas de la désobéissance.
Sur le point 2 : aucune autorité romaine, ni le Cardinal Ratzinger n'a dit que la forme actuelle avait une valeur inférieure. Au contaire, dans la lettre de la CCDDS de 1999 que j'ai citée, il est tout à fait établi que la valeur de l'ancien usage n'est pas supérieure à l'actuelle. Et encore une fois, nous n'avons aucun mandat pour "décider" sur ce point précis.

wanderer a écrit : On répond à la foi par l'adhésion, mais on répond à une loi disciplinaire par la soumission. Si un point qui relève de la discipline me semble douteux, je peux me soumettre sans changer d'avis intérieurement et rien ne m'interdit de critiquer (au sens noble du terme) une loi disciplinaire à condition bien sûr de ne pas semer le désordre dans le troupeau par des propos excessifs.
Ce n'est effectivement pas désobéir que d'interroger et même de critiquer. D'ailleurs, la réforme liturgique elle même est le résultat d'une critique de l'ancien ordo. Ce serait donc assez mal venu de décréter qu'on ne peut plu scritiquer l'ordo actuel, pour l'améliorer, car évidemment, des améliorations sont possibles, voire souhaitables. Tout comme des améliorations furent souhaitées pour l'ordo de 1962, ce que la discipline de la Sainte Eglise a trouvé bon de faire. Donc, évidemment, feu vert.

Sur le point 4 : si, je me suis interrogé. Et il me semble justement être en phase avec la volonté du S. Père, dans un texte magistériel écrit en union avec les évêques du monde entier réunis en Synode : Sacramentum Caritatis. Parce qu'on le veuille ou non, au regard de son "poids", de son "autorité", ce texte est plus important que Summorum Pontificum. Et même pour aller plus loin, on peut même dire que le MP Summorum Pontificum ne nous concerne pas : il ne parle ni de messe en latin, ni de chant grégorien... Alors que Sacramentum Caritatis, si, et abondamment ! Donc j'espère que je ne vous choque pas...

J'ajouterais un point 5, avec probablement, même, une pondération très forte :
:arrow: Le désir du Saint Père.
J'ai connu un Père du Concile qui disait très justement : "Quand Pierre a un désir, on n'attend pas que ce soit un ordre pour lui obéir".
Le désir du Saint Père, notamment dans Summorum Pontificum, c'est que les deux formes du rite puissent se féconder mutuellement. Il faut donc que la forme extraordinaire soit plus souvent célébrée, et ailleurs que dans des réserves d'indiens. Il faut aussi qu'on accepte de célébrer la forme ordinaire selon "l'ancienne norme des Pères" (Cf. PGMR) et que l'on se réfère pour cela au num. 42 de la PGMR 2002 :
PGMR 2002 a écrit :Ainsi on sera attentif à ce qu’établissent cette Présentation générale et la pratique léguée du Rite romain, et à ce qui concourt au bien commun spirituel du peuple de Dieu, plutôt qu’aux penchants ou jugement privés.


Donc, passons à l'action !

Voilà, au plaisir de vous lire.

François-Xavier.
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François-Xavier
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Re: Les chants dans la Messe

Message non lu par François-Xavier »

Olivier JC a écrit :Merci pour ces précisions, François-Xavier.

Une remarque sur le lien que vous proposez : il n'y a rien dans ce document qui aille au-delà de l'IGMR. C'est plus ou moins une simple paraphrase.
Je ne suis pas tout à fait d'accord :
- Silence sacré avant le début d'une liturgie. C'est clairement un usage reçu qui n'est pas détaillé dans la PGMR.
- habillement des fidèles.
- choix imposés pour les prières eucharistiques.
- différence entre lecteur (extraordinaire) et lecteur institué. Cela me semble essentiel. Lire à l'ambon, c'est ministériel. Le seul lecteur ordinaire, c'est donc le prêtre ou le diacre, dans la plupart des paroisses.
- Tenue des ministres. Les précisions faisant loi valent le coup d'être précisées.
- Usage esclusif des livres aprouvés. Cela ne va pas sans dire.
- usage du latin (encouragé !) pour les fidèles Gloria, Sanctus, Credo, Pater, Agnus Dei. Pour les pasteurs, les textes latins de la messe... Quand même !
- interdiction de la vaisselle en terre cuite etc... Cela ne va pas sans dire.
- insistance sur la forme chantée de la messe. Y compris en grégorien, pour le propre. A la première place qui lui revient.... Vous avez ça dans votre paroisse,d emandée explicitement par l'évêque ?
- Usage de l'encens tous les dimanches.
- Usage des cloches fortement recommandé.
- Interdiction de se tenir les mains au Pater.
- Autorisation de recevoir la communion à genoux, même si aux US, la postion normale est debout.
- purification des vases sacrés seulement par un ministre ordonné, ou un acolyte institué. Ca va mieux en le disant...
- Une Ste Réserve près du sanctuaire, ou dans le sanctuaire. Le Tabernacle ne peut pas être placé derrière la foule. Je connais une église, dans mon doyenné, où c'est comme ça. Donc... Obligation d'adapter les aménagements intérieurs, avec revue et approbation épiscopale. Si ça n'est pas directif... !
- Obligation d'une croix avec l'image du Crucifié sur ou près de l'autel. Je connais plusieurs églises ici où c'est loin, très loin d'être le cas.
- formation liturgique des fidèles (pareil, ça ne va pas sans dire).
Olivier JC a écrit : Je note que les évêques des USA ont, contrairement aux nôtres, décidé quelle serait la forme normale pour communier : debout. Mais on peut toujours communier à genoux, sur la langue ou dans la main... Plus surprenant : le signe de révérence devant le Saint Sacrement est... l'inclinaison de la tête. Minimaliste... Question : il n'est pas précisé si on peut faire la genuflexion, mais vu l'orientation générale, je crois que l'on peut faire un peu ce que l'on veut... De l'intérêt de poser des normes...

J'ajoute qu'elle est parfois un peu... discutable. Par exemple, il est explicitement prévu que lors de la procession d'entrée, ceux qui portent un objet liturgique inclinent seulement la tête. Je trouve cela curieux, dans la mesure où il y a là une exception au principe général relatif à la vénération due à l'autel dont je ne vois la justification : genuflexion si le St Sacrement se trouve sur l'autel, inclinaison profonde sinon.
Si je comprends fort bien qu'il ne soit pas exigé de celui qui porte la croix de procession qu'il genuflecte ou s'incline profondément, je ne vois pas ce qui empêche le thuriféraire et le naviculaire, ou encore le diacre portant l'évangile, ou les ciéroféraires, de genuflecter ou de s'incliner (pour ces derniers, cela dépend des cierges, certes).
Sur cette question, je pense que la lecture de l'excellent site Ceremoniaire.net rend d'immenses services :
Ceremoniaire.net a écrit :6. Évidemment, lorsque le Très Saint Sacrement est sur l’autel, qu’il soit caché dans le tabernacle ou visible sur le corporal [8], il convient à tout homme de fléchir le genou devant Dieu en ce lieu, à moins qu’il ne soit dans l’incapacité physique de le faire : sur ce point, la liturgie classique et les premières éditions du Missel rénové sont claires [9] (la plus récente introduit une obscurité textuelle, que nous examinerons), comme, dans le cas général, les autres livres rénovés [10]. Mais on pourrait regretter que les livres rénovés mentionnent un nombre considérable de cas, que nous énumérons ci-après, où la génuflexion envers le Très Saint Sacrement serait omise au cours de la Messe, ou bien remplacée par une inclination [11].

[Note 8] La coutume la plus répandue, et peut-être la plus sure, est de considérer que le Précieux Sang est présent au calice jusqu’à la (première) purification. Toutefois, certains enseignent qu’il faut éviter la génuflexion vers un vaisseau lorsqu’il est effectivement vide, au point qu’il serait impossible d’en recevoir la Sainte Communion.

[Note 9] Néanmoins, il faut signaler une très curieuse rubrique présente dès la création du rite de la concélébration, Ritus concelebrationis et Communionis sub utraque specie, SRC, 7 mars 1965, n. 39c, qui prescrit aux concélébrants : ad elevationem autem hostiam et calicem aspicientes ac postea profunde se inclinantes. Ainsi, toute l’assistance étant agenouillée en attente de la venue du Seigneur, et le célébrant l’accueillant aussitôt par la génuflexion (à cette époque, avant et après l’élévation : Ritus servandus, 1965, n. 66), ces autres prêtres devraient se contenter d’une inclination. Cette prescription est maintenue jusqu’à nos jours (IGMR 2002 nn. 222c, 227c, 230c et 233c), où le nombre de concélébrants est souvent plus restreint que prévu en 1965, de sorte que, des deux prêtres à l’autel, l’un fait la génuflexion et l’autre l’inclination : parfois au scandale des fidèles insuffisamment éduqués pour savoir que cette absence du fléchissement du genou devant son Créateur est en soi une marque de soumission et nullement d’impiété.

[Note 10] OM 1969/IGMR 1970 n. 233 : Si vero tabernaculum cum SS.mo Sacramento sit in presbyterio, genuflectitur etiam ante et post Missam, et quoties quis ante Sacramentum transit. CE 1984 n. 71 : Item genuflectunt omnes qui ante Ss.mum Sacramentum transeunt, nisi processionaliter incedant.

[Note 11] Les livres de la liturgie rénovée maintiennent la règle générale de la génuflexion devant le Très Saint Sacrement, sauf empêchement physique. Cependant, ils sapent cette règle en suggérant aux ministres d’omettre la génuflexion en de très nombreux cas, dont la liste manque autant de précision que de cohérence. Ainsi, il n’y a pas lieu de s’étonner si des fidèles imaginent que l’inclination est une salutation appropriée au Saint Sacrement, interchangeable ad libitum avec la génuflexion, sinon préférable, car ils ne font que prendre comme modèle le comportement, apparemment aléatoire, prescrit aux clergé et servants pendant la Messe.
Sur les ministres portant des objets :
ceremoniaire.net a écrit : 19. L’inclination est peu séante de la part des servants qui portent les chandeliers [45], tandis que la génuflexion peut se faire avec aisance, si les chandeliers ne sont pas de hauteur excessive et pour autant que l’on veille à les tenir droits. Ainsi, en de nombreuses églises, les servants qui portent les chandeliers saluent l’autel par la génuflexion en toute circonstance, même quand les autres clercs le saluent par l’inclination profonde. Cela paraît contraire à la lettre des livres rénovés, mais en plein accord, comme nous avons vu, avec la tradition léguée du rite romain à laquelle la plus récente édition du Missel invite à être attentif en ce qui concerne les gestes et les attitudes du corps [46].

Il serait aussi peu séant que celui qui porte la croix de procession – surtout si elle est d’une grandeur qui convient à l’étendard de notre Foi – essaie de faire l’inclination ou la génuflexion [47] : il est donc généralement admis qu’on s’abstienne de l’une et l’autre en portant la croix de procession.

[Note 45] Et effectivement impossible si on porte les chandeliers à la manière dite romaine. Les livres classiques décrivent la position des mains sur les chandeliers : la main intérieure tenant le pied, l’extérieure tenant le nœud : en France, le chandelier est ainsi tenu devant l’épaule extérieure ; ailleurs, en revanche, il est souvent tenu – sans changement dans la position des mains – devant le visage.

[Note 46] IGMR 2002, n. 42. D’aucuns ont soutenu l’inconvenance de faire la génuflexion – signe d’adoration réservé au Saint Sacrement – vers un meuble : nous avons déjà vu que cette révérence s’adresse à Dieu, l’autel et sa croix n’ayant que fonction de symbole. De même, la croix qui sert à l’adoration le Vendredi saint n’est qu’un symbole à travers lequel l’homme exprime son adoration à Dieu ; elle est, pourtant, saluée en ce jour par la génuflexion.

[Note 47] On pourrait supposer que le porte-croix s’abstient de faire des révérences à cause de l’honneur dû à la croix qu’il porte : dans l’absolu, ce raisonnement est infirmé par la pratique du porteur de la croix archiépiscopale, qui s’agenouille en tenant la croix devant le prélat lorsqu’il donne sa bénédiction solennelle (CE classique I-XXV, 4). La croix archiépiscopale est ordinairement moins encombrante que la croix de procession.
Olivier JC a écrit : Sur l'encensement, il me semble que si ce n'est pas prévu dans l'IGMR ni le CE actuel, cela ne veut pas forcément dire que ce soit abrogé ?

+
Probablement, oui. Je l'ai vu pratiquer parfois dans une cathédrale. Mais on ne voit pas ça à Solesmes, à Saint Wandrille, à Flavigny, à Argentan, à Kergonan. Donc... !
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