Benoît XVI 2005

« Vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde. » (Mt 5.13-14)
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Christophe
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Benoît XVI 2005

Message non lu par Christophe »

[align=center]Homélie du cardinal Joseph Ratzinger, doyen du Collège des cardinaux, lors de la messe "pro eligendo Romano Pontifice" du 18 avril 2005 en la Basilique Saint-Pierre[/align]

[align=justify]En cette heure de grande responsabilité, nous écoutons avec une attention particulière ce que le Seigneur nous dit avec ses propres mots. Des trois lectures, je voudrais choisir seulement quelques passages, qui nous concernent directement dans un moment comme celui-ci.

La première lecture nous propose un portrait prophétique de la figure du Messie – un portrait qui trouve toute sa signification à partir du moment où Jésus lit ce texte dans la synagogue de Nazareth, lorsqu’il dit : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Ecriture » (Lc 4, 21). Au centre du texte prophétique, nous trouvons une parole qui – au moins à première vue – apparaît contradictoire. Le Messie, parlant de lui, dit être envoyé « annoncer une année de grâce de la part du Seigneur, un jour de vengeance pour notre Dieu » (Is 61, 2). Ecoutons, avec joie, l’annonce de l’année de miséricorde : la miséricorde divine place une limite au mal, nous a dit le Saint-Père. Jésus-Christ est la miséricorde divine en personne : rencontrer le Christ signifie rencontrer la miséricorde de Dieu. Le mandat du Christ est devenu le nôtre à travers l’onction sacerdotale ; nous sommes appelés à proclamer, pas seulement par des paroles mais par notre vie, et avec les signes efficaces des sacrements, « l’année de miséricorde du Seigneur ». Mais que veut dire Isaïe lorsqu’il annonce le « un jour de vengeance pour notre Dieu » ? Jésus, à Nazareth, dans sa lecture du texte prophétique, n’a pas prononcé ces mots, il a conclu en annonçant l’année de la miséricorde. Est-ce la raison du scandale qu’a produit ensuite sa prédication ? Nous ne le savons pas. En tout cas, le Seigneur a offert son commentaire authentique de ces paroles par sa mort en croix. « Il a porté nos péchés dans son corps sur le bois de la croix », dit saint Pierre (1 P 2, 24). Et saint Paul écrit aux Galates : « Le Christ nous a rachetés de cette malédiction de la loi, devenu lui-même malédiction pour nous, car il est écrit : maudit soit celui qui pend au gibet, afin qu’aux païens passe dans le Christ Jésus la bénédiction d’Abraham et que par la foi nous recevions l’Esprit de la promesse » (Ga 3, 13s).
La miséricorde de Dieu n’est pas une grâce à bon marché, elle ne suppose pas la banalisation du mal. Christ porte dans son corps et dans son âme tout le poids du mal, toute sa force destructrice. Il brûle et transforme le mal dans la souffrance, dans le feu de son amour souffrant. Le jour de la vengeance et l’année de la miséricorde coïncident dans le mystère pascal, dans le Christ mort et ressuscité. Telle est la vengeance du Dieu : lui-même, dans la personne du Fils, souffre pour nous. Plus nous sommes touchés par la miséricorde du Seigneur, plus nous entrons en solidarité avec sa souffrance et devenons prêts à accomplir dans notre chair « ce qui manquer aux épreuves du Christ » (col 1, 24) .

Passons à la deuxième lecture, à la lettre aux Ephésiens. Là, il s’agit, en substance, de trois choses : en premier lieu, des ministères et des charismes dans l’Eglise, comme don du Seigneur ressuscité et monté au ciel ; donc, de la maturation de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, comme condition et contenu de l’unité dans le corps du Christ ; et, enfin, de la participation commune à la croissance du corps du Christ, c’est-à-dire de la transformation du monde dans la communion avec le Seigneur.
Arrêtons-nous seulement sur deux points. Le premier est le chemin vers « la maturité du Christ », comme le dit, un peu en simplifiant, le texte italien. Plus précisément nous devrions, selon le texte grec, parler de la « mesure de la plénitude du Christ », à laquelle nous sommes appelés à parvenir pour être réellement adultes dans la foi. Nous ne devrions pas rester des enfants dans la foi, comme des mineurs. En quoi consiste être adulte dans la foi ? Saint Paul répond que cela signifie être « ballotté et emporté à tout vent de la doctrine » (Ep 4, 14). Description très actuelle !
Combien de vents de doctrines avons-nous connu au cours de ces dernières décennies, combien de courants idéologiques, de modes de pensée… La petite barque de la pensée de nombreux chrétiens, bien souvent, a été agitée par ces vagues, jetée d’un extrême à l’autre : du marxisme au libéralisme, jusqu’au libertinisme ; du collectivisme à l’individualisme radical ; de l’athéisme à un vague mysticisme religieux ; de l’agnosticisme au syncrétisme et ainsi de suite. Chaque jour, naissent de nouvelle sectes, réalisant ce que disait saint Paul sur l’imposture des hommes, sur l’astuce qui entraîne dans l’erreur (cf Ep 4, 14). Avoir une foi claire, selon le Credo de l’Eglise, est souvent étiqueté comme fondamentalisme. Tandis que le relativisme, c’est-à-dire se laisser porter « à tout vent de la doctrine », apparaît comme l’unique attitude digne de notre époque. Une dictature du relativisme est en train de se constituer qui ne reconnaît rien comme définitif et qui retient comme ultime critère que son propre ego et ses désirs .

Nous, en revanche, nous avons une autre mesure : le Fils de Dieu, l’homme véritable. C’est lui la mesure du véritable humanisme. Une foi qui suit les vagues de la mode n’est pas « adulte ». Une foi adulte et mûre est profondément enracinée dans l’amitié avec le Christ. C’est cette amitié qui nous ouvre à tout ce qui est bon et nous donne le critère pour discerner entre le vrai et le faux, entre l’imposture et la vérité. C’est cette foi adulte que nous devons faire mûrir, c’est vers cette foi que nous devons guider le troupeau du Christ. Et c’est cette foi – seulement la foi – qui crée l’unité et se réalise dans la charité. Saint Paul nous offre à ce propos – en opposition aux péripéties continuelles de ceux qui sont comme des enfants ballottés par les vagues – une belle parole : faire la vérité dans la charité, comme formule fondamentale de la vie chrétienne. En Christ, la vérité et la charité coïncident. Dans la mesure où nous nous approchons du Christ, y compris dans notre vie, vérité et charité se mêlent. La charité sans vérité serait aveugle ; la vérité sans charité serait comme « une cymbale qui retentit » (1 Co,13, 1).
Venons maintenant à l’Evangile. De sa richesse je voudrais seulement extraire deux petites observations. Le Seigneur nous adresse ces merveilleuses paroles : « Je ne vous appelle plus serviteurs ... Mais je vous appelle amis » (Jn 15,15). Nous nous sentons seulement, et si souvent, des serviteurs inutiles ; et cela est vrai (cf Lc 17, 10). Malgré cela, le Seigneur nous appelle amis, il fait de nous ses amis, il nous donne son amitié.
Le Seigneur définit l’amitié de deux manières. Il n’y a pas de secrets entre amis : le Christ dit tout ce qu’il entend du Père ; il nous donne sa pleine confiance, et, avec la confiance, il nous donne aussi la connaissance. Il nous révèle son visage, son coeur. Cela nous montre sa tendresse pour nous, son amour passionné qui va jusqu’à la folie de la croix. Il s’en remet à nous, il nous donne le pouvoir de parler avec son être intime : « ceci est mon corps... », « je t’absous »... Il nous confie son corps, l’Eglise. Il confie sa vérité à nos esprits faibles et à nos mains fragiles - le mystère de Dieu Père, Fils et Saint-Esprit, le mystère de Dieu qui « a tant aimé le monde qu’il lui a donné son fils unique » (Jn, 3, 16). Il nous élevé au rang d’amis - et nous, comment répondons-nous ?
Le second élément par lequel Jésus définit l’amitié, est la communion des volontés. « Idem velle - idem nolle » était aussi pour les romains la définition de l’amitié. « Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande » (Jn 15, 14). L’amitié avec le Christ correspond à ce qui est exprimé dans la troisième demande du notre Père : « Que ta volonté soit faite, sur la terre comme au ciel ». A l’heure de Gethsémani, Jésus a transformé notre volonté humaine rebelle en une volonté conforme à la volonté divine et unie à elle. Il a souffert tout le drame de notre autonomie - et, c’est justement en portant notre volonté dans les mains de Dieu, qu’il nous donne la vraie liberté : « Non pas ce que je veux, mais ce que tu veux » (Mt 21,39). Notre rédemption se réalise dans cette communion des volontés : être ami de Jésus, devenir amis de Dieu. Plus nous aimons Jésus, plus nous le connaissons, plus notre vraie liberté grandit et plus croit la joie d’être sauvé. Merci Jésus pour ton amitié !
L’autre élément de l’Evangile, que je voulais souligner, est le discours de Jésus sur le fait de porter du fruit : « Je vous ai institué pour que alliez, que vous portiez du fruit et un fruit qui demeure » (Jn 15, 16). C’est ici qu’apparaît le dynamisme de l’existence du chrétien et de l’apôtre : je vous ai institué pour que vous alliez... Nous devons être animé d’une sainte inquiétude : l’inquiétude de porter à tous le don de la foi et de l’amitié avec le Christ. En vérité, l’amour, l’amitié de Dieu nous a été donné pour qu’il parvienne aussi aux autres. Nous avons reçu la foi pour la donner aux autres - nous sommes prêtres pour servir les autres. Et nous devons porter un fruit qui demeure. Tous les hommes veulent laisser une trace qui demeure. Mais que reste-t-il ? Ce n’est pas l’argent. Ce ne sont pas les bâtiments et encore moins les livres. Toutes ces choses disparaissent après un certain temps, plus ou moins long. La seule chose qui subsiste dans l’éternité, c’est l’âme humaine, l’homme créé par Dieu pour l’éternité. C’est ainsi que le fruit qui demeure est celui que nous avons semé dans l’âme humaine - l’amour, la connaissance ; le geste apte à toucher le coeur ; la parole qui ouvre l’âme à la joie du Seigneur. Alors, allons et prions le Seigneur, pour qu’il nous aide à porter du fruit, un fruit qui demeure. C’est seulement ainsi que la terre, de vallées de larmes, sera transformée en jardin de Dieu.
Revenons enfin, et encore une fois, à la lettre aux Ephésiens. La lettre dit - avec les paroles du psaume 68 - que le Christ, en montant au ciel « a distribué ses dons aux hommes » (Eph. 4, 8). Le vainqueur distribue des dons. Et ces dons sont apôtres, prophètes, évangélistes, pasteurs et maîtres. Notre ministère est un don du Christ aux hommes, pour construire son corps - le monde nouveau. Vivons notre ministère comme cela, comme don du Christ aux hommes ! Mais, en cette heure, prions surtout avec insistance le Seigneur, pour qu’après le grand don du Pape Jean-Paul II, il nous donne à nouveau un pasteur selon son coeur, un pasteur qui nous guide à la connaissance du Christ, à son amour, à la vraie joie. Amen.[/align]


[align=right]Le Vatican, basilique Saint-Pierre,
le lundi 18 avril 2005
[/align]
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Christophe
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Homélie-programme du pape Benoît XVI (20.04.2005)

Message non lu par Christophe »

[align=justify]Voici le texte intégral de l’homélie-programme du pape Benoît XVI lors de sa première messe, mercredi 20 avril au matin, en la chapelle Sixtine.

Vénérés frères cardinaux,

Chers frères et sœurs dans le Christ,

Vous tous, hommes et femmes de bonne volonté !

1. Grâce et paix en abondance à vous tous (cf. 1 P 1,2) ! En mon âme cohabitent en ces heures deux sentiments opposés. D’une part, un sentiment d’inadaptation et de trouble humain par rapport à la responsabilité qui m’a été confiée hier en tant que Successeur de l’apôtre Pierre sur ce Siège de Rome, à l’égard de l’Eglise universelle. D’autre part je ressens en moi une profonde gratitude envers Dieu qui, comme nous le fait chanter la liturgie, n’abandonne pas son troupeau mais le guide à travers les temps, sous la conduite de ceux qu’Il a lui-même élus vicaires de son Fils et constitués pasteurs (cf. Préface des Apôtres I).

Très chers amis, cette profonde reconnaissance pour un don de la divine miséricorde prévaut malgré tout en mon cœur. Et je considère cela une grâce spéciale obtenue de mon vénéré prédécesseur, Jean-Paul II. Il me semble sentir sa main forte serrer la mienne; il me semble voir ses yeux souriants et entendre ses paroles, qui s’adressent en ce moment à moi de manière particulière : « N’aie pas peur ! »

La mort du Saint-Père Jean-Paul II, et les jours qui ont suivi, ont été pour l’Eglise et pour le monde entier un temps de grâce extraordinaire. La grande douleur provoquée par sa disparition et le sentiment de vide qu’il a laissé en chacun ont été tempérés par l’action du Christ ressuscité, qui s’est manifestée au cours de longues journées dans la vague unanime de foi, d’amour et de solidarité spirituelle, qui a atteint son sommet lors de ses obsèques solennelles.
Nous pouvons le dire : les funérailles de Jean-Paul II ont été une expérience vraiment extraordinaire où l’on a d’une certaine façon perçu la puissance de Dieu qui, par l’intermédiaire de son Eglise, veut faire de tous les peuples une grande famille, grâce à la force unificatrice de la Vérité et de l’Amour (cf. Lumen gentium, 1). A l’heure de la mort, configuré à son Maître et Seigneur, Jean-Paul II a couronné son long et fécond pontificat, confirmant le peuple chrétien dans la foi, le rassemblant autour de lui et faisant sentir la famille humaine tout entière, plus unie.

Comment ne pas se sentir soutenus par ce témoignage ? Comment ne pas ressentir l’encouragement qui provient de cet événement de grâce ?

2. Me surprenant au-delà de toutes mes prévisions, la Providence divine, à travers le vote des vénérés pères cardinaux, m’a appelé à succéder à ce grand pape. Je repense en ces heures à ce qui se produisit dans la région de Césarée de Philippe, il y a environ deux mille ans. Il me semble entendre les paroles de Pierre : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant », et la solennelle affirmation du Seigneur : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise… Je te donnerai les clés du Royaume des Cieux » (Mt 16, 15-19).

Tu es le Christ ! Tu es Pierre ! Il me semble revivre la même scène évangélique ; moi, successeur de Pierre, je répète avec anxiété les paroles vibrantes du pêcheur de Galilée et j’écoute à nouveau avec une profonde émotion la promesse rassurante du divin Maître. Si le poids de la responsabilité qui se déverse sur mes pauvres épaules est énorme, la puissance divine sur laquelle je peux compter est certainement démesurée : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise » (Mt 16, 18). En me choisissant comme Evêque de Rome, le Seigneur m’a voulu comme son Vicaire, il m’a voulu « pierre » sur laquelle tous peuvent s’appuyer en sécurité. Je Lui demande de suppléer à la pauvreté de mes forces, afin que je sois un courageux et fidèle Pasteur de son troupeau, toujours docile aux inspirations de son Esprit.

Je m’apprête à entamer ce ministère particulier, le ministère « pétrinien » au service de l’Eglise universelle, en m’abandonnant humblement entre les mains de la Providence de Dieu. C’est d’abord au Christ que je renouvelle mon adhésion totale et confiante : "In Te, Domine, speravi; non confundar in aeternum!".
Avec une âme reconnaissante pour la confiance que vous m’avez témoignée, je vous demande, à vous, Messieurs les Cardinaux, de me soutenir par la prière et la collaboration constante, active et sage. Je demande aussi à tous mes frères dans l’épiscopat de m’accompagner par la prière et les conseils, afin que je puisse être vraiment le Servus servorum Dei. De même que Pierre et les autres apôtres constituèrent conformément au souhait du Seigneur, un unique collège apostolique, le successeur de Pierre et les évêques, successeurs des apôtres, - le Concile l’a répété avec force (cf. Lumen gentium, 22) -, doivent être étroitement unis entre eux. Cette communion collégiale, certes dans la diversité des rôles et des fonctions du pontife romain et des évêques, est au service de l’Eglise et de l’unité dans la foi, de laquelle dépend largement l’efficacité de l’action évangélisatrice dans le monde contemporain. C’est sur ce chemin, sur lequel ont avancé mes vénérés prédécesseurs, que j’entends par conséquent moi aussi avancer, avec l’unique souci de proclamer au monde entier la présence vivante du Christ.

3. J’ai devant moi, en particulier, le témoignage du pape Jean-Paul II. Il laisse une Eglise plus courageuse, plus libre, plus jeune. Une Eglise qui, selon son enseignement et son exemple, regarde le passé avec sérénité et n’a pas peur de l’avenir. Avec le grand Jubilé elle est entrée dans le nouveau millénaire, portant dans ses mains l’Evangile appliqué au monde actuel à travers la relecture faisant autorité du Concile Vatican II. Le pape Jean-Paul II a très justement indiqué le Concile comme « boussole » permettant de s’orienter dans le vaste océan du troisième millénaire (cf. Lettre apost. Novo millennio ineunte, 57-58). Dans son testament spirituel il notait également : « Je suis convaincu qu’il sera encore donné aux nouvelles générations de puiser pendant longtemps aux richessess que ce Concile du XXe siècle nous a offertes » (17.III.2000).
 
Moi aussi, par conséquent, alors que je me prépare au service qui est propre au successeur de Pierre, je veux affirmer avec force ma ferme volonté de poursuivre l’engagement de mise en œuvre du Concile Vatican II, dans le sillage de mes prédécesseurs et en fidèle continuité avec la tradition bimillénaire de l’Eglise. On célébrera précisément cette année le 40e anniversaire de la conclusion de l’Assemblée conciliaire (8 décembre 1965). Au fil des années les documents conciliaires n’ont rien perdu de leur actualité ; leurs enseignements se révèlent même particulièrement pertinents en ce qui concerne les nouvelles exigences de l’Eglise et de la société mondialisée actuelle.

4. De manière extrêmement significative, mon pontificat commence alors que l’Eglise vit l’Année spéciale consacrée à l’Eucharistie. Comment ne pas voir dans cette coïncidence providentielle un élément qui doit caractériser le ministère auquel je suis appelé ? L’Eucharistie, cœur de la vie chrétienne et source de la mission évangélisatrice de l’Eglise, ne peut que constituer le centre permanent et la source du service pétrinien qui m’a été confié.

L’Eucharistie rend constamment présent le Christ ressuscité qui continue de se donner à nous, nous appelant à participer au banquet de son Corps et de son Sang. C’est de la pleine communion avec Lui que naît tout autre élément de la vie de l’Eglise, en premier lieu la communion entre tous les fidèles, l’engagement d’annoncer et de témoigner de l’Evangile, l’ardeur de la charité envers tous, spécialement envers les pauvres et les petits.

Cette année, par conséquent, l’on devra accorder une importance particulière à la célébration de la solennité du Corpus Domini. L’Eucharistie se trouvera ensuite, en août, au centre de la Journée mondiale de la Jeunesse à Cologne et, en octobre, de l’Assemblée ordinaire du Synode des évêques qui aura pour thème : « l’Eucharistie, source et sommet de la vie et de la mission de l’Eglise ». Je demande à tous d’intensifier dans les mois à venir l’amour et la dévotion à Jésus Eucharistie et d’exprimer de façon courageuse et claire la foi dans la présence réelle du Seigneur, en particulier à travers le caractère solennel et digne des célébrations.

Je le demande de façon spéciale aux prêtres, auxquels je pense en ce moment avec une grande affection. Le sacerdoce ministériel est né dans le Cénacle, en même temps que l’Eucharistie, comme l’a si souvent souligné mon vénéré prédécesseur Jean-Paul II. « L’existence sacerdotale doit avoir à un titre spécial une ‘forme eucharistique’ », a-t-il écrit dans sa dernière lettre pour le Jeudi Saint (n. 1). La célébration pieuse et quotidienne de la Messe, centre de la vie et de la mission de chaque prêtre, y contribue de façon spéciale.

5. Nourris et soutenus par l’Eucharistie, les catholiques ne peuvent pas ne pas se sentir encouragés à tendre vers cette pleine unité que le Christ a ardemment souhaitée au Cénacle. Le successeur de Pierre sait qu’il doit de manière particulière prendre en charge cette aspiration suprême du Divin maître. C’est à lui en effet qu’a été confiée la tâche de confirmer ses frères (cf. Lc 22, 32).
C’est donc en toute conscience, au début de son ministère dans l’Eglise de Rome que Pierre a baignée de son sang, que l’actuel successeur prend comme premier engagement celui de travailler sans épargner ses forces, à la reconstruction de l’unité pleine et visible de tous les disciples du Christ. Telle est son ambition, tel est son devoir pressant. Il est conscient que pour cela les manifestations de bons sentiments ne suffisent pas. L’on a besoin de gestes concrets qui pénètrent les âmes et secouent les consciences, incitant chacun à cette conversion intérieure qui est la condition nécessaire à tout progrès sur le chemin de l’œcuménisme.

Le dialogue théologique est nécessaire, l’approfondissement des motivations historiques de choix faits dans le passé est même indispensable. Mais le plus urgent est cette « purification de la mémoire », évoquée si souvent par Jean-Paul II, qui seule peut disposer les âmes à accueillir la pleine vérité du Christ. C’est devant Lui, Juge suprême de tout être vivant, que chacun de nous doit se placer, conscient de devoir un jour Lui rendre compte de ce qu’il a fait ou n’a pas fait pour le grand bien de l’unité pleine et visible de tous ses disciples.

L’actuel successeur de Pierre se laisse interpeller personnellement par cette question et est disposé à faire ce qui est en son pouvoir pour promouvoir la cause fondamentale de l’œcuménisme. Dans le sillage de ses prédécesseurs, il est pleinement déterminé à exploiter toute initiative pouvant apparaître opportune pour promouvoir les contacts et l’entente avec les représentants des différentes Eglises et Communautés ecclésiales. Il leur adresse d’ailleurs, également à cette occasion, le salut le plus cordial, dans le Christ, unique Seigneur de tous.

6. En ce moment, je reviens en mémoire à l'inoubliable expérience que nous avons tous vécue à l'occasion de la mort et des funérailles du regretté Jean-Paul II. Autour de sa dépouille mortelle couchée sur la terre nue, se sont rassemblés les Chefs des Nations, des personnes de toutes les catégories sociales, et en particulier des jeunes, dans une inoubliable étreinte d'affection et d'admiration. Le monde entier s'est tourné vers lui avec confiance. Il a semblé à de nombreuses personnes que cette intense participation, amplifiée jusqu'aux limites de la planète par les moyens de communication sociale, ait été comme une demande d'aide unanime adressée au pape de la part de l'humanité actuelle qui, troublée par les incertitudes et les craintes, s'interroge sur son avenir.

L'Eglise d'aujourd'hui doit raviver en elle-même la conscience de la tâche de reproposer au monde la voix de Celui qui a dit: « Je suis la lumière du monde. Qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais aura la lumière de la vie » (Jn 8, 12). En commençant son ministère, le nouveau pape sait que sa tâche est de faire resplendir devant les hommes et les femmes d'aujourd'hui la lumière du Christ: pas sa propre lumière, mais celle du Christ.

Je m'adresse à tous avec cette conscience, également à ceux qui pratiquent d'autres religions ou qui cherchent simplement une réponse aux questions fondamentales de l'existence et qui ne l'ont pas encore trouvée. Je m'adresse à tous avec simplicité et affection, pour les assurer que l'Eglise désire continuer à tisser avec eux un dialogue ouvert et sincère, à la recherche du bien véritable de l'homme et de la société.

J'invoque de Dieu l'unité et la paix pour la famille humaine et je déclare la disponibilité de tous les catholiques à coopérer pour un développement social authentique, respectueux de la dignité de chaque être humain.

Je n'épargnerai pas les efforts et le dévouement pour poursuivre le dialogue prometteur entamé par mes vénérés prédécesseurs avec les différentes civilisations, afin que de la compréhension réciproque naissent les conditions d'un avenir meilleur pour tous.

Je pense en particulier aux jeunes. A eux, les interlocuteurs privilégiés du pape Jean-Paul II, s'adresse mon étreinte affectueuse dans l'attente, si Dieu le veut, de les rencontrer à Cologne à l'occasion de la prochaine Journée mondiale de la Jeunesse. Je continuerai à dialoguer avec vous, chers jeunes, avenir et espérance de l'Eglise et de l'humanité, en écoutant vos attentes dans l'intention de vous aider à rencontrer toujours plus en profondeur le Christ vivant, celui qui est éternellement jeune.

7. Mane nobiscum, Domine! Reste avec nous Seigneur! Cette invocation, qui constitue le thème dominant de la Lettre apostolique de Jean-Paul II pour l'Année de l'Eucharistie, est la prière qui jaillit spontanément de mon cœur, alors que je m'apprête à commencer le ministère auquel le Christ m'a appelé. Comme Pierre, je Lui renouvelle moi aussi ma promesse inconditionnée de fidélité. Je n'entends servir que Lui seul en me consacrant totalement au service de son Eglise.

Pour soutenir cette promesse, j'invoque l'intercession maternelle de la Très Sainte Vierge Marie, entre les mains de qui je dépose le présent et l'avenir de ma personne et de l'Eglise. Que les saints apôtres Pierre et Paul, et tous les saints, interviennent également à travers leur intercession.

Avec ces sentiments, je vous donne, vénérés frères cardinaux, ainsi qu'à ceux qui participent à ce rite et à tous ceux qui m'écoutent à travers la télévision et la radio, une affectueuse Bénédiction.

Traduction réalisée par Zenit[/align]
Dernière modification par Christophe le mer. 27 avr. 2005, 21:49, modifié 1 fois.
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Discours de Benoît XVI aux cardinaux (22.04.2005)

Message non lu par Christophe »

[align=justify]Nous publions ci-dessous le texte intégral du discours que le pape Benoît XVI a adressé aux cardinaux qu’il a reçus le vendredi 22 avril au matin en audience au Vatican. Il y exprime notamment sa reconnaissance envers Dieu, les fidèles et les cardinaux et rappelle qu’à l’image du Christ, il est venu non pas pour « être servi mais pour servir ».

1. Je vous rencontre à nouveau aujourd’hui et je voudrais vous faire part de manière simple et fraternelle de l’état d’âme qui est le mien au cours de ces journées. Aux émotions intenses éprouvées à l’occasion de la mort de mon vénéré prédécesseur Jean-Paul II puis au cours du conclave et surtout lors de son épilogue, s’ajoutent un intime besoin de silence et deux sentiments complémentaires entre eux : un vif désir venant du cœur de remercier et un sentiment d’impuissance humaine face au très haut devoir qui m’attend.

Tout d’abord la gratitude. Je ressens en premier lieu le devoir de rendre grâce à Dieu qui m’a voulu, malgré ma fragilité humaine, comme successeur de l’Apôtre Pierre et qui m’a confié la tâche de diriger et de guider l’Eglise afin qu’elle soit dans le monde un sacrement d’unité pour tout le genre humain (cf. Lumen gentium n.1). Nous en sommes certains, c’est le pasteur éternel qui conduit son troupeau avec la force de son esprit, lui assurant en tout temps des pasteurs qu’Il a choisis. En ces jours s’est élevée la prière unanime du peuple chrétien pour le nouveau Pontife et la première rencontre avec les fidèles, avant-hier soir sur la Place Saint-Pierre, a été véritablement émouvante : que parviennent à tous évêques, prêtres, religieux et religieuses, jeunes et personnes âgées, mes remerciements les plus sincères pour leur solidarité spirituelle.

2. Vénérés frères, je sens de mon devoir d’adresser un vif remerciement à chacun d’entre vous, à commencer par Monsieur le Cardinal Angelo Sodano qui, se faisant l’interprète des sentiments communs, vient de m’adresser des paroles affectueuses et des voeux cordiaux. Avec lui je remercie Monsieur le Cardinal Camerlingue Eduardo Martinez Somalo pour le service généreux rendu au cours de cette délicate phase de transition.

Je désire ensuite étendre ma reconnaissance sincère à tous les membres du Collège cardinalice pour la collaboration active qu’ils ont prêtée à la gestion de l’Eglise au cours de la vacance du Siège. Je voudrais saluer avec une affection particulière les cardinaux qui, en raison de leur ậge ou d’une maladie, n’ont pas pris part au conclave. Je suis reconnaissant à chacun de l’exemple qui a été donné de disponibilité et de communion fraternelle, ainsi que de leur intense prière, toutes deux expressions d’un amour fidèle pour l’Eglise, Epouse du Christ.

En outre je ne peux qu’adresser un remerciement sincère à ceux qui accomplissant des tậches différentes, ont coopéré à l’organisation et au déroulement du conclave, aidant de nombreuses manières les cardinaux à passer de la façon la plus sûre et la plus sereine ces journées chargées de responsabilité.

3. Vénérés frères, je vous adresse mes remerciements les plus personnels pour la confiance que vous avez placée en moi en m’élisant Evêque de Rome et Pasteur de l’Eglise universelle. C’est un acte de confiance qui constitue un encouragement pour entreprendre cette nouvelle mission, avec plus de sérénité car je suis persuadé de pouvoir compter non seulement sur l’aide indispensable de Dieu, mais également sur votre collaboration généreuse. Je vous en prie, ne me faites jamais manquer votre soutien ! Si d’un côté je suis conscient des limites de ma personne et de mes capacités, de l’autre, je sais bien quelle est la nature de la mission qui m’est confiée et que je m’apprête à accomplir dans une attitude de dévouement intérieur. Il ne s’agit pas ici d’honneurs mais bien d’un service à accomplir avec simplicité et disponibilité en imitant notre Maître et Seigneur qui ne vint pas pour être servi mais pour servir (cf. Matthieu 20, 28), et qui lors de la dernière Cène lava les pieds des Apôtres en leur commandant d’en faire tout autant (cf. Jn 13, 13-14). Il ne nous reste donc, à moi et à nous tous ensemble, qu’à accepter de la Providence la volonté de Dieu et faire de notre mieux pour y répondre, en nous aidant les uns les autres dans l’accomplissement des tậches respectives au service de l’Eglise.

J’ai à coeur, en cet instant, de revenir en esprit à mes vénérés prédécesseurs, le bienheureux Jean XXIII, les serviteurs de Dieu Paul VI et Jean-Paul Ier et en particulier Jean-Paul II, dont le témoignage, les derniers jours, nous a soutenus plus que jamais et dont nous continuons à ressentir la présence toujours vivante. L’événement douloureux de sa mort, après une période de grandes épreuves et de souffrances s’est révélé en réalité avec des caractéristiques pascales, comme il l’avait souhaité dans son Testament ( 24. II – 1. II. 1980). La lumière et la force du Christ ressuscité ont rayonné dans l’Eglise à partir de cette sorte de « dernière Messe » célébrée pendant son agonie, qui a trouvé son sommet dans l’« Amen » d’une vie entièrement offerte, à travers le cœur immaculé de Marie, pour le salut du monde.

5. Vénérés frères ! Chacun retournera à présent dans son siège respectif pour reprendre son travail, mais nous resterons spirituellement unis dans la foi et dans l’amour du Seigneur, dans le lien et la célébration eucharistique, dans la prière insistante et dans le partage du ministère apostolique quotidien. Votre proximité spirituelle, vos conseils éclairés et votre coopération effective seront pour moi un don dont je vous serai toujours reconnaissant et un stimulant pour mener à bien le mandat qui m’a été confié avec une fidélité et un dévouement total.

Je nous confie tous à la Vierge Marie, Mère de Dieu, qui a accompagné de sa présence silencieuse les pas de l’Eglise naissante et qui a soutenu la foi des Apôtres ainsi que les attentes, les espérances et les préoccupations de toute la communauté des chrétiens. Sous la protection maternelle de Marie, Mater Ecclesiae, je vous invite à marcher docilement en obéissant à la voix de son divin Fils et Notre Seigneur Jésus Christ. En invoquant sa protection permanente, je donne de tout cœur à chacun de vous et à ceux que la Providence divine confie à vos soins pastoraux, la Bénédiction apostolique.

Traduction de l’original en italien réalisée par Zenit[/align]
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Christophe
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Messe d'inauguration du pontificat (24.04.2005)

Message non lu par Christophe »

[align=justify]Voici la traduction officielle en français de l’homélie du pape Benoît XVI, lors de la messe d’inauguration du pontificat , ce dimanche 24 avril 2005, sur le parvis de la place Saint-Pierre.

Messieurs les Cardinaux,
Chers Frères dans l’Épiscopat et dans le Sacerdoce,
Mesdames et Messieurs les Membres des Autorités et du Corps diplomatique,
Chers Frères et Sœurs,


Par trois fois, au cours de ces jours si intenses, le chant des litanies des saints nous a accompagné: durant les funérailles de notre Saint-Père Jean-Paul II ; à l’occasion de l’entrée des Cardinaux en Conclave, et aujourd’hui encore, nous les avons chantées à nouveau, accompagnées de l’invocation : Tu illum adjuva – soutiens le nouveau Successeur de saint Pierre. Chaque fois, de manière toute particulière, j’ai ressenti, pendant cette prière chantée, une grande consolation. Combien nous sommes-nous sentis abandonnés après le départ de Jean-Paul II ! Pendant plus de 26 ans, ce Pape a été notre pasteur et notre guide sur le chemin à travers ce temps. Il a franchi le seuil vers l’autre vie – entrant dans le mystère de Dieu. Mais il n’accomplissait pas ce passage tout seul. Celui qui croit n’est jamais seul – il ne l’est pas dans la vie, et pas même dans la mort. À ce moment-là, nous avons pu invoquer les saints de tous les siècles – ses amis, ses frères dans la foi, sachant qu’ils ont été le cortège vivant qui l’a accompagné dans l’au-delà, jusqu’à la gloire de Dieu. Nous savons que son arrivée était attendue. Nous savons désormais qu’il est parmi les siens et qu’il est vraiment chez lui.

De nouveau, nous avons été consolés alors que nous accomplissions l’entrée solennelle en conclave pour élire celui que le Seigneur avait choisi. Comment pouvions-nous reconnaître son nom ? Comment 115 évêques, provenant de toutes les cultures et de nombreux pays, pouvaient-ils trouver celui auquel le Seigneur désirait conférer la mission de lier et de délier ? Encore une fois, nous le savions : nous savions que nous n’étions pas seuls, nous nous savions entourés, conduits et guidés par les amis de Dieu. Et maintenant, en ce moment, moi-même, fragile serviteur de Dieu, je dois assumer cette charge inouïe, qui dépasse réellement toute capacité humaine. Comment puis-je faire cela ? Comment serai-je en mesure de le faire ? Vous tous, chers amis, vous venez d’invoquer la troupe innombrable des saints, représentés par certains des grands noms de l’histoire de Dieu avec les hommes. De cette manière, se ravive aussi en moi cette conscience: je ne suis pas seul. Je ne dois pas porter seul ce que, en réalité, je ne pourrais jamais porter seul. La troupe des saints de Dieu me protège, me soutient et me porte. Et votre prière, chers amis, votre indulgence, votre amour, votre foi et votre espérance m’accompagnent. En effet, à la communauté des saints n’appartiennent pas seulement les grandes figures qui nous ont précédés et dont nous connaissons les noms. Nous sommes tous la communauté des saints, nous, les baptisés au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, nous qui vivons du don de la chair et du sang du Christ, par lesquels Il a voulu nous transformer et nous rendre semblables à Lui. Oui, l’Église est vivante – telle est la merveilleuse expérience de ces jours-ci. Au cours des journées tristes de la maladie et de la mort du Pape, précisément, s’est manifesté de manière merveilleuse à nos yeux le fait que l’Église est vivante. Et l’Église est jeune. Elle porte en elle l’avenir du monde et c’est pourquoi elle montre aussi à chacun de nous le chemin vers l’avenir. L’Église est vivante et nous le voyons : nous faisons l’expérience de la joie que le Ressuscité a promise aux siens. L’Église est vivante – elle est vivante parce que le Christ est vivant, parce qu’Il est vraiment ressuscité. Dans la souffrance, présente sur le visage du Saint-Père, au cours des jours de Pâques, nous avons contemplé le mystère de la Passion du Christ et nous avons en même temps touché ses plaies. Mais en ces jours, nous avons aussi pu, de manière profonde, toucher le Ressuscité. Il nous a été donné de faire l’expérience de la joie qu’Il a promise, après un court temps de ténèbres, comme un fruit de sa résurrection.

L’Église est vivante – ainsi, je vous salue avec une grande joie et une profonde gratitude, vous tous qui êtes ici rassemblés, chers Frères Cardinaux et Évêques, chers Frères prêtres, chers diacres, chers agents pastoraux et catéchistes. Je vous salue, vous les religieux et les religieuses, témoins de la présence transfigurante de Dieu. Je vous salue, vous, les fidèles laïcs, engagés dans le vaste espace de la construction du Règne de Dieu qui se répand dans le monde, dans tous les lieux de vie. Mes paroles se font aussi affectueuses dans le salut que j’adresse à tous ceux qui, renés par le sacrement du Baptême, ne sont pas encore dans la pleine communion avec nous ; et à vous, chers Frères du peuple juif, auxquels nous sommes liés par un grand patrimoine spirituel commun qui plonge ses racines dans les promesses irrévocables de Dieu. Enfin, ma pensée – presque comme une onde qui se répand – va à tous les hommes de notre temps, croyants et non croyants.

Chers amis ! En ce moment, je n’ai pas besoin de présenter un programme de gouvernement. J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer, dans mon message du mercredi 20 avril, certains aspects de ce que je considère comme de ma charge; je ne manquerai pas de le faire en d’autres circonstances. Mon véritable programme de gouvernement est de ne pas faire ma volonté, de ne pas poursuivre mes idées, mais, avec toute l’Église, de me mettre à l’écoute de la parole et de la volonté du Seigneur, et de me laisser guider par lui, de manière que ce soit lui-même qui guide l’Église en cette heure de notre histoire. Au lieu d’exposer un programme, je voudrais simplement commenter les deux signes qui, sur le plan liturgique, représentent le début du ministère pétrinien. En fait, tous les deux sont le reflet exact de ce qui a été proclamé dans les lectures de ce jour.

Le premier signe est le Pallium, tissu en pure laine, qui est placé sur mes épaules. Ce signe très ancien, que les Évêques de Rome portent depuis la fin du IVe siècle, peut être considéré comme une image du joug du Christ, que l’Évêque de cette ville, le Serviteur des Serviteurs de Dieu, prend sur ses épaules. Le joug de Dieu est la volonté de Dieu, que nous accueillons. Et cette volonté n’est pas pour moi un poids extérieur, qui nous opprime et qui nous enlève notre liberté. Connaître ce que Dieu veut, connaître quel est le chemin de la vie – telle était la joie d’Israël, tel était son grand privilège. Telle est aussi notre joie : la volonté de Dieu ne nous aliène pas, elle nous purifie – parfois même de manière douloureuse – et nous conduit ainsi à nous-mêmes. De cette manière, nous ne Le servons pas seulement Lui-même, mais nous servons aussi le salut de tout le monde, de toute l’histoire. En réalité, le symbolisme du Pallium est encore plus concret : la laine d’agneau entend représenter la brebis perdue ou celle qui est malade et celle qui est faible, que le pasteur met sur ses épaules et qu’il conduit aux sources de la vie. La parabole de la brebis perdue que le berger cherche dans le désert était pour les Pères de l’Église une image du mystère du Christ et de l’Église. L’humanité – nous tous – est la brebis perdue qui, dans le désert, ne trouve plus son chemin. Le Fils de Dieu ne peut pas admettre cela; Il ne peut pas abandonner l’humanité à une telle condition misérable. Il se met debout, Il abandonne la gloire du Ciel, pour retrouver la brebis et pour la suivre, jusque sur la Croix. Il la charge sur ses épaules, Il porte notre humanité, Il nous porte nous-mêmes. Il est le bon pasteur, qui donne sa vie pour ses brebis. Le Pallium exprime avant tout que nous sommes portés par le Christ. Mais, en même temps, le Christ nous invite à nous porter les uns les autres. Ainsi, le Pallium devient le symbole de la mission du pasteur, dont parle la deuxième lecture et l’Évangile. La sainte inquiétude du Christ doit animer tout pasteur: il n’est pas indifférent pour lui que tant de personnes vivent dans le désert. Et il y a de nombreuses formes de désert. Il y a le désert de la pauvreté, le désert de la faim et de la soif; il y a le désert de l’abandon, de la solitude, de l’amour détruit. Il y a le désert de l’obscurité de Dieu, du vide des âmes sans aucune conscience de leur dignité ni du chemin de l’homme. Les déserts extérieurs se multiplient dans notre monde, parce que les déserts intérieurs sont devenus très grands. C’est pourquoi, les trésors de la terre ne sont plus au service de l’édification du jardin de Dieu, dans lequel tous peuvent vivre, mais sont asservis par les puissances de l’exploitation et de la destruction. L’Église dans son ensemble, et les Pasteurs en son sein, doivent, comme le Christ, se mettre en route, pour conduire les hommes hors du désert, vers le lieu de la vie, vers l’amitié avec le Fils de Dieu, vers Celui qui nous donne la vie, la vie en plénitude. Le symbole de l’agneau a encore un autre aspect. Dans l’Orient ancien, il était d’usage que les rois se désignent eux-mêmes comme les pasteurs de leur peuple. C’était une image de leur pouvoir, une image cynique: les peuples étaient pour eux comme des brebis, dont le pasteur pouvait disposer selon son bon vouloir. Tandis que le pasteur de tous les hommes, le Dieu vivant, est devenu Lui-même un agneau, Il s’est mis du côté des agneaux, de ceux qui sont méprisés et tués. C’est précisément ainsi qu’Il se révèle comme le vrai pasteur: « Je suis le bon pasteur... et je donne ma vie pour mes brebis » (Jn 10, 14 ss.). Ce n’est pas le pouvoir qui rachète, mais l’amour ! C’est là le signe de Dieu: Il est lui-même amour. Combien de fois désirerions-nous que Dieu se montre plus fort! Qu’Il frappe durement, qu’Il terrasse le mal et qu’Il crée un monde meilleur! Toutes les idéologies du pouvoir se justifient ainsi, justifient la destruction de ce qui s’oppose au progrès et à la libération de l’humanité. Nous souffrons pour la patience de Dieu. Et nous avons néanmoins tous besoin de Sa patience. Le Dieu qui est devenu agneau nous dit que le monde est sauvé par le Crucifié et non par ceux qui ont crucifié. Le monde est racheté par la patience de Dieu et détruit par l’impatience des hommes.

Une des caractéristiques fondamentales du pasteur doit être d’aimer les hommes qui lui ont été confiés, comme les aime le Christ, au service duquel il se trouve. « Sois le pasteur de mes brebis », dit le Christ à Pierre, et à moi, en ce moment. Être le pasteur veut dire aimer, et aimer veut dire aussi être prêt à souffrir. Aimer signifie: donner aux brebis le vrai bien, la nourriture de la vérité de Dieu, de la parole de Dieu, la nourriture de sa présence, qu’Il nous donne dans le Saint-Sacrement. Chers amis – en ce moment je peux seulement dire: priez pour moi, pour que j’apprenne toujours plus à aimer le Seigneur. Priez pour moi, pour que j’apprenne à aimer toujours plus son troupeau – vous tous, la Sainte Église, chacun de vous personnellement et vous tous ensemble. Priez pour moi, afin que je ne me dérobe pas, par peur, devant les loups. Priez les uns pour les autres, pour que le Seigneur nous porte et que nous apprenions à nous porter les uns les autres.

Le deuxième signe par lequel la liturgie d’aujourd’hui nous présente le commencement du ministère pétrinien est la remise de l’anneau du pêcheur. L’appel de Pierre à devenir pasteur, que nous avons entendu dans l’Évangile, fait suite au récit d’une pêche abondante: après une nuit au cours de laquelle ils avaient jeté les filets sans succès, les disciples voient sur le rivage le Seigneur ressuscité. Il leur enjoint de retourner pêcher une nouvelle fois et voici que le filet devient si plein qu’ils ne réussirent plus à le ramener. 153 gros poissons: « Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré » (Jn 21,11). Cet événement, qui a lieu au terme du parcours terrestre de Jésus avec ses disciples, correspond à un récit des commencements : les disciples n’avaient alors rien pêché durant toute la nuit; Jésus avait alors invité Simon à avancer une nouvelle fois au large. Et Simon, qui ne s’appelait pas encore Pierre, donna cette réponse admirable: Maître, sur ton ordre, je vais jeter les filets ! Et voici la confirmation de la mission : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras » (Lc 5,1-11). Aujourd’hui encore, l’Église et les successeurs des Apôtres sont invités à prendre le large sur l’océan de l’histoire et à jeter les filets, pour conquérir les hommes au Christ – à Dieu, au Christ, à la vraie vie. Les Pères ont aussi dédié un commentaire très particulier à cette tâche singulière. Ils disent ceci : pour le poisson, créé pour l’eau, être sorti de l’eau entraîne la mort. Il est soustrait à son élément vital pour servir de nourriture à l’homme. Mais dans la mission du pêcheur d’hommes, c’est le contraire qui survient. Nous, les hommes, nous vivons aliénés, dans les eaux salées de la souffrance et de la mort; dans un océan d’obscurité, sans lumière. Le filet de l’Évangile nous tire hors des eaux de la mort et nous introduit dans la splendeur de la lumière de Dieu, dans la vraie vie. Il en va ainsi – dans la mission de pêcheur d’hommes, à la suite du Christ, il faut tirer les hommes hors de l’océan salé de toutes les aliénations vers la terre de la vie, vers la lumière de Dieu. Il en va ainsi : nous existons pour montrer Dieu aux hommes. Seulement là où on voit Dieu commence véritablement la vie. Seulement lorsque nous rencontrons dans le Christ le Dieu vivant, nous connaissons ce qu’est la vie. Nous ne sommes pas le produit accidentel et dépourvu de sens de l’évolution. Chacun de nous est le fruit d’une pensée de Dieu. Chacun de nous est voulu, chacun est aimé, chacun est nécessaire. Il n’y a rien de plus beau que d’être rejoints, surpris par l’Évangile, par le Christ. Il n’y a rien de plus beau que de Le connaître et de communiquer aux autres l’amitié avec Lui. La tâche du pasteur, du pêcheur d’hommes, peut souvent apparaître pénible. Mais elle est belle et grande, parce qu’en définitive elle est un service rendu à la joie, à la joie de Dieu qui veut faire Son entrée dans le monde.

Je voudrais encore souligner une chose: de l’image du pasteur et de celle du pêcheur émerge de manière très explicite l’appel à l’unité. « J’ai encore d’autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie; celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix: il y aura un seul troupeau et un seul pasteur » (Jn 10,16), dit Jésus à la fin du discours du bon pasteur. Le récit des 153 gros poissons se conclut avec la constatation joyeuse: « Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré » (Jn 21,11). Hélas, Seigneur bien-aimé, aujourd’hui le filet s’est déchiré, aurions-nous envie de dire avec tristesse! Mais non – nous ne devons pas être tristes! Réjouissons-nous de ta promesse, qui ne déçoit pas, et faisons tout ce qui est possible pour parcourir la route vers l’unité que tu as promise. Faisons mémoire d’elle comme des mendiants dans notre prière au Seigneur: oui Seigneur, souviens-toi de ce que tu as promis. Fais que nous ne soyons qu’un seul Pasteur et qu’un seul troupeau! Ne permets pas que ton filet se déchire et aide-nous à être des serviteurs de l’unité!

En ce moment, je me souviens du 22 octobre 1978, quand le Pape Jean-Paul II commença son ministère ici, sur la Place Saint-Pierre. Les paroles qu’il prononça alors résonnent encore et continuellement à mes oreilles: « N’ayez pas peur, au contraire, ouvrez tout grand les portes au Christ ». Le Pape parlait aux forts, aux puissants du monde, qui avaient peur que le Christ les dépossède d’une part de leur pouvoir, s’ils l’avaient laissé entrer et s’ils avaient concédé la liberté à la foi. Oui, il les aurait certainement dépossédés de quelque chose: de la domination de la corruption, du détournement du droit, de l’arbitraire. Mais il ne les aurait nullement dépossédés de ce qui appartient à la liberté de l’homme, à sa dignité, à l’édification d’une société juste. Le Pape parlait en outre à tous les hommes, surtout aux jeunes. En quelque sorte, n’avons-nous pas tous peur – si nous laissons entrer le Christ totalement en nous, si nous nous ouvrons totalement à lui – peur qu’il puisse nous déposséder d’une part de notre vie ? N’avons-nous pas peur de renoncer à quelque chose de grand, d’unique, qui rend la vie si belle ? Ne risquons-nous pas de nous trouver ensuite dans l’angoisse et privés de liberté ? Et encore une fois le Pape voulait dire: Non ! Celui qui fait entrer le Christ ne perd rien, rien – absolument rien de ce qui rend la vie libre, belle et grande. Non ! Dans cette amitié seulement s’ouvrent tout grand les portes de la vie. Dans cette amitié seulement se dévoilent réellement les grandes potentialités de la condition humaine. Dans cette amitié seulement nous faisons l’expérience de ce qui est beau et de ce qui libère. Ainsi, aujourd’hui, je voudrais, avec une grande force et une grande conviction, à partir d’une longue expérience de vie personnelle, vous dire, à vous les jeunes: n’ayez pas peur du Christ ! Il n’enlève rien et Il donne tout. Celui qui se donne à Lui reçoit le centuple. Oui, ouvrez, ouvrez tout grand les portes au Christ – et vous trouverez la vraie vie. Amen.[/align]
Jean-Pierre DALIBOT
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Les messages de BenoÎt XVI

Message non lu par Jean-Pierre DALIBOT »

Merci Christophe pour ces messages de Benoît XVI. A la suite de Jean-Paul II un chemin peut se poursuivre. Maintenant ensemble préparons demain.
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Hélène
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Benoît XVI mis en accusation

Message non lu par Hélène »

Bonjour à tous,

Quelqu'un pourrait-il se faire le plaisir de lire ce texte posté dans Le Devoir (disons l'équivalent québécois du Monde) de ce matin et peut-être même riposter avec quelques faits remis en place et dans le contexte ? Ou alors me conseiller pour répondre à l'auteur ? Je ne connais pas très bien notre cher Benoît XVI (honte à moi ! :oops: ) mais je l'aime déjà d'une confiance filiale et il me semble que cette analyse est truffée de non-dits, d'à peu près, de demi-vérités, d'ironie et de malveillance... :-x

Merci à tous ceux qui voudront bien se faire violence en lisant ce texte...un peu pénible à gober. Voici le texte en question : http://www.ledevoir.com/2005/07/19/86425.html

Fraternellement
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Benoit XVI et les nazis

Message non lu par Ecossais »

Bonjour ma chère cousine,

Votre philosophe est sans doute un révisionniste, sinon un ignoble petit con. Pardonnez-moi cet excès linguistique très chère.
Certes, le Vatican n'est pas tout blanc, car c'est avant tout un Etat et par conséquent, soumis aux mêmes vicissitudes que ses pairs. Mais on ne peut pas laisser dire tout et n'importe quoi.

A l'instar du Cardinal Lustiger, effectivement, le Saint Père Benoit XVI a fait partie des jeunesses hitlérienne. Non pas de sa propre volonté. Il fut enrôlé de force tout comme le Cardinal Lustiger.

Par ailleurs, les allégations ainsi que la formulation de son article sont particulièrement symptomatiques de certains epistolaires atrabilaires en mal de reconnaissance.

Que dit-il? "Mais ne soyons pas cyniques (hypocrite en plus) et "TENTONS" de donner une juste image du personnage".

Puisqu'il est si sûr de ce qu'il prétend, pourquoi utiliser une formule qui prête à confusion?

Il a rejeté la tentative de putsch en mai 68. Il a eu raison. Comme l'a dit le Général de Gaulle, la réforme oui, la chienlit non. Visionnaire notre Saint Père.
Quant aux accusations proférées contre Pie XII, là encore ce Philosophe en culotte courte est à côté de la plaque. Pie XII n'a jamais soutenu le régime nazi. Il l'a combattu énergiquement mais sans faire de vagues. D'où l'apparente mensuétude à l'égard de l'ennemi. En réalité, Pie XII a contribué avec les moyens dont il disposait à sauver de nombreux juifs. Je ne crois pas que si Pie XII s'était exposé davantage il aurait pu faire plus. Au contraire, il aurait été arrêté et probablement fusillé. Donc plus question de sauver la moindre vie.

Rappelez à ce foutriquet, que G.W.Bush n'était pas protestant mais catholique. Il s'est converti à la secte des protestants Evangéliques, pour s'assurer le vote des 58 % d'américains de cette secte, le portant au pouvoir en 2004. Bien que le suffrage universel n'existe pas dans ce pays.
Par ailleurs, Bush comme Kerry ont fréquenté les mêmes clubs. Notamment les "Skulls & Bones". Mais c'est un autre débat.

Le Saint Père Benoit XVI doit sans doute gêner beaucoup de monde. J'espère que l'on ne lui réservera pas le même sort qu'au pauvre Jean-Paul Ier, qui, je le rappelle pour l'anecdote n'a règné que 33 jours. Etrange non ?

Peut-être que Vexillum Regis, historien de son état saura vous en dire davantage sur le sujet qui vous préoccupe.

En attendant, "Vive le Québec Libre" et fraternellement en Christ.
Ecossais.
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polémique

Message non lu par bajulans »

Première idée : Dujardin est grassement payé pour écrire. Alors que nous devons, nous contenter de notre temps libre.

Impression générale :

L'article du Devoir, semble avoir été écrit par un polémiste plus que par un journaliste. Tout est moche chez Benoît XVI : feu à volonté sur le pape.

Le titre d'une part est extrêmement irrespectueux
"le Pape Benoît XVI alias le Cardinal Ratzinger..."
C'est irrespectueux et mensonger : il n'y a plus de Cardinal Ratzinger. Benoît XVI n'est pas "alias le Cardinal Ratzinger". En fait de fausse identité, c'est notre "professeur de philosophie" qui use de contrevérité, dès le titre, cela n'augure rien de bon pour le reste de l'article. On aurait pu écrire "Benoît XVI, l'ex-cardinal Ratzinger", cela aurait été à la limite de l'irrespect, mais cela aurait été exact, là c'est faux, Monsieur Dujardin, professeur de philosophie.

L'inscription de Joseph Ratzinger aux "Jeunesses Hitleriennes" ne fut pas volontaire, l'inscription au Jeunesses hitlériennes pour un enfant de quatorze ans était obligatoire.

On voudrait aussi faire supporter la responsabilité de la shoa à un enfant de dix-sept ans, que pouvait-il y faire. En novembre 1944, il avait à peine dix sept ans. En revanche, il a dès qu'il a pu quitter tout ces groupements, il l'a fait au profit d'oeuvres catholiques, mais ça votre ("professeur de philosophie" (c'est un gag ?) n'en souffle mot.

Faire de Benoît XVI un promoteur ou un complice de l'Inquisition qui était un tribunal sous prétexte qu'il présida la Congrégation pour la doctrine de la foi est risible : l'inquisition était un tribunal, institué au Concile de Vérone en 1184 et supprimé aujourd'hui depuis longtemps. Rien que ce genre d'arguments démontre la passion malsaine qui anime votre polémiste. *Encore une contrevérité par amalgame et allusion.

Quant à faire reproche à Benoît XVI de n'être pas communiste, je ne comprends pas, les communistes sont-ils des partisans de Jésus-Christ ? De fervents adeptes de la propagation de la foi ?

Ensuite on va passer aux vieilles rengaines contre Pie XII, complice de la shoa, complice d'Adolph Hitler, ce vieux brouet stalinien a depuis longtemps été rejeté par les historiens.

Mais, au fait, en quoi cela concerne-t-il le jeune Ratzinger qui a trente-et-un ans au moment de la mort de Pie XII, à qui il ne doit rien de sa carrière ?

Après avoir décrit dans tout l'article la carrière de "Ratzinger", à sa façon, Dujardin en vient au plus grave. In coda venenum.

Et là Mesdames et Messieurs, je vous demande un moment de recueillement, une minute de silence avant de lire le terrible secret, dont Dujardin va vous rendre destinataire :
On sait par ailleurs que, peu avant sa nomination à la papauté, Ratzinger travaillait à la rédaction d'un nouveau catéchisme de plus 900 pages. S'agira-t-il maintenant qu'il est pape de l'imposer à ses jeunes fidèles ?
Révélation atroce, preuve surabondante d'un évident nazisme, oui un terrible secret, que le grand Dujardin peut enfin livrer au public, au péril de sa vie. "Neuf cents pages !" qu'il imposera à "ses jeunes fidèles" !!! Qu'avons-nous besoin d'autres témoignages, Dujardin l'a dit, Dujardin l'a prouvé

à lui tout seul. Oui, Dujardin l'a fait à lui tout seul !

Il a tout balancé. Admirez l'artiste et le courage ! Merci Dujardin, merci, merci, Ah ! Dujardin, on en pleure tous !

(Note discrète de Dujardin à l'attention de l'administration : N'oubliez pas ma pige svp.)

Blague à part, Votre inquiétant "professeur de philosophie", écrit sans références, usant d'un ton fort déplaisant, il ne recule pas devant le mensonge.

Une passion malsaine lui fait tout embrouiller.

Pour satisfaire sa fièvre anti-papes Dujardin s'en prend à Pie XI, Pie XII, Paul VI, Jean-Paul II, aucun pape n'échappe au tir frénétique (et un peu désordonné quand même), de la trépidante rhétorique dujardinienne.

Aucun intérêt donc, sauf, pour lui, un intérêt financier, et pour nous l'intérêt de montrer au pape que nous l'aimons.
Dernière modification par bajulans le mar. 19 juil. 2005, 19:46, modifié 4 fois.
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Message non lu par Ecossais »

Mon cher balujans,

Je réponds brièvement à votre intervention pour vous dire tout simplement que je paratge sans équivoque votre avis.

C'est indigne de la part d'un enseignant de tenir de tels propos.

Fraternellement en Christ.
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Hélène
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Message non lu par Hélène »

Un très grand merci à vous deux ! :clap:

Auriez-vous des objections à ce que j'utilise vos arguments pour répondre à ce renard ?

Je vais essayer de ficeler quelque chose autours de ce que vous avez dit et, peut-être, si l'expert historien de ce forum se prononce, il pourrait m'être d'un grand secours.

Attention, il est mieux d'attacher sa ceinture le philosophe de bottine !

:boxe:
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Cher tous

Message non lu par bajulans »

Merci pour les encouragements de Ecossais et de Madame Bourgeois. Merci à tous les deux.

Pour Madame Bourgeois, vous pouvez utiliser comme vous le voudrez mes arguments, sans en donner la source si bon vous semble.

A mon avis notre ami Dujardin ne s'est pas aperçu de ce que, qui "bouffe du pape, en crève." Il ferait mieux de se repentir, de s'excuser.

Bonne chance pour les faits historiques, je crois les avoir lus sur des forums voisins. Pour moi, je ne crois pas que Benoît XVI ait changé d'opinion en 1968. Ni qu'il ait fait une carrière fulgurante. Ni qu'il ait été nazi. Ni même qu'il soit conservateur. Il est bien évident qu'il est pour le respect de la vie et pour le respect de la parole donnée dans le mariage, mais cela n'a rien d'extraordinaire...

Mes amitiés au Québec et à nos chers cousins québécois.
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Message non lu par VexillumRegis »

[align=justify]Bonjour,

A mon tour de tenter de répondre au médiocre article de M. Desjardins.

Sur l'appartenance du jeune Joseph Ratzinger aux Jeunesses hitlériennes :

Avez-vous appartenu aux Jeunesses hitlériennez ?

Au début, nous n'y sommes pas entrés, mais quand le services dans les Jeunesses hitlériennes est devenu obligatoire, en 1941 mon frère fut contraint de s'engager. J'étais encore trop jeune, mais plus tard, alors que j'étais au séminaire, on m'enrôla dans les Jeunesses hitlériennes. Une foi sorti du séminaire, je n'y suis plus jamais allé. Et c'était difficile, parce que la bource d'études, dont j'avais réellement besoin, dépendait d'un certificat attestant de ma présence dans les Jeunesses hitlériennes. Mais grâce à Dieu, j'avais un professeur de mathématiques compréhensif. Il était lui-même nazi, mais c'était un homme de bonne foi, il me disait : "Vas-y donc une fois, pour que nous ayons ce papier..." - Quand il a vu que je ne pouvais tout simplement pas, il a dit : "Je te comprends, je vais arranger çà", et ainsi j'ai pu en être dégagé.
(Cardinal Joseph Ratzinger, Le Sel de la terre, Entretiens avec Peter Seewald, Flammarion/Cerf, 2005, pp. 52-53.)
Desjardins a écrit :Il faut savoir que Ratzinger, alors professeur de théologie à l'Université de Tübingen, n'a guère apprécié en 1968 d'être contesté par ses étudiants(...)
Ce n'est point ce que dit l'ex-Cardinal Ratzinger dans le même ouvrage, page 76 : "On ne m'a jamais arraché le micro. Je n'ai jamais eu non plus de difficultés avec les étudiants, mais plutôt avec le milieu des non-titulaires, les assistants et autres". Et d'expliquer les raisons de sa "conversion" au "conservatisme" après 1968 (ce qu'il faut fortement relativiser, étant donné le caractère péjoratif du terme) : "Pour donner une idée un peu plus concrète des évènements d'alors, je voudrais citer ici un souvenir de ces années, récemment publié par mon collègue protestant Beyerhaus, avec lequel j'ai travaillé en étroite collaboration. "Qu'est la croix de Jésus, sinon l'expression d'une glorification sadomasochiste de la douleur ?" Et : "Le Nouveau Testament est un document d'inhumanité, un moyen de tromper les masses sur une grande envergure!" - Ces deux citations ne venaient pas d'un pamphlet de propagande athée bolchéviste, c'était un tract qui, durant l'été 1969, a été répandu à Tübingen par l'assemblée des étudiants de Théologie protestante, parmi les condisciples. Son titre disait ceci : "Le Seigneur Jésus - Partisan Käsemann." Dans l'esprit d'une critique marxiste de l'exploitation capitaliste des pauvres, on attribuait en même temps à la théologie traditionnelle une fonction stabilisatrice du système. A quoi participait aussi le spécialiste du Nouveau Testament en fonction à Tübingen... Il m'est resté en mémoire, comme un traumatisme, que mon collègue Ulrich Wickert et moi, lors d'une assemblée plénière d'étudiants, nous avions demandé en vain que l'assemblée des étudiants en Théologie protestante veuille bien se démarquer des blasphèmes proférés par ce tract. Non - nous répondit-on -, ce tract visait des effets sociopolitiques douteux avec lesquels il fallait d'abord se confronter, au non de la vérité. L'appel passionné du professeur Wickert : "Que l'on n'entende jamais plus crier parmi nous 'Maudit soit Jésus!'", a retenti sans trouver de réponse. On n'est pas allé aussi loin dans l'association de Théologie catholique, mais le courant de fond, qui déferla puissamment sur elle aussi, était le même. Je savais donc de quoi il s'agissait : qui voulait rester progressiste devait vendre son âme."
Desjardins a écrit :On se souviendra d'ailleurs à ce sujet que, déjà avant et pendant la Seconde Guerre mondiale, l'Église catholique avait pris une position pour le moins surprenante : plutôt que de dénoncer haut et fort le régime criminel d'Adolf Hitler, elle l'appuya tacitement en reconnaissant en lui un allié anticommuniste de taille.
C'est là une calomnie très usitée mais sans aucun fondement historique sérieux.

Pie XII a condamné de manière égale et le communisme, et la nazisme, comme deux idéologies totalitaires et criminelles.

Durant la guerre, Pie XII a refusé constamment de s'associer à la "croisade" anti-bolchévique dans laquelle Berlin et ses alliées voulaient l'entraîner. Plus d'une fois aussi il déclara à ses proches qu'il redoutait bien plus Hitler que Staline. Lorsqu'en 1941 les américains le consultèrent pour savoir s'il pouvaient soutenir l'Union Soviétique malgré la condamnation du communisme, la réponse du pape fut très claire : c'est le communisme qui était condamné, non la Russie et son peuple : on pouvait donc la soutenir.
Desjardins a écrit :Elle remonte au Moyen Âge et s'appelait alors la Congrégation de la Sainte Inquisition et avait notamment pour tâche d'envoyer les hérétiques au bûcher.
Raccourci qui déforme volontairement les faits.

Comme les historiens modernes l'ont amplement prouvé, il n'y eu pas une mais plusieurs Inquisitions (au mieux deux : l'Inquisition cathare au XIIIème siècle et l'Inquisition espagnole). Et contrairement au mythe, l'Inquisition condamna très peu de personnes au bûcher.

- VR -[/align]
zefdebruz
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Message non lu par zefdebruz »

Bonsoir à tous,

deux liens du Centre de Formation pour approfondir le rôle de l'Eglise et de Pie XII durant la seconde guerre mondiale :

http://www.centredeformation.net/actu/pie12.htm

http://www.centredeformation.net/actu/nazisme.htm

Pour ceux et celles qui auraient encore des doutes à ce sujet, la référence bibliographique la plus fouillée est celle du Père Jésuite Pierre Blet(" Pie XII et la Seconde Guerre Mondiale", Coll Tempus, Perrin) qui a travaillé directement sur les archives vaticanes. Curieusement, malgré l'ouverture des archives ,accélérée pour la bonne cause par Jean Paul II, les travaux sur le sujet n'ont pas foisonné...peur de la vérité ?

Plus vulgarisé, chez Perrin, le best seller de Jean Sévilla " Historiquement correct " qui remet vigoureusement les pendules à l'heure.

Il faut savoir que la légende noire de Pie XII n'est intervenue que quelques années après sa mort, sous l'impulsion du pouvoir communiste sovietique et des relais intellectuels dont il disposait en Europe occidentale.
La première salve publique a été tirée par Ralph Hochucht en 1963, avec sa pièce de théâtre "Le Vicaire" que Costa Gavras a adapté pour le cinéma il y a quelques années...Il est vrai que l'Eglise dérangeait terriblement à l'époque, avec le recul et le pontificat de Jean Paul II, on comprend mieux pourquoi aujourd'hui !

En ce qui concerne les propos de Dujardin sur Benoît XVI, je n'y trouve que haine et mensonge, mais le journalisme ( professeur de philosophie ?) est de toute façon un métier en crise à l'échelle de la planète : il devient extrêment difficile, voir impossible, dans les grands médias nationaux de dévier du politquement correct sans risquer sa place...Quand le courage manque, la paresse intellectuelle s'installe également...( sans parler de la paresse spirituelle !).


Cordialement :)

Zef
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Christophe
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Propagande gauchiste...

Message non lu par Christophe »

[align=justify]J'ignore si M. Desjardins est compétent dans l'enseignement de la philosophie, mais ce qui est manifeste, c'est qu'il est un piètre historien et/ou un polémiste hors-pair.
Desjardin a écrit :le Vatican s'apprête à mettre à l'index Da Vinci Code et que l'oeuvre de J. K. Rowling (Harry Potter) a été vertement critiquée et condamnée par Benoît XVI (alias le cardinal Joseph Ratzinger) en 2003
L'index a été aboli, il me semble. Quant à la saga des Harry Potter, il aurait été bon d'au moins rappeller les motifs de la critique.
Desjardin a écrit :Notons d'abord qu'à l'âge de lire Harry Potter, 14 ans, celui qui allait devenir pape joint plutôt les Jeunesses hitlériennes. Un peu plus tard (à l'âge de 16 ans), Joseph Ratzinger entre dans la brigade anti-aérienne de l'armée allemande pour défendre une usine BMW où travaillaient des prisonniers du camp de Dachau. Ensuite, il fut affecté à la construction de fossés antitanks en Hongrie, d'où il pouvait voir chaque jour passer des centaines de convois remplis de Juifs en direction des camps d'extermination. Et sa belle carrière militaire se termina en 1945 comme prisonnier de guerre.
Bref, ce qui est reproché à Joseph Ratzinger, c'est - ni plus ni moins - d'être né en Allemagne en 1927, d'être "un sale boche". Est-il utile de rappeller que jusqu'à la chute du régime nazi, l'opinion publique allemande ignorait l'existence des camps d'extermination ?
Desjardin a écrit :Dans ses mémoires (Ma vie, Souvenirs (1927-1977), trad. M. Huguet, Fayard, 144 p.), Ratzinger, alors devenu évêque, se défend évidemment d'avoir volontairement adhéré aux Jeunesses hitlériennes, prétextant qu'il y était obligé.
Le troisième Reich était-il une terre de liberté pour mettre en cause ce temoignage ? En 1941, à 14 ans, en Allemagne, l'enrôlement des jeunes aryens dans les jeunesses hitlériennes était obligatoire.
Desjardin a écrit :Puis vint le deuxième Ratzinger, celui de mai 68 qui, s'opposant farouchement aux idées marxistes en vogue dans les universités allemandes et françaises à cette époque, changea radicalement d'allégeance et devint conservateur.
Le voilà donc son grand péché : ne pas être marxiste ! Desjardin tombe le masque...
Il n'y a pas dans l'Eglise d'opposition "progressistes / conservateurs". Il n'y a que les catholiques orthodoxes et des pseudo-catholiques protestants... Mgr Ratzinger, en mai 68, a choisit la fidélité au Christ et à son Eglise.
Desjardin a écrit :Il faut savoir que Ratzinger, alors professeur de théologie à l'Université de Tübingen, n'a guère apprécié en 1968 d'être contesté par ses étudiants; surtout que ceux-ci défendaient des idées communistes qu'il jugeait alors incompatibles avec l'enseignement du Christ.
Oh, le vilain contre-révolutionnaire ! Faut-il rappeller à Dujardin que ce n'est pas Mgr Ratzinger qui a alors jugé le communisme marxiste incompatible avec le christianisme : ce sont tous les papes depuis Léon XIII. Celui-ci, dès le 19ème siècle, 30 ans avant la Révolution d'octobre, mettait déjà en garde contre le péril rouge. Faut-il également rappeller que cette condamnation constante du communisme marxiste n'a jamais été levée et ne le sera très vraissemblablement jamais ?
Desjardin a écrit :Pour eux, comme pour toute l'Église catholique depuis Pie XII d'ailleurs, le marxisme soviétique, avec l'athéisme qu'il défendait, représentait la pire des calamités. On se souviendra d'ailleurs à ce sujet que, déjà avant et pendant la Seconde Guerre mondiale, l'Église catholique avait pris une position pour le moins surprenante : plutôt que de dénoncer haut et fort le régime criminel d'Adolf Hitler, elle l'appuya tacitement en reconnaissant en lui un allié anticommuniste de taille.
Revoilà la grosse et lourde propagande marxiste anticléricale qui diffuse encore et toujours la même désinformation... Voir le fil Pie XII et le Nazisme.
Si le communisme soviétique et ses 150.000.000 de cadavres pourrait presque faire passer les hierarques nazis pour des enfants de coeurs, ce n'est pas à l'Eglise catholique que Desjardin doit le reprocher...
Desjardin a écrit :Elle remonte au Moyen Âge et s'appelait alors la Congrégation de la Sainte Inquisition et avait notamment pour tâche d'envoyer les hérétiques au bûcher.
Rien à ajouter à ce qui a été écrit ci-dessus.
Desjardin a écrit :C'est surtout, il faut le dire, à titre de policier de la foi qu'il oeuvra étroitement au cours des 24 dernières années auprès de Jean-Paul II. Même au sein de l'Église, il était craint de ses pairs. D'où son surnom de Panzerkardinal, en référence aux tanks allemands qui durant la guerre défonçaient sans vergogne les lignes ennemies. C'est donc lui qui s'assurait du silence des théologiens dissidents et qui, à l'occasion, faisait le ménage dans un clergé qu'il considérait trop ouvert aux idées de notre époque.
C'est la fonction qui veut cela, et non la psychologie du personnage. Comme il est dit, le Cardinal Ratzinger était une sorte de policier de la foi, chargé de débusquer l'hérésie. L'hérésie devient courante, y compris chez les hommes d'Eglise, dans un monde gagné par l'apostasie. Le Cardinal Ratzinger n'y est pour rien, et je suis certain que cet homme doux et humble de coeur, simple ouvrier dans la vigne du Seigneur, aurait préféré que le clergé demeure pleinement orthodoxe sans avoir besoin de recourir à ses interventions. Ses pairs lui en ont tellement tenu rancoeur que, pour le punir, ils l'ont fait monté sur le trône de Saint Pierre lors d'un des Conclaves les plus courts de l'histoire de la Chrétienté.
Desjardin a écrit :De la même manière, celui qui allait devenir Benoît XVI s'opposa systématiquement à tous les membres du clergé catholique qui, dans les pays d'Amérique du Sud, luttaient pour plus de justice envers les pauvres. On se souviendra que dans ces pays s'était constitué au fil des ans un mouvement mi-religieux mi-politique mené par des prêtres et des évêques se battant dangereusement contre l'oppression des dictatures. C'était ce qu'on appelait la théologie de la libération. Or, c'est ce mouvement que s'est empressé d'écraser de tout son poids le cardinal Ratzinger en prétextant que, de par ses idées socialistes, il ne correspondait aucunement à l'enseignement du Christ.
Ces révolutionnaires ne sont pas du Christ : le Christ n'a jamais incité à la révolution armée. Et la condamnation du socialisme par l'Eglise catholique est aussi vieux et aussi constant que celui du communisme marxiste. N'en déplaise aux gauchistes comme Dujardin.
Desjardin a écrit :De plus, sous son influence, le pape Jean-Paul II remplaça l'archevêque Camara par nul autre que José Cardosa, un conservateur d'extrême droite.
Traduction : être hostile à la pseudo-théologie de la libération = être un sale conservateur d'extrême-droite.
Desjardin a écrit :Bien qu'on reconnaisse généralement en Ratzinger un brillant théologien, plusieurs de ces théologiens considèrent toutefois que les Saintes Écritures, de par leur nature, laissent place à beaucoup d'interprétation.
Si ces théologiens adhèrent à la doctrine luthérienne du libre-examen, ils n'ont rien à faire dans une Eglise qui professe la foi de saint Pierre.
Desjardin a écrit :C'est d'ailleurs sur ses conseils que son prédécesseur, Jean-Paul II, garda la ligne dure en ce qui a trait au sacerdoce des femmes, au mariage homosexuel ou sur les questions concernant l'euthanasie ou le contrôle des naissances.
Traduction : fidélité à la sainte Tradition de l'Eglise = parti de la ligne dure
Desjardin a écrit :Notons d'ailleurs que, lors des dernières présidentielles américaines, Ratzinger appuyait publiquement le candidat George W. Bush, pourtant protestant, alors qu'il rejetait du revers de la main la candidature du très catholique John Kerry, ce dernier étant favorable au libre choix en matière d'avortement.
Le "très catholique" John Kerry sera sans doute très bientôt excommunié... Voir le fil : Avortement et communion
Desjardin a écrit :Mentionnons enfin qu'il est avec Jean-Paul II le coauteur de l'encyclique Dominus Iesus affirmant la primauté absolue de l'Église catholique sur toutes les autres religions.
La vérité étant absolument supérieure à l'erreur, la vraie religion est absolument supérieure à toutes les fausses religions. Cela vous choque-t-il ? Êtes-vous donc professeur de philosophie ou de relativisme ?
Desjardin a écrit :Tout récemment, Ratzinger s'opposa radicalement à l'entrée de la Turquie (un État musulman) dans l'Union européenne.
En 2005, Monsieur Desjardin, le politiquement correct impose d'écrire que la Turquie est un Etat laïque...
Desjardin a écrit :On sait par ailleurs que, peu avant sa nomination à la papauté, Ratzinger travaillait à la rédaction d'un nouveau catéchisme de plus 900 pages.
Mais quel scandale ! :sick:

Monsieur Dujardin, retournez donc endoctriner vos collègiens avec votre venin socialiste et laissez tranquilles les lecteurs du Devoir...

Christophe[/align]
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Petit Matthieu
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L'avis de Finkielkraut sur Benoît XVI le 8 mai 2005

Message non lu par Petit Matthieu »

Une très belle analyse, bien sentie et plus actuelle que jamais :

http://www.dailymotion.com/video/x253hx ... i_politics

"Mais si ma protestation contre l'intolérance d'un l'esprit du temps qui, parce qu'il a le sentiment d'avoir inventé la tolérance universelle, ne veut rien d'autre entendre que lui même, si cette protestation contre l'intolérance se convertit en sentiment plus positif, c'est qu'en effet on a le sentiment que c'est un pape pensant qui a été élu dans le monde de la bien-pensance. Pensant, alors pensant c'est traduit par conservateur, mais premièrement qu'est ce que c'est que le progressisme aujourd'hui ?"

"Le progressisme se réduit à la baise généralisée"
"Ce n’est que pour ton amour, pour ton amour seul, que les pauvres te pardonneront le pain que tu leur donnes."
Phrase finale de saint Vincent de Paul dans le film "Monsieur Vincent".
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