Nation of Islam, un risque pour l'Occident ?

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laverite
Ædilis
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Nation of Islam, un risque pour l'Occident ?

Message non lu par laverite »

La Nation de l'Islam de Louis Farrakhan, principale mouvance des musulmans noirs, plonge ses racines loin dans le temps et son histoire s'étire sur plusieurs décennies. A l'image du culte des mormons mais en plus étrange et inquiétant, l'Islam Noir est une religion propre au continent américain. Au XXème siècle, après le déracinement qu'ont connus les Noirs lors de la traite transatlantique et de la période de servitude qu'ils ont traversé, l'Islam noir a tenté de définir une identité noire indigène à l'Amérique. Au fil des ans, il a donné naissance à un discours qui constitue sa marque de fabrique. Ses idées et ses croyances se sont lentement diffusées sous des formes altérées dans les mouvances racistes de la communauté noire et même au delà, dans les courants de pensée les plus inattendus.

Le premier de ces thèmes, le plus central, c'est la croyance en la nature divine de l'homme noir. Pour les musulmans noirs d'Amérique, Allah est l'homme noir originel. Le pendant inséparable de la revendication de cette nature divine est la diabolisation des personnes de race blanche. Pour les musulmans noirs, l'homme blanc est le diable, au sens littéral du terme. Pour expliquer cette nature diabolique, leur discours s'appuie une caricature grotesque des travaux scientifiques sur le déterminisme biologique. Selon eux, l'homme blanc serait un sous-produit dégénéré de la race noire, créé par un savant fou au terme de pratiques eugénistes étalées sur quatre siècles. Celles-ci auraient également donné naissance aux races rouge, jaune et brune. L'homme blanc serait notamment moins intelligent que l'homme noir car possédant un cerveau moins lourd que ce dernier. En France, ce type de discours a été véhiculé par l'ex-tribu ka sous une forme altérée : l'homme blanc auraient développé ses qualités de malveillance parce qu'il a évolué dans un milieu froid et hostile.

Autre thème récurrent de l'Islam noir: celui de la connaissance cachée. Pour les musulmans noirs, les diables blancs ont fait oublier aux Noirs leur nature divine. Privé de cette connaissance, l'homme noir, tel un mort vivant, se trouve donc dans «la tombe mentale de l'ignorance». Sa libération passe nécessairement par son éveil politiquo-religieux et par l'acquisition d'un savoir qui doit être dispensé par 5% de Noirs éveillés – les musulmans noirs – à 80 % d'hommes endormis par l'homme blanc. Il ne s'agit pas, bien sur, de l'acquisition d'un savoir académique et scientifique mais d'un savoir idéologique fondamentalement anti-blanc.

Autre caractéristique fondamentale de l'Islam Noir : Il s'agit d'une idéologie de génocide. Pour les musulmans noirs de la Nation of Islam, la libération de l'homme noir doit passer par l'anéantissement de la race blanche. Un vaisseau spatial géant, chargé d'énormes bombes, doit éliminer physiquement tous les Blancs de la planète. On retrouve un discours similaire en France chez les tenants du kémitisme. Ainsi Kémi Séba explique-t-il que les problêmes des Noirs sont dus au fait que les colons [C'est à dire les Blancs] n'ont pas été «éradiqués».

Si la Nation of Islam a survécu à l'épreuve du temps, c'est parce que ses dirigeants ont su formuler de nouvelles propositions politiques et sociales pour s'adapter aux transformations de la société américaine. Aussi le discours des Musulmans Noirs s'est-il progressivement enrichi de thèmes dont l'émergence s'explique toujours par un contexte historique spécifique.

On ne peut comprendre les références à «l'homme noir asiatique» si on ne replace pas l'émergence de ce thème dans le contexte des années 1930. La mouvance nationaliste afro-américaine se rapprochait alors des fascistes japonais, à une époque où ceux-ci, auréolés de leurs victoires sur l'armée russe, présentaient l'empire nippon comme le défenseur des peuples de couleurs. De même, l'explication par une vision fantaisiste de l'eugénisme de l'origine des diables blancs correspond à une période où l'approche scientifique du déterminisme biologique, n'ayant pas été décrédibilisé par l'usage dévoyé qu'on allait en faire en Europe, était largement répandu. Les prophéties du vaisseau mère et à une guerre raciale portent, quant à elles, l'empreinte prémonitoire de la seconde guerre mondiale. Aujourd'hui, ces thèmes ont largement disparus du discours publique de la secte mais ils continuent d'être véhiculés dans les mosquées de la Nation de l'Islam. Les rappeurs proches de l'Islam noir les utilisent toujours comme autant d'allusions codées destinées aux initiés.

Après la seconde guerre mondiale et la défaite du japon, à partir du milieu des années 1950, les musulmans noirs ont été confrontés à la montée en puissance du mouvement pour les droits civiques. Face à la concurrence croissante d'autres organisations noires prônant l'intégration à la société blanche, ils ont adopté une attitude pragmatique. Mettant en veilleuse leur discours apocalyptique, ils ont adopté une doctrine séparatiste correspondant une fois de plus à l'air du temps, faisant écho à la naissance de l'état Israélien et à celle du Pakistan. Ils réclamaient alors un divorce total d'avec l'Amérique blanche par la fondation d'un Etat noir sur le continent américain même. Lorsque les organisations affiliées au mouvement des droits civiques ont pris l'ascendant politique, les musulmans noirs ont joué leur survie politique en se lançant dans un jeu de surenchère, investissant le terrain de l'antisémitisme, ce qui leur permettait de rester politiquement identifiable. En effet, l'idée selon laquelle les difficultés économiques des Noirs ne pouvaient s'expliquer que par la malveillance des Blancs s'était tant banalisée qu'elle ne leur appartenait plus en propre.

Parallèlement, la Nation of Islam a opéré un rapprochement avec les dirigeants de pays du proche-orient, basé principalement sur l'hostilité envers les Juifs. Les Juifs, bailleurs de fonds du mouvement des droits civiques, étaient perçus comme une menace et une concurrence directe par les nationalistes noirs américains pourvus de moindres moyens financiers. Au même moment, les dirigeants de pays musulmans comme l'Arabie saoudite, l'Egypte ou la Lybie, hostiles à l'état israélien, cherchaient aux Etats-Unis des alliés qui leur permettent de faire contrepoids à l'influence des organisations juives. Ils ont donc aidé financièrement les musulmans noirs à plusieurs reprises.

Le rapprochement entre les musulmans noirs et le monde musulman s'est traduit par une pénétration progressive de l'orthodoxie islamique dans la communauté afro-américaine : au fil des décennies, beaucoups de musulmans noirs sont devenus des Noirs musulmans. Hamaas Abdul Khallis a été le premier à basculer de l'islam noir vers l'orthodoxie musulmane. Il a été suivi quelques années plus tard par Malcolm X, puis par Wallace Muhammad, le fils d'Elijah Muhammad, qui a dissout la Nation of Islam en 1975, après la mort de son père. Même après la refondation de la secte par Louis Farrakhan, ce dernier a continué d'oeuvrer à un rapprochement théologique avec l 'islam orthodoxe : aujourd'hui, les musulmans noirs pratiquent le ramadan et les cinq pilliers de l'Islam, comme les musulmans orthodoxes.


Document

Outre cette proximité croissante entre l'islam noir et les musulmans orthodoxes, les musulmans noirs ont une fascination manifeste pour l'islamisme. On en eu des exemples dans les mois qui ont suivis l'avènement de la république islamique d'Iran, avec les dirigeants de laquelle Louis Farrakhan entretient des rapports amicaux. Depuis le 11 septembre 2001, cette fascination est devenu manifeste : en témoignent les rappeurs prochent de la Nation de l'Islam. En 2005, les émeutes anti-danoises qui ont embrasés les rues du monde musulman ont trouvé un écho aux Etats Unis où une manifestation de soutien devant l'ambassade du Danemark a été l'occasion d'une confrontation verbale entre le très haineux Malik Zulu Shabazz, du Nouveau Parti des Panthères Noires, et des manifestants pro-danois.

Plus récemment, en Juin 2006, un groupuscule de musulmans noirs se réclamant du temple de la Science Maure d'Amérique et de Drew Noble Ali a été arrêté à Liberty City, au Nord de Miami. Quelques mois plus tôt, le petit groupe avait attiré l'attention des agents du FBI après qu'un commerçant arabe leur ait signalé que son dirigeant, Narseal Batiste, l'avait approché en lui déclarant vouloir entrer en contact avec l'organisation terroriste Al Qaeda.737 Présentés à un agent se faisant passer pour un membre de la mouvance terroriste, Narseal Batiste et ses complices - Patrick

Abraham, Stanley Grant Phanor, Naudirmar Herrera, Burson Augustin, Lyglenson Lemorin et Augustine Rotschild avaient juré allégeance à l'organisation terroriste et réclamé du matériel, des armes ainsi que la somme de 50 000 dollars pour commettre un attentat. En février 2006, Batiste et ses partisans avaient déclaré à l'informateur du FBI que le groupe voulait livrer une "guerre totale" aux Etats-Unis et, qu'au cours d'une mission qui serait "aussi bonne ou plus importante que celle du 11 septembre ", ils voulaient essayer de "tuer tous les diables qu'on pourrait." Ces musulmans noirs projetaient de faire exploser le plus haut gratte-ciel des Etats-Unis : la Sears Tower de Chicago.738

A la fin des années 1960 et au début des années 1970, la montée en force d'organisations noires comme le parti des panthères noires, l'émergence au sein de la communauté noire des discours du «Black Power» et du «Black is beautifull» s'est traduite une volonté de redécouvrir la culture africaine, mais surtout par l'émergence de l'Afrocentrisme, une idéologie raciste qui voit la race noire comme la matrice de toute civilisation sur terre. Dans la mesure où l'afrocentrisme confirmait, par de nouveaux arguments, leur propre croyance en «l'homme noir originel », les musulmans noirs l'ont intégré à leur discours et ont largement contribué à le propager. C'est sous cette forme afrocentriste que le racisme noir semble aujourd'hui prendre pied en France où cette mouvance, si on en juge par ses activités sur internet, est beaucoup plus active et influente que celle des musulmans noirs. Sans doute cela s'explique-t-il par le fait que l'implantation croissante de l'islam orthodoxe laisse peu de place à ces derniers.

Face au racisme anti-blanc des musulmans noirs en général, et de la Nation de l'Islam en particulier, il est un phénomène frappant : l'attitude des associations anti-racistes américaines qui, si elles ont activement participé à la lutte contre l'antisémitisme d'un dirigeant comme Louis Farrakhan, sont totalement silencieuses face à son racisme anti-blanc. Ce silence est du au fait que les milieux dit anti-racistes et les musulmans noirs ont entamé à partir des années 1990 une convergence idéologique. Pour comprendre comment cette convergence idéologique s'est produite, il est nécessaire d'examiner ce qui fait la spécificité du racisme anti-blanc.

Jusqu'à présent, nous avons passé en revue les aspects de l'idéologie des musulmans noirs qui s'expriment par des manifestations classiques de haine raciale. Hors il est évident que les minorités ethniques ne peuvent afficher ouvertement leur hostilité raciale vis à vis de la population au sein de laquelle elles vivent, même si cela peut arriver, comme dans le cas des musulmans noirs.

http://www.racismeantiblanc.bizland.com ... lusion.htm
http://www.racismeantiblanc.bizland.com/noi/index.htm
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Melki
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Re: nation of islam un risque pour l'occident?

Message non lu par Melki »

La nation of islam (black muslim) est une secte dangereuse et raciste .
Leur fondateur s'est declarer prophete et messie ...

Dommage que l'article traduit black muslim par musulman noir, ce qui peut porter amalguame avec les musulmans d'origine africaine ou noir americain, ne fesant pas partie de cette secte .
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halflings
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Re: Nation of Islam, un risque pour l'Occident ?

Message non lu par halflings »

En cherchant sur google, je suis tombé sur cet article.

Petite rectification:

Nation Of Islam (NOI) ne représente pas la communauté Musulmane en Amérique. C'est une sorte d'organisation, de secte religieuse. Elle se démarque de l'Islam "orthodoxe" : elle considère "Allah", Dieu, comme l'homme noir, et considère que le fondateur du mouvement (Elijah Muhammed) est un messie (et l'idôlatre). Il est clair que les principes de NOI se contredisent avec l'Islam (puisqu'on y fait une séparation entre les hommes selon leur couleur de peau), c'est d'ailleurs ce que découvrit l'un des personnages les plus marquants de cette organisation, Malcolm X ... au péril de sa vie, malheureusement :-).

Le fils d'Elijah Muhammed a lui même abandonné Nation Of Islam et l'a transformée en une organisation (pas très très puissante) basée sur le *vrai* Islam et non l’idolâtrie de son père.
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