Bonjour Gérard,
Je pense que vous mélangez plusieurs éléments et plusieurs niveaux.
gerardh a écrit :Pour ma part, je pense que la Bible, qui est la Parole de Dieu,
Première erreur : la Bible CONTIENT la Parole de Dieu. Elle n'est pas la Parole de Dieu.
La Parole de Dieu, c'est le Christ, pas la Bible.
gerardh a écrit : Sa révélation,
Seconde erreur : le Concile Vatican II définit la Révélation Divine comme étant la Sainte Ecriture ET la Sainte Tradition (Constitution Dogmatique "Dei Verbum" sur la Révélation Divine).
Dei Verbum, N°10 a écrit : La sainte Tradition et la Sainte Ecriture constituent un unique dépôt sacré de la parole de Dieu, confié à l'Eglise; en s'attachant à lui, le peuple saint tout entier uni à ses pasteurs reste assidûment fidèle à l'enseignement des apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières (cf. grec), si bien que, dans le maintien, la pratique et la confession de la foi transmise, s'établit, entre pasteurs et fidèles, une singulière unité d'esprit (7).
La charge d'interpréter de façon authentique la parole de Dieu, écrite ou transmise (8), a été confiée au seul magistère vivant de l'Eglise (9)dont l'autorité s'exerce au nom de Jésus-Christ. Pourtant, ce magistère n'est pas au-dessus de la parole de Dieu, mais il la sert, n'enseignant que ce qui fut transmis, puisque par mandat de Dieu, avec l'assistance de l'Esprit-Saint, il écoute cette Parole avec amour, la garde saintement et l'expose aussi avec fidélité, et puise en cet unique dépôt de la foi tout ce qu'il propose à croire comme étant révélé par Dieu.
Il est donc clair que la sainte Tradition, la sainte Ecriture et le magistère de l'Eglise, par une très sage disposition de Dieu, sont tellement reliés et solidaires entre eux qu'aucune de ces réalités ne subsiste sans les autres, et que toutes ensemble, chacune à sa façon, sous l'action du seul Esprit-Saint, contribuent efficacement au salut des âmes.
Notes:
(7) cf. Pie XII, Const. Apost. Munificent. Deus, 1/11/1950: AAS 42 (1950), p.756, collatis verbis St Cyprien, Epît. 66,8: CSEL (Hartel) III B, p.733: [L'Eglise est un peuple uni au Père et un troupeau attaché à son Pasteur].
(8) cf. Cc Vat. I Const. dogm. De fide cath. cap.3 de fide: (3011).
(9) Cf. Pie XII, encyc. Humani generis, 12/08/1950: AAS 42 (1950), pp. 568-569;
Je vous laisse lire les articles qui précèdent et qui sont tout aussi édifiant.
gerardh a écrit : inspirée par la Saint-Esprit, est plus importante que tout autre texte non inspiré,
Là, vous changez de sujet : vous ne parlez plus de "comment connaître le Catholicisme" mais de la valeur de la Sainte Ecriture et pourquoi est-elle Sainte.
Sur ce point, je ne peux qu'être d'accord avec vous.
gerardh a écrit :Si Dieu avait voulu se révéler à travers le cathéchisme, il aurait été tout à fait capable de le faire ; mais il en a été autrement. Dieu nous aime : il ne nous aurait pas donné une pierre au lieu d'un pain.
Ni de livre !
Dieu ne nous a pas donné un Livre mais une Parole :
- "sh'ma Israel" (Ecoute Israel) qui une prière fondamentale pour les Juifs
- "Audi Filia" (Ecoute Fille) dans les psaumes et qui parle toute à la fois de la Vierge Marie mais aussi de la Jérusalem Céleste.
- "Que ceux qui ont des oreilles entendent", parole du Christ. Il ne commande pas de lire mais d'écouter.
gerardh a écrit :La Bible est tout à fait accessible à la compréhension dès lors qu'elle est lue avec la foi. Certains passages que l'on ne comprend pas immédiatement s'éclairent au bout d'un temps avec la suite de la lecture et la prière.
Ce point est très discutable tel qu'il est exprimé. De plus, vous faites référence à "Avoir la Foi", ce qui est l'opposé de l'hypothèse de départ : "
Je suis baptisée mais je n'ai eu aucune éducation religieuse étant donné que je n'ai pas fais ma commission ni ne suis allé au catéchisme."
Retournons à "Dei Verbum" pour avoir l'enseignement du Magistère sur ce point :
Dei Verbum, n°12 a écrit : Cependant, puisque Dieu, dans la Sainte Ecriture, a parlé par des hommes à la manière des hommes (6), il faut que l'interprète de la Sainte Ecriture, pour voir clairement ce que Dieu lui-même a voulu nous communiquer, cherche avec attention ce que les hagiographes ont vraiment voulu dire et ce qu'il a plu à Dieu de faire passer par leurs paroles.
Pour découvrir l'intention des hagiographes, on doit, entre autres choses, considérer aussi les "genres littéraires". Car c'est de façon bien différente que la vérité se propose et s'exprime en des textes diversement historiques, en des textes, ou prophétiques, ou poétiques, ou même en d'autres genres d'expression. Il faut, en conséquence, que l'interprète cherche le sens que l'hagiographe, en des circonstances déterminées, dans les conditions de son temps et l'état de sa culture, employant les genres littéraires alors en usage, entendait exprimer et a, de fait, exprimé (7). En effet, pour vraiment découvrir ce que l'auteur sacré a voulu affirmer par écrit, on doit tenir un compte exact soit des manières natives de sentir, de parler ou de raconter courantes au temps de l'hagiographe, soit de celles qu'on utilisait à cette époque dans les rapports humains (8).
Cependant, puisque la Sainte Ecriture doit être lue et interprétée à la lumière du même Esprit qui la fit rédiger (9), il ne faut pas, pour découvrir exactement le sens des textes sacrés, porter une moindre attention au contenu et à l'unité de toute l'Ecriture, eu égard à la Tradition vivante de toute l'Eglise et à l'analogie de la foi. Il appartient aux exégètes de s'efforcer, suivant ces règles, de pénétrer et d'exposer plus profondément le sens de la Sainte Ecriture, afin que, par leurs études en quelque sorte préparatoires, mûrisse le jugement de l'Eglise. Car tout ce qui concerne la manière d'interpréter l'Ecriture est finalement soumis au jugement de l'Eglise, qui exerce le ministère et le mandat divinement reçus de garder la parole de Dieu et de l'interpréter (10).
Notes:
(6) St Augustin, De Civ. Dei, XVII, 6,2: PL 41 537; CSEL XL, 2,228.
(7) " " ", De Doctr. Christ. III 18 26: PL 34 75-76.
(8) Pie XII, l.c. (3829-3830); EB 469.
(9) St Jérôme, in Gal. 5,19-21: PL 26, 417 A.
(10) cf. Cc Vat. I, Const. dogm. De fide cathol. cap.2 de revel. (3307).
gerardh a écrit : Malheureusement, ce qui est à craindre, c'est que beaucoup de chrétiens ne la lisent pas ou ne la lisent que très superficiellement. Ceux-là préfèrent les livres des hommes. Pourtant il y a des choses qui sont cachées aux sages et aux savants et révèlées aux petits enfants.
Ce qui est encore plus à craindre ce sont les interprétations personnelles qui ne garantissent pas l'authentique compréhension de la Bible et l'accès la véritable Parole de Dieu cachée au milieu des mots.
C'est pourquoi, il vaut mieux lire un bon catéchisme que de lire la Bible tout seul chez soi !
Mais cela ne suffira jamais : St Jacques le dit dans son Epître, la Foi sans les actes est une Foi morte. Il faut aussi participer à la Liturgie est vivre l'Evangile, non pas simplement le lire.