La confession : l'absolution collective

jean_droit
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La confession : l'absolution collective

Message non lu par jean_droit »

Les évêques suisses viennent de décider d'interdire l'absolution collective, en dehors des cas prévus par le Magistère.

Cela m'a permis de faire le point sur ce sujet :

L'absolution collective a toujours existé mais elle est très encadrée.
La lettre apostolique Misericordia Dei de Jean Paul II publiée en 2002 est on ne peut plus explicite sur son caractère exceptionnel :

http://eucharistiemisericor.free.fr/misericordia_dei

" Les Ordinaires rappelleront à tous les ministres du sacrement de Pénitence ce que la loi universelle de l'Église a confirmé, en application de la doctrine catholique en la matière, à savoir:
a) «La confession individuelle et intégrale avec l'absolution constitue l'unique mode ordinaire par lequel un fidèle conscient d'un péché grave est réconcilié avec Dieu et avec l'Église; seule une impossibilité physique ou morale excuse de cette confession, auquel cas la réconciliation peut être obtenue aussi selon d'autres modes».(12)"

Or il semble que bien des diocèses de France pratiquent encore l'absolution collective.

Pourquoi les évêques ne suivent-ils pas les recommandations du Saint Siège ?

A ma connaissance ce type d'absolution n'a jamais été reconnu par Rome, sauf cas d'exception.

Alors pourquoi avoir adopté cette voix ?
jean_droit
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Re: La confession : L'absolution collective

Message non lu par jean_droit »

Le texte de la conférence épiscopale suisse :

Remarque : Ce qui est amusant c'est qu'il a fallu 7 ans pour que Misericordia Dei soit suivi d'effet en Suisse. Pourquoi au bout de 7 ans et qu'est-ce qui a fait que ce soit maintenant que cette décision soit prise ?

http://www.sbk-ces-cvs.ch/ressourcen/do ... 103738.pdf

Introduction

En date du 15 mars 1989, la Conférence des évêques suisses a promulgué des normes particulières se référant au can. 961 CIC. La Lettre apostolique en forme de Motu proprio Misericordia Dei (MD), publiée par le Pape Jean-Paul II le 7 avril 2002, prescrit aux conférences épiscopales d’actualiser leurs normes à la lumière de ce document (MD 6). Par la présente promulgation, la Conférence des évêques suisses fait suite à cette sollicitation.
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Théophane
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Re: La confession : L'absolution collective

Message non lu par Théophane »

Je pense que dans certains cas exceptionnels le recours à l'absolution collective est légitime (par exemple lorsqu'il s'agit de condamnés à mort en nombre important). Le problème c'est que, comme d'habitude, l'exception est devenue la règle. Il en résulte que cette pratique se répand dans des cas où elle n'est pas nécessaire ; du coup, les gens ne vont plus se confesser.

Pas plus tard que le mois dernier, une très bonne amie m'a dit qu'elle ne se confesserait pas avant Noël puisqu'elle avait prévu de participer à une célébration pénitentielle. C'est regrettable, quand on a conscience de l'importance que représente le sacrement de la confession.
« Être contemplatifs au milieu du monde, en quoi cela consiste-t-il, pour nous ? La réponse tient en quelques mots : c’est voir Dieu en toute chose, avec la lumière de la foi, sous l’élan de l’amour, et avec la ferme espérance de le contempler face à face au Ciel. »
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Re: La confession : L'absolution collective

Message non lu par jean_droit »

Je suis, bien sûr, tout à fait d'accord avec vous.
Mon propos est de voir pourquoi a été mise en place cette absolution collective et comment pourrait-on revenir à la classique confesion individuelle.
J'ai une piste : C'est l'entrée de Wikipedia sur le sujet, entrée qui me semble courageuse car n'utilisant pas la langue de bois :

L'absolution collective est une forme d'absolution dans laquelle les péchés de tout le peuple rassemblé sont pardonnés pendant la messe. Elle est établie pour les temps de grave difficulté, par exemple après une calamité.

Après le concile Vatican II, il s'est vu une diminution de l'usage du confessionnal. Dans plusieurs provinces ecclésiastiques de l'Occident, l'absolution collective est devenue la forme principale de pardon, même en temps de paix.

Beaucoup d'archevêques ont souhaité la fin de cette pratique et un retour des confessions un à un devant le prêtre. Jean-Claude Turcotte, Marc Ouellet et Bertrand Blanchet ont notamment pris position en ce sens, spécialement lorsqu'il s'agit du temps de l'Avent et du temps de Pâques.

Il y a cependant un désaccord au sein du bas-clergé catholique, car beaucoup de prêtres, curés et vicaires refusent de mettre en application les décrets, voyant leur charge de travail augmentée par le rétablissement du confessionnal pendant une partie de l'année.

Ce document provient de « http://fr.wikipedia.org/wiki/Absolution_collective ».
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Re: La confession : L'absolution collective

Message non lu par Anne »

C'est un fait que la charge de travail de certains prêtres est déjà énorme!

Pensons aux pauvres curés qui ont la charge de 6 paroisses, comme c'est le cas ici...
:(
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…
".
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Re: La confession : L'absolution collective

Message non lu par DavidB »

AnneT a écrit :C'est un fait que la charge de travail de certains prêtres est déjà énorme!

Pensons aux pauvres curés qui ont la charge de 6 paroisses, comme c'est le cas ici...
:(
6? Anne, dans ma paroisse natale, le pauvre en a 10...
Comme un petit enfant, moi aussi, je veux me laisser prendre dans les bras de Dieu, mon Père en Jésus-Christ, me laisser asseoir sur ses épaules, et voir enfin, devant moi, au loin, s'élargir mes horizons.
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Re: La confession : L'absolution collective

Message non lu par Altaris minister »

Revenons à nos moutons... ou plutôt brebis galeuses ! :-D

L'absolution collective est prévue en cas d'urgence, par exemple, champ de bataille, population écrasante face à l'unique prêtre (dans des régions désertiques tel que le Larzac, par exemple, pardon si des personnes sont concernées, j'aime beaucoup cette région en plus :zut: ) et caetera.

Est-ce que en France nous manquons autant de prêtres que ça ? oui il en manque, mais à ce point :?:

Passer sur l'essence même, l'essentiel de la confession : le dialogue ou encore plus précisément l'apaisement par le biais du prêtre qui écoute, soulage et soigne me semble quelque peu inquiétant !

Ensuite, je ne sais pas, comment se déroule ces célébrations (je n'y suis jamais allé :oops: ) est-ce que les gens parlent en privé au prêtre ?

Cela dit, dans ce cas là, l'absolution ne rajoute pas plus de temps à la confession, si ce n'est que 2-3 minutes selon la lenteur "vocale" ou pas du prêtre... De surcroît, l'absolution n'est pas faite collectivement, en vrac, comme dans un self-service. :-@ :mal: :rire:

Si j'avais à choisir entre l'option 1 ou 2, je choisis la 2 sans hésiter ! à défaut...

AM

edit :

option 1 : absolution collective sans dialogue;
option 2 : absolution collective avec dialogue.
« La liturgie nous fait entrer dans un mystère, c'est-à-dire une réalité cachée en Dieu (...) Elle nous fait accéder, à travers les éléments sensibles disposés par l'Eglise, à la vie du Christ Ressuscité, désormais auprès du Père, entouré des anges et des saints. » Michel Gitton
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Re: La confession : L'absolution collective

Message non lu par BJLP »

jean_droit a écrit :Les évêques suisses viennent de décider d'interdire l'absolution collective, en dehors des cas prévus par le Magistère.

Cela m'a permis de faire le point sur ce sujet :

L'absolution collective a toujours existé mais elle est très encadrée.
La lettre apostolique Misericordia Dei de Jean Paul II publiée en 2002 est on ne peut plus explicite sur son caractère exceptionnel :

http://eucharistiemisericor.free.fr/misericordia_dei

" Les Ordinaires rappelleront à tous les ministres du sacrement de Pénitence ce que la loi universelle de l'Église a confirmé, en application de la doctrine catholique en la matière, à savoir:
a) «La confession individuelle et intégrale avec l'absolution constitue l'unique mode ordinaire par lequel un fidèle conscient d'un péché grave est réconcilié avec Dieu et avec l'Église; seule une impossibilité physique ou morale excuse de cette confession, auquel cas la réconciliation peut être obtenue aussi selon d'autres modes».(12)"

Or il semble que bien des diocèses de France pratiquent encore l'absolution collective.

Pourquoi les évêques ne suivent-ils pas les recommandations du Saint Siège ?

A ma connaissance ce type d'absolution n'a jamais été reconnu par Rome, sauf cas d'exception.

Alors pourquoi avoir adopté cette voix ?
Qui vous dit qu'elle n'est pas reconnu par Dieu?
Y-at-il un texte biblique qui recommande le confession individuelle avec un membre du clergé?
Les premiers chrétiens se confessaient à qui?
Qui à instauré la confession individuelle avec un membre du clergé?
Pourquoi?

Je me souviens des confessions quand j'étais môme , une simple récitation de péché pris dans la liste officiel du bouquin de caté. Est-ce meilleur?
ravi
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Re: La confession : L'absolution collective

Message non lu par ravi »

Nous avons trois formes pour le même sacrement du pardon.
Confession individuelle
Célébration pénitentielle avec aveu des péchés et absolution individuelle
Célébration avec absolution collective sachant que si on se reconnaît des fautes graves nous sommes tenus d'aller voir un prêtre pour mettre en place un chemin de conversion.

Nous disons qu'il faut des cas exceptionnel pour prendre la forme de l'absolution collective. Un prêtre me disait: j'ai 50 hameaux sur 100kms de route dans une vallée. Tout le monde se connaît. Il faut que je préserve la liberté de la démarche. Et en même temps cela fait une démarche de pénitence dans le renouvellement de mettre sa vie en face du Seigneur pour manifester son amour en même temps que son péché.

Nous avons les trois formes, à nous de savoir jouer sur les trois pour le bien de tous
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Boris
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Re: La confession : L'absolution collective

Message non lu par Boris »

BJLP a écrit :Y-at-il un texte biblique qui recommande le conféssion individuelle avec un membre du clergé?
Oui : celui dans lequel le Christ donne le pouvoir des Clés à St Pierre et à ses successeurs et que ceci ont déclaré les règles rappelées sur ce forum.
UdP,
Boris
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Eriluc
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Re: La confession : L'absolution collective

Message non lu par Eriluc »

Touriste a écrit :Nous avons trois formes pour le même sacrement du pardon.
Confession individuelle
Célébration pénitentielle avec aveu des péchés et absolution individuelle
Célébration avec absolution collective sachant que si on se reconnaît des fautes graves nous sommes tenus d'aller voir un prêtre pour mettre en place un chemin de conversion.

Nous disons qu'il faut des cas exceptionnel pour prendre la forme de l'absolution collective. Un prêtre me disait: j'ai 50 hameaux sur 100kms de route dans une vallée. Tout le monde se connaît. Il faut que je préserve la liberté de la démarche. Et en même temps cela fait une démarche de pénitence dans le renouvellement de mettre sa vie en face du Seigneur pour manifester son amour en même temps que son péché.

Nous avons les trois formes, à nous de savoir jouer sur les trois pour le bien de tous
Bonjour,

Je suis désolé mais il n'y a pas trois façons de se confesser, mais une seule : la confession auriculaire, qui est le mode ordinaire d'administration du sacrement de pénitence.

L'absolution collective est un mode extra-ordinaire, prévu pour les cas d'extrêmes urgences et non à la discrétion des pénitents ou de l'officiant.

Cf. CEC 1483 :
En des cas de nécessité grave on peut recourir à la célébration communautaire de la réconciliation avec confession générale et absolution générale. Une telle nécessité grave peut se présenter lorsqu’il y a un danger imminent de mort sans que le ou les prêtres aient le temps suffisant pour entendre la confession de chaque pénitent. La nécessité grave peut exister aussi lorsque, compte tenu du nombre des pénitents, il n’y a pas assez de confesseurs pour entendre dûment les confessions individuelles dans un temps raisonnable, de sorte que les pénitents, sans faute de leur part, se verraient privés pendant longtemps de la grâce sacramentelle ou de la sainte communion. Dans ce cas les fidèles doivent avoir, pour la validité de l’absolution, le propos de confesser individuellement leurs péchés graves en temps voulu (cf. CIC, can. 962, § 1). C’est à l’Evêque diocésain de juger si les conditions requises pour l’absolution générale existent (cf. CIC, can. 961, § 2). Un grand concours de fidèles à l’occasion de grandes fêtes ou de pèlerinages ne constitue pas un cas d’une telle grave nécessité (cf. CIC, can. 961, § 1)
Quant à l'effort que cela demande à nos bons prêtres, si il faut reconnaitre qu'ils ont de plus en plus de paroisses sous leur responsabilité, il y a cependant bien moins de pénitents qui demandent à se confesser et de plus régulièrement. Je ne crois pas que ce soit la surcharge des confessionnaux qui ait conduit à la pratique désordonnée des absolutions collectives mais plutôt un laxisme dû à la perte de signification du rôle "in persona Christi" du prêtre dans l'administration de ce merveilleux sacrement. Vous n'êtes absolument pas obligés d'accepter cette conjecture, mais si vous voulez vous faire votre propre idée, lisez donc une bonne biographie du Saint Curé d'Ars et imaginez les scènes de confessionnal... si l'absolution collective avait eu une quelconque licéité le Seigneur aurait très certainement donné la grâce à ce grand Saint d'en user.

Très cordialement

Eric
"Être détaché de tout - première condition pour n'être indifférent à rien." [Gustave Thibon]
BJLP
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Re: La confession : L'absolution collective

Message non lu par BJLP »

Je suis désolé mais il n'y a pas trois façons de se confesser, mais une seule : la confession auriculaire, qui est le mode ordinaire d'administration du sacrement de pénitence.

L'absolution collective est un mode extra-ordinaire, prévu pour les cas d'extrêmes urgences et non à la discrétion des pénitents ou de l'officiant.
Pouvez vous me dire dans quel passage du nouveau testament Jésus dit explicitement qu'il faut que celui qui se confesse doit le dire ( en privé) à un apôtre , pour le début de la chrétienté ou à un prêtre aux temps actuels.

Je ne nie pas la confession individuelle qui demande à celui ou celle qui la demande de faire une démarche personnelle.
Mais j'ai pour ma part ce que j'appellerai le syndrome de l'obligation qui m'était faite quand j'étais gosse ou il fallait toute les semaine aller à confesse et réciter toujours les même faute.
Je me souvient même d'une confession que j'ai faite dans une église de Grenoble, étant de passage, ou j'en suis sorti plus meurtrie qu'avant confesse. Le prêtre m'ayant tellement culpabilisé j'avais quand même à ce moment la un vingtaine d'années.

Il me semble que l'on culpabilise avant plutôt qu'après.

Depuis j' ai opté pour la prière pénitentiel avec un contact personnel avec un des prêtres présent, quand le prêtre est seul cela n'est pas possible.

Comment font les protestant?
Comment font les orthodoxes?


N'y auraient'ils que les chrétiens catholiques romains qui sont pardonnés de Dieu du fait qu'ils disent leurs fautes personnellement à un prêtre?

C'est vrai , quand Dieu par le prêtre vous dit tes péchés sont pardonnés on en ressort moins culpabilisé .
Aller à confesse comme ont dit demande de faire avant un révision de vie personnelle.
Il est loin le temps ou des enfants venaient à confesse avec une liste de fautes à réciter.
Après avoir préparer avec leurs livre de caté et recopier sans bien comprendre le listing du cour de caté.
Les fautes essentielles sont celles que l'on fait contre la Foi et La Charité.
Mon curé quand j'étais jeune nous a dit qui le fait de vouloir faire la démarche ont été déjà pardonné par Dieu.
Il nous conté l'histoire d'un homme qui se rendait à confesse et qui avait sur la conscience des fautes lourdes à porter.
En se rendant à l'église il est tuer par un accident de voiture.
Cet homme est-il pardonné par Dieu?
La confession est une démarche libre elle ne doit jamais être une contrainte.

Jésus a très souvent dit avant de guérir un malade : Tes péchés sont pardonnés, alors que le malade venait vers Jésus bien souvent pour être guérit.
Il y a même des personnes qui ont pris des risques pour cela et qui y ont mis d'autre qu'eux même dans le coup. Le centurion qui envois son serviteur, le paralytique qui passe avec l'aide de ses copains par le toit, ceux qui n'ose pas et qui ne touche que le vêtement de Jésus, il y en a même un qui a grimpé aux arbres.
La démarche vers le pardon qu'elle soit individuelle ou collective est toujours une démarche individuelle car chacun prend sur soi pour soit aller voir un prêtre ou pour se rendre à l'église pour une célébration pénitentielle.
Virgile
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Re: La confession : L'absolution collective

Message non lu par Virgile »

Cher BJLP,
BJLP a écrit : Comment font les orthodoxes?
il me semble que dans l'Église orthodoxe, on pratiquerait plutôt la confession individuelle des péchés pour recevoir le sacrement de pénitence. Je crois qu'en règle générale, la confession des péchés doit avoir lieu devant une icône du Christ ou de Sa Mère, le prêtre étant témoin de la confession et Dieu le seul Juge. En tous cas, je suis certain que c'est le prêtre qui donne l'absolution au nom de Dieu.

Il me semble même que cette confession individuelle des péchés aurait aussi pris un caractère de sacrement chez certains orthodoxes... il doit y avoir ainsi, encore aujourd'hui, un certain nombre de prêtres orthodoxes qui imposeraient la confession auriculaire avant toute communion eucharistique...

J'ai entendu dire aussi que dans l'orthodoxie, ce que l'on appelle les "confessions collectives" se réduisaient en général à la lecture d'une "liste de péchés" (parfois imprimée) et que le sacrement de pénitence n'y était jamais conféré.


Amicalement.
Virgile.
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Re: La confession : L'absolution collective

Message non lu par Virgile »

Après vérification des indications données dans le message précédent, dont je n'étais pas vraiment certain:

En ce qui concerne les fidèles de l'Eglise orthodoxe orientale et ceux de l'Eglise catholique orientale, le prêtre paroissial est d'ordinaire le confesseur. Mais il est possible de se confesser auprès d'un moine ou même auprès d'un laïc, homme ou femme, qui en reçu la permission de l'évêque. Il s'agit seulement de confesser ses péchés et de demander conseil à un "père spirituel" ou une "mère spirituelle". Dans le cas du laïc qui écoute la confession, ce qui est confessé est protégé par le sceau du secret tout comme s'il s'agissait d'un prêtre.

En revanche, pour obtenir l'absolution des péchés, il faut toujours s'adresser à un prêtre régulièrement ordonné.

La confession a lieu dans l'église même, et non dans un confessional. Elle a lieu en présence d'une icône du Christ, et le confessant se tient debout devant l'Evangile et une croix. En cas d'urgence, la confession peut avoir lieu n'importe où, raison pour laquelle les prêtres de l'Eglise orthodoxe russe portent une croix pectorale sur laquelle est gravée une icône du Christ.

Dans la pratique générale, si l'on se confesse à un laïc, le prêtre de la paroisse (qui n'a pas forcément entendu la confession), couvre la tête du confessant avec son étole et lit la prière de l'absolution. Il est fréquent qu'un fidèle se confesse régulièrement à son "père spirituel" laïc, mais ne demande l'absolution que seulement avant de recevoir la communion - moins fréquente que chez les catholiques.

Le chrétiens orthodoxes sont tenus de se confesser au moins quatre fois par an: à Pâques, lors de la Nativité, pendant la fête de saint Pierre et saint Paul et lors de la fête de la Dormition de la Vierge.

Il y a également une confession dite générale, sous forme d'un dialogue entre le prêtre et la communauté. Le prêtre se prosterne devant tous et demande le pardon de Dieu. Les fidèles se prosternent alors à leur tout est demandent le pardon du prêtre qui prononce ensuite une bénédiction. Ce rite ne remplace pas la confession et l'absolution, mais a pour but de maintenir la charité et la contrition dans l'esprit des fidèles. Dans les monastères, on pratique ce rite quotidiennement après l'office de minuit et les complies. Le carême orthodoxe commence par ce rite de confession collective.

Amicalement.
Virgile.
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Théophane
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Re: La confession : L'absolution collective

Message non lu par Théophane »

Merci pour ces précisions. Auriez-vous également des informations sur la confession dans le protestantisme ?

Le catéchisme de Luther en parle, mais je me demande quels aspects elle revêt, et si elle est encore pratiquée aujourd'hui dans les communautées issues de la Réforme.
« Être contemplatifs au milieu du monde, en quoi cela consiste-t-il, pour nous ? La réponse tient en quelques mots : c’est voir Dieu en toute chose, avec la lumière de la foi, sous l’élan de l’amour, et avec la ferme espérance de le contempler face à face au Ciel. »
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