Les Confessions, de Saint-Augustin
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etienne lorant
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L'étreinte de l'homme intérieur
J'ai trouvé ce passage savoureux de Saint-Augustin dans le livre "Dieu ?", d'Albert Jacquard... lequel livre ne m'a pas apporté grand chose. Mon père, lui-même entomologiste, chef de laboratoire et néanmoins catholique pratiquant déclarait: "Plus on cherche la réponse à des questions, plus la réponse pose d'autres questions, et comme scientifique, on n'en est réduit à imaginer des plans d'ensemble qui ne peuvent se situer qu'au-delà de la raison pure"...
"Mais qu'est-ce que j'aime quand j'aime mon Dieu ? Ce n'est pas la beauté des corps, ni leur grâce périssable, ni l'éclat de la lumière si chère à mes yeux, ni les douces mélodies des cantilènes aux tons variés, ni l'odeur suave des fleurs, des parfums et des aromates, ni la manne, ni le miel, ni les membres faits pour les étreintes de la chair. Non ce n'est pas cela que j'aime quand j'aime mon Dieu. Et cependant, il est une lumière, une voix, un parfum, une nourriture, une étreinte que j'aime quand j'aime mon Dieu, c'est la lumière, la voix, le parfum, l'étreinte de l'homme intérieur, que je porte en moi."
dans "Les Confessions", Livre X chapitre VI
"Mais qu'est-ce que j'aime quand j'aime mon Dieu ? Ce n'est pas la beauté des corps, ni leur grâce périssable, ni l'éclat de la lumière si chère à mes yeux, ni les douces mélodies des cantilènes aux tons variés, ni l'odeur suave des fleurs, des parfums et des aromates, ni la manne, ni le miel, ni les membres faits pour les étreintes de la chair. Non ce n'est pas cela que j'aime quand j'aime mon Dieu. Et cependant, il est une lumière, une voix, un parfum, une nourriture, une étreinte que j'aime quand j'aime mon Dieu, c'est la lumière, la voix, le parfum, l'étreinte de l'homme intérieur, que je porte en moi."
dans "Les Confessions", Livre X chapitre VI
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
- Petit Matthieu
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Les Confessions, de Saint-Augustin
Je suis en pleine découverte de ce livre : quelel force ! Je suis époustouflé par sa capacité à transmettre sa foi, ses émotions, ses réactions. On pénètre au cœur de son intimité, et au cœur de sa foi. Je lis très lentement, avec des annexes pour comprendre bien sur le contexte et les éléments historiques auxquels il fait référence.
Je pense que nombreux sont les gens qui ont lu ce livre, vos impressions ?
Je pense que nombreux sont les gens qui ont lu ce livre, vos impressions ?
"Ce n’est que pour ton amour, pour ton amour seul, que les pauvres te pardonneront le pain que tu leur donnes."
Phrase finale de saint Vincent de Paul dans le film "Monsieur Vincent".
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- Eriluc
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Re: Les confessions, de Saint-Augustin
Bonjour Petit Matthieu,
Très heureux que vous ayez entrepris la lecture de ce merveilleux livre. Prenez votre temps il y a tellement de richesses à découvrir qu'une lecture trop rapide serait dommageable.
Voici une citation de Benoit XVI du 22 avril 2007, au cours d'une visite pastorale à Pavie,
« Dans son livre des Confessions, Augustin a décrit de façon émouvante le chemin de sa conversion, qui avec le baptême conféré par l'évêque Ambroise dans la cathédrale de Milan, atteignit son but. Qui lit les Confessions peut partager le chemin qu'Augustin eut à parcourir en un long combat intérieur, avant finalement de recevoir, durant la nuit de Pâques 387, à la fontaine baptismale, le sacrement qui marquait le grand tournant de sa vie. En suivant attentivement le cours de la vie de saint Augustin, on peut voir que la conversion ne fut pas l'évènement d'un moment isolé, mais bien tout un cheminement. Et on peut voir qu'aux fonts baptismaux ce cheminement n'était pas encore terminé. »
Je vous laisse apprécier, même si vous n'écoutez pas tout ce que dit le Pape...
Très cordialement
Eric
Très heureux que vous ayez entrepris la lecture de ce merveilleux livre. Prenez votre temps il y a tellement de richesses à découvrir qu'une lecture trop rapide serait dommageable.
Voici une citation de Benoit XVI du 22 avril 2007, au cours d'une visite pastorale à Pavie,
« Dans son livre des Confessions, Augustin a décrit de façon émouvante le chemin de sa conversion, qui avec le baptême conféré par l'évêque Ambroise dans la cathédrale de Milan, atteignit son but. Qui lit les Confessions peut partager le chemin qu'Augustin eut à parcourir en un long combat intérieur, avant finalement de recevoir, durant la nuit de Pâques 387, à la fontaine baptismale, le sacrement qui marquait le grand tournant de sa vie. En suivant attentivement le cours de la vie de saint Augustin, on peut voir que la conversion ne fut pas l'évènement d'un moment isolé, mais bien tout un cheminement. Et on peut voir qu'aux fonts baptismaux ce cheminement n'était pas encore terminé. »
Je vous laisse apprécier, même si vous n'écoutez pas tout ce que dit le Pape...
Très cordialement
Eric
"Être détaché de tout - première condition pour n'être indifférent à rien." [Gustave Thibon]
- Petit Matthieu
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Re: Les confessions, de Saint-Augustin
haha ! Merci ! mais ma citation doit tout au "Bon Seb" !
Sinon soyez assuré que je vais prendre mon temps, et poser sans doute de nombreuse question. Je serai heureux de partager cette lecture avec vous.
Je fais même au fur et à mesure une "fiche de lecture", pour résumer, prendre des citations... Et ne pas oublier une miette !
Sinon soyez assuré que je vais prendre mon temps, et poser sans doute de nombreuse question. Je serai heureux de partager cette lecture avec vous.
Je fais même au fur et à mesure une "fiche de lecture", pour résumer, prendre des citations... Et ne pas oublier une miette !
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Re: Les confessions, de Saint-Augustin
N'hésitez pas à nous faire partager les traits du texte les plus édifiants que vous notez lors de votre lecture et les questions qu'ils soulèvent.Petit Matthieu a écrit :haha ! Merci ! mais ma citation doit tout au "Bon Seb" !
Sinon soyez assuré que je vais prendre mon temps, et poser sans doute de nombreuse question. Je serai heureux de partager cette lecture avec vous.
Je fais même au fur et à mesure une "fiche de lecture", pour résumer, prendre des citations... Et ne pas oublier une miette !
très cordialement
Eric
"Être détaché de tout - première condition pour n'être indifférent à rien." [Gustave Thibon]
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Re: Les confessions, de Saint-Augustin
Je n'y manquerai pas ! Et pourquoi pas ne pas publier cette fiche de lecture qui sera l'occasion de commenter ensemble des passages, des citations.
Cordialement !
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Re: Les confessions, de Saint-Augustin
Super idée ! je la lirai avec attention.Petit Matthieu a écrit :Je n'y manquerai pas ! Et pourquoi pas ne pas publier cette fiche de lecture qui sera l'occasion de commenter ensemble des passages, des citations
Très cordialement
Eric
"Être détaché de tout - première condition pour n'être indifférent à rien." [Gustave Thibon]
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Re: Les confessions, de Saint-Augustin
Voilà un tout petit résumé du Livre Premier,
Il s'agit plus d'un "aide-mémoire", un tout petit recueil de citations.
J'ai choisi une à deux citations par chapitre. Parfois aucune et un simple résumé. Bien sur, beaucoup de phrases auraient pu être sélectionnées. Mais il fallait faire quelque chose de clair et de synthétique.
Je les ai choisie soit car elle résumaient le chapitre, soit pour leur profondeur, leur beauté ou leur originalité.
Les remarques écrite en vert aident à la compréhension de la citation quand c'est nécessaire.
Voilà, en espérant que ce sera l'occasion de discuter sur cette immense oeuvre dont l'Eglise peut s'enorgueillir :
Il s'agit plus d'un "aide-mémoire", un tout petit recueil de citations.
J'ai choisi une à deux citations par chapitre. Parfois aucune et un simple résumé. Bien sur, beaucoup de phrases auraient pu être sélectionnées. Mais il fallait faire quelque chose de clair et de synthétique.
Je les ai choisie soit car elle résumaient le chapitre, soit pour leur profondeur, leur beauté ou leur originalité.
Les remarques écrite en vert aident à la compréhension de la citation quand c'est nécessaire.
Voilà, en espérant que ce sera l'occasion de discuter sur cette immense oeuvre dont l'Eglise peut s'enorgueillir :
Dernière modification par Petit Matthieu le sam. 21 mars 2009, 21:56, modifié 1 fois.
"Ce n’est que pour ton amour, pour ton amour seul, que les pauvres te pardonneront le pain que tu leur donnes."
Phrase finale de saint Vincent de Paul dans le film "Monsieur Vincent".
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Re: Les confessions, de Saint-Augustin
LES CONFESSIONS DE SAINT-AUGUSTIN
Livre premier :
Chapitre I : L’homme veut louer et invoquer Dieu
« C’est vous qui le pousser à mettre sa joie à vous louer, parce que vous nous avez créez pour vous, et que notre coeur est inquiet jusqu’à ce qu’il repose en vous. »
Chapitre II : Comment l’âme peut-elle appeler Dieu en elle, si Dieu est partout ?
« Et ainsi, puisque j’existe, pourquoi vous demander de venir en moi, qui n’existerais pas si vous n’étiez en moi ? Car je ne suis pas encore aux enfers. Mais vous y êtes aussi, et, « quand j’y descendrais, vous y seriez présent » (Psaume 139, 8).
Chapitre III : Suite de la difficulté précédente
Dieu est-il contenu ou contient-il ? Tout entier partout ou rien ne le contient tout entier ?
Chapitre IV : Augustin élève des louanges à Dieu. Il le loue mal, il le sait, mais il faut le louer
Qu’est le Seigneur ?
« Très haut, très bon, très puissant, souverainement omnipotent, très misericordieux et très juste, très caché et partout présent, très beau et très fort, stable et insaisissable, immuable et principe de tout changement, jamais nouveau, jamais ancien, renouvelant toutes choses, « acheminant, à leur insu, les superbes à la ruine » (Job, IX, 5) ; toujours actif et toujours en repos ; amassant alors que vous n’avez besoin de rien ; soutenant, remplissant, protégeant, créant, nourrissant, perfectionnant, cherchant quoique rien ne vous manque. Vous aimez, mais sans agitation ; vous êtes jaloux , mais sans inquiétude ; vous vous repentez, mais sans douleur ; vous vous courroucez, mais calmement. Vous changez vos oeuvres, mais sans changer vos desseins. Vous recouvrez ce que vous trouvez sans l’avoir jamais perdu. Vous n’êtes jamais pauvre, et vous aimez le gain, jamais avare et vous exigez les intérêts. On vous donne plus que votre dû, pour que vous deveniez débiteur. Et cependant qui donc possède un bien qui ne vous appartienne ? Vous payez des dettes (Matt, XXV, 27) et vous ne devez rien à personne ; vous les remettez, et vous ne perdez rien. Mais qu’ai-je dit, mon Dieu, ma vie, mes saintes délices ? Que dire, quand on parle de vous ? Malheur cependant à ceux qui gardent sur vous le silence ! Ils ont beau parler, ce sont des muets. »
Chapitre V : Augustin prie Dieu de purifier son coeur
« La maison de mon âme est trop étroite pour vous y recevoir : élargissez-la. Elle n’est que ruines : réparez-la. Elle a de quoi blesser vos yeux ; je le sais et je le confesse. Mais qui la purifiera ? A quel autre que vous crierai-je ? »
Chapitre VI : Les premières années d’Augustin
S’adressant à Dieu au sujet de sa confession : « Vous aussi, peut-être vous moquez-vous de moi. Mais regardez-moi, et vous aurez pitié. » En parlant de ses premières années : « Dois-je la nommer une vie mortelle, ou plutôt une mort vivante ? » En parlant du lait reçu enfant par sa mère ou ses nourrices : « C’était vous qui, par leur entremise, me donniez la nourriture de la première enfance, selon vos desseins qui distribuent vos richesses jusque dans les profondeurs de la création. » Sur Dieu : « Car vous êtes l’Etre Suprême et vous ne changez pas » « Et « parce que vos années ne s’achèvent point » (Psaume CI, 28), vos années ne sont qu’un éternel aujourd’hui. »
Chapitre VII : La première enfance elle-même n’est pas sans pêché
« Car nul n’est pur de péché en votre présence, non pas même le petit enfant dont la vie n’est que d’un jour sur la terre » (Job, XIV, 4). Augustin voit dans certains comportements des enfants le caprice, la colère, le mal et la jalousie.
Chapitre VIII : L’apprentissage de la parole
Il l’apprend par l’intelligence reçue de Dieu et la mémoire. «[...] j’entrai plus avant dans la société orageuse des hommes, soumis à l’autorité de mes parents et aux caprices de mes aînés ».
Chapitre IX : Férule, jeux d’enfants et jeux d’adultes
«Mon Dieu ! mon Dieu ! quelles misères, quelles duperies furent mon lot, à cet âge où le petit garçon que j’étais ne se voyait proposer d’autre règle de vie sage, que l’obéissance à ses maîtres afin de briller dans le siècles et d’exceller dans ces arts de bavardage qui servent à gagner la considération des hommes et de fausses richesses ».
« Je rencontrai alors, Seigneur, des hommes qui vous priaient. J’appris d’eux, vous comprenant comme je le pouvais, qu’il existe quelqu’un de grand, qui peut, en restant caché à nos sens, nous entendre et nous secourir. »
Chapitre X : Amour du jeu et des spectacles
« Ma désobéissance n’avait pas pour cause un choix meilleur, mais l’amour du jeu ; j’aimais dans les parties de jeu l’orgueil de la victoire, les contes qui, chatouillant mes oreilles, y éveillaient un plus ardent désir de fiction ».
Chapitre XI : Baptême différé
« J’avais entendu parler, encore tout petit, de la vie éternelle, qui nous fut promise par l’humilité du Seigneur notre Dieu, s’abaissant jusqu’à notre orgueil. » Saint-Augustin explique qu’étant malade il demanda le baptême mais, rétablit de sa fièvre, on repoussa à plus tard son baptême. « Mais ma mère savait déjà quel flot de tentations m’attendait, après l’enfance, et elle aimait mieux y abandonner un limon grossier, qui recevrait plus tard une forme, que l’image sainte (Genèse, I, 27), oeuvre du baptême ».
Chapitre XII : la contrainte scolaire, son bienfait
Illustration du proverbe : « qui aime bien châtie bien ».
Chapitre XIII : Goût d’Augustin pour les fictions poétiques
« Je ne vous aimais pas, « je forniquais loin de vous » (sans référence), et tandis que je forniquais, retentissaient de toutes parts à mes oreilles des : « Très bien ! Bravo ! » car l’amitié de ce monde est une fornication qui nous éloigne de vous, et nous encourage de « Très bien » et de « Bravo » pour nous faire honte de n’être pas comme les autres. »
Chapitre XIV : Son aversion pour le grec
Fables et mensonges d’Homère entre autres auteurs grecs ainsi que la difficulté d’apprendre cette langue étrangère rebutaient Augustin.
Chapitre XV : Prière à Dieu
Prière de gratitude qui demande au Seigneur d’user du savoir appris par Augustin pour Sa gloire.
Chapitre XVI : La mythologie maitresse d’impureté
« Il serait plus vrai de dire qu’assurément Homère forgeait des fables, mais qu’en attribuant une nature divine à des hommes pleins de vices, son intention était qu’on ne prît pas ces vices pour des vices, et que quiconque agirait comme eux parût imiter, non des hommes perdus de moeurs, mais des dieux du ciel. »
« Je n’accuse pas les mots, sortes de vases précieux et choisis, mais le vin d’erreur qui nous y était versé par des maîtres ivres. Et si nous ne le buvions pas, on nous battait, et nous n’avions pas le droit d’en appeler à un juge sobre ».
Chapitre XVII : Une éducation purement formelle
« Qu’était-ce que tout cela, sinon vent et fumée ? N’existait-il pas d’autres thèmes pour exercer mon intelligence et ma langue ? Vos louanges, Seigneur, vos louanges célébrées par vos Ecritures auraient soutenu les frêles branches de mon coeur. Il n’eût pas été entrainé par ces creuses bagatelles, proie honteuse des esprits de l’air. Car il est plus d’une façon de sacrifier aux anges rebelles. »
Chapitre XVIII : Danger de cette éducation
« Voyez, Seigneur mon Dieu, voyez avec votre habituelle patience, comme les fils des hommes observent exactement les conventions des lettres et des syllabes qu’ils ont héritées de leurs devanciers, et comme ils négligent les pactes imprescriptibles du salut éternel qu’ils ont reçus de Vous ! "
Chapitre XIX : Corruption de l’âme enfantine
Augustin confesse qu’enfant il déplaisait à ses maîtres et pédagogues, et parents, préférant le jeu et les spectacles frivoles. Pour arriver à ses fins, il ment, il triche parfois. « Si c’était moi qui était surpris et accusé, je préférais en venir aux coups que de céder. »
« Est-ce là l’innocence enfantine ? Non, Seigneur, il n’y a pas d’innocence enfantine ; non, laissez-moi, ô mon Dieu, le dire. Rien ne change quand des pédagogues, des maîtres, des noix, des balles, des oiseaux, on passe aux préfets, aux rois, aux domaines, aux esclaves ; les âges se succèdent, comme à la férule succèdent de pires châtiments, mais c’est toujours la même chose. C’est donc une figure de l’humilité que vous avez louée, ô notre Roi, dans la petite taille de l’enfant, quand vous avez dit : « C’est à ceux qui leur ressemblent qu’appartient le royaume des cieux » (Matthieu, XIX, 14). »
Chapitre XX : Actions de grâces
Augustin remercie Dieu de tous les bienfaits qu’il a reçu. « Mon péché, c’était de chercher les plaisirs, les grandeurs, les vérités, non en lui, mais dans les créatures, en moi et chez les autres »
Livre premier :
Chapitre I : L’homme veut louer et invoquer Dieu
« C’est vous qui le pousser à mettre sa joie à vous louer, parce que vous nous avez créez pour vous, et que notre coeur est inquiet jusqu’à ce qu’il repose en vous. »
Chapitre II : Comment l’âme peut-elle appeler Dieu en elle, si Dieu est partout ?
« Et ainsi, puisque j’existe, pourquoi vous demander de venir en moi, qui n’existerais pas si vous n’étiez en moi ? Car je ne suis pas encore aux enfers. Mais vous y êtes aussi, et, « quand j’y descendrais, vous y seriez présent » (Psaume 139, 8).
Chapitre III : Suite de la difficulté précédente
Dieu est-il contenu ou contient-il ? Tout entier partout ou rien ne le contient tout entier ?
Chapitre IV : Augustin élève des louanges à Dieu. Il le loue mal, il le sait, mais il faut le louer
Qu’est le Seigneur ?
« Très haut, très bon, très puissant, souverainement omnipotent, très misericordieux et très juste, très caché et partout présent, très beau et très fort, stable et insaisissable, immuable et principe de tout changement, jamais nouveau, jamais ancien, renouvelant toutes choses, « acheminant, à leur insu, les superbes à la ruine » (Job, IX, 5) ; toujours actif et toujours en repos ; amassant alors que vous n’avez besoin de rien ; soutenant, remplissant, protégeant, créant, nourrissant, perfectionnant, cherchant quoique rien ne vous manque. Vous aimez, mais sans agitation ; vous êtes jaloux , mais sans inquiétude ; vous vous repentez, mais sans douleur ; vous vous courroucez, mais calmement. Vous changez vos oeuvres, mais sans changer vos desseins. Vous recouvrez ce que vous trouvez sans l’avoir jamais perdu. Vous n’êtes jamais pauvre, et vous aimez le gain, jamais avare et vous exigez les intérêts. On vous donne plus que votre dû, pour que vous deveniez débiteur. Et cependant qui donc possède un bien qui ne vous appartienne ? Vous payez des dettes (Matt, XXV, 27) et vous ne devez rien à personne ; vous les remettez, et vous ne perdez rien. Mais qu’ai-je dit, mon Dieu, ma vie, mes saintes délices ? Que dire, quand on parle de vous ? Malheur cependant à ceux qui gardent sur vous le silence ! Ils ont beau parler, ce sont des muets. »
Chapitre V : Augustin prie Dieu de purifier son coeur
« La maison de mon âme est trop étroite pour vous y recevoir : élargissez-la. Elle n’est que ruines : réparez-la. Elle a de quoi blesser vos yeux ; je le sais et je le confesse. Mais qui la purifiera ? A quel autre que vous crierai-je ? »
Chapitre VI : Les premières années d’Augustin
S’adressant à Dieu au sujet de sa confession : « Vous aussi, peut-être vous moquez-vous de moi. Mais regardez-moi, et vous aurez pitié. » En parlant de ses premières années : « Dois-je la nommer une vie mortelle, ou plutôt une mort vivante ? » En parlant du lait reçu enfant par sa mère ou ses nourrices : « C’était vous qui, par leur entremise, me donniez la nourriture de la première enfance, selon vos desseins qui distribuent vos richesses jusque dans les profondeurs de la création. » Sur Dieu : « Car vous êtes l’Etre Suprême et vous ne changez pas » « Et « parce que vos années ne s’achèvent point » (Psaume CI, 28), vos années ne sont qu’un éternel aujourd’hui. »
Chapitre VII : La première enfance elle-même n’est pas sans pêché
« Car nul n’est pur de péché en votre présence, non pas même le petit enfant dont la vie n’est que d’un jour sur la terre » (Job, XIV, 4). Augustin voit dans certains comportements des enfants le caprice, la colère, le mal et la jalousie.
Chapitre VIII : L’apprentissage de la parole
Il l’apprend par l’intelligence reçue de Dieu et la mémoire. «[...] j’entrai plus avant dans la société orageuse des hommes, soumis à l’autorité de mes parents et aux caprices de mes aînés ».
Chapitre IX : Férule, jeux d’enfants et jeux d’adultes
«Mon Dieu ! mon Dieu ! quelles misères, quelles duperies furent mon lot, à cet âge où le petit garçon que j’étais ne se voyait proposer d’autre règle de vie sage, que l’obéissance à ses maîtres afin de briller dans le siècles et d’exceller dans ces arts de bavardage qui servent à gagner la considération des hommes et de fausses richesses ».
« Je rencontrai alors, Seigneur, des hommes qui vous priaient. J’appris d’eux, vous comprenant comme je le pouvais, qu’il existe quelqu’un de grand, qui peut, en restant caché à nos sens, nous entendre et nous secourir. »
Chapitre X : Amour du jeu et des spectacles
« Ma désobéissance n’avait pas pour cause un choix meilleur, mais l’amour du jeu ; j’aimais dans les parties de jeu l’orgueil de la victoire, les contes qui, chatouillant mes oreilles, y éveillaient un plus ardent désir de fiction ».
Chapitre XI : Baptême différé
« J’avais entendu parler, encore tout petit, de la vie éternelle, qui nous fut promise par l’humilité du Seigneur notre Dieu, s’abaissant jusqu’à notre orgueil. » Saint-Augustin explique qu’étant malade il demanda le baptême mais, rétablit de sa fièvre, on repoussa à plus tard son baptême. « Mais ma mère savait déjà quel flot de tentations m’attendait, après l’enfance, et elle aimait mieux y abandonner un limon grossier, qui recevrait plus tard une forme, que l’image sainte (Genèse, I, 27), oeuvre du baptême ».
Chapitre XII : la contrainte scolaire, son bienfait
Illustration du proverbe : « qui aime bien châtie bien ».
Chapitre XIII : Goût d’Augustin pour les fictions poétiques
« Je ne vous aimais pas, « je forniquais loin de vous » (sans référence), et tandis que je forniquais, retentissaient de toutes parts à mes oreilles des : « Très bien ! Bravo ! » car l’amitié de ce monde est une fornication qui nous éloigne de vous, et nous encourage de « Très bien » et de « Bravo » pour nous faire honte de n’être pas comme les autres. »
Chapitre XIV : Son aversion pour le grec
Fables et mensonges d’Homère entre autres auteurs grecs ainsi que la difficulté d’apprendre cette langue étrangère rebutaient Augustin.
Chapitre XV : Prière à Dieu
Prière de gratitude qui demande au Seigneur d’user du savoir appris par Augustin pour Sa gloire.
Chapitre XVI : La mythologie maitresse d’impureté
« Il serait plus vrai de dire qu’assurément Homère forgeait des fables, mais qu’en attribuant une nature divine à des hommes pleins de vices, son intention était qu’on ne prît pas ces vices pour des vices, et que quiconque agirait comme eux parût imiter, non des hommes perdus de moeurs, mais des dieux du ciel. »
« Je n’accuse pas les mots, sortes de vases précieux et choisis, mais le vin d’erreur qui nous y était versé par des maîtres ivres. Et si nous ne le buvions pas, on nous battait, et nous n’avions pas le droit d’en appeler à un juge sobre ».
Chapitre XVII : Une éducation purement formelle
« Qu’était-ce que tout cela, sinon vent et fumée ? N’existait-il pas d’autres thèmes pour exercer mon intelligence et ma langue ? Vos louanges, Seigneur, vos louanges célébrées par vos Ecritures auraient soutenu les frêles branches de mon coeur. Il n’eût pas été entrainé par ces creuses bagatelles, proie honteuse des esprits de l’air. Car il est plus d’une façon de sacrifier aux anges rebelles. »
Chapitre XVIII : Danger de cette éducation
« Voyez, Seigneur mon Dieu, voyez avec votre habituelle patience, comme les fils des hommes observent exactement les conventions des lettres et des syllabes qu’ils ont héritées de leurs devanciers, et comme ils négligent les pactes imprescriptibles du salut éternel qu’ils ont reçus de Vous ! "
Chapitre XIX : Corruption de l’âme enfantine
Augustin confesse qu’enfant il déplaisait à ses maîtres et pédagogues, et parents, préférant le jeu et les spectacles frivoles. Pour arriver à ses fins, il ment, il triche parfois. « Si c’était moi qui était surpris et accusé, je préférais en venir aux coups que de céder. »
« Est-ce là l’innocence enfantine ? Non, Seigneur, il n’y a pas d’innocence enfantine ; non, laissez-moi, ô mon Dieu, le dire. Rien ne change quand des pédagogues, des maîtres, des noix, des balles, des oiseaux, on passe aux préfets, aux rois, aux domaines, aux esclaves ; les âges se succèdent, comme à la férule succèdent de pires châtiments, mais c’est toujours la même chose. C’est donc une figure de l’humilité que vous avez louée, ô notre Roi, dans la petite taille de l’enfant, quand vous avez dit : « C’est à ceux qui leur ressemblent qu’appartient le royaume des cieux » (Matthieu, XIX, 14). »
Chapitre XX : Actions de grâces
Augustin remercie Dieu de tous les bienfaits qu’il a reçu. « Mon péché, c’était de chercher les plaisirs, les grandeurs, les vérités, non en lui, mais dans les créatures, en moi et chez les autres »
Dernière modification par Petit Matthieu le lun. 23 mars 2009, 0:05, modifié 2 fois.
"Ce n’est que pour ton amour, pour ton amour seul, que les pauvres te pardonneront le pain que tu leur donnes."
Phrase finale de saint Vincent de Paul dans le film "Monsieur Vincent".
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Re: Les confessions, de Saint-Augustin
A vos commentaires ! :>
"Ce n’est que pour ton amour, pour ton amour seul, que les pauvres te pardonneront le pain que tu leur donnes."
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Re: Les Confessions, de Saint-Augustin
Très intéressant merci à vous
PS : donne envie de relire !
PS : donne envie de relire !
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Re: Les Confessions, de Saint-Augustin
Livre deuxième :
Chapitre I : Augustin va confesser son adolescence
« J’étais adolescent ; je brûlais de me rassasier de plaisirs infernaux, j’eus l’audace de m’épanouir en des amours changeantes et ténébreuses ; et « ma beauté se flétrit » (Daniel, X, 8) et je ne fus plus que pourriture à vos yeux, pendant que je me complaisais en moi-même et voulais plaire aux yeux des hommes. »
Chapitre II : Premiers tumultes de la chair
Augustin a alors seize ans : « Je ne demeurais aps sur le sentier lumineux de l’amitié. Des vapeurs s’exhalaient de la boueuse concupiscence de ma chair, du bouillonnement de ma puberté ; elles ennuageaient et offusquaient mon coeur ; tellement qu’il ne distinguait plus la douce clarté de l’affection des ténèbres sensuelles. »
« Vous étiez toujours à mes côtés, sévère et misericordieux à la fois, répandant des dégoûts pleins d’amertume sur toutes mes joies ilicites, pour me faire chercher des joies sans dégoût ? Où aurais-je pu les trouver sinon en vous, Seigneur, qui nous donnez les enseignements de la douleur, qui « frappez pour guérir » et qui nous faites mourir pour que nous ne mourions pas loin de vous. (Deutéronome, XXXII, 39). »
Chapitre III : Augustin interrompt ses études. Aveuglement d’un père païen. Conseils d’une mère chrétienne
« Mais pour qui fais-je ce récit ? Ce n’est pas pour vous, mon Dieu ; mais en vous contant ces choses, je les conte à mes semblables, aux hommes, mon livre ne tomberait-il qu’en de rares mains. Et pourquoi l’écrire ? C’est afin que quiconque le lise, et moi-même, nous concevions la profondeur de l’abîme d’où il faut crier vers vous. » Son père fait beaucoup d’effort pour le faire étudier dans différentes villes d’Afrique, mais ce même père ne se soucie pas de la moralité et de son chemin vers Dieu. Sa mère le met en garde contre la fornication et l’adultère : « Je ne voyais là que conseils de femme que j’eusse rougi de suivre. »
« Mais je l’ignorais [Que Dieu parlait à lui par la bouche de sa mère] et j’allais aux abîmes, à ce point aveuglé qu’au milieu des jeunes gens de mon âge, j’avais honte de leur être inférieur en turpitude. Je les entendais se vanter de leurs dévergondages et se glorifier à proportion de leur infamie, et je me plaisais à faire le mal non seulement par sensualité mais aussi par vanité. »
Chapitre IV : Augustin s’accuse d’un larcin
« Certes votre loi, Seigneur, condamne le larcin, une loi gravée dans le coeur des hommes, et que leur iniquité même n’abolit pas. Quel voleur accepte qu’on le vole ? Le riche n’admet pas l’excuse de l’indigence. » Augustin et ses amis ont en pleine nuit pris toutes les poires d’un arbre pour les jeter aux porcs, juste par jouissance de pécher. « j’ai aimé ma chute ».
Chapitre V : On ne pèche pas sans mobile
Toujours l’homme pèche pour acquérir des objets, or, argent, toucher charnel, honneur du monde, pouvoir de commander et de dominer : « Cependant, pour posséder tous ces biens, on ne doit pas s’écarter de vous, Seigneur, ni se détourner de votre loi. »
« L’aminié humaine est douce aussi par les chers noeuds qui font de plusieurs âmes une seule âme. »
Chapitre VI : En commetant son larcin, Augustin a fait le mal pour le mal
« S’il entra un peu de ces fruits dans ma bouche, c’est ma faute qui fit leur saveur. »
« Car l’orgueil imite l’élévation de l’âme ; mais vous seul, mon Dieu, êtes élevé au-dessus de toutes les créatures. Et que cherche l’ambition, si ce n’est les honneurs et la gloire ? Et cependant vous seul, entre tous, devez être honoré et glorifié éternellement. La sévérité du pouvoir veut se faire craindre, mais qui doit-on craindre sinon vous seul, ô Dieu ? Que peut-on arracher ou soustraire à votre puissance ? Quand, où et qui en est capable ? Les voluptueux veulent se faire aimer par des caresses. Mais rien n’est plus caressant que votre amour, et on ne peut rien chérir de plus salutaire que votre vérité, belle et lumineuse plus que toute chose. La curiosité simule la passion de la science, mais vous, vous avez la science suprême et totale. L’ignorance même et la sottise se couvrent des noms de simplicité et d’innocence, mais il ne se peut rien trouver de plus simple que vous. Et quoi de plus innocent que vous, puisque ce sont leurs propres oeuvres qui font du mal aux méchants ? La paresse se donne les apparence de désirer le repos. Mais où trouver un repos assuré hors du seigneur ? Le luxe veut être nommé satiété et abondance. Mais c’est vous qui êtes plénitude et trésor inépuisable d’incorruptibles délices. La prodigialité prend les dehors de la libéralité. Mais c’est vous qui dispensez généreusement tous les biens. L’avarice veut posséder beaucoup. Vous, vous possédez tout. La jalousie dispute pour le premier rang. Qu’y a-t-il de supérieur à vous ? La colère est en quête de vengeance. Qui se venge plus justement que vous ? La crainte, qui veille sur la sécurité des êtres chers, s’alarme des dangers insolites et soudains qui les menacent. Mais pour vous, quoi d’insolite ? Quoi de soudain ? Qui vous sépare de ce que vous aimez ? Où trouver, sinon auprès de vous, une inébranlable sécurité ? La tristesse se consume d’avoir perdu les biens sont se délectait la cupidité : car elle voudrait qu’on ne pût rien lui ravir, comme à vous.
C’est ainsi que l’âme se fait adultère, quand elle se détourne de vous et cherche hors de vous ce qu’elle ne trouve, pur et sans mélange, qu’en revenant à vous. Ils vous imitent tout de travers tous ceux qui s’éloignent de vous et s’élèvent contre vous. Mais même en vous imitant ainsi, ils font voir que vous êtes le Créateur de l’univers et que, pour cette raison, il est impossible de se séparer tout à fait de vous. »
Chapitre VII : Il remercie Dieu de lui avoir remis son péché
« Je dois à votre grâce et à votre miséricorde d’avoir fait fondre mes péchés comme de la glace. Je dois aussi à votre grâce tout le mal que je n’ai pas fait. » La chasteté et l’innocence ne s’acquièrent pas par les forces de l’homme, mais par la miséricorde divine.
Chapitre VIII : Ce qu’il a goûté aussi dans son vol, c’est le plaisir de la complicité
« Mais puisque ces fruits ne me faisaient point de plaisir, ce plaisir résidait pour moi dans la faute même, dans ce péché commis en compagnie. »
Chapitre IX : De quoi est fait ce plaisir
« C’était un rire qui nous titillait le coeur à la pensée de duper les gens qui ne se doutaient pas et en maugréeraient forcément. » Il résume les raisons de son acte : « Voici devant vous, mon Dieu, le vivant souvenir de mon âme. Seul, je n’aurais pas commis ce larcin où mon plaisir venait non de ce que je voulais, mais de l’acte même de voler. Seul, je n’y aurais pris aucun plaisir, et je ne l’aurais pas commis. O amitié ennemie ! Mystérieuse séduction de l’esprit, ardent désir de nuire, né du jeu et de la plaisanterie, besoin de léser autrui sans attrait de gain personnel ou de vengeance. Mais que quelqu’un dire : « Allons-y ! Faisons-le ! » et l’on a honte d’avoir honte. »
Chapitre X : Dieu est le souverain Bien
« Auprès de toi, la paix est inaltérable, la vie sans trouble ».
« Comme un eau qui coule, je me suis éloigné de vous ; j’ai erré, mon Dieu, en me détournant de votre ferme soutien dans mon adolescence, et je suis devenu pour moi « une contrée stérile » (Luc, XV, 14). »
Chapitre I : Augustin va confesser son adolescence
« J’étais adolescent ; je brûlais de me rassasier de plaisirs infernaux, j’eus l’audace de m’épanouir en des amours changeantes et ténébreuses ; et « ma beauté se flétrit » (Daniel, X, 8) et je ne fus plus que pourriture à vos yeux, pendant que je me complaisais en moi-même et voulais plaire aux yeux des hommes. »
Chapitre II : Premiers tumultes de la chair
Augustin a alors seize ans : « Je ne demeurais aps sur le sentier lumineux de l’amitié. Des vapeurs s’exhalaient de la boueuse concupiscence de ma chair, du bouillonnement de ma puberté ; elles ennuageaient et offusquaient mon coeur ; tellement qu’il ne distinguait plus la douce clarté de l’affection des ténèbres sensuelles. »
« Vous étiez toujours à mes côtés, sévère et misericordieux à la fois, répandant des dégoûts pleins d’amertume sur toutes mes joies ilicites, pour me faire chercher des joies sans dégoût ? Où aurais-je pu les trouver sinon en vous, Seigneur, qui nous donnez les enseignements de la douleur, qui « frappez pour guérir » et qui nous faites mourir pour que nous ne mourions pas loin de vous. (Deutéronome, XXXII, 39). »
Chapitre III : Augustin interrompt ses études. Aveuglement d’un père païen. Conseils d’une mère chrétienne
« Mais pour qui fais-je ce récit ? Ce n’est pas pour vous, mon Dieu ; mais en vous contant ces choses, je les conte à mes semblables, aux hommes, mon livre ne tomberait-il qu’en de rares mains. Et pourquoi l’écrire ? C’est afin que quiconque le lise, et moi-même, nous concevions la profondeur de l’abîme d’où il faut crier vers vous. » Son père fait beaucoup d’effort pour le faire étudier dans différentes villes d’Afrique, mais ce même père ne se soucie pas de la moralité et de son chemin vers Dieu. Sa mère le met en garde contre la fornication et l’adultère : « Je ne voyais là que conseils de femme que j’eusse rougi de suivre. »
« Mais je l’ignorais [Que Dieu parlait à lui par la bouche de sa mère] et j’allais aux abîmes, à ce point aveuglé qu’au milieu des jeunes gens de mon âge, j’avais honte de leur être inférieur en turpitude. Je les entendais se vanter de leurs dévergondages et se glorifier à proportion de leur infamie, et je me plaisais à faire le mal non seulement par sensualité mais aussi par vanité. »
Chapitre IV : Augustin s’accuse d’un larcin
« Certes votre loi, Seigneur, condamne le larcin, une loi gravée dans le coeur des hommes, et que leur iniquité même n’abolit pas. Quel voleur accepte qu’on le vole ? Le riche n’admet pas l’excuse de l’indigence. » Augustin et ses amis ont en pleine nuit pris toutes les poires d’un arbre pour les jeter aux porcs, juste par jouissance de pécher. « j’ai aimé ma chute ».
Chapitre V : On ne pèche pas sans mobile
Toujours l’homme pèche pour acquérir des objets, or, argent, toucher charnel, honneur du monde, pouvoir de commander et de dominer : « Cependant, pour posséder tous ces biens, on ne doit pas s’écarter de vous, Seigneur, ni se détourner de votre loi. »
« L’aminié humaine est douce aussi par les chers noeuds qui font de plusieurs âmes une seule âme. »
Chapitre VI : En commetant son larcin, Augustin a fait le mal pour le mal
« S’il entra un peu de ces fruits dans ma bouche, c’est ma faute qui fit leur saveur. »
« Car l’orgueil imite l’élévation de l’âme ; mais vous seul, mon Dieu, êtes élevé au-dessus de toutes les créatures. Et que cherche l’ambition, si ce n’est les honneurs et la gloire ? Et cependant vous seul, entre tous, devez être honoré et glorifié éternellement. La sévérité du pouvoir veut se faire craindre, mais qui doit-on craindre sinon vous seul, ô Dieu ? Que peut-on arracher ou soustraire à votre puissance ? Quand, où et qui en est capable ? Les voluptueux veulent se faire aimer par des caresses. Mais rien n’est plus caressant que votre amour, et on ne peut rien chérir de plus salutaire que votre vérité, belle et lumineuse plus que toute chose. La curiosité simule la passion de la science, mais vous, vous avez la science suprême et totale. L’ignorance même et la sottise se couvrent des noms de simplicité et d’innocence, mais il ne se peut rien trouver de plus simple que vous. Et quoi de plus innocent que vous, puisque ce sont leurs propres oeuvres qui font du mal aux méchants ? La paresse se donne les apparence de désirer le repos. Mais où trouver un repos assuré hors du seigneur ? Le luxe veut être nommé satiété et abondance. Mais c’est vous qui êtes plénitude et trésor inépuisable d’incorruptibles délices. La prodigialité prend les dehors de la libéralité. Mais c’est vous qui dispensez généreusement tous les biens. L’avarice veut posséder beaucoup. Vous, vous possédez tout. La jalousie dispute pour le premier rang. Qu’y a-t-il de supérieur à vous ? La colère est en quête de vengeance. Qui se venge plus justement que vous ? La crainte, qui veille sur la sécurité des êtres chers, s’alarme des dangers insolites et soudains qui les menacent. Mais pour vous, quoi d’insolite ? Quoi de soudain ? Qui vous sépare de ce que vous aimez ? Où trouver, sinon auprès de vous, une inébranlable sécurité ? La tristesse se consume d’avoir perdu les biens sont se délectait la cupidité : car elle voudrait qu’on ne pût rien lui ravir, comme à vous.
C’est ainsi que l’âme se fait adultère, quand elle se détourne de vous et cherche hors de vous ce qu’elle ne trouve, pur et sans mélange, qu’en revenant à vous. Ils vous imitent tout de travers tous ceux qui s’éloignent de vous et s’élèvent contre vous. Mais même en vous imitant ainsi, ils font voir que vous êtes le Créateur de l’univers et que, pour cette raison, il est impossible de se séparer tout à fait de vous. »
Chapitre VII : Il remercie Dieu de lui avoir remis son péché
« Je dois à votre grâce et à votre miséricorde d’avoir fait fondre mes péchés comme de la glace. Je dois aussi à votre grâce tout le mal que je n’ai pas fait. » La chasteté et l’innocence ne s’acquièrent pas par les forces de l’homme, mais par la miséricorde divine.
Chapitre VIII : Ce qu’il a goûté aussi dans son vol, c’est le plaisir de la complicité
« Mais puisque ces fruits ne me faisaient point de plaisir, ce plaisir résidait pour moi dans la faute même, dans ce péché commis en compagnie. »
Chapitre IX : De quoi est fait ce plaisir
« C’était un rire qui nous titillait le coeur à la pensée de duper les gens qui ne se doutaient pas et en maugréeraient forcément. » Il résume les raisons de son acte : « Voici devant vous, mon Dieu, le vivant souvenir de mon âme. Seul, je n’aurais pas commis ce larcin où mon plaisir venait non de ce que je voulais, mais de l’acte même de voler. Seul, je n’y aurais pris aucun plaisir, et je ne l’aurais pas commis. O amitié ennemie ! Mystérieuse séduction de l’esprit, ardent désir de nuire, né du jeu et de la plaisanterie, besoin de léser autrui sans attrait de gain personnel ou de vengeance. Mais que quelqu’un dire : « Allons-y ! Faisons-le ! » et l’on a honte d’avoir honte. »
Chapitre X : Dieu est le souverain Bien
« Auprès de toi, la paix est inaltérable, la vie sans trouble ».
« Comme un eau qui coule, je me suis éloigné de vous ; j’ai erré, mon Dieu, en me détournant de votre ferme soutien dans mon adolescence, et je suis devenu pour moi « une contrée stérile » (Luc, XV, 14). »
Dernière modification par Petit Matthieu le jeu. 02 avr. 2009, 20:57, modifié 3 fois.
"Ce n’est que pour ton amour, pour ton amour seul, que les pauvres te pardonneront le pain que tu leur donnes."
Phrase finale de saint Vincent de Paul dans le film "Monsieur Vincent".
Phrase finale de saint Vincent de Paul dans le film "Monsieur Vincent".
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Re: Les Confessions, de Saint-Augustin
Livre troisième :
Chapitre premier : L’amour de l’amour
Augustin raconte son arrivée à Carthage. « J’étais sans appétit pour les aliments incorruptibles, non par satiété, mais plus j’en étais privé, plus j’en avais le dégoût. »
« Aimé et être aimé m’était bien plus doux, quand je jouissais du corps de l’objet aimé. Je souillais donc la source de l’amitié des ordures de la concupiscence. »
« Je fus aimé, j’en vins secrètement aux liens de la possession, et mon bonheur fut pris dans un réseau de tourments : je fus battu des verges brûlantes de la jalousie, des soupçons, des craintes, des colères et des querelles. »
Chapitre II : Sa passion des spectacles ; nature du plaisir dramatique
« Pourquoi l’homme veut-il s’affliger en contemplant des aventures tragiques et lamentables, qu’il ne voudrait pas lui-même souffrir ? » La pitié résulte de l’amitié des hommes les uns envers les autres : « Aujourd’hui encore, je n’ignore pas la pitié. Mais alors au théâtre je sympathisais avec la joie des amants, quand ils jouissaient honteusement l’un de l’autre, bien que ce ne fussent là qu’aventures imaginaires et jeux scéniques ; et lorsqu’ils se séparaient, une espèce de pitié me faisait partager leur tristesse ; ce double sentiment m’était un délice. Maintenant j’ai beaucoup plus de pitié pour celui qui trouve sa joie dans la honte que pour celui qui souffre, comme d’un malheur, d’être privé d’une pernicieuse volupté et d’avoir perdu une misérable félicité. Cette miséricorde est certainement plus vraie, mais la douleur n’y est pas une source de plaisirs. Car si c’est un devoir louable de charité d’avoir de la compassion pour les malheureux, on préfèrerait n’avoir pas à éprouver ce sentiment, quand on est fraternellement miséricordieux. S’il y avait, chose impossible, une bienveillance malveillante, il se pourrait qu’un homme vraiment pitoyable souhaitât l’existence de malheureux, pour avoir à s’apitoyer sur eux. La douleur peut donc être approuvée parfois, mais elle n’est jamais désirable. »
Chapitre III : Augustin s’abandonne aux désordres, mais ne s’associe pas aux turbulences de ses camarades
Augustin est l’esclave des démons, et leur offre en sacrifice ses fautes, aimant « ma liberté d’esclave en fuite ».
« Ces études que l’on appelait honorables, conduisaient au barreau. Je voulais me distinguer dans cette profession, où plus on ment plus on a de succès. » Ils ne s’associe pas aux « brise-tout », ses camarades qui bizutent les nouveaux venus et font les quatre cents coups : « Pouvait-on dès lors leur donner un nom plus juste que celui de « brise-tout » ? Mais « brisés » eux-mêmes et pervertis par les esprits trompeurs qui, secrètement, se moquaient d’eux et les prenaient aux pièges où, railleurs et mystificateurs, ils aimaient à prendre autrui ! »
Augustin est le premier à l’école du rhéteur.
Chapitre IV : L’hortensius
« L’ordre accoutumé des études m’avait conduit au livre d’un certain Cicéron, dont presques tous les lettrés admirent la langue plus que le coeur. » Livre d’exhortation à la philosophie : Hortensius ». Il a alors 19 ans, son père est mort il y a plus de deux ans. Dans ce livre il découvre la soif d’acquérir l’éternelle sagesse, et il se tourne vers Dieu. Philosophie = amour de la sagesse.
« Il y a des gens qui font de la philosophie un instrument de duperie : ils colorent et fardent leurs erreurs de ce grand nom plein de séduction et si respectable. » Augustin ne sait alors encore rien de la Révélation, mais enfin il tend vers cette sagesse.
Chapitre V : Augustin déçu par la Bible
« Mon orgueil en méprisait la simplicité, mon regard n’en pénétrait pas les profondeurs. Cependant, il était fait pour grandir avec les petits, mais je dédaignais d’être petit, et plein de vaniteuse enflure, je me croyais grand. »
Chapitre VI : Augustin séduit par la doctrine manichéenne
Augustin parle des manichéens comme utilisant le nom de Jésus-Christ et du Paraclet consolateur, mais leur coeur restent vide de vérité. Augustin voit en eux un bien plus grand danger que les fables des poètes.
Chapitre VII : Quelques erreurs des manichéens
Doctrine manichéenne sur le Mal, la corporalité divine, sur la polygamie, sur l’homicide et le sacrifice des animaux : « Dans mon ignorance, j’étais troublé par ces questions ; je m’éloignais de la vérité, et je croyais aller vers elle, car je ne savais pas que le mal n’est que la privation du bien, privation qui trouve son dernier terme dans le néant. » Augustin ignorait que Dieu était esprit, que l’homme est à l’image de Dieu. La justice intérieure, la loi de Dieu qu’a respecté Abraham, Isaac, Jacob, Moïse, David. Au delà des coutumes nationales : « Mais ils ont été jugés injustes par les ignorants, qui jugent selon les vues de la justice humaine et mesures les moeurs du genre humain, dans leur universalité, à leurs moeurs particulières. C’est comme si un homme, sans savoir ce qui, dans une armure, se rapporte à chaque partie du corps, voulait se couvrir la tête avec le cuissard, se chausser avec le casque, et se plaignait que rien ne lui allât. »
« Serait-ce donc que la justice est variable et changeante ? Non, mais les temps auxquels elle préside, ne se ressemblent pas, puisqu’ils sont des temps. »
Chapitre VIII : Il est des crimes toujours et partout détestables
« Car c’est violer la société que nous devons avoir avec Dieu que de souiller par les perversions de la volupté la nature dont il est l’auteur. » Augustin appelle a respecter les coutumes des hommes, le pacte mutuel scélé par une cité, une nation : mais quand Dieu commande à l’encontre de la cité, il faut lui obéir, restaurer ou instituer la chose.
« J’en dirai autant des crimes qui comportent le désir de nuire par des outrages ou par la violence. »
Chapitre IX : Les jugements de Dieu ne coincident pas toujours avec les jugements des hommes
« Il y a aussi des actions qui ressemblent à des actions honteuses ou à des crimes et qui ne sont pas des péchés, car elles n’offensent ni vous, Seigneur notre Dieu, ni la société : ainsi quand on se procure certaines choses utiles à la vie et accordées aux circonstances, et qu’il n’est pas sûr que ce soit par cupidité : ou encore, lorsqu’une autorité régulière punit pour corriger, sans qu’on puisse incriminer le désir de nuire. »
Chapitre X : Sottises manichéennes
Les manichéens voyaient dans une figue cueillie, les larmes de lait de l’arbre et du fruit. Mais mangée par un saint manichéen, de cette figue mangée, grâce aux prières, il en sortait de l’élu des anges, des parcelles de Dieu. Le Saint Elu délivrait Dieu de la figue, pas le non manichéen : « Malheureux ! Je croyais que nous devions plus de pitié aux productions de la terre qu’aux hommes pour qui elles poussent. »
Chapitre XI : Un rêve de Monique
En parlant du regard que sa mère portait sur lui : « A la lumière de la foi et de l’esprit qu’elle tenait de vous, elle me voyait mort. » Sa mère ne vivait et ne mangeait plus avec lui par horreur de ses blasphèmes.
« Dans ce songe, elle se vit debout sur une règle de bois, et au-devant d’elle venait un jeune homme, brillant, joyeux et qui souriait à sa tristesse et à sa désolation. Il lui demanda la raison de sa peine et de ses larmes quotidiennes ; il voulait l’instruire de quelque chose, comme il arrive en ce cas, et n’avait rien à apprendre d’elle. Et sur sa réponse qu’elle pleurait ma perte, il lui ordonna de se rassurer et la pria de faire attention et de remarquer que, là où elle était, je me trouvais moi aussi. Elle regarda et me vit, auprès d’elle, debout sur la même règle. » Mais Augustin reste encore à peu près 9 ans dans les ténèbres de l’erreur, ils chute, se relève, rechute. Sa pieuse mère ne cesse de prier pour lui.
Chapitre XII : Une parole prophétique
Sa mère tente de convaincre un prêtre de le remettre dans le chemin de la foi droite. Le prêtre s’y refuse : « Il répondit que j’étais encore réfractaire, étant tout gonflé de la nouveauté de l’hérésie. Au surplus, ne lui avait-elle pas appris que j’avais embarrassé de mes pauvres objections plus d’un esprit simple ? « Mais, dit-il, laissez-le, comme il est ; priez seulement pour lui le Seigneur. Par ses lectures, il reconnaîtra lui-même son erreur et son impiété. » »
Le prêtre était lui-même sorti de l’hérésie manichéenne. La mère d’Augustin le presse de s’entretenir avec Augustin, celui-ci impatienté lui répond cette phrase : « Laissez-moi, aussi vrai que vous vivez, le fils de larmes comme les vôtres ne saurait périr ». Sa mère reçoit ces paroles comme venues du ciel.
Chapitre premier : L’amour de l’amour
Augustin raconte son arrivée à Carthage. « J’étais sans appétit pour les aliments incorruptibles, non par satiété, mais plus j’en étais privé, plus j’en avais le dégoût. »
« Aimé et être aimé m’était bien plus doux, quand je jouissais du corps de l’objet aimé. Je souillais donc la source de l’amitié des ordures de la concupiscence. »
« Je fus aimé, j’en vins secrètement aux liens de la possession, et mon bonheur fut pris dans un réseau de tourments : je fus battu des verges brûlantes de la jalousie, des soupçons, des craintes, des colères et des querelles. »
Chapitre II : Sa passion des spectacles ; nature du plaisir dramatique
« Pourquoi l’homme veut-il s’affliger en contemplant des aventures tragiques et lamentables, qu’il ne voudrait pas lui-même souffrir ? » La pitié résulte de l’amitié des hommes les uns envers les autres : « Aujourd’hui encore, je n’ignore pas la pitié. Mais alors au théâtre je sympathisais avec la joie des amants, quand ils jouissaient honteusement l’un de l’autre, bien que ce ne fussent là qu’aventures imaginaires et jeux scéniques ; et lorsqu’ils se séparaient, une espèce de pitié me faisait partager leur tristesse ; ce double sentiment m’était un délice. Maintenant j’ai beaucoup plus de pitié pour celui qui trouve sa joie dans la honte que pour celui qui souffre, comme d’un malheur, d’être privé d’une pernicieuse volupté et d’avoir perdu une misérable félicité. Cette miséricorde est certainement plus vraie, mais la douleur n’y est pas une source de plaisirs. Car si c’est un devoir louable de charité d’avoir de la compassion pour les malheureux, on préfèrerait n’avoir pas à éprouver ce sentiment, quand on est fraternellement miséricordieux. S’il y avait, chose impossible, une bienveillance malveillante, il se pourrait qu’un homme vraiment pitoyable souhaitât l’existence de malheureux, pour avoir à s’apitoyer sur eux. La douleur peut donc être approuvée parfois, mais elle n’est jamais désirable. »
Chapitre III : Augustin s’abandonne aux désordres, mais ne s’associe pas aux turbulences de ses camarades
Augustin est l’esclave des démons, et leur offre en sacrifice ses fautes, aimant « ma liberté d’esclave en fuite ».
« Ces études que l’on appelait honorables, conduisaient au barreau. Je voulais me distinguer dans cette profession, où plus on ment plus on a de succès. » Ils ne s’associe pas aux « brise-tout », ses camarades qui bizutent les nouveaux venus et font les quatre cents coups : « Pouvait-on dès lors leur donner un nom plus juste que celui de « brise-tout » ? Mais « brisés » eux-mêmes et pervertis par les esprits trompeurs qui, secrètement, se moquaient d’eux et les prenaient aux pièges où, railleurs et mystificateurs, ils aimaient à prendre autrui ! »
Augustin est le premier à l’école du rhéteur.
Chapitre IV : L’hortensius
« L’ordre accoutumé des études m’avait conduit au livre d’un certain Cicéron, dont presques tous les lettrés admirent la langue plus que le coeur. » Livre d’exhortation à la philosophie : Hortensius ». Il a alors 19 ans, son père est mort il y a plus de deux ans. Dans ce livre il découvre la soif d’acquérir l’éternelle sagesse, et il se tourne vers Dieu. Philosophie = amour de la sagesse.
« Il y a des gens qui font de la philosophie un instrument de duperie : ils colorent et fardent leurs erreurs de ce grand nom plein de séduction et si respectable. » Augustin ne sait alors encore rien de la Révélation, mais enfin il tend vers cette sagesse.
Chapitre V : Augustin déçu par la Bible
« Mon orgueil en méprisait la simplicité, mon regard n’en pénétrait pas les profondeurs. Cependant, il était fait pour grandir avec les petits, mais je dédaignais d’être petit, et plein de vaniteuse enflure, je me croyais grand. »
Chapitre VI : Augustin séduit par la doctrine manichéenne
Augustin parle des manichéens comme utilisant le nom de Jésus-Christ et du Paraclet consolateur, mais leur coeur restent vide de vérité. Augustin voit en eux un bien plus grand danger que les fables des poètes.
Chapitre VII : Quelques erreurs des manichéens
Doctrine manichéenne sur le Mal, la corporalité divine, sur la polygamie, sur l’homicide et le sacrifice des animaux : « Dans mon ignorance, j’étais troublé par ces questions ; je m’éloignais de la vérité, et je croyais aller vers elle, car je ne savais pas que le mal n’est que la privation du bien, privation qui trouve son dernier terme dans le néant. » Augustin ignorait que Dieu était esprit, que l’homme est à l’image de Dieu. La justice intérieure, la loi de Dieu qu’a respecté Abraham, Isaac, Jacob, Moïse, David. Au delà des coutumes nationales : « Mais ils ont été jugés injustes par les ignorants, qui jugent selon les vues de la justice humaine et mesures les moeurs du genre humain, dans leur universalité, à leurs moeurs particulières. C’est comme si un homme, sans savoir ce qui, dans une armure, se rapporte à chaque partie du corps, voulait se couvrir la tête avec le cuissard, se chausser avec le casque, et se plaignait que rien ne lui allât. »
« Serait-ce donc que la justice est variable et changeante ? Non, mais les temps auxquels elle préside, ne se ressemblent pas, puisqu’ils sont des temps. »
Chapitre VIII : Il est des crimes toujours et partout détestables
« Car c’est violer la société que nous devons avoir avec Dieu que de souiller par les perversions de la volupté la nature dont il est l’auteur. » Augustin appelle a respecter les coutumes des hommes, le pacte mutuel scélé par une cité, une nation : mais quand Dieu commande à l’encontre de la cité, il faut lui obéir, restaurer ou instituer la chose.
« J’en dirai autant des crimes qui comportent le désir de nuire par des outrages ou par la violence. »
Chapitre IX : Les jugements de Dieu ne coincident pas toujours avec les jugements des hommes
« Il y a aussi des actions qui ressemblent à des actions honteuses ou à des crimes et qui ne sont pas des péchés, car elles n’offensent ni vous, Seigneur notre Dieu, ni la société : ainsi quand on se procure certaines choses utiles à la vie et accordées aux circonstances, et qu’il n’est pas sûr que ce soit par cupidité : ou encore, lorsqu’une autorité régulière punit pour corriger, sans qu’on puisse incriminer le désir de nuire. »
Chapitre X : Sottises manichéennes
Les manichéens voyaient dans une figue cueillie, les larmes de lait de l’arbre et du fruit. Mais mangée par un saint manichéen, de cette figue mangée, grâce aux prières, il en sortait de l’élu des anges, des parcelles de Dieu. Le Saint Elu délivrait Dieu de la figue, pas le non manichéen : « Malheureux ! Je croyais que nous devions plus de pitié aux productions de la terre qu’aux hommes pour qui elles poussent. »
Chapitre XI : Un rêve de Monique
En parlant du regard que sa mère portait sur lui : « A la lumière de la foi et de l’esprit qu’elle tenait de vous, elle me voyait mort. » Sa mère ne vivait et ne mangeait plus avec lui par horreur de ses blasphèmes.
« Dans ce songe, elle se vit debout sur une règle de bois, et au-devant d’elle venait un jeune homme, brillant, joyeux et qui souriait à sa tristesse et à sa désolation. Il lui demanda la raison de sa peine et de ses larmes quotidiennes ; il voulait l’instruire de quelque chose, comme il arrive en ce cas, et n’avait rien à apprendre d’elle. Et sur sa réponse qu’elle pleurait ma perte, il lui ordonna de se rassurer et la pria de faire attention et de remarquer que, là où elle était, je me trouvais moi aussi. Elle regarda et me vit, auprès d’elle, debout sur la même règle. » Mais Augustin reste encore à peu près 9 ans dans les ténèbres de l’erreur, ils chute, se relève, rechute. Sa pieuse mère ne cesse de prier pour lui.
Chapitre XII : Une parole prophétique
Sa mère tente de convaincre un prêtre de le remettre dans le chemin de la foi droite. Le prêtre s’y refuse : « Il répondit que j’étais encore réfractaire, étant tout gonflé de la nouveauté de l’hérésie. Au surplus, ne lui avait-elle pas appris que j’avais embarrassé de mes pauvres objections plus d’un esprit simple ? « Mais, dit-il, laissez-le, comme il est ; priez seulement pour lui le Seigneur. Par ses lectures, il reconnaîtra lui-même son erreur et son impiété. » »
Le prêtre était lui-même sorti de l’hérésie manichéenne. La mère d’Augustin le presse de s’entretenir avec Augustin, celui-ci impatienté lui répond cette phrase : « Laissez-moi, aussi vrai que vous vivez, le fils de larmes comme les vôtres ne saurait périr ». Sa mère reçoit ces paroles comme venues du ciel.
"Ce n’est que pour ton amour, pour ton amour seul, que les pauvres te pardonneront le pain que tu leur donnes."
Phrase finale de saint Vincent de Paul dans le film "Monsieur Vincent".
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Re: Les Confessions, de Saint-Augustin
Je continue cette fiche, vraiment ce livre me captive. Quel magnifique personnage, quelle grande expérience !
Livre quatrième :
Chapitre I : Augustin confesse les égarements de son intelligence
« Pendant cette période de neuf ans, de ma dix-neuvième à ma vingt-huitième année, jouet de mes passions diverses, je fus séduit et séducteur, trompé et trompeur : en public par l’enseignement des sciences qu’on dit « libérales », en secret sous le faux nom de religion, ici proie de l’orgueil, là de la superstition et partout de la vanité. D’un côté je poursuivais le fantôme de la gloire populaire jusqu’aux applaudissements du théâtre, aux concours de poésie, aux joutes pour des couronnes de foin, aux bagatelles des spectacles, aux passions déréglées. D’un autre côté, j’aspirais à me purifier de ces souillures, j’apportais des aliments à ceux qu’on nommait les « élus », les « saints », pour que, dans l’officine de leur estomac, ils en fabriquassent des anges et des dieux chargés de me libérer. Ces chimères, je les poursuivais, ces pratiques, je m’y adonnais avec mes amis dupés par moi et comme moi. »
Chapitre II : Enseignement, faux ménage et magie
« Ces années-là, j’enseignais la rhétorique : vaincu par mes passions, je vendais l’art de vaincre par le bavardage. »
« En ce temps-là, je cohabitais avec une femme que je n’avais point épousée en mariage légitime, mais que m’avait fait rechercher l’imprudence d’une ardeur inquiète. »
« Je me souviens aussi qu’ayant voulu concourir pour un prix de poésie dramatique, je ne sais quel haruspice me fit demander ce que je consentirais à lui donner pour être vainqueur ; mais plein de dégoût et d’horreur pour ces honteux trafics, je répondis que, la récompense fût-elle une couronne d’or impérissable, je ne souffrirais pas que ma victoire coûtât la vie à une mouche. »
« Qu’est-ce dont si ce n’est « repaître les vents » (Osée, XII, 2) que de repaître ces esprits diaboliques et leur devenir par nos erreurs un objet de joie et de raillerie. »
Chapitre III : Augustin et l’astrologie
« Il est bon de ne pas abuser de votre indulgence envers le pécheur pour se donner licence de rechuter, mais de se souvenir de la parole du Seigneur : « Voici que tu es guéri ; ne pèche plus désormais, de peur qu’il ne t’arrive quelque chose de pis. (Jean, V, 14) »
Augustin fustige l’astrologie qui décharge l’homme de toute faute en l’attribuant aux Dieux, aux astres. En parlant de la méthode et de la réussite de ceux-ci, Vindicianus, proconsul et médecin lui répond : « A quoi il répondit, comme il put, que la cause en était le pouvoir du hasard, répandu partout dans la nature. Si, en consultant à l’aventure une page d’un poète quelconque, qui chante un sujet très différent dans une tout autre pensée, on tombe souvent sur un vers qui s’accorde à merveille avec l’affaire qui vous occupe, il n’est point étonnant, disait-il, qu’en vertu de quelque instinct d’en haut, l’âme humaine, dans l’inconscience de ce qui se passe en elle, non par l’effet d’un art, mais par fortune, fasse entendre quelque parole qui convienne au faits et gestes du questionneur. »
Chapitre IV : L’ami perdu et pleuré
Augustin commence alors à enseigner, c’est alors que son ami d’enfance meurt, celui avec lequel il partage ses goûts, son enfance, ses errements superstitieux : « Malade, fiévreux, il gisait depuis longtemps sans connaissance, dans une sueur mortelle. Comme on désespérait de le sauver, il fut baptisé à son insu. Je ne m’en mis pas en peine, persuadé que son âme garderait les sentiments que je lui avais inculqués, plutôt que l’empreinte de ce qu’on avait fait à son corps inconscient. Mais il en fut tout autrement. Il se trouva mieux et on le crut hors de danger. Dès que je pus causer avec lui – et je le pus bientôt, aussitôt qu’il fut lui-même capable de parler, car je ne le quittais pas, tant nous étions dans une dépendance étroite l’un de l’autre, - j’essayai de plaisanter avec lui, croyant qu’il se moquerait avec moi d’un baptême qu’il avait reçu, privé d’intelligence et de sentiment. Pourtant il savait déjà qu’il l’avait reçu. Eh bien, il me regarda avec horreur, comme un ennemi, et m’avertit avec une franchise étonnamment brusque d’avoir à cesser de lui tenir un tel langage, si je voulais rester son ami. Stupéfait et troublé, je maîtrisai les mouvements de mon coeur. Je voulais lui laisser d’abord reprendre des forces et rétablir sa santé ; je pourrais alors en user avec lui librement. Mais il fut arraché à ma démence pour être réservé auprès de vous à ma consolation : quelques jours après, en mon absence, il fut repris de la fièvre et mourut. »
« La douleur que j’en ressentis enténébra mon coeur. Tout ce que je voyais n’était que mort. La patrie m’était un supplice, la maison paternelle un lieu d’étrange infortune. Tout ce que j’avais mis en commun avec lui, sans lui se changeait en un cruel tourment. Mes yeux le demandaient partout, et il leur était refusé. »
« Les larmes seules m’étaient douces et elles avaient succédé à mon ami dans les délices de mon coeur. »
Chapitre V : Douceur des larmes
« D’où vient donc la douceur du fruit que l’on recueille des amertumes de la vie, des gémissements, des pleurs, des soupirs et des plaintes ? »
« Serait-ce que les larmes, chose amère, nous deviennent douces à cause du dégoût ressenti pour les plaisirs passés et tant que dure cette aversion ? »
Chapitre VI : Augustin inconsolable de la mort de son ami
« J’étais malheureux ; malheureuse est toute âme enchaînée par l’amour des choses mortelles ; elle est déchirée lorqu’elle les perd et c’est alors qu’elle sent sa misère, dont elle souffre avant même de les avoir perdues. »
« Je m’étonnais de voir vivre les autres mortels, parce qu’il était mort celui que j’avais aimé comme s’il n’eût pas dû mourir ; et je m’étonnais plus encore, lui mort, de vivre, car j’étais un autre lui-même. Avec un grand bonheur d’expression un poète, parlant de son ami, l’a nommé « la moitié de son âme » (Horace, Odes,I, III, 8). »
« Et qui sait si je ne craignais pas de mourir de peur qu’il ne mourût tout entier, celui que j’avais tant aimé ! »
Chapitre VII : Il part pour Carthage
« Vous n’étiez pour ma pensée rien de consistant ni de réel. Ce n’était pas vous, mais un vain fantôme, et mon erreur était mon dieu. Si j’essayais d’y reposer mon âme, elle tombait dans le vide et de nouveau s’affaisait sur moi. »
« Où échapper à ma propre poursuite ? Et pourtant je m’enfuis de ma patrie. Mes yeux le cherchaient moins, là où il n’avait pas l’habitude de le voir. De Thagaste, j’allai à Carthage. »
Chapitre VIII : Le temps et l’amitié consolent sa peine
Sa douleur passe avec le temps et il reprend goût à ses anciens plaisirs : « Mais ce qui lui succédait, c’était, sinon d’autres douleurs, du moins des semences d’autres douleurs. Car pourquoi cette douleur avait-elle pénétré si facilement jusqu’au fond de moi-même, sinon parce que j’avais répandu mon âme sur le sable en aimant un être mortel, comme s’il n’avait pas dû mourir ? » Augustin partage sa vie avec des amis qui lui apportent le plaisir de vivre.
Chapitre IX : L’amitié et Dieu
« Heureux celui qui vous aime, et son ami en vous et son ennemi à cause de vous ! Seul, il ne perd aucun être cher, l’homme à qui tous sont chers en Celui qu’on ne perd jamais. »
Chapitre X : Les créatures qui passent ne peuvent nous donner le bonheur
En parlant des « belles choses » : « Tout ne parvient pas à la vieillesse, mais tout meurt. Donc lorsqu’elles naissent et s’efforcent d’être, plus vite elle croissent pour être, et plus elles se hâtent de ne plus être. Telle est leur loi. »
Chapitre XI : Dieu seul ne passe pas
« Pourquoi, t’écartant de la loi, suis-tu les impulsions de ta chair ? Retourne-toi, que ce soit elle qui te suive ! » A propos de la connaissance par partie ressentie par la chair : « Il en est toujours de même des parties dont se compose un tout, quand ces parties composantes n’existent pas simultanément : il y a plus de charme dans le tout que dans les parties perçues une à une, si on peut le percevoir dans sa totalité. Mais combien vaut mieux Celui qui a fait toutes choses ! »
Chapitre XII : L’âme ne peut trouver la paix et la vie heureuse qu’en Dieu
« Si les corps te plaisent, c’est Dieu que tu en loueras, ô mon âme, reporte ton amour sur leur Auteur, pour ne point lui déplaire dans les choses qui te plaisent. Si les âmes te plaisent, aime-les en Dieu, car elles aussi sont sujettes au changement et c’est en se fixant en lui qu’elles se stabilisent ; autrement elles passeraient et périraient. »
« Il est descendu ici-bas, celui qui est notre vie, il a souffert notre mort et il l’a tuée de l’abondance de sa vie. D’une voie tonnante il nous a crié de revenir d’ici vers lui, en ce lieu secret, d’où il est venu à nous d’abord dans le sein d’une vierge où s’est mariée à lui la nature humaine, cette chair mortelle, pour n’être pas toujours mortelle ; et de là, « pareil à un époux qui sort du lit nuptial » (Psaume XIX, 6 ), il a bondi comme un géant pour courrir sa route. Il ne s’est pas attardé, mais il a couru en nous criant par ses paroles, ses actes, sa mort, sa vie, sa descente aux enfers, son ascension, en nous criant, dis-je, de revenir à lui. Et il s’est dérobé à nos yeux afin que nous « rentrions dans notre coeur » (Isai, XLVI, 8) et que nous l’y trouvions. Il s’est éloigné, et pourtant, le voici. Il n’a pas voulu demeurer longtemps avec nous, mais il ne nous a pas abandonnés. Il s’en est allé en un lieu d’où il ne s’était jamais retiré, car « le monde a été crée par lui » (Jean, I, 10) et « il était en ce monde, et il est venu dans ce monde pour sauver les pécheurs » (Timothée I, 15) . »
« Descendez pour monter, pour monter vers Dieu, car vous êtes tombés en montant contre Dieu. »
Chapitre XIII : Augustin médite le problème du beau
« Et je remarquais, je voyais que, dans les corps, il faut distinguer le beau qui est une sorte de tout harmonieux et le convenable qui résulte d’une juste appropriation, comme une partie du corps s’accorde avec l’ensemble de l’organisme ou une chaussure avec le pied et autres choses semblables. » Augustin a écrit auparavant le traité : « Du Beau et du Convenable », mais il l’a perdu.
Chapitre XIV : Il dédie son ouvrage à Hiérius
Augustin parle de Hiérus, un syrien passé maître en éloquence grecque, puis orateur latin et possédant une grande science sur les questions de sagesse. Sa renommée est immense et Augustin lui dédie son traité susdit. Il déplore d’avoir aimé des hommes selon le jugement des hommes et non pas par le jugement de Dieu. Augustin aime les histrions mais n’aurait pas aimé être aimé comme eux, avoir leur notoriété humaine : « Ainsi j’aime dans un homme ce que j’aurais horreur d’être moi-même, quoique je sois un homme ! Profond abîme que l’homme ! Vous connaissez le nombre de ses cheveux, vous Seigneur, et il ne s’en perd aucun pour vous ; mais il est plus facile de compter ses cheveux que les passions et les mouvements de son coeur. »
« D’où sais-je et comment puis-je vous confesser avec certitude que j’aimais cet homme plus à cause de l’amour qu’il inspirait à ceux qui en faisaient l’éloge, que pour les mérites mêmes qui lui valaient ces éloges ? »
Chapitre XV : Résumé du « De Pulchro et Apto »
« Telle était alors mon âme. J’ignorais qu’elle avait besoin d’être éclairée d’une autre lumière pour participer à la vérité, n’étant pas elle-même l’essence de la vérité. »
« Je m’efforçais de m’approcher de vous, et vous me repoussiez, afin que j’eusse un avant-goût de la mort, « car vous résistez aux superbes » (I Pierre, V, 5) .»
Chapitre XVI : Augustin découvre les « catégories » d’Aristote et s’enfonce dans ses erreurs
Cet ouvrage parle des substances, dont celle de l’homme. Augustin essaye de concevoir Dieu dans ces catégories et donc fait une erreur. De plus en parlant de la lectures de livres consacrés aux arts libéraux : « J’en aimais la lecture et je ne savais pas d’où venaient les vérités et les certitudes qu’ils renfermaient. Le dos tourné à la lumière, je faisais face aux objets qu’elle éclairait, et mes yeux qui les voyaient lumineux ne recevaient pas eux-mêmes la lumière. »
« [...] la vivacité de l’intelligence et la pénétration de l’esprit sont vos dons ; mais je n’y voyais pas de quoi vous offrir un sacrifice. Aussi ces qualités ne m’étaient-elles d’aucun profit et contribuaient plutôt à me perdre. »
En parlant de ses élèves : « [...] le meilleur d’entre eux n’était que le moins lent à suivre mes explications. »
Livre quatrième :
Chapitre I : Augustin confesse les égarements de son intelligence
« Pendant cette période de neuf ans, de ma dix-neuvième à ma vingt-huitième année, jouet de mes passions diverses, je fus séduit et séducteur, trompé et trompeur : en public par l’enseignement des sciences qu’on dit « libérales », en secret sous le faux nom de religion, ici proie de l’orgueil, là de la superstition et partout de la vanité. D’un côté je poursuivais le fantôme de la gloire populaire jusqu’aux applaudissements du théâtre, aux concours de poésie, aux joutes pour des couronnes de foin, aux bagatelles des spectacles, aux passions déréglées. D’un autre côté, j’aspirais à me purifier de ces souillures, j’apportais des aliments à ceux qu’on nommait les « élus », les « saints », pour que, dans l’officine de leur estomac, ils en fabriquassent des anges et des dieux chargés de me libérer. Ces chimères, je les poursuivais, ces pratiques, je m’y adonnais avec mes amis dupés par moi et comme moi. »
Chapitre II : Enseignement, faux ménage et magie
« Ces années-là, j’enseignais la rhétorique : vaincu par mes passions, je vendais l’art de vaincre par le bavardage. »
« En ce temps-là, je cohabitais avec une femme que je n’avais point épousée en mariage légitime, mais que m’avait fait rechercher l’imprudence d’une ardeur inquiète. »
« Je me souviens aussi qu’ayant voulu concourir pour un prix de poésie dramatique, je ne sais quel haruspice me fit demander ce que je consentirais à lui donner pour être vainqueur ; mais plein de dégoût et d’horreur pour ces honteux trafics, je répondis que, la récompense fût-elle une couronne d’or impérissable, je ne souffrirais pas que ma victoire coûtât la vie à une mouche. »
« Qu’est-ce dont si ce n’est « repaître les vents » (Osée, XII, 2) que de repaître ces esprits diaboliques et leur devenir par nos erreurs un objet de joie et de raillerie. »
Chapitre III : Augustin et l’astrologie
« Il est bon de ne pas abuser de votre indulgence envers le pécheur pour se donner licence de rechuter, mais de se souvenir de la parole du Seigneur : « Voici que tu es guéri ; ne pèche plus désormais, de peur qu’il ne t’arrive quelque chose de pis. (Jean, V, 14) »
Augustin fustige l’astrologie qui décharge l’homme de toute faute en l’attribuant aux Dieux, aux astres. En parlant de la méthode et de la réussite de ceux-ci, Vindicianus, proconsul et médecin lui répond : « A quoi il répondit, comme il put, que la cause en était le pouvoir du hasard, répandu partout dans la nature. Si, en consultant à l’aventure une page d’un poète quelconque, qui chante un sujet très différent dans une tout autre pensée, on tombe souvent sur un vers qui s’accorde à merveille avec l’affaire qui vous occupe, il n’est point étonnant, disait-il, qu’en vertu de quelque instinct d’en haut, l’âme humaine, dans l’inconscience de ce qui se passe en elle, non par l’effet d’un art, mais par fortune, fasse entendre quelque parole qui convienne au faits et gestes du questionneur. »
Chapitre IV : L’ami perdu et pleuré
Augustin commence alors à enseigner, c’est alors que son ami d’enfance meurt, celui avec lequel il partage ses goûts, son enfance, ses errements superstitieux : « Malade, fiévreux, il gisait depuis longtemps sans connaissance, dans une sueur mortelle. Comme on désespérait de le sauver, il fut baptisé à son insu. Je ne m’en mis pas en peine, persuadé que son âme garderait les sentiments que je lui avais inculqués, plutôt que l’empreinte de ce qu’on avait fait à son corps inconscient. Mais il en fut tout autrement. Il se trouva mieux et on le crut hors de danger. Dès que je pus causer avec lui – et je le pus bientôt, aussitôt qu’il fut lui-même capable de parler, car je ne le quittais pas, tant nous étions dans une dépendance étroite l’un de l’autre, - j’essayai de plaisanter avec lui, croyant qu’il se moquerait avec moi d’un baptême qu’il avait reçu, privé d’intelligence et de sentiment. Pourtant il savait déjà qu’il l’avait reçu. Eh bien, il me regarda avec horreur, comme un ennemi, et m’avertit avec une franchise étonnamment brusque d’avoir à cesser de lui tenir un tel langage, si je voulais rester son ami. Stupéfait et troublé, je maîtrisai les mouvements de mon coeur. Je voulais lui laisser d’abord reprendre des forces et rétablir sa santé ; je pourrais alors en user avec lui librement. Mais il fut arraché à ma démence pour être réservé auprès de vous à ma consolation : quelques jours après, en mon absence, il fut repris de la fièvre et mourut. »
« La douleur que j’en ressentis enténébra mon coeur. Tout ce que je voyais n’était que mort. La patrie m’était un supplice, la maison paternelle un lieu d’étrange infortune. Tout ce que j’avais mis en commun avec lui, sans lui se changeait en un cruel tourment. Mes yeux le demandaient partout, et il leur était refusé. »
« Les larmes seules m’étaient douces et elles avaient succédé à mon ami dans les délices de mon coeur. »
Chapitre V : Douceur des larmes
« D’où vient donc la douceur du fruit que l’on recueille des amertumes de la vie, des gémissements, des pleurs, des soupirs et des plaintes ? »
« Serait-ce que les larmes, chose amère, nous deviennent douces à cause du dégoût ressenti pour les plaisirs passés et tant que dure cette aversion ? »
Chapitre VI : Augustin inconsolable de la mort de son ami
« J’étais malheureux ; malheureuse est toute âme enchaînée par l’amour des choses mortelles ; elle est déchirée lorqu’elle les perd et c’est alors qu’elle sent sa misère, dont elle souffre avant même de les avoir perdues. »
« Je m’étonnais de voir vivre les autres mortels, parce qu’il était mort celui que j’avais aimé comme s’il n’eût pas dû mourir ; et je m’étonnais plus encore, lui mort, de vivre, car j’étais un autre lui-même. Avec un grand bonheur d’expression un poète, parlant de son ami, l’a nommé « la moitié de son âme » (Horace, Odes,I, III, 8). »
« Et qui sait si je ne craignais pas de mourir de peur qu’il ne mourût tout entier, celui que j’avais tant aimé ! »
Chapitre VII : Il part pour Carthage
« Vous n’étiez pour ma pensée rien de consistant ni de réel. Ce n’était pas vous, mais un vain fantôme, et mon erreur était mon dieu. Si j’essayais d’y reposer mon âme, elle tombait dans le vide et de nouveau s’affaisait sur moi. »
« Où échapper à ma propre poursuite ? Et pourtant je m’enfuis de ma patrie. Mes yeux le cherchaient moins, là où il n’avait pas l’habitude de le voir. De Thagaste, j’allai à Carthage. »
Chapitre VIII : Le temps et l’amitié consolent sa peine
Sa douleur passe avec le temps et il reprend goût à ses anciens plaisirs : « Mais ce qui lui succédait, c’était, sinon d’autres douleurs, du moins des semences d’autres douleurs. Car pourquoi cette douleur avait-elle pénétré si facilement jusqu’au fond de moi-même, sinon parce que j’avais répandu mon âme sur le sable en aimant un être mortel, comme s’il n’avait pas dû mourir ? » Augustin partage sa vie avec des amis qui lui apportent le plaisir de vivre.
Chapitre IX : L’amitié et Dieu
« Heureux celui qui vous aime, et son ami en vous et son ennemi à cause de vous ! Seul, il ne perd aucun être cher, l’homme à qui tous sont chers en Celui qu’on ne perd jamais. »
Chapitre X : Les créatures qui passent ne peuvent nous donner le bonheur
En parlant des « belles choses » : « Tout ne parvient pas à la vieillesse, mais tout meurt. Donc lorsqu’elles naissent et s’efforcent d’être, plus vite elle croissent pour être, et plus elles se hâtent de ne plus être. Telle est leur loi. »
Chapitre XI : Dieu seul ne passe pas
« Pourquoi, t’écartant de la loi, suis-tu les impulsions de ta chair ? Retourne-toi, que ce soit elle qui te suive ! » A propos de la connaissance par partie ressentie par la chair : « Il en est toujours de même des parties dont se compose un tout, quand ces parties composantes n’existent pas simultanément : il y a plus de charme dans le tout que dans les parties perçues une à une, si on peut le percevoir dans sa totalité. Mais combien vaut mieux Celui qui a fait toutes choses ! »
Chapitre XII : L’âme ne peut trouver la paix et la vie heureuse qu’en Dieu
« Si les corps te plaisent, c’est Dieu que tu en loueras, ô mon âme, reporte ton amour sur leur Auteur, pour ne point lui déplaire dans les choses qui te plaisent. Si les âmes te plaisent, aime-les en Dieu, car elles aussi sont sujettes au changement et c’est en se fixant en lui qu’elles se stabilisent ; autrement elles passeraient et périraient. »
« Il est descendu ici-bas, celui qui est notre vie, il a souffert notre mort et il l’a tuée de l’abondance de sa vie. D’une voie tonnante il nous a crié de revenir d’ici vers lui, en ce lieu secret, d’où il est venu à nous d’abord dans le sein d’une vierge où s’est mariée à lui la nature humaine, cette chair mortelle, pour n’être pas toujours mortelle ; et de là, « pareil à un époux qui sort du lit nuptial » (Psaume XIX, 6 ), il a bondi comme un géant pour courrir sa route. Il ne s’est pas attardé, mais il a couru en nous criant par ses paroles, ses actes, sa mort, sa vie, sa descente aux enfers, son ascension, en nous criant, dis-je, de revenir à lui. Et il s’est dérobé à nos yeux afin que nous « rentrions dans notre coeur » (Isai, XLVI, 8) et que nous l’y trouvions. Il s’est éloigné, et pourtant, le voici. Il n’a pas voulu demeurer longtemps avec nous, mais il ne nous a pas abandonnés. Il s’en est allé en un lieu d’où il ne s’était jamais retiré, car « le monde a été crée par lui » (Jean, I, 10) et « il était en ce monde, et il est venu dans ce monde pour sauver les pécheurs » (Timothée I, 15) . »
« Descendez pour monter, pour monter vers Dieu, car vous êtes tombés en montant contre Dieu. »
Chapitre XIII : Augustin médite le problème du beau
« Et je remarquais, je voyais que, dans les corps, il faut distinguer le beau qui est une sorte de tout harmonieux et le convenable qui résulte d’une juste appropriation, comme une partie du corps s’accorde avec l’ensemble de l’organisme ou une chaussure avec le pied et autres choses semblables. » Augustin a écrit auparavant le traité : « Du Beau et du Convenable », mais il l’a perdu.
Chapitre XIV : Il dédie son ouvrage à Hiérius
Augustin parle de Hiérus, un syrien passé maître en éloquence grecque, puis orateur latin et possédant une grande science sur les questions de sagesse. Sa renommée est immense et Augustin lui dédie son traité susdit. Il déplore d’avoir aimé des hommes selon le jugement des hommes et non pas par le jugement de Dieu. Augustin aime les histrions mais n’aurait pas aimé être aimé comme eux, avoir leur notoriété humaine : « Ainsi j’aime dans un homme ce que j’aurais horreur d’être moi-même, quoique je sois un homme ! Profond abîme que l’homme ! Vous connaissez le nombre de ses cheveux, vous Seigneur, et il ne s’en perd aucun pour vous ; mais il est plus facile de compter ses cheveux que les passions et les mouvements de son coeur. »
« D’où sais-je et comment puis-je vous confesser avec certitude que j’aimais cet homme plus à cause de l’amour qu’il inspirait à ceux qui en faisaient l’éloge, que pour les mérites mêmes qui lui valaient ces éloges ? »
Chapitre XV : Résumé du « De Pulchro et Apto »
« Telle était alors mon âme. J’ignorais qu’elle avait besoin d’être éclairée d’une autre lumière pour participer à la vérité, n’étant pas elle-même l’essence de la vérité. »
« Je m’efforçais de m’approcher de vous, et vous me repoussiez, afin que j’eusse un avant-goût de la mort, « car vous résistez aux superbes » (I Pierre, V, 5) .»
Chapitre XVI : Augustin découvre les « catégories » d’Aristote et s’enfonce dans ses erreurs
Cet ouvrage parle des substances, dont celle de l’homme. Augustin essaye de concevoir Dieu dans ces catégories et donc fait une erreur. De plus en parlant de la lectures de livres consacrés aux arts libéraux : « J’en aimais la lecture et je ne savais pas d’où venaient les vérités et les certitudes qu’ils renfermaient. Le dos tourné à la lumière, je faisais face aux objets qu’elle éclairait, et mes yeux qui les voyaient lumineux ne recevaient pas eux-mêmes la lumière. »
« [...] la vivacité de l’intelligence et la pénétration de l’esprit sont vos dons ; mais je n’y voyais pas de quoi vous offrir un sacrifice. Aussi ces qualités ne m’étaient-elles d’aucun profit et contribuaient plutôt à me perdre. »
En parlant de ses élèves : « [...] le meilleur d’entre eux n’était que le moins lent à suivre mes explications. »
"Ce n’est que pour ton amour, pour ton amour seul, que les pauvres te pardonneront le pain que tu leur donnes."
Phrase finale de saint Vincent de Paul dans le film "Monsieur Vincent".
Phrase finale de saint Vincent de Paul dans le film "Monsieur Vincent".
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Re: Les Confessions, de Saint-Augustin
J'ai lu les Confessions de saint Augustin en 2006. J'ai été particulièrement sensible à la beauté littéraire du texte, à sa subtilité, aux nombreuses figures de rhétoriques. L'évêque d'Hippone n'était pas seulement un saint et un éminent théologien mais encore un véritable homme de lettres !
La lecture du texte dans la langue d'origine est encore plus charmante. Voici un exemple qui m'a particulièrement touché et séduit.
Beatus qui amat te et amicum in te et inimicum propter te ! Solus enim nullum carum amittit cui omnes in illo cari sunt qui non amittitur, et quis est iste nisi Deus noster, Deus, qui fecit cœlum et terram et implet ea, quia implendo ea fecit ea ? Te nemo amittit nisi qui dimittit, et quia dimittit, quo it aut quo fugit nisi a te placido ad te iratum ? Nam ubi non invenit legem tuam in pœna sua ? Et lex tua veritas et veritas tu.
Heureux celui qui T'aime et qui aime son ami en Toi et son ennemi à cause de Toi. Seul celui-là ne perd aucun être cher, auquel tous sont chers en celui-ci que l'on ne perd pas, et qui est celui-ci sinon notre Dieu, le Dieu qui créa le ciel et la terre, qui la remplit, et en la remplissant la créa ? Nul ne Te perd sinon celui qui T'abandonne, et celui qui T'abandonne, où va-t-il et où fuit-il sinon de Toi bienveillant à Toi irrité ? En effet, ne trouvera-t-il pas Ta loi en sa peine ? Or Ta loi est la vérité, et la vérité, c'est Toi-même.
J'ai essayé de faire la traduction la plus littérale possible, bien que la littéralité soit souvent synonyme d'un manque d'élégance. Je m'aperçois ainsi à quel point les traductions françaises dénaturent le texte. Quel bonheur, quel plaisir de connaître le lapin (hum... le latin), pour pouvoir savourer le texte d'Augustin et l'apprécier à sa juste mesure !
Il serait coupable de ne pas parler de l'épisode communément appelé l'extase d'Ostie au cours duquel Augustin et sa mère Monique eurent un aperçu de la vie éternelle. On peut aisément imaginer que ce fut pour eux une expérience mystique d'une qualité et d'une intensité exceptionnelles, comparable à celles de sainte Thérèse d'Ávila.
En revanche, je n'aime guère les traductions qui emploient le vouvoiement, et cela pour deux raisons : d'abord parce que le latin ne connaît pas le vous de courtoisie, ensuite parce que cet usage est moins une marque de respect envers Dieu qu'une coutume mondaine. Dieu est amour, Il nous est plus intime que nous ne le sommes à nous-mêmes. Benoît XVI lui-même dit que Dieu se fait si proche de nous que nous pouvons Le tutoyer (homélie du 18 décembre 2005).
La lecture du texte dans la langue d'origine est encore plus charmante. Voici un exemple qui m'a particulièrement touché et séduit.
Beatus qui amat te et amicum in te et inimicum propter te ! Solus enim nullum carum amittit cui omnes in illo cari sunt qui non amittitur, et quis est iste nisi Deus noster, Deus, qui fecit cœlum et terram et implet ea, quia implendo ea fecit ea ? Te nemo amittit nisi qui dimittit, et quia dimittit, quo it aut quo fugit nisi a te placido ad te iratum ? Nam ubi non invenit legem tuam in pœna sua ? Et lex tua veritas et veritas tu.
Heureux celui qui T'aime et qui aime son ami en Toi et son ennemi à cause de Toi. Seul celui-là ne perd aucun être cher, auquel tous sont chers en celui-ci que l'on ne perd pas, et qui est celui-ci sinon notre Dieu, le Dieu qui créa le ciel et la terre, qui la remplit, et en la remplissant la créa ? Nul ne Te perd sinon celui qui T'abandonne, et celui qui T'abandonne, où va-t-il et où fuit-il sinon de Toi bienveillant à Toi irrité ? En effet, ne trouvera-t-il pas Ta loi en sa peine ? Or Ta loi est la vérité, et la vérité, c'est Toi-même.
J'ai essayé de faire la traduction la plus littérale possible, bien que la littéralité soit souvent synonyme d'un manque d'élégance. Je m'aperçois ainsi à quel point les traductions françaises dénaturent le texte. Quel bonheur, quel plaisir de connaître le lapin (hum... le latin), pour pouvoir savourer le texte d'Augustin et l'apprécier à sa juste mesure !
Il serait coupable de ne pas parler de l'épisode communément appelé l'extase d'Ostie au cours duquel Augustin et sa mère Monique eurent un aperçu de la vie éternelle. On peut aisément imaginer que ce fut pour eux une expérience mystique d'une qualité et d'une intensité exceptionnelles, comparable à celles de sainte Thérèse d'Ávila.
En revanche, je n'aime guère les traductions qui emploient le vouvoiement, et cela pour deux raisons : d'abord parce que le latin ne connaît pas le vous de courtoisie, ensuite parce que cet usage est moins une marque de respect envers Dieu qu'une coutume mondaine. Dieu est amour, Il nous est plus intime que nous ne le sommes à nous-mêmes. Benoît XVI lui-même dit que Dieu se fait si proche de nous que nous pouvons Le tutoyer (homélie du 18 décembre 2005).
« Être contemplatifs au milieu du monde, en quoi cela consiste-t-il, pour nous ? La réponse tient en quelques mots : c’est voir Dieu en toute chose, avec la lumière de la foi, sous l’élan de l’amour, et avec la ferme espérance de le contempler face à face au Ciel. »
Bienheureux Álvaro del Portillo (1914-1994)
Bienheureux Álvaro del Portillo (1914-1994)
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