Le bonheur et la foi

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antioche
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Le bonheur et la foi

Message non lu par antioche »

Bonjour à tous et à toutes, heureux de vous retrouver après de longs mois de silence. Je n'ai pas été trés présent sur ce forum. Je compte bien l'être maintenant.
J'avais, en début d'année, lancé un sujet sur le pardon.
Je voudrais vous soumettre maintenant une réflexion dont le sujet m'est trés cher : le chrétien est -il heureux ? On peut tout aussi bien poser la question à l'envers : la foi conduit-elle au bonheur ?
Pas si simple à priori.
Merci pour vos idées.
UDP. Antioche
zélie
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Re: Le bonheur et la foi

Message non lu par zélie »

le chrétien est -il heureux ?
(...)
la foi conduit-elle au bonheur ?
Qu'est-ce qu'être heureux?
Si c'est avoir des biens au soleil et le nombril distendu, je peux vous affirmer sans crainte de polémique que plus on est chrétien, moins on court après ce bonheur-là.
Si être heureux c'est connaître Dieu, ou faire de sa vie ce chemin-là, celui de chercher Dieu, et de chercher à le connaître, alors, oui, le chrétien est heureux, parce que sa faim est comblée, sa soif assouvie, et même si cette faim et cette soif doivent labourer son âme sans répit toute sa vie, le laissant quand même inassouvi pour relancer l'enthousiasme, le voyage en vaut la chandelle.
Est-ce que la foi suffit au bonheur? Cela dépend de l'âme qui porte sa foi, de sa force, de sa maturité; personnellement, (mais moi je ne suis ni forte ni futée) je vis dans la difficulté, mais au milieu de tout ça je ne souffre pas (encore?) de la faim; ben ça peut paraître vénal, mais ce minimum soutient énormément ma foi, et de m'imaginer sans un minimum m'angoisse assez par moment pour que je me pose des questions sur la solidité de ma foi; je prie pour que cette tentation me soit évitée, pour que je sois fidèle à Dieu, quoi qu'il m'en coûte; que ce soit non pas comme je veux, mais comme Il veut. Il n'empêche, je ne néglige pas pour autant l'exercice spirituel de l'abandon à Dieu, parce que demain se prépare aujourd'hui, et que même si je ne veux pas, de toutes mes forces, me retrouver un jour tentée de lui tourner le dos, je ne me sens pas non plus sûre de moi au point de m'imaginer définitivement au-dessus d'une tentation, quelle qu'elle soit!

Est-ce que la foi peut conduire au bonheur?
Mais qu'est-ce que le bonheur?
Le Ciel, celui qui attend les travailleurs, même -et surtout j'espère- ceux de la onzième heure; ce Ciel qui est décrit comme une félicité indicible, une fusion d'Amour avec le Père...
Le bonheur est-ce de cheminer main dans la main avec Jésus lors de notre vie ici-bas, en ayant son souvenir dans le coeur à chacun de nos actes et de nos pensées?
Le bonheur peut-il n'être que matériel, mathématiquement lié à un tour de taille croissant chez le mâle et décroissant chez la femelle?
La foi peut-elle s'envisager comme une recherche de la félicité avant même que d'être une recherche de Dieu? Tout ne vient-il pas par surcroît au ceur qui aime gratuitement?
Et que penser des âmes dont la vie entière est un vrai purgatoire, et même parfois un enfer, mais qui malgré tout vont rester de toutes leur forces comme elles peuvent le plus près possible des commandements de Dieu? Le bonheur peut-il se circonscrire à une définition unique?
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antioche
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Re: Le bonheur et la foi

Message non lu par antioche »

Merci Zélie,

L'évangile d'hier (samedi 16 mai) nous dit (Jn 15, 18-21): ...."si le monde a de la haine contre vous, sachez qu'il en a d'abord contre moi" ........"si l'on m'a persécuté, on vous persécutera, vous aussi" ........

Par ailleurs Jésus nous a dit "Je ne vous promet pas le bonheur en ce monde" . Il nous le promet dans l'autre, au Ciel.

Voilà pourquoi je pose cette question, étant bien entendu que ce que vous venez de développer est tout à fait pertinent. J'y adhère totalement. Qu'est-ce que le bonheur ?

Finalement peu importe puisque Jésus ne nous le promet pas ici. Ne parle-t-on pas de "pélerinage terrestre"pour qualifier notre vie d'aujourd'hui ?

Faut-il ainsi admettre que le bonheur (le vrai) peu ne jamais être connu du chrétien en ce monde ? Certainement que oui !

Bien à vous.

Antioche.
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Fée Violine
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Re: Le bonheur et la foi

Message non lu par Fée Violine »

Jésus n'a jamais dit qu'il ne nous promettait pas le bonheur en ce monde. C'est Marie qui a dit ça à Bernadette, et encore, la traduction est contestée (on traduit aussi : je ne vous promets pas en ce monde le bonheur de l'autre).
Par contre il nous a promis la vie en abondance. Vivre pleinement, ce n'est certainement pas toujours agréable, mais c'est toujours intéressant.
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antioche
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Re: Le bonheur et la foi

Message non lu par antioche »

Fée Violine,

Votre précision est pertinente, effectivement c'est Marie qui l'a dit.

Que penser toutefois de ces paroles de Jésus (cf mon message précédent, messe de samedi dernier) ?

Merci de votre analyse éclairée.

UDP.
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Fée Violine
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Re: Le bonheur et la foi

Message non lu par Fée Violine »

Le bonheur parfait est au ciel. Mais nous pouvons déjà le vivre ici et maintenant, dans la mesure où nous aimons Dieu et notre prochain (puisque le ciel consiste dans l'amour parfait).
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coeurderoy
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Re: Le bonheur et la foi

Message non lu par coeurderoy »

Le bonheur chrétien serait donc : vivre les Béatitudes, ce qui n'exclut pas la souffrance. Trouver la Joie dans la souffrance (mais ne pas la rechercher !), folie pour le monde, accroché à ses plaisirs immédiats (identifiés au bonheur).
Le monde ignore que l'onction de l'Esprit sourd (au sens de couler de source, verbe sourdre) de la Croix du Sauveur : comme l'a fait remarquer le Père Molinié (le courage d'avoir peur), la Croix sans l'onction, c'est l'horreur = absurdité et désespérance de la mort à l'abattoir. Pour nous Chrétiens la Croix Glorieuse et lumineuse, celle qui porte la Vie Eternelle nous permet, en union avec Jésus, d'affronter les "croix" quotidiennes : c'est Jésus qui les porte alors pour nous, sauf lorsqu'Il nous demande, comme au Cyrénéen, de L'aider à porter la Sienne.
Nous sommes, je crois, désorientés (incrédules) de réaliser que oui, notre petite participation humaine à la Rédemption nous est proposée dans ces heures-là. Les Saints donnent la leur avec gratitude, joie et amour, j'avoue personnellement admirer ceux qui portent ces souffrances, tourments, blessures dans la Paix et l'Oblation !
In Christo
"Le coeur qui rayonne vaut mieux que l'esprit qui brille"

Saint Bernard de Clairvaux
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Re: Le bonheur et la foi

Message non lu par etienne lorant »

Je suis assez proche de cette opinion: le bonheur lié à la foi, c'est ce qui s'appelle la Joie. C'est le fait de l'esprit d'enfance, comme dans les roman de Bernanos : les personnages les plus proches de la sainteté sont tous des êtres restés enfants, sans habileté, sans grande clairvoyance, plutôt maladroits et que méprisent les braves gens. Ils sont fragiles, comme notre Christ, notre Dieu fait homme, mais jamais mièvres. Mais c'est le fait de se connaître ainsi, et de manière surnaturelle (c'est-à-dire: en Dieu), qui leur promet de tout traverser sans se perdre. Parfois, il me semble que ce degré d'abandon et de confiance est à ma portée, et parfois, je sais que je m'en éloigne et tout redevient difficile. Pour trouver le bonheur dans la foi, il faut d'abord chercher à grandir dans sa foi...
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Pneumatis
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Re: Le bonheur et la foi

Message non lu par Pneumatis »

Bonjour,

Je crois que c'est Joseph Ratzinger (Benoit XVI) qui a dit, dans son livre Jésus de Nazareth il me semble, que l'expression "Royaume des cieux" pourrait avoir comme synonyme "Joie éternelle".

Et quand on voit la définition de la Joie Parfaite par Saint François d'Assise, c'est magnifique et déroutant à la fois. J'ai toujours adoré la foi de ce fou de Dieu !!! Il faut mettre justement cet enseignement du petit pauvre de Dieu en regard de l'hymne à la Charité de Saint Paul et de l'enseignement des Béatitudes sur la montagne. Saint François est pour moi l'exemple même du bonheur de vivre la foi chrétienne. Mais ce n'est pas le bonheur du monde, car il a beaucoup pleuré son état de pécheur le petit pauvre de Dieu, et sa joie offerte au monde n'allait pas sans une immense contrition, celle-là même qui l'a rendu aveugle d'avoir trop pleuré, dans le secret des nuits passées en prière.

C'est une folie que le bonheur promis par Dieu !!! Je trouve ça tellement extraordinaire, c'est plus enthousiasmant que tout ce qu'on peut imaginer ! C'est même souvent trop fou pour oser le vivre, malheureusement... mais cela laisse tellement de chemin encore à parcourir, guidé par notre Seigneur ! Et c'est cette folie là qui me donne un tout petit peu la mesure du bonheur promis dans la foi.
La joie parfaite selon Saint François d'Assise

Comment Saint François, cheminant avec frère Léon, lui exposa ce qu'est la joie parfaite.

Comme saint François allait une fois de Pérouse à Sainte Marie des Anges avec frère Léon, au temps d'hiver, et que le froid très vif le faisait beaucoup souffrir, il appela frère Léon qui marchait un peu en avant, et parla ainsi : « O frère Léon, alors même que les frères Mineurs donneraient en tout pays un grand exemple de sainteté et de bonne édification, néanmoins écris et note avec soin que là n'est pas point la joie parfaite. »

Et saint François allant plus loin l'appela une seconde fois : « O frère Léon, quand même le frère Mineur ferait voir les aveugles, redresserait les contrefaits, chasserait les démons, rendrait l'ouïe aux sourds, la marche aux boiteux, la parole aux muets et, ce qui est un plus grand miracle, ressusciterait des morts de quatre jours, écris qu'en cela n'est point la joie parfaite. »

Marchant encore un peu, saint François s'écria d'une voix forte : « O frère Léon, si le frère Mineur savait toutes les langues et toutes les sciences et toutes les Écritures, en sorte qu'il saurait prophétiser et révéler non seulement les choses futures, mais même les secrets des consciences et des âmes, écris qu'en cela n'est point la joie parfaite. »

Allant un peu plus loin, saint François appela encore d'une voix forte : « O frère Léon, petite brebis de Dieu, quand même le frère parlerait la langue des Anges et saurait le cours des astres et les vertus des herbes, et que lui seraient révélés tous les trésors de la terre, et qu'il connaîtrait les vertus des oiseaux et des poissons, de tous les animaux et des hommes, des arbres et des pierres, des racines et des eaux, écris qu'en cela n'est point la joie parfaite. »

Et faisant encore un peu de chemin, saint François appela d'une voix forte : « O frère Léon, quand même le frère Mineur saurait si bien prêcher qu'il convertirait tous les fidèles à la foi du Christ, écris que là n'est point la joie parfaite. »

Et comme de tels propos avaient bien duré pendant deux milles, frère Léon, fort étonné, l'interrogea et dit : « Père, je te prie, de la part de Dieu, de me dire où est la joie parfaite. » et saint François lui répondit : « Quand nous arriverons à Sainte-Marie-des-Anges, ainsi trempés par la pluie et glacés par le froid, souillés de boue et tourmentés par la faim, et que nous frapperons à la porte du couvent, et que le portier viendra en colère et dira : « Qui êtes-vous ? » et que nous lui répondrons : « Nous sommes deux de vos frères », et qu'il dira : « Vous ne dites pas vrai, vous êtes même deux ribauds qui allez trompant le monde et volant les aumônes des pauvres ; allez-vous en » ; et quand il ne nous ouvrira pas et qu'il nous fera rester dehors dans la neige et la pluie, avec le froid et la faim, jusqu'à la nuit, alors si nous supportons avec patience, sans trouble et sans murmurer contre lui, tant d'injures et tant de cruauté et tant de rebuffades, et si nous pensons avec humilité et charité que ce portier nous connaît véritablement, et que Dieu le fait parler contre nous, ô frère Léon, écris que là est la joie parfaite.

Et si nous persistons à frapper, et qu'il sorte en colère, et qu'il nous chasse comme des vauriens importuns, avec force vilenies et soufflets en disant : « Allez-vous-en d'ici misérables petits voleurs, allez à l'hôpital, car ici vous ne mangerez ni ne logerez », si nous supportons tout cela avec patience, avec allégresse, dans un bon esprit de charité, ô frère Léon, écris que là est la joie parfaite.

Et si nous, contraints pourtant par la faim, et par le froid, et par la nuit, nous frappons encore et appelons et le supplions pour l'amour de Dieu, avec de grands gémissements, de nous ouvrir et de nous faire cependant entrer, et qu'il dise, plus irrité encore : « ceux-ci sont des vauriens importuns, et je vais les payer comme ils le méritent », et s'il sort avec un bâton noueux, et qu'il nous saisisse par le capuchon, et nous jette par terre, et nous roule dans la neige, et nous frappe de tous les noeuds de ce bâton, si tout cela nous le supportons patiemment et avec allégresse, en pensant aux souffrances du Christ béni, que nous devons supporter pour son amour, ô frère Léon, écris qu'en cela est la joie parfaite.

Et enfin, écoute la conclusion, frère Léon : au-dessus de toutes les grâces et dons de l'Esprit-Saint que le Christ accorde à ses amis, il y a celui de se vaincre soi-même, et de supporter volontiers pour l'amour du Christ les peines, les injures, les opprobres et les incommodités ; car de tous les autres dons de Dieu nous ne pouvons nous glorifier, puisqu'ils ne viennent pas de nous, mais de Dieu, selon que dit l'Apôtre : « Qu'as-tu que tu ne l'aies reçu de Dieu ? et si tu l'as reçu de lui, pourquoi t'en glorifies-tu comme si tu l'avais de toi-même ? ». Mais dans la croix de la tribulation et de l'affliction, nous pouvons nous glorifier parce que cela est à nous, c'est pourquoi l'Apôtre dit : « Je ne veux point me glorifier si ce n'est dans la croix de Notre-Seigneur Jésus Christ. »

À qui soit toujours honneur et gloire dans les siècles des siècles. Amen.
Alors est-ce que la foi conduit au bonheur ? Sans aucun doute, et c'est même tout simplement un bonheur d'avoir la foi !
Site : http://www.pneumatis.net/
Auteur : Notre Père, cet inconnu, éd. Grégoriennes, 2013
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Andante
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Re: Le bonheur et la foi

Message non lu par Andante »

juste un petit lien pour nous souvenir de toute la joie dont parle la Sainte Bible
http://www.dieumajoie.com/index.html
bien sur tout cela est parsemé d'épreuves mais les joies sont comme des oasis dans le desert où il fait si bon . Il nous faut ces joies pour tenir, leur souvenir de l'enfance et leur promesse dans l'avenir. Il y a aussi bien sur la source de la prière et de la messe. il y a bien sur aussi l'amour qui est pure joie, dans le Ciel et ici bas et qui nous met tous d'accord.
gerardh
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Re: Le bonheur et la foi

Message non lu par gerardh »

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Bonjour,

Je vous suggère de relire l'épître aux Philippiens où l'on retrouve 15 ou 16 fois les mots "joie" ou "se réjouir".


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