Wàng a écrit :Bonjour MB, j'ai lu vos proses sur le penta, hexa, hepta-linguisme, mais je pense que ce n'est pas réaliste. L'herbe est topujours plus verte chez le voisin, je connais des slaves, et eux même disent qu'il est faux de dire qu'ils sont des génies en langues (idée reçue, au moins pour les russes). Pour les germaniques comme les nordiques, ils sont meilleurs que nous en anglais. Mais il y a une raison simple : ces gens sont obligés d'apprendre une langue domlnante, et ils y consacrent beaucoup plus de temps et d'énergie que nous. De plus, l'anglais est apparenté avec leurs langue et a un esprit similaire. Et ce sont les émissions sous titrées venant des Etats-Unis qui dominent à la télé...et l'enseignement universitaire se fait en grande partie en anglais (pertes de domaine pour la langue nationale).
Avé
J'ai lu votre article - il dit des choses passionnantes, et relève effectivement le débat au sujet de l'espéranto -, mais il manque partiellement le point, comme disent les Rosbifs. Certes, d'un point de vue savant, il est difficile d'être parfaitement "multilingue" au point de faire passer le feeling d'une langue à une autre. Pourtant, c'est ce que font couramment les gens, même simples, qui savent plusieurs langues ; il suffit d'écouter le sabir de certains immigrés qui passent facilement d'une langue à une autre pour donner les meilleures nuances qu'ils souhaitent à leur discours.
J'ai un joli exemple en tête, celui de la famille du poète polonais Cz. Milosz : quand il était enfant, dans la Lituanie des années 1910-1920, on parlait lituanien avec les paysans, polonais en famille ou avec des gens biens, français quand il fallait être cultivé ; quand il fallait raconter une blague, on le faisait en russe, langue qui permet un jeu quasi infini de nuances...
Évidemment, vous avez raison en ce que les Slaves ou les Germains n'ont pas un "don" linguistique supérieur aux autres. Ils ont bien mieux que cela :
ils ne partent pas du principe que ça ne vaut pas la peine. J'ai vu des Français se faire dicter pédagogiquement des mots simples à prononcer dans des langues étrangères : rien à faire ! Ils les écorchaient sans cesse. Ils refusaient simplement de s'engager dans la bonne prononciation, par une sorte de peur du ridicule qu'il y aurait à bien prononcer. A l'inverse, les Allemands, quand ils prononcent un mot dans une langue étrangère, cherchent à savoir le bon ton (il y a eu un moment comique en septembre 2001 : la TV publique voulait savoir comment prononcer Al-Qaida, mais on ne trouvait personne pour donner le bon renseignement à temps - panique à bord ! à comparer avec la désinvolture de nos journalistes...).
Je répète que c'est une question d'état d'esprit. Pourquoi les Allemands sont-ils plus nombreux à savoir le français que les Français à savoir l'allemand ?
Amicalement
MB
PS qui n'a rien à voir. Je cite FRanck :
Si c’est toutefois le prix à payer pour sauver l’ensemble du continent européen du désastre, je crois que cela en vaut la peine.
On disait la même chose en juillet 39, quand il était question de s'allier à l'URSS en négligeant la Pologne, et ça a conduit au désastre. Moins tragiquement, on a aussi dit la même chose en 82, quand les sociaux-démocrates allemands ont affirmé que la "paix en Europe" requérait le sacrifice de la liberté dans les pays de l'Est.