Déferlante hédoniste et suicidaire
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Forum d'échange entre chrétiens sur la façon de vivre l'Évangile au quotidien, dans chacun des domaines de l'existence
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etienne lorant
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Déferlante hédoniste et suicidaire
Au travers de plusieurs faits divers et de comportements auxquels nous pouvons tous assister, je crois voir s'élever une vague d'attitudes en même temps hédonistes et suicidaires. Ce n'est plus simplement que l'on ne croit plus en Dieu ni au caractère sacré de la vie, mais devant la crise, de plus en plus de personnes de tous les âges se ruent vers les biens matériels (les vacances - qui, pour certains, sont devenues plus "sacrées" que la nourriture le reste de l'année), la jouissance qui passe par tous les sens, le refus absolu de la douleur ou des peines psychologiques, la négation de la maladie et des malades (cachez-les, nous ne saurions les voir !), le refus de la vieillesse par le suicide.
Dans le cas le plus courant que je connais bien (plus de dix anciennes relations décédées sur trois ans), lorsqu'on se retrouve à la retraite et isolé, l'alcool devient non seulement le dérivatif, le consolateur, mais aussi le poison par lequel on réduira "la durée du périple existentiel" (m'a dit Christophe, et avec d'autres mots, Jean-Paul, Véronique, Didier, de nombreux autres).
Une chose que je trouve extraordinaire (ahurissante est plus exact) ce sont les hommes d'âges mûrs qui, à la suite d'une séparation, ont carrément choisi de "changer de sexe"... ou plutôt "d'identité sexuelle". Apprendre de la bouche d'un de mes plus proches amis qu'il était devenu homosexuel "par dégoût des femmes", ça m'a laissé tout ébranlé ! Mais ça n'est pas possible, lui ai-je dit ! Il m'a répondu: "Mais si, mais si, c'est parce que tu n'as pas compris l'amour d'aujourd'hui". Et devant mon scepticisme et mon air un peu sévère, il m'a dit encore, en riant : "Panique pas, t'es pas mon type" ! J'ai encore demandé s'il avait eu des penchants différents autrefois, il m'a répondu que tous les hommes et toutes les femmes ont un côté homosexuel refoulé ("dit la science").
Bon, voilà la nouvelle façon de vivre: défoulement dans tous les sens, refus de songer à l'avenir, auto-destruction programmée (on est loin du "plan de carrière"), dédain à l'égard du prochain dans le besoin, cynisme, dérèglement complet de toute la construction intérieure... ça me donne froid dans le dos.
Je me souviens du mot de Bernanos: "Le vide fascine ceux le craignent: ils s'y jettent par peur d'y tomber".
Pour moi, c'est chrétien et je prie: de bout en bout ! De plus en plus de discipline, et une recherche de vie un peu plus à l'écart du monde. L'autre ne doit pas être craint, mais je dois maintenir mon langage de rigueur et l'attitude en même temps droite et miséricordieuse.
Dans le cas le plus courant que je connais bien (plus de dix anciennes relations décédées sur trois ans), lorsqu'on se retrouve à la retraite et isolé, l'alcool devient non seulement le dérivatif, le consolateur, mais aussi le poison par lequel on réduira "la durée du périple existentiel" (m'a dit Christophe, et avec d'autres mots, Jean-Paul, Véronique, Didier, de nombreux autres).
Une chose que je trouve extraordinaire (ahurissante est plus exact) ce sont les hommes d'âges mûrs qui, à la suite d'une séparation, ont carrément choisi de "changer de sexe"... ou plutôt "d'identité sexuelle". Apprendre de la bouche d'un de mes plus proches amis qu'il était devenu homosexuel "par dégoût des femmes", ça m'a laissé tout ébranlé ! Mais ça n'est pas possible, lui ai-je dit ! Il m'a répondu: "Mais si, mais si, c'est parce que tu n'as pas compris l'amour d'aujourd'hui". Et devant mon scepticisme et mon air un peu sévère, il m'a dit encore, en riant : "Panique pas, t'es pas mon type" ! J'ai encore demandé s'il avait eu des penchants différents autrefois, il m'a répondu que tous les hommes et toutes les femmes ont un côté homosexuel refoulé ("dit la science").
Bon, voilà la nouvelle façon de vivre: défoulement dans tous les sens, refus de songer à l'avenir, auto-destruction programmée (on est loin du "plan de carrière"), dédain à l'égard du prochain dans le besoin, cynisme, dérèglement complet de toute la construction intérieure... ça me donne froid dans le dos.
Je me souviens du mot de Bernanos: "Le vide fascine ceux le craignent: ils s'y jettent par peur d'y tomber".
Pour moi, c'est chrétien et je prie: de bout en bout ! De plus en plus de discipline, et une recherche de vie un peu plus à l'écart du monde. L'autre ne doit pas être craint, mais je dois maintenir mon langage de rigueur et l'attitude en même temps droite et miséricordieuse.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Re: Déferlante hédoniste et suicidaire
Cher Etienne,
vous posez entre autres la problématique de l'attitude juste: juste assez ferme, juste très proche de l'autre et de l'idée de la miséricorde. C'est effectivement un sujet passionnant: être chrétien c'est être relié à l'autre comme un siamois, sans lautre point de salut tout seul, l'autre est le véritable support de notre propre croissance spirituelle, l'autre est toujours un "christ", comme disais mère Térésa, mais en même temps, l'autre ne doit surtout pas être un modèle, ni ne serait-ce qu'une vapeur de modèle par effet de proximité et de fréquence, seul Dieu doit l'être, malgré l'absence, le silence, la distance, le mystère... C'est là où la prière devient évidence, car sans elle point d'union plus forte que tout, plus intime que tout autre lien, et sans elle point d'action rédemptrice à l'aide dans nos âmes.
Je file travailler, je dois m'arrêter.
En Christ,
Zélie
vous posez entre autres la problématique de l'attitude juste: juste assez ferme, juste très proche de l'autre et de l'idée de la miséricorde. C'est effectivement un sujet passionnant: être chrétien c'est être relié à l'autre comme un siamois, sans lautre point de salut tout seul, l'autre est le véritable support de notre propre croissance spirituelle, l'autre est toujours un "christ", comme disais mère Térésa, mais en même temps, l'autre ne doit surtout pas être un modèle, ni ne serait-ce qu'une vapeur de modèle par effet de proximité et de fréquence, seul Dieu doit l'être, malgré l'absence, le silence, la distance, le mystère... C'est là où la prière devient évidence, car sans elle point d'union plus forte que tout, plus intime que tout autre lien, et sans elle point d'action rédemptrice à l'aide dans nos âmes.
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Re: Déferlante hédoniste et suicidaire
Bonjour,
Ceci me fait penser à une homélie du prêtre de ma paroisse, qui prêche beaucoup sur le fait d'annoncer l'évangile "à temps et à contre-temps"... en ces temps troublés c'est tout à fait d'actualité. Il nous parle donc beaucoup de notre cher pape, qu'on fécilite quand il parle de sauver la planète et d'aider les pauvres, mais qu'on critique abondamment quand il parle de respect de la vie, de mariage, etc...
Bref, donc l'homélie décrivait le chrétien "à contre temps" comme une brebis dans le troupeau, mais qui ne suit pas forcément le même pasteur que les autres. Et lorsque se troupeau se meut d'un seul corps en direction du bord de la falaise sans voir qu'il va se jeter dedans, le chrétien est celui qui suit le Christ et qui va marcher à contre courant. La question qu'il faut se poser c'est : qu'est-ce que cela implique ? Ce n'est pas uniquement se sauver soi-même. Ce n'est pas non plus faire barrage de son petit corps devant tout le troupeau. C'est se frayer un chemin, comme lorsque vous êtes pris dans un bain de foule que vous aimez bien, mais dont vous avec besoin de sortir. En disant "pardon..., excusez-moi..., pardon... je vais dans cette direction..., pardon... pourriez-vous me laisser passer s'il vous plait..., pardon...".
Voilà la marche du chrétien : je n'impose pas ma direction aux autres, je ne violente pas les autres, je ne les écrase pas non plus sur mon passage, je ne donne pas du poing et je n'y vais pas au bulldozer pour me sauver moi-même... Non, je fraie mon chemin, en ménageant les autres, et j'attire ainsi l'attention sur le fait qu'il existe un autre chemin. Ce faisant je suscite chez l'autre ce réflexe, pour me laisser passer, de se détourner un instant de son chemin, et peut-être se questionner sur la direction que je suis, sur le pasteur que j'écoute. L'autre se demande alors pourquoi ce petit être faible et discret semble vouloir, sans folie ni agressivité, aller dans une direction qui n'est pas la même que les autres. Et peut-être alors, si Dieu le veut, tournera-t-il son regard vers le bon pasteur.
Ceci me fait penser à une homélie du prêtre de ma paroisse, qui prêche beaucoup sur le fait d'annoncer l'évangile "à temps et à contre-temps"... en ces temps troublés c'est tout à fait d'actualité. Il nous parle donc beaucoup de notre cher pape, qu'on fécilite quand il parle de sauver la planète et d'aider les pauvres, mais qu'on critique abondamment quand il parle de respect de la vie, de mariage, etc...
Bref, donc l'homélie décrivait le chrétien "à contre temps" comme une brebis dans le troupeau, mais qui ne suit pas forcément le même pasteur que les autres. Et lorsque se troupeau se meut d'un seul corps en direction du bord de la falaise sans voir qu'il va se jeter dedans, le chrétien est celui qui suit le Christ et qui va marcher à contre courant. La question qu'il faut se poser c'est : qu'est-ce que cela implique ? Ce n'est pas uniquement se sauver soi-même. Ce n'est pas non plus faire barrage de son petit corps devant tout le troupeau. C'est se frayer un chemin, comme lorsque vous êtes pris dans un bain de foule que vous aimez bien, mais dont vous avec besoin de sortir. En disant "pardon..., excusez-moi..., pardon... je vais dans cette direction..., pardon... pourriez-vous me laisser passer s'il vous plait..., pardon...".
Voilà la marche du chrétien : je n'impose pas ma direction aux autres, je ne violente pas les autres, je ne les écrase pas non plus sur mon passage, je ne donne pas du poing et je n'y vais pas au bulldozer pour me sauver moi-même... Non, je fraie mon chemin, en ménageant les autres, et j'attire ainsi l'attention sur le fait qu'il existe un autre chemin. Ce faisant je suscite chez l'autre ce réflexe, pour me laisser passer, de se détourner un instant de son chemin, et peut-être se questionner sur la direction que je suis, sur le pasteur que j'écoute. L'autre se demande alors pourquoi ce petit être faible et discret semble vouloir, sans folie ni agressivité, aller dans une direction qui n'est pas la même que les autres. Et peut-être alors, si Dieu le veut, tournera-t-il son regard vers le bon pasteur.
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Auteur : Notre Père, cet inconnu, éd. Grégoriennes, 2013
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etienne lorant
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Re: Déferlante hédoniste et suicidaire
Ce dernier paragraphe est comme une parabole pour le chrétien de notre temps !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Emanuel
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Re: Déferlante hédoniste et suicidaire
Faut quand même pas oublier que Jésus a pris le fouet pour chasser les marchands du temple.
La valeur de l'exemple... a aussi ses limites.
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Re: Déferlante hédoniste et suicidaire
Ne mélangeons pas les degrés de métphores !Emanuel a écrit :Faut quand même pas oublier que Jésus a pris le fouet pour chasser les marchands du temple.
La valeur de l'exemple... a aussi ses limites.
Mais le Temple dont il parlait, c'était son corps. (Jean 2, 21)
L'homélie dont je parlais ne dit nullement qu'on doivent laisser souiller son propre corps : au contraire, c'est même pour lui épargner le "trafic", pour en chasser les "marchands", que nous devons suivre la direction du Christ, même à contre temps. Rappelez-vous bien ce qui est dit : la brebis qui doit être sacrifiée doit être la plus belle du troupeau. La brebis que nous offrons en sacrifice, notre propre corps, doit être purifiée de tous les trafics, de toutes les corruptions. Voilà ce que Jésus nous montre en chassant les marchands du temple, car ce temple c'est son corps : vous pouvez le détruire, mais en trois jour je le relèverai. C'est au contraire toute la valeur de l'exemple que l'oeuvre du Christ et en chassant les marchands Jésus nous offre un nouvel enseignement sur ce qu'il doit advenir du corps de l'homme en prévision de son salut.
A notre tour, nous devons chasser de notre temple les instruments de corruption, et nous devons le purifier de ses idoles. Ce sont les mêmes cordes qui nous servent tantôt à tisser nos filets (la raison) pour pêcher le véritable sens sur l'Homme (je ferais de vous des pécheurs d'homme), et tantôt à tisser le fouet purificateur qui va nous préparer, par l'expiation, au sacrifice de la passion, précédant notre résurrection.
Voilà, entre autre, comment nous pouvons prétendre avancer "à contre temps" et offrir notre corps en sacrifice aux bousculades et piétinements de ce monde qui court vers sa perte.
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etienne lorant
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Re: Déferlante hédoniste et suicidaire
C'est Jésus qui a chassé les marchands du temple et il en avait l'autorité, puisqu'il était lui même le temple : "Détruisez ce temple et en trois jours je le relèverai." Mais si vous essayez par le fouet de détourner un homme de sa conduite... vous vous exposez vous-même au fouet. Mais quand le père Kolbe a donné sa vie à Auschwitz à l'imitation de Jésus, il a montré que la valeur de l'exemple va bien jusqu'à la limite et la franchit.Emanuel a écrit :Faut quand même pas oublier que Jésus a pris le fouet pour chasser les marchands du temple.
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etienne lorant
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Re: Déferlante hédoniste et suicidaire
C'est extraordinaire, Pneumatis, la même inspiration, au même moment : Joie !
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Re: Déferlante hédoniste et suicidaire
etienne lorant a écrit :C'est extraordinaire, Pneumatis, la même inspiration, au même moment : Joie !
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Emanuel
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Re: Déferlante hédoniste et suicidaire
De même qu'on peut voir du symbole en tout on peut tout évaluer en "métaphore".
Il reste que le texte littéral est clair.
[Prosélytisme FM complètement hors sujet. Cordialement. Raistlin]
Il reste que le texte littéral est clair.
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Re: Déferlante hédoniste et suicidaire
Oui il est clair, et je vous le remets, au cas où vous auriez quelques difficultés pour lire l'histoire jusqu'au bout :Emanuel a écrit :De même qu'on peut voir du symbole en tout on peut tout évaluer en "métaphore".
Il reste que le texte littéral est clair.
Jean, chapitre 2 :
13. La Pâque des Juifs était proche et Jésus monta à Jérusalem.
14. Il trouva dans le Temple les vendeurs de bœufs, de brebis et de colombes et les changeurs assis.
15. Se faisant un fouet de cordes, il les chassa tous du Temple, et les brebis et les bœufs ; il répandit la monnaie des changeurs et renversa leurs tables,
16. et aux vendeurs de colombes il dit : « Enlevez cela d'ici. Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de commerce. »
17. Ses disciples se rappelèrent qu'il est écrit : « Le zèle pour ta maison me dévorera. »
18. Alors les Juifs prirent la parole et lui dirent : « Quel signe nous montres-tu pour agir ainsi ? »
19. Jésus leur répondit : « Détruisez ce sanctuaire et en trois jours je le relèverai. »
20. Les Juifs lui dirent alors : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce sanctuaire, et toi, en trois jours tu le relèveras ? »
21. Mais lui parlait du sanctuaire de son corps.
22. Aussi, quand il ressuscita d'entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu'il avait dit cela, et ils crurent à l'Écriture et à la parole qu'il avait dite.
Il semble que, comme les disciples de Jésus, vous n'ayez pas compris que Jésus donnait un signe et que dans ce signe il évoquait son corps. Sauf que les disciples avaient pour eux de ne pas avoir encore connaissance de la résurrection. Il ne s'agit pas de tout mettre en métaphore, il s'agit de lire intelligemment le texte en replaçant les versets dans leur contexte. Voyez la version en Matthieu 22 : il s'agit d'un enseignement pour les disciples, pas d'une opération politique. C'est le tout début de l'enseignement sur la passion à venir. Enfin de toute façon, Saint Jean est très clair, je ne vois pas comment on peut passer à côté d'une telle évidence.
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Re: Déferlante hédoniste et suicidaire
Il l'a fait parce qu'étant Dieu il pouvait le faire sans passion, avec autorité souveraine : de très grands saints admettent qu'ils nous est presque impossible de l'imiter en cela sans mauvais zèle. Il était par ailleurs irréprochable, impeccable - ce que nous ne sommes jamais.Emanuel a écrit :Faut quand même pas oublier que Jésus a pris le fouet pour chasser les marchands du temple.
La valeur de l'exemple... a aussi ses limites.
Cela n'empêche pas d'être de très forts "porte-voix" et d'annoncer la Vérité à temps et à contre-temps, témoignage qui, pour des générations de Chrétiens a été il faut le dire, couronné du martyre : y sommes nous prêts ?
Dernière modification par coeurderoy le mer. 08 juil. 2009, 19:18, modifié 1 fois.
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Re: Déferlante hédoniste et suicidaire
Rien à rajouter. D'autant que si l'on suit les raisonnements précédents "métaphorisants" on aboutit à un Jésus "manipulateur" créant un incident pour faire réfléchir son entourage. Un peu mesquin pour pour qui est fils de Dieu. Non?".../... De plus, si l'on ne veut pas faire de distinction entre la réalité et la métaphore et toujours lire le Temple comme métaphore du corps, on risque d'avoir à justifier un Jésus se donnant la discipline, le fouet de cordes, juste avant de souffrir sa Passion, ce qui est absurde. Un Jésus tourmenté par ses appétits qui se serait flagellé dans les jours qui précédèrent la Passion... Il y a une présence historique de Jésus dans le temple avec ces scènes d'enseignement et d'expulsion des marchands et un usage métaphorique qui s'y superpose tout naturellement.../...".
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Re: Déferlante hédoniste et suicidaire
Bonjour,
Je crois qu'on s'est mal compris : en parlant de métaphore, je ne disais pas que le récit de l'évangéliste était une pure métaphore. Mais mon premier récit (l'homélie) était une métaphore de l'agir du chrétien, tandis que le signe que Jésus donne dans le temple (ce n'est pas moi qui le dis, mais c'est lui), ce signe est celui de ce qu'il advient du corps. D'où ma remarque sur la confusion des niveaux. Mais je n'ai jamais voulu dire que le récit de l'évangéliste était un pur exercice de rhétorique. J'ajoute que dans mon analogie, c'est la brebis qui se meut dans le troupeau en suivant le bon pasteur, alors que dans le cas des marchands du temple, c'est le pasteur lui-même. Comme le dit Coeurderoy, entre la brebis et le berger, les deux n'ont pas la même autorité. Et pour cause, les actes de Jésus sont en tous points des enseignements pour nous. C'est ainsi qu'il offre sa vie en rançon pour la multitude.
Après, votre dernière analyse, Charles, me semble quelque peu faussée. Ici, ce ne peut pas être Jésus qui s'auto-flagelle, se fouettant le corps pour le purifier. Car vous ne pouvez pas considérer d'un côté le temple comme une métaphore du corps (ce qui n'enlève rien à la réalité historique de l'événement) et prendre en même temps les marchands et le fouet au sens littéral, c'est simplement insensé. On ne se purifie pas avec un fouet, mais le fouet est symbole de purification (là encore, sans que ça n'enlève rien de sa réalité historique). Et pour répondre à Emanuel, ce n'est pas une simple mise en scène manipulatrice, c'est ce qu'on appelle un miracle, un événement providentiel, un signe, comme il en va de toute la vie de Jésus. Il est le Verbe, il ne fait donc pas que DIRE les enseignements de Dieu, mais il en témoigne dans toute sa vie. Il est le mot, la phrase, la parole, le signe, l'image vivante du message que Dieu nous adresse. Ici, voici comment nous pouvons comprendre ce signe :
La présence historique de Jésus, c'est la présence même de Dieu. L'Eglise nous enseigne à lire les événements de sa vie ainsi que ses paroles et en tirer un sens pour notre temps : si vous êtes si attaché au sens littéral, dites-moi donc qu'est-ce que le Saint Temple pour vous aujourd'hui si ce n'est pas votre corps, et qu'est-ce que Jérusalem pour vous aujourd'hui sinon le terme de votre pèlerinage sur la terre ? Vous donner l'impression de lire cet évangile et d'en comprendre qu'il vous faut partir en Israël et bouter les infidèles hors du temple ! Est-ce cela qu'on doit comprendre, selon vous, de cet enseignement ?
C'est parfait de vouloir prendre Jésus comme modèle, mais encore faut-il comprendre ce qu'il nous enseigne, précisément quand l'évangéliste souligne avec soin qu'il est question de "signe", histoire que les disciples de l'époque, dont certains attendaient tellement de Jésus qu'il soit un chef politique, ne prennent pas les armes pour faire le ménage dans Jérusalem, puis affronter les romains, etc... Ici il est bien précisé que les disciples ne comprirent le signe qu'après la résurrection, qu'après qu'ils aient bien compris que Jésus était vrai Dieu, et que c'est donc en tant que Dieu, comme une action de la grâce, qu'il vient purifier le temple. Si nous voulons nous en inspirer comme modèle, c'est chacun à la mesure des talents que Dieu nous a confié. Voici par exemple comment on peut interpréter ce signe pour nous aujourd'hui :
Après, j'avoue que je n'ai pas bien compris le rapport avec ça :
Bonne journée à tous.
Je crois qu'on s'est mal compris : en parlant de métaphore, je ne disais pas que le récit de l'évangéliste était une pure métaphore. Mais mon premier récit (l'homélie) était une métaphore de l'agir du chrétien, tandis que le signe que Jésus donne dans le temple (ce n'est pas moi qui le dis, mais c'est lui), ce signe est celui de ce qu'il advient du corps. D'où ma remarque sur la confusion des niveaux. Mais je n'ai jamais voulu dire que le récit de l'évangéliste était un pur exercice de rhétorique. J'ajoute que dans mon analogie, c'est la brebis qui se meut dans le troupeau en suivant le bon pasteur, alors que dans le cas des marchands du temple, c'est le pasteur lui-même. Comme le dit Coeurderoy, entre la brebis et le berger, les deux n'ont pas la même autorité. Et pour cause, les actes de Jésus sont en tous points des enseignements pour nous. C'est ainsi qu'il offre sa vie en rançon pour la multitude.
Après, votre dernière analyse, Charles, me semble quelque peu faussée. Ici, ce ne peut pas être Jésus qui s'auto-flagelle, se fouettant le corps pour le purifier. Car vous ne pouvez pas considérer d'un côté le temple comme une métaphore du corps (ce qui n'enlève rien à la réalité historique de l'événement) et prendre en même temps les marchands et le fouet au sens littéral, c'est simplement insensé. On ne se purifie pas avec un fouet, mais le fouet est symbole de purification (là encore, sans que ça n'enlève rien de sa réalité historique). Et pour répondre à Emanuel, ce n'est pas une simple mise en scène manipulatrice, c'est ce qu'on appelle un miracle, un événement providentiel, un signe, comme il en va de toute la vie de Jésus. Il est le Verbe, il ne fait donc pas que DIRE les enseignements de Dieu, mais il en témoigne dans toute sa vie. Il est le mot, la phrase, la parole, le signe, l'image vivante du message que Dieu nous adresse. Ici, voici comment nous pouvons comprendre ce signe :
Mais cela n'empêche en rien, comme vous le dites, Charles, que le récit de l'évangéliste soit tout ce qu'il y a de plus historique, comme toute la vie de Jésus. Mais comme toute la vie de Jésus c'est aussi un enseignement sur l'Homme et sur son salut. C'est exactement ce que vous dites : Il y a une présence historique de Jésus dans le temple avec ces scènes d'enseignement et d'expulsion des marchands et un usage métaphorique qui s'y superpose tout naturellement.Saint Augustin a écrit :L'action de Notre-Seigneur, faisant un fouet avec des cordes pour chasser les vendeurs hors du temple, renferme un sens mystérieux et caché. Tout homme qui ne cesse d'ajouter de nouveaux péchés à ceux qu'il a commis, se fait comme une corde de ses iniquités. Lors donc que les hommes souffrent parce qu'ils sont coupables, qu'ils reconnaissent que Dieu se fait comme un fouet avec des cordes, et les avertit de changer de conduite, sinon ils entendront à la fin de leur vie cette parole terrible: «Liez-lui les mains et les pieds» (Mt 22).
La présence historique de Jésus, c'est la présence même de Dieu. L'Eglise nous enseigne à lire les événements de sa vie ainsi que ses paroles et en tirer un sens pour notre temps : si vous êtes si attaché au sens littéral, dites-moi donc qu'est-ce que le Saint Temple pour vous aujourd'hui si ce n'est pas votre corps, et qu'est-ce que Jérusalem pour vous aujourd'hui sinon le terme de votre pèlerinage sur la terre ? Vous donner l'impression de lire cet évangile et d'en comprendre qu'il vous faut partir en Israël et bouter les infidèles hors du temple ! Est-ce cela qu'on doit comprendre, selon vous, de cet enseignement ?
C'est parfait de vouloir prendre Jésus comme modèle, mais encore faut-il comprendre ce qu'il nous enseigne, précisément quand l'évangéliste souligne avec soin qu'il est question de "signe", histoire que les disciples de l'époque, dont certains attendaient tellement de Jésus qu'il soit un chef politique, ne prennent pas les armes pour faire le ménage dans Jérusalem, puis affronter les romains, etc... Ici il est bien précisé que les disciples ne comprirent le signe qu'après la résurrection, qu'après qu'ils aient bien compris que Jésus était vrai Dieu, et que c'est donc en tant que Dieu, comme une action de la grâce, qu'il vient purifier le temple. Si nous voulons nous en inspirer comme modèle, c'est chacun à la mesure des talents que Dieu nous a confié. Voici par exemple comment on peut interpréter ce signe pour nous aujourd'hui :
Il est question encore une fois de faire son ménage chez soi, d'enlever la poutre qui est dans son oeil, de balayer devant sa porte et de tenir loin de soi tout ce qui peut nous déshonorer. Mais surtout pas forcer son "prochain" à marcher dans la bonne direction. Notre vocation est celle de témoin (martyre) pas de bourreau.Saint Augustin a écrit :Celui qui est dévoré du zèle de la maison de Dieu s'efforce d'en bannir tout ce qui pourrait la déshonorer, et si cela lui est impossible, il gémit en souffrant un mal qu'il ne peut empêcher; vous prenez soin qu'aucune action mauvaise ne se fasse dans votre maison, devez-vous donc la souffrir, si vous pouvez l'empêcher dans la maison de Dieu, où le salut éternel vous est annoncé? Est-ce votre ami qui lui manque de respect? avertissez-le avec douceur; est-ce votre épouse? mettez un frein sévère à sa légèreté; est-ce votre servante? employez même les châtiments extérieurs pour la maintenir; en un mot, faites tout ce que vous pouvez, eu égard à la position que vous occupez.
Après, j'avoue que je n'ai pas bien compris le rapport avec ça :
Nous sommes bien d'accord, et c'est vraiment d'actualité avec la nouvelle encyclique de Benoit XVI, que la source du vrai Bien c'est Dieu, que nous ne sommes pas auto-référent ni nos propres créateurs. Mais comme vous le dites aussi, nous demeurons libre, ainsi Dieu nous invite bien à prendre part à sa gloire sans nous y contraindre. Je ne vois donc pas bien l'opposition, ni la nature exacte de votre outrage lorsque vous vous dites écoeuré par cela.Charles a écrit :Je suis écoeuré par ce vocabulaire si "années 60" d'un Jésus presque débile qui nous "invite" à ceci ou cela et dont on traiterait "l'invitation" comme un carton, à la manière d'hommes du monde, en calculant notre intérêt à accepter ou refuser l'invitation. Le pendant du fouet pour expulser les marchands, c'est la parabole où le Maître fait entrer de force les vagabonds, les mondains ayant reçu le carton mais refusé l'invitation. Nous sommes libres de choisir la vie et le bonheur ou la mort et le malheur, mais ce n'est pas nous qui décidons de ce qui est pour nous vie et bonheur. Nous avons reçu la nature humaine, nous n'en sommes pas les créateurs...
Bonne journée à tous.
Site : http://www.pneumatis.net/
Auteur : Notre Père, cet inconnu, éd. Grégoriennes, 2013
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