Frères en Christ & en péché, bonjour à vous.
Face au topic "Intentions de prières", je suis déconcerté, je veux dire "dans le doute, paralysé".
En effet, voici les manières dont j'ai l'habitude de prier.
Soit en faisant silence, tentant d'ouvrir les oreilles et de vider mon esprit excepté de la vocation d'être auprès de Lui. Si je peux l'écouter, lui faire place, s'Il m'interpelle, alors ma prière est réussite.
Soit pour sanctifier les choses et les êtres, entendu qu'en sanctifiant les choses, je rencontrerai, dans cette "vie" même, le Dieu vivant (il n'y a là aucune dimension eschatologique, s'entend). - C'est une dimension de la prière qu'on trouve dans le courant hassidique du judaïsme.
Soit, lorsque mon moral est sombre et mon coeur en larmes - de sang, je m'étends sur le ventre, bras ouverts, face contre terre, et je répète "je suis tiens, je sais que tu me sauves" et je réponds au Noir "je sais que je mérite la mort et l'Enfer. Et alors ? Autant que je sache, un Homme a payé en mon nom, et là ou il est, je serai aussi."
Mais je ne comprends pas les prières qui demandent des choses (intelligence, joie, force, courage, que sais-je ?). Je n'en comprends pas leur teneur. Elle me font presque penser à ces prières & ces sacrifices grecques en l'attente de la faveur des dieux. Peut-être qu'elles tendent vers Lui, peut-être qu'elles participent à Lui et à son projet, mais si c'est le cas je n'ai pas compris en quoi. Elle me semblent si inconfiantes envers Lui qui vous accepte en dépit du fait que l'on soit inacceptable, elle me semble oublieuses de notre nature de Fils de Roi (inestimables pécheurs), et elles me semblent un blasphème au regard du mystère qui Lui appartien et qu'il nous propose d'office.
J'espère n'avoir blessé aucun de vous,
et je demande si une bonne âme est disposée à m'expliquer les tenants et aboutissants des prières-demandes.
Bien à vous.
La prière
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Re: La prière
Evangile de Jésus Christ selon saint Luc, chapitre 18, versets 35-43 :
Comme Jésus approchait de Jéricho, un aveugle qui mendiait était assis au bord de la route. Entendant une foule arriver, il demanda ce qu’il y avait. On lui apprit que c’était Jésus le Nazaréen qui passait. Il s’écria : « Jésus, fils de David, aie pitié de moi ! » Ceux qui marchaient en tête l’interpellaient pour le faire taire. Mais lui criait de plus belle : « Fils de David, aie pitié de moi ! » Jésus s’arrêta et ordonna qu’on le lui amène. Quand il se fut approché, Jésus lui demanda : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? - Seigneur, que je voie ! » Et Jésus lui dit : « Vois. Ta foi t’a sauvé. » A l’instant même, l’homme se mit à voir, et il suivait Jésus en rendant gloire à Dieu. Et tout le peuple, voyant cela, adressa ses louanges à Dieu.
Navré, mais la prière de demande est éminemment scripturaire. Je dirais même que Dieu attend de nous que nous demandions, car demander, c'est exprimer un manque, et donc s'ouvrir à la grâce.
Alors oui, on ne doit pas réduire la prière à des demandes incessantes. Mais l'inverse n'est pas bon non plus : nous ne sommes pas des créatures désincarnées et parfaites. Au contraire, nous sommes limités et nous peinons dans ce monde : la prière de demande a donc toute sa place auprès de Dieu.
Après, il faut savoir quoi demander, mais c'est un autre débat...
Bien à vous,
Comme Jésus approchait de Jéricho, un aveugle qui mendiait était assis au bord de la route. Entendant une foule arriver, il demanda ce qu’il y avait. On lui apprit que c’était Jésus le Nazaréen qui passait. Il s’écria : « Jésus, fils de David, aie pitié de moi ! » Ceux qui marchaient en tête l’interpellaient pour le faire taire. Mais lui criait de plus belle : « Fils de David, aie pitié de moi ! » Jésus s’arrêta et ordonna qu’on le lui amène. Quand il se fut approché, Jésus lui demanda : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? - Seigneur, que je voie ! » Et Jésus lui dit : « Vois. Ta foi t’a sauvé. » A l’instant même, l’homme se mit à voir, et il suivait Jésus en rendant gloire à Dieu. Et tout le peuple, voyant cela, adressa ses louanges à Dieu.
Navré, mais la prière de demande est éminemment scripturaire. Je dirais même que Dieu attend de nous que nous demandions, car demander, c'est exprimer un manque, et donc s'ouvrir à la grâce.
Alors oui, on ne doit pas réduire la prière à des demandes incessantes. Mais l'inverse n'est pas bon non plus : nous ne sommes pas des créatures désincarnées et parfaites. Au contraire, nous sommes limités et nous peinons dans ce monde : la prière de demande a donc toute sa place auprès de Dieu.
Après, il faut savoir quoi demander, mais c'est un autre débat...
Bien à vous,
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)
-
etienne lorant
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Re: La prière
Je crois qu'il est bien utile de demander ces petites "choses" qui sont : la grâce, l'humilité, la patience dans l'épreuve, ne pas juger, etc. Une des plus belles demandes, celle que je place tout en haut de ma liste, c'est : "Non comme je veux, Seigneur, mais comme Tu veux !"
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Re: La prière
Merci pour vos réponses (rapides, qui plus est).
Raistlin, je ne sous-entendais pas que nous sommes des créatures désincarnées et parfaites mais au contraire : que nous sommes des créatures trop imparfaite et trop sales pour oser demander. C'est que je vois la demande comme une prétention (prétendre être en droit de demander, prétendre être en droit de recevoir, prétendre est capable de recevoir).
Ce que je dis n'est pas du vent, c'est ce que je sens et ressens, et me fait obstacle.
Quant à la prière que vous disez, Etienne Lorant, je la trouve formidable. Je note. Merci.
Raistlin, je ne sous-entendais pas que nous sommes des créatures désincarnées et parfaites mais au contraire : que nous sommes des créatures trop imparfaite et trop sales pour oser demander. C'est que je vois la demande comme une prétention (prétendre être en droit de demander, prétendre être en droit de recevoir, prétendre est capable de recevoir).
Ce que je dis n'est pas du vent, c'est ce que je sens et ressens, et me fait obstacle.
Quant à la prière que vous disez, Etienne Lorant, je la trouve formidable. Je note. Merci.
« Il n'y a point de juste, non pas même un seul. »
Cf. Rom 3.10
Cf. Rom 3.10
Re: La prière
Mais c'est justement parce que nous sommes imparfaits que nous devons demander.Hypnos a écrit :Raistlin, je ne sous-entendais pas que nous sommes des créatures désincarnées et parfaites mais au contraire : que nous sommes des créatures trop imparfaite et trop sales pour oser demander. C'est que je vois la demande comme une prétention (prétendre être en droit de demander, prétendre être en droit de recevoir, prétendre est capable de recevoir).
Ce que je dis n'est pas du vent, c'est ce que je sens et ressens, et me fait obstacle
Reprenez le passage de l'Ecriture que j'ai cité plus haut : ce qui est étrange, c'est que Jésus voyait très bien de quoi souffrait l'aveugle (puisqu'il lui demande d'approcher) et, pourtant, il l'invite à formuler clairement sa demande avant de l'exaucer. Je crois qu'il y a là une profonde pédagogie divine qui nous invite à clarifier notre désir, à le purifier et à le présenter à Dieu. Dieu - qui donne ses dons avec largesse - se réjouit de donner à Ses enfants ce qui leur manque. Voyez aussi Luc 11, 5-13 :
5 Jésus leur dit encore : « Supposons que l’un de vous ait un ami et aille le trouver en pleine nuit pour lui demander : ’Mon ami, prête-moi trois pains : 6 un de mes amis arrive de voyage, et je n’ai rien à lui offrir.’ 7 Et si, de l’intérieur, l’autre lui répond : ’Ne viens pas me tourmenter ! Maintenant, la porte est fermée ; mes enfants et moi, nous sommes couchés. Je ne puis pas me lever pour te donner du pain’, 8 moi, je vous l’affirme : même s’il ne se lève pas pour les donner par amitié, il se lèvera à cause du sans-gêne de cet ami, et il lui donnera tout ce qu’il lui faut. 9 Eh bien, moi, je vous dis : Demandez, vous obtiendrez ; cherchez, vous trouverez ; frappez, la porte vous sera ouverte. 10 Celui qui demande reçoit ; celui qui cherche trouve ; et pour celui qui frappe, la porte s’ouvre. 11 Quel père parmi vous donnerait un serpent à son fils qui lui demande un poisson ? 12 ou un scorpion, quand il demande un oeuf ? 13 Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père céleste donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! »
Car exprimer un manque, c'est exprimer le désir qu'il soit combler. Or Dieu seul peut nous combler à satiété. Le manque - et son expression dans la prière de demande - est donc essentiel : c'est ainsi qu'on prend peu à peu conscience que nous ne sommes pas autosuffisants et que nous dépendons de Dieu.
Je crois qu'à l'image des petits enfants, il ne faut pas hésiter à tout demander à notre Père des Cieux. Nous sommes de petits enfants et il est normal que nous demandions.
A titre personnel, je demande beaucoup. Mais comme etienne lorant, je termine mes prières par "Que ta volonté soit faite". Car si mon manque existe bel et bien (c'est un fait objectif), Dieu sait mieux que moi comment le combler.
Fraternellement,
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)
Re: La prière
Eh bien, je crois que vous venez tout juste de m'aider à accéder à la possibilité de réaliser ce type de prière.Raistlin a écrit :Car exprimer un manque, c'est exprimer le désir qu'il soit comblé. Or Dieu seul peut nous combler à satiété. Le manque - et son expression dans la prière de demande - est donc essentiel : c'est ainsi qu'on prend peu à peu conscience que nous ne sommes pas autosuffisants et que nous dépendons de Dieu.
Je crois qu'à l'image des petits enfants, il ne faut pas hésiter à tout demander à notre Père des Cieux. Nous sommes de petits enfants et il est normal que nous demandions.
Et je précéderai chaque prière-demande de :
« Seigneur Dieu, sais-je ne pas être en droit de vous demander ? Aie pitié de moi, occtroie-moi ce droit.
Sais-je être incapable de demander ? Aie pitié de moi, rends m'en capable.
Jésus-Christ, sais-je ne pas être en droit de recevoir ? Aie pitié de moi, occtroie-moi ce droit.
Sais-je être incapable de recevoir ? Aie pitié de moi, rends m'en capable. »
Terminant par l'apostrophe d'Etienne Lorant :Sais-je être incapable de demander ? Aie pitié de moi, rends m'en capable.
Jésus-Christ, sais-je ne pas être en droit de recevoir ? Aie pitié de moi, occtroie-moi ce droit.
Sais-je être incapable de recevoir ? Aie pitié de moi, rends m'en capable. »
« Non comme je veux, Seigneur, mais comme Tu veux. »
Je pense aussi intégrer ce que vous avez dit sous forme de prémice, et surtout d'aide-mémoire sur la teneur de la prière, mais j'ignore encore comment.
Fraternellement.
« Il n'y a point de juste, non pas même un seul. »
Cf. Rom 3.10
Cf. Rom 3.10
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etienne lorant
- Pater civitatis

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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Re: La prière
Aujourd'hui, c'est la fête du saint curé d'Ars, patron de tous les curés du monde, qui disait:
"L'homme n'est qu'un pauvre, qui a besoin de tout demander à Dieu".
Lorsque je commets des erreurs, et çà m'arrive très souvent, c'est la plupart du temps parce que j'ai cru que ma propre force suffit à tout. Je suis persuadé qu'il serait bon - ne serait-ce que dans nos affaires domestiques, de dire: "Seigneur, je te demande ton approbation pour ce projet. S'il est bon pour moi, qu'il advienne; si au contraire, il est mauvais, fais qu'il ne puisse se réaliser."
Cela nous éviterait bien des pots cassés à ramasser et une vie beaucoup plus saine (je fais allusion ici au régime que je dois suivre après une gastroentérite, qui résulte simplement de mon désir de distraction qui s'est traduit en prenant plusieurs repas sans le moindre discernement !)
"L'homme n'est qu'un pauvre, qui a besoin de tout demander à Dieu".
Lorsque je commets des erreurs, et çà m'arrive très souvent, c'est la plupart du temps parce que j'ai cru que ma propre force suffit à tout. Je suis persuadé qu'il serait bon - ne serait-ce que dans nos affaires domestiques, de dire: "Seigneur, je te demande ton approbation pour ce projet. S'il est bon pour moi, qu'il advienne; si au contraire, il est mauvais, fais qu'il ne puisse se réaliser."
Cela nous éviterait bien des pots cassés à ramasser et une vie beaucoup plus saine (je fais allusion ici au régime que je dois suivre après une gastroentérite, qui résulte simplement de mon désir de distraction qui s'est traduit en prenant plusieurs repas sans le moindre discernement !)
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Re: La prière
J'ai récemment lu en entier, non sans émotion L'échelle du cloître de Guigues II le chartreux (http://www.chartreux.org/textes/fr/echelle.html): c'est un exposé sur la lectio divina qui montre la place de la prière de demande: c'est l'échelon qui permet de passer à la contemplation.
Stat Crux dum volvitur orbis!
Dic animae meae: “ Salus tua ego sum ” Ps XXXIV 3
Dic animae meae: “ Salus tua ego sum ” Ps XXXIV 3
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