La présence du poisson remplace celle du pain, nous sommes bien d'accord.
La problématique est donc la suivante : "qu'est-ce qui permet au sculpteur de modifier un détail fondamental de l'histoire des Evangiles ?"
A partir de cette problématique, Pneumatis et moi vous avons apporté des éléments de réponses qui ne sont d'ailleurs pas d'ordre philosophiques mais plutôt symboliques.
Il s'agit donc pour vous de mettre en concordance le poisson et Jésus afin d'en alimenter les concordances, ce qui vous permettra de traiter votre problématique en apportant une réponse, dans la conclusion, qui sera la suivante : "Le Christ pouvant se confondre avec le poisson, le sculpteur a choisi de faire un parallèle. Parallèle qui lui permet de faire passer une information complexe et essentielle sous forme purement graphique."
C'est plus clair ?
Le poisson dans la cène
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- Etrigan
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Re: Le poisson dans la cène
« Le Verbe s’est incarné pour la Rédemption du Péché. Faudra-t-il que le Saint-Esprit s’incarne pour la rédemption de la sottise ? » Léon Bloy
Re: Le poisson dans la cène
Pneumatis a écrit : Au risque de tourne en rond, cela corrobore l'idée que le poisson peut donc bien figurer le sens, nourriture de l'esprit.
Que vient donc faire ce poisson dans l'assiette de Jésus, dans cette représentation ? Il peut témoigner, à mon sens, d'une relation entre les personnes divines et leurs actions.
On sait par ailleurs qu'après la résurrection, il mange du poisson "grillé" avec ses disciples. Et là j'avoue que je sèche...
Je vais y réfléchir parce que si Jésus ressuscité est le modèle conçu par Dieu de l'Homme parfaitement accompli, proclamant comme Jonas le repentir à toutes les nations, je me demande pourquoi il mange encore du poisson à ce moment là. J'ai un peu peur de comprendre : n'est-il pas le sens définitivement établi, accompli après la résurrection ? L'homme ressuscité doit-il toujours se renouveler, en permanence, dans sa réponse à Dieu ? Pour le dire autrement : y a pas un moment où le boulot s'arrête ?
Cela dit, j'avoue que c'est un problème assez peu prioritaire : occupons-nous d'abord de faire ce qu'il faut pour que Dieu nous ressuscite, et nous verrons après.
Peu prioritaire ? Vraiment ?
Cette réflexion profonde me semble, au contraire, aboutir de manière fort intéressante, au questionnement le plus fondamental. La vie divine, la vie éternelle, est-ce la possession de tout, la réponse à tout, l’achèvement de tout ? La vie éternelle, le paradis, est-ce la béatitude totale où plus rien ne manque, où il n’y a plus aucun désir car tout est comblé ? Un moment où le boulot s'arrête ?
Les psychologues ont largement dégagé les dangers du tout, lorsqu’il n’y a plus aucune place pour de l’autre, une autre personne, une autre chose, une autre action. Est-ce vraiment notre espérance ?
Est-ce que notre Dieu Trinité où aucun des trois ne se suffit pas à lui-même mais où la vie est perpétuelle communion, où la vie s’est manifestée créatrice, ne nous révèle pas une autre réalité, un meilleur avenir ?
Peut-on imaginer un état où la plénitude est tellement totale qu’il n’y a plus rien à faire, à espérer ? Plus aucun mouvement, plus aucun besoin, ni manque quelconque. Plus aucun désir, car tout est déjà obtenu.
Tout mouvement est suscité par une envie de passer d’un état à un autre pour un meilleur qui doit être atteint et qui ne l’est donc pas encore. La béatitude totale et absolue n’est-elle pas cause d’une immobilité totale de l’être ? Equivalente à la mort, voire d’un ennui absolu?
Dans sa récente encyclique Spe Salvi a abordé ce difficile problème qui ne concerne pas que la vie éternelle, mais déjà notre vie présente (n°s 10 à 12) :
« Peut-être aujourd'hui de nombreuses personnes refusent-elles la foi simplement parce que la vie éternelle ne leur semble pas quelque chose de désirable… Continuer à vivre éternellement – sans fin – apparaît plus comme une condamnation que comme un don… vivre toujours, sans fin – en définitive, cela peut être seulement ennuyeux et en fin de compte insupportable.
…Il y a clairement une contradiction dans notre attitude, qui renvoie à une contradiction intérieure de notre existence elle-même. …Nous désirons en quelque sorte la vie elle-même, la vraie vie, qui n'est même pas touchée par la mort…
L'expression « vie éternelle » cherche à donner un nom à cette réalité connue inconnue. Il s'agit nécessairement d'une expression insuffisante, qui crée la confusion. En effet, « éternel » suscite en nous l'idée de l'interminable, et cela nous fait peur; « vie » nous fait penser à la vie que nous connaissons, que nous aimons et que nous ne voulons pas perdre et qui est cependant, en même temps, plus faite de fatigue que de satisfaction, de sorte que, tandis que d'un côté nous la désirons, de l'autre nous ne la voulons pas….
…Nous pouvons seulement chercher à penser que ce moment est la vie au sens plénier, une immersion toujours nouvelle dans l'immensité de l'être, tandis que nous sommes simplement comblés de joie »
La création elle-même n’est-elle pas le signe que Dieu n’est pas béatitude immobile ?
C’est la foi qui sauve. Le salut, n’est-ce pas le passage avec le Christ de la mort à la résurrection ? La mort vaincue.
Dès la Genèse, n’y a-t-il pas une profonde ambiguïté sur la mort ? Les espèces créées se renouvellent par la mort de génération en génération. A-t-il pu en être autrement pour Adam et Eve qui ont été créés à l’image de Dieu et ont reçu leur humanité dans un corps animal naturellement mortel ?
La profonde différence, n’est-ce pas qu’ils ont reçu la vie divine éternelle, la capacité de franchir la mort physique sans que leur être, leur âme soit détruite. Cette capacité a été blessée par la faute originelle. Dans le texte hébreu de l’avertissement de Dieu de la Genèse (Gn 2, 17), il n’est pas dit à Adam qu’il « mourra physiquement » s’il s’empare du fruit interdit, comme si la mort physique n’existait pas encore, mais le texte semble dire de manière plus nuancée « de mourir, tu mourras », comme si la mort ne pouvait plus être vaincue par lui.
Dans la nature, la mort n’est pas une vraie mort qui détruit définitivement, mais un passage, car les cellules du corps mort se transforment et la vie se transmet ailleurs. Nos propres cellules corporelles meurent et se renouvellent sans cesse. Par la chute et sans le Christ, c’est notre personne qui est menacée de mort.
La vie divine, comme la vie éternelle qui nous est promise, ne pouvons-nous l’espérer comme un perpétuel renouvellement, où les désirs ne seront pas absents par une possession de tout qui rendrait toute vie inutile et sans intérêt, mais où nous aurons sans cesse la possibilité de les satisfaire, une communion créatrice sans fin, où l’amour et l’espérance nous ouvrira des horizons toujours plus beaux ?
Pour nous sur terre, c’est difficile à imaginer sans fatigue, sans souffrance, sans une aspiration à ce que le boulot s'arrête... Mais, pour Dieu ?
N'est-ce pas plutôt comme le pressentait la petite Thérèse ? : elle voulait passer son ciel à faire du bien. Ou comme le dit notre Pape Benoit XVI « une immersion toujours nouvelle » ?
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Re: Le poisson dans la cène
J'ai beaucoup de mal à comprendre votre réflexion Xavi.
Pour ma part, je ne crois pas que la question de l'après soit essentielle puisque sa plénitude nous a été garantie. C'est le maintenant qui est essentiel : se perdre dans les réflexions de la Béatitude post-mortem me parait être une façon de ne pas penser à ce que l'on doit faire tout de suite.
Pour ma part, je ne crois pas que la question de l'après soit essentielle puisque sa plénitude nous a été garantie. C'est le maintenant qui est essentiel : se perdre dans les réflexions de la Béatitude post-mortem me parait être une façon de ne pas penser à ce que l'on doit faire tout de suite.
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Re: Le poisson dans la cène
Mon prof de philo, à ce sujet (on étudiait le désir), citait cette phrase (qu'il attribue à Henri de Suzo mais rien de certain) "Ceux qui Te boivent ont encore soif" et disait que, je cite, "la béatitude céleste n'interrompt pas le désir; l'âme à la fois possède Celui qu'elle désire et continue de le désirer, c'est une satiété sans dégout, une soif sans souffrance (cf Catherine de Sienne)".Xavi a écrit :Peut-on imaginer un état où la plénitude est tellement totale qu’il n’y a plus rien à faire, à espérer ? Plus aucun mouvement, plus aucun besoin, ni manque quelconque. Plus aucun désir, car tout est déjà obtenu.
Tout mouvement est suscité par une envie de passer d’un état à un autre pour un meilleur qui doit être atteint et qui ne l’est donc pas encore. La béatitude totale et absolue n’est-elle pas cause d’une immobilité totale de l’être ? Equivalente à la mort, voire d’un ennui absolu?
Re: Le poisson dans la cène
La présence du poisson remplace celle du pain, nous sommes bien d'accord.
La problématique est donc la suivante : "qu'est-ce qui permet au sculpteur de modifier un détail fondamental de l'histoire des Evangiles ?"
A partir de cette problématique, Pneumatis et moi vous avons apporté des éléments de réponses qui ne sont d'ailleurs pas d'ordre philosophiques mais plutôt symboliques.
La dessus nous sommes d'accord ce qui fait que je ne puis exploiter cette image pour symboliser l'importance qu'avait le pain dans la vie.
A moins d'expliquer le reste de la cène et la je vous avoue que je ne suis pas compétent.
Merci de vos explications.
La problématique est donc la suivante : "qu'est-ce qui permet au sculpteur de modifier un détail fondamental de l'histoire des Evangiles ?"
A partir de cette problématique, Pneumatis et moi vous avons apporté des éléments de réponses qui ne sont d'ailleurs pas d'ordre philosophiques mais plutôt symboliques.
La dessus nous sommes d'accord ce qui fait que je ne puis exploiter cette image pour symboliser l'importance qu'avait le pain dans la vie.
A moins d'expliquer le reste de la cène et la je vous avoue que je ne suis pas compétent.
Merci de vos explications.
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Re: Le poisson dans la cène
Mais au final, vous aviez besoin de nous pour quoi ? Expliciter le pain ou le poisson ?
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Re: Le poisson dans la cène
Comme il est dit au premier message c'est pour une expo sur le pain et j'ai été surpris de ne pas trouver le pain dans l'assiette du Christ.
Re: Le poisson dans la cène
Vous avez raison, Etregan : Méditer la Genèse ou nos fins éternelles ne peuvent en rien être une façon de ne pas penser à ce que l'on doit faire tout de suite. L’après, l’avant ou l’ailleurs n’ont de réel intérêt que pour nourrir notre vie aujourd’hui. C’est toujours le maintenant qui est essentiel.Etrigan a écrit :J'ai beaucoup de mal à comprendre votre réflexion Xavi.
Pour ma part, je ne crois pas que la question de l'après soit essentielle puisque sa plénitude nous a été garantie. C'est le maintenant qui est essentiel : se perdre dans les réflexions de la Béatitude post-mortem me parait être une façon de ne pas penser à ce que l'on doit faire tout de suite.
Si la vie future (ou nos origines) est utile à méditer, c’est parce que la pensée que nous en avons peut nous aider ici et aujourd’hui. Percevoir la vie éternelle comme une possession de tout, peut nous tromper en nous donnant déjà ici et maintenant une conviction plus ou moins consciente que ce qui compte c’est le but, le résultat, alors c’est le chemin, la confiance, l’espérance et l’amour en mouvement qui sont l’essentiel de la vie, même si le but à toute son importance pour orienter notre route.
La résurrection qui franchit la mort, c’est cela notre vie. Elle n’est pas faite d’absence de désir et de réalités à franchir, mais de cheminement à travers ce qui se présente sur notre route.
De cheminement toujours dans le présent. Une réflexion pertinente ne peut pas être une façon de ne pas penser à ce que l'on doit faire tout de suite.
Merci de le rappeler. C’est juste.
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