Débats athées/théistes : réflexions méthodologiques.

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ti'hamo
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> gentil athée
"C'est amusant votre manie de faire des remarques sur ce que vous croyez percevoir de la psychologie de votre interlocuteur plutôt que d'en faire sur la vérité objective de ce qu'il vous dit."
Tu tut tut : :non:
Objectivement, tout ce que vous présentez comme "Le Mal", se passe loin d'ici, et ne remet rien en question de nos vies.
Objectivement, ce dont vous essayez de nous expliquer que ça n'a rien à voir avec le Mal, c'est ce à quoi nous sommes chacun de nous quotidiennement confrontés, ce que nous pourrions faire ou commettre, et donc ce qui nous remet en question personnellement, dans nos vies.

C'est une remarque objective.
(à moins et à moins seulement que vous ne nous appreniez être un chef d'état d'un pays pratiquant la torture, ou un habitant d'Indonésie ayant perdu toute sa famille dans un tsunami).


(Quant à ce que je m'imagine savoir de votre psychologie, en fait je ne me suis même pas posé la question : le fait est que je n'en sais rien et n'ai pas le moyen de savoir, donc je ne fais de remarques que sur ce que je vois et ce qu'on me montre.)


La remarque garde donc toute son objectivité et sa pertinence, et il faudrait donc rendre compte du pourquoi de cette dichotomie, introduite par vous.
Pour l'instant votre réponse ne répond pas du tout à l'objection soulevée.
“Il serait présomptueux de penser que ce que l'on sait soi-même n'est pas accessible à la majorité des autres hommes.”
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> gentil athée
Le Bien
"
L'épanouissement des êtres est une notion objective : c'est objectivement qu'une plante fanée est moins épanouie qu'une plante vigoureuse. Faut-il vraiment que j'épilogue là-dessus ?"
. Oui.
Une plante fanée a poussé, vécu, s'est reproduite, a produit des graines, des fruits, semé une génération nouvelle... qui vous dit qu'elle n'est pas "épanouie" ?
Donc, je ne vois pas bien ce que vous appelez "épanoui" dans ce cas.

. Ensuite, il faudra passer de l'image au fond de la question : qu'appelez-vous précisément "épanouissement de l'être" pour un humain ?

Je prends des exemples concrets : certains s'estiment brimés dans leur épanouissement à cause de l'existence même d'autrui, ou à cause de la liberté d'autrui, ou pensent que pour eux "s'épanouir" c'est profiter le plus possible des autres pour en retirer une satisfaction personnelle et immédiate.
Par exemple.

Votre réponse sur ce point ne répond donc pas à l'objection soulevée, pour l'instant.
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> gentil athée

Le Mal
Quand je disais que, de mon point de vue, être infidèle à son épouse était une injustice,
je ne l'entendais pas du tout comme vous l'avez compris :
je ne parle pas de contrat rompu, mais de confiance trahie, d'actes trompeurs, d'attitude mensongère, d'utiliser une personne pour notre satisfaction propre en se gardant bien de le lui préciser, etc...

Votre paragraphe à ce sujet ne répond donc pas du tout à l'objection soulevée.
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> gentil athée

La cohérence du théisme chrétien
Concernant le principe de simplicité (évoqué par vous : ce qui n'est pas simple est hautement improbable, en tout cas moins probable que ce qui l'est) :
je remarque que tout dépend de ce qu'on appelle simplicité, et à quel niveau de simplicité on se place.


Vous répondez que, du coup, j'ai répondu tout seul et que vous n'avez pas besoin de répondre.
Or, il y avait une question sous-entendue :
qu'appelez-vous simplicité, et sur quel plan de simplicité vous placez-vous ?

Ma réponse ne résout donc pas du tout la question et ne vous dispense pas de vous expliquer.
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> gentil athée

Le contrat
"Admettons que je vous propose le contrat suivant, et que je vous présente toutes les garanties nécessaires pour que vous soyez bien certain que je le respecterai : je vous propose de vous combler de bonheur jusqu'à la fin de vos jours. Vous n'aurez plus de souci à vous faire pour l'argent, la santé, l'amour. Tout ne sera que paix et harmonie. Cependant, pour avoir tout cela, il faut que vous acceptiez d'être enfermé, durant une semaine, dans une pièce ou les plus grands bourreaux, les pires sadiques, les plus effroyables monstres, n'auront de cesse que de vous torturer des pires façons qui soient, sans vous laisser le moindre répit. Vous souffrirez un calvaire ignoble, subirez les pires humiliations et vicissitudes, souhaitant mourir plutôt que de poursuivre l'expérience, mais vous ne pourrez pas mourir et il vous faudra boire le calice jusqu'à la lis. Vous irez jusqu'à oublier m'avoir jamais rencontré et vous avoir proposé ce contrat, et oublier, bien entendu, l'avoir accepté. Je ne vous demande pas si vous accepteriez ce contrat, je vous demande quel jugement vous porteriez sur moi de vous avoir proposé un contrat pareil ?"

Bon exemple. Moi, je n'accepte pas un tel contrat (argent, santé et confort matériel et psychologique assurés jusqu'à la mort, effectivement, ça ne contre-balance pas une semaine de tortures).


Maintenant un autre contrat :
On vous propose une éternité de bonheur bien plus que matériel. Une vie dont on ne pourrait prendre la mesure, et dont on ne pourrait imaginer ce qu'elle est qu'en regardant ce que sont l'amitié et l'amour (et l'acte d'amour), mais à condition de voir dans la plus belle amitié qui nous soit donnée de vivre et le plus fort amour que de pâles copies, de lointains échos de la vie à laquelle ce contrat vous appelle.

Mais on vous prévient que certains ont déjà refusé ce contrat, le refusent, le refuseront, et que ceux qui refusent le contrat n'auront de cesse de vous persuader d'en faire autant, quitte à user de la force, de l'intimidation, de la torture, de la violence (mais tout autant de la séduction, de la tromperie, du mensonge, de la manipulation psychologique).

Voilà.
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> gentil athée

Le Bien et le Mal
"On va procéder par étapes : Êtes-vous d'accord que tout homme recherche ce qu'il croit être le mieux pour lui ?"
ça me semble correct, oui.


Question subsidiaire :
où placez-vous la source du bien et du mal, la source de la distinction objective entre le bien et le mal ?
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Re: Débats athées/théistes : réflexions méthodologiques.

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Bonjour ti'hamo,

Sur la question :
- Du mal prétendument lointain :
ti'hamo a écrit :Objectivement, tout ce que vous présentez comme "Le Mal", se passe loin d'ici, et ne remet rien en question de nos vies.
Objectivement, ce dont vous essayez de nous expliquer que ça n'a rien à voir avec le Mal, c'est ce à quoi nous sommes chacun de nous quotidiennement confrontés, ce que nous pourrions faire ou commettre, et donc ce qui nous remet en question personnellement, dans nos vies.
Eh bien, croyez-le ou non, mais cette dichotomie qui vous apparaît est purement fortuite. Je dis bien « qui vous apparaît » car en fait, je ne crois même pas qu'il y en a une. Voulez-vous dire que sous nos latitudes, personne ne meurt de maladie ou d'accident, personne ne se fait agresser par d'autres personnes ? On ne doit pas vivre sur la même planète, la vôtre est vraiment agréable... Du coup je comprends mieux que vous soyez chrétien ;) La mienne, de planète, n'est malheureusement pas si idyllique. Sur la mienne, au moins deux de mes proches sont décédés relativement jeunes (vers 65 ans), des suites de cancers et de beaucoup de souffrance, laissant femmes, enfants et petits-enfants en pleurs. Par ailleurs, mon père (à même pas 60 ans) a dû subir une opération à cœur ouvert et a fait ensuite une attaque cérébrale qui l'a rendu partiellement aphasique, puis on lui a découvert une allergie au gluten. Ma mère (à 61 ans) a été opérée d'un cancer du sein, puis a dû subir de la chimiothérapie, des rayons et un traitement hormonal, etc. Voilà, je ne souhaite pas m'étendre davantage sur ma vie privée (je vous passerai mes difficultés financières et pour trouver un emploi stable), mais vous me forcez un tant soit peu à me dévoiler avec vos questions...
- De l'épanouissement de l'être : dans vos exemples, vous dites, « certains estiment », ou « pensent que ». Ce n'est donc pas objectif, cela relève de leur opinion. Mais poursuivons donc notre réflexion par étapes. Vous donnez votre accord pour la proposition : « tout homme recherche ce qu'il croit être le mieux pour lui ». A présent, étape n°2 : êtes-vous d'accord avec la proposition suivante : « pour que tout homme recherche ce qui est vraiment le mieux pour lui, il faut qu'il sache ce qui est vraiment le mieux pour lui » ? Quant à votre question subsidiaire, j'y ai déjà répondu. La source de la distinction objective entre le bien et le mal se trouve dans l'Idée du Bien (je rappelle que je suis platonicien).
- De l'adultère : désolé mais vous n'aviez pas été assez précis. Par « tromper son épouse », vous êtes bien d'accord qu'on pense généralement à l'adultère, surtout si vous précisez « s'engager moralement et physiquement envers son épouse ». Et l'adultère consiste, pour une personne mariée ou disons vivant maritalement avec quelqu'un, à entretenir une relation sexuelle avec un tiers. Dans cette définition, il n'est aucunement précisé que la personne adultérine (un homme, par exemple) : doit nécessairement cacher son adultère à sa compagne (donc exit l'attitude mensongère) ou au contraire qu'il doit nécessairement lui avouer (donc exit la confiance trahie) et s'il l'avoue, que l'épouse doive nécessairement juger ce non-respect du contrat/de la promesse comme gravissime (donc re-exit la confiance trahie : en effet, il me semble que pour que la confiance soit rompue, il faut non seulement que la promesse/le contrat n'ait pas été respecté, MAIS AUSSI que l'épouse juge que ce non-respect est grave) ; doit nécessairement cacher à sa maîtresse qu'il est marié (donc re-exit l'attitude mensongère) ; doit nécessairement utiliser sa maîtresse que comme un exutoire de sa propre satisfaction (il peut avoir des sentiments et de la bienveillance pour elle, donc exit « utiliser une personne pour notre satisfaction propre ») ; et que même si tel est le cas, qu'il doit nécessairement le cacher à sa maîtresse (donc exit : « en se gardant bien de lui préciser »)...
Donc il reste les actes trompeurs sur votre liste (ce qui revient à dire « les actes par lesquels le contrat/la promesse est rompu » ou alors je ne comprends pas bien le français...). Cela dit, je veux bien vous concéder que l'attitude mensongère (uniquement envers l'épouse) OU la confiance (de l'épouse envers son mari) rompue (et qui est à moitié un préjudice subi par l'adultérin lui-même) sont constitutifs de nombreuses affaires d'adultères, mais ils ne sont pas essentiels à la définition de l'adultère.
Toujours est-il que cela ne change pas grand-chose sur le caractère relativement dérisoire en tant que tel de cette faute, puisque, si je reprends mes exemples précédents : si vous marchez sur les pieds après avoir promis à votre épouse de marcher sur les mains, et que votre épouse juge très important que vous teniez cet engagement, il y a aussi une confiance rompue (pour ce qui est de l'attitude mensongère, là, j'avoue que je ne vois pas comment elle est possible : je ne pense pas qu'on puisse faire croire à quelqu'un qu'on marche sur les mains alors qu'on est en train de marcher sur les pieds, à part peut-être par l'hypnose ?... :)). Maintenant, si vous voyez un autre problème à l'adultère qu'une question de rupture de contrat/promesse et de confiance rompue (cette dernière étant donc plutôt la conséquence éventuelle d'un mal que le mal lui-même : on ne perd pas la confiance en quelqu'un juste comme ça, par hasard, sans que l'on juge que ce quelqu'un a commis une faute...), ou de mensonge (ce dernier étant souvent présent afin d'éviter que la confiance ne soit rompue, justement), je vous écoute. Entendons-nous bien : ne pas honorer ses engagements, rompre la confiance de quelqu'un et mentir, ce ne sont pas là des bonnes choses, mais encore une fois, il faut voir le contexte : cela peut être un moindre mal. Ne pas exécuter la promesse qu'on aurait faite à un tueur en série de lui chercher des victimes, et ainsi rompre sa confiance ; ou lui mentir en disant que finalement on n'a trouvé personne qui ferait l'affaire comme victime, c'est certes des fautes en tant que telles, mais il est infiniment plus morale de commettre ces fautes afin que personne ne soit tué, ce qui serait une faute beaucoup plus grave.
- Du principe de simplicité : ma définition est la suivante : une chose est simple à mesure qu'elle contient peu d'éléments, peu de types d'éléments, peu de relations entre ses éléments constitutifs, et peu de types de relations entre ses éléments constitutifs.
- De votre contrat : je vous accorde que je l'accepterais, à condition toutefois d'avoir bien toutes les garanties ; il n'en demeure pas moins que je jugerais passablement immorale la personne qui me proposerait un tel contrat (et cela pourrait avoir une influence sur ma perception de ses garanties) si je sais par ailleurs que cette personne est toute-puissante.

Bien à vous.
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Re: Débats athées/théistes : réflexions méthodologiques.

Message non lu par etienne lorant »

Un gentil athée a écrit : - De l'adultère : désolé mais vous n'aviez pas été assez précis. Par « tromper son épouse », vous êtes bien d'accord qu'on pense généralement à l'adultère, surtout si vous précisez « s'engager moralement et physiquement envers son épouse ». Et l'adultère consiste, pour une personne mariée ou disons vivant maritalement avec quelqu'un, à entretenir une relation sexuelle avec un tiers. .
La relation sexuelle avec un tiers ne fait pas l'adultère. Pour être adultère, il suffit d'un regard de désir. Comme le dit l'Evangile: « Vous avez entendu qu’il a été dit : “ Tu ne commettras pas d’adultère ”. Eh bien ! moi je vous dis : Quiconque regarde une femme pour la désirer a déjà commis, dans son cœur, l’adultère avec elle » (Mt 5, 27-28). C'est dire que l'Evangile quand il traite du bien et du mal va beaucoup plus loin que la raison.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Débats athées/théistes : réflexions méthodologiques.

Message non lu par Un gentil athée »

Alors nous sommes tous des adultérins. Et j'ajouterais (désolé si je choque) : fort heureusement ! Goûter (même si ce n'est que des yeux) au charme, au sourire et à la grâce d'une jeune et jolie fille, goûter (même si ce n'est que des oreilles) à la mélopée délicate et enivrante d'une voie douce et réconfortante, pleine de beaux mots et d'esprit vif et rafraîchissant... j'estime que cela fait partie des plus grandes joies de l'existence ! :)
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Re: Débats athées/théistes : réflexions méthodologiques.

Message non lu par Cgs »

Bonjour,

Ceci me rappelle un bon mot du Père Sonet :

"Messieurs, faites à votre femme ce que vous feriez à votre maîtresse si vous en aviez une !"

On est adultère dans l'oeil, dit l'Ecriture, et c'est finement pensé. En effet, quand on fréquente la personne avec qui ont va se rendre coupable d'adultère, c'est déjà trop tard. La raison est anéantie, et on est esclave des passions. C'est avant (donc au moment où on aperçoit seulement l'objet de nos désirs) que l'on peut résister à la tentation. Ce n'est pas très compliqué quand on a compris cela.

Bien à vous,
Cgs
Mes propos qui apparaissent en vert comme ceci indiquent que j'agis au nom de la modération du forum.
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Re: Débats athées/théistes : réflexions méthodologiques.

Message non lu par etienne lorant »

Un gentil athée a écrit :Alors nous sommes tous des adultérins. Et j'ajouterais (désolé si je choque) : fort heureusement ! Goûter (même si ce n'est que des yeux) au charme, au sourire et à la grâce d'une jeune et jolie fille, goûter (même si ce n'est que des oreilles) à la mélopée délicate et enivrante d'une voie douce et réconfortante, pleine de beaux mots et d'esprit vif et rafraîchissant... j'estime que cela fait partie des plus grandes joies de l'existence ! :)
Si votre regard est chaste, vous n'aurez pas besoin de vous arracher un oeil. Et si votre oreille l'est aussi, il n'y a aucun problème. Je pense seulement à ce mot du Christ qui incite à une vigilance permanente:

Si ta main t'entraîne au péché, coupe-la. Il vaut mieux entrer manchot dans la vie éternelle que d'être jeté avec tes deux mains dans la géhenne, là où le feu ne s'éteint pas. Si ton pied t'entraîne au péché, coupe-le. Il vaut mieux entrer estropié dans la vie éternelle que d'être jeté avec tes deux pieds dans la géhenne. Si ton oeil t'entraîne au péché, arrache-le. Il vaut mieux entrer borgne dans le royaume de Dieu que d'être jeté avec tes deux yeux dans la géhenne, là où le ver ne meurt pas et où le feu ne s'éteint pas.

Je me demande dans quelle mesure l'homme recule devant de telles exigences, mais s'il avance, il en tient compte, il sait très bien distinguer le pur de l'impur. Qu 'un homme tue un autre homme, on le juge. Qu'un homme songe à en tuer des millions, et même s'il expose son projet dans un bouquin qu'il intitule "Mon combat", c'est un best-seller... le jugement divin remonte à la source du mal.
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Re: Débats athées/théistes : réflexions méthodologiques.

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> gentil athée

Du principe de simplicité
" Du principe de simplicité : ma définition est la suivante : une chose est simple à mesure qu'elle contient peu d'éléments, peu de types d'éléments, peu de relations entre ses éléments constitutifs, et peu de types de relations entre ses éléments constitutifs."
Et d'après un autre principe posé par vous, ce qui est simple a beaucoup plus de probabilité d'exister que ce qui ne l'est pas.

Donc, les cailloux existent, mais pas les organismes biologiques.

Les évangélistes fixistes ont également plus de probabilité d'avoir raison que les scientifiques évolutionnistes. :siffle:
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Re: Débats athées/théistes : réflexions méthodologiques.

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> gentil athée
Concernant votre définition du Mal :
vous me répondez qu'elle ne connaît pas du tout la sorte de dichotomie que je croyais y voir, puisque sous nos latitudes également des gens sont agressés et torturés.
Oui.

Mais, bon, ça n'est pas du tout de ça que je parlais, aussi.

La remarque en question était la suivante :
vous ne classez dans "le Mal" que des événements dont aucun de nous ne peut se rendre responsable, des actes qu'aucun de nous ne peut commettre, a priori, dans son quotidien de tous les jours.
vous ne classez comme Mal que des événements extérieurs à nous (par leur cause, je veux dire ; extérieurs à notre volonté),
vous ne donnez comme exemple de "Mal" rien qui remette nos choix de vie et nos attitudes quotidiennes en question.

"Le Mal" c'est la maladie, les agressions, la torture, la guerre, la mort...
...mais jamais la médisance, la calomnie, la tromperie, la duperie, l'égoïsme.


Et quand on évoque ne serait-ce que l'idée que nous pouvons, nous, chacun de nous, participer au Mal et commettre des actes mauvais,
vous vous récriez et vous essayez immédiatement d'expliquer que, d'après vous, non,
la calomnie, la médisance, la tromperie,... n'ont rien à voir avec la question du "Mal".


Si à cette remarque vous me répondez seulement "oui mais près de chez nous aussi il y a des agressions, et moi je connais des gens ils ont été très malades",
vous comprendrez que vous êtes à côté de la question et que vous n'y avez pas répondu du tout.


Et vous comprendrez aussi pourquoi plus haut quelqu'un vous reprochait de décrire un monde manichéen : dans votre définition du Mal, bizarrement, vous ou nous, simples citoyens lambdas, ne commettons jamais le Mal. Les gentils, c'est nous, les méchants c'est toujours les autres.
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Re: Débats athées/théistes : réflexions méthodologiques.

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> gentil athée
Concernant la définition du Bien

De l'épanouissement de l'être : dans mes exemples, oui, je dis, « certains estiment », ou « pensent que ». Ce n'est donc pas objectif, cela relève de leur opinion. Oui.
Et donc ?

Vous répondiez que "le bien" c'est "l'épanouissement de l'être". Et je vous fais remarquer que certains s'estiment épanouis par des actions ou des attitudes que pourtant nous jugerions plutôt "Mal", et qui de toute façon s'opposent à l'épanouissement d'autres personnes, ce qui pose les questions suivantes :
. si c'est vrai, alors il faudra choisir : certaines pourront être épanouies et d'autres non.
. sinon, c'est qu'ils s'estiment épanouis mais ne le sont pas.
Dans ce cas, qu'est-ce qui vous permet de juger objectivement de ce qui est leur épanouissement ? et d'après quoi pouvez-vous juger que ce n'est pas ainsi qu'ils peuvent être épanouis ? Comment pourrez-vous leur expliquer que leur estimation est fausse ?

N'est-ce pas juste "d'après vous" qu'ils ne sont pas épanouis et "d'après eux" qu'ils sont épanouis ?
Autrement dit : qu'est-ce qui fonde objectivement ce concept d'épanouissement, qu'est-ce qui permet de le reconnaître objectivement ?



Pour votre autre question :
Vous donnez votre accord pour la proposition : « tout homme recherche ce qu'il croit être le mieux pour lui ». A présent, étape n°2 : êtes-vous d'accord avec la proposition suivante : « pour que tout homme recherche ce qui est vraiment le mieux pour lui, il faut qu'il sache ce qui est vraiment le mieux pour lui » ?
. Pour que tout homme recherche ce qui est VRAIMENT mieux pour lui, dans l'hypothèse où il y a réellement objectivement une fin précise qui soit mieux pour lui,
alors oui, il vaut mieux qu'il sache ce qui est mieux pour lui pour le rechercher.
(ceci étant, il peut aussi tenter une approche empirique).

. Pour que tout homme recherche ce qui est mieux pour lui, non, il suffit qu'il s'IMAGINE savoir ce qui est mieux pour lui.

. Sinon il y a aussi l'hypothèse qu'il n'y ait pas objectivement de "mieux pour lui".





À propos de l'Idée de Bien :
"La source de la distinction objective entre le bien et le mal se trouve dans l'Idée du Bien (je rappelle que je suis platonicien)."
J'ai bien peur qu'il ne suffise pas de déclarer "je suis platonicien" pour s'estimer quitte de la réponse.
Ou alors : "nous sommes chrétiens" suffirait à répondre à toutes vos objections et questions. :-D

"L'Idée du Bien", c'est un peu abstrait, un peu vague, et pas très parlant. Enfin, heu, je veux dire, pour nous, juste dit comme ça.
Ce serait pas mal de savoir ce que vous entendez par là, et ce que vous y mettez.

Si la distinction objective entre le Bien et le Mal se trouve dans "l'Idée de Bien", alors :
. que dire de "L'Idée de Mal" ? Pourquoi ce serait "L'Idée de Bien" qu'il faut suivre et "l'Idée de Mal" qu'il faut éviter ?
. en quoi cette "idée de Bien" impose-t-elle que le Bien soit préférable au Mal ?
. comment cette "Idée de Bien" se retrouve-t-elle DANS des actes ? je veux dire : qu'est-ce qui, concrètement, fait qu'un acte soit "bien" et un autre "mal" ?

Donc, non, vous n'avez pas pleinement répondu à la question subsidiaire ; vous avez annoncé votre réponse, vous avez annoncé la couleur, soit. Mais maintenant il faudrait l'explication, pas seulement le titre d'introduction.
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Re: Débats athées/théistes : réflexions méthodologiques.

Message non lu par ti'hamo »

> gentil athée

Bon, vous n'avez pas compris non plus mon paragraphe à propos de l'adultère... au temps pour moi, ça vous a fait écrire tout un long paragraphe un peu hors-sujet. Désolé, je vais essayer d'être plus clair :

. "attitude mensongère" ne veut pas dire qu'on cache l'adultère.
"Attitude mensongère" veut dire qu'on a fait mine d'être l'époux d'une personne, qu'on lui serait fidèle et qu'elle pouvait compter sur nous,
alors qu'on considère visiblement qu'il n'y avait pas d'engagement, qu'on ne s'est pas du tout considéré comme son époux, qu'on n'avait pas plus l'intention que ça de rester fidèle.

On peut tout à fait vivre publiquement une attitude mensongère : pour autant, elle est mensongère. Donc, le fait de ne rien cacher n'empêche en rien une attitude de ne pas être mensongère. C'est le fait de l'adultère qui révèle que ce qui a précédé ce fait était en fait une attitude mensongère.

Illustration : imaginez (et ce sont là des cas réels, ça existe) un homme qui séduit et épouse une jeune femme uniquement pour son argent. Elle, par contre, est persuadée d'être épousée par amour.
Plus tard, au moment de la mort des parents et de l'héritage, que sais-je, ou d'une manœuvre banquière, allez savoir,
les réelles intentions de l'homme se révèlent. Pour le coup, il ne les cache plus du tout, il a ce qu'il voulait.

Et bien, toute son attitude envers son épouse a bien été mensongère. Il est bien coupable de cette attitude mensongère. Même si maintenant il clame partout qu'il n'en voulait qu'à son argent et qu'il est bien content, même s'il ne le cache pas, son attitude était bien mensongère.


. "confiance trahie" fait référence au même fait.

. "confiance trahie", vous remarquerez, ne signifie pas nécessairement "confiance rompue".
Pour que la confiance soit rompue, ce n'est pas tellement qu'il faudrait que l'épouse considère la tromperie comme grave (de fait, elle l'est). Il faut surtout qu'elle ne veuille pas pardonner. L'épouse PEUT considérer la faute comme grave, et cependant ne pas rompre la confiance. si si.

. "avoir des sentiments et de la bienveillance" n'a JAMAIS empêché les attitudes égoïstes, encore moins d'utiliser autrui pour notre satisfaction propre.
(Le Mal commis pour le Mal, par volonté précise et explicite de nuire, ce n'est pas le Mal le plus courant ; la plupart du temps c'est avec pleins de chouettes sentiments, et avec un joli regard de bienveillance).

. "en se gardant bien de lui préciser" faisait référence au fait que l'homme en question n'a visiblement jamais pris la peine de préciser à son épouse qu'il entendait bien la tromper si jamais, un jour, lui en prenait l'envie.
Il ne semble pas non plus lui avoir précisé que l'engagement qu'il prenait en l'épousant n'était là que pour faire joli et n'avait, en soi, aucune valeur particulière.


. Vous êtes en train de nous expliquer que tromper sa femme peut être une attitude honnête, généreuse, digne, juste, et bonne. Et que cela peut se faire dans l'honnêteté, et la confiance, sans tromper personne.
Mais pourtant, on parle bien de "tromper son épouse", là.
“Il serait présomptueux de penser que ce que l'on sait soi-même n'est pas accessible à la majorité des autres hommes.”
[Konrad Lorenz]

Celui qui connaît vraiment les animaux est par là même capable de comprendre pleinement le caractère unique de l'homme.
[Konrad Lorenz]
Extrait de L'Agression
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