ti'hamo a écrit :> Le Mal
Vous dites que d'après vous, frapper quelqu'un est de toute façon par nature plus grave que tromper son épouse, et même que frapper quelqu'un, cela est "le Mal" alors que tromper son épouse, cela est un problème purement contractuel relevant du notaire plus que de la morale.
Vous aviez dit également qu'il en allait de même de tout mal que chacun de nous peut commettre tous les jours, tels que médisance ou calomnie (ce sont les exemples que j'avais proposé, et vous aviez bien confirmé que d'après vous il ne s'agit pas du tout du "Mal" dont vous parliez lorsque vous vous demandiez pourquoi dieu ne l'empêche pas).
La question est donc :
. POURQUOI cela est du mal pour vous, et ceci n'en est pas ?
La médisance, la calomnie, la moquerie,...rien de tout cela n'a à voir avec un quelconque contrat, et pourtant vous le rangez, de même que l'adultère, dans ce qui n'est pas du tout un Mal objectif.
. Cherchons donc un point commun à tout cela :
il n'y a aucune trace physique. Rien de tout cela n'est un mal physique.
Par contre, vous avez désigné précisément comme "Mal" : la torture, frapper quelqu'un, la maladie,...
. Donc, vous dites que le seul réel Mal objectif est le Mal physique, celui qui laisse des traces visibles avec les yeux.
Que l'adultère, le mensonge, la calomnie, la médisance, la moquerie, ne laissent pas de traces, personne je pense n'ira le prétendre.
. Donc, vous dites que le seul Mal objectif, réel, est celui qui laisse des traces visibles avec vos yeux,
et que tout ce qui fait du Mal sans laisser de traces visibles avec vos yeux, n'a rien à voir avec le Mal.
. C'est bien ce que vous avez dit.
Reste à préciser :
- Est-ce bien ce que vous vouliez dire ?
- Sur quoi fondez-vous ce principe ?
Bon, ça commence mal... L'adultère, en effet, n'a rien d'un mal en soi, sinon contractuel. Cependant, la médisance, le mensonge, la calomnie, la moquerie, sont bien des maux (même s'ils ne méritent pas d'être empêchés par une intervention divine). Pourquoi sont-ce des maux ? Parce qu'ils partent d'une mauvaise volonté : une volonté de faire du mal. La source objective de leur caractère mauvaix est donc la mauvaise volonté qui y préside. Notez que si quelqu'un vous crie : "Gros c...", cela va sur le coup vous offenser, mais si après vous comprenez que cette personne parle une langue étrangère, et que dans son langage, "Grokon" veut dire "Merci beaucoup !", et qu'elle ne sait pas que dans notre langage, le même arrangement de phonèmes a une toute autre signification, vous l'excuserez aisément et ne penserez pas qu'elle a commis quelque chose de mal. Donc dans les cas de ce genre, c'est essentiellement l'inclination de la volonté qui constitue le mal (remarquez que si un homme commet l'adultère
pour faire souffrir son épouse, il commet également un mal du même genre)
tihamo a écrit :> Vous répondez juste que, dans le mal moral, par opposition au physique,
la souffrance dépend des convictions de la victime (en gros) ; de son contexte socio-culturel.
Soit.
Ben, elle souffre quand-même, hein.
DONC, vous êtes en train d'affirmer que faire souffrir une personne n'est un Mal QUE SI vous êtes en mesure de comprendre pourquoi elle souffre.
C'est ce que vous avez dit. En tout cas, c'est le sens de ce que vous avez dit.
À nouveau, on demandera donc :
- est-ce bien ce que vous vouliez dire ?
- sur quoi fondez-vous ce principe ?
Non, ce n'est un Mal que si la souffrance de cette personne était recherchée à travers l'acte posé.
tihamo a écrit :> C'est amusant, d'après votre "démonstration" de la non-nocivité de l'adultère, escroquer les personnes âgées n'est pas du tout un Mal,
. du moment qu'ils ne sont jamais au courant.
. du moment qu'on leur laisse suffisamment pour vivre.
Et, en appliquant votre raisonnement,
celui qui serait coupable dans ce cas d'escroquerie, ce serait celui qui porte le cas à la connaissance de la victime (puisqu'alors il souffrira de sa condition de victime, alors qu'il n'en aurait pas souffert autrement).
ça aurait comme tendance à laisser entendre que votre raisonnement ne tient pas. Par l'absurde.
Deux remarques :
- Tout d'abord, l'argent escroqué était propriété des personnes âgées en question. Or usurper la propriété d'autrui est un mal. Le mari est-il la propriété de sa femme (et vis-et-versa, ce qui n'est pas sans poser de sérieux problèmes logiques par ailleurs...) dans le même sens ? Désolé, je ne crois pas que l'on puisse posséder quelqu'un, seulement quelque chose.
- Ensuite, qui vous dit que les personnes âgées en question, à un moment donné, n'auraient pas souhaiter faire un autre (et meilleur) usage de cet argent ? En l'escroquant, vous leur avez supprimé cette possibilité. Il y a donc bien une atteinte aux capacités de la personne, l'argent et autres biens pouvant être considérés comme des extensions de nos capacités propres (avec eux, on peut faire certaines choses qu'on ne peut pas faire sans eux).