Luis a écrit :Le pouvoir temporel en l'occurrence, celui qui doit rendre une décision d'embauche juste, j'estime que c'est précisément l'employeur.
1/ Le pouvoir temporel est celui qui est institué comme tel par la loi de la nation dans laquelle nous vivons, et quoiqu'il soit imparfait, il est légitime au regard de l'Église et de la loi de Dieu, dès lors qu'il ne s'oppose pas à l'ordre moral naturel, dans les principes concernés. Ainsi l'Église nous enjoint à l'obéissance au pouvoir temporel auquel nous sommes soumis, et même à aimer notre nation.
2/ Autant qu'on sache donc, en droit français, l'employeur à autorité pour discriminer sur les compétences d'une personne, en lien avec ses qualifications. Pas pour poser un discernement discriminatoire en fonction de ses convictions religieuses. C'est non seulement ainsi dans la loi française (donc le pouvoir temporel auquel est assujetti l'employeur), mais aussi dans l'ordre moral naturel que nous enseigne la doctrine de l'Eglise. L'employeur n'a aucune prérogative pour se substituer à la loi française, qui est parfaitement légitime du point de vue moral dans ce cas précis.
Luis a écrit :Je crois que c'est vous qui ne saisissez pas cet aspect du principe de subsidiarité, qui est qu'on ne met pas en place une autorité unique, composée de 30 sages
Non, par contre on institue des juges et des magistrats. Le principe de subsidiarité est celui qui reconnait une fonction légitime à l'autorité la plus apte à l'assumer. Il ne s'agit donc pas de dire bien entendu que la loi française impose qu'on embauche telle ou telle personne. En revanche la loi nationale, conformément à l'enseignement social de l'Eglise, est la mieux placée, en tant que pouvoir temporel, pour être garante du respect de la dignité humaine dans la société. Et elle s'exprime par ses organes de justice. On ne se fait pas justice soi-même. En outre, la discrimination sur l'appartenance religieuse ou la foi est une atteinte à la dignité humaine, comme nous l'enseigne la doctrine sociale, le catéchisme et bien sur en fond Dignitatis Humanae (ainsi que le texte de la congrégation pour la doctrine de la foi que j'ai collé dans le sujet sur mon engagement politique).
Pour résumer sur ce principe de subsidiarité, l'employeur a donc pour fonction légitime la sélection d'employés dont les compétences sont les plus adaptées à son entreprise, mais pas selon leur appartenance religieuse.
Luis a écrit :J'ai même tendance à penser que le niveau d'une autorité ne garantit en rien la qualité de la justice qu'elle rend (ça se discute)
Une autorité peut être injuste, elle n'en est pas moins légitime au regard de l'Eglise. En réalité ce qu'il faut qualifier ou non d'injuste ce sont les lois et principes qu'elle impose. Or la loi française sur la discrimination à l'embauche est parfaitement en accord avec la vérité enseignée par l'Eglise Catholique. Nous avons le devoir de nous y soumettre.
Luis a écrit :Et vous trouvez vraiment cette "instance officielle" légitime ?
S'agissant de la Halde ce n'est pas au sens propre une autorité légitime, mais ce qu'on appelle un médiateur qui, vous l'aurez compris, a justement ici pour but d'éviter de faire de la procédure, en informant officiellement ce monsieur qu'il commet une infraction à la loi (française et naturelle), dans le but qu'il ait au moins la possibilité de faire amende honorable et de lui donner une chance de ne plus reproduire cette injustice. Comme déjà dit maintes fois : rappeler la loi c'est aussi ça la charité.
Luis a écrit :D'autre part, cette idée d'"objection de conscience" doit toujours être reliée à la vérité. Par exemple, y a-t-il objection de conscience qui tienne quand il s'agit de refuser de transfuser des témoins de Jéhovah ?
Quant à la question de l'objection de conscience, elle s'applique, toujours d'après l'enseignement de l'Eglise, à tout un chacun, fut-il dans l'erreur totale en matière de foi. L'enseignement de l'Eglise est clair : nul homme ne doit avoir à subir une forme quelconque de coercition envers sa conscience, qui doit trouver librement son chemin vers la foi et la vérité. La liberté de culte et de pratique religieuse en découle, dès lors qu'elle ne porte pas atteinte immédiate au respect de la vie humaine.