La femme dans le catholicisme

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Sofia
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La femme dans le catholicisme

Message non lu par Sofia »

Bonjour,
Je reprend (en le modifiant) un message initialement publié dans le fil sur la polygamie. Je disais en gros que parfois (souvent ?), la Bible et le Coran montrent une même conception de la femme; disons que c'est ainsi que je le ressens.

Je cite donc saint Paul :
Pendant l'instruction, la femme doit garder le silence, en toute soumission. Je ne permets pas à la femme d'enseigner ni de faire la loi à l'homme. Qu'elle garde le silence. C'est Adam en effet qui fut formé le premier, Ève ensuite. Et ce n'est pas Adam qui se laissa séduire, mais la femme qui, séduite, se rendit coupable de transgression. Néanmoins elle sera sauvée en devenant mère, à condition de persévérer avec modestie dans la foi, la charité et la sainteté.
Épître à Timothée, chapitre 2, vv 11-15

Voici ce que ce texte m'inspire (faussement ?) :
>> Déjà, mais la faute en revient peut-être à la traduction, le ton de l'apôtre parait dur : "je ne permets pas", "qu'elle garde le silence", "en toute soumission" (à qui, à quoi ?)...
>> Je ne vois pas pourquoi une femme ne pourrait pas enseigner à son époux.
>> La remarque qui me gêne le plus : "C'est Adam en effet qui fut formé le premier, Ève ensuite". Comme j'ai peur de faire un faux-sens, je vous le demande : que sous-entend t-il ? Que les femmes sont un produit de seconde main ?
>> L'idée qu'Ève la pécheresse a entrainé l'homme dans sa chute (d'ailleurs je souris toujours en lisant la remarque d'Adam "C'est pas moi, c'est Ève qui...").
>> "Elle sera sauvée en devenant mère". La femme n'a t-elle donc pas d'autre rôle que d'enfanter ? Raistlin remarque que "l'Eglise a exalté la femme en la personne de la Vierge Marie." J'aurai plutôt dit que l'Église exalte la mère (du Christ). Des catholiques de ma connaissance appellent par exemple Marie leur "maman du Ciel".
>> J'ajoute le passage où saint Paul demande aux femmes d'obéir à leurs maris (et aux maris d'aimer leurs femmes, je ne l'oublie pas) et de garder à l'esprit que le mari est le chef de sa femme. Dis comme ça...
Raistlin a écrit :En outre, vous oubliez que la Bible s'interprète. Ainsi, les passages peu élogieux pour les femmes, tel qu'il peut y en avoir dans l'AT, sont à lire à la lumière du Christ ressuscité dont saint Paul nous dit qu'en lui, il n'y a plus de disctinction homme/femme, bref qu'il y a une égale dignité.
Certains passages de l'Ancien Testament s'interprètent, mais alors, comment ? Puisque que la Bible dans son ensemble est inspirée, quel message a voulu faire passer l'Esprit-Saint à travers les paroles parfois très dures des différents auteurs ?
Je note le passage de Galates.
Raistlin a écrit :Des saintes ont été proclamées "Docteur de l'Eglise".
Oui, trois : sainte Thérèse d'Avila, sainte Catherine de Sienne et sainte Thérèse de Lisieux. Trois pour une trentaine d'hommes, et elles n'ont fait leur entrée dans ce "groupe" qu'à partir de 1970.

J'ai consulté le CEC http://www.intratext.com/IXT/FRA0013/_P7Z.HTM :
2333 Il revient à chacun, homme et femme, de reconnaître et d’accepter son identité sexuelle. La différence et la complémentarité physiques, morales et spirituelles sont orientées vers les biens du mariage et l’épanouissement de la vie familiale. [...]
2334 " En créant l’être humain homme et femme, Dieu donne la dignité personnelle d’une manière égale à l’homme et à la femme " ( :) ) (FC 22 ; cf. GS 49, § 2). " L’homme est une personne et cela dans la même mesure pour l’homme et pour la femme, car tous les deux sont créés à l’image et à la ressemblance d’un Dieu personnel " (MD 6).
2335 Chacun des deux sexes est, avec une égale dignité, quoique de façon différente, image de la puissance et de la tendresse de Dieu. [...]

Concrètement, c'est quoi les différences morales et spirituelles (je passe sur les physiques) entre hommes et femmes ?

Cordialement,

PS : je n'ai pas évoqué tous les points positifs (interdiction polygamie/répudiation; pas de mariage sans le consentement libre de la femme; rôle important des femmes dans l'Evangile etc.), parce qu'ici c'est la section apologétique.
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Re: La femme dans le catholicisme

Message non lu par gerardh »

______

Bonjour,

Je citerai 1 Pierre 3, 7 : Pareillement, vous, maris, demeurez avec elles selon la connaissance [ou avec compréhension], comme avec un vase plus faible, [c’est-à-dire] féminin, leur portant honneur comme étant aussi ensemble héritiers de la grâce de la vie, pour que vos prières ne soient pas interrompues.


_________
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Re: La femme dans le catholicisme

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Personnellement j'attend de voir également les réponses a ce sujet! :roule:
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ti'hamo
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Re: La femme dans le catholicisme

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Pour faire dans le désordre (désolé, pas l'esprit assez reposé pour arriver à en sortir un exposé clair, et tout mettre sous les yeux en vrac aidera plus à tirer quelque chose) :

. Pourquoi toujours cet espèce de mouvement de recul, de pinaillage, de protestations, de femmes, à l'idée d'être exaltée en tant que mère ? Restes de féminisme mal balayés ? Je veux dire : un homme irait-il se vexer et se plaindre d'être encouragé et invité à s'accomplir en tant que père et à être exalté en tant que Père ?
Si Marie a été exaltée en tant que "mère de", alors que dire de St Joseph, "père de", si effacé ?
(petit sujet récurrent d'exaspération personnel, désolé... :saint: )

. D'ailleurs, un sujet comme "la femme dans..." risque toujours d'avoir des relents de féminisme.
Si vous ne voyez pas pourquoi, considérez la proposition d'ouvrir un fil "l'homme (pas l'Homme, mais l'homme) dans le catholicisme". Oui, bizarre, non ?

. Ne s'agirait-il pas plutôt des relations, des liens, entre l'homme et la femme ?
En tout cas, dans ce que vous dites, il en est question.
Plus que "la femme dans..." il s'agit donc plutôt des "relations entre homme et femme dans...", ce qui est différent.

Vous remarquerez donc justement que ce que vous citez rapidement en "points positifs" sont bien plus que des "interdiction, rôle", etc... Mais sont justement l'expression, ou une partie de l'expression de la vision chrétienne (catholique ?) des liens entre homme et femme.


. À ce sujet, les documents de tous les papes récents (Pie XII, Paul VI, Jean-Paul II, Benoît XVI) donne une haute idée du mariage, insistent sur la complémentarité de l'homme et de la femme, sur leur égale dignité, sur la façon dont ils s'aident mutuellement à leur sanctification.
Dans la "Lettre sur la collaboration de l'homme et de la femme", Benoît XVI note par exemple que le mot hébreux traduit par "aide" dans la Genèse, quand il est dit que Dieu va créer à l'homme une "aide qui lui corresponde", est un mot qui désigne "l'aide qu'on ne peut attendre que d'un semblable", et qu'ailleurs dans la Bible on ne retrouve ce mot que pour désigner l'aide apportée par Dieu au peuple élu.




. J'ai moi-même du mal avec les propos de Saint Paul lorsque dans certains passages il semble donner du mariage une image assez restrictive, semble dire que le mariage serait une sorte de pis-aller pour éviter au moins d'être fornicateur.
. D'un autre côté, il dit aussi "hommes, aimez votre épouse comme le Christ aime l'Église", ce qui est tout de même assez fort.
. De la même façon, j'ai également du mal avec ce qu'il semble dire ici (que la femme seule a été séduite et a chuté)
. ...Mais en Corinthiens il dit également : "Cependant, ni l'homme n'est sans la femme, ni la femme sans l'homme. Car, comme la femme a été tirée de l'homme, ainsi l'homme est par la femme."

. Il semble donc osciller entre une haute idée du lien entre homme et femme, d'une part, et d'autre part une vision assez pessimiste et rigoriste. Peut-être le fait de toute personne ayant charge de communautés - qui voit ses grandes et belles idées confrontées à la réalité plus prosaïque et plus mesquine de ses ouailles en chair et en os ? :/

. Je préfère effectivement ce qu'en dirait un Saint François de Sales, quelques siècles plus tard.



. Si elles n'ont pas toutes été déclarées docteurs de l'Église, cependant l'histoire de l'Église compte pas mal de saintes, montrées en exemple, qui sont instrument de la conversion de leur époux ; que ce soit à l'époque des premiers chrétiens, dans l'empire romains, ou chez les tribus qui viennent le supplanter ; ou plus tard encore, aux XVIIe, XIXe...


. Un homme et une femme, ça ne fonctionne pas pareil, ça n'a pas la même psychologie, la même façon d'appréhender la réalité, de comprendre ou d'exprimer l'amour... donc pas non plus la même vie spirituelle.
C'est un fait. Si si. :>
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Re: La femme dans le catholicisme

Message non lu par ti'hamo »

...L'image, le rôle, de la femme, dans le catholicisme, serait donc plutôt la complémentarité avec l'homme, leur rôle de sanctification mutuelle,
l'Église insiste beaucoup sur le fait que l'amour conjugal soit image de l'amour trinitaire ("image" non pas au sens de "métaphore", "symbole", mais bien de "reflet", "écho", au même sens en fait que l'Homme est à l'image de Dieu).
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Re: La femme dans le catholicisme

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Bonsoir,

Des éléments de réflexion dans cette discussion sur la prêtrise des femmes : http://www.cite-catholique.org/viewtopi ... 738#p80738 (assez long débat qui suit pour approfondir la question de la nature féminine).

Autre contribution que j'avais tenté sur la différence Hommes/Femmes : http://www.cite-catholique.org/viewtopi ... 820#p81820 (mais qui amène plus des questions que des réponses)

Le vrai fond de la réflexion c'est de partir de ce que nous sommes physiquement, pour en déterminer notre fonction symbolique dans l'ordre anthropologique. Alors, suivant cela, les textes de Saint Paul s'éclairent d'une lumière nouvelle.
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Re: La femme dans le catholicisme

Message non lu par Sofia »

@ gerardh : que faut-il comprendre par "vase plus faible" ?

@ ti'hamo
. Pourquoi toujours cet espèce de mouvement de recul, de pinaillage, de protestations, de femmes, à l'idée d'être exaltée en tant que mère ?
Que la femme soit exaltée en tant que mère ne me gêne pas, au contraire; l'idée qui me bloque est qu'elle ne soit exaltée que dans ce rôle. Qu'elle se réduise, pour reprendre la charmante expression d'un ministre japonais pas catholique pour un sou, à être "une machine à faire des enfants"; pour forcer la note, "si tu n'es pas mère tu n'es rien".
Donc, dans ce passage de saint Paul, je pinaille parce qu'il dit "elle sera sauvée en devenant mère". Et donc, il leur arrive quoi aux "pas mères" ?

Dans la "Lettre sur la collaboration de l'homme et de la femme", Benoît XVI note par exemple que le mot hébreux traduit par "aide" dans la Genèse, quand il est dit que Dieu va créer à l'homme une "aide qui lui corresponde", est un mot qui désigne "l'aide qu'on ne peut attendre que d'un semblable", et qu'ailleurs dans la Bible on ne retrouve ce mot que pour désigner l'aide apportée par Dieu au peuple élu.
C'est confus dans mon esprit, donc désolée si je ne suis pas claire, mais j'ai comme l'impression que l'homme (le mâle) c'est "l'humain de base", le "vrai" être humain, et que la femme c'est une "sous-espèce" (pas dans le sens inférieure). La voir comme "une aide" va un peu dans ce sens...
Rhôô c'est vraiment incompréhensible ce que je raconte, et je ne sais pas si ça contient un petit fond de vérité ou non.

. Je préfère effectivement ce qu'en dirait un Saint François de Sales, quelques siècles plus tard.
Et que dit-il ?

. Un homme et une femme, ça ne fonctionne pas pareil, ça n'a pas la même psychologie, la même façon d'appréhender la réalité, de comprendre ou d'exprimer l'amour... donc pas non plus la même vie spirituelle.
C'est un fait. Si si. :>

Des exemples concrets, mon cher, des exemples concrets.

Cordialement,
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Re: La femme dans le catholicisme

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Et merci à Pneumatis de me fournir un peu de lecture ;)
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Re: La femme dans le catholicisme

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Sofia a écrit :Que la femme soit exaltée en tant que mère ne me gêne pas, au contraire; l'idée qui me bloque est qu'elle ne soit exaltée que dans ce rôle. Qu'elle se réduise, pour reprendre la charmante expression d'un ministre japonais pas catholique pour un sou, à être "une machine à faire des enfants"; pour forcer la note, "si tu n'es pas mère tu n'es rien".
Donc, dans ce passage de saint Paul, je pinaille parce qu'il dit "elle sera sauvée en devenant mère". Et donc, il leur arrive quoi aux "pas mères" ?
Bonsoir Sofia,

Il faut faire très attention à ce qu'on entend par "mère". Bien entendu, la plénitude de la maternité s'exprime dans le fait d'enfanter un fils d'Adam. Pour autant cela ne défini pas ni ne limite la maternité. Pour le comprendre il faut se replacer dans notre vocation d'être humains, esprits incarnés, créatures du Père, faisant l'expérience de la chute en vivant ce monde en vue de notre rédemption. Les humains, en même temps qu'ils font l'expérience pour eux-même de cette humanité, en sont les témoins pour les autres, en représentant certains aspects de cette humanité.

L'union de Dieu et de l'Homme en Jésus Christ est la clé de compréhension. Ainsi la véritable maternité c'est essentiellement d'être la matrice du Verbe. Tout individu a en lui cette disposition à recevoir en lui la grâce de Dieu, et donc à être fécondé par elle. En ce sens, tout homme a cette maternité à jouer.

Mais dans l'ordre sensible, l'homme et la femme sont différenciés pour mieux représenter cette alliance de Dieu avec l'Homme. Dans ce "jeu de rôles", le "monsieur" joue alors le rôle de la nature divine (Père), tandis que la "dame" joue le rôle de la nature humaine (Mère) pour engendrer le Vrai Homme (qui serait aussi vrai Dieu si le Père en question était un vrai Père, à savoir Dieu).

Ainsi les femmes ont cette vocation toute particulière à la maternité, c'est-à-dire à témoigner dans leur vie individuelle de femmes de l'extraordinaire fécondité de la grâce divine dans l'Homme en général. Vous comprendrez alors que cette fécondité n'a pas comme seul expression possible la procréation. Pour donner un exemple, Mère Teresa a parfaitement répondu à sa vocation de femme-mère, si je peux me permettre.
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Re: La femme dans le catholicisme

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Disons qu'on trouve souvent des femmes qui râlent de "n'être exaltées qu'en tant que mère" (même si elles ne le disent pas de cette façon), ...et ensuite, dans d'autres circonstances, ne vont pas se faire prier pour jouer sur le fait que l'homme, lui, n'aura jamais la capacité à enfanter. hehe.


Mais en réalité, si on regarde bien : hommes et femmes nous sont présentés en modèle, que ce soit dans les évangiles ou dans les vies de saints, comme modèle de vie donnée à Dieu, modèles de témoignage, modèles de charité, de force, de piété... Jamais il n'est dit que "l'homme" ou "les hommes" sont modèles de ceci, et que les femmes en soient écartées ; on voit une cohorte, un cortège, de chrétiens, hommes et femmes, dont les vertus modèles nous sont présentées.

Il serait donc faux de dire que les femmes ne seraient là exaltées QUE en tant que mères. C'est juste que ce qui est le plus spécifique, de la façon la plus évidente, à la femme, c'est d'être mère ; et ce qui est le plus spécifique, de la façon la plus évidente, à l'homme, c'est d'être père.
Donc, tout Homme, tout chrétien, qu'il soit homme ou femme, peut être "exalté" pour telle ou telle vertu, action, prière, et on n'insiste pas alors sur le fait qu'il soit homme ou femme.

Mais, là où on va se mettre à préciser qu'on ne parle que des hommes, ou que des femmes, c'est évidemment quand il est question de paternité et de maternité.



Après tout, je pourrais tout aussi bien, moi, râler et me plaindre, en disant que la spécificité de la femme a été reconnue et exaltée et louée régulièrement depuis si longtemps,
alors que le père, le rôle du père, la paternité, restent souvent dans l'ombre et ne donnent pas lieu à toute cette débauche de louanges un brin exaltées, hein. :roule: :-D




Je reviens sur "l'aide" : Benoît XVI note que que le mot "aide" employé désigne "l'aide qu'on ne peut recevoir que d'un semblable", et qu'il n'est employé ailleurs que pour désigner l'aide apportée par Dieu au peuple élu. Je ne sais pas en quelle langue vous le dire : la femme est donc désignée comme "aide" et soutien de l'Homme de la même façon que Dieu serait l'aide et le soutien du peuple élu.
D'ailleurs, vous noterez que dans les propos de certains prophètes (Osée, non, je crois ?), Dieu lui-même se compare à une femme fidèle délaissée par son époux volage qui va voir les prostituées (cela parce que des cultes païens se répandaient dans le peuple élu).



Peut-être, finalement, montrez vous là, justement, la tentation qu'il y a à refuser les liens tels que les a créé Dieu :
. la femme dit "moi, une aide ? c'est quoi, ça ? un humain de seconde zone, hein, c'est ça ? nan mais et sans l'homme, sans référence à l'homme je suis rien, c'est ça ? je suis bien assez grande, je suis déjà beaucoup, je suis déjà tout par moi-même, alors quel besoin de parler de moi en référence à l'homme ?"

. et l'homme se dira "moi ? besoin de la femme ? comme soutien, aide, égale ? nan mais et puis quoi encore ? une bonne femme ? j'aurais besoin d'une femme comme aide sinon je tombe ? vachement viril, ça, merci les mecs ! nan mais c'est bon je me débrouille très bien sans elle, j'ai pas besoin de son aide, je peux faire que je veux tout seul, hein."

Et plouf.

On veut être soi-même par soi-même en soi-même, sans être défini dans (et par) une relation. Manque de bol, Dieu lui-même est un en trois personnes qui ne sont définies justement qu'en étant en relations : le Père engendre le Fils leur amour mutuel engendre l'Esprit.

Ca ne veut pas dire qu'une femme ou un homme n'est rien hors de cette relation : encore une fois, regardez, les saints qui nous sont présentés en exemple, sont aussi bien des saints que des saintes. Qu'ils soient pères, mères, prêtres, religieuses, d'ailleurs.



Maintenant, comme le dit bien Pneumatis, si par "maternité" on entend "machine à faire des enfants", alors on n'a juste rien compris à ce que c'est que la maternité. C'est exactement comme comprendre "épouser, relations conjugales" comme "coucher ensembles" : a de ça, certes, mais ça ne se résume pas à ça.
La fécondité du couple, ça n'est pas uniquement "faire des enfants" (ça peut même, malheureusement, être une fécondité vraie sans enfants). De même la fécondité de la personne.




Dans le récit de la Genèse, moi je note surtout la grande pédagogie de Dieu qui, plutôt que d'amener directement la femme et l'homme face à face, laisse d'abord "mariner" l'homme un moment, l'air de rien : "tiens, balade toi dans ce grand parc de la Création, goûte à tout, mange de tout, regarde les petits zanimos, amuse toi bien, salut !" - et l'homme se rend compte qu'il est seul.
Malgré que, notez bien, il ait toute la création à sa disposition, avec ce lien d'harmonie entre cette création et lui que nous avons perdu, il dispose d'une relation privilégiée à Dieu (tout de même !), mais... il est seul.
Et paf, Dieu le présente à la femme.
Histoire de bien faire sentir, réellement, tout ce qu'est, tout ce que sera, la femme pour lui ; tout ce qu'elle lui apporte ; d'ailleurs il ne s'y trompe pas : "vraiment, voilà la chair de ma chair, l'os de mes os".

Amener la femme et lui dire : "voilà une aide qui t'es semblable", c'est une chose ; faire d'abord sentir toute la solitude, l'incomplétude (aurait-on, j'insiste encore, toutes les merveilles du monde à sa disposition, aurait-on une spiritualité à toute épreuve), de l'homme sans la femme, c'est tout de même plus fort.


De là ce qu'en dit St Paul :
"Cependant, ni l'homme n'est sans la femme, ni la femme sans l'homme. Car, comme la femme a été tirée de l'homme, ainsi l'homme est par la femme."
Je remarque que vous "râlez" exclusivement sur le premier membre de la phrase ; pas sur le deuxième ; ça ne vous pose donc pas un problème, que l'homme soit "par la femme" ? :saint:
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Re: La femme dans le catholicisme

Message non lu par Pneumatis »

Ti'Hamo, j'adore votre façon de raconter la Genèse. Je vous vois très bien faisant le catéchisme... :>
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Re: La femme dans le catholicisme

Message non lu par Sofia »

Ti'hamo (io solo ti amo in fondo un uomo),

Je pinaille, hé oué : pourquoi saint Paul dit aux femmes qu'elles seront sauvées en devenant mères, et qu'il ne le dit pas aux hommes ? (pensée de Ti'hamo : mais faut le lui dire comment pour qu'elle comprenne, celle-là ?)
Et là, pratiquement, dans la vie de tous les jours, comment la phrase "la femme doit obéir à son mari" est-elle mise en application ? Ça implique quoi ? Que les décisions du pater familias priment ?
>> Exemple : Madame veut que la petite dernière aille dans l'école maternelle du quartier, mais Monsieur tient à l'envoyer dans une autre école plus éloignée mais mieux vue. Dans ce cas, la femme doit se plier à la décision de son mari ou pas ?

Donc, tout Homme, tout chrétien, qu'il soit homme ou femme, peut être "exalté" pour telle ou telle vertu, action, prière, et on n'insiste pas alors sur le fait qu'il soit homme ou femme.
D'accord d'accord.
Peut-être, finalement, montrez vous là, justement, la tentation qu'il y a à refuser les liens tels que les a créé Dieu :
. la femme dit "moi, une aide ? c'est quoi, ça ? un humain de seconde zone, hein, c'est ça ? nan mais et sans l'homme, sans référence à l'homme je suis rien, c'est ça ? je suis bien assez grande, je suis déjà beaucoup, je suis déjà tout par moi-même, alors quel besoin de parler de moi en référence à l'homme ?"

. et l'homme se dira "moi ? besoin de la femme ? comme soutien, aide, égale ? nan mais et puis quoi encore ? une bonne femme ? j'aurais besoin d'une femme comme aide sinon je tombe ? vachement viril, ça, merci les mecs ! nan mais c'est bon je me débrouille très bien sans elle, j'ai pas besoin de son aide, je peux faire que je veux tout seul, hein."

Et plouf. [...]

De là ce qu'en dit St Paul :
"Cependant, ni l'homme n'est sans la femme, ni la femme sans l'homme. Car, comme la femme a été tirée de l'homme, ainsi l'homme est par la femme."
Je remarque que vous "râlez" exclusivement sur le premier membre de la phrase ; pas sur le deuxième ; ça ne vous pose donc pas un problème, que l'homme soit "par la femme" ? :saint:
Vous parlez de ce passage là ?
L'homme, lui, ne doit pas se couvrir la tête, parce qu'il est l'image et la gloire de Dieu ; quant à la femme, elle est la gloire de l'homme. Ce n'est pas l'homme en effet qui a été tiré de la femme, mais la femme de l'homme ; et ce n'est pas l'homme, bien sûr ( :/ ), qui a été créé pour la femme, mais la femme pour l'homme. Voilà pourquoi la femme doit avoir sur la tête un signe de sujétion, à cause des anges. Aussi bien, dans le Seigneur, ni la femme ne va sans l'homme, ni l'homme sans la femme ; car, de même que la femme a été tirée de l'homme, ainsi l'homme naît par la femme, et tout vient de Dieu. Première Épitre aux Corinthiens, chapitre 11, vv 7-12.

J'attends avec angoisse les foudres de Ti'hamo. <:

Cordialement,
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ti'hamo
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Re: La femme dans le catholicisme

Message non lu par ti'hamo »

Ben, là, je vois pas quoi vous répondre : j'ai déjà dit que ces passages de St Paul me posent problème aussi, et que je m'étonne qu'il semble avoir par moments une vision aussi rigoriste et une telle méfiance des femmes,
alors qu'en d'autres passages il donne du lien entre homme et femme de très belles définitions.

Donc, si vous ne me citez que les passages dont j'ai dit que ça me chiffonnait, je vois pas bien quoi d'autre ajouter... :oui:


Ceci étant, donc, "la femme dans le catholicisme", ça ne se résume pas à 3 passages de St Paul, séparés d'une part de ce qu'il a dit par ailleurs, d'autre part de toute la tradition de l'Église et du catéchisme de l'Église.

Sinon, le sujet doit s'appeler : "l'image de la femme et du mariage dans les écrits de St Paul : bon, il en pense quoi, au juste?" :-D
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Re: La femme dans le catholicisme

Message non lu par jeanbaptiste »

Juste un petit point, légèrement à côté du sujet, qui me semble important : l'homme et la femme en relation.

Nous sommes des êtres de relation, qui agissons ensemble, fondamentalement. Parce que le monde moderne est un monde qui glorifie l'égocentrisme, l'individualité, l'auto-didactisme etc. Nous sommes devenus incapables de supporter l'idée que nous puissions être des êtres en dépendance des autres êtres.

Étrangement, le monde moderne c'est le règne du machisme, y compris chez les femmes. Alors que le catholicisme c'est le règne du DON.

Nous sommes des êtres de relation : nous avons besoin d'amis, d'enfants, d'animaux, de personnes âgées etc. avec nous. Et quand nous sommes seuls nous sommes toujours avec notre pensée, en pensée avec des personnes qui nous sont chères, avec Dieu etc.

La personne qui n'est avec personne, sans pensée, sans amis, sans Dieu, est dans la désolation.

Si la solitude est le lieu de rencontre de Dieu (la vie), la désolation est un lieu de mort.

La nécessité de ce besoin de relations reposé, nous comprenons mieux de quoi les drogues (alcool, canabis, internet...) sont les paliatifs.

Cette nécessité reposé, nous acceptons mieux de reconnaître les forces et les faiblesses de l'homme et de la femme, leur possibilité de se compléter etc.

Je reviens maintenant au sujet. ;)

Il y a des comportements fondamentalement différents entre l'homme et la femme. Des comportement et des différences physiques. Personne ne peut le nier.

Ainsi l'homme est-il généralement plus musclé et dispose-t-il de manière innée d'un désir de "combattre".
Par combattre il ne faut pas entendre nécessairement "compétition" etc. Juste le fait que l'homme est prédisposé à prendre les armes.

Je m'explique : étant petit, et aujourd'hui encore, j'ai toujours été effrayé par les bagarres et n'ai jamais vraiment été intéressé par la compétition, le sport etc. Pourtant, j'aimais regarder des films de guerre et jouer au ninja (ce genre de trucs). Très tôt je me suis rendu compte qu'il y avait là une sorte de contradiction.

N'étant pas une femme, je ne vais pas improviser sur ce qui me semblerait être des comportements quasiment innés etc.

Continuons sur l'homme. Le monde moderne est extraordinairement désireux de "paix". Il veut la paix. Plus de guerre, plus de bataille, la violence c'est mal etc. Ce n'est certes pas pour autant que l'occident est complètement nettoyé de la violence, d'autres formes de violences ont pris le dessus. Mais la guerre est pensée comme définitivement injuste.

Évidemment, ça n'est pas complètement pour me déplaire. Mais les féministes ont-elles seulement un moment réfléchie à ce que cela signifiait ? Ces mouvements qui viennent gentiment nous expliquer que la femme est brimée et l'homme toujours au pouvoir n'ont pas encore compris que tout l'occident contemporain violente les valeurs "traditionnelles" de la virilité (même le terme de virilité est devenu en lui-même suspect, c'est dire !), car ancrée dans la nature même de l'homme ?

La situation des hommes n'est pas meilleures que celle des femmes, j'ose même le dire : elle est pire.

Car la nature même des femmes n'est pas trop bafouée à notre époque.

Celle des hommes, complètement. L'autorité du père, la musculature, me devoir de défendre, tout cela nous renvoie à quoi ? Pensez aux pires crimes du monde modernes : viol, pédophilie, guerre, violence conjugale (physique). Une affaire majoritairement d'hommes.

Le seul crime principalement "féminin", l'avortement, est considéré comme un progrès du droit des femmes.

L'homme, la virilité (qui est le pendant de la féminité), sont des termes qui ont une connotation négative. Un "éloge de la féminité" ? Audible. Un "éloge de la virilité", parfaitement inaudible.

Les femmes subissent des injustices sur le plan social, c'est un fait (mais avouons que la situation s'est franchement améliorée en peu de temps), et c'est un fait reconnu.

Les hommes sont méprisés dans leur nature, c'est inaudible. Pourquoi inaudible ? Parce que cela ne passe pas pour du mépris mais pour une manifestation de justice.

Et tout cela pourquoi ? Parce que nous avons perdu l'idée que l'homme et la femme sont des êtres de relation.

La femme, une aide faite à l'homme ? Mais nous en avons la preuve ! Maintenant que la relation homme/femme est brisée, que reste-t-il ? Des femmes qui se sentent parfaitement libres, et des hommes paumés. L'homme a besoin de la femme sans doute plus que la femme a besoin de l'homme. Pas sur le plan "sentimental", mais sur celui de la "complétion" de leur nature. Sans la femme il manque toujours à l'homme quelque chose (qui a été tirée de lui), mais la femme (tirée de l'homme) est complète en elle-même, rien n'a été tirée d'elle.

Cependant, il y a un "hic", cette parfaite liberté des femmes brise le sens de la maternité. Sans les hommes, la maternité n'est pas le lieu de la rencontre avec autrui qui produit quelque chose d'autre que moi, cela devient le lieu de la pure volonté de la femme, lieu parfaitement "contrôlé" par elle. Dans ce contexte, l'idée que l'on puisse chercher des spermatozoïdes dans des banques de spermes et faire un enfant seule, l'idée que l'on puisse avorter au nom du contrôle de son corps etc. est prévisible. Nous connaissons ces provocations féminines amusées disant que l'on aura bientôt plus besoin des hommes pour procréer etc. que les hommes ne servent plus à rien etc.

Pour résumer : l'homme a dans sa nature même besoin du contact avec la féminité pour se compléter ; la femme, elle, n'a pas besoin de compléter sa nature, elle a besoin de l'homme pour donner sens à son rôle de mère, et ne pas sombrer dans les crimes qui lui sont spécifiques.

D'où les propos de Saint Paul : «femmes soyez soumises à vos maris, comme il se doit dans le Seigneur. Maris, aimez vos femmes et ne vous aigrissez pas contre elles.» Col 3.18

Je vais tenter une lecture peut-être peu orthodoxes, n'hésitez pas à me corriger :

La femme doit se soumettre à l'homme comme l'Homme doit se soumettre à Dieu.

Comment relier cela à ce que je viens de dire ? Que doit-on comprendre ?

Peut-être devons-nous comprendre que par sa nature pécheresse et libre l'Homme, s'il a un désir et un besoin de Dieu, n'a pas besoin de Dieu pour compléter sa nature. Il ne doit pas compléter sa nature pécheresse, il doit la transcender. Or, Dieu Lui a besoin de l'Homme pour compléter sa nature. Dieu Amour a besoin d'une Création à son image pour compléter sa nature.

Or qui de Dieu et de l'Homme se soumet ? C'est l'Homme qui se soumet.

Avec l'homme et la femme nous sommes dans le même schéma. Si la femme doit se soumettre c'est le signe que l'homme a besoin de la femme pour compléter sa nature, sa nature exige la présence de la femme. Mais la femme n'a pas besoin de l'homme pour compléter sa nature qui est déjà complète, elle a besoin de son amour pour se transcender et réaliser pleinement sa maternité qui dépasse sa nature, qui la transcende.

Voilà quelques idées éparses sur le sujet et développées au fil de l'écriture. Je ne pensais pas en arriver là en partant, aussi est-il fort possible qu'il y ai beaucoup d'erreurs dans ce que je viens de dire. N'hésitez pas à me corriger.
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Re: La femme dans le catholicisme

Message non lu par Pneumatis »

Le texte que vous citez, Sofia, est très mystérieux et je ne le lis pas comme un enseignement social, mais anthropologique. Si ça peux vous aider, comme ça l'a fait pour moi, je remplace les mots "homme" et "femme" par "masculin" et "féminin". Ainsi, il faut surtout lire ce passage comme une leçon d'anthropologie chrétienne. Qu'est-ce que le vrai Homme ? C'est l'imitateur du Christ. Le Christ est la synthèse (le chef/la tête) de l'humanité complète (ontologiquement, s'entend), figurée par le masculin. Et cette humanité complète est elle-même la synthèse (le chef/la tête) de l'humanité différenciée, subjectivée, duelle, figurée par le féminin.

Saint Paul nous apprend alors la signification de la tête (le chef) : c'est le point de rencontre avec le méta-quelque chose de ce qu'est la tête. La tête, le visage, c'est à la fois la synthèse de tout le corps, mais aussi le point de contact avec la réalité supérieure de ce corps. En la féminité, dualité, culmine comme méta-féminité, le masculin (totalité de l'homme). En le masculin, totalité, culmine, comme méta-tout, le Christ qui fait le lien avec ce qui culmine encore en lui : le Dieu treanscendant. Tout cela est une échelle verticale qui indique, avec des notions de masculin, féminin, Christ et Dieu, la relation de l'homme à ce qui le transcende.

Ce chapitre de la lettre aux Corinthiens est un cours sur la transcendance, qui emploi l'idée de "chef" (tête) pour enseigner ce qu'est le concept de transcendance et comment il est structuré dans l'Homme.

Ensuite, avec les histoire de voile (tête couverte ou non) il nous explique les polarités qui sont à l'oeuvre dans cette transcendance, et notamment la relation du visible et de l'invisible.

Il faut bien comprendre ça : Saint Paul n'enseigne pas des choses sur les bonnes pratiques de prière pour les hommes et les femmes. Comme on le voit, ces pratiques existaient déjà largement. Il se sert de ces rites que les hommes de son temps pratiquaient sans plus trop savoir pourquoi, pour leur redonner leur sens original et naturel.

Moi la phrase qui me défrise plus que tout c'est : La nature elle-même ne vous enseigne-t-elle pas que c'est une honte pour l'homme de porter les cheveux longs ? Non pas que j'ai les cheveux longs... ce n'est pas le propos. Mais ça ne vous interpelle pas vous ? C'est un fait de nature !!! Une tradition naturelle !!! Et lui ça lui parait totalement évident, quand nous il nous parait évident que la coiffure est le modèle même de la construction culturelle. Et on voit alors qu'on est complètement à côté de la plaque. Dieu nous a conçu avec un corps qui a du sens. La tête a du sens, les cheveux ont du sens. Cela fait parti de notre nature et cela répond à un besoin de sens. Et tout porte à croire que les cheveux ont un rapport avec la différenciation sexuelle, donc avec la structure anthropologique première.

C'est ce qu'enseigne ici Saint Paul, à des Corinthiens qui, bien que païens à l'origine, doivent comprendre mille fois mieux que moi ce qu'il leur dit. Parce que moi ça me laisse complètement sur les fesses, dans la perplexité la plus totale. Je me surprends parfois à contempler les cheveux de ma femme à son insu pendant de longues minutes, en me rappelant que chacun de ses cheveux est compté, et en me demandant surtout : mais qu'est-ce que le Seigneur a été nous mettre sur la tête ??? C'est d'ailleurs pourquoi j'ai renoncé à me coiffer le matin, je partais dans des considérations métaphysiques totalement incompatibles avec l'heure matinale. :D
Site : http://www.pneumatis.net/
Auteur : Notre Père, cet inconnu, éd. Grégoriennes, 2013
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