Gerald a écrit :After Asceticism: Sex, Prayer and Deviant Priests est un livre intéressant sur le sujet qui lie la crise actuelle avec la disparition de la tradition ascétique au profit des fumeuses "sciences" humaines et de l'approche psychologique et thérapeutique des déviances sexuelles.
En vente ici :
http://www.authorhouse.com/BookStore/It ... okid=35913
A la demande d'un modérateur, traduction (libre) de quelques extraits de la recension du Père Finigan dont je rappelle qu'il tient un excellent blog :
http://the-hermeneutic-of-continuity.blogspot.com/
Dans les années 30 à 50, le psychologue catholique Dom Thomas Verner Moore publia des recherches démontrant l’effet psychologique positif pour le clergé de la discipline ascétique. Ses article montraient un niveau très bas de pathologies psychiatriques dans le clergé, en se basant sur les données statistiques des hospitalisations. Moore montra que le développement des vertus morales et spirituelles reposait sur des pratiques ascétiques simples, comprenant la prière et la pénitence.
Malheureusement, son œuvre fut largement ignorée quand l’attention se tourna vers la psychologie à partir de la fin des années 60. A la place, les psychologues catholiques portèrent leur attention sur les abus de l’ascetisme qui contribuaient selon eux à la répression pathologique des instincts sexuels.Les hypothèses de la psychologie profane furent acceptées comme guides de la spiritualité des prêtres et ses conclusions appliquées à la formation sacerdotale dans et après le séminaire. Par exemple, au début des années 70, Eugene Kennedy, s’appuyant sur le modèle du développement personnel d’Erickson affirma que deux tiers des prêtres aux Etats-Unis étaient immatures psychologiquement en raison de l’absence de femmes et d’une capacité entravée à avoir des relations personnelles. « Après l’ascétisme » ne développe pas l’effet évident d’une telle affirmation dans la légitimation auprès du clergé d’une fragilisation des barrières qui avaient été vues jusque là comme une protection de leur chasteté et du développement de familiarités qui étaient considérées avant comme des occasions de péché. Les auteurs attirent l’attention sur une caractéristique incroyable des écrits de Kennedy : ils ignoraient les conduites sexuelles inappropriées du clergé, pourtant en plein développement.
La thèse principale du livre est que les habitudes de la prière, des pratiques ascétiques, incluant la mortification de la chair, la confession fréquente, le contrôle des fantasmes sexuels sont essentielles à la chasteté et à l’efficacité de la pratique pastorale du prêtre. Les livres classiques de spiritualité promeuvent le modèle de la vie ascétique.
Un grand nombre de pratiques ascétiques traditionnelles disparurent de la formation des prêtres au profit
Du développement psychologique intégral pour atteindre la « maturité psychosexuelle et affective », « le besoin d’intimité », permettre « l’apprivoisement de la sexualité » et tout un ensemble d’idéaux ambigus qui pouvaient coexister avec ce qui était auparavant considéré comme péchés mortels. Le seul vrai péché était maintenant la « répression ».
Via la prédication, la mentalité thérapeutique contribua à raccourcir la queue pour le confessionnal et à allonger celle pour la communion. Dans le catholicisme populaire, il n’était plus question de la possibilité de se damner pour un « péché mortel », encore moins un péché sexuel. Un prêtre que Kennedy considérait pleinement développé psychologiquement affirme que la masturbation n’est pas un péché, qu’il n’accepte pas « la théorie du péché véniel et mortel » et qu’il n’y a guère de culpabilité ou de péché associés à l’inconduite sexuelle.
Comme il est maintenant de notoriété publique, certain membre du clergé ont atteint leur « besoin d’intimité » dans des activités avec des adolescents qui donnent lieu aujourd’hui, pour les diocèses, à des compensations de plusieurs millions de dollars. Il faut noter que dans de nombreux cas, les prêtres qui se livrèrent à ces activités continuèrent à célébrer la messe. Il est éclairant de comparer cette inconduite du clergé avec celle du temps de la Réforme, qui au moins conservait la notion de sacrilège.
Une assertion essentielle d’ « Après l’ascétisme » est que le problème n’a pas été traité de façon adéquate par incapacité à en comprendre les causes. Dans une partie dont la lecture est douloureuse, les auteurs donnent de nombreux exemples d’excuses de ces pratiques, même après le début des scandales. Par exemple, un archevêque écrivit au Père John Geoghan, un agresseur tristement célèbre de centaines de victimes, « Votre vie a été une vie dédiée efficacement à votre ministère, malheureusement compromise par la maladie ». Comme le disent les auteurs, c’est l’usage de cette mentalité thérapeutique qui fournit une couverture morale pour le péché sexuel.
Pour avancer et s’en sortir, l’étude rejette la primauté donnée à la mentalité thérapeutique qui échoue prendre en compte le rôle de la dévotion religieuse et de la foi dans la vie du prêtre et n’a pas de vraie compréhension de la nature humaine, du péché originel et du libre arbitre. En se basant plutôt su la psychologie classique de la vertu, de la honte de faire le mal et de la joie de faire le bien, elle insiste sur le fait que l’espérance est au cœur du combat de la chasteté et que le célibat dans la chasteté est manifestation d’espérance pour les autres. Cette insistance sur l’espérance donne une place centrale à l’endurcissement de la volonté. Le Christ offre continuellement son appel : « Veux-tu prendre ta croix et me suivre ? » et comme le disent les auteurs « l’homme répond à cette question, soit oui soit non, par son comportement, et ce comportement est le résultat d’un choix entre le bien et le mal. »