pierrot2 a écrit : ↑lun. 03 août 2020, 21:46
C'est vous qui le dites, cher cmoi..
En effet, pour ce débat nous en sommes vous comme moi réduits à émettre des hypothèses et à être le plus cohérent possible avec ce que nous savons. A aucun moment je ne prétends que « c’est vrai », tout reste dans le subjectif, c’est évident. Je ne cherche qu’à démontrer que son « salut » est possible sans préjuger de son temps de purgatoire préalable avant de le rendre effectif.
pierrot2 a écrit : ↑lun. 03 août 2020, 21:46
cmoi a écrit : ↑lun. 03 août 2020, 17:15
Ce n'est pas ce que j'ai écrit.
Que cela lui ait semblé impossible, je conviens. Surtout le "semblé". Je vous accorde que Juda n'avait sans doute pas anticipé jusqu'où iraient les évènements de la passion.
Pourtant, c'est de son propre chef qu'il est allé comploter avec les juifs contre Jésus
Cela me va
pierrot2 a écrit : ↑lun. 03 août 2020, 21:46
Puisque vous aimez la psycho, vous devez connaître ce que sont les actes manqués..
Les juifs étaient dans la joie de cette trahison.
Juda pouvait bien cacher à sa conscience ses motivations profondes, mais ces motivations profondes étaient sans doute de faire disparaître Jésus, de manière brutale ou en prison. Cela ne change rien au fait qu'il voulait probablement le voir disparaître, consciemment ou non, d'une manière ou d'une autre.
Sur cette manière ou cette autre, la marge de manœuvre s'est rapidement réduite, car il avait eu, je crois, l'intention de le voir disparaître, ce qui n'est pas le cas des autres apôtres. N'eut-il pas eu cette intention, se serait-il senti autant responsable de sa mort?
C’est ici que se trouve notre principale divergence. Je ne vois pas quel intérêt il aurait eu à ce que vous affirmez, car Jésus était son « gagne-pain », son « faire valoir » vis-à-vis des foules, suite à cela il n’y aurait rien gagné.
Mon hypothèse, je croyais que vous la connaissiez car je l’ai déjà développée, c‘est qu’il était proche des zélotes, qu’il voulait voir Jésus triompher « politiquement », ce que tous croyaient et attendaient du futur Messie, ne parvenant pas à saisir sa mission spirituellement comme nous le faisons, ce qui explique bien des malentendus. Il avait participé au dimanche des rameaux (Jésus y affirmant clairement une royauté), avait vu chasser les vendeurs du temple et ses miracles, Jésus était un Vainqueur potentiel crédible des romains et il voulait le mettre « au pied du mur », considérant un peu comme à Cana qu’Il hésitait, ne savait pas s’y prendre pour « franchir le pas ».
Son appellation de « Iscariote » va dans ce sens et je ne fais qu’appliquer un avis qui me semblait traditionnel. Kerygme il y a peu, je ne sais plus sur quel fil ni pourquoi, l’avait bien présenté avec toutes les hypothèses…
J’avoue que je ne pensais pas que nous en reviendrions à un débat sur ce pourquoi… Mais en effet, il compte beaucoup…
pierrot2 a écrit : ↑lun. 03 août 2020, 21:46
cmoi a écrit : ↑lun. 03 août 2020, 17:15
Nous allons donc poursuivre (c’est commencé…) en nous concentrant sur ce point, qui touche aussi, si vous voulez bien le reconnaître, à la notion de « plein consentement » concernant son suicide
Ce que vous appelez "plein consentement" n'est probablement que ce qui manque à la part inconsciente et que pour ma part je remplis avec ce qu'un psychologue appellerait peut-être la volonté de"tuer le père" (je ne suis pas expert en psycho, alors je parle avec réserve).
De votre coté, vous verriez probablement de la candeur dans cette part inconsciente de Juda
Il ne me semble pas que cela mérite d’être creusé, il me semble là que c’est vous qui faites plus dans la psycho que moi ! Je ne prétends pas entrer dans les motivations inconscientes de Judas remontant à son enfance. Il ne sera pas jugé sur cela pour ce qui fait l’objet de notre réflexion, sinon dans un sens penchant vers la miséricorde (puisque ce serait inconscient). En admettant qu’au départ (enfant), voire aussi entre temps quand cela était réactivé, il était conscient et ait commis des choix gravement peccamineux de sa part expliquant la suite par des liens de causalité logiques, on s’approche de la thèse d’une prédestination mais qui du coup ne rendrait pas anodin le fait que le Christ l’ait choisi comme apôtre.
Impossible que ce dernier lui ait (en quelque sorte) « tendu un piège ». Nous sommes donc obligés de considérer qu’il avait, à ce moment là, toutes ses facultés pour remplir correctement ses fonctions (comparons avec le cas d’un prêtre aujourd’hui pédophile : le Christ ne l’aurait pas recruté !)
Ceci étant, vous pouvez y trouver par rapport à votre hypothèse une cohérence d’ensemble, mais cela relève de ce que j’avais qualifié de subsidiaire ou de non déterminant par rapport à notre sujet
pierrot2 a écrit : ↑lun. 03 août 2020, 21:46 cmoi a écrit : ↑lun. 03 août 2020, 17:15
Vous n’êtes pas très « fair play » avec lui ! Rien indique « qu’il se préoccupe d’abord de sa conscience »
C'est ainsi qu'il l'exprime, en Mt 27,4(J'ai péché, en livrant le sang innocent.). Sinon il aurait dit simplement aux juifs qu'ils étaient en train de commettre une erreur judiciaire, sans préciser son propre rôle là-dedans
Il me semble que si Juda n'avait pas voulu voir Jésus disparaître, il ne se serait pas donné la mort, car alors, sa conscience ne l'aurait pas accusé.
Ce n'est certes qu'un soupçon, que vous appellerez peut-être spéculation
Je vous autorise autant que moi à spéculer, du moment que cela reste vraisemblable !
En l’occurrence, là, non, je l’avoue : pas selon moi. Son affection pour le Christ suffit à légitimer la catastrophe que ce fut pour lui quand il vit les suites de sa « trahison ».
Avant que sa conscience, ce qui explique son état c’est le revers des circonstances et cette affection.
Pour maintenant revenir à votre citation, votre déduction serait « juste » si c’était vrai mais ne constitue pas une preuve que cela l’est. Or il me semble plus respectueux des faits de considérer que s’adressant à ceux qui voulaient mettre à mort Jésus et qui avaient « gagné », il n’allait pas leur reprocher « une erreur judiciaire » ! Tous savaient son rôle. Comment pouvait-il leur présenter la chose ? Il ne devait rien leur reprocher, et tout prendre sur lui. Il devait quand même leur donner une explication de son retour. Sans espérer pouvoir les « retourner », il pouvait vouloir les inciter à réfléchir eux-mêmes. Il fait sa confession en espérant peut-être pas qu’ils feront alors la leur, mais en se désolidarisant franchement et courageusement d’eux : il devenait traitre à leurs yeux, avouait une intention initiale différente de la leur, prenait un risque calculé : qui peut juger la conscience d’un homme or comme il parle de « péché », cela se respecte ! Il ne peut leur demander à eux pardon, il le sait, donc ce qui va se dérouler va en avoir une valeur néanmoins symbolique en rapport avec leur propre position dans le drame. Ils auraient repris son argent, (le super mieux improbable aurait été qu’ils s’excusent de l’avoir trompé ou s’en félicitent en se moquant de lui et reprenant les sous, actent en tout cas leur désaccord autrement qu’en ne consentant pas à cette restitution) il ne se serait pas suicidé…
Il est dans un état d’humble abandon et peut-être de contrition parfaite, ce qui explique la suite c’est qu’il l’ignorait et qu’il eut une réponse qui le lui niait et lui en ôtait le droit. Il a pu se suicider à cause d’un sentiment d’impuissance à en faire admettre la réalité, passant d’un extrême à l’autre par désespoir. Ils l’ont complètement abusé et désabusé…
Ne pensait-il pas, lui, que Jésus les aurait convaincus et qu’ils y auraient trouvé même avantage, une nouvelle « renaissance temporelle » ?