Débats athées/théistes : réflexions méthodologiques.

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> gentil athée
L'adultère n'est une faute qu'en tant qu'il est rupture d'un contrat ou d'une promesse.
C'est vous qui le dites. ça n'est pas un fait, c'est vous qui le dites.

De la même façon que c'est vous qui affirmez que le fait d'être trompée, par la personne en qui on a totale confiance, par la personne la plus chère à son cœur, par la personne sur qui elle pouvait s'appuyer, à qui elle pouvait se confier entre toutes,
ne laisse aucune séquelle objective, réelle, aucun handicap, aucun manque, aucune blessure réelle et handicapante.

Ce qui revient à dire que le harcèlement moral ne crée absolument rien : ni handicap, ni blessure, ni perte de confiance en soi...
Vous êtes tout simplement en train de nier la réalité de la personne autre que physique.
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ti'hamo a écrit :> Le Mal
Vous dites que d'après vous, frapper quelqu'un est de toute façon par nature plus grave que tromper son épouse, et même que frapper quelqu'un, cela est "le Mal" alors que tromper son épouse, cela est un problème purement contractuel relevant du notaire plus que de la morale.

Vous aviez dit également qu'il en allait de même de tout mal que chacun de nous peut commettre tous les jours, tels que médisance ou calomnie (ce sont les exemples que j'avais proposé, et vous aviez bien confirmé que d'après vous il ne s'agit pas du tout du "Mal" dont vous parliez lorsque vous vous demandiez pourquoi dieu ne l'empêche pas).


La question est donc :
. POURQUOI cela est du mal pour vous, et ceci n'en est pas ?
La médisance, la calomnie, la moquerie,...rien de tout cela n'a à voir avec un quelconque contrat, et pourtant vous le rangez, de même que l'adultère, dans ce qui n'est pas du tout un Mal objectif.

. Cherchons donc un point commun à tout cela :
il n'y a aucune trace physique. Rien de tout cela n'est un mal physique.
Par contre, vous avez désigné précisément comme "Mal" : la torture, frapper quelqu'un, la maladie,...

. Donc, vous dites que le seul réel Mal objectif est le Mal physique, celui qui laisse des traces visibles avec les yeux.
Que l'adultère, le mensonge, la calomnie, la médisance, la moquerie, ne laissent pas de traces, personne je pense n'ira le prétendre.

. Donc, vous dites que le seul Mal objectif, réel, est celui qui laisse des traces visibles avec vos yeux,
et que tout ce qui fait du Mal sans laisser de traces visibles avec vos yeux, n'a rien à voir avec le Mal.

. C'est bien ce que vous avez dit.
Reste à préciser :
- Est-ce bien ce que vous vouliez dire ?
- Sur quoi fondez-vous ce principe ?
Bon, ça commence mal... L'adultère, en effet, n'a rien d'un mal en soi, sinon contractuel. Cependant, la médisance, le mensonge, la calomnie, la moquerie, sont bien des maux (même s'ils ne méritent pas d'être empêchés par une intervention divine). Pourquoi sont-ce des maux ? Parce qu'ils partent d'une mauvaise volonté : une volonté de faire du mal. La source objective de leur caractère mauvaix est donc la mauvaise volonté qui y préside. Notez que si quelqu'un vous crie : "Gros c...", cela va sur le coup vous offenser, mais si après vous comprenez que cette personne parle une langue étrangère, et que dans son langage, "Grokon" veut dire "Merci beaucoup !", et qu'elle ne sait pas que dans notre langage, le même arrangement de phonèmes a une toute autre signification, vous l'excuserez aisément et ne penserez pas qu'elle a commis quelque chose de mal. Donc dans les cas de ce genre, c'est essentiellement l'inclination de la volonté qui constitue le mal (remarquez que si un homme commet l'adultère pour faire souffrir son épouse, il commet également un mal du même genre)
tihamo a écrit :> Vous répondez juste que, dans le mal moral, par opposition au physique,
la souffrance dépend des convictions de la victime (en gros) ; de son contexte socio-culturel.
Soit.
Ben, elle souffre quand-même, hein.
DONC, vous êtes en train d'affirmer que faire souffrir une personne n'est un Mal QUE SI vous êtes en mesure de comprendre pourquoi elle souffre.
C'est ce que vous avez dit. En tout cas, c'est le sens de ce que vous avez dit.

À nouveau, on demandera donc :
- est-ce bien ce que vous vouliez dire ?
- sur quoi fondez-vous ce principe ?
Non, ce n'est un Mal que si la souffrance de cette personne était recherchée à travers l'acte posé.
tihamo a écrit :> C'est amusant, d'après votre "démonstration" de la non-nocivité de l'adultère, escroquer les personnes âgées n'est pas du tout un Mal,
. du moment qu'ils ne sont jamais au courant.
. du moment qu'on leur laisse suffisamment pour vivre.

Et, en appliquant votre raisonnement,
celui qui serait coupable dans ce cas d'escroquerie, ce serait celui qui porte le cas à la connaissance de la victime (puisqu'alors il souffrira de sa condition de victime, alors qu'il n'en aurait pas souffert autrement).

ça aurait comme tendance à laisser entendre que votre raisonnement ne tient pas. Par l'absurde.
Deux remarques :
- Tout d'abord, l'argent escroqué était propriété des personnes âgées en question. Or usurper la propriété d'autrui est un mal. Le mari est-il la propriété de sa femme (et vis-et-versa, ce qui n'est pas sans poser de sérieux problèmes logiques par ailleurs...) dans le même sens ? Désolé, je ne crois pas que l'on puisse posséder quelqu'un, seulement quelque chose.
- Ensuite, qui vous dit que les personnes âgées en question, à un moment donné, n'auraient pas souhaiter faire un autre (et meilleur) usage de cet argent ? En l'escroquant, vous leur avez supprimé cette possibilité. Il y a donc bien une atteinte aux capacités de la personne, l'argent et autres biens pouvant être considérés comme des extensions de nos capacités propres (avec eux, on peut faire certaines choses qu'on ne peut pas faire sans eux).
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ti'hamo a écrit :> Le mariage et l'adultère
"Donc je le redis : l'homme de mon exemple entend bien ne pas flancher. "
Nuance : d'après vous, il dit ne pas flancher.
Mais relisez vous : il "concède", et il continue de fournir à l'avance des explications pour "démontrer" que ce serait tout aussi valable d'aller voir ailleurs, et que tromper son épouse ne serait pas si grave.

Donc, non, de fait, il n'a pas du tout la volonté de ne pas flancher.


Si vous m'aviez décrit un homme qui, bien que ne comprenant pas tout à fait toutes les raisons avancées par son épouse, renonce d'emblée et totalement et pour toujours au principe du multipartenariat, qui décide volontairement de ne plus jamais chercher à justifier et excuser ce mode de vie, et s'il renonce pour toujours à même y penser,
alors oui c'est différent.
Dans ce cas, ce ne serait pas simplement un non-flanchage, se serait une abdication de la raison. Ne croyez-vous pas qu'on peut critiquer le principe des impôts et malgré tout payer ses impôts ? Pourquoi serait-ce différent pour les relations extra-conjugales ?
"il faudra que vous m'expliquiez ce que c'est que des raisons non-égocentriques et non-égoïstes de se marier"
Le soutien dans toutes les épreuves, donner et recevoir, le partage des moments heureux, accueillir les enfants qui viendront, s'aimer pour aimer mieux les autres,... on peut en trouver.
C'était sous-entendu dans ce que je disais. Mais peu importe : si on rajoute cela à mon expérience de pensée, est-ce que ça vous va ?


Sur les conséquences de l'adultère :
...donc d'après vous, le mal physique
"entraîne une diminution des capacités de la personne (si par exemple je vous casse une jambe) alors que par exemple l'adultère n'entraîne pas une telle incapacité (une femme "trompée" continue de jouir de toute sa liberté et de toutes ses capacités)".
Hmhm.

Donc, voir sa confiance trahie, être blessée par l'être en qui on plaçait toute sa confiance,
d'après vous cela ne laisse aucune séquelle, après ça on en sortirait indemne, on resterait telle quelle, inchangée, toujours aussi confiante, sereine, capable ???
(Si on rapproche ça du fait que vous ne reconnaissiez comme Mal objectif que ce que vous voyez de vos yeux, la conclusion s'approche à grands pas)
J'ai omis de préciser : une femme trompée mais l'ignorant.
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ti'hamo a écrit :Le Bien

Si développer ses capacités, pour un Homme, en vue d'une fin, est un bien objectif quelle que soit cette fin, du moment que c'est là la finalité qu'il s'est choisie,
ALORS il n'y a pas de "Bien objectif". Puisque vous laissez entendre que n'importe quelle fin que se choisit l'Homme peut faire l'affaire.
Mais quelle que soit la fin en question, ne croyez-vous pas que les capacités à développer pour la connaître et l'atteindre seront quand même, en bonne partie, grandement similaires ?
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> Les raisons du mariage
"Le soutien dans toutes les épreuves, donner et recevoir, le partage des moments heureux, accueillir les enfants qui viendront, s'aimer pour aimer mieux les autres,... on peut en trouver.
C'était sous-entendu dans ce que je disais. Mais peu importe : si on rajoute cela à mon expérience de pensée, est-ce que ça vous va ?"
Ben, non : quel effet ça fait, à votre avis, de dire après coup, une fois qu'on se rend compte de l'impression qu'on donne, "oh, mais, je voulais le dire aussi" ?

De fait, dans l'expérience donnée, ce n'est pas DU TOUT ce que vous avez décrit.
Relisez : vous parlez bien d'un homme qui "concède" que, bon, peut-être ça peut valoir le coup de bien vouloir rester fidèle si ça lui permet de ne pas rester tout seul. Comme raison de se marier, vous avez donné "ne pas rester tout seul".
C'est tout. Et ce que j'ai ajouté là ne peut pas être ajouté à votre exemple, du coup : ça ne cadre pas.
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"Bon, ça commence mal... L'adultère, en effet, n'a rien d'un mal en soi, sinon contractuel. Cependant, la médisance, le mensonge, la calomnie, la moquerie, sont bien des maux (même s'ils ne méritent pas d'être empêchés par une intervention divine). Pourquoi sont-ce des maux ? Parce qu'ils partent d'une mauvaise volonté : une volonté de faire du mal. La source objective de leur caractère mauvaix est donc la mauvaise volonté qui y préside."
Faux. La plupart des personnes qui médisent ne vous diront jamais qu'elles font ça avec la volonté de nuire ; elles se trouveront toujours plein de bonnes raisons : c'est amusant, on fait pas de mal, rho ça va c'est pour rigoler, elle n'en saura rien...
Ou même : "je donne mon avis", "c'est pour les prévenir", "c'est pour leur bien".

Si vous posez des principes qui vont contre l'expérience courante, déjà, ça part assez mal.
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Message non lu par ti'hamo »

> gentil athée
"> Vous répondez juste que, dans le mal moral, par opposition au physique,
la souffrance dépend des convictions de la victime (en gros) ; de son contexte socio-culturel.
Soit.
Ben, elle souffre quand-même, hein.
DONC, vous êtes en train d'affirmer que faire souffrir une personne n'est un Mal QUE SI vous êtes en mesure de comprendre pourquoi elle souffre.
C'est ce que vous avez dit. En tout cas, c'est le sens de ce que vous avez dit.

À nouveau, on demandera donc :
- est-ce bien ce que vous vouliez dire ?
- sur quoi fondez-vous ce principe ?


Non, ce n'est un Mal que si la souffrance de cette personne était recherchée à travers l'acte posé.

Ce n'est pas la question posée.
Ce n'est pas ce que vous avez dit.

Vous avez dit que ça n'est pas un Mal parce que la souffrance dépend du contexte socio culturel de la victime. En fait, donc, que vous ne le considérez comme un Mal que si vous arrivez à vous expliquer pourquoi la personne souffre.

D'autre part, savoir que l'on va faire souffrir, mais le faire quand-même, en se trouvant des excuses à l'avance et en essayant de ne pas trop y penser, et sans la volonté première de faire souffrir,
ça rentre dans quelle catégorie ?
(c'est rare, les gens qui font le Mal POUR le Mal).
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Message non lu par ti'hamo »

> L'adultère
. Vous êtes enclin à la colère et à la violence ou pas, au fait ?

. Vous essayez maintenant de dire que, dans votre affirmation que l'adultère ne crée aucune diminution dans la femme trompée, il fallait comprendre "femme trompée mais ne le sachant pas".
(encore une fois, après coup).
Or, vous aviez écrit :

"
[l'agression physique]
-------- entraîne une souffrance qui est indépendante des conditions socio-culturelles ou de la psychologie de la personne (au contraire de l'adultère par exemple), mais qui est directement liée à sa condition biologique d'être humain ;
-------- entraîne une diminution des capacités de la personne (si par exemple je vous casse une jambe) alors que par exemple l'adultère n'entraîne pas une telle incapacité (une femme "trompée" continue de jouir de toute sa liberté et de toutes ses capacités) ;"
...ET ENSUITE SEULEMENT vous souleviez la question de la nécessité de connaître la faute pour souffrir (ce qui n'est même pas forcément le cas, à moins qu'un homme fondant sa vie sur l'égocentrisme et la préservation de son confort avant tout soit capable pourtant d'un réel dévouement à son épouse, ce qui semble peut crédible).

D'ailleurs, vous remarquerez, votre premier point, qui s'enchaîne au second, ne laisse pas entendre "femme trompée mais l'ignorant". Et la question de l'ignorance ne vient qu'après.

DONC, désolé, ce n'est pas ce que vous aviez dit, et ce n'est pas ce que vous vouliez dire.


Vous avez donc bien affirmé que l'adultère :
. n'entraîne aucune souffrance méritant d'être prise en compte.
. n'entraîne chez la femme trompée aucune diminution, aucun handicap, aucune limitation.

Ceci, donc, à relier au fait que vous continuez à affirmer que :
. la fidélité, c'est aussi sensé que de vouloir marcher sur les mains toute sa vie.
. la fidélité, c'est comme vendre des hamburgers quand on a fait polytechnique.
(métaphore un peu présomptueuse, soit dit en passant... :siffle: )

Et on pourra ajouter :
. que pour vous n'est Mal que ce qui se voit avec les yeux.
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ti'hamo a écrit :> Les raisons du mariage
"Le soutien dans toutes les épreuves, donner et recevoir, le partage des moments heureux, accueillir les enfants qui viendront, s'aimer pour aimer mieux les autres,... on peut en trouver.
C'était sous-entendu dans ce que je disais. Mais peu importe : si on rajoute cela à mon expérience de pensée, est-ce que ça vous va ?"
Ben, non : quel effet ça fait, à votre avis, de dire après coup, une fois qu'on se rend compte de l'impression qu'on donne, "oh, mais, je voulais le dire aussi" ?
Je me contrefiche de l'impression que je vous donne, je veux juste que vous répondiez à la question, selon les nouveaux termes que je lui ai ajouté.

(par ailleurs j'ai dit aussi "Souhaitant rencontrer l'amour" : je sais pas pour vous, mais pour moi, "rencontrer l'amour" ça ne veut pas dire seulement rencontrer quelqu'un qui nous aime, mais aussi rencontrer quelqu'un à aimer : le mot "amour" renvoie non seulement à celui qu'on reçoit mais aussi à celui que l'on donne).
ti'hamo a écrit :De fait, dans l'expérience donnée, ce n'est pas DU TOUT ce que vous avez décrit.
Relisez : vous parlez bien d'un homme qui "concède" que, bon, peut-être ça peut valoir le coup de bien vouloir rester fidèle si ça lui permet de ne pas rester tout seul. Comme raison de se marier, vous avez donné "ne pas rester tout seul".
C'est tout. Et ce que j'ai ajouté là ne peut pas être ajouté à votre exemple, du coup : ça ne cadre pas.
Pourquoi ça ne pourrait pas être ajouté à mon exemple ? Et si on enlève "ne pas rester tout seul" ?
Dernière modification par Un gentil athée le jeu. 01 oct. 2009, 15:55, modifié 1 fois.
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ti'hamo a écrit :
"Bon, ça commence mal... L'adultère, en effet, n'a rien d'un mal en soi, sinon contractuel. Cependant, la médisance, le mensonge, la calomnie, la moquerie, sont bien des maux (même s'ils ne méritent pas d'être empêchés par une intervention divine). Pourquoi sont-ce des maux ? Parce qu'ils partent d'une mauvaise volonté : une volonté de faire du mal. La source objective de leur caractère mauvaix est donc la mauvaise volonté qui y préside."
Faux. La plupart des personnes qui médisent ne vous diront jamais qu'elles font ça avec la volonté de nuire ; elles se trouveront toujours plein de bonnes raisons : c'est amusant, on fait pas de mal, rho ça va c'est pour rigoler, elle n'en saura rien...
Ou même : "je donne mon avis", "c'est pour les prévenir", "c'est pour leur bien".

Si vous posez des principes qui vont contre l'expérience courante, déjà, ça part assez mal.
Mais la volonté peut être inclinée vers le mal sans qu'on en ait une claire conscience. A charge pour ceux qui ont cette claire conscience d'expliquer aux autres pourquoi c'est mal.
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ti'hamo a écrit :> gentil athée
"> Vous répondez juste que, dans le mal moral, par opposition au physique,
la souffrance dépend des convictions de la victime (en gros) ; de son contexte socio-culturel.
Soit.
Ben, elle souffre quand-même, hein.
DONC, vous êtes en train d'affirmer que faire souffrir une personne n'est un Mal QUE SI vous êtes en mesure de comprendre pourquoi elle souffre.
C'est ce que vous avez dit. En tout cas, c'est le sens de ce que vous avez dit.

À nouveau, on demandera donc :
- est-ce bien ce que vous vouliez dire ?
- sur quoi fondez-vous ce principe ?


Non, ce n'est un Mal que si la souffrance de cette personne était recherchée à travers l'acte posé.

Ce n'est pas la question posée.
Ce n'est pas ce que vous avez dit.

Vous avez dit que ça n'est pas un Mal parce que la souffrance dépend du contexte socio culturel de la victime. En fait, donc, que vous ne le considérez comme un Mal que si vous arrivez à vous expliquer pourquoi la personne souffre.

D'autre part, savoir que l'on va faire souffrir, mais le faire quand-même, en se trouvant des excuses à l'avance et en essayant de ne pas trop y penser, et sans la volonté première de faire souffrir,
ça rentre dans quelle catégorie ?
(c'est rare, les gens qui font le Mal POUR le Mal).
En fait, je ne comprends pas votre "si vous arrivez à vous expliquer pourquoi". Je peux très bien comprendre qu'une femme dont le mari a été voir ailleurs souffre : elle a la conviction que ceci est très grave. Donc j'arrive à me l'expliquer. Simplement, si on devait tenir compte des convictions de chacun pour agir, on ne ferait pas grand-chose. Exemple : je peux comprendre qu'un musulman souffrirait s'il voyait son fils se mettre à manger du porc. Et alors, est-ce que le fiston doit s'abstenir de manger du porc à cause de cela, s'il a très envie d'en manger, et que pour lui l'Islam ne lui parle pas ?
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ti'hamo a écrit :> L'adultère
. Vous êtes enclin à la colère et à la violence ou pas, au fait ?
Qu'est-ce que ça peut vous faire, au juste ?
ti'hamo a écrit :. Vous essayez maintenant de dire que, dans votre affirmation que l'adultère ne crée aucune diminution dans la femme trompée, il fallait comprendre "femme trompée mais ne le sachant pas".
(encore une fois, après coup).
Or, vous aviez écrit :

"
[l'agression physique]
-------- entraîne une souffrance qui est indépendante des conditions socio-culturelles ou de la psychologie de la personne (au contraire de l'adultère par exemple), mais qui est directement liée à sa condition biologique d'être humain ;
-------- entraîne une diminution des capacités de la personne (si par exemple je vous casse une jambe) alors que par exemple l'adultère n'entraîne pas une telle incapacité (une femme "trompée" continue de jouir de toute sa liberté et de toutes ses capacités) ;"
...ET ENSUITE SEULEMENT vous souleviez la question de la nécessité de connaître la faute pour souffrir (ce qui n'est même pas forcément le cas, à moins qu'un homme fondant sa vie sur l'égocentrisme et la préservation de son confort avant tout soit capable pourtant d'un réel dévouement à son épouse, ce qui semble peut crédible).

D'ailleurs, vous remarquerez, votre premier point, qui s'enchaîne au second, ne laisse pas entendre "femme trompée mais l'ignorant". Et la question de l'ignorance ne vient qu'après.

DONC, désolé, ce n'est pas ce que vous aviez dit, et ce n'est pas ce que vous vouliez dire.


Vous avez donc bien affirmé que l'adultère :
. n'entraîne aucune souffrance méritant d'être prise en compte.
. n'entraîne chez la femme trompée aucune diminution, aucun handicap, aucune limitation.

Ceci, donc, à relier au fait que vous continuez à affirmer que :
. la fidélité, c'est aussi sensé que de vouloir marcher sur les mains toute sa vie.
. la fidélité, c'est comme vendre des hamburgers quand on a fait polytechnique.
(métaphore un peu présomptueuse, soit dit en passant... :siffle: )

Et on pourra ajouter :
. que pour vous n'est Mal que ce qui se voit avec les yeux.
Bon... à présent que vous vous êtes livré à cet exercice d'exégèse bien inutile (et erroné au passage, mais bon), est-ce que vous pouvez répondre à mon propos, tel que je l'ai à présent éclairci, et en faisant abstraction de toutes considérations sur mes croyances et motivations et vouloir-dire profonds, qui n'ont strictement aucun intérêt ?

Merci.
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Message non lu par Un gentil athée »

ti'hamo a écrit :De la même façon que c'est vous qui affirmez que le fait d'être trompée, par la personne en qui on a totale confiance, par la personne la plus chère à son cœur, par la personne sur qui elle pouvait s'appuyer, à qui elle pouvait se confier entre toutes,
ne laisse aucune séquelle objective, réelle, aucun handicap, aucun manque, aucune blessure réelle et handicapante.
Tu tut tut... je n'ai pas dit ça. Être trompé relativement à des choses prêtant à conséquence peut laisser des séquelles objectives, réelles, un handicap, des blessures, etc.
Mais je vais vous dire : promettre à son épouse d'aller descendre les poubelles et finalement ne pas le faire est plus grave que de lui promettre l'exclusivité amoureuse et sexuelle et finalement aller voir ailleurs. Pourquoi ? Parce que si les poubelles ne sont pas descendues, c'est l'épouse qui va devoir se les coltiner. Alors que si le mari fait un bisou sur la bouche à la voisine (et entre parenthèses, on ne sait toujours pas pourquoi ça ne marche pas avec un bisou sur la joue... vous prêtez à certaines parties du corps et pas à d'autres, de curieuses propriétés, susceptibles de remettre en cause un couple... :siffle: ), qu'est-ce que ça va changer concrètement à la vie de l'épouse ? Alors je dis pas, sans doute cette dernière va souffrir davantage dans le cas du bisou sur la bouche à la voisine que dans le cas des poubelles, et c'est regrettable, mais pour rebondir sur mon exemple du fils de musulman : son père va souffrir davantage de le voir manger du porc que de le voir faire l'idiot en moto, et alors ? Cela prouve-t-il que c'est davantage mal de manger du porc que de faire du rodéo motorisé en pleine rue ? Le fiston doit-il s'arrêter de manger du porc ? Imaginons qu'il l'ait promis à son paternel, il est tenu moralement de s'exécuter. Cependant, j'espère que vous et moi vous comprendrez sans problème s'il fait un écart.
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Mais la volonté peut être inclinée vers le mal sans qu'on en ait une claire conscience. A charge pour ceux qui ont cette claire conscience d'expliquer aux autres pourquoi c'est mal.
Oui. Mille fois oui.

Par exemple, quelqu'un peut avoir envie de tromper son épouse, et en même temps ne pas trouver très valorisant à ses propres yeux de se dire "je vais faire souffrir mon épouse, je m'en fous, na, haha, je suis un méchant sadique égoïste". Et, donc, la plupart du temps, il se trouvera toutes les excuses qu'il faut pour se persuader lui-même qu'il n'a pas d'intentions mauvaises.
De même pour le mensonge.
De même pour la calomnie.
De même pour la médisance.

De même, en fait, pour tout le mal que nous commettons et que nous pouvons commettre, dans le cadre de notre vie quotidienne : il est rare que nous fassions le Mal pour le Mal, en nous disant "je vais faire souffrir cette personne, car la Haine m'habite et Méphisto est mon maître".
Mais, le plus souvent, nous avons juste à l'esprit la certitude d'être dans notre bon droit, d'avoir toutes les justifications possibles, etc..

C'est ça le mal le plus courant. Et c'est celui que vous ne vouliez pas ranger dans la catégorie "Mal".
“Il serait présomptueux de penser que ce que l'on sait soi-même n'est pas accessible à la majorité des autres hommes.”
[Konrad Lorenz]

Celui qui connaît vraiment les animaux est par là même capable de comprendre pleinement le caractère unique de l'homme.
[Konrad Lorenz]
Extrait de L'Agression
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ti'hamo
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Re: Débats athées/théistes : réflexions méthodologiques.

Message non lu par ti'hamo »

> gentil athée
Ah au fait :
. vous récusiez mon contre-exemple de l'homme qui escroque des personne âgées, sans qu'elles en ait conscience, et en leur laissant de quoi vivre.
J'utilisai cet exemple pour appliquer votre logique selon laquelle ce ne serait pas un Mal tant que les victimes ne sont pas consciente de la duperie (raisonnement par l'absurde pour montrer que votre raisonnement sur l'adultère me semble totalement fallacieux).

. vous le récusiez en arguant que l'argent en possession de ces personnes peut être vu comme une extension d'eux-mêmes, au sens matériel et physique, puisque leur donnant certaines capacités supplémentaires.

. soit. Et bien, sauf que, justement : en vous unissant à une femme, en lui confiant votre vie et en recevant la sienne, en vous donnant à elle et en la recevant, en devenant celui en qui elle a toute confiance, celui sur qui elle sait pouvoir compter, son ami et confident, son corps,
ben vous devenez une extension d'elle (et elle de vous).

Ce que la Genèse et les évangiles expriment par les mots connus : "et ils seront deux en une seule chair".


Donc, l'adultère porte atteinte à l'épouse de façon bien pire qu'une escroquerie sur l'argent,
puisqu'il y a escroquerie de la confiance, de l'amour, de l'amitié.
C'est comme mentir à un ami, aussi.

Donc au lieu d'escroquer une personne sur le plan purement matériel (quoique ce soit aussi en partie le cas, vu que vous prêtez à d'autre un corps qui était devenu sien), vous l'escroqueriez sur un plan bien plus profond.
mais qui ne laisse pas de traces et qui ne se voit pas physiquement et peut se nier avec aplomb. Soit. J'en conviens volontiers.
“Il serait présomptueux de penser que ce que l'on sait soi-même n'est pas accessible à la majorité des autres hommes.”
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